Kobold, l'assise où s'allonger
© Kobold & Cinna

Kobold, l'assise où s'allonger

Designer pluridisciplinaire, Erwan Bouroullec mêle ses compétences pour créer Kobold. Un canapé à l'allure simple qui combine les fonctionnalités et s'adapte à vos envies.

S'asseoir pour lire, ranger les livres et s'allonger pour une petite sieste, tout ça presque sans bouger. Voici en quelques sortes l'idée permise par la dernière création d'Erwan Bouroullec pour Cinna. Imaginée comme une petite unité configurable en fonction de son humeur, Kobold se veut aussi fonctionnel que versatile pour garantir à son utilisateur une grande liberté.

© Kobold & Cinna

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Tout faire, sans bouger

Simple en apparence, ce canapé a été conçu pour regrouper les fonctions du mobilier de salon. Les rangements des étagères, les surfaces planes de tables, les assises des fauteuils, mais aussi un semblant de lit s'assemblent pour ne former qu'un. Une idée guidée par « deux obsessions personnelles » du designer. « Je cherche à simplifier l'ensemble pour faire mieux tout en réduisant les ressources utilisées, mais par le biais de formes qui appartiennent à tous de sorte à créer un langage universel gage de liberté et de pérennité » explique Erwan Bouroullec. Une vision dont résulte au final une petite plateforme de vie, véritable espace dans l'espace du salon. Une sorte de nano-architecture autosuffisante aux besoins d'un moment pour soi, dans sa bulle.

© Kobold & Cinna

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Une structure simple pour voir les choses en grand

Dessiné pour combiner l'espace de rangement et l'espace de détente, Kobold est un petit radeau à l'allure très fixe, sur lequel les coussins glissent pour répondre aux besoins de l'utilisateur. Surélevée avec de discrets pieds, la structure marquée par la linéarité semble flotter. Entièrement réalisée en bois, la conception en L du canapé, lui permet d'être ouvert sur deux faces et fermé sur deux autres. Une géométrie par laquelle cet élément de mobilier devient aussi un outil de cloisonnement. Par son absence de courbe et son design aux angles marqués, Kobold se combine facilement à d’autres exemplaires, pour former un canapé plus grand, voire de véritables imbrications plus complexes. Une capacité à passer du compact à l'architectural, également valorisé par le designer.

© Kobold & Cinna

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Des attitudes et des allures variées

Disponible en bois clair ou en noir, le canapé Kobold offre deux perceptions très différentes. L'une passe-partout, l'autre structurellement plus imposante. Une impression d'autant plus renforcée par le choix des textiles. D’un côté la tapisserie Soft et son camaïeu de gris soulignent l'aspect très déstructuré grâce à la disposition variable des coussins, de l’autre la Classic, plus ferme et plus haute dont le lainage vert profond affirme les lignes. Deux visions très différentes d'un même meuble, imaginé pour s'installer dans toutes les positions.

© Kobold & Cinna
Rédigé par 
Tom Dufreix

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6/10/2026
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Pour plus d'informations et s'inscrire c'est ici : https://www.release-aec.com/fr/participer#register

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À Montpellier, Pierre Paulin siège en majesté

Au musée Fabre de Montpellier, l’exposition « Le design selon Pierre Paulin », ouverte jusqu’au 1er novembre, revient sur plus de cinquante ans de création d’un designer qui a fait de la matière le terrain d’une perpétuelle expérimentation.

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Des courbes, de la couleur et des formes, toujours. Mais cette fois-ci, c’est au design que le musée Fabre de Montpellier consacre son espace d’exposition temporaire. Avec « Le design selon Pierre Paulin », l’institution revient, jusqu’au 1er novembre, sur plus de 50 ans de création d’un designer obsédé par la forme. Un créateur qui n’a cessé de repousser les limites de l’assise pour donner corps à certaines des silhouettes les plus iconiques du XXe siècle. Influencé par son grand-oncle maternel, Frédy Balthazar Stoll, sculpteur formé dans l’atelier de Rodin, et son oncle paternel, Georges Paulin, designer automobile à qui l’on doit notamment l’invention du système Éclipse – permettant au toit des véhicules de se rabattre dans le coffre –, Paulin tire deux grandes lignes : la forme et le fonctionnalisme. Une pensée moderniste que l’étudiant en architecture intérieure au Centre d’art et des techniques (aujourd’hui Camondo) retrouve dans les travaux de l’entre-deux-guerres signés Charlotte Perriand ou Jean Prouvé, qu’il admire. De cette influence naît le fauteuil Première réalisation. Une assise imaginée comme un prototype, mais qui révèle déjà des facultés certaines pour la conception et le pousse à réaliser ses premières pièces inspirées par la Scandinavie, où il séjourne en 1951. Rapidement édité par Thonet Frères et Meubles TV, puis exposé au Salon des arts ménagers en 1953, le designer s’engage dans une voie moderniste, troquant la géométrie nordique pour les formes organiques.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Naissance de l’esthétique Paulin

