Collectible 2022 : l’excellence du design actuel à Bruxelles
Heim + Viladrich, Aire 75 © Heim+Viladrich

Collectible 2022 : l’excellence du design actuel à Bruxelles

Après une quatrième édition 2021 en ligne, le salon Collectible accueillant la crème du design d’exception et émergent international, a fait son grand retour entre le 20 et le 22 mai dernier, à l’espace Vanderborght. Focus sur une dizaine de pièces, maisons d’éditions, créateurs ou galeries qui font désormais de ce rendez-vous annuel, un immanquable du secteur.


Depuis 2018, les deux fondatrices Clélie Debehault et Liv Vaisberg œuvrent à faire de Collectible, une plateforme valorisant la création design de collection, à travers des créateurs reconnus ou en devenir. « Collectible, c’est plus qu’un salon, c’est une communauté d’acteurs qui se retrouve dans une sorte de Summer Camp », souligne Liv Vaisberg.  Cette année, plus de 100 participants internationaux – galeries, studios design, institutions ou maisons de renom – ont participé à l’édition placée sous le signe du renouveau. En effet, l’évènement s’est doté d’une nouvelle section The Editors, regroupant les maisons d’édition prospectives et de niche, à côté de Main, section dédiée au design représenté en galeries et Bespoke, privilégiant matériaux nobles, rares et savoir-faire artisanaux revus par des designers indépendants. Quant à Curated, consacrée aux designers et studios émergents ou indépendants, elle a été conçue cette année par le collectionneur et curateur design Berry Dijkstra qui a imaginé Escapism, une exposition repensant les formes et les matériaux. « Je souhaitais inviter le public à voyager hors de la réalité et le transporter dans un monde éthéré, utopique, fantaisiste, à travers les formes et les objets », relève encore le commissaire hollandais. Dans ce contexte réjouissant, florilège de quelques pièces ou créateurs remarqués.

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Section Main

Sur le stand de la galerie belge Maniera, éditant des objets aux confins de l’architecture, du design et de l’art, le designer autrichien Lukas Gschwandtner présente une chaise qui s’appréhende comme un vêtement de cuir, avec une longue écharpe à franges, modulable. Issu du monde de la couture, il s’intéresse au problème d’échelle, au corps, et étudie particulièrement la façon dont un meuble va s’approprier le langage corporel. Une vision du siège à la fois luxueuse et humaine, à travers des formes rappelant des accessoires que l’on porte très fréquemment sur soi.

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Lukas Gschwandtner, Low Pillow Chair, 2021 ©Maniera

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La galerie barcelonaise présente entre autres pièces Game of synchronocity de StudioPepe, agence de design et d’architecture milanaise, dont les œuvres, souvent poétiques, ont une identité iconographique forte. Cette table s’inspire de la philosophie de Carl Gustav Jung, défendant l’existence de connexions cachées entre des phénomènes non reliés entre eux. En premier lieu, son usager pense à une idée, une question ou un fait personnel. Puis, il fait rouler deux fois une petite bille de métal qui va s’arrêter sur une partie du plateau où est gravée une pensée, telle une réponse à son interrogation. Des réponses qui peuvent être parfois contradictoires. Un objet esthétique, ludique et philosophique !

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Game of Synchronicity, Studiopepe © Iliacion

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Le stand de la galerie Maria Karlova d’Amsterdam figure parmi ceux qui ont été les plus remarqués pour ses pièces s’intéressant à la valeur des matériaux et l’esthétique pure des formes. Connu pour son travail à partir de cartons et matériaux de rebut, le créateur tchèque Vadim Kibardin présente pour la première fois Black Mirror, nouvelle collection capsule comprenant une chaise et une table de coiffeuse conçus à partir de papier récupéré. Ses objets aux design organique et coloris noir profond, explorent donc la pratique du réemploi et contribuent à la mise en place d’une économie circulaire. Jesse Visser Designprojects est une agence hollandaise de design, spécialisée dans les meubles et luminaires sollicitant de nombreux sens. Aussi sobre que poétique, la pièce Beacon of Light se compose d’une sphère lumineuse en verre sablé, reliée à une pierre – une roche unique, créée par la nature – par une corde suspendue à une poulie. Evoque-t-elle ce fragile point d’équilibre à atteindre dans notre monde incertain ? En utilisant en partie des matériaux essentiels, bruts, naturels, Beacon of Light met en avant le riche éventail de matières, prêtes à être utilisées, que la

nature met à la disposition de l’homme, et stimule la sérénité du spectateur.

