Les mesures anti-Covid ont-elles changé à tout jamais la façon dont nous travaillons ?

Les mesures anti-Covid ont-elles changé à tout jamais la façon dont nous travaillons ?

[PUBLI] Télétravail, webinaires, visioconférences, plateformes de travail collaboratif, voici comment les mesures anti-Covid ont définitivement modifié notre perception du travail sans oublier les méthodes qui s’y rattachent.

La mise en place de nouvelles pratiques organisationnelles

La crise sanitaire a eu un impact considérable sur le monde du travail. L’engagement individuel et collectif des salariés, la santé,le changement du style managérial et l’adaptation aux nouvelles exigences en matière de collaboration sont quelques-unes de ces conséquences. Face à l’urgence, la nécessité de l’ajustement s’est révélée un véritable défi pour les entreprises. À la crise sanitaire se sont greffées d’autres crises : économique, environnementale et sociale.

Cette crise a, selon les observateurs, offert l’opportunité aux parties prenantes de s’interroger sur les impacts à long terme d’une expérience comme celle de la Covid. Un questionnaire réalisé auprès de 155 enseignants, chercheurs, dirigeants d’entreprises, consultants, DRH, etc. ressortissants de 16 pays, a permis de cerner tous les contours de la question. À coup d’arguments, ces éminences grises ont déconstruit une série d’affirmations.

Mais à en croire ces derniers, l’humanisation de la gestion et la mise en perspective de la proximité sont les principaux acquis de la crise sanitaire. Les experts vont plus loin en indiquant que cette situation a vu émerger de nouveaux modèles. Ainsi les concepts comme l’organisation du travail, la vie au travail ont été repensés. Autre chose, le respect du genre et de l’équité entre les personnes sont désormais plus en phase avec le rapprochement des différents maillons de la société.

‍

Le télétravail, de l’exception à la norme

Lors du premier confinement intervenu au printemps 2020, le travail à distance a connu une ascension fulgurante dans de nombreuses organisations. Certes, de nombreux problèmes organisationnels ont été observés tels que : perte de mot de passe, difficulté à se connecter sur VPN de leur entreprise, faible niveau de connectivité en raison d’une mauvaise couverture réseau.

Cependant, il est clair que cette nouvelle organisation du travail a permis à plusieurs entités de survivre. Les responsables chargés de la gestion des systèmes d’information (DSI) ont reconnu que c’est grâce au télétravail qu’ils ont pu vérifier que l’architecture informatique, mise en place dans les différentes entreprises, pouvait tenir le rythme. Cependant, dans la plupart des entreprises, l’implémentation de cette nouvelle méthode de travail a nécessité une période d’acclimatation d’au moins une semaine. Cette étape passée, la plupart des systèmes ont réagi efficacement aux nombreuses sollicitations du personnel, tant interne qu’externe.
Le dimensionnement, en amont, des infrastructures informatiques peut justifier la facilité avec laquelle les systèmes se sont adaptés à la nouvelle donne. Les domaines comme la comptabilité, les achats, l’événementiel, l’accueil ou le service commercial ont largement bénéficié des facilités offertes par le télétravail pour rester en activité malgré le confinement. En outre, le fait que la moyenne d’utilisation des infrastructures big data tourne autour de 30 à 40 % a favorisé une absorption de la charge.

‍

Process et méthodes organisationnelles à l’épreuve de la Covid

À chaque crise, il faut savoir tirer les leçons afin de les adapter aux difficultés du quotidien. « La première leçon que nous a enseignée cette crise a été d’amener l’homme à cesser de croire qu’il est le seul maître de l’univers au point d’avoir un contrôle absolu sur celui-ci », déclare un participant à l’étude évoquée plus haut. Certes, il s’en trouvera des esprits éclairés pour penser qu’il ne s’agit là que d’un épiphénomène, mais c’est faux.

La santé au travail, la sécurité et même les conditions d’hygiène ont connu une amélioration jamais vue auparavant. En plus de l’aération des bureaux, les services d’accueil ont été réorganisés de manière à réduire, autant que possible, les occasions de contact entre les usagers et le personnel. Afin d’éviter la propagation du virus et de mieux protéger la population, le port des équipements de protection individuelle est devenu une exigence pour de nombreuses catégories sociales. Le ravitaillement en équipements de protection chez RS Components comme chez d’autres fournisseurs a permis de commander des masques, des gants de protection, des visières, des combinaisons et chaussures de protection, etc.
Autre conséquence de la crise, les stratégies managériales ont été reconfigurées afin de les adapter à une situation à la fois inédite et anormale.

