Collaboration

Pour sa première collection de mobilier entièrement modulable, Lelièvre Paris a choisi José Lévy pour en designer les pièces. Exposée à partir du 12 janvier en exclusivité à la galerie Made In Design au Printemps Haussmann, cette collection dévoile des pièces à la fois contemporaines, aux formes audacieuses, et surtout hautes en couleur, valorisant les tissus de la maison. Un retour en enfance assuré !
La maison Lelièvre Paris, créatrice et éditrice de tissus pour la décoration d’intérieur et ameublement, est réputée pour décorer les plus beaux intérieurs à travers l’usage de ses tissus, papiers peints, tapis et autres accessoires emblématiques. Guidée par l’envie de toujours se renouveler, la maison sort sa première collection de mobilier afin d’exprimer autrement son expertise et son savoir-faire de la matière.
Une « récréation » proposée par José Lévy
Intitulée « Jeux de salon », cette nouvelle collection a été pensée par José Lévy. Dessinant des éléments volontairement modulables, le designer a cherché à conjuguer l’univers du jeu à celui de la finesse et du détail. Des pièces colorées aux matières nobles, en hommage aux tissus propres à la maison Lelièvre Paris. « Tous les tissus utilisés pour cette collection sont des tissus originaux de la maison Lelièvre. Aucun tissu n’a été crée spécialement pour ces pièces » précise le designer. En prenant le coussin comme point de départ et fil rouge, le designer a ainsi imaginé la collection comme une construction, qui s’empile et se désempile à l’infini, en fonction de chacun : « Je me suis inspiré de ces jeux de l’enfance, lorsque l’on s’empare sans complexe des éléments du salon pour construire, empiler les coussins, s’asseoir à cheval sur sur un accoudoir…» Baptisée « Jeux de Salon », la collection se compose donc de coussins, d’un divan, d’un fauteuil, d’un ottoman, de deux tapis, de quoi rassembler petits et grands. Comme un clin d’œil au showroom historique de la maison installé Place des Victoires à Paris, José Lévy s’est amusé à baptiser le pouf « Palais Royal », à nommer « Galerie Vivienne » un long banc cylindrique inspiré du cheval d’arçon. Les deux tapis ont un graphisme travaillé pour être positionnés aussi bien seuls qu’assemblés.


Une modularité audacieuse des formes
La collection est composée d’assises basses. Pour les fauteuils, une structure en bois aux finitions laquées délivre une belle profondeur qui assure un confort d’assise, souligné visuellement par le parti pris « Color Block ». On retrouve dans les accoudoirs aux formes oblongues une correspondance avec les coussins-traversins. En modifiant la position des coussins sur le divan imaginé par le designer, il est possible aussi bien de transformer l’élément en lit de repos, comme de dégager sur la structure un espace « table d’appoint ».
Une collaboration évidente avec Made in Design
Pour la distribution de la collection « Jeux de Salon », Lelièvre Paris a fait le choix de s’associer en exclusivité à Made In Design, qu’il considère comme un acteur majeur et décisif sur le marché du design actuel. Désireux de défendre le « made in France » et le savoir-faire français, ce partenariat semblait évident et surtout prometteur pour l’implantation du projet au sein du marché hexagonal. Pour Catherine Colin, cette collection « rappelle Sonia Delaunay dans ses formes et jeux de couleurs ». Un esprit joyeux et inventif que l’on retrouvait dans en novembre dans une exposition précédente en hommage au mouvement Memphis, pour laquelle la marque avait collaboré sur des exclusivités avec le Japonais Masanori Umeda.



L’éditeur belge CRUSO a fait appel au designer d’origine japonaise Keiji Takeuchi pour la nouvelle collection Springback : une table basse et une chaise dédiée à un espace de détente, privé ou professionnel.

