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Présent pour la première fois aux Rencontres photographiques d’Arles, le laboratoire photographique allemand de réputation mondiale WhiteWall soutient la création photographique contemporaine, à travers deux expositions du programme associé du festival.
Auréolé encore cette année, et pour la quatrième fois de son histoire, du prestigieux Tipa (Technical Image Press Association) Award du « meilleur laboratoire photo du monde », WhiteWall participe aux Rencontres photographiques d’Arles par le biais de tirages de très haute qualité d’œuvres exposées dans la cité arlésienne. Depuis sa création en 2007, à Frechen, en Allemagne, par Alexander Nieswandt, WhiteWall a réussi à s’imposer pour l’excellence de ses services comme un acteur fondamental du secteur, et à devenir partenaire de plus de 20.000 photographes professionnels, d’artistes, designers, décorateurs, comme de 500 galeries et de nombreux collectionneurs. Ses tirages témoignent d’une diversité de techniques tant à la pointe que traditionnelles, et d’une pluralité de matériaux, du contrecollage sur Alu Dibond, impressions sous plexiglas ou sur bois, toile-photo, en passant sur les papiers Hahnemühle, baryté ou Ilford, tous choisis de concert avec l’amateur éclairé, le professionnel ou l’institution.

FrenchCowboy_Two Cowgirls in a Waiting Room © 2020_Le Sud
A Arles, à la fondation Manuel Rivera-Ortiz, le concept d’exposition FotoHaus, fondé par ParisBerlin >Fotogroup depuis 2015, présente D’ici, ça ne paraît pas si loin et Sauver les corps, deux expositions au programme, dont WhiteWall a réalisé les tirages. La première montre des photographies du collectif « LesAssociés » qui questionne la notion de territorialité. La seconde analyse avec acuité et de manière plurielle, les conséquences de la crise sanitaire exacerbant les inégalités sociales, les fractures de la société, par le prisme de photographies pour certaines réalisées durant le premier confinement. Et pour l’ouverture de la galerie IRK, nouvel espace d’exposition à l’initiative du magazine international éponyme, dans le quartier historique d’Arles, WhiteWall a réalisé de splendides grands formats d’un récit « le Sud », conçu comme un scénario de cinéma empreint de poésie sensuelle, étrange et sauvage, que l’on doit au duo de photographes French Cowboy – Mia Macfarlane & Julien Crouïgneau.
Présent dans plus de treize pays dans le monde, mais aussi dans les plus grandes villes européennes, dont une adresse Rive gauche, à Paris, WhiteWall a su donner aux tirages photo ses lettres de noblesse et en faire de très beaux objets d‘art. Ce que ne dément pas le festival à Arles !

Portraits des participants du Biarnes de Pau 2019.
© Sébastien Sindeu

© Alexandre Dupeyron

© Holger Biermann

Science Po - Pessac © Alexandre Dupeyron- 2021

De la résidence au MusVerre est née l’exposition « Lettres de verre, une éclipse de l’objet », issue des recherches entre l’artiste Jean-Baptiste Sibertin-Blanc (JBSB) et quatre artisans verriers. Une découverte réjouissante au sein de ce beau musée, trop méconnu, sculpté dans la pierre bleue au cœur de l’Avesnois.
Magique, douce et envoûtante… Tels sont les maître mots de la scénographie de Franck Lecorne et Nell Doutreligne, pour l’exposition « Lettres de verre, une éclipse de l’objet » au MusVerre à Sars-Poteries. Dans un fondu imaginaire, l’écrin de papier japonais blanc immaculé illumine les œuvres en verre, conçues pendant la résidence de l’artiste et designer Jean-Baptiste Sibertin-Blanc. Le propos ? La création d’un alphabet pas comme les autres, entre la typographie Mineral et le jeu de la matière, tantôt étirée, fondue ou compressée, selon la technique utilisée.

© Lettre B verre soufflé Karine Faby

Lettre N © MusVerre
La main de l’artisan est activement présente, et « le syndrome de la casse », une réalité prégnante bien connue des maîtres du feu. Grâce la collaboration étroite des quatre verriers qui ont évolué pas à pas avec l’artiste, le langage de la matière, de la couleur de la transparence, a atteint son apogée dans l’exposition « Lettres de verre, une éclipse de l’objet ». Un dialogue fertile s’est engagé entre JBSB et les verriers qui ont apporté leur savoir-faire unique : Hugues Desserme, le bombage du verre, Stéphane Rivoal, le verre à la flamme, Simon Muller, le soufflage à la canne et Didier Richard, la pâte de verre.

Dans l’atelier de 2000 m2 intégré au MusVerre, on passe du chaud au froid, selon les approches du travail qui forment et déforment l’objet, tissant un lien fort entre la main de l’artisan et le dessin. « Dans ce projet, je souhaitais me libérer de la contrainte des objets de commande pour une marque, si prestigieuse soit-elle, » raconte Jean-Baptiste Sibertin-Blanc. La liste de mots à la Pérec, le choix de la typo et le non message ont eu raison de cet alphabet dont les formats et les teintes opaques ou translucides, suivent les hasards des savoir-faire. « Il n’y a pas de sens de lecture de la lettre qui peut se brouiller rapidement et tendre vers l’abstraction ». Matière à réflexion, le verre exerce une puissance de captation de la lumière, mais aussi un ensemble de procédés qui a la capacité d’agir sur notre imaginaire. Et si les œuvres posent la question de la technicité comme une évidence, le verre n’en exerce pas moins son pouvoir de séduction et de fascination.
Exposition « Lettres de verre, une éclipse de l’objet », au MusVerre jusqu’au 9 janvier 2022.
Plus d’informations sur musverre.lenord.fr

Jusqu’au 31 juillet, il est encore possible de profiter à la galerie Perrotin de Paris des superbes expositions « Hartung 80 » et « Rothko Hartung, une amitié multiforme ». À ne pas manquer !
Représentant depuis 2017 l’estate Hartung-Bergman, Perrotin propose deux expositions d’envergure muséale sur l‘artiste français de l’abstraction lyrique, dans son espace principal et les trois salles de la rue Saint Claude.