Loin des ensembliers qui avaient révolutionné la première moitié du XXe siècle, Paulin appartient à la seconde moitié du siècle, celle de l’industrie. L’arrivée de nouvelles fibres, dont le jersey, textile souple et élastique symbole de la révolution industrielle des années 1960, lui ouvre de nouvelles possibilités. Il imagine alors de nouvelles formes. Parmi elles, le Groovy et le Mushroom marquent cette décennie et lui confèrent l’image d’une époque colorée, notamment grâce à des figures comme Kho Kiang Ie, directeur artistique d’Artifort, ou le designer textile américain Jack Lenor Larsen, avec qui Paulin développe un nouveau langage. Un dialecte à part sur la scène du design qui lui vaut d’entrer au MoMA en 1969 – trois ans après avoir contribué au lancement de l’ARC initié par Jean Coural – grâce au F300 et à la Tongue Chair. Une assise si basse dont on lui avait dit qu’elle ne pourrait être commercialisée. Elle deviendra pourtant l’un des grands succès du designer, pour qui la hauteur de l’assise influe sur les échanges humains au sein d’un même lieu.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

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In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Un design marqué par les innovations

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In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

De ses premières assises aux pièces devenues iconiques, l’exposition raconte la carrière d’un homme qui avait fait du design une matière à penser. L’occasion de redécouvrir – et d’essayer – certaines des silhouettes les plus célèbres du XXe siècle, façonnées par un esprit qui n’a cessé de réinterpréter ses dessins pour qu’à travers eux se lise une histoire moderne.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre
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8/10/2026
Edgar Jayet retapisse le design industriel pour la Villa Médicis

Pour la Villa Médicis, le designer Edgar Jayet livre trois fauteuils Tapestry. Une réinterprétation du Swivel de la maison d’édition danoise Vipp, retapissé d’un jacquard paysagé.

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S’il existe une place qui, parmi plus que nulle autre, a traversé les époques pour garantir à la création un lieu d’expression, c’est la Villa Médicis. Fondée en 1666 par Louis XIV, l’institution française bâtie sur les hauteurs de Rome accueille depuis 2022 le programme « Réenchanter la Villa ». Entamée par India Madhavi, cette nouvelle campagne de rénovation se poursuit aujourd’hui avec les appartements des pensionnaires. Et c’est au numéro 10 que l’architecte et directeur artistique Edgar Jayet présente « Tapestry ». Derrière ce nom, une typologie que le designer considère « comme ce qui est un peu le nouveau chevalet de l’artiste » : la chaise de bureau. « Nous nous sommes intéressés à elle car c’est une pièce essentielle mais, à mon sens, souvent décevante en termes de design, de conception. Je suis donc rentré en contact avec l’éditeur danois Vipp pour y chercher la Swivel chair que j’adore. » Une assise pivotante au design industriel mais surtout à la hauteur du lieu, selon le prescripteur.

Fauteuil Tespetry, design Edgar Jayet © VIPP

Un style néo-éclectique

Fidèle à une certaine vision très « dix-neuviémiste » de l’ameublement, Edgar Jayet a souhaité introduire dans ce projet un pont entre les époques et les styles. « Je me suis interrogé sur ce qu’était l’opposé d’un design industriel et je suis tombé sur la tapisserie. Un élément qui ramène à la naissance des Arts décoratifs, au Moyen Âge, à la Renaissance, à la manufacture des Gobelins… » Une réflexion qui amène alors le designer à sélectionner un jacquard au style forestier de chez Schumacher. « La ligne d’horizon, le feuillage… Pour moi, la notion de paysage intérieur est essentielle dans un atelier d’artiste. C’est une ouverture vers l’extérieur qui fait écho, dans notre cas, au jardin de la Villa Médicis », détaille le designer, marqué par l’ambiance néo-médiévale émanant des chaises tapissées de sa grand-mère. Grâce au métrage relativement long, les trois assises de la Villa se complètent sans que le motif ne se répète et offrent ainsi à l’espace une complémentarité stylistique.

Fauteuil Tespestry, design Edgar Jayet © VIPP

Un projet à acquérir

Imaginé à l’origine pour l’institution romaine, le fauteuil Tapestry sera également disponible à la vente à partir du mois de janvier. Avec ses 50 pièces, cette collection capsule s’inscrit dans la volonté plus globale de la maison d’édition danoise de développer des collaborations bespoke autour de leur best-seller : la Swivel. L’occasion de s’offrir un petit morceau de la Villa et de connecter, comme elle, les époques par le prisme du design.

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