Marque belge de mobilier, Cruso propose des objets contemporains conçus par des designers internationalement reconnus. Les produits sont conçus pour un usage dans la sphère domestique, comme dans un environnement professionnel. À noter, ils sont conçus dans un processus de production éco-responsable avec des matières premières locales et durables, une fabrication européenne ainsi qu’un transport uniquement terrestre.
La nouvelle collection Springback designée par Keiji Takeuchi
Pour sa nouvelle collection, Cruso a fait appel au designer Keiji Takeuchi . Les premiers éléments dévoilent une chaise et une table basse, déclinés en chêne ou le noyer. Les lignes courbes assurent un confort et s’inscrivent dans une esthétique très épurée, intemporelle, en laissant la part belle au matériau noble. L’ensemble est fixé sur une structure en acier qui confère à la fois légèreté et robustesse à la composition.


Pour répondre à la demande de Cruso de limiter au maximum l’empreinte écologique, et de livrer les produits dans un emballage minimal, Keiji Takeuchi a recherché avant tout la simplicité. Grâce à un procédé d’ingénierie appelé « Springback », 10 vis seulement sont nécessaires pour assembler la chaise au design intemporel. En un tour de main, chaque pièce peut être assemblée avec facilité pour un usage immédiat.



L’an passé, Ego Paris présentait le fruit de la première collaboration avec le studio de design 5.5, la collection Sutra, un ensemble de modules à agencer selon ses besoins et son espace. Cette année, des tables d’appoint ou des luminaires viennent compléter ces premiers éléments en se clipsant sur les parois : un “Plug & Play” pragmatique et habile.
Ils cherchaient depuis un moment à travailler ensemble, et c’est finalement autour d’une redéfinition de Kama, une collection best-seller d’Ego Paris, que le Studio 5.5 et le fabricant français se sont retrouvés. Il y a quelques années, la collection Kama anticipait le besoin de modularité pour adapter sans cesse aux besoins un espace outdoor, et c’est certainement ce qui a été l’une des clés de son succès, aussi bien pour des espaces extérieurs vastes, que pour répondre à une demande urbaine. Selon Nicolas Sommereux, l’un des fondateurs, “cette gamme demandait à être réinventéeautour d’objets, d’éléments.” Un défi relevé par le studio 5.5 : proposer un nouvel ensemble à géométrie variable, autour de 4 modules et d’une table.

La collection Sutra prenait forme. Jean Sébastien Blanc explique : « On aimait cette idée de “design intelligent”. Nous sommes partis du dessin de la table, qui s’ouvre par un simple coulissement et s’agrandit pour s’adapter au nombre de convives. »
La signature esthétique de la collection est tracée : aujourd’hui dans, les derniers éléments, on retrouve cette approche d’emboîtement et de déploiement dans la conception des tables gigognes. « Pour nous l’usage précède la forme, pour trouver l’ADN de la collection, il a fallu qu’on intègre cet usage évolutif, modulaire », jusqu’à un principe de plug & play dans lequel des accessoires viennent compléter l’aménagement de la micro-architecture dessinée par l’assemblage des modules d’assises.
Workshop in situ
La réflexion et la conception de la collection ont fait l’objet d’un workshop directement sur le site d’Ego Paris. Selon les designers, « après les premiers dessins, pour mettre en place les premiers prototypes, on s’est mis autour d’une table et on a travaillé avec les éléments qu’on avait sous la main : on a mis des serre-joints sur des tubes en aluminium, on a associé – voire découpé comme un jeu de Lego – des pièces diverses, des éléments de la collection Kama ; c’est la meilleure façon de confronter aux échelles réelles, de travailler les proportions et comprendre les outils de production à disposition : on est venu appliquer des méthodes industrielles à une démarche au départ artisanale. »
Une esthétique identifiée
Pour la structure et l’esthétique, le studio s’inspire des ganivelles, clôtures formées par assemblage de lattes en bois, barrière de protection que l’on voit traditionnellement sur les sentiers côtiers : « dans les jardins, on a constaté un besoin de structurer, de recloisonner des espaces dans un milieu naturel, pour recréer des zones d’intimité par exemple. » Et le jeu de lattes de la collection Sutra rappelle les claustras protectrices que l’on trouve sur des terrasses pour isoler de la vue des voisins.
La collection Sutra se compose de 5 modules d’assise et une table,auxquels viennent de s’ajouter récemment , une table basse carrée, unetablette, et une lampe à led, autonome et rechargeable, qui vient également seclipser entre les lattes ou peut aussi être sur pied.