2021 © Hartung / ADAGP, Paris 2021. Courtesy the artist and Hartung-Bergman Foundation Photo: Claire Dorn
L'une des salles de l'exposition Hartung 80
« Hartung 80 » met en exergue son ultime période, toujours féconde, découpée en sept séquences.
Pleines d’énergie, de fulgurances et de profondeurs chromatiques, les formes résultant d’un geste maîtrisé et d’accidents heureux s’émancipent. Et pour la première fois, la galerie organise un dialogue très étudié avec la pointure de l’expressionnisme abstrait américain et du Colorfield, Mark Rothko.

Sous le commissariat de Thomas Schlesser directeur de la fondation Hartung-Bergman, Rothko Hartung, une amitié multiforme évoque les relations plastiques et intimes des deux artistes aux nombreux points communs, à travers également des archives photographiques et un documentaire de Christopher Rothko, fils de l’artiste.
Prêt exceptionnel du Musée national d’art moderne – Centre Pompidou, N°14 Browns over dark peint en 1963 par Rothko converse avec quatre tableaux d’Hartung de la même époque. Ces expositions de haute volée, par l’expérience physique qu’elles procurent, sont immanquables.

Exposition Rothko-Hartung une amitié multiforme, à la galerie Perrotin, Paris - Jusqu’au 31 juillet 2021 (C) Hartung / ADAGP, Paris 2021. Courtesy Fondation Hartung Bergman & Perrotin Mark Rothko, N° 14 (Browns over Dark), 1963, Huile et acrylique sur toile, 228,5 x 176 cm. Centre Pompidou, Paris, Musée national d'art moderne - Centre de création industrielle. Achat de l'Etat, 1968. Attribution, 1976 (C) Kate Rothko Prizel & Christopher Rothko / ADAGP, Paris 2021 Photo (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / image Centre Pompidou, MNAM-CCI

Fantasmée, enchantée comme désenchantée, la mer est dans tous ses états à la fondation Carmignac.
Depuis plus d’une quinzaine d’années, l’art et son rapport à l’environnement ne cessent de questionner institutions, curateurs et artistes, à travers de nombreuses expositions, de débats et colloques internationaux sur le sujet. Pour sa quatrième saison, la Fondation Carmignac, créée en 2018 sur l’île de Porquerolles, au large de la presqu’île de Giens, pose un regard à la fois poétique et inquiet sur le thème.
Conçue par le commissaire invité américain Chris Sharp, l’exposition « La Mer Imaginaire » sonde la profondeur du lien de l’Homme au monde sous-marin.
Dans les nombreux espaces et jardins méditerranéens de la Villa, ce « muséum d’histoire naturelle » subaquatique imaginaire, version XXIe siècle, fait dialoguer les œuvres de la collection – la fontaine aux cent poissons de Bruce Nauman, la fresque sous-marine de Miquel Barceló ou encore homard perché sur une chaise de Jeff Koons – avec des productions créées pour l’occasion par, entre autres, les plasticiennes Bianca Bondi, Lin May Saeed, Kate Newby, ou encore des prêts d’artistes français et internationaux modernes et actuels.


Le visiteur plonge avec délectation parmi les poissons étranges d’Alisson Katz, les éponges d’Yves Klein le Monochrome, se perd dans la galerie voûtée transformée en grotte sous-marine de Miquel Barceló, s’interroge devant le corail réalisé en pain de mie du plasticien français Hubert Duprat …

Ressac, 2021. Œuvre in situ, Villa Carmignac, Porquerolles Coproduction Fondation Carmignac & Miquel Barceló © Miquel Barceló - ADAGP, Paris, 2021 © Fondation Carmignac - Photo Philippe Chancel

Coproduction Fondation Carmignac, Bianca Bondi et Mor Charpentier, Paris
© ADAGP, Paris, 2021 – Fondation Carmignac - Photographie : Marc Domage
Spectaculaire et menaçant, le squelette géant de baleine de Bianca Bondi en suspension en-dessous du bassin d’eau évoque, avec une poésie teintée d’inquiétude et de nostalgie, le cycle de la vie, de la mort, comme de la renaissance de la nature.
Tantôt mystérieuses, tantôt enchantées, souvent menacées, ces visions du monde marin et de ses écosystèmes en connexion avec l’esprit et l’architecture du lieu font réfléchir. Une exposition estivale immanquable, autant pour la beauté du site, des pièces exposées que pour la richesse de leurs propos.


