Le "métissage" des pratiques aux Jardins de Métis

Le "métissage" des pratiques aux Jardins de Métis

Le Festival international de jardins des Jardins de Métis (Canada) vient de se terminer. Portée par le thème du métissage, cette édition 2020 a bravé la crise sanitaire grâce à l’implication des équipes du festival : elles ont construit les 5 installations des concepteurs internationaux, bloqués dans leurs pays d’origine.

L’édition 2020 du Festival international de jardins des Jardins de Métis portait sur la mise en relation des designers, appelé “métissage”.
Dans le contexte canadien, bien que les Premières Nations (les populations autochtones présentes avant l’arrivée de Jacques Cartier en 1534) aient souvent été méprisée, les métissages qui sont nés notamment au XXIe siècle ont favorisé la créativité et encouragé l’émergence de nouvelles pratiques.
Dans le contexte du Festival, le métissage concerne les pratiques (architecture de paysage, architecture, arts visuels, design industriel…), les plantes (indigènes ou exotiques) ou les matériaux (naturels ou manufacturés).

Sur les cinq installations retenues, le visiteur devient participant actif, en s’allongeant sur le tapis de Augmented Grounds, en se faufilant dans les cercles de (Mé)Tissages, en devenant vibraphoniste dans Corps de résonance, en explorant un récif de corail dans Forêt corallienne ou en s’entrelaçant dans le macramé de Entwine.

Jardins de Métis

``Augmented Grounds``
Soomeen Hahm, architecte, Jaeheon Jung, architecte et Yumi Lee, architecte paysagiste - Séoul (Corée du Sud)

Augmented Grounds, Soomeen Hahm, architecte, Jaeheon Jung, architecte et Yumi Lee, architecte paysagiste

L’installation s'inspire de l'écharpe traditionnelle de la nation métisse des plaines de l'Ouest canadien, et représente l'harmonie grâce à des cordes colorées qui sont étroitement posées sur un terrain sculpté.
Les conceptrices sont particulièrement intéressées par l'exploration d'une écologie harmonieuse entre l'homme, l'ordinateur et la machine. Elles se concentrent actuellement sur les moyens de construire des formes complexes par des humains pour développer des processus de construction qui ne peuvent pas être réalisés entièrement par l'automatisation, ni par le travail humain.

``Corps de résonance``
Charlotte Barbeau, designer, Leila Desrosiers, designer, Félix Roy, designer de l’environnement et Jean-Benoit Trudelle, stagiaire en architecture - Montréal (Canada)

Cette folie musicale prend forme dans une clairière de la forêt. Les visiteurs se déplacent dans et autour de cet instrument géant, qui prend vie en vibrant aux sons de la forêt.

Charlotte Barbeau, Leila Desrosiers et Félix Roy sont des designers de l’environnement, diplômés de l’École de design de l’UQAM. Jean-Benoit Trudelle est diplômé d’une maîtrise en architecture de l’Université de Montréal. Ils se sont réunis pour ce projet afin de créer une équipe multidisciplinaire, capable de raisonner entre l’objet, l’architecture et le paysage.

ENTWINE
Waiyee Chou, architecte paysagiste et Carlos Portillo, architecte-paysagiste, Toronto et Montréal, Canada

L’intégration d’une ancienne technique de nouage du macramé permet de mettre en valeur des variétés de plantes hybridées pour l’horticulture. À l’intérieur d’une spirale, les visiteurs sont libres de se promener pour voir de près les éprouvettes.

Waiyee Chou et Carlos Portillo sont diplômés d’une maîtrise en architecture du paysage de l’Université de Toronto. Waitee a travaillé, entre autres, chez Urban Strategies, section de l’aménagement urbain de la ville de Toronto, et chez Forest and Field Landscape Architecture. Carlos est architecte paysagiste chez Claude Cormier et Associés, il travaille actuellement à la conception et à la construction d’un parc pour le centre-ville de Toronto.

Corps de résonance

ENTWINE

Forêt corallienne
Lucie Bulot, architecte et Dylan Collins, concepteur - Montréal, Canada

Forêt corallienne, Lucie Bulot, architecte et Dylan Collins, concepteur

Une barrière de corail d’un autre genre prend forme le long d’un sentier. Une communauté de calcaire s’enracine dans le boisé avec un métissage de formes qui crée un paysage insolite et une nouvelle communauté hybride.

