Tikamoon : pour des meubles qui durent 100 ans
Boutique Tikamoon à Lille © Tikamoon

Tikamoon : pour des meubles qui durent 100 ans

Fondée en 2008, la marque Tikamoon crée des meubles en bois massif pensés pour durer. En septembre, une première boutique a ouvert à Paris, puis à Lille en novembre. Ambitieuse et soucieuse, l'entreprise aspire à proposer du mobilier durable dans le temps, en mettant l'accent sur la circularité.

Depuis ses débuts sur eBay en 2009, Tikamoon a bien évolué. Fondée en 2008 puis repris par Arnaud Vanpoperinghe en 2013, la marque œuvre pour continuer de se forger une identité forte basée sur la volonté de créer des meubles qui durent 100 ans. En démocratisant le mobilier en bois massif, l'entreprise souhaite surtout éduquer sa clientèle pour les inciter à acheter moins souvent. Leur ambition : faire durer le mobilier dans le temps, en s'axant notamment sur la transmission mais également sur la restauration de ses produits au sein de sa boutique circulaire.

Une boutique circulaire pour une seconde vie

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À quelques kilomètres du siège de la marque, en banlieue lilloise, la boutique circulaire est chargée de récupèrer, restaurer et revendre des pièces abîmées pour leur offrir un nouveau souffle. Sous la gestion de Julien Dôle, responsable du pôle revalorisation, une équipe de trois ébénistes composée d'un formateur et de deux apprentis, travaille à la restauration de ce mobilier. À raison de deux semi-remorques livrées chaque semaine, les meubles sont d'abord triés en fonction de leurs besoins de réparation, puis répartis en trois catégories. À l'aide d'une "banque d'organes", qui désigne les restes de bois non utilisés récupérés sur d'autres meubles, les meubles sont ensuite restaurés, parfois même sublimés en de nouvelles pièces uniques. L'objectif final étant d'atteindre, à terme, le 0 % déchet bois.

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© Tikamoon

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Cette initiative écologique et circulaire permet ainsi de remettre de nombreux meubles sur le marché, mais à prix réduits. Au total, entre 1000 et 1500 meubles restaurés sont revendus tous les mois. En parallèle, la boutique collabore également avec des associations, telle qu'Emmaüs, pour laquelle Tikamoon offre une semi-remorque de meubles par mois.

Apprendre à mieux consommer son mobilier


Plus largement, Tikamoon souhaite faire évoluer les mentalités sur notre consommation de meubles. "Notre volonté n'est pas de faire acheter quatre buffets à un client mais qu'un seul buffet dure pour quatre clients" confie Arnaud Vanpoperinghe. À l'horizon 2030, la marque espère ouvrir plusieurs ateliers circulaires partout en France et même en Europe, afin de réduire au maximum ses déplacements et implanter des circuits de récupération locaux.

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Showroom à Lille © Tikamoon

Deux boutiques à Paris et Lille

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Après 15 ans passé sur internet, la marque a voulu aller à la rencontre de ses clients en ouvrant deux espaces physiques. "On a hésité pendant longtemps, mais pour asseoir notre marque, on avait besoin d'émerger différemment" continue Arnaud Vanpoperinghe. Les deux boutiques de Paris et Lille sont ainsi représentées par deux ambassadeurs, dont la mission principale est d'informer sur la marque et ses quelques 1200 références, faire passer son message et exprimer ses ambitions. Dans un futur proche, la marque vise une implantation en Europe, notamment en Allemagne et en Espagne.

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Showroom Place des Victoires à Paris © Tikamoon


Rédigé par 
Maïa Pois

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6/10/2026
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Éco Impact lance la Résidence, une semaine intensive d'éco-conception mobilier réservée à 12 designers, au Domaine des Escaunes (Gard), du 4 au 11 avril 2027. Un programme 100% financé pour les artistes-auteurs (AFDAS) et les dirigeants de TPE/PME (subvention ADEME).