Pour l’ornement d’un château danois, La Nouvelle Fondation Carlsberg a confié au Mobilier national la réalisation de 16 tapisseries d’exception. Ce lundi 5 juillet, les cartons étaient enfin dévoilés !
L’aménagement du château de Koldighus nécessitant des tapisseries d’entre-fenêtres, La Nouvelle Fondation Carlsberg s’est tournée vers la France pour leur conception. L’organisation possédant l’une des plus grandes collections d’art français par-delà les frontières, la Fondation, dirigée par Christine Buhr Andersen, s’est naturellement dirigée vers une institution française, le Mobilier national, pour l’excellence de son savoir-faire.
Pour cette commande exceptionnelle, les tentures seront donc tissées au sein de la Manufacture des Gobelins. Dans une belle transversalité d’époque, les techniques ancestrales mettront en valeur les choix graphiques très contemporains des quatre artistes danois ayant conçu les cartons : Bjørn Nørgaard, Tal R, Alexander Tovborg et Kirstin Roepstorff. « Ce rapport entre une tradition plusieurs fois séculaire et les artistes contemporains est essentiel pour la faire perdurer » explique Hervé Lemoine, directeur du Mobilier national.


Les tapisseries seront réalisées aux Manufactures des Gobelins et de Beauvais par des lissiers travaillant pour le Mobilier national. Mais aussi aux Ateliers privés d’Aubusson dont le savoir-faire est classé depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.


Commencée en juillet 2020, la plus grande des tapisseries – longue de près de 8 mètres ! – devrait demander encore trois ans de travail. Mais ce lundi 5 juillet « est vraiment un grand jour car l’on rencontre enfin les artistes qui ont dessiné le projet ! » souligne l’une des lissières.
Pour Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, ce projet est aussi « une respiration formidable à l’heure où la culture repart ». Et il semblerait que chaque fil soit autant « de symboles des relations et des liens qui unissent la France et le Danemark ».


Du 9 au 18 septembre, en parallèle à Maison & Objet au Parc des expositions de Villepinte, la capitale vibrera au rythme de la Paris Design Week. Une édition qui s’annonce très dynamique, et dont les différentes expositions viendront compléter le thème du salon : « Développement désirable ».
À la soirée de lancement de l’événement, Vincent Grégoire, directeur de création chez NellyRodi, s’exprimait ainsi : « 2020 était l’année de la culpabilité, 2021 [est celle] de la résilience, 2022 [sera celle] de l’hypersensibilité. » À l’aune de cette synthèse, on imagine l’enthousiasme qui animera la semaine du design. Répartis dans plus de 200 adresses à découvrir, talents émergents et maisons de renom, jeunes diplômés et institutions muséales, éditeurs qui se lancent, artisans créateurs aux mains inspirées partageront, selon les organisateurs, « un art de vivre en harmonie avec la nature, qui sait tirer profit de la technologie pour se rapprocher – parfois virtuellement –, tout en faisant appel aux savoir-faire traditionnels, qui, tels des témoins du temps qui passe, se transmettent de génération en génération. Le Développement désirable, c’est cet équilibre subtil et tant recherché qui nous met sur la voie du Renouveau sans diktat ».
Parmi les temps forts, on verra des expositions qui promettent la découverte de belles pépites à la Paris Design Factory, qui se trouvera à la Galerie Joseph Froissart, à la Galerie Joseph, rue de Turenne, ainsi qu’à l’Espace Commines. On notera aussi la première participation du Campus des métiers d’art & design, qui investira la Sorbonne avec « Vivement demain ».
Côté showrooms et boutiques, ce sera l’occasion pour les éducateurs de montrer leurs nouvelles gammes, dont un avant-goût des collections révélées à Milan.
Rendez-vous au Café Intramuros
Intramuros sera, bien entendu, partie prenante de l’événement, à la fois à Maison & Objet, et avec son café éphémère au sein de la Galerie Joseph du 116 rue de Turenne, lieu de rencontres où il sera possible de chiller, networker . Le public pourra assister dans l’espace dédié — dans la limite des places disponibles — à une dizaine de talks autour du thème « durabilité et désirabilité » organisés et modérés par Intramuros en partenariat avec la Paris Design Week qui seront ensuite diffusés en ligne. Comme l’an passé, il sera possible aussi d’y rencontrer la rédaction sur rendez-vous. La scénographie offrira l’occasion de prendre le temps de se détendre dans des assises de VITRA, et de fouler une création d’IVC tous deux partenaires officiels de ce Café Intramuros. Dans le même espace, un concept-store permettra de découvrir une sélection de créations coups de cœur de la rédaction… et pourquoi pas, de se laisser séduire et de repartir avec !

Rendez-vous au Café Intramuros
Du 8 au 12 septembre
Galerie Joseph, 116 rue de Turenne 75003
Programmes à suivre sur www.maison-objet.com/paris-design-week, intramuros.fr et sur les réseaux sociaux.


Dans le cadre de l’événement Italian Design Day, suivez en ligne le 7 juillet à 17h30 un débat autour des « Nouveaux défis pour le redémarrage durable du Made in Italy ».
Après une allocution d’ouverture de l’Ambassadrice d’Italie en France Teresa Castaldo, prendront la parole les architectes Jean-Michel Wilmotte et Cino Zucchi avec la modération d’Intramuros. La discussion sera filmée à la Maison Ozenfant, siège parisien du leader italien Tecno.
Lancé en 2017 par le Ministère des Affaires étrangères italien en collaboration et avec le soutien du ministère des Biens et Activités culturels, Italian Design Day est un événement thématique annuel qui promeut le design italien partout dans le monde.
Pour cette édition 2021 en France, c’est un cadre unique, la Maison Ozenfant à Paris, que L’Ambassade d’Italie en France et le Consulat Général d’Italie à Paris en collaboration avec ICE – Agence Italienne pour le commerce extérieur ont choisi pour organiser un événement le 7 juillet prochain.