Jesse Visser, Beacon of Light 2 © Mia Karlova Galerie

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Pour créer le collectif Objects with Narratives, deux jeunes entrepreneurs-designers bruxellois se sont inspirés du peintre surréaliste René Magritte. « Pour lui, la peinture était […] un moyen de raconter des histoires fascinantes, comme l’est pour nous le design de collection, explique le collectif. Comme le suggère le mot « surréel », les œuvres vont au-delà de leur réalité formelle et exigent une seconde lecture […]. » Sur le stand, deux environnements  – l’un nocturne et organique, aux couleurs bleues et roses, l’autre plus lumineux et rayonnant, aux couleurs rouge et bronze – se font face. « Deux espaces uniques qui se stimulent et finissent par se fondre en une seule expérience surréaliste. » Parmi les pièces, entre autres de Supertoys Supertoys, Laurids Gallée, Pietro Franceschini, Sabourin Costes, celle du créateur allemand Lukas Cober évoque la force de l’océan. New Wave Side Table Liquid déploie ses lignes oblongues réalisées à partir de résine coulée et sculptée, afin d’obtenir sa forme définitive polie, toute en transparence.

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Lukas Cober, New Wave Side Table Liquid, 2021 © Lukas Cober

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Section Bespoke

Le jeune créateur français Leo Orta imagine des « œuvres d’art fonctionnelles », aux formes hybrides rappelant étrangement celles des humains et des végétaux et quelque peu surréalistes. Son ensemble est composé d’une table basse à deux plateaux et de deux chaises en fibre de verre, aux couleurs acidulées.  « Le titre de cet ensemble est inspiré des propos du psychiatre Serge Tisseron dans son livre « Le jour où mon robot m’aimera », explique-t-il. Celui-ci évoque nos relations avec les machines, les robots et l‘intelligence artificielle. Avec certains objets, nous créons des liens affectifs. […] Grâce à ces liens, certains meubles nous permettent de ne pas avoir à rentrer dans une « surconsommation » du produit. »  

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Coffee table set, 2022, Smile from the Clouds et Siri Armchairs, polyester fibrée, acier, peinture, laque © Leo Orta
Coffee table set, 2022, Smile from the Clouds et Siri Armchairs, polyester fibrée, acier, peinture, laque © Leo Orta

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Créé en 2022, le bureau Heim + Viladrich est né de l’association de Lauriane Heim et Johan Viladrich, créateurs hollandais au design sensuel, direct et sans compromis. Pour leur première participation à une foire, ils présentent AIRE 75, ensemble d’objets et meubles s’inspirant d’une aire d’autoroute. « Ces lieux toujours différents et pourtant toujours identiques nous ont inspirés sept œuvres, explique Lauriane Heim. Ayant récemment déménagé de Rotterdam à Montpellier, nous avons décidé de rendre hommage aux objets peu glorieux rencontrés le long de l’A75, pour rejoindre le sud de la France. Les matériaux et dimensions des tables de pique-nique, cendriers et bancs ont été balayés, étirés et transformés, afin de générer des pièces familières tout autant qu’inattendues. » Des objets souvent d’une seule matière, affichant joints et structures. A noter, leur miroir en inox brut, travaillé de manière à rappeler l’image de la buée dans les voitures…

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Heim + Viladrich, Aire 75 © Heim+Viladrich
Miroir Heim+Viladrich, Aire75 © Heim+Viladrich

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L’atelier anversois de taille de pierre Studio DO, fondé par Dana Seachugan, créatrice de bijoux et l’artiste Octave Vandeweghe, analyse le rôle matériel et culturel des gemmes. Leur collection Gemma ex Lapide démontre la force du minéral utilisé comme matériau fondamental et comme support pour leurs multiples parures… Intervenant de manière quasi minimaliste sur la pierre, ils en extraient la forme traditionnelle liée au bijou et à sa fonction. Une vision délicate et innovante de la gemme, comme de la valeur d’usage de l’objet, mettant en exergue la simplicité et le caractère essentiel du matériau-support à exposer. Studio DO, un bijou à porter, une pierre à exposer !