Ainsi l’on a vu émerger de nouveaux concepts comme les visioconférences, les webinaires, le télétravail ou encore, l’informatisation accélérée des processus organisationnels. Enfin, les orientations stratégiques, mercatiques, technologiques et humaines ont pu être redéfinies de façon à ce que leur mise en pratique permette de relancer la croissance économique des entreprises.

‍

Équipements de protection

‍

Nature, genre et équité pour l’émergence d’une économie de partage

Vu l’incapacité des grands pays à juguler cette crise, l’évidence d’une égalité de tous, face à la mort, n’a jamais été aussi perceptible. Désormais, un accent doit être mis sur des notions telles que le partage de la richesse ou du pouvoir, la légitimité des dirigeants et même le respect du genre. Cela suppose également une nouvelle vision de l’entreprise orientée vers plus de partenariat et de collaboration entre les différents acteurs. L’objectif poursuivi dans cette optique n’est rien de moins que de préserver l’espèce humaine dans sa nature et sa diversité.
Sur le plan managérial et organisationnel, le tournant pris par la crise sanitaire brille par sa singularité. Le confinement de près de 3 milliards de personnes a provoqué la stagnation du système économique. En conséquence, un marquage durable des méthodes de management est à prévoir. Longtemps restée sous exploitée, la valeur humaine opère une percée fulgurante sous le couvert de la crise sanitaire. L’innovation numérique et la virtuosité en sont les principaux socles, elles qui permettent de développer les outils numériques collaboratifs.

La nouvelle approche managériale se veut par conséquent plus attentive aux aptitudes individuelles des agents. La solidarité entre pairs, la valorisation de l’empathie et le renforcement de la résilience sont les principaux challenges sur lesquels les cadres d’entreprises seront jugés après la crise sanitaire du coronavirus. En outre, les notions de responsabilité sociale des entreprises et de qualité de vie au travail prendront plus de sens désormais. Elles devront par conséquent être traduites en réalité dans le cadre de la mise en œuvre d’un management de proximité ayant un visage plus humain.

Rédigé par 
Nathalie Degardin

Vous aimerez aussi

Temps de lecture
5/10/2026
Maison & Objet : « Japan Wood x Craftsmanship », un stand dédié à l’artisanat japonais

Sur le salon Maison & Objet en septembre, les savoir-faire traditionnels japonais liés au travail du bois ont été mis à l’honneur sur le stand « Japan Wood x Craftsmanship ». L’occasion de valoriser des techniques traditionnelles, parfois vieilles de plusieurs siècles, témoignant d’un artisanat minutieux, précis et profondément ancré dans la culture japonaise.

‍

« Notre principal objectif en venant en France est de montrer l’intégrité de l’artisanat japonais du bois et de promouvoir ces savoir-faire. Nous souhaitions également mettre en avant le caractère durable du bois que nous cultivons », expliquait Yohei Kato, responsable du stand. Véritable symbole de la culture japonaise, le bois occupe une place importante dans le quotidien au Japon. Pour sa première participation au salon, le stand avait une mission claire : valoriser les savoir-faire japonais liés au travail du bois à travers les techniques traditionnelles de fabrication, mais aussi les objets qui en découlent. De l’emblématique boîte à bento aux seaux à champagne, en passant par des bols ou encore des poupées kokeshi, le stand présentait une grande variété d’objets et d’accessoires.

© Intramuros

Valoriser les savoir-faire traditionnels

Au-delà de la matière elle-même et des objets proposés, l’accent était avant tout mis sur les savoir-faire et les techniques liés au bois, pour la plupart transmis de génération en génération. Plusieurs de ces artisanats étaient représentés sur le stand, chacun associé à une région spécifique du Japon : l’Odate Magewappa - une technique de cintrage du bois - originaire d’Akita ; le Hakone Yosegi-Zaiku - une technique de marqueterie de bois - provenant de Kanagawa ; les objets laqués d’Ishikawa ; ou encore les poupées kokeshi de la région du Tohoku. Le stand présentait également des créations plus contemporaines, notamment du mobilier, avec des chaises ou des tabourets, témoignant des applications actuelles du bois dans le design.

© Intramuros

Sur place, l’artisan Yoshimasa Shibata proposait aux visiteurs de découvrir directement la technique du cintrage du bois en présentant plusieurs étapes de fabrication d’une boîte à bento. Yoshimasa Shibata est l’un des 16 seuls artisans certifiés « Traditional Craftsmen » au Japon spécialisés dans le magewappa, ces petites boîtes en bois cintré. Une certification qui nécessite au minimum douze années d’expérience pratique dans la fabrication. Développé comme artisanat il y a environ 400 ans et transmis depuis de génération en génération à partir de cèdre d’Akita cultivé localement, le magewappa se définit avant tout par sa technique de cintrage. Le cèdre naturel d’Akita est assoupli dans une eau chauffée à plus de 80 °C, puis courbé en un seul mouvement continu, guidé uniquement par le toucher et le savoir-faire de l’artisan.

