Christian Lacroix Maison : Utopia, du rêve à la réalité
À l’ère du « monde d’après » et de l’envie de changement perpétuel des intérieurs depuis la crise, Christian Lacroix Maison signe « Utopia », le dernier volet d’une trilogie. Sous la direction de Sacha Walckhoff, directeur artistique depuis 2010, la collection joue à la fois sur les couleurs, les motifs et l’aspect de profondeur. En parallèle, la maison sort également « Fête vos jeux », une collection toute en porcelaine en partenariat avec Vista Alegre.
« On a beaucoup entendu parler du monde d’après mais on ne savait finalement pas trop à quoi ça correspondait ». Le point de départ de la collection est là. Après « l’Odyssée » et « Atlantis », « Utopia » vient fermer le livre de trois chapitres animés par de ces envies de liberté et de créativité ressenties depuis bientôt deux ans. Sacha Walckhoff confie s’être largement inspiré de la minéralogie pour ces créations et particulièrement du musée de minéralogie de Paris : « C’est un lieu vraiment fascinant que je n’aurais jamais imaginé être aussi riche. Nous sommes restés des heures dans ces salles à observer tous les détails des minéraux exposés. »
Christian Lacroix Maison : l’art de mélanger les matières et les savoirs-faire
Paravents, broderies sur coussins et meubles, tapis… « Utopia » est une collection hautes en couleur, en savoir-faire et en matières. En témoigne « Aglae Bloom », un motif entre fleurs et coraux qui se décline sur velours, papier peint ou satin de coton. Un décor qui a été dessiné spécifiquement à l’occasion d’une collaboration avec Schmidt. Contemporain et léger, il a été pensé de manière à pouvoir se décliner et s’adapter à tous les intérieurs et chaque espace de la maison. Cette dominance fleurie est par ailleurs retrouvée dans les motifs « Feather Park », « Darius Green » ou encore « Atlantis ».
Pour cette collection Sacha Walckhoff a accordé une importance particulière à l’aspect de profondeur et surtout au détail. « Si vous prenez le motif Persian Night qui représente le cosmos, si l’on ne s’approche pas suffisamment on ne se rend pas forcément compte qu’il y a des notes nacrées. Celles-ci ne se dévoilent que si l’on prend le temps de regarder attentivement ». De la même manière « It’s Paradise » qui représente un paysage coloré et féérique, se décline à la demande du client, qui peut ainsi jouer avec les motifs « J’aime l’idée que les gens puissent jouer avec nos motifs et les personnaliser. Il y a une infinité de possibilités ».
Les motifs pensés pour la collection peuvent être déclinés sur paravents, tapis, fauteuils, brodés sur coussins et même sur couverture (une première pour la maison). Une diversité de possibilités et de mélange de techniques qui traduisent ainsi la qualité et la technique de la maison Christian Lacroix.
Fête vos jeux, et tout ira mieux
Hormis cette collection spécifique à la décoration de la maison, Christian Lacroix Maison propose de compléter son intérieur à travers la sortie de trois jeux tout en porcelaine (dés, domino, memory) réalisés en collaboration avec la manufacture portugaise Vista Alegre. Des réalisations qui se veulent esthétiques mais surtout ludiques, de quoi ravir petits et grands. À manier certes avec précaution, mais sans modération !
À L'Île de Léos, Jean-Philippe Nuel signe un projet profondément enraciné dans l’âme de L’Isle-sur-la-Sorgue, loin des standards interchangeables de l’hôtellerie contemporaine. Ici, le lieu se veut intime, discret, écrin entre soleil et eau, tout en restant ouvert sur l’une des plus charmantes communes provençales.
Installé au cœur de cette ville provençale façonnée par l’eau, les antiquaires et une histoire artisanale dense, l’établissement revendique une forme de discrétion presque domestique. Plus qu’un hôtel, Jean-Philippe Nuel imagine ici une maison ouverte sur son territoire, un lieu où le voyageur est invité à entrer dans une atmosphère avant même de pénétrer dans une architecture. Cette approche, fidèle au vocabulaire de l’architecte et designer, repose sur une tension subtile entre sophistication et simplicité. Bois anciens, pierre, métal patiné, enduits minéraux : les matériaux semblent avoir toujours appartenu au lieu. Les bois de récupération apportent une profondeur tactile et émotionnelle, tandis que l’omniprésence de l’eau traverse le projet comme un fil narratif apaisant.
