Carl Hansen & Søn, le classique danois
Portrait de Knud Erik Hansen, PDG 3e génération de l'entreprise Carl Hansen & Søn

Carl Hansen & Søn, le classique danois

Le 7 juin à Milan, la marque danoise Carl Hansen & Søn a proposé une exposition immersive autour de la Wishbone chair proposée en série limitée et en 9 coloris dans le flagship du Foro Bonaparte, via Arco. Knud Erik Hansen, le PDG, troisième génération, y dévoile la chaise CH24 par Ilse Crawford dans des coloris allant du vert fluo au vert bouteille, du blanc craie au rouge sang.


La VLA26, chaise Vega et la série Foyer de Wilhem Lauritzen comptent également parmi les dernières nouveautés de cette entreprise familiale qui en trois génération a su faire évoluer son chiffre d’affaires ces 20 dernières années de 500% passant de 50 employés à près de 600 personnes dans l’usine la plus moderne d’Europe. Cette usine n’est pas de celle que l’on croit, bruyante, aliénante, étouffante. On est loin de l’industrie à la Zola. Néanmoins, il faut un certain degré d’abnégation pour travailler 38 heures par semaine sur la même pièce, peaufinée sans fin, poncée et re poncée, dans le même sens, qui de droite à gauche et qui de gauche à droite, dans le respect du travail de l’architecte Wilhem Theodor Lauritzen, auteur de l’aéroport tout en longueur de Copenhagen ou de l’ambassade danoise à Washington. Le travail comptait avant tout en premier pour lui.

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« L’architecture doit être appliquée pour tous et ne jamais être un privilège pour les few », aimait-il expliquer. En 1921, il obtient son diplôme d’architecte et fonde son studio en 1922 pour concourir pour l’aéroport de Copenhague sur les terminaux 1, 2 et 3. En concurrence avec Arne Jacobsen sur le Terminal L de l’aéroport de Washington, il proposera un résultat tout simple avec un plafond en vague de carrelage blanc et des portes pivotantes en teck. Les projets de l’agence Lauritzen aujourd’hui sont de grande ampleur, pouvant couvrir des projets de halls de 2500 m2. Sur le dernier projet de l’ambassade d’Inde à Copenhague, l’agence, (installée dans de magnifiques locaux sur les quais de Copenhague) est en compétition avec Kengo Kuma. Ils conçoivent tout, de la peinture à l’imprimante 3D.

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© Carl Hansen & Søn
© Carl Hansen & Søn

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L’usine la plus moderne d’Europe

Depuis Copenhague, pour se rendre sur l’usine la plus moderne d’Europe, mais la plus artisanale aussi, il faut prendre vers l’ouest jusqu’à Gelsted sur l’ile de Fionie, et découvrir ces rois du recyclage qui depuis plus de 110 ans, transmettant du grand-père au père, puis au fils Knud Erik Hansen un outil de travail fantastique pour le meuble a profité à 300% de la pandémie. Affirmant haut et fort qu’il tient à transmettre le hand made aux générations du futur, rendant un hommage ému à sa mère Ella qui a su reprendre le business à la mort de son père en 2002, Knud Erik Hansen reprend le family business et étend sa présence à l’international. Carl Hansen (1908), Holger Hansen (1934), Jørgen Gerner puis Knud Erik Hansen, trois générations auront suffi pour faire des chaises en bois de teck ou de chêne tourné, des icônes du design.

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© Carl Hansen & Søn

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Un design de référence est chez Carl Hansen & Søn une combinaison de simplicité, d’esthétique et de fonctionnalité matérialisé par un travail d’excellence avec les meilleurs matériaux. Et au Danemark, le meilleur matériau, c’est le bois et la corde de papier. Le partenariat le plus créatif a commencé en 1949 avec Hans J. Wegner et la chaise Wishbone qui représente l’ADN de l’entreprise et dont Carl Hansen & Søn est le premier fabricant mondial et les rend accessible à travers des showrooms dans le monde entier de New York à Tokyo, de Barcelone à Paris. A l’usine, techniques traditionnelles (tressage, ponçage, découpe…) et nouvelles technologies (robotisation des taches les plus pénibles) se combinent pour rester dans le respect des normes de qualité les plus exigeantes, pratiques honnêtes et durables.

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Chaise ND54 © Carl Hansen & Søn
Chaise CH24 © Carl Hansen & Søn

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Le développement durable danois

Les classiques du mobilier danois de Kaare Klint, Arne Jacobsen, Nanna Ditzel, Poul Kjaerholm… s’étoffent de nouvelles collaborations avec Rikke Frost, Mads Odgard, Anker Bak ou Morten Gøttler. Un récent partenariat a été engagé avec Ilse Crawford, l’architecte japonais Tadao Ando, le trio de designers autrichiens EOOS ou le designer américain Brad Ascalon.