© Intramuros

Une manière de faire découvrir au public ces savoir-faire encore relativement méconnus. Plus largement, l’initiative visait à encourager le dialogue et à favoriser de potentiels partenariats avec des acteurs européens, autour de produits existants comme de nouvelles pièces adaptées à des usages plus contemporains. Le stand présentait également des produits récompensés par le Wood Design Award, qui distingue des créations mettant en valeur les qualités et l’attrait du bois, témoignant ainsi de la manière dont les techniques japonaises sont aujourd’hui transposées dans le design contemporain. « L’objectif de notre participation est de favoriser les échanges et les rencontres susceptibles de déboucher sur des partenariats avec des entreprises européennes, entre autres. Nous sommes également ouverts à la possibilité d’exporter du bois japonais », ajoutait Yohei Kato.

Développer la culture du bois au Japon

Au-delà de la valorisation des savoir-faire, le stand souhaitait également mettre en lumière la relation qu’entretient le Japon avec ses forêts et la manière dont celles-ci sont gérées. En effet, près de 70 % du territoire japonais est recouvert de forêts, dont environ 40 % sont des forêts plantées. Celles-ci représentent 8 % de la superficie totale des forêts plantées dans le monde, ce qui place le Japon à un niveau particulièrement élevé à l’échelle internationale. Une situation qui témoigne d’une longue tradition de reboisement, les arbres étant replantés après leur exploitation afin de renouveler les ressources forestières. Le bois s’inscrit ainsi dans une logique circulaire : il absorbe du CO₂ au cours de sa croissance, nécessite relativement peu d’énergie pour être transformé et continue de stocker du carbone une fois devenu un produit fini.

© Intramuros

Cette approche environnementale est étroitement liée aux savoir-faire présentés sur le salon. Les qualités naturelles du matériau, notamment son parfum, ses capacités de régulation thermique et d’absorption de l’humidité ou encore ses propriétés anti-bactériennes ouvrent également la voie à de nouveaux usages. Entre préservation de techniques séculaires, gestion responsable des ressources et applications contemporaines, le stand défendait ainsi une approche du bois où artisanat et durabilité avancent de pair.

Temps de lecture
30/9/2026
Artek x Hender Scheme : la patine du temps

Le finlandais Artek et le japonais Hender Scheme présentent une première collaboration autour du vieillissement naturel des matériaux et du pouvoir esthétique du temps.

Notre attachement à certains objets ne s’explique pas par leur valeur intrinsèque, mais par leur histoire. Celle qui cause l’usure et attaque parfois la forme, voire la fonction. C’est avec cette question du temps qui passe en toile de fond qu’Artek et Hender Scheme se sont associés. Spécialiste du mobilier en bois cintré depuis 1935, la marque finlandaise avait amorcé en 2024 un nouveau tournant en tolérant, à l’occasion d’une collection avec le studio Formafantasma, les défauts du bouleau dans ses assises. Un rapport au naturel que la société, fondée par Aino et Alvar Aalto, interroge cette fois-ci avec un fabricant de chaussures et d’accessoires en cuir, le japonais Hender Scheme.

Suspension ©Artek x Hender Scheme

‍

La valeur du temps

Si les objets sont façonnés par l’industrie qui les fait naître, cette collection entend montrer qu’ils continuent de vivre entre les mains de leurs utilisateurs. En faisant du cuir tanné végétal l’élément central de cette collaboration, les marques proposent un nouveau revêtement qui se patine naturellement avec le temps. Un rapport sensible à la vie des meubles qui confère aux pièces leur unicité. De ce choix naît aussi un échange entre les deux entreprises. La première introduit le langage stylistique du couple Aalto dans un univers codé et japonisant, lorsque l’autre importe son savoir-faire en dotant le célèbre Stool 60 de souliers de cuir. Un clin d’œil qui met en valeur le piètement en L caractéristique de la célèbre assise.

