Charlotte Juillard, la liberté créative comme directive
© Luce Roux

Charlotte Juillard, la liberté créative comme directive

Une rentrée sous le signe des premières : Charlotte Juillard a fait partie des quatre designers sélectionnés pour « Talents So French », nouveau stand spécifiquement dédié aux designers et à l’autoédition à Maison & Objet en septembre 2022. Un coup de projecteur bienvenu, car cette boulimique de travail multiplie les projets avec les éditeurs tout en jonglant entre son studio et l’aventure d’Hava, maison qu’elle a cofondée. Carnet et stylo toujours à portée de main, elle dessine sans répit toutes les idées qui surgissent. Un rapport singulier au trait, qu’elle juge essentiel à sa création.


C’est à Gassin dans le Var que Charlotte Juillard a grandi. Élevée dans une famille de médecins, elle développe très vite un attrait pour l’esthétique. « Depuis toute petite, j’ai cette sensibilité au beau et l’art m’a toujours attirée. En plus, j’ai eu la chance de beaucoup voyager plus jeune,  je pense que ça a forgé ma personnalité car aujourd’hui j’ai toujours la bougeotte. » À 18 ans, son bac S en poche, elle quitte son Sud natal pour la capitale qui l’avait « toujours fait fantasmer.» Elle suit une prépa en Arts Appliqués avant d’intégrer l’école Camondo, en parcours architecture d’intérieur/design. « J’ai intégré cette école sans savoir où ça allait me mener. Moi qui étais assez scolaire et qui n’aimais pas trop sortir des sentiers battus, c’était un saut dans le vide pour moi.»

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Du trait à l’objet

En réfléchissant à son parcours, elle se rend compte de l’importance du trait. « À l’école, mes copies devaient toujours être parfaites, avec chaque titre bien souligné. J’ai toujours eu ce rapport très fort à l’esthétique, qui se ressent encore aujourd’hui. » Tous ses projets commencent par un dessin, sans exception. Elle a même développé la manie d’avoir toujours le même stylo, avec une mine de 0,38mm, qui l’accompagne partout. Sans lui, elle en est persuadée, le rendu ne sera pas bon.

Malgré un parcours axé vers l’architecture d’intérieur, son attrait pour le design se distingue rapidement. À tel point qu’elle choisit cette spécialité pour son sujet libre des épreuves de diplôme. Commence alors son aventure avec la Manufacture de Sèvres, avec laquelle elle édite la série Morphose, qui reste une expérience marquante de sa carrière. « Ça a été ma première émotion de design. C’était la première fois que les dessins de mon carnet ont pris vie. »

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Collection Morphose, projet de fin d'études réalisé en partenariat avec la Manufacture de Sèvres, 2011

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Un passage à la Fabrica et aux Ateliers de Paris

Un an après son diplôme, elle est sélectionnée pour une résidence à la Fabrica, centre de recherche et de communication du groupe Benetton, situé à Trévise en Italie et fondé par Oliviero Toscani et Luciano Benetton. Elle y mène des expérimentations durant un an et demi, sous la direction de Sam Baron avec qui elle entretient toujours de très bonnes relations. « C’est une personnalité très généreuse à qui je dois beaucoup. Je pense qu’une carrière est faite avec beaucoup de choses. Un peu de talent certes, mais surtout grâce à nos rencontres » confie-t-elle à son sujet. Elle cite également parmi ses rencontres marquantes de l’époque David Raffoul, du studio libanais David & Nicolas, ou encore la designeuse Giorgia Zanellato qui possède le studio Zanellato/Bortotto en Italie, devenue plus tard témoin à son mariage.

À son retour à Paris, cet « esprit de colonie » envolé, elle ressent le besoin de continuer à évoluer dans un espace partagé. « Après cette expérience et la liberté créative que j’avais pu acquérir, il était impossible pour moi de m’imaginer travailler en agence.» Elle intègre l’incubateur des Ateliers de Paris pour deux ans l’année suivante. Les collaborations avec les maisons d’édition démarrent dans la foulée.