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Studio Do, Double ring, Gemma ex Lapide, LapisLazuli © Studio Do

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Section The Editors

Créé en 2019 par le designer Clément Rougelot et le jeune entrepreneur Kevin Dolci, 13Desserts est un label français original et visionnaire. Sur leur stand, le luminaire rouge Venus de Sophia Taillet interpelle par le détournement de la technique de la cive, utilisée pour la création de vitraux contemporains. « Entre surface onduleuse et courbe voluptueuse, Venus est un luminaire en verre soufflé explorant les techniques traditionnelles du verre en fusion, explique-t-elle. En suspension, sa forme organique et gracieuse révèle une légèreté visuelle qui illumine l’espace. » En outre, Venus interroge l‘usage d’un verre aux antipodes de sa fonction. À tout moment, la cive ainsi courbée, à l’allure étrangement molle, semble basculer de part et d’autre du néon lumineux.

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13 Desserts, Sophia Taillet, Venus © IGO studio.
13 Desserts, Thomas Defour, Crotto ©Clement Rougelot

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La seconde collection de la maison française Theoreme Editions, Collection 02, réunit des pièces de dix designers tels qu’entre autres, SCMP Design Office, Services Généraux, Adrien Messié, Victoria Wilmotte ou encore Wendy Andreu, ayant collaboré avec des artisans européens. Sur le stand mêlant scénographie aux couleurs pop acidulées et pièces aux lignes pures, souvent géométriques, Maze Mirror de Wendy Andreu est un long miroir conçu par des artisans italiens. Il ressemble à un monolithe minéral, à ceci près qu’il est composé de panneaux de verre fumé et miroirs. Une « sculpture-miroir » qui permet de voir sans être véritablement vu, jouant sur les reflets et les perspectives.

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Theoreme Editions, Collections, Valentin Fougeray © Theoreme Editions

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À l’espace Vanderborght, Collectible 2022 a tenu toutes ses promesses, offrant une belle visibilité à un design visionnaire, parfois radical, entre art architecture et design. Et confirmé sa place de choix au sein du Design contemporain et de son marché.


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Rédigé par 
Virginie Chuimer-Layen

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6/11/2026
À la galerie kreo, les géants de verre et d’électricité du collectif JAM

Jusqu’au 23 décembre, le collectif londonien JAM présente Lampposts à la galerie kreo. Une collection de lampadaires en verre réalisés en collaboration avec le Cirva de Marseille.

Fruit d’une collaboration de deux années entre le collectif londonien JAM et le Cirva de Marseille, Lampposts s’expose à la galerie kreo. Composée de cinq lampadaires, la collection défie la gravité. Cousines éloignées de leurs archétypes de rue, ces compositions totémiques repoussent les limites structurelles du verre, qu'il soit moulé ou soufflé. Hauts de 2,2 à 3,5 mètres, ces géants colorés invitent le visiteur à la contemplation dans la pénombre du 31 rue Dauphine, à Paris. Un rassemblement étonnant, à découvrir jusqu'au 23 décembre prochain, dont nous ont parlé Joe Halligan, Dan Waterstone et Adam Willis, leurs créateurs.

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‍Pouvez-vous nous parler de vos deux années passées à Cirva et des recherches qui ont débouché sur le projet « Lampposts » ?

‍Pour être honnête, nous sommes arrivés au Cirva avec un cahier des charges assez ouvert. En tant qu’architectes, nous nous intéressons à la manière dont les choses sont fabriquées, au comportement des matériaux et à la façon dont on peut pousser des procédés familiers vers des horizons inconnus. Pour explorer ces questions, le Cirva est un lieu assez extraordinaire car il est conçu pour l’expérimentation plutôt que pour la simple production d’un objet prédéterminé. Donc le début a été exploratoire. Nous avons commencé par découvrir les différentes qualités du verre et les procédés à notre disposition. Il y avait du soufflage, du moulage, de la découpe, mais aussi de l’assemblage et de la réutilisation des matériaux. Plusieurs projets différents ont émergé de ces recherches, certains plus aboutis que d'autres, mais ce sont les lampadaires qui sont progressivement devenus le projet le plus ambitieux. Ce qui était particulièrement passionnant, c’était la relation avec les verriers. Nous avons mis au point un procédé consistant à réaliser des moules en plâtre que les souffleurs de verre utilisaient pour produire les cylindres de verre individuels qui composent les lampadaires. Il s’agissait d’une collaboration très directe entre nous et les artisans du Cirva. C’est aussi ce qui a permis au design d'évoluer au fil du processus de fabrication, des essais et des ajustements.