Lucie Bulot est architecte d’intérieur HMONP, diplômée de l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Paris-Val de Seine. Dylan Collins est architecte DE, diplômé de l’ENSA Paris-Malaquais. Ils vivent et travaillent à Montréal depuis 2019. Leur travail collaboratif commence en 2017 avec la réalisation du jardin Éternelles éphémères au Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire. En 2019, ils créent Neiges éternelles, dans le cadre de l’événement Passages Insolites présenté dans le Vieux-Québec.

(Mé)Tissages
Duc Truong, architecte - Strasbourg (France)

Un paysage tissé qui invite les visiteurs à pénétrer dans un espace créé par un accrochage de cordes colorées. Ce jardin expérimental rassemble les visiteurs autour d’une installation entre l’architecture et la nature. Une invitation à se questionner sur le tissage des liens entre les communautés.

Duc Truong est un architecte français diplômé de l’École d’architecture de Strasbourg. En 2017, il cofonde le collectif d’architectes Figures vives et part à Tokyo pour travailler à l’agence Sou Fujimoto Architects, où il développe une réelle sensibilité pour le métissage de l’architecture et de la nature. Après un an et demi passé au Japon, il décide de rentrer en Europe et poursuit son apprentissage de l’architecture chez O.M.A. (Office for Metropolitan Architecture) de Rotterdam au Pays-Bas.

Les jardins Extra-muros

Le ruban de barricade, qu’on a pu abondamment voir dans les aires de jeux publiques canadiennes pour en interdire l’accès au printemps dernier, est ici utilisé à l’inverse pour inviter les visiteurs du Musée de la civilisation dans le Vieux-Québec à gravir les marches menant au toit-terrasse. Les couleurs de cette troisième édition sont inspirées d’une mouche à pêche d’Elsie Reford. Quelques accessoires de pêche de la collection des Jardins de Métis sont également présentés dans l’exposition, Histoires de pêche.

Julia est professeure adjointe au département d’architecture de l’Université de Buffalo, et Coryn est professeur auxiliaire adjoint. Travaillant en collaboration depuis 2003, ils s’efforcent de créer des objets, des espaces et des situations qui transfigurent le quotidien de façon ludique et hautement stimulante. Leur travail a été récompensé par le League Prize de l’Architectural League of New York en 2018.

(Mé)Tissages, Duc Truong, architecte

« Roof Line Garden » de Julia Jamrozik et Coryn Kempster, artistes et designers canadiens basés à Buffalo, dans l’État de New York

Fruit d’une collaboration entre l’UQAM, le Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS) et le Festival international de jardins, l’installation Ressac se déploie jusqu’à la fin octobre dans l’espace public adjacent à l’édicule du métro Saint-Laurent à Montréal.

Un jardin sec représente la grève alors qu’une passerelle en bois clair, rappelant le bois flotté, traverse celui-ci. Épousant la ligne de désir formée par les passants, le tracé sinueux s’inspire aussi de la forme de l’embouchure de la rivière Mitis, voisine des Jardins de Métis, qui se jette dans le fleuve. Le soir, l’horizon se dégage alors qu’un film est projeté sur le mur de brique qui, de jour, s’interpose entre le regard du passant et le fleuve, à peine un kilomètre plus au sud. La projection nous transporte au-delà de cette limite en amorçant une conversation entre corps et fleuve, incarnée par la danseuse Ivanie Aubin-Malo.

« Ressac » de Mégan Dorigo, Aurélie Martel, Audrey Sambeau et Mireille Simard, finissantes du Diplôme d’études supérieures en design d’événements de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)
Rédigé par 
Nathalie Degardin

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28/5/2026
Festival des Cabanes : architectures refuges

Derrière les murs de la Villa Médicis, les jardins historiques de l’Académie de France deviennent, chaque été depuis 2022, le théâtre d’une expérience singulière : celle d’une architecture qui ne cherche plus à dominer le paysage mais à dialoguer avec lui. Pour sa cinquième édition, le Festival des Cabanes confirme plus que jamais cette ambition.