Un débat accueilli au siège parisien de Tecno
Ce privilège a été rendu possible par une société leader du design italien, Tecno, qui a inauguré en 2017, dans cette maison-atelier, le bureau parisien désormais ouvert à son réseau, exportant le projet TClub déjà actif à Milan, capitale du design, qui redémarre avec le Salon du Meuble du 5 au 10 septembre 2021, avec un nouveau format, ouvert et dynamique, conçu par l’architecte Stefano Boeri.
Tecno ouvre donc ses portes parisiennes pour héberger une discussion autour du thème Projet et matière : nouveaux défis pour le redémarrage durable du Made in Italy.
Ce débat au format intimiste réunira des intervenants d’exception. L’Ambassadrice d’Italie en France, Teresa Castaldo, accueillera l’architecte français Jean-Michel Wilmotte, l’architecte italien Cino Zucchi et le représentant de la société Tecno M. Florent Leonet. La modération sera animée par Cléa Daridan, historienne de l’art, de l’architecture et du design, contributrice d’Intramuros.


Un lieu d’exception
La Maison Ozenfant est la maison-atelier conçue par Le Corbusier en 1922 pour l’artiste et ami Amédée Ozenfant. Premier projet résidentiel de Le Corbusier, la maison exprime une convergence d’intentions et d’idéaux entre l’architecte et l’artiste, devenant ainsi le « banc d’essai » des concepts qui allaient jeter les bases de la philosophie de conception de Le Corbusier.
Une architecture au caractère puriste, pleine de lumière : un lieu de choix donc non seulement pour la créativité mais aussi pour la réflexion. Un encadrement parfait pour discuter la relance du Design Italien en 2021.
Suivez le débat en ligne le 7 juillet à 17h30 en cliquant ici.






Le Mobilier national invite à la Villa Savoye et à la Maison de fer pour deux expositions exceptionnelles sur les sièges modernes et le design de métal.
Jusqu’au 26 septembre 2021, les deux sites historiques de Poissy dans les Yvelines ouvrent leurs portes pour exposer les créations de l’ARC, l’atelier de recherche et de création du Mobilier national.
La Villa Savoye, monument emblématique de Le Corbusier qui fête ses 90 ans, expose les pièces originales ou rééditées qui font la démonstration de ses recherches sur le métal tubulaire depuis les assises basses des années 1960 jusqu’aux fauteuils en fibre de lin ou fibre de carbone créées dans les années 2010. Commandée par Pierre et Eugénie Savoye en 1928 afin d’en faire une maison de week-end, elle rassemble les cinq points de l’architecture nouvelle formulée en 1927: pilotis, toit-jardin, plan libre, façade libre et fenêtre en bandeau. Cette « machine à habiter » continue à avoir une influence considérable dans l’Histoire de l’architecture.


– Grand salon de la villa Savoye © FLC (Fondation Le Corbusier)
– ADAGP © Thibault Chapotot

Binfaré, 2007 ; fauteuil escargot © Lionel Morgaine, 1968 © Mobilier
national - ARC – Grand salon de la villa Savoye © FLC (Fondation
Le Corbusier)– ADAGP © Thibault Chapotot
La Maison de Fer quant à elle accueille une dizaine de pièces de Pierre Paulin, Olivier Védrine, Jean Nouvel, Martin Szekely, Roger Legrand, Ronan Bouroullec, Salomé de Fontanieu ou Frédéric Ruyant qui font écho à la structure en métal de ce bâtiment. Structures et tôles embouties brevetées par l’ingénieur belge Joseph Danly témoignent de l’époque industrielle de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle où ces constructions étaient synonymes d’innovation, de modernité et de confort. Elles font partie du parcours de la Paris Design Week 2021.


Frydman, 2011 ; éléments de rangements © Frédéric Ruyant, 2004
© Mobilier national - ARC – Maison de Fer © Thibault Chapotot

Legrand, 1964 © Mobilier national - ARC – Maison de Fer © Thibault
Chapotot
Fauteuil LC1 Villa Church (2013), canapé deux places modèle LC2
(1985), fauteuil modèle LC2 (1982), table basse LC10 (2013),
fauteuil LC7 (1988) © Le Corbusier, Charlotte Perriand, Pierre
Jeanneret © Mobilier national - ARC – Grand salon de la villa Savoye
© FLC (Fondation Le Corbusier) – ADAGP © Thibault Chapotot
« Sièges modernes. Le Mobilier national invité à la villa Savoye. »
Jusqu’au 26 septembre 2021 – 82 rue de Villiers – Poissy
« Le design de métal. Le Mobilier national invité à la Maison de Fer »
Jusqu’au 26 septembre 2021 – 2 ter allée des Glaïeuls – Poissy

Initié par le Codifab (réunion des organisations professionnelles de la filière bois), le concours New Living Wood s’adresse aux étudiants en design et architecture d’intérieur et est organisé par Le FRENCH DESIGN by VIA. Les lauréats de la dernière édition viennent d’être dévoilés.
La cuisine était au cœur de la thématique 2021 du concours New Living Wood : les étudiants étaient en effet invités à proposer des solutions d’aménagement autour de « l’espace repas de demain » en utilisant les propriétés du bois dans leurs projets, par exemple ses propriétés mécaniques, isolantes, ou acoustiques. Comme le précise Jean-Paul Bath, directeur du FRENCH DESIGN by VIA, « la nouvelle génération est aujourd’hui en mesure d’apporter de nouvelles réponses, et de soulever de nouveaux enjeux dans le vivre bois, l’aménagement d’espaces de vie originaux, adaptables et humains. Le concours New living wood présente des projets prospectifs et reflète les tendances de demain dans nos aménagements d’intérieurs ».
1er prix Cuisinivrac, par Théo Descantes (LISAA, Paris)
Son projet ? Utiliser les propriétés du bois pour imaginer un système de stockage des aliments en vrac, qui respecte bien sûr les normes sanitaires.