Collection Lampposts, JAM © JAM Courtesy Galerie kreo

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‍À quel moment ce style de dessin très « filaire » est-il devenu la caractéristique principale de vos structures colorées ?

‍Les lampadaires ont souvent une esthétique graphique très simple : un poteau, un bras et un globe. De notre côté, nous aimions l’idée de réduire ces objets familiers à leurs lignes les plus élémentaires. Le verre offrait un moyen intéressant d’y parvenir, car il a une présence physique tout en pouvant presque disparaître. Les tubes transparents dessinent donc le contour de l’objet sans lui conférer la solidité à laquelle on s’attendrait normalement. Pour ce qui est de la couleur, ça a été une autre découverte. Là où le verre se superpose, où son épaisseur augmente, la couleur devient plus intense. Ainsi, ce qui semble assez simple de loin devient beaucoup plus riche et complexe à mesure que l’on se déplace autour. Par ailleurs, il existe une tension entre la précision du dessin d’ensemble et l’irrégularité du verre fait main. Et nous nous apprécions beaucoup ce rapport.

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La notion d’échelle et le caractère « improbable » de la création de luminaires aussi hauts étaient au cœur de votre démarche. Pourquoi cela ?

‍Nous souhaitions créer quelque chose à une échelle qui ne semblait pas tout à fait raisonnable pour ce matériau. Le verre est généralement associé à des objets relativement petits et délicats, alors qu’un lampadaire est un élément d’infrastructure urbaine robuste. La réunion de ces deux éléments donne lieu à une proposition légèrement absurde. L'échelle modifie également la façon dont on perçoit un objet. Une lampe de table classique s'intègre dans une pièce comme un meuble, mais à deux ou trois mètres de haut, ces lampadaires prennent une dimension architecturale. Ils occupent l'espace différemment et deviennent presque des personnages avec lesquels on partage la pièce.Il y avait également quelque chose de passionnant à tenter un projet dont nous n’étions pas tout à fait sûrs de pouvoir assurer la réalisation. Les difficultés techniques sont devenues partie intégrante de la recherche, plutôt que de simples problèmes à éliminer. Travailler à cette échelle nous a poussés, ainsi que l’équipe du Cirva, à développer de nouvelles méthodes de fabrication et d’assemblage des pièces.

Collection Lampposts, JAM © JAM Courtesy Galerie kreo

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‍Vous parlez d’un « élément d’infrastructure urbaine ». Quel lien entretenez-vous avec la ville et les éléments qui la compose ?

‍Nous nous intéressons aux éléments ordinaires qui confèrent à une ville son caractère et son atmosphère propres. Les lampadaires, les garde-corps, les bornes, les bancs et autres éléments du mobilier urbain sont souvent négligés, mais, pris dans leur ensemble, ils contribuent énormément à notre perception d'un lieu. Cela est particulièrement évident au cinéma, où un élément aussi simple qu’un lampadaire peut immédiatement définir le lieu, l’époque ou l’ambiance d’une scène. Pensez aux lampadaires caractéristiques de Paris ou de New York. Ces objets font partie intégrante de notre image collective d’une ville, presque comme s’ils étaient des personnages à part entière.

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‍Vous dites travailler vos lampadaires en verre « car c’est le mauvais matériau ». Qu’entendez-vous par là ?

‍Un lampadaire est censé être solide, durable, économique et résistant aux intempéries ainsi qu’à tout ce qui peut lui arriver en ville. Le verre est presque tout le contraire. Il est fragile, difficile à travailler et, dans ce cas précis, sa fabrication demande un travail de main-d’œuvre considérable. Cette contradiction a vraiment été le point de départ. Nous aimions l’idée de prendre quelque chose associé à la solidité et à la pérennité et de le réinventer dans un matériau qui semble délicat et vulnérable. Il y a quelque chose d’intéressant à utiliser un matériau à l’encontre de sa logique habituelle. Cela vous oblige à repenser l’objet, mais aussi à explorer des qualités du matériau qui, autrement, pourraient passer inaperçues.