Imaginé par Sam Stourdzé, directeur de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis, le festival est né d’un paradoxe. Comment intervenir au cœur d’un site patrimonial parmi les plus sensibles d’Italie (classé, archéologique, quasiment inconstructible) sans figer davantage le lieu ? Comment faire entrer l’architecture dans les jardins sans les transformer en décor d’exposition ? La réponse prend la forme d’un mot presque enfantin : la cabane.

« La cabane, c’est un mode de pensée », explique Sam Stourdzé. « On peut penser en cabane, habiter en cabane, cela déplace la perspective et requestionne les fondamentaux. » Derrière cette apparente simplicité se dessine pourtant une réflexion extrêmement contemporaine sur l’architecture : une architecture légère, réversible, non invasive, pensée non plus contre son environnement mais avec lui.

Car ici, la contrainte devient manifeste théorique : impossible de creuser à plus de trente centimètres dans ce sous-sol archéologique, impossible également d’inscrire ces constructions dans la permanence. Les équipes invitées disposent de quelques mois pour construire, exploiter puis démonter leurs projets. Cette temporalité courte, presque fragile, inverse radicalement les logiques héritées du XXe siècle. À la monumentalité succède l’attention, au geste autoritaire une forme d’écoute du vivant.

IT : De la légèreté d’être et de bâtir

Cette année, six propositions internationales investissent les jardins de la Renaissance. Certaines relèvent du manifeste expérimental, d’autres d’une approche plus sensorielle ou climatique. Toutes interrogent cependant une même idée : celle d’un habitat capable de composer avec son milieu.

Le projet le plus spectaculaire est peut-être Il Duomo Invertito du studio belge Bento Architecture. Suspendu entre ciel et végétation, ce dôme filaire composé de bois et de mycélium détourne l’archétype monumental romain pour le transformer en structure presque immatérielle. Ses milliers d’éléments organiques destinés, une fois le festival terminé, à être simplement broyés pour retourner à l’état de poussière forment architecture biodégradable, littéralement

À quelques mètres de là, Aquifère, imaginé par les studios PRÌA et VELIA, explore d’autres formes de sobriété. Travertin et jarres en terre cuite y composent un dispositif de refroidissement passif fondé sur l’évaporation naturelle. Plus qu’une installation, le projet agit comme une micro-infrastructure climatique, une tentative de réintroduire des savoir-faire ancestraux dans les villes surchauffées du présent.

Aquifère, imaginé par les studios PRÌA et VELIA © M3 Studio
Aquifère, imaginé par les studios PRÌA et VELIA © M3 Studio

Plus conceptuelle, la proposition développée par ECAL avec Mutina, sous le regard de Ronan Bouroullec, joue quant à elle du trompe-l’œil et de la perception. Une simple façade devient architecture, surface devenant profondeur. Là encore, le festival refuse les catégories figées : certaines cabanes sont des refuges, d’autres des dispositifs théoriques, d’autres encore des espaces de contemplation.

Ecal © M3 Studio

C’est sans doute ce qui distingue profondément le Festival des Cabanes d’une exposition d’architecture classique. Ici, les projets ne cherchent pas à démontrer une puissance formelle ou technologique. Ils assument au contraire une forme d’inachèvement, de recherche ouverte. « On n’est pas dans une logique commerciale, mais dans une logique culturelle », rappelle Sam Stourdzé. Le temps passé à expérimenter devient alors aussi important que l’objet construit lui-même.

Cette philosophie transforme également le rapport du public à la Villa Médicis. Longtemps accessibles uniquement en visite guidée, les jardins s’ouvrent désormais librement durant toute la durée du festival grâce à un subtil dispositif scénographique conçu par le studio Marc Aurel, auquel nous avions consacré un article dans Intramuros 224. En cinq ans, l’institution a presque doublé sa fréquentation pour atteindre près de 150 000 visiteurs annuels. Plus encore qu’un événement architectural, le festival devient un outil de réappropriation du lieu, autant par les Romains que par le public international.

Cette édition 2026 confirme enfin l’élargissement progressif du projet vers une plateforme culturelle plus vaste. Autour des cabanes gravitent désormais librairie éphémère conçue avec la Librairie 7L, conférences, ateliers, lectures, performances et concerts réunis sous le programme Habiter Demain.
Le 25 juin, la Nuit des Cabanes transformera ainsi les jardins en un paysage vivant où architectes, artistes, écrivains et musiciens activeront les installations jusqu’au cœur de la nuit.