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Au programme : une immersion complète dans les outils d'analyse de cycle de vie et d'éco-conception, avec des experts pointus — Christophe Lemaire (Consiliom, pitch et argumentaire projet), David Legouix (FCBA, matériaux et innovation), Grégoire Gérard et Camille Cousté (Eco Impact) — et un grand témoin d'exception : Anthony Lebossé, cofondateur de Studio 5.5, lors d'un dîner-conférence.

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Pour sa 2e édition organisée le 20 octobre prochain, RELEASE [AEC] change de dimension : 25 agences d'architecture internationales viennent partager leurs retours d'expérience concrets sur l'IA et les nouvelles technologies et plus de 40 éditeurs de solutions dédiées.

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Pour plus d'informations et s'inscrire c'est ici : https://www.release-aec.com/fr/participer#register

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Au musée Fabre de Montpellier, l’exposition « Le design selon Pierre Paulin », ouverte jusqu’au 1er novembre, revient sur plus de cinquante ans de création d’un designer qui a fait de la matière le terrain d’une perpétuelle expérimentation.

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Des courbes, de la couleur et des formes, toujours. Mais cette fois-ci, c’est au design que le musée Fabre de Montpellier consacre son espace d’exposition temporaire. Avec « Le design selon Pierre Paulin », l’institution revient, jusqu’au 1er novembre, sur plus de 50 ans de création d’un designer obsédé par la forme. Un créateur qui n’a cessé de repousser les limites de l’assise pour donner corps à certaines des silhouettes les plus iconiques du XXe siècle. Influencé par son grand-oncle maternel, Frédy Balthazar Stoll, sculpteur formé dans l’atelier de Rodin, et son oncle paternel, Georges Paulin, designer automobile à qui l’on doit notamment l’invention du système Éclipse – permettant au toit des véhicules de se rabattre dans le coffre –, Paulin tire deux grandes lignes : la forme et le fonctionnalisme. Une pensée moderniste que l’étudiant en architecture intérieure au Centre d’art et des techniques (aujourd’hui Camondo) retrouve dans les travaux de l’entre-deux-guerres signés Charlotte Perriand ou Jean Prouvé, qu’il admire. De cette influence naît le fauteuil Première réalisation. Une assise imaginée comme un prototype, mais qui révèle déjà des facultés certaines pour la conception et le pousse à réaliser ses premières pièces inspirées par la Scandinavie, où il séjourne en 1951. Rapidement édité par Thonet Frères et Meubles TV, puis exposé au Salon des arts ménagers en 1953, le designer s’engage dans une voie moderniste, troquant la géométrie nordique pour les formes organiques.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Naissance de l’esthétique Paulin

Loin des ensembliers qui avaient révolutionné la première moitié du XXe siècle, Paulin appartient à la seconde moitié du siècle, celle de l’industrie. L’arrivée de nouvelles fibres, dont le jersey, textile souple et élastique symbole de la révolution industrielle des années 1960, lui ouvre de nouvelles possibilités. Il imagine alors de nouvelles formes. Parmi elles, le Groovy et le Mushroom marquent cette décennie et lui confèrent l’image d’une époque colorée, notamment grâce à des figures comme Kho Kiang Ie, directeur artistique d’Artifort, ou le designer textile américain Jack Lenor Larsen, avec qui Paulin développe un nouveau langage. Un dialecte à part sur la scène du design qui lui vaut d’entrer au MoMA en 1969 – trois ans après avoir contribué au lancement de l’ARC initié par Jean Coural – grâce au F300 et à la Tongue Chair. Une assise si basse dont on lui avait dit qu’elle ne pourrait être commercialisée. Elle deviendra pourtant l’un des grands succès du designer, pour qui la hauteur de l’assise influe sur les échanges humains au sein d’un même lieu.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Ce rapport à l’espace, Paulin l’aborde également avec une structure mobile développée pour les salons. Bien des années plus tard, cette réflexion l’amène jusqu’aux appartements privés de l’Élysée, où il conçoit le célèbre fumoir du couple Pompidou. Une réalisation emblématique de son talent que le designer tentera d’exporter outre-Atlantique avec une collaboration avec Herman Miller et le développement du concept d’open loft. Un projet tombé à l’eau, sans doute trop précurseur à l’aube des années 1970.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Un design marqué par les innovations

