MEDIAKITINTRAMUROSCONCEPTINTRAMUROSINTRAMUROSCONTACT
 

RECHERCHE
 

 

 
PORTRAITS
Gabriele Pezzini
Qui coute, oublie. Qui regarde, se rappelle. Qui fait, matrise. linstar de ladage de...+
Mars 2010 | N147
PROFILS
Felipe Ribon
Quand on ouvre la premire page de son site, on tombe sur une baudruche dgonfle. Signe...+
Mars 2010 | N147
LES MAITRES
Charlotte Perriand
Charlotte Perriand (1903-1999) disparaissait il y a tout juste dix ans en laissant derrire...+
Novembre 2009 | N145
GRAPHIC DESIGN
Richard Niessen
Dexprimentations complexes en constructions risques, le graphiste hollandais Richard Niessen...+
2014 | N174
Gaugain, Pair & Impair
Publi dans :PORTRAITS Juillet-Aout 2006 N125
j
Soliste et chef de gang, bras droit et trublion, kakou du Sud, zazou des vagues, Thierry Gaugain conjugue le verbe tre part. Balle au centre de la galaxie Starck, il sert celui qui signe et signe ce qui lui sert, de fantasmes assums en plaisirs consums.

Il passe ses nuits sous jet-lag, à aligner les avions, pris dans le mouvement interstellaire de la création planétaire. Quand le moteur passe en pause, il grimpe au guidon d’une grosse cylindrée. Il aime tout ce qui bouge, vrombit et transporte. Ailleurs, là où personne ne va. Au soleil, toujours, que la mer le ramène à la terre, et vice-versa. Apôtre des ombres de l’anonymat, il revendique agir en signataire de l’X, stature en retrait derrière un bouclier de cuir. Et quand les forces s’ajoutent, fidélité et humilité s’en mêlent. A l’image du ressac qui se retire pour laisser le sable dorer, l’homme s’efface et laisse le maître briller. Le maître depuis 15 ans s’appelle Philippe Starck, son chef de quart, Thierry Gaugain. En propre comme au figuré.

En Rade de Toulon. “Quand on sait que la 2CV fut bricolée avant-guerre par une équipe de 2 ou 3 personnes, qui étaient sûrement de grands caractériels mais qui avaient la poigne et les tripes pour imposer leurs vues à des industriels éclairés. Quand on admet que les fourgons Citroën en tôle ondulée furent conçus au-delà de la ligne de démarcation, dans une chambre d’hôtel de la Creuse, sur un coin de table, tout à l’économie. L’intelligence des solutions laisse songeur.” Né dans le Var, élevé à la Dinky Toys et au camion Mattel, Thierry Gaugain se passionne vite pour le fantasme des savants fous français, rois de la terre et des années quarante soixante. De ce culte voué aux inventeurs du Concorde, aux concepteurs de voitures paradoxalement révolutionnaires et ultra simples, il ne lutte pas longtemps avant de suivre des études d’ingénieur. Désenchantement. Le temps a remplacé le besoin par le paraître. “La réalité ne se situait pas où je l’attendais. L’emprise du marketing venait de débarquer sur la production industrielle et frelatait des processus d’élaboration tellement complexes que la force conceptuelle du produit s’en trouvait au final réellement amoindrie.” Fruit du hasard, un ami plongé dans l’aventure fraîchement nouvelle des Ateliers l’invite à le rejoindre. Gaugain, loin d’imaginer l’existence du design, découvre la profession synchrone à ce qu’il a en tête. La mutation opère. Des cinq années passées à l’ENSCI, l’apprenti formé retient une autonomie doublée d’une liberté expérimentale totale. Sa rencontre avec Marc Berthier, alors professeur, lui permet d’affûter son angle de vision et achève de lui inoculer le virus en train de naître. Le lendemain de son diplôme, douche adulte. Convoqué, enrôlé, le “cake toulonnais” plonge sans préalablement se mouiller dans le grand bassin Starck.(Extrait de la rubrique « Portrait », Thierry Gaugain, n°125, Juillet/Aout 2006). Retrouver  la suite de l'article

Yann Siliec

<- Retour