À mesure que les crises climatiques remettent en question les modèles de construction hérités du siècle dernier, le Festival des Cabanes apparaît moins comme une parenthèse estivale que comme un laboratoire grandeur nature. Une manière de rappeler qu’habiter ne consiste peut-être plus à construire toujours davantage, mais à apprendre, de nouveau, à occuper le monde avec légèreté.

https://villamedici.it/programme/festival-des-cabanes

Huttopia © M3 Studio
Salazarsequeromedina © Luis Díaz Díaz

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22/5/2024
La chaise Luxembourg, anatomie d’une icône contemporaine

Créée en 2003 par le designer français Frédéric Sofia et éditée par Fermob dès 2004, la chaise Luxembourg a su s’imposer avec discrétion et élégance aux quatre coins du monde.

De la Bibliothèque Nationale de France Richelieu au Art Institute de Chicago en passant par le Humbolt Forum de Berlin, elle a su incarner l’art de vivre à la française et s’affirmer comme l’une des grandes icônes françaises du mobilier outdoor. Réinterprétation de la chaise historique Sénat du Jardin du Luxembourg, elle s’inscrit dans une longue tradition du “redesign”, et s’en émancipe avec élégance par un design minimaliste et sensible, qui a su convaincre au-delà des frontières.

Une genèse audacieuse pour un design résolument contemporain.

Frédéric Sofia soumet dès 2003 à Fermob son idée de transformer en profondeur la chaise Sénat, dans laquelle il voit un terrain de création ludique et contemporain. Il souhaite faire basculer un objet peu confortable à la conception rudimentaire vers une véritable pièce design outdoor. Selon Frédéric Sofia, l’inspiration principale est la chaise Sim de Jasper Morrison (créée en 1999 pour Vitra), elle-même un “redesign” de la 40/4 de David Rowland (créée en 1964), saluée pour sa sobriété radicale. La chaise Luxembourg s’inscrit également dans l’héritage de Philippe Starck et la lampe Miss Sissi pour Flos (1991), dont la forme parle de mémoire collective, concept cher au designer. De ces influences naît la volonté d’explorer un design au croisement entre fonctionnalisme et biodesign, explorant l’équilibre entre rigueur géométrique et biomorphisme.

Un design sensible, entre fonctionnalisme et biodesign.

La chaise Luxembourg se caractérise par un design épuré, et s’émancipe résolument de l’icône patrimoniale qu’est la chaise Sénat. Ancré dans une recherche entre minimalisme industriel et sensibilité organique, les lignes deviennent aériennes, l’ergonomie est complètement repensée et la large gamme chromatique (26 coloris) s’ouvre vers un horizon profondément contemporain. Inspirée par le vivant, sa souplesse évoque le mouvement et le flux, là où la chaise Sénat demeure inerte dans son époque. Traversé par une volonté d’introduire un vent de jeunesse dans la conception même du produit, Sofia choisit dans un geste radical d’intégrer un embout transparent sur le piètement, complètement inédit dans l’univers du mobilier. Inspiré des roues de skateboard, celui-ci parachève un design qui souhaite s’affranchir de toute pesanteur, sans oublier ses origines.

Cette réflexion est prolongée dans l’ensemble de la gamme Luxembourg, qui comprend aujourd’hui bridges, repose-pieds, bancs, tables, tout en restant dans une logique harmonieuse et une cohérence esthétique et conceptuelle. Le bridge conjugue esthétique industrielle et joyeux décalage inspiré par le jeu, dont l’accoudoir est la pièce signature. Dessiné en forme d’ailette, son assemblage audacieux donne l’impression qu’il serait enfilé sur la structure, comme une perle. Ce principe sera décliné pour la table à pied central, et deviendra central dans la cohérence visuelle et l’unité de gamme. Enfin, l’utilisation de l’aluminium parachève une vision industrielle et ergonomique de l’outdoor. Léger, résistant malléable et d’une recyclabilité infinie, ce matériau d’exception traduit une considération profonde pour la fonction première du produit, et aux services rendus par celui-ci.

La “citation silencieuse”, un principe intemporel.