Chez Jean-Philippe Nuel, le luxe ne s’exprime jamais par la démonstration. Il réside plutôt dans la qualité des textures, dans la justesse des proportions, dans cette capacité rare à produire une sensation d’évidence. À L’Île de Léos, cette écriture se nourrit également du patrimoine local : ls meubles chinés dialoguent avec des pièces contemporaines dans un équilibre particulièrement maîtrisé, brouillant volontairement les frontières entre demeure et hôtel.
Sous une vaste verrière, le bar métallique, la cheminée provençale et la cave à vin apparaissent comme des objets architecturaux autonomes venant structurer l’espace. Ici encore, Jean-Philippe Nuel convoque la mémoire industrielle de L’Isle-sur-la-Sorgue sans jamais tomber dans le pastiche. Le métal brut du bar répond aux anciennes manufactures locales, tandis que le mur de tuiles provençales, traité comme une composition contemporaine, transforme un élément vernaculaire en geste scénographique. Cette capacité à faire dialoguer patrimoine et modernité traverse l’ensemble du projet, du restaurant dont la proximité avec la rivière et la roue à aubes invite le paysage dans l’expérience intérieure, jusqu’au au plafond et ses aquarelles “Sarments” évoqueat l’univers viticole et ses rouges et noirs profonds.
Les chambres prolongent cette recherche d’une hospitalité plus sensible : les salles de bains s’ouvrent partiellement sur l’espace tandis que les vasques en pierre rappellent les éviers des maisons provençales traditionnelles. Sols rustiques, enduits texturés, commodes chinées, plans quasi-uniques, tout semble pensé pour éloigner le visiteur des codes standardisés de l’hôtellerie.
Même le spa échappe aux clichés du bien-être contemporain. Inspiré des lavoirs provençaux, le spa échappe lui aussi aux clichés en développant une esthétique minérale, douce et intime, faite d’arches ouvertes, de murs en pierre sèche et d’un bassin surélevé aux larges margelles. Une manière, là encore, d’inscrire le geste architectural dans une mémoire collective locale plutôt que dans un imaginaire de luxe fantasmé. A l’image de son auteur, Jean-Philippe Nuel, une rencontre entre savoir-faire hôtelier et sensibilité, architecture intérieure préférant la sincérité culturelle à la séduction gratuite.
Le SNFA, syndicat professionnel représentatif des concepteurs, fabricants et installateurs de menuiseries extérieures en aluminium, organise le 18 juin prochain, les rencontres de la qualité 2026. Découvrez son programme, ses enjeux et les actualités du secteur.
« Concevoir un bâtiment, c’est en garantir la pérennité. Aujourd’hui, la qualité n’est plus une option, mais un impératif – réglementaire, environnemental et éthique."confie Dominique Thomasson, Président du SNFA. Les LABEL façadealu et LABEL fenêtrealu, portés par le SNFA et audités par SOCOTEC, incarnent cette vision : allier performance technique, durabilité et responsabilité. À l’aube de 10 ans d’exigence, nous vous invitons à découvrir comment ces labels transforment les pratiques de la filière aluminium en France, avec désormais des mentions RSE et Environnement pour répondre aux enjeux de demain.
Un rendez-vous : Les Rencontres de la Qualité
Quand ? Jeudi 18 juin 2026 | 14h-18h
Où ? Maison Férou, Paris 6e (Métro Saint-Sulpice, ligne 4)
Pourquoi y participer ?
Le SNFA, syndicat professionnel représentatif des concepteurs, fabricants et installateurs de menuiseries extérieures en aluminium, organise cet événement pour :
- Valoriser les entreprises labellisées (35 pour fenêtrealu, 12 pour façadealu).
- Inciter de nouveaux adhérents à adopter les LABELS, critères différenciants pour les architectes.
- Renforcer la notoriété des LABELS auprès des prescripteurs.
- Créer du lien entre acteurs clés du secteur (architectes, fabricants, maîtres d’ouvrage).
Au programme :
Tables rondes avec des experts :
Façades aluminium : entre performance, bas carbone et règles de l’art avec Marc Franco, Coldefy ; Loïc Soria, Ouest Alu.
Fenêtres aluminium : comment garantir la qualité de production ? Avec Maxime Runtz, Somalu ; Igor Ferreira, CARE Promotion.
Retours d’expérience :
Gymnase de La Hay-aux-Roses (aluminium et performance énergétique).
Projets labellisés : traçabilité, conformité et durabilité.
Focus : Nouvelles mentions RSE et Environnement des LABELS (obligatoires dès août 2026 avec la loi Climat & Résilience).