Daybed, collection Lavastone, désignée par Charlotte Juillard et édité par l'entreprise italienne Ranieri. Pièce présentée lors de Maison & Objet en 2016 © Morgane Le Gal

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Création de son studio

Diplômée à 23 ans, elle acceptera quelques missions d’architecture d’intérieur. « À cette époque, j’avais beaucoup de doutes. Je sentais que mon style et ma personnalité n’étaient pas encore affirmés. Je me suis lancée dans ces projets, mais j’ai très vite été confrontée à la réalité de ce métier qui ne me correspondait finalement pas tant que ça. » Après cette expérience qui l’a “essorée”, elle décide de se recentrer sur le design et fonde son studio en 2014, avec l’envie d’auto-éditer ses pièces. « L’auto-édition permet d’avoir une liberté absolue dans mon travail. » En 2016, elle participe au salon Maison & Objet en tant que Rising Talents. Elle y présentera la collection en pierre de lave Lavastone, qui dévoilera son fameux daybed, une pièce importante pour elle qui lui permettra de gagner en notoriété. « Avec ce projet, j’avais réussi à produire quelque chose de sobre qui faisait sens avec mes dessins et ma personnalité. C’est une pièce que j’ai su défendre et avec laquelle j’ai tout de suite été à l’aise. »

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Des collaborations diversifiées

Aussi loin qu’elle se rappelle, le point de départ de ses collaborations avec les maisons d’édition sera l’envoi d’un de ses dessins à Michel Roset (Ligne Roset) le bureau Brina, qui sera édité par la suite. Charlotte Juillard est également sollicitée par Duvivier Canapés, pour valoriser ses savoir-faire traditionnels avec des collections à l’esprit contemporain : le canapé Jules comme la table basse Adèle verront le jour. En 2021, elle s’associe à Parsua et crée le tapis Sirocca à l’occasion des 20 ans de la Galerie Chevalier. Avec Made.com, elle aspire à proposer un design « ouvert à tous » et imagine les collections Kasiani, Anakie et Toriko.

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Méridienne de la collection Jules pour Duvivier Canapés © Didier Delmas

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Cette liberté d’action à 360° est aujourd’hui devenue omniprésente. « Tout ce que je fais, c’est avec envie. Je suis toujours enthousiaste, une vraie pile électrique ! Je suis incapable de dédier une journée à une seule tâche. Mais c’est ma façon de fonctionner et je ne pense pas réussir à faire autrement. » Et si cette liberté l’anime, elle n’empêche pas une réelle exigence de sa part. « Je suis très perfectionniste. Quand je ne suis pas satisfaite d’un dessin ou d’une pièce, ça se ressent tout de suite. » Ses créations, elle les imagine et les esquisse dans des carnets, toujours les mêmes, aux pages écrues, avec une pochette en cuir noir ou bleu.

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Tapis Sirocco, imaginé à l'occasion des 20 ans de la Galerie Chevalier-Parsua, 2021
Miroir Inti, édité par Hava avec Thomas Castella (artisan), 2019
Canapé Kasiani pour Made.com

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L’ expérience de l’édition… de A à Z

C’est dans le cadre d’une interview en 2014, qu’elle fait la rencontre de la journaliste Marie Farman. Très vite, elles se lient d’amitié et décident de monter une maison d’édition, Hava (« vent » en hindi), qui voit le jour en 2019. Une nouvelle façon pour la designeuse d’être au cœur de la création. « Je pense qu’Hava est la bouffée d’air de Charlotte, une sorte d’échappée parmi tous ses projets. C’est une vraie créative, qui aime dessiner et créer en permanence. Comme nous ne nous donnons pas de contraintes, ça lui permet d’exprimer son potentiel à fond. » explique Marie Farman. Ensemble, elles présentent des pièces comme l’applique ISO en métal plié et le tabouret Hestia fait en bois brûlé, présentés lors de son passage à M&O en septembre.

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Tabouret Hestia, en bois brûlé, pour Hava © Leonardo Denizo
Miscea, plat réalisé par la céramiste Pascale Mestre dans le Luberon © Hava Paris

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Donner sens aux projets

Consciente des questions liées à la surconsommation, Charlotte Juillard questionne de plus en plus le sens d’une production. « On ne peut plus consommer comme on le fait aujourd’hui. Être à l’initiative de la création me permet de réfléchir à des alternatives. » C’est notamment ce qu’elle fait avec Noma, maison d’édition de mobilier haut de gamme qui met l’écoconception au cœur de son positionnement, et avec qui elle a collaboré sur les collections Laime, Art et Ghan . « Dès notre première rencontre, Charlotte a été partante pour le projet. On se lançait à peine, mais elle nous a fait confiance. C’est quelqu’un de très solaire qui sait être à l’écoute et dans l’échange sur son travail. Au départ, elle devait nous dessiner un fauteuil mais nous en a finalement proposé deux, que l’on a gardés et même décidé d’éditer. » confie Bruce Ribay, cofondateur de Noma.