Parmi les derniers éléments de la collection Sutra dessinés par les 5.5, ces tables Gigogne en aluminium reprennent le principe graphique et modulable de la gamme.
Composée d’un tube en aluminium laqué et d’une source LED protégée par un diffuseur en polycarbonate translucide, la lampe Torch, autonome et rechargeable, propose trois intensités de lumière différentes. Elle s’utilise seule ou se glisse entre les lattes des modules.

Dans une nouvelle campagne, le fabricant italien Pedrali s’appuie sur une collaboration avec les Studio FM Milano et le Studio Salaris pour mettre en scène ses dernières collections, dans un shooting réalisé par le photographe Andrea Garuti. Le point fort ? Un lieu d’exception, la Casa 3000, qui semble un écrin parfait pour accueillir toutes ces nouveautés, dans un aménagement immersif.
Localisé dans la région portugaise d’Alentejo, la Casa 3000, réalisé par l’agence Rebelo de Andrade, s’étend sur 500 hectares, comme une touche de couleur qui se détache dans le vert environnant. C’est ici que Pedrali a choisi de mettre en scène ses derniers produits. Cet exercice de style, est aussi l’occasion de revenir sur les différentes collaborations de l ‘éditeur italien avec les designers : la collection Tribeca avec CMP Design, qui réinterprète les assises des sixties, les sofas Reva de Patrick Jouin au confort généreux, qui s’imaginent aussi bien dehors que dedans, les collections Soul et Remind d’Eugeni Quitllet, le fauteuil indoor Vic de Patrick Norguet, la table Fluxo de Luca Casini, les lampes Giravolta dans différentes déclinaisons… Une occasion aussi d’imaginer une mise en situation originale des produits, par la puissance du décor contrasté entre une maison rouge et un cadre végétal fort, et une valorisation des lignes élégantes des assises.
Pedrali : collaboration avec le design Eugeni Quitllet
Dans le numéro 202 d’Intramuros, un tête-à-tête avec Eugeni Quitllet revenait sur cette rencontre entre l’éditeur italien et le designer espagnol. Extrait.
« Les chaises Soul et Remind, fruits de la collaboration entre le plus parisien des designers espagnols et l’éditeur de mobilier italien Pedrali, synthétisent parfaitement la vision du disonador – contraction de « designer » et de « rêveur », dans sa langue natale –, entre respect des contraintes industrielles et envolées lyriques. Décryptage.
Pour cette première collaboration, vous avez dessiné non pas une, mais deux chaises. C’est un objet qui vous inspire particulièrement ?
Avant tout chose, j’essaie de comprendre l’ADN des entreprises avec lesquelles je collabore et d’être à l’écoute de ceux qui les dirigent… Lorsque j’ai rencontré Monica et Giuseppe (les enfants de Mario Pedrali, fondateur de la marque, ndlr), chacun d’entre eux m’a confié sa vision du projet idéal. Pour Monica, il s’agissait de combiner plusieurs matériaux. C’est là que me sont apparues, presque instantanément, les lignes organiques de Soul, dont la structure en polycarbonate injecté et frêne massif joue sur le contraste entre synthétique et ultra-naturel, ce qui est une des caractéristiques de mon langage formel… Guiseppe souhaitait plutôt ajouter une chaise monobloc, à la fois économique, légère et empilable, au catalogue de Pedrali. Remind combine ces qualités avec une esthétique rétrofuturiste, à la fois épurée et familière. En latin comme en anglais, remind signifie « se souvenir », mais par le prisme des émotions… C’est un clin d’œil à ma philosophie, qui est plus intuitive que fonctionnelle.
Quoique très différentes, Remind et Soul revisitent toutes les deux des archétypes du passé. Est-ce une manière de créer de l’émotion pour garantir leur durabilité, du moins affective ?
Non, je ne suis pas nostalgique. Le passé est ce qu’il est et ne me sert pas à grand-chose… Mais il est vrai que mon design est avant tout émotionnel. Et l’émotion crée le respect. J’essaie de rendre chacune de mes créations la plus belle possible afin que son futur propriétaire s’en sente responsable. Car le beau engendre la pérennité.»