Le label Fenêtres alu c’est : 35 entreprises, 81% des adhérents SNFA, une progression de 12% par rapport à 2020 + une mention environnement
Le label façade alu c’est : 12 entreprises, 46% des adhérents SNFA, 26 audits renouvelés + les mentions RSE + environnement
Les labels SNFA, des garanties uniques pour les architectes
Pourquoi ces LABELS sont-ils indispensables ?
Les LABEL fenêtrealu et LABEL façadealu sont les seuls labels français à garantir :
- La conformité aux normes (NF DTU 36.5 pour les fenêtres, NF DTU 33.1 pour les façades).
- La traçabilité totale des performances (AEV, Uw, Sw, TLw).
- Un audit tiers indépendant (SOCOTEC) pour une qualité objective.
- L’accès aux aides de l’État (éco-PTZ, CEE, TVA à 5,5%) via la mention RGE.
« Le LABEL fenêtrealu nous a permis de répondre aux exigences Qualibat et RGE, tout en structurant notre amélioration continue " témoigne Christophe Gaffié, Directeur Commercial Somalu.
Ce que garantissent les LABELS
LABEL fenêtrealu : La qualité de la fabrication
Respect des règles de l’art : NF DTU 36.5 + norme NF EN 14351-1.
Composants certifiés :
Vitrages CEKAL.
Traitements de surface QUALANOD/QUALIMARINE.
Conception validée par DTA (Document Technique d’Application).
Dès août 2026, la loi Climat & Résilience imposera un critère RSE dans les marchés publics. Les LABELS SNFA vous permettent d’anticiper cette exigence.
Témoignages d'architectes :
« Prescrire des menuiseries labellisées, c’est s’assurer que le fabricant a validé chaque étape, de la conception à la pose. Pour nous, c’est un gage de sérénité sur le chantier. » Romain Viault, Architecte DPLG (intervenant aux Rencontres de la Qualité 2026)
« Le LABEL façadealu nous a permis de sécuriser la performance énergétique du gymnase de La Hay-aux-Roses, avec une étanchéité à l’air et à l’eau validée par SOCOTEC. » Djamel Kara, Co-gérant ROPA&Associés Architectes
« Grâce au LABEL fenêtrealu, nous avons réduit nos non-conformités de 30%. L’audit SOCOTEC nous a aidés à structurer notre système qualité. » Grégoire Chamousset, Directeur Général ALUVAL
Pour résumer les labels se sont :
10 ans d’exigence : Les LABELS fêtent leur décennie en 2026, avec un taux de renouvellement de 95%.
Fabrication 100% française : Les titulaires s’engagent à produire en France, avec des alliages aluminium conformes aux normes européennes.
Audits SOCOTEC : Une garantie d’impartialité pour les prescripteurs.
Après plus de trente années de collaboration, Barber Osgerby annonce la fermeture prochaine de son studio londonien. Une décision qui marque la fin de l’un des partenariats les plus influents du design britannique contemporain.
Edward Barber et Jay Osgerby expliquent vouloir désormais poursuivre leurs recherches respectives à travers des structures indépendantes. « Après plus de trente ans de travail commun, cela nous semble être le bon moment pour commencer à travailler indépendamment à travers nos propres studios », déclarent-ils.
Fondé au milieu des années 1990, Barber Osgerby s’est imposé comme l’un des studios les plus emblématiques de la scène internationale grâce à une approche mêlant rigueur industrielle, expérimentation sur les matériaux et sens sculptural des formes. De la chaise Tip Ton pour Vitra aux projets menés pour Knoll, B&B Italia, Flos ou Venini, le duo britannique a contribué à redéfinir le langage du design industriel contemporain, entre innovation technologique et sobriété formelle.
Le studio s’était également illustré dans des champs plus transversaux, du mobilier à l’architecture intérieure, en passant par le design d’objets, les installations et les recherches sur les procédés de fabrication. Une diversité revendiquée par les designers eux-mêmes, qui évoquent « un parcours inattendu, créativement et entrepreneurialement ».
Cette séparation ne s’apparente toutefois pas à une rupture brutale mais plutôt à une évolution naturelle d’un tandem devenu, au fil des décennies, une référence majeure du design britannique. Barber et Osgerby affirment ainsi rester « extrêmement fiers de tout ce que Barber Osgerby a créé » et remercient l’ensemble des collaborateurs, fabricants, institutions et équipes ayant participé à cette aventure.
Une page importante du design européen contemporain se tourne ainsi, tandis qu’une nouvelle séquence s’ouvre pour les deux créateurs.