2e prix Greffectoire (Lou Fleurigeon et Judith Poillot, École La Martinière, Lyon)
Ce projet s’intéresse à l’aménagement des cuisines communes : l’idée est un module qui puisse transporter les affaires personnelles depuis une chambre jusqu’à la pièce commune, et également s’encastrer à un plan de travail, le temps de la préparation du repas, voire fournir une petite table d’appoint.

3e Prix Process’Local (Rébecca Rival, LISAA Paris).
Ce projet propose une réflexion autour d’un système de cuisine nomade, imaginé à l’échelle d’un village, pensé comme un espace de partage.


À Tours, l’exposition « Times in collapse » du plasticien belge Nicolás Lamas est un écosystème mêlant installations, artefacts et œuvres d’art.

Affranchi des hiérarchies plastiques, cet étonnant « paysage archéologique du futur» ou cabinet de curiosités version XXIe siècle fait s’entrechoquer les époques, les types d’objets et leur provenance culturelle. Des sneakers fondus s’hybrident avec des plantes, des répliques de sculptures antiques avec la technologie informatique obsolète du XXe siècle. Dans la nef principale, une imposante carcasse de voiture accidentée où la nature reprend ses droits interroge notre finitude. Par d’incessantes collisions visuelles entraînant mille et une réflexions, l’exposition réévalue notre rapport au monde et aux autres espèces.

Nicolás Lamas, Times in collapse, Centre de Création Contemporaine Olivier Debré (CCCOD), Jardin François 1er, 37000 Tours.

À la Galerie Maria Wettergen, la carte blanche donnée au Russe Boris Berlin donne lieu à une exposition collective hybride, entre design, architecture et installations.
Carte blanche confiée au designer Boris Berlin, Modernism Crystallized (Family Affair) propose des œuvres réalisées par le créateur d’origine russe, mais aussi avec son fils, l’architecte danois Daniel Berlin (de l’agence Snøhetta) et le designer letton Germans Ermičs. Surfant entre design, art et architecture, ces pièces par leurs effets lumineux, chromatiques, ou encore de trompe-l’œil altérant les formes, prennent toute leur dimension à travers le regard du spectateur. Pour exemple, Black Mirror de Boris Berlin et Germans Ermičs est une élégante table illusionniste qui peine à atteindre le sol, s’évanouissant dans son propre reflet. Comme souvent chez Maria Wettergren, cette exposition associe la beauté du design et des matériaux à de profonds questionnements, ici sur la mémoire, comme sur notre perception corps.

Modernism Crystallized (Family Affair) Galerie Maria Wettergren, 121 Rue Vieille-du-Temple, 75003 Paris.
www.mariawettergren.com – Jusqu’au 11 septembre 2021.

La Samaritaine en trois actes. Ce grand magasin parisien attachant qui concentre 150 ans d’histoire a réouvert ses portes au grand public le 23 juin 2021. Une entrée en scène de la « Samar » très attendue ! Premier volet consacré à l’intention architecturale. (1/3)
Après 16 années de travaux et de multiples contreverses, le projet de la Samaritaine a enfin abouti, ou presque. Un hôtel, intégré au plan, sera dévoilé en septembre. (Re)découverte du grand magasin, joyau de l’Art Nouveau et l’Art déco, fondé en 1870 par Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿ et transformé l’agence d’architecture Sanaa.

© Pierre-Olivier Deschamps Agence Vu pour la Samaritaine.
La Samaritaine est fermée en 2005, pour raisons de sécurité d’éléments structurels vétustes (pavés de verre). Le projet de 750 millions d’euros, financé par le propriétaire des lieux LVMH, a soulevé beaucoup de contraintes et de polémique. D’une part, la restauration gigantesque des quatre bâtiments classés Monuments historiques et l’intégration au programme de logements sociaux imposée par le PLU, ont fait entrer le grand magasin emblématique dans une nouvelle ère tournée vers l’international. De l’Art Nouveau à aujourd’hui, la « Samar » chère aux Parisiens et aux touristes du monde entier a su évoluer avec son époque.
Cependant, la Samaritaine a réduit sa surface commerciale initiale de plus de moitié soit 20 000 m2 pour y intégrer 600 marques choisies par DFS (leader mondial de la vente de produits de luxe destinés aux voyageurs) 96 logements sociaux, une crèche, un hôtel de luxe, le Cheval Blanc, et des bureaux. Le travail colossal de rénovation, conservation des structures d’origine et des éléments décoratifs, s’est doublé de contraintes techniques, notamment pour l’alignement des façades. Le projet de l’agence Saana n’a pas fait l’unanimité, loin de là, puisque beaucoup s’y sont opposés (riverains, associations…). Après plusieurs recours, le Conseil d’Etat a donné son feu vert. La double peau en verre transparent ondulante reflète le bâti haussmannien, insufflant une avancée moderne à la rue de Rivoli. Mais aussi, un couloir souterrain, nouveau passage de circulation, relie l’ensemble. On redécouvre avec bonheur les constructions successives, réalisées entre 1905 et 1928, de style Art Nouveau et Art Déco, destinées à agrandir les magasins, des architectes Frantz Jourdain et Henri Sauvage.