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© Carl Hansen & Søn

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Carl Hansen & Søn s’engage depuis des années en faveur du développement durable. De la stratégie globale à la solution simple, dans une volonté de prendre soin des êtres humains et de la planète, Carl Hansen & Søn investit dans des équipements de pointe moins énergivores et fournit à ses artisans des conditions de travail saines et sûres. Le bois provient de forêts et de scieries gérées de manière durable. L’intégralité du bois acheté est utilisée à la fabrication ou les chutes servent de combustible dans une centrale de chauffage urbain qui alimente 400 foyers à Gelsted. Les fauteuils Carl Hansen sont produits pour durer au de-là d’une vie et pour être transmis. Des services de réparation et de remise à neuf ont même été mis en place pour donner une seconde vie au meuble. Chez Carl Hansen & Søn, design et restauration vont de pair.


Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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30/9/2026
Artek x Hender Scheme : la patine du temps

Le finlandais Artek et le japonais Hender Scheme présentent une première collaboration autour du vieillissement naturel des matériaux et du pouvoir esthétique du temps.

Notre attachement à certains objets ne s’explique pas par leur valeur intrinsèque, mais par leur histoire. Celle qui cause l’usure et attaque parfois la forme, voire la fonction. C’est avec cette question du temps qui passe en toile de fond qu’Artek et Hender Scheme se sont associés. Spécialiste du mobilier en bois cintré depuis 1935, la marque finlandaise avait amorcé en 2024 un nouveau tournant en tolérant, à l’occasion d’une collection avec le studio Formafantasma, les défauts du bouleau dans ses assises. Un rapport au naturel que la société, fondée par Aino et Alvar Aalto, interroge cette fois-ci avec un fabricant de chaussures et d’accessoires en cuir, le japonais Hender Scheme.

Suspension ©Artek x Hender Scheme

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La valeur du temps

Si les objets sont façonnés par l’industrie qui les fait naître, cette collection entend montrer qu’ils continuent de vivre entre les mains de leurs utilisateurs. En faisant du cuir tanné végétal l’élément central de cette collaboration, les marques proposent un nouveau revêtement qui se patine naturellement avec le temps. Un rapport sensible à la vie des meubles qui confère aux pièces leur unicité. De ce choix naît aussi un échange entre les deux entreprises. La première introduit le langage stylistique du couple Aalto dans un univers codé et japonisant, lorsque l’autre importe son savoir-faire en dotant le célèbre Stool 60 de souliers de cuir. Un clin d’œil qui met en valeur le piètement en L caractéristique de la célèbre assise.

Tabourets Stool 60 avec « chaussures » ©Artek x Hender Scheme

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« New Craft » ou le concept d’un artisanat technologique

Cette nouvelle connexion est également l’occasion pour Hender Scheme de développer son concept de « New Craft ». Une idée selon laquelle l’artisanat et la technologie moderne se rencontrent et fusionnent au service de nouvelles réalisations. Parmi elles, la suspension A330 Golden Bell, dessinée par les Aalto. L’abat-jour en laiton est pour l’occasion réinterprété en cuir moulé. La technique traditionnelle du moulage humide est associée à l’impression 3D pour offrir de nouvelles qualités visuelles et tactiles sans altérer la forme initiale. Une proposition forte en écho au traitement plus classique du cuir valorisé sur différentes typologies dont une horloge, un porte-clés et des dessous de verre reprenant la forme courbe « Riihitie », imaginée par Aino Aalto. Dévoilés au London Design Festival, ces objets seront disponibles à la vente à partir du 10 octobre.

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Ci-dessous de gauche à droite : dessous de verre et horloge

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30/9/2026
« Under Pressure » : Marie et Alexandre exposent à la galerie signé

Jusqu’au 10 octobre, le duo Marie et Alexandre présente à la galerie signé l’exposition « Under Pressure », dans laquelle la pression est explorée sous plusieurs aspects : dans les techniques et les matières employées, mais aussi, plus largement, dans leur rapport à la création.

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« L’idée derrière cette exposition était de travailler la pression un peu différemment, en utilisant des techniques diverses, avec cette idée d’explosion rapide, et de réussir à les allier toutes ensemble. » Pour cette exposition, le duo de designers formé en 2018 a choisi de faire de la pression son point de départ. Le titre, « Under Pressure », fait notamment référence à l’hydroformage, un procédé industriel dans lequel la pression de l’eau permet de donner forme au métal. Au sein de la galerie, Marie et Alexandre présentent ainsi des pièces façonnées par différentes forces et contraintes, réalisées en collaboration avec plusieurs artisans spécialisés. Mais la pression ne désigne pas seulement ici une technique de façonnage. Elle devient également une condition de création, exercée par la matière, par le temps, le doute, les choix parfois irréversibles ou encore la volonté de faire apparaître quelque chose qui n’existe pas encore.