Collection Lampposts, JAM © JAM Courtesy Galerie kreo
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5/11/2026
ARWENN : le design sans compromis

Fondée par Ruben Hutschemaekers et le designer Sebastian Schönheit, la marque de mobilier allemande ARWENN se dévoilait en septembre à travers une première collection de plus de 40 produits, du mobilier aux luminaires, en passant par les accessoires et les petits objets. Une marque qui entend rendre le design accessible, à tous les égards.

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Après plusieurs semaines de teasing sur les réseaux sociaux, la marque de mobilier ARWENN, installée à Berlin, s'est finalement révélée début septembre avec une première collection réunissant de nombreuses typologies de produits, dont certains sont issus de collaborations avec des designers internationaux. Parmi eux, on retrouve notamment Maria Jeglińska-Adamczewska, Studio Œ, Jörg Schellmann ou encore Unknown, Untitled. ARWENN entend proposer un design simple, mais réfléchi, sans pour autant négliger l'expérience client, qui occupe une place centrale dans sa démarche. Une vision sur laquelle sont revenus les deux fondateurs de la marque, Ruben Hutschemaekers et Sebastian Schönheit.

Chaise BOXY, design : Maria Jeglińska-Adamczewska © ARWENN

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Comment est née l'idée d'ARWENN ?

ARWENN est née de la volonté de répondre aux attentes des consommateurs d'aujourd'hui. Nous pensons qu'un bon design doit réunir une identité de marque forte, des prix accessibles, une qualité sans compromis et une disponibilité immédiate. Trop souvent, les clients doivent faire des choix entre ces différents critères. Avec ARWENN, nous souhaitions les réunir.

Vous avez lancé ARWENN en septembre, en dévoilant une collection de plus de 60 produits. Quels ont été les principaux défis liés au lancement d'une nouvelle marque de design ? Combien de temps a-t-il fallu pour concrétiser ce projet ?

Entre l'idée initiale et aujourd'hui, il s'est écoulé presque deux ans. Nous sommes pratiquement partis de zéro puisqu’il a fallu penser l'identité de la marque, la chaîne d'approvisionnement, la structure commerciale et, bien sûr, les collections elles-mêmes. Réunir tous ces éléments dans un délai aussi court représentait un véritable défi. Mais le fait d'avoir été entourés des bonnes personnes dès le départ a fait une énorme différence.

Horloge CLOUD, design : studio Œe © ARWENN

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Si vous deviez résumer l'identité et l'ADN d'ARWENN en quelques mots, que diriez-vous ? Quelle vision du design souhaitez-vous transmettre à travers la marque ?

« La simplicité avec une touche d'originalité. » C'est probablement ce qui résume le mieux ARWENN. Cette idée s'applique aussi bien à nos produits qu'à l'expérience que nous souhaitons offrir à nos clients dans son ensemble. Nous défendons l'idée d'un design simple, réfléchi, mais toujours accompagné d'un élément inattendu qui lui donne du caractère. Au final, rien de trop compliqué, mais jamais rien de banal.

Pour cette première collection, vous avez collaboré avec plusieurs designers internationaux. Comment les avez-vous sélectionnés ?

Dès le départ, nous nous sommes fait une promesse : travailler uniquement avec des personnes avec lesquelles nous prenons plaisir à collaborer. Évidemment, le talent et la créativité sont essentiels, mais l'état d'esprit, l'éthique de travail et la volonté commune de créer quelque chose qui ait du sens le sont tout autant. Au fil des années, nous avons eu l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes inspirantes, dont nous admirons autant le travail que la personnalité. C'est particulièrement gratifiant de voir certaines de ces relations prendre aujourd'hui forme au sein des collections ARWENN. Chaque designer apporte un regard différent, mais nous partageons tous une vision commune de ce que nous souhaitons développer.

Lampe SOLID, design : RelvaoKellermann © ARWENN

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ARWENN possède également sa propre équipe de design en interne. Comment fonctionne-t-elle et quel rôle joue-t-elle dans le développement des collections ?

