Les Puces de Saint-Ouen à la Samaritaine
Banc à latte acajou de Charlotte Perriand pour les éditions Steph Simon, 1961 / Bar secrétaire de Gautier Delaye, série Weekend 1958, derrière une paire de fauteuils de Pierre Guariche de 1954 / Fauteuil de Guy Besnard, 1962. courtesy Galerie Pradier - Jeauneau

Les Puces de Saint-Ouen à la Samaritaine

Parmi les 450 participants de la Paris Design Week, un passage s’imposait à la Samaritaine « parce qu’il s’y passe toujours quelque chose » et coup de chance, l’événement se prolonge jusqu’au 31 octobre 2023 : les Puces de Saint-Ouen s’installent à la Samaritaine.

Entre Gucci et Yves Saint-Laurent, s’expose la qualité d’un mobilier vintage qui n’a rien perdu de son charme surtout quand il est bien rénové. C’est la Galerie Pradier-Jeauneau associée à Jean-Marc Hervier et Carine Roitfeld qui a choisi d’exposer la qualité d’un mobilier d’Après-guerre et des années 60 qui n’a rien perdu de son efficacité et de sa fonctionnalité.

Fauteuils Mars de Pierre Guariche 1958. Courtesy Galerie Pradier-Jeauneau

Fauteuils de l'équipe interne Airborne vers 1960/70. Courtesy Pradier Jeauneau

Le petit bar-écritoire en pin de Gautier Delaye imaginé en 1958 joue les petits bureaux pratiques. La chaise en métal noir de Jean-Louis Bonnant où chacune des dix lamelles du dossier a soigneusement été courbée à la main, révèle l’amour de l’acier d’un ouvrier-artisan d’art. Une petite table de Marcel Gascoin avec plateau en mélaminé vert et chant en chêne plein souligne la modernité de matières simples. Une paire de fauteuils ronds et pivotant de Pierre Guariche de 1968 ont été rhabillé d’un tweed blanc-beige qui les font sortir des photos noir et blanc historiques avec prestance, légèreté et confort. La paire de fauteuils de Guy Bernard dessinée en 1962, droite et confortable, s’est revêtue d’un velours vert bouteille qui en fait un personnage idéal pour un club d’amateurs de cigares. Sans oublier la console-bureau de Charlotte Perriand en stratifié gris perle, édition Steph Simon 1962 et un banc à lattes acajou, transformable en petit lit d’appoint de seulement 190 x 69,5 cm, dimension modeste mais ô combien efficace.

Chaises 190 de Jean-Louis Bonnant, 1956, courtesy Galerie Pradier-Jeauneau

Jean-Marc Hervier, Jérémy Pradier, Carine Roitfeld et Aurélien Jeauneau © Karla Hiraldo Voleau

Depuis 10 ans maintenant, Aurélien Jeauneau et Jérémy Pradier se passionnent pour les créateurs français de l’Après-guerre qui ont su déployer leur créativité pour répondre aux problématiques de leur temps. Aurélien Jeauneau, spécialiste de l’œuvre de Pierre Guariche a co-écrit la monographie éditée chez Norma en 2020. Jérémy Pradier, après une carrière dans le cinéma français soutient les signatures contemporaines comme Ionna Vautrin, Anthony Guérrée ou Guillaume Delvigne. A redécouvrir sans modérations.

Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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Temps de lecture
7/1/2026
Andrée Putman, en clair-obscur

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8/1/2026
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Chefs-d’œuvre de la Collection Pinault

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Temps de lecture
9/1/2026
Soft Panels : une touche de douceur chez USM

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Réalisés en fibres synthétiques composées à 40% de plastique marin recyclé, les panneaux sont munis de quatre aimants permettant aux portes de se clipser facilement à la structure tubulaire. Ainsi fixées, les portes s’ouvrent vers le haut ou le bas, et peuvent être déplacées facilement pour permettre au meuble d’évoluer au gré des besoins et des envies. Imaginés comme une alternative visuelle autant que pratique - le revêtement textile absorbe légèrement le bruit - les panneaux sont disponibles dans une dizaine de coloris et trois finitions différentes. L’utilisateur peut ainsi composer son USM Haller à la manière d’un puzzle dont les revêtements texturés varient entre des rainures verticales, diagonales ou courbes. De quoi ramener un nouveau rythme aux lignes de la marque, et une certaine douceur aux bureaux, buffets et autres rangements connus pour la radicalité de leur conception.

À noter que les USM Haller Soft Panels sont disponibles en trois tailles : 750 × 350 mm, 500 × 350 mm, 350 × 350 mm.

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Du 17 au 19 janvier, le salon Who’s Next reprend ses quartiers à la porte de Versailles, au sein du hall 7.2. Une édition qui proposera de nouveau un espace consacré au design et au lifestyle avec l’arrivée de Shoppe Object Paris, déclinaison française de l’emblématique salon new-yorkais.

Afin de poursuivre la création de passerelles entre mode et design, le groupe WSN a signé une collaboration exclusive avec AndMore – organisateur du salon Shoppe Object à New York – pour la mise en place de l’édition parisienne. Ainsi, la curation amorcée en septembre avec Who’s Next Home tend à se dévoiler dans un format plus large et plus international, porté par une vision commune de l’objet et du design contemporain. Une édition qui s’articulera autour du thème « Room 0126 », en lien direct avec l’hospitality. « Notre objectif est de soutenir les marques et de favoriser les rencontres dans une atmosphère d’émotion », explique notamment Matthieu Pinet.

Une scénographie pensée comme un écrin

Imaginé par Studio Costa Molinos, l’espace adoptera une identité propre, conçu comme un « salon dans le salon ». Shoppe Object Paris promet une immersion cohérente et lisible, où chaque projet s’inscrit dans une narration d’ensemble. À noter également la présence d’un Shoppe Object Café, qui viendra renforcer cette dimension d’hospitalité en lien avec le thème de l’édition, offrant ainsi un lieu propice aux échanges au sein du parcours.

© Zequenz

Près de 80 marques attendues

Situé au cœur du hall 7.2, Shoppe Object Paris occupera une place stratégique au sein du salon et présentera une grande diversité de typologies de produits : arts de la table, mobilier, accessoires… Si des marques déjà présentes en septembre, comme Sabre, Bàng ou encore Papier Tigre, ont répondu une nouvelle fois à l’appel pour cette édition de début d’année, de nouvelles enseignes rejoindront également l’aventure. Parmi elles : Serax, Kerzon, Polimair ou encore Transparent, pour ne citer qu’elles. Une sélection minutieuse qui tisse des histoires autant de savoir-faire que de postures créatives, où les objets présentés ne se contentent pas d’être beaux mais ont aussi du sens.

A gauche : Serax x Marni / A droite : Merge

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