Exposition "Under Pressure", collection de Vases en céramique émaillée, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

Allier techniques et savoir-faire

Au sein de l’exposition, qui réunit une dizaine de pièces, les designers se sont associés à différents artisans pour explorer la pression sous toutes ses formes. Avec Antoine Giret, ils présentent ainsi une console, un système d’étagères et une chaise autour d’un travail de l'aluminium fondé notamment sur la vibration de la matière et la création de systèmes. Accompagnés par Jean-Marie Foubert, ils ont imaginé une collection de vases en céramique, déclinés en versions simple et double ainsi qu’en différents formats. Avec le verrier Simon Rio, ils sont allés vers un autre registre en imaginant une table basse dont le plateau est en verre thermoformé. Enfin, avec l’atelier Blam - notamment connu pour avoir participé à la réalisation du cheval mécanique apparu lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 -, ils ont imaginé une table sur piston ainsi qu’un médaillon en métal et feuille d'argent dont la forme naît directement de la contrainte exercée sur la matière. Ce dernier sera ensuite destiné à rejoindre la Cité du design de Saint-Etienne, récemment inaugurée.

Exposition "Under Pressure", médaillon et table sur piston, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

À travers cette exposition, Marie et Alexandre semblent faire évoluer leur langage formel vers davantage de retenue. Les formes se resserrent et les moyens se réduisent, sans pour autant perdre leur fonction et leur intensité. Un moyen finalement pour le duo de questionner son propre processus créatif.

Exposition "Under Pressure", chaise et système d'étagères en aluminium, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin
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29/9/2026
Panton Cubes : le design en jeu

Imaginé par Verner Panton dans les années 1970, le système modulaire Panton Cubes est aujourd’hui réédité par Vitra sous la forme de quatre kits représentant des figures animales.

Imaginés par Verner Panton en 1974, les Panton Cubes associent jeu et design. Constitués de structures cubiques pouvant être assemblées entre elles à l’aide de clips, les cubes sont ensuite habillés de panneaux colorés ou chromés. Ce système permet de composer des volumes et des motifs variés, allant de sculptures figuratives à des constructions plus abstraites.

Développée par Vitra en collaboration avec Verner Panton Design AG à l’occasion du centenaire de la naissance du designer, cette réédition propose quatre modèles : un canard, un flamant rose, un chat et une girafe. Chacune des versions est proposée dans une combinaison de deux couleurs ou avec une finition chromée. Les modèles bicolores reprennent la palette vive caractéristique du travail du créateur danois. En laissant à chacun une grande liberté de construction, le concept des Panton Cubes illustre de manière ludique les possibilités offertes par un système modulaire.

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Ci-dessous : ©Panton Cubes - Vitra

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28/9/2026
Avec Racines, Cristel invite Noé Duchaufour-Lawrance à sa table

À l’occasion de ses 200 ans, Cristel s’associe pour la première fois à un designer. Avec Noé Duchaufour-Lawrance, la marque revisite son emblématique poignée amovible dans une édition limitée en bois, intitulée Racines.

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Depuis sa création, en 1826, la manufacture française Cristel a bâti sa réputation sur un savoir-faire et des innovations qui la caractérisent, à l’image du système de poignées amovibles Cook & Serve imaginé par Paul Dodane en 1984. Si jusqu’ici, l’élaboration d’aucun produit n’avait jamais été confiée à un designer extérieur, cet anniversaire est l’occasion pour la marque d’ouvrir un nouveau chapitre en faisant appel à Noé Duchaufour-Lawrance, dont le travail explore depuis de nombreuses années les liens entre territoire, artisanat et matériaux.

Collection Racines, design : Noé Duchaufour-Lawrance © Cristel

‍Une poignée inspirée de la nature

Baptisée Racines, cette nouvelle poignée ne cherche pas à réinventer le système imaginé par Cristel mais à lui offrir une nouvelle expression. Réalisée en bois et éditée en série limitée, sa forme s’inspire directement de l’écorce des arbres. Son veinage sculpté en relief confère à l’objet une dimension à la fois tactile et sensible, comme un rappel du lien instinctif à la matière brute. « Cuisiner, c’est transformer une matière brute. La poignée est l’interface entre la main et cette transformation. À travers cette poignée, j’ai cherché à exprimer la rencontre entre nature et usage », raconte Noé Duchaufour-Lawrance.

Collection Racines, design : Noé Duchaufour-Lawrance © Cristel

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Au-delà de l’objet, cette collaboration confronte pour la première fois le savoir-faire industriel de Cristel à la vision d’un designer, sans pour autant renoncer à l’identité qui fait son succès depuis deux siècles. « Racines s’inscrit dans l’univers amovible qui a fait la réputation de Cristel, tout en marquant une étape inédite : celle d’une grande maison qui s’ouvre à un regard extérieur. Noé Duchaufour-Lawrance nous a semblé proche de nos valeurs et être celui qui pouvait apporter de l’émotion à notre savoir-faire », confie Damien Dodane, directeur général délégué de Cristel. Une manière de célébrer deux cents ans d’innovation en rappelant que le design peut aussi raconter une histoire, celle du lien entre l’homme, la matière et l’usage.

Pour en savoir plus sur l'univers Cristel et ses collections c'est ICI.

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