Le design et le développement de produits sont au cœur de ce que nous aimons faire. Il était donc naturel pour nous de conserver cette énergie créative au sein même de la marque. Nous apprécions les collaborations avec des designers extérieurs, mais certains projets naissent aussi d'une idée déjà précise dès le départ. Parfois, le défi consiste moins à explorer une nouvelle direction créative qu'à trouver la manière la plus intelligente et la plus efficace de concevoir un bon produit. Dans ces cas-là, notre équipe interne prend le relais, ce qui nous permet d'aborder le design sous différents angles, tout en restant proches des réalités de la production, des prix et de la disponibilité des produits.

Comment s'organise la production de vos pièces et où sont-elles fabriquées ?

L'ensemble de notre mobilier est fabriqué en Europe, avec des partenaires industriels situés notamment au Danemark, en Allemagne et en Slovaquie. Notre collection de luminaires est quant à elle produite en Chine, où nous avons trouvé un niveau d'expertise technique et de développement industriel particulièrement élevé. Les capacités de production y sont impressionnantes, notamment en matière de procédés de fabrication innovants. Pour l'ensemble de nos collections, nous accordons une grande importance à l'optimisation de l'emballage et du transport. Les solutions de conditionnement « à plat » jouent un rôle important dans cette démarche, puisqu'elles nous permettent de réduire les volumes transportés et, à terme, de  rendre les produits plus accessibles.

Store ARWENN, Berlin © Gerhardt Kellermann

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Vous avez inauguré votre première boutique à Berlin fin octobre. Que représente cette nouvelle étape pour ARWENN ?

L'ouverture de notre première boutique à Berlin représente une étape importante, car elle permet de réunir tout l'univers d'ARWENN en un seul lieu. C'est un espace où la marque, les collections et l'expérience client prennent véritablement vie. Nous considérons les points de vente physiques comme une composante essentielle de notre approche. Il ne s'agit pas simplement d'exposer des produits, mais de créer une expérience différente de celle à laquelle les consommateurs sont généralement habitués. Berlin constitue notre point de départ, et nous sommes enthousiastes à l'idée de pouvoir développer ce concept dans d'autres villes.

‍Vous défendez l'idée de rendre le design plus accessible, tant en matière de prix que de disponibilité des produits. Comment avez-vous intégré cette ambition dans le développement de vos collections ? Et comment parvenez-vous à concilier accessibilité, qualité et savoir-faire ?

C'est probablement notre plus grand défi, mais aussi l'un des principes les plus importants sur lesquels repose ARWENN. Proposer des prix accessibles, des produits de qualité, des matériaux authentiques, une gestion efficace des stocks et une bonne expérience client est loin d'être simple. Cela implique d'envisager chaque décision sous plusieurs angles. Pour nous, l'accessibilité n'est pas quelque chose que l'on ajoute à la fin du processus de conception : elle doit être intégrée dès le départ. Chaque produit doit être cohérent sur les plans créatif, technique, commercial et logistique. Cette philosophie se retrouve dans tous les produits de notre première collection. Et il y a certainement encore des aspects sur lesquels nous pouvons nous améliorer, mais nous avons posé des bases solides. Et c'est précisément ce qui rend ce processus si intéressant : chercher constamment des solutions pour rendre le design plus accessible, sans perdre ce qui fait sa singularité.

Store ARWENN, Berlin © Gerhardt Kellermann

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Ci-dessous à gauche : Etagère DADO, design : Unknown Untitled © ARWENN

Ci-dessous à droite : Canapé BASE, design : ARWENN © ARWENN

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6/11/2026
TGV nouvelle génération : le design à grande vitesse

Inauguré le 6 novembre, le TGV nouvelle génération de la SNCF dévoile des aménagements intérieurs repensés par l’agence AREP et le studio japonais Nendo. Du mobilier aux luminaires, en passant par l’organisation des espaces, cette nouvelle version entend faire évoluer l’expérience du voyage en train.

Après plusieurs années de développement, le TGV nouvelle génération, anciennement baptisé TGV M, vient tout juste d’être inauguré. Pour concevoir ses nouveaux aménagements intérieurs, SNCF Voyageurs a fait appel à l’agence AREP, spécialisée dans les projets liés à la mobilité, et au studio japonais Nendo, fondé par Oki Sato. Ensemble, ils ont travaillé sur une nouvelle identité intérieure, avec l’objectif de proposer des espaces plus confortables et adaptés aux usages des voyageurs.