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Fauteuil de la collection ART © Noma Editions
Fauteuil de la collection LAIME © Noma Editions

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Ce caractère spontané et créatif que Charlotte Juillard traduit à travers ses dessins, est le fondement principal de sa réflexion. « Mes dessins sont assez instinctifs, mais ils ont toujours le même trait. » Une cohérence de son univers créatif retrouvé notamment dans sa scénographie à Maison & Objet en septembre 2022, sur le stand « Talents So French », auquel elle a participé, aux côtés de Pierre Gonalons, Bina Baitel et Samuel Accoceberry. Pour cette participation, Charlotte Juillard présentait la collection Hestia en bois brûlé, l’applique en métal plié Iso et la table Opus en pierre de lave.

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Applique Iso
Espace dédié à Charlotte Juillard sur le stand "Talents So French" lors de Maison & Objet en septembre 2022 © Nathanyel Bensemhoune

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Une expérience dont elle est fière, malgré des délais de préparations très serrés et l’apprentissage d’un exercice d’auto-promotion délicat pour elle : « Je ne suis pas très familière avec le fait de me vendre, mais j’ai pris cela comme l’occasion d’avoir de la visibilité et de rencontrer un public avec lequel je n’ai pas l’habitude d’échanger. J’ai eu des discussions très intéressantes sur l’artisanat français, l’auto-édition et le travail de designer aujourd’hui.  Le public était assez varié, de qualité, et les retours sont très positifs. »

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Rédigé par 
Maïa Pois

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Temps de lecture
20/10/2026
Design Miami Paris 2026 : courants alternatifs

Pour sa cinquième édition, Design Miami Paris a invité trente galeries à prendre possession de l’hôtel de Maisons. L’occasion de regrouper, en cette semaine de l’art, les arts décoratifs français, le design moderniste et collectible. Une rencontre entre plusieurs univers dont nous a parlé Jen Roberts, directrice générale de l’événement.

Le mois d’octobre est devenu, depuis quelques années, le rendez-vous annuel des collectionneurs et des amateurs d’art. En parallèle d’Art Basel, Design Miami Paris s’ouvre ce mardi 20 octobre pour cinq jours. Implantée au sein de l’hôtel de Maisons, derrière les hauts murs du 51 rue de l’Université, cette cinquième édition s’articule autour de la thématique « Design for presence ». Une présence incarnée par différents courants artistiques. Ici, les lignes modernistes des bijoux dessinés par Pierre Charreau et le mobilier de Jean Prouvé se confrontent aux formes généreuses et aux techniques ornementales présentées par un corpus de galeries internationales. Une approche contrastée de la création sur laquelle nous éclaire Jen Roberts, directrice générale de Design Miami depuis 2015.

©Galerie Rossella Colombari

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Cette année, le design historique français et les arts décoratifs seront à l'honneur. Pourquoi ce choix ?

C’est à Paris qu’une grande partie de l’histoire du design et des arts décoratifs français s’est écrite, et c’est là qu’elle reste aujourd’hui encore très vivante. La ville abrite une concentration exceptionnelle de galeries spécialisées, d’ateliers et de collectionneurs qui connaissent parfaitement ces périodes. Ici, les œuvres historiques sont comprises et activement collectionnées. Il est donc logique que notre édition parisienne leur accorde plus de place que celle de Miami.

Cette dynamique se ressent tout au long du salon. La Galerie Maxime Flatry rassemble un ensemble rare d’œuvres modernistes françaises des années 1930, articulé autour d’un ensemble majeur de Robert Mallet-Stevens et présenté aux côtés d’œuvres de Pierre Chareau, Eileen Gray et Pierre Legrain. Laffanour | Galerie Downtown présente des œuvres de Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand. Mitterrand expose des œuvres de Claude et François-Xavier Lalanne, notamment une paire exceptionnelle de « Singes Attentifs » et une « Pomme de Londres » datant de 2007. Et dans les jardins, dans le cadre de « Design at Large », les visiteurs pourront découvrir « Le Très Grand Ours » de François-Xavier Lalanne, un ours en bronze de trois mètres de haut.