Tabourets Stool 60 avec « chaussures » ©Artek x Hender Scheme

‍

« New Craft » ou le concept d’un artisanat technologique

Cette nouvelle connexion est également l’occasion pour Hender Scheme de développer son concept de « New Craft ». Une idée selon laquelle l’artisanat et la technologie moderne se rencontrent et fusionnent au service de nouvelles réalisations. Parmi elles, la suspension A330 Golden Bell, dessinée par les Aalto. L’abat-jour en laiton est pour l’occasion réinterprété en cuir moulé. La technique traditionnelle du moulage humide est associée à l’impression 3D pour offrir de nouvelles qualités visuelles et tactiles sans altérer la forme initiale. Une proposition forte en écho au traitement plus classique du cuir valorisé sur différentes typologies dont une horloge, un porte-clés et des dessous de verre reprenant la forme courbe « Riihitie », imaginée par Aino Aalto. Dévoilés au London Design Festival, ces objets seront disponibles à la vente à partir du 10 octobre.

‍

Ci-dessous de gauche à droite : dessous de verre et horloge

Temps de lecture
30/9/2026
« Under Pressure » : Marie et Alexandre exposent à la galerie signé

Jusqu’au 10 octobre, le duo Marie et Alexandre présente à la galerie signé l’exposition « Under Pressure », dans laquelle la pression est explorée sous plusieurs aspects : dans les techniques et les matières employées, mais aussi, plus largement, dans leur rapport à la création.

‍

« L’idée derrière cette exposition était de travailler la pression un peu différemment, en utilisant des techniques diverses, avec cette idée d’explosion rapide, et de réussir à les allier toutes ensemble. » Pour cette exposition, le duo de designers formé en 2018 a choisi de faire de la pression son point de départ. Le titre, « Under Pressure », fait notamment référence à l’hydroformage, un procédé industriel dans lequel la pression de l’eau permet de donner forme au métal. Au sein de la galerie, Marie et Alexandre présentent ainsi des pièces façonnées par différentes forces et contraintes, réalisées en collaboration avec plusieurs artisans spécialisés. Mais la pression ne désigne pas seulement ici une technique de façonnage. Elle devient également une condition de création, exercée par la matière, par le temps, le doute, les choix parfois irréversibles ou encore la volonté de faire apparaître quelque chose qui n’existe pas encore.

Exposition "Under Pressure", collection de Vases en céramique émaillée, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

Allier techniques et savoir-faire

Au sein de l’exposition, qui réunit une dizaine de pièces, les designers se sont associés à différents artisans pour explorer la pression sous toutes ses formes. Avec Antoine Giret, ils présentent ainsi une console, un système d’étagères et une chaise autour d’un travail de l'aluminium fondé notamment sur la vibration de la matière et la création de systèmes. Accompagnés par Jean-Marie Foubert, ils ont imaginé une collection de vases en céramique, déclinés en versions simple et double ainsi qu’en différents formats. Avec le verrier Simon Rio, ils sont allés vers un autre registre en imaginant une table basse dont le plateau est en verre thermoformé. Enfin, avec l’atelier Blam - notamment connu pour avoir participé à la réalisation du cheval mécanique apparu lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 -, ils ont imaginé une table sur piston ainsi qu’un médaillon en métal et feuille d'argent dont la forme naît directement de la contrainte exercée sur la matière. Ce dernier sera ensuite destiné à rejoindre la Cité du design de Saint-Etienne, récemment inaugurée.

Exposition "Under Pressure", médaillon et table sur piston, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

À travers cette exposition, Marie et Alexandre semblent faire évoluer leur langage formel vers davantage de retenue. Les formes se resserrent et les moyens se réduisent, sans pour autant perdre leur fonction et leur intensité. Un moyen finalement pour le duo de questionner son propre processus créatif.

Exposition "Under Pressure", chaise et système d'étagères en aluminium, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin
Temps de lecture
29/9/2026
Panton Cubes : le design en jeu

Imaginé par Verner Panton dans les années 1970, le système modulaire Panton Cubes est aujourd’hui réédité par Vitra sous la forme de quatre kits représentant des figures animales.

Imaginés par Verner Panton en 1974, les Panton Cubes associent jeu et design. Constitués de structures cubiques pouvant être assemblées entre elles à l’aide de clips, les cubes sont ensuite habillés de panneaux colorés ou chromés. Ce système permet de composer des volumes et des motifs variés, allant de sculptures figuratives à des constructions plus abstraites.

Développée par Vitra en collaboration avec Verner Panton Design AG à l’occasion du centenaire de la naissance du designer, cette réédition propose quatre modèles : un canard, un flamant rose, un chat et une girafe. Chacune des versions est proposée dans une combinaison de deux couleurs ou avec une finition chromée. Les modèles bicolores reprennent la palette vive caractéristique du travail du créateur danois. En laissant à chacun une grande liberté de construction, le concept des Panton Cubes illustre de manière ludique les possibilités offertes par un système modulaire.

‍

Ci-dessous : ©Panton Cubes - Vitra

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque semaine l’actualité du design.