Dans l’histoire du design, nombreux sont les exemples de pièces qui évoquent leurs sources historiques, et qui s’en émancipent par une forte singularité créative. Ce principe que l’on pourrait appeler la “citation silencieuse” se retrouve chez Marcel Breuer, dont la Cesca (1928) est inspirée de la chaise Thonet (1859), ou encore Philippe Starck et sa chaise Ghost (2003), relecture de la chaise à médaillon du XVIIIème siècle. Ce phénomène s’observe également dans l’automobile, avec la New Beetle de Volkswagen (1998), réinterprétation de l’iconique Coccinelle des années 1960 ; ou encore dans le design industriel lorsque Jonathan Ive s’inspire des radios de Dieter Rams des années 1950 pour concevoir les iPods d’Apple dans les années 2000.

L’art du redesign a traversé les décennies, et Frédéric Sofia s’inscrit dans la volonté d’une sublimation de celui-ci. L’inspiration est transformée en œuvre nouvelle, et les échantillons prélevés font émerger une forme neuve et pleinement accomplie. D’un archétype né un nouveau mythe, présent aux quatres coins du monde, nouvelle icône incarnant l’art de vivre à la française. Depuis 2009, la chaise Luxembourg est intégrée à la Collection du Centre National des Arts Plastiques puis au Mobilier National en 2021. Elle est aujourd’hui la preuve que l’histoire et l’héritage peuvent s’entrelacer avec innovation et création, dans un élan émancipateur et poétique.

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22/5/2026
Jean-Philippe Nuel, Isle intérieure

À l'Isle de Leos MGallery Collection, Jean-Philippe Nuel signe un projet profondément enraciné dans l’âme de L’Isle-sur-la-Sorgue, loin des standards interchangeables de l’hôtellerie contemporaine. Ici, le lieu se veut intime, discret, écrin entre soleil et eau, tout en restant ouvert sur l’une des plus charmantes communes provençales.

Installé au cœur de cette ville provençale façonnée par l’eau, les antiquaires et une histoire artisanale dense, l’établissement revendique une forme de discrétion presque domestique. Plus qu’un hôtel, Jean-Philippe Nuel imagine ici une maison ouverte sur son territoire, un lieu où le voyageur est invité à entrer dans une atmosphère avant même de pénétrer dans une architecture. Cette approche, fidèle au vocabulaire de l’architecte et designer, repose sur une tension subtile entre sophistication et simplicité. Bois anciens, pierre, métal patiné, enduits minéraux : les matériaux semblent avoir toujours appartenu au lieu. Les bois de récupération apportent une profondeur tactile et émotionnelle, tandis que l’omniprésence de l’eau traverse le projet comme un fil narratif apaisant.

Hôtel L'Isle De Leos, Studio Jean-Philippe Nuel © Francis Amiand

Chez Jean-Philippe Nuel, le luxe ne s’exprime jamais par la démonstration. Il réside plutôt dans la qualité des textures, dans la justesse des proportions, dans cette capacité rare à produire une sensation d’évidence. À l'Isle de Léos, cette écriture se nourrit également du patrimoine local : les meubles chinés dialoguent avec des pièces contemporaines dans un équilibre particulièrement maîtrisé, brouillant volontairement les frontières entre demeure et hôtel.

Hôtel L'Isle De Leos, Studio Jean-Philippe Nuel ©Francis Amiand

Architecture des objets

Sous une vaste verrière, le bar métallique, la cheminée provençale et la cave à vin apparaissent comme des objets architecturaux autonomes venant structurer l’espace. Ici encore, Jean-Philippe Nuel convoque la mémoire industrielle de L’Isle-sur-la-Sorgue sans jamais tomber dans le pastiche. Le métal brut du bar répond aux anciennes manufactures locales, tandis que le mur de tuiles provençales, traité comme une composition contemporaine, transforme un élément vernaculaire en geste scénographique. Cette capacité à faire dialoguer patrimoine et modernité traverse l’ensemble du projet, du restaurant dont la proximité avec la rivière et la roue à aubes invite le paysage dans l’expérience intérieure, jusqu’au plafond et ses aquarelles “Sarments” évoqueat l’univers viticole et ses rouges et noirs profonds.