La fresque des paons, signée Francis Jourdain, toile peinte de 425 m2, déposée puis restaurée en atelier, est considérée comme un chef-d’œuvre de l’Art Nouveau ; elle se dévoile enfin dans ses couleurs les plus éclatantes, tandis qu’au sol les carreaux de verre, d’une modernité stupéfiante, fabriqués à l’identique rendent ainsi l’espace irréel.
L’ossature métallique a permis d’augmenter les volumes et de faire entrer la lumière à l’intérieur du magasin. S’ajoutent les décorations en lave de Volvic émaillée signées du fils de l’architecte Francis Jourdain et l’affichiste Eugène Grasset qui adoucissent l’aspect moderne et industriel. À l’intérieur, la réhabilitation du bâtiment Art Nouveau, appelé désormais Pont Neuf, la création de deux puits de lumière par Saana en complément des verrières sont une véritable réussite. On se souvient des éléments décoratifs et de l’espace fluide qui ont traversé les époques…
Les ornements remarquables de la structure Eiffel ont été peint en gris, couleur d’origine de 1910 dissimulée sous plusieurs couches de peinture. L’escalier mythique en chêne d’origine, symbole du grand magasin définit depuis toujours une circulation fluide; le garde-corps aux 16 000 feuilles d’or, les céramiques Art Nouveau sont autant de détails décoratifs qui font sa grandeur. Enfin, le dernier étage est le clou du spectacle qui laisse sans voix le visiteur. Sous la verrière monumentale à ossature métallique de 1907, la lumière naturelle entre à flots ; le verre d’origine a été remplacé par l’électrochrome, plus technique, qui se teinte en fonction de la luminosité, et transporte le spectateur dans une atmosphère, quasi magique.








© Pierre- Olivier Deschamps Agence Vu pour la Samaritaine

Durant trois jours, au Palais de Tokyo, trois jeunes créateurs « Talents Audi » émancipent le design avec Undomestic, une exposition questionnant le corps en mouvement.
Extrêmement différentes les trois installations embarquent le visiteur dans des univers bien particuliers. Self Esteem Shapers de Camille Menard convoque le monde du fitness à la maison et éveille les consciences sur notre degré de narcissisme amplifié par les réseaux sociaux. Avec Envahisseurs, Teddy Sanches s’intéresse au design comme vecteur de stimulation entre danseurs. Ses pièces textiles sont portées par des danseurs de hip-hop lors d’incroyables « battles » où les corps s’affranchissent. Enfin, Roman Weil revisite la technologie des boîtes de nuit avec E.P.U, installation immersive, sonore et plastique, constituée de machines cinétiques et lumineuses. Libérant le design de ses enjeux habituels, ces pièces sont à expérimenter absolument !

Undomestic, Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson – 75116 Paris les 11, 12 et 13 juin 2021.
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L’ouverture de la Bourse de Commerce est l’aboutissement d’un projet entamé dès 2001 lorsque François Pinault ambitionnait d’implanter sa collection dans l’ancienne usine Renault de l’île Seguin. De guerre lasse, il a finalement abandonné ce haut lieu de l’histoire industrielle pour Venise où, accompagné de Tadao Ando, il entame une toute autre partition avec le Palazzo Grassi (2006), la Punta della Dogana (2009) et le Teatrino (2013). En 2016, la Ville de Paris lui propose finalement la Bourse de Commerce, un édifice en rotonde couronné d’une vaste coupole métallique, conçu en 1889 puis progressivement tombé dans l’oubli. Située au cœur de Paris, à mi-chemin entre le Louvre et le Centre Georges Pompidou, desservie par Les Halles, la Bourse avait tout pour satisfaire le collectionneur prescripteur qu’est devenu François Pinault.
À l’extérieur, les drapeaux de Ronan et Erwan Bouroullec signalant la Bourse s’élèvent dans les airs et réverbèrent la lumière. À Rennes en 2015, leurs « Rêveries Urbaines » convoquaient déjà ce lien entre contemplation et usage, que des bancs en cupro-aluminium doré viennent d’ailleurs compléter.

À l’intérieur, le voile circulaire de Tadao Ando est cousu d’une trame de béton aux dimensions du tatami. Ce matériau à la fois universel et pauvre, privilégié par l’architecte japonais, permet de convoquer la perfection du cercle Platonicien et le souvenir du Panthéon romain, tout en se jouant de la perte de repères chère à Piranèse. À l’érudition de Tadao Ando, parfois dépourvu du souci de flexibilité nécessaire à tout lieu d’exposition, François Pinault a choisi d’adjoindre Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments Historiques et NeM/Niney & Marca Architectes. Ainsi, le cylindre de béton lisse d’Ando définit un espace d’exposition central au rez-de-chaussée, accueille l’auditorium au sous-sol, et permet, grâce à l’escalier qui s’enroule autour de lui, de desservir les espaces d’exposition des étages supérieurs, ainsi que le restaurant, tout en découvrant l’architecture du bâtiment de plus près. D’où que l’on soit,

Bourse de Commerce — Pinault Collection © Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, Agence Pierre-Antoine Gatier
L’aménagement a été entièrement conçu par les Bouroullec. On retrouve la chaise Rope (Artek) disséminée dans les espaces d’exposition ainsi que des tapis et banquettes spécifiquement créés pour les salons. De grandes grappes de verre en tubes se déploient en coulées organiques dans les cages d’escaliers, alliance du savoir-faire artisanal et de l’écriture technique déjà mise en œuvre pour l’escalier Gabriel du château de Versailles. Des rideaux dont la trame forme des drapés grillagés structurent l’espace du restaurant La Halle aux Grains de Michel et Sébastien Bras. On y découvre aussi des vases Alcova (Wonderglass), ainsi que des tables et chaises Officina (Magis) en fer forgé galvanisé dont le choix pourra néanmoins surprendre.