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Comment la sélection de Design Miami Paris — qui se concentre principalement sur les pièces de collection — s’inscrira-t-elle dans ce thème historique ?

Il existe un lien naturel entre le thème historique et l’orientation du salon vers le design de collection. Le salon réunit des œuvres historiques et contemporaines, permettant ainsi aux visiteurs de suivre l’évolution des idées de design au fil du temps. Chaque pièce est examinée par des experts indépendants. Les œuvres historiques capturent un moment précis, qu’il soit marqué par une avancée technique, un mouvement artistique ou un bouleversement social ou politique. Elles offrent aux designers d’aujourd’hui une histoire sur laquelle s’appuyer, et permettent aux collectionneurs de replacer les œuvres contemporaines dans leur contexte. Souvent, les moments les plus intéressants se produisent là où les deux se rencontrent. La Galerie kreo associe des luminaires français et italiens du XXe siècle à des éditions limitées signées par des designers tels que Jasper Morrison et Virgil Abloh. Cette juxtaposition rend visible la relation entre les époques. Le Salon 94 Design de New York et la SIDE Gallery de Barcelone apportent également au salon des perspectives venues d’au-delà de la France.

©Galerie Rossella Colombari

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Faut-il s’attendre à des liens visuels entre ces univers, ou à un anachronisme délibéré ?

Les liens visuels comme les contrastes délibérés font partie du plaisir de ce salon. En quelques pas, on peut passer d’un meuble des années 1930 à une pièce achevée ce printemps. Parfois, le lien est explicite. À la Galerie SCÈNE OUVERTE, l’exposition « Around a Desk : A Contemporary Vision of Decorative Arts » rassemble le bureau et le totem en argent allemand du Studio Lugo, ainsi que le canapé du Studio KRJST, conçu autour d’une tapisserie unique en son genre. Ces deux œuvres dialoguent clairement avec la tradition française des arts décoratifs. Ailleurs, c’est le contraste qui fait toute la force de l’exposition. Dans les jardins, la maison préfabriquée de Jean Prouvé, datant de 1944, se dresse près de la balançoire en bronze d’Irene Cattaneo, réalisée cette année.

Les nouveaux exposants élargissent également le débat sur le plan géographique. La galerie A/P Room, originaire de Dubaï, présente des œuvres brésiliennes du milieu du siècle dernier signées Joaquim Tenreiro, Abraham Palatnik et Branco e Preto, aux côtés d’Originform, une nouvelle série de luminaires sculpturaux de Rogan Gregory, ainsi que des objets de l’architecte et céramiste libanais Zein Daouk. Les liens s’établissent davantage par la forme et la matière que par la date, et les pièces historiques et contemporaines occupent une place équivalente.

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Que l’accent soit mis sur le design moderne ou contemporain, le cadre architectural de l’hôtel de Maisons influence-t-il, d’une manière ou d’une autre, votre sélection artistique ?

Tout à fait. C’est notre quatrième édition à l’hôtel de Maisons, et le cadre a son importance. Le lieu est une demeure, pas un hall d’exposition. Les meubles et les objets s’y découvrent donc à une échelle domestique, dans des pièces baignées de lumière naturelle et chargées d’histoire. De nombreuses galeries adaptent leurs présentations en fonction de la maison. La Galleria Rossella Colombari, par exemple, évoque l’atmosphère d’une maison italienne typique.

À l’extérieur, la cour et les jardins nous offrent l’espace nécessaire pour « Design at Large », notre programme d’œuvres à grande échelle qui ne pourraient pas être exposées à l’intérieur. Cyryl Zakrzewski a conçu son banc en contreplaqué de bouleau pour la Craftica Gallery spécialement pour cet environnement extérieur, et Abel Macias, ancien étudiant de la SCAD, a créé un revêtement de sol capitonné pour l’escalier d’origine du XVIIIe siècle de la maison.

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Parmi les nouveaux talents présentés dans ce numéro, pourriez-vous en citer un ou deux qui, selon vous, pourraient se démarquer dans les années à venir ?

En tant qu’organisateurs, ce n’est pas à nous de désigner des favoris, mais j’invite les visiteurs à découvrir la Galerie SCÈNE OUVERTE, où Adélie Ducasse expose sa première lampe en verre de Murano, ainsi que le Studio Lugo, qui présente un bureau et une bibliothèque en argent allemand en série limitée à huit exemplaires, fruit d’une première collaboration avec la galerie. Tous deux appartiennent à une génération de designers très attachés aux matériaux et à la tradition des arts décoratifs.