© SNCF Voyageurs

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Des espaces repensés autour des usages

Du mobilier aux espaces de circulation, en passant par les matériaux, les couleurs et les éclairages, tout l’intérieur du train qui a été revu pour créer une atmosphère plus chaleureuse, tout en tenant compte des contraintes du transport ferroviaire. Les nouveaux sièges ont quant été retravaillés sur leur forme et leurs matériaux. Habillés d’un textile tricoté en 3D, ils intègrent une structure pensée pour mieux épouser la forme du dos. En première classe, les assises ont été élargies et intègrent des tablettes inspirées du mobilier secrétaire, tandis qu’en seconde classe, les dossiers affinés permettent de gagner de l’espace pour les jambes. Les espaces communs évoluent eux aussi, puisque des banquettes et des zones de détente ont été ajoutées, tandis que les surfaces vitrées ont été agrandies pour favoriser l’apport de lumière naturelle dans les wagons.

© SNCF Voyageurs

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La lumière au cœur du projet

Parmi les autres grandes nouveautés figure une lampe de table dessinée par AREP et Nendo, qui revisite cet objet présent depuis les premières générations de TGV. Reconnaissable à sa forme arrondie et à sa couleur jaune, elle a été développée avec le fabricant Brossier Saderne, qui la propose également au public dans son catalogue en trois coloris : jaune, rouge et bleu. L’éclairage général a lui aussi été repensé, avec un système LED qui s’adapte automatiquement aux différentes étapes du voyage. Plus intense en gare, il diminue de moitié pendant le trajet pour créer une ambiance plus tamisée. Une attention portée à la lumière qui s’inscrit dans la démarche globale de cette nouvelle version du TGV, où chaque élément participe à l’aménagement intérieur du train.

© SNCF Voyageurs
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4/11/2026
La Chance x Bernal & Semerciyan : entre structure et sculpture

Pour La Chance, le duo Bernal & Semerciyan s’est inspiré du principe de l’angle coupé pour imaginer la collection Ether, composée de quatre pièces - un fauteuil, un sofa, un miroir mural et un miroir sur pied -, toutes réalisées en bois d’orme.

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Fondé par Camillo Bernal et Graziella Semerciyan, le studio Bernal & Semerciyan développe une approche du design nourrie par l'architecture, l’histoire de l’art et les savoir-faire artisanaux. Pour leur première collaboration avec l'éditeur La Chance, les deux créateurs ont imaginé Ether, une collection qui repose sur le principe de l’angle coupé. Ici, l’élément géométrique ne se limite pas à une simple intention esthétique, mais devient le point de départ de la construction de chaque pièce. Une collection également inspirée de plusieurs travaux d’architectes du XXe siècle, à l’image de Goethe, Frank Lloyd Wright ou encore Rudolf Steiner. « Ils avait un principe qui est de partir d'un élément architectural et de le décliner dans tout l'intérieur. De notre côté, on a voulu partir de l'anthroposophie, qui se base aussi sur un élément architectural, tout en donnant une grande place à la matière. On a choisi de travailler l’orme qui a vraiment ce côté très dessiné du fil, qui est assez remarquable, et qui est intéressant en termes de patine et de vieillissement » raconte Graziella Semerciyan.

Collection Ether, La Chance x Bernal & Semerciyan © Paul Lackner

La matière comme élément de construction

Le choix de l’orme n’est en effet pas anodin, puisqu’il a été choisi pour son veinage prononcé et sa couleur naturelle. Les volumes sont réalisés à partir de plusieurs épaisseurs de bois assemblées, dont les jonctions restent volontairement apparentes, mettant en valeur les techniques de fabrication. « Camillo est architecte d’intérieur et il a toujours eu cette attention portée aux gestes de l'architecte. Quant à moi, j'ai vu beaucoup de mobilier historique et je cherche toujours à être juste par rapport à ce qu'on peut apporter à quelque chose que l’on connaît déjà, parce qu'on sait qu'on n'invente rien. » Avec Ether, La Chance poursuit ainsi son exploration d'un mobilier expressif, à la croisée de l'objet fonctionnel et de la sculpture, où les savoir-faire et la matière deviennent indissociables du dessin.

Collection Ether, La Chance x Bernal & Semerciyan © Paul Lackner

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