Nouvelle étape d’un réseau désormais bicéphale, l’exposition « Ouverture » énonce les valeurs qui sont attachées à la Pinault Collection avec François Pinault lui-même comme chef d’orchestre. Ce manifeste interroge par sa radicalité : Pas d’accrochage fleuve, ni de palmarès d’artistes bankable. Composé de différents corpus d’œuvres, « Ouverture » agit comme une ode à la remise en cause des canons, qu’ils soient politiques, sociaux, raciaux ou esthétiques. Preuve en est la confrontation magistrale de l’intervention de Tadao Ando aux toiles marouflées vantant la grandeur commerciale française et ses comptoirs coloniaux (IIIe République) face à L’enlèvement des Sabines (1579-1582) de Giambologna, répliqué par Urs Fischer, dont la vanité de cire est vouée à se consumer.
À l’état-major dont il s’est entouré au fil des années (Jean-Jacques Aillagon, Martin Béthenod, Caroline Bourgeois, Tadao Ando, Pierre-Antoine Gatier) François Pinault a su associer une plus jeune génération à laquelle il se montre fidèle (Ronan et Erwan Bouroullec, NeM/Niney & Marca Architectes et les Graphiquants), donnant naissance à une aventure collective dont le public est également amené à être témoin. Preuve que la débauche de moyens – 160 millions d’euros en cinq ans – n’enlève rien au mérite de l’audace.



Présentée à la Gaîté Lyrique, la nouvelle exposition d’Olivier Ratsi met en avant des dispositifs sculpturaux où la lumière impulse le mouvement et invite le spectateur à s’approprier l’espace. Mais elle dévoile aussi des pièces où le design apparaît comme essentiel pour que le dialogue entre la lumière et l’objet se fasse « sans obstacle ».
La lumière a toujours été une source d’interrogation dans le travail de l’artiste Olivier Ratsi. Qu’il s’agisse de lumière projetée, celle des vidéoprojecteurs, héritée des techniques du mapping permettant de révéler des supports, de questionner des volumes, et qui dans son travail se conjugue souvent à des principes d’anamorphose, ouvrant au spectateur à partir d’un certain point de vue le redimensionnement des images projetées en une nouvelle image. Ou qu’il s’agisse de lumière diffuse, lui offrant les perspectives de créer des œuvres plus denses, en lien direct avec l’espace qui les entoure grâce à cette lumière irradiante venant structurer physiquement la relation entre l’objet et l’espace.
Pour l’exposition à la Gaîté Lyrique Heureux Soient Les Fêlés, Car Ils Laisseront Passer la Lumière – titre clin d’œil à Michel Audiard –, aux contours très scénographiques et déambulatoires, cette logique de rapport entre objet et espace, mais aussi entre corps (du spectateur) et espace, se veut sans doute plus forte que jamais. Outre les habituelles notions de cadrage, d’angles, de champ et de contre-champ, qui donnent littéralement vie aux pièces d’Olivier Ratsi, le principe de « cartographie sensorielle » que le public serait invité à ressentir en traversant, en écoutant ou en observant les œuvres et leurs mutations optiques constantes transperce ce mélange de pièces anciennes, revisitées pour l’occasion, et de nouvelles créations.
Architectures immersives
À l’image de Frame, sculpture de cadres de bois et de leds superposées, présentée pour la première fois à la verticale et dont l’effet miroir rappelle un peu les jeux de fuite visuelle de l’échelle de Yayoi Kusama, ou de la nouvelle pièce X, 24 tubes acrylique réfléchissant leur luminosité fuyante en s’étirant sur un long bassin d’eau noire, Olivier Ratsi entame ici un dialogue optimisé des œuvres avec l’espace architectural qui l’accueille. La nature immersive des pièces s’en trouve décuplée, tout comme la perception du spectateur. « Concernant le côté immersif, j’aime multiplier les points de vue dans mon travail », précise-t-il. « L’anamorphose s’observe en général à l’extérieur de l’œuvre, mais je cherche toujours à ce que le spectateur puisse la pénétrer afin de multiplier les possibilités de point de vue, un peu comme dans les Pénétrables de Jésus-Rafael Soto. Il faut aussi qu’il puisse vivre une expérience. »
Les expériences s’avèrent en effet ici très mouvantes pour le visiteur. Des jeux chromatiques de F(lux) ou Spectrum, inspirées des rayons solaires traversant les nuages, aux pertes de repères spatio-temporelles de Negative Space, engendrée par le ballet de lumières et de brouillard créé à partir de 21 totems quadrillant l’espace de la chambre noire, celui-ci se retrouve à la fois caressé du regard ou poussé dans les derniers retranchements de ses perceptions individuelles.
L’impératif esthétique du design
Il est intéressant de noter que le design constitue aussi un élément esthétique pérenne dans le travail d’Olivier Ratsi. Qu’il prenne la forme des rectangles rouges de son installation lumineuse III qui trônait il y a quelques mois encore à l’entrée du Centre culturel Canadien (pour l’événement Human Learning) ou qu’il s’exprime dans les formes tubulaires et lumineuses allongées de F(lux), on saisit bien l’importance de la forme dans ses pièces. « Pour moi le design n’est pas une fin en soi, mais un impératif sur le plan esthétique. Il contribue à rendre les choses plus fluides, afin que le dialogue se fasse ʺsans obstacleʺ, et que la lumière apparaisse comme si elle n’existait sans aucun autre support. »
À ce titre, la création Infinite I et son décor circulaire de miroirs conviant le spectateur à rompre le cercle s’avère la pièce la plus design de l’exposition. « Infinite I est l’une des seules pièces avec Shape qui n’utilise pas de technologie, mais qui nécessite obligatoirement l’informatique pour la conception tant chaque élément est désigné et placé au millimètre près », confesse-t-il. « En se positionnant au centre, le spectateur peut observer que les miroirs, qui semblent à première vue légèrement décalés dans leur rotation, se ʺreplacentʺ tous de manière parallèle. Ils deviennent tous les mêmes, alors qu’ils renvoient tous une partie différente de l’image de l’observateur. » Un concept de boucle infinie qui s’articule avec une véritable recherche dans la conception de l’objet.