Cette année encore, la Triennale accueillait de beaux événements dans le cadre de la Design Week de Milan 2026. Mais plus qu'un simple lieu d'exposition, cet incontournable de la capitale lombarde est surtout un lieu chargé d'Histoire dans lequel le design continue de s'incarner au travers d'une programmation dense.
La Milano Design Week 2026 marque un tournant. Face à une inflation visuelle parfois saturante, la ville semble revenir à ses fondamentaux avec une culture de la mémoire du design héritée du XXe siècle. L’objet n’est jamais pensé isolément, mais comme l’aboutissement d’un projet global mêlant architecture, usage, esthétique et vision sociale. Certaines villes racontent leur histoire à travers leurs monuments ; Milan la raconte aussi à travers ses archives. Qu’il s’agisse de dessins, de maquettes, de photographies, de notes ou de prototypes, elles révèlent tout ce qui précède l’œuvre achevée et en conserve le potentiel. La Triennale de Milan incarne pleinement ce mouvement.
Mais la Triennale, c’est quoi ?
Plus qu’un centre d’exposition, le Palazzo dell’Arte (Triennale de Milan) est un bâtiment moderniste conçu en 1933 par Giovanni Muzio comme un véritable centre culturel multifonctionnel et transdisciplinaire. Dès l’origine, il réunissait des salles d’exposition, un théâtre, un restaurant, un bar, un centre d’archives et même …un night-club. Depuis 2019, le lieu se réincarne sous l’impulsion de Stefano Boeri, président de la Triennale, de Carla Morogallo, directrice générale et de Luca Cipelletti à la direction architecturale. Déjà en 2024, cet espace culturel a inauguré le centre des archives « Cuore – Research, Study and Archives Center », un espace consacré à la recherche, à la mémoire et à l’innovation. Installés au rez-de-chaussée du Palazzo dell’Arte, ces 400 m² à gauche en entrant dans le hall, accueille chercheurs, étudiants, visiteurs, fondations et universités. Accessible gratuitement, Cuore remet au centre le travail de recherche qui nourrit l’ensemble de la programmation de la Triennale. Fort de décennies d’expositions nationales et internationales, elle est devenue un important centre documentaire et patrimonial. Ses réserves contiennent des livres et revues, des archives graphiques, photographiques et audiovisuelles, mais aussi près de 2 900 pièces d’architecture comme des dessins, des plans, des maquettes et d’autres documents liés aux projets réalisés au Palazzo dell’Arte et dans Milan depuis 1933. Mais l’institution conserve également des fonds de figures majeures du design italien comme Andrea Branzi, Alessandro Mendini ou Ettore Sottsass pour ne citer qu’eux.
Le réaménagement du Palazzo dell’Arte accompagne cette nouvelle orientation. L’objectif est ainsi de moderniser le bâtiment tout en redécouvrant l’esprit original imaginé par Giovanni Muzio en 1933. Trois axes structurent cette transformation : retrouver l’esprit et préserver ce patrimoine du rationalisme italien des années 30, améliorer ses performances énergétiques sans oublier de rendre les espaces plus accessibles, flexibles et contemporains. La restauration remet en valeur les qualités architecturales du lieu avec par exemple la réouverture des perspectives (notamment sur l’escalier hélicoïdal de Muzio dans l’espace Cuore), l’allègement des dispositifs techniques, la restauration de la lumière zénithale grâce la remise au jour de la toiture en briques de verre et la réintégration des châssis des ouvertures d’origine. Les nouvelles installations techniques presque invisibles (isolation, chauffage), fluidifient considérablement la lecture de l’espace. En 2025, le lieu s’est ouvert à de nouveaux usages. On note notamment le retour du café et du restaurant (Cucina) à leur emplacement historique, côté parc, mais aussi l’ouverture de Voce - un espace consacré à la musique et aux arts performatifs - et de Gioco espace créatif pour enfants. À travers cette transformation, la Triennale rappelle aussi que ce qui fait la singularité créative de Milan demeure sa capacité à faire dialoguer rationalisme, héritage moderniste et postmodernité poétique.
Par la qualité de ses expositions, de ses mises en espace et de sa restructuration architecturale, la Triennale s’affiche davantage comme un bâtiment vivant, évolutif, hybride, qu’un monument figé. Il donne à vivre le design en racontant les trajectoires de celles et ceux qui le produisent, en interrogeant ses usages, sa portée critique, sa dimension sociale et la joie quotidienne qu’il peut encore apporter. Les noms simples, humains et élégants choisis pour caractériser les divers secteurs le prouvent : Cuore, Cucina, Giocco et Voce. Alors la Triennale de Milan ? À voir et à revoir !