Je recommanderais également aux visiteurs de découvrir les quatre designers sélectionnés pour « Designers of Tomorrow », notre programme en partenariat avec Apple. Le thème de cette année, « Design for Presence », s’interroge sur la manière dont le design peut nous aider à ralentir le rythme et à créer des liens. Leurs créations seront dévoilées lors du salon.

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Ci-dessous, visuels de la galerie A/P Room : bibliothèque Arte Viva et lampadaire Upholstered

Temps de lecture
16/10/2026
Les lauréats du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main®

Pour sa 27e édition, le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main® a distingué quatre profils qui pérennisent et renouvellent les métiers d’art à travers un design innovant et exigeant.

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Si le beau passe par l’objet et son design, il passe avant tout par le geste. C’est cette alliance entre maîtrise technique et créativité que célèbre depuis 27 ans le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main. Depuis 1999, 139 artisans d’art ont été mis à l’honneur, témoignant de la diversité des disciplines et de la vitalité des savoir-faire portés par des créatrices et créateurs contemporains. Pour cette édition, la Fondation Bettencourt Schueller, sous la présidence de Françoise Bettencourt Meyers, a récompensé trois lauréats, chacun recevant une dotation de 50 000 euros. Sélectionnés par le jury présidé par Laurence des Cars, ces acteurs incarnent, à travers des projets et des approches du design variés, un même esprit de recherche où transparaissent le souci de l'environnement et la diversité de nos territoires.

Un prix, trois catégories

La catégorie Talents d’exception, qui distingue la maîtrise technique d’un artisan d’art et sa capacité à faire évoluer son savoir-faire, a été décernée à Sébastien Desplat pour son ouvrage Dans les bois. Le graveur et imprimeur en taille-douce y réinterprète le moku-hanga, une technique japonaise traditionnelle d’impression sur bois.

© Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

La catégorie Dialogue, consacrée à la rencontre entre artisan et designer, a récompensé le menuisier en sièges Louis Monier et le designer Edgar Jayet. Leur chaise réinvente un savoir-faire historique en lui apportant une interprétation contemporaine. Elle témoigne d’une démarche créative fondée sur l’innovation constructive et l’adaptation aux nouveaux usages.

Louis Monier et Edgar Jayet © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

Enfin, la catégorie Parcours, qui salue l’engagement d’un acteur en faveur du développement et du rayonnement des métiers d’art, a été attribuée au Réseau Excellence EPV (Entreprises du Patrimoine Vivant). Portée par Tristan de Witte, cette initiative fédère des entreprises françaises détentrices de savoir-faire d’exception et développe les réseaux régionaux, renforçant ainsi les échanges économiques et la visibilité de ces acteurs.

© Yohanne Lamoulère/ Tendance Floue

Les candidatures pour l’édition 2027 sont d’ores et déjà ouvertes dans les catégories Talents d’exception et Dialogue. Les inscriptions, à effectuer sur le site de la Fondation Bettencourt Schueller, seront clôturées le 10 mars. Le jury sera, quant à lui, dévoilé au printemps. Alors, pas de temps à perdre !

Temps de lecture
16/10/2026
EspritContract 2026 : une édition entre savoir-faire et rencontres

Du 21 au 24 novembre, EspritContract revient à Paris, Porte de Versailles, en parallèle du salon EspritMeuble. Pour cette quatrième édition, le rendez-vous dédié aux professionnels de l'aménagement et du contract fait évoluer son format, avec une programmation mêlant rencontres, expositions et conférences, pour mettre en lumière les savoir-faire et les enjeux du secteur.

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Pensé comme un lieu d'échanges et de rencontres entre les différents acteurs du marché, le salon EspritContract poursuit son développement avec une édition qui entend renforcer les synergies entre marques, architectes, prescripteurs et porteurs de projets. Installé au cœur du salon EspritMeuble, l'espace réunira une sélection de marques françaises et internationales aux expertises complémentaires, allant du mobilier aux luminaires, en passant par les revêtements, les surfaces et, en nouveauté cette année, l'agencement. L'occasion de valoriser des savoir-faire industriels, semi-industriels et artisanaux, tout en favorisant les collaborations autour de projets d'aménagement.