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In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

De ses premières assises aux pièces devenues iconiques, l’exposition raconte la carrière d’un homme qui avait fait du design une matière à penser. L’occasion de redécouvrir – et d’essayer – certaines des silhouettes les plus célèbres du XXe siècle, façonnées par un esprit qui n’a cessé de réinterpréter ses dessins pour qu’à travers eux se lise une histoire moderne.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre
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8/10/2026
Edgar Jayet retapisse le design industriel pour la Villa Médicis

Pour la Villa Médicis, le designer Edgar Jayet livre trois fauteuils Tapestry. Une réinterprétation du Swivel de la maison d’édition danoise Vipp, retapissé d’un jacquard paysagé.

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S’il existe une place qui, parmi plus que nulle autre, a traversé les époques pour garantir à la création un lieu d’expression, c’est la Villa Médicis. Fondée en 1666 par Louis XIV, l’institution française bâtie sur les hauteurs de Rome accueille depuis 2022 le programme « Réenchanter la Villa ». Entamée par India Madhavi, cette nouvelle campagne de rénovation se poursuit aujourd’hui avec les appartements des pensionnaires. Et c’est au numéro 10 que l’architecte et directeur artistique Edgar Jayet présente « Tapestry ». Derrière ce nom, une typologie que le designer considère « comme ce qui est un peu le nouveau chevalet de l’artiste » : la chaise de bureau. « Nous nous sommes intéressés à elle car c’est une pièce essentielle mais, à mon sens, souvent décevante en termes de design, de conception. Je suis donc rentré en contact avec l’éditeur danois Vipp pour y chercher la Swivel chair que j’adore. » Une assise pivotante au design industriel mais surtout à la hauteur du lieu, selon le prescripteur.

Fauteuil Tespetry, design Edgar Jayet © VIPP

Un style néo-éclectique

Fidèle à une certaine vision très « dix-neuviémiste » de l’ameublement, Edgar Jayet a souhaité introduire dans ce projet un pont entre les époques et les styles. « Je me suis interrogé sur ce qu’était l’opposé d’un design industriel et je suis tombé sur la tapisserie. Un élément qui ramène à la naissance des Arts décoratifs, au Moyen Âge, à la Renaissance, à la manufacture des Gobelins… » Une réflexion qui amène alors le designer à sélectionner un jacquard au style forestier de chez Schumacher. « La ligne d’horizon, le feuillage… Pour moi, la notion de paysage intérieur est essentielle dans un atelier d’artiste. C’est une ouverture vers l’extérieur qui fait écho, dans notre cas, au jardin de la Villa Médicis », détaille le designer, marqué par l’ambiance néo-médiévale émanant des chaises tapissées de sa grand-mère. Grâce au métrage relativement long, les trois assises de la Villa se complètent sans que le motif ne se répète et offrent ainsi à l’espace une complémentarité stylistique.

Fauteuil Tespestry, design Edgar Jayet © VIPP

Un projet à acquérir

Imaginé à l’origine pour l’institution romaine, le fauteuil Tapestry sera également disponible à la vente à partir du mois de janvier. Avec ses 50 pièces, cette collection capsule s’inscrit dans la volonté plus globale de la maison d’édition danoise de développer des collaborations bespoke autour de leur best-seller : la Swivel. L’occasion de s’offrir un petit morceau de la Villa et de connecter, comme elle, les époques par le prisme du design.

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