Andrea Branzi — Continuous Present Scénographie : Toyo Ito Jusqu’au 4 octobre 2026 L’une des expositions majeures de cette édition est consacrée à Andrea Branzi, penseur, poète, designer inclassable et figure centrale du design radical italien. Un infatigable passeur d’une manière de « vivre poétiquement le monde », faite de tolérance et de fiction critique. Conçue comme un hommage par Toyo Ito — ami proche et compagnon de pensée -, l’exposition explore la vision critique et profondément humaniste de Branzi. Intitulée Continuous Present, elle exprime son opposition à une modernité mécanique, rationalisée et uniforme. On y retrouve les grands thèmes qui traversent son œuvre : architecture sans murs, hybridation entre nature et ville, transformation permanente, rencontre et adaptabilité, refus des systèmes figés… Chez Branzi, la déconstruction n’est jamais nihiliste. Elle ouvre au contraire un espace pour l’émerveillement. Son idée du « présent continu » évoque une ville et un monde en perpétuelle évolution où la joie, l’optimisme, sont un devoir moral et social. La leçon est à retenir ! La mise en espace fluide et presque organique de Toyo Ito prolonge avec justesse cette pensée.
Lella and Massimo Vignelli. A Language of Clarity Scénographie : Jasper Morrison Jusqu’au 6 septembre 2026 Comme un contrepoint au design post-moderne critique de Branzi, mais tout aussi joyeux et optimiste, la Triennale présente une grande rétrospective consacrée à Lella et Massimo Vignelli. Connus pour leur interprétation rigoureuse du rationalisme moderniste d’inspiration suisse, les Vignelli ont profondément marqué, entre Milan et New York, le graphisme et le design international des années 60 au passage au XXIème siècle. L’exposition mise en espace par le studio Jasper Morisson rassemble un large corpus de pièces emblématiques. Elle montre comment leur travail cherchait toujours à révéler une logique claire, colorée et universelle, qu’il s’agisse d’un plan de métro, d’un livre, d’un meuble ou d’un bijou. Leur œuvre rappelle qu’au-delà du style, le design peut avant tout constituer un langage de clarté, capable de s’adresser à un public extrêmement large, loin de toute vision élitiste.
The Eames Houses - Lancement du Eames Pavilion System En partenariat avec Kettal Jusqu’au 10 mai 2026 L’exposition The Eames Houses s’appuie sur un vaste travail de recherche d’archives consacré aux projets résidentiels construits ou non, de Ray et Charles Eames. Une vision de l’architecture modulaire, préfabriquée et profondément humaine appuyée sur un large corpus de documents. Pour les Eames, la maison n’est jamais un objet figé, mais un système adaptable, capable d’articuler vie quotidienne, modularité et production industrielle. Leur architecture développe une synthèse singulière entre rationalisme moderniste, préfabrication fonctionnelle et sensibilité organique inspirée de l’esthétique japonaise. C’est notamment dans la relation fluide entre intérieur et extérieur, pensée au service du climat et des espaces californiens, que l’on retrouve cette dernière. Cette réflexion se prolonge aujourd’hui à travers le lancement du Eames Pavilion System, développé avec Kettal sous la direction d’Eckart Maise, collaborateur historique de l’Eames Office. Le système repose sur des modules structurels répétitifs associés à différentes toitures et façades permettant de multiples configurations, du petit pavillon à la maison complète. Le projet réactive ainsi l’une des idées fondamentales des Eames : penser l’architecture comme un système évolutif plutôt que comme une forme définitive.
Alphabet — Le design de Edward Barber & Jay Osgerby Jusqu’au 6 septembre 2026 L’exposition investit le bel espace de la Design Platform qui, à la suite de l’importante rénovation architecturale et fonctionnelle du Palazzo dell’Arte, prend désormais place dans la grande zone ouverte sur le jardin, anciennement occupée — malencontreusement — par le café de la Triennale.
Le parcours chronologique de l’exposition met en évidence l’évolution progressive, du milieu des années 1990 jusqu’à aujourd’hui, de leur « alphabet stylistique ». Un travail rigoureux porté sur la couleur, les courbures techniques, les géométries angulaires et la précision constructive. Parmi les pièces majeures exposées, signalons la torche olympique des Jeux de Londres 2012, les tables Iris pour Established & Sons, la lampe Tab pour Flos et plusieurs commandes spéciales et projets expérimentaux. Par ces pièces, l’exposition montre comment leur travail conjugue à l’exigence industrielle et à la maîtrise artisanale, la sophistication technique croissante.