Hôtel L'Isle De Leos, Studio Jean-Philippe Nuel ©Francis Amiand

Hospitalité sensible

Les chambres prolongent cette recherche d’une hospitalité plus sensible : les salles de bains s’ouvrent partiellement sur l’espace tandis que les vasques en pierre rappellent les éviers des maisons provençales traditionnelles. Sols rustiques, enduits texturés, commodes chinées, plans quasi-uniques, tout semble pensé pour éloigner le visiteur des codes standardisés de l’hôtellerie.

Hôtel l'Isle De Leos, Studio Jean-Philippe Nuel © Francis Amiand

Inspiré des lavoirs provençaux, le spa échappe lui aussi aux clichés en développant une esthétique minérale, douce et intime, faite d’arches ouvertes, de murs en pierre sèche et d’un bassin surélevé aux larges margelles. Une manière, là encore, d’inscrire le geste architectural dans une mémoire collective locale plutôt que dans un imaginaire de luxe fantasmé. A l’image de son auteur, Jean-Philippe Nuel, une rencontre entre savoir-faire hôtelier et sensibilité, architecture intérieure préférant la sincérité culturelle à la séduction gratuite.

Hôtel l'Isle De Leos, Studio Jean-Philippe Nuel © Francis Amiand

Plus d'information : https://www.jeanphilippenuel.com/

L'Isle de Leos MGallery Collection: https://isledeleos.com/

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21/5/2026
Les Rencontres de la Qualité 2026 : la qualité comme levier

Le SNFA, syndicat professionnel représentatif des concepteurs, fabricants et installateurs de menuiseries extérieures en aluminium, organise le 18 juin prochain, les rencontres de la qualité 2026. Découvrez son programme, ses enjeux et les actualités du secteur.

« Concevoir un bâtiment, c’est en garantir la pérennité. Aujourd’hui, la qualité n’est plus une option, mais un impératif – réglementaire, environnemental et éthique."confie Dominique Thomasson, Président du SNFA.  Les LABEL façadealu et LABEL fenêtrealu, portés par le SNFA et audités par SOCOTEC, incarnent cette vision : allier performance technique, durabilité et responsabilité. À l’aube de 10 ans d’exigence, nous vous invitons à découvrir comment ces labels transforment les pratiques de la filière aluminium en France, avec désormais des mentions RSE et Environnement pour répondre aux enjeux de demain.

Un rendez-vous : Les Rencontres de la Qualité

Quand ? Jeudi 18 juin 2026 | 14h-18h

Où ? Maison Férou, Paris 6e (Métro Saint-Sulpice, ligne 4)

Pourquoi y participer ?

Le SNFA, syndicat professionnel représentatif des concepteurs, fabricants et installateurs de menuiseries extérieures en aluminium, organise cet événement pour :

- Valoriser les entreprises labellisées (35 pour fenêtrealu, 12 pour façadealu).

- Inciter de nouveaux adhérents à adopter les LABELS, critères différenciants pour les architectes.

- Renforcer la notoriété des LABELS auprès des prescripteurs.

- Créer du lien entre acteurs clés du secteur (architectes, fabricants, maîtres d’ouvrage).

Au programme :

  • Tables rondes avec des experts :
    • Façades aluminium : entre performance, bas carbone et règles de l’art avec Marc Franco, Coldefy ; Loïc Soria, Ouest Alu.
    • Fenêtres aluminium : comment garantir la qualité de production ? Avec Maxime Runtz, Somalu ; Igor Ferreira, CARE Promotion.
  • Retours d’expérience :
    • Gymnase de La Hay-aux-Roses (aluminium et performance énergétique).
    • Projets labellisés : traçabilité, conformité et durabilité.
  • Focus : Nouvelles mentions RSE et Environnement des LABELS (obligatoires dès août 2026 avec la loi Climat & Résilience).
© SNFA

Chiffres Clés 2026 : Une Filière en Mouvement

Le label Fenêtres alu c’est : 35 entreprises, 81% des adhérents SNFA, une progression de 12% par rapport à 2020 + une mention environnement

Le label façade alu c’est : 12 entreprises, 46% des adhérents SNFA, 26 audits renouvelés + les mentions RSE + environnement

Les labels SNFA, des garanties uniques pour les architectes

Pourquoi ces LABELS sont-ils indispensables ?