© EspritContract

Des rencontres pour favoriser les collaborations

Parmi les principales nouveautés cette année, EspritContract inaugure un format de rendez-vous d'affaires qualifiés, organisés les matinées du 23 et 24 novembre. Pensées pour faciliter les échanges entre fournisseurs, acheteurs, prescripteurs et porteurs de projets, ces rencontres permettront aux marques de présenter leurs expertises et de se positionner sur des projets en cours ou à venir. Une initiative qui traduit la volonté du salon de renforcer sa dimension professionnelle, tout en favorisant des échanges ciblés et de nouvelles opportunités de collaboration.

© EspritContract

En parallèle, un cycle de conférences organisé en partenariat avec Intramuros, donnera la parole aux professionnels du secteur pour décrypter les évolutions du marché, questionner les pratiques et partager leurs expériences.

Une programmation entre créativité et expérimentation

En plus des rencontres professionnelles, EspritContract proposera également des expériences et expositions inédites. Parmi elles, « La chambre qui déraille », projet imaginé par Figurz, le studio CHHO et Malvaux Interior. À travers la mise en scène volontairement décalée d'une chambre d'hôtel ponctuée d'erreurs de conception, les trois acteurs chercheront à mettre en évidence, avec une pointe d’humour, les problématiques auxquelles peuvent être confrontés les clients comme les équipes hôtelières. Une sélection de pièces de mobilier imaginées par des architectes d'intérieur et designers sera également présentée tout au long du parcours, témoignant de la diversité des approches et de la richesse créative du secteur.

© EspritContract

Autour de cette nouvelle édition, EspritContract confirme son ambition de réunir les différents métiers de l'aménagement autour d'un objectif commun : faire dialoguer les expertises, encourager les collaborations et mettre les savoir-faire au service des projets de demain.

Temps de lecture
15/10/2026
eba : la cuisine en dialogue avec l’architecture parisienne

Dans le IXe arrondissement parisien, eba a imaginé une cuisine sur mesure au sein d’un appartement haussmannien entièrement rénové. Un projet de 9 m² où matériaux, lignes contemporaines, et fonctionnalité dialoguent avec le charme de l’ancien.

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Comment réussir à intégrer une cuisine contemporaine dans un appartement haussmannien sans pour autant dénaturer son caractère ? C’est tout l’enjeu de ce projet réalisé par eba au cœur de la capitale. Pensé pour un jeune couple, cet appartement a fait l’objet d’une rénovation complète avec l’ambition de créer un espace de vie ouvert, lumineux et fonctionnel, tout en préservant au maximum l’architecture d’origine. Moulures, parquet en point de Hongrie, cheminée en marbre et belle hauteur sous plafond composent ainsi le décor dans lequel vient s'inscrire une cuisine aux lignes épurées.

© Florien Wattier

‍Un dialogue entre matières et architecture

Avec une surface de seulement 9 m², la cuisine s’organise autour d’une implantation en L, complétée par un îlot central. Une configuration qui permet d’optimiser l’espace tout en conservant l’ouverture sur le salon et la salle à manger. Pour permettre une continuité visuelle avec l’architecture existante, une palette de matériaux et de tonalités sobres et chaleureuses a été privilégié. Les façades de la collection FINE de Santos en Noyer Terre Vertical et Blanc Perle Soie, permettant de créer un contraste entre le bois et les surfaces claires tandis que le plan de travail et la crédence, réalisés en céramique Xtone Taj Mahal Silk, apportent une touche minérale à l’ensemble. Véritable point d’articulation de la cuisine, l’îlot central devient ici un espace de partage et de convivialité. Doté d’un coin repas pouvant accueillir trois personnes, il assure une transition entre les différents espaces de vie, tout en préservant les perspectives de l’appartement.

© Florien Wattier

‍Optimiser l’espace au maximum

La fonctionnalité est ici d’autant plus important puisqu’elle occupe également une place centrale dans l’aménagement. En effet, les nombreux rangements, l’intégration discrète des appareils électroménagers et les étagères murales permettent de libérer visuellement l’espace, tout en facilitant les usages quotidiens.

© Florien Wattier

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À travers ce projet, eba arrive à démontrer simplement comment la cuisine peut s’intégrer à une architecture forte sans en effacer l’identité. Une approche où l’optimisation des volumes, le choix des matériaux et la fonctionnalité des équipements font de la cuisine un véritable prolongement de la pièce de vie.

Retrouvez plus d'informations sur eba ICI. Et pour démarrer un projet, c'est via ce lien.

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