À la Gaîté Lyrique, Olivier Ratsi entame ici un dialogue optimisé des œuvres avec l’espace architectural qui l’accueille. La nature immersive des pièces s’en trouve décuplée, tout comme la perception du spectateur.





« Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière » – Olivier Ratsi
Exposition-expérience
Jusqu’au 18/7/2021
La Gaîté Lyrique – 3bis rue Papin – 75003 Paris
https://gaite-lyrique.net/

Depuis plusieurs années, les Prix Design & Innovation et Golden Parachute récompensent des projets de diplôme prometteurs de la promotion tout juste sortie de l’école supérieure d’art et de design de Saint-Etienne (ESADSE). L’édition 2021 vient de récompenser le travail de Charlotte Goffette, Chloé Pechoultres et Antoine Salle.
À l’issue d’échanges particulièrement denses en débats, les prix Design & Innovation et Golden Parachute ont été remis hier à l’ESADSE, devant une partie des étudiants de la dernière promotion 2020, tandis que les autres suivaient en visioconférence.
Des ex-æquo pour le Prix Golden Parachute
C’est ainsi que Chloé Pechoultres a appris par écran interposé sa nomination ex aequo avec son compère Antoine Salle, pour le Prix Golden Parachute. Si la Covid-19 a fortement perturbé le déroulement de cette dernière année, en impactant directement la formalisation du diplôme ( finalement passé à l’automne), les sujets des projets présentés s’en sont fait souvent l’écho, même indirectement. Pour la section Art, les sampurus (réplique des plats exposés dans les vitrines des restaurants au Japon) revisités du jeune peintre Antoine Salle ont pris une connotation particulière dans cette période qui a figé un pan important de la restauration, quand les associations de photos et de sculptures de Chloé Pechoultres interrogent le temps, dans l’instant figé dans la mémoire, les strates du souvenir, la pérennité, à travers une fascination des « multiples visages de la pierre ». Les lauréats reçoivent une bourse d’aide à la création de 3000 euros et bénéficieront d’une exposition en mars 2022 au lieu de diffusion « L’Assaut de la menuiserie » à Saint-Étienne.
Poésie et urbanité au cœur du Prix Design et Innovation
Départager les candidats en design objet, design espace et médias s’est également révélé extrêmement complexe, par la qualité des recherches dans lesquelles s’inscrivaient les diplômes. À l’issue de discussions nourries, le jury – dont faisait partie Intramuros— a choisi de récompenser Charlotte Gofette pour sa réflexion menée autour du vent « seul élément en continuité physique avec notre corps » dans une perspective de rendre tangible son expression dans l’espace urbain. La lauréate reçoit une bourse d’aide à la création de la Fondation Crédit Agricole Loire-Haute Loire d’un montant de 3000 euros. Elle bénéficiera également d’une exposition à la Galerie Surface de Saint-Etienne, qui valorise le travail de designers dans le cadre d’événements et d’expositions.
Des projets de diplômes variés et pointus
Le jury a également souhaité décerner un « coup de cœur » au travail de Charlotte Marx baptisé « Apparitions », qui s’intéresse à ces espaces d’attente et de contemplations tels que « la salle d’attente, lieu des manifestations des apparitions lumineuses, le hall d’entrée de l’hôtel, où les ombres semblent sortir du rêve, le cabanon du pêcheur, propice aux reflets, le sentier de montagne où le paysage s’encadre, la cabine de train, point de vue de la lumière en mouvement.» En effet, extrêmement variés, les projets de diplômes de cette promotion dévoilaient une volonté d’interroger par la démarche design le champ social (interrogation d’un processus participatif, retranscription d’objets conçus en milieu carcéral, rituels du deuil, militantisme…). Ils portaient aussi bien sur un décryptage/décodage des fake news, l’invention d’un langage associant une pierre à un mot, pour littéralement composer des poèmes sculpturaux.
D’autres proposaient en lien avec des urbanistes la détermination de pièces de mobilier urbain pour revaloriser certaines promenades oubliées de la ville, en prenant garde de bien s’inscrire dans le cadre végétal et de préserver ces îlots de quiétude, ou réinterroger les processus de végétalisation de la ville. La promotion interrogeait aussi les conditions de la prise de parole en public dans les milieux scolaires et universitaires, cherchaient une réponse au fidgeting, ces mouvements instinctifs que l’on fait pour nous concentrer.




L’exposition « Round 5 » présente l’ensemble des projets de diplômes de la promotion 2020, jusqu’au 29 août, à la Cité du design de Saint-Etienne. Le site de l’école rassemble aussi ces travaux ici.