Les LABEL fenêtrealu et LABEL façadealu sont les seuls labels français à garantir :

- La conformité aux normes (NF DTU 36.5 pour les fenêtres, NF DTU 33.1 pour les façades).

- La traçabilité totale des performances (AEV, Uw, Sw, TLw).

- Un audit tiers indépendant (SOCOTEC) pour une qualité objective.

- L’accès aux aides de l’État (éco-PTZ, CEE, TVA à 5,5%) via la mention RGE.

« Le LABEL fenêtrealu nous a permis de répondre aux exigences Qualibat et RGE, tout en structurant notre amélioration continue " témoigne Christophe Gaffié, Directeur Commercial Somalu.

Ce que garantissent les LABELS

LABEL fenêtrealu : La qualité de la fabrication

  • Respect des règles de l’art : NF DTU 36.5 + norme NF EN 14351-1.
  • Composants certifiés :
    • Vitrages CEKAL.
    • Traitements de surface QUALANOD/QUALIMARINE.
    • Conception validée par DTA (Document Technique d’Application).
  • Performances garanties :
    • AEV minimum : A3 E4(A/B) V*A2.
    • Contrôles : Essais initiaux + autocontrôles annuels (1 à 3 essais/famille).
    • Traçabilité : Étiquetage des performances par famille de produits.

LABEL façadealu : Le savoir-faire global (conception, fabrication, pose, maintenance)

  • Respect des règles de l’art :
    • NF DTU 36.5 (fenêtres) + NF DTU 33.1 (façades rideaux).
    • Fiches techniques CSTB/COPREC/SNFA + Règles professionnelles RAGE.
  • Composants certifiés :
    • Vitrages CEKAL.
    • Traitements de surface QUALANOD/QUALIMARINE/QUALIDECO.
    • Conception validée par DTA, Avis Technique ou APEx.
  • Contrôle qualité :
    • CPU (Contrôle de Production en Usine) documenté.
    • Pose sur chantier : PV de pré-réception + participation aux réceptions formelles.
© PCA Architecture


Les Nouvelles Mentions 2026 : RSE & Environnement

 Mention Environnement (pour façadealu ET fenêtrealu)

  • Gestion optimale des déchets :
    • Affiliation à un éco-organisme agréé (REP bâtiment).
    • Optimisation des emballages + recyclage en boucle fermée de l’aluminium.
  • Décarbonation :
    • Suivi régulier des consommations énergétiques.
    • Plan de prévention volontaire.
  • Responsable désigné : Pour la mise en œuvre des actions environnementales.

Mention RSE (pour façadealu uniquement), fondée autour de 3 piliers

Économique :

- Souveraineté économique : Fabrication 100% française.

- Soutien à l’économie locale.

Social :

- Conditions et bien-être au travail.

- Égalité des chances et prévention des risques.

Environnement:

- Achats responsables.

- Atténuation du changement climatique.

Dès août 2026, la loi Climat & Résilience imposera un critère RSE dans les marchés publics. Les LABELS SNFA vous permettent d’anticiper cette exigence.

Témoignages d'architectes :

« Prescrire des menuiseries labellisées, c’est s’assurer que le fabricant a validé chaque étape, de la conception à la pose. Pour nous, c’est un gage de sérénité sur le chantier. » Romain Viault, Architecte DPLG (intervenant aux Rencontres de la Qualité 2026)

« Le LABEL façadealu nous a permis de sécuriser la performance énergétique du gymnase de La Hay-aux-Roses, avec une étanchéité à l’air et à l’eau validée par SOCOTEC. » Djamel Kara, Co-gérant ROPA&Associés Architectes

« Grâce au LABEL fenêtrealu, nous avons réduit nos non-conformités de 30%. L’audit SOCOTEC nous a aidés à structurer notre système qualité. » Grégoire Chamousset, Directeur Général ALUVAL

Pour résumer les labels se sont :

  • 10 ans d’exigence : Les LABELS fêtent leur décennie en 2026, avec un taux de renouvellement de 95%.
  • Fabrication 100% française : Les titulaires s’engagent à produire en France, avec des alliages aluminium conformes aux normes européennes.
  • Audits SOCOTEC : Une garantie d’impartialité pour les prescripteurs.

Pour vous inscrire aux rencontres de la qualité, cliquez sur ce LIEN.

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