Deirdre Dyson : De la simplicité du trait à la richesse de la fibre
23/6/2021
Deirdre Dyson : De la simplicité du trait à la richesse de la fibre
Pour sa dernière collection de tapis, Lady Deirdre Dyson rend hommage à deux matériaux qu’elle affectionne, la pierre et le papier. Après celle de 2020, Looking Glass, Paper & Stone réinterprète ces nouvelles matières tout en subtilité et douceur.
« Le tapis est pour moi un travail artistique qui apporte de l’âme à un lieu » : voilà plus de vingt ans que l’artiste Deirdre Dyson dessine des tapis tissés ou noués main. À l’époque, il lui est difficile de mettre la main sur le tapis qui lui convenait. En le cherchant, la créatrice tombe à pieds joints dans ce monde qu’elle ne connaît pas, celui du tapis. Un tapissier lui propose alors d’en réaliser un d’après une de ses œuvres, et de fil en aiguille, les collections s’enchaînent. Depuis, elle a repris le flambeau de cette fabrique dans laquelle elle travaille sur les collections avec son équipe.
Portrait de Deirdre Dyson.
Aujourd’hui, c’est entourée de plus de 5000 pompons de laine et de soie qui composent sa palette de couleur que Deirdre Dyson choisit les tonalités de ses créations : « Je n’ai pas besoin de les mixer comme en peinture, j’essaie de choisir les couleurs avec des contrastes et des intensités différentes pour créer des reliefs et du mouvement. »
C’est à la commande que la composition d’un tapis est définie, soit en laine pure tibétaine, en soie de Chine ou en associant les deux. Tous tissés ou tuftés à la main (certifiés Goodweave) au Népal par des tisserands d’exception, les dessins de ces tapis sont généralement suggérés par la nature laquelle est déjà source d’inspiration des peintures de Deirdre Dyson. On y retrouve toujours beaucoup d’harmonie et de subtilité dans le choix des coloris.
Chaque tapis est une pièce unique puisque créé à la demande et choisi en fonction des couleurs, des matières ou encore des dimensions.
Certains des sept tapis de Paper & Stone font écho au trompe-l’œil avec les jeux d’ombre du papier plié dont la forme est reprise dans la découpe du tapis même, ou à la feuille de papier déchirée sur un tapis rectangulaire. Ces tapis peuvent être posés au sol, mais parfois suspendus. Ainsi, la tenture murale Dry Stone donne cette impression d’un mur en pierre.
Après avoir exposé sur le salon Maison & Objet, Deirdre Dyson a pris conscience que son travail était non seulement reconnu mais aimé du public français. C’est pour cette raison qu’elle a ouvert en 2020 une galerie parisienne, à Saint-Germain-des-Prés, où il fait bon admirer son travail à sensations, celles du regard et du toucher.
Lady Dyson dessine chaque année une nouvelle collection avec beaucoup d’enthousiasme : « Selon moi, le plus important et ce qui me tient le plus à cœur est de créer des choses qui sont en cohérence avec mes expériences et mes valeurs. » On attend celle de 2022 avec impatience !
Galerie Deirdre Dyson, 12, rue des Saints-Pères, 75007 Paris
Créée en 2003 par le designer français Frédéric Sofia et éditée par Fermob dès 2004, la chaise Luxembourg a su s’imposer avec discrétion et élégance aux quatre coins du monde.
De la Bibliothèque Nationale de France Richelieu au Art Institute de Chicago en passant par le Humbolt Forum de Berlin, elle a su incarner l’art de vivre à la française et s’affirmer comme l’une des grandes icônes françaises du mobilier outdoor. Réinterprétation de la chaise historique Sénat du Jardin du Luxembourg, elle s’inscrit dans une longue tradition du “redesign”, et s’en émancipe avec élégance par un design minimaliste et sensible, qui a su convaincre au-delà des frontières.
Une genèse audacieuse pour un design résolument contemporain.
Frédéric Sofia soumet dès 2003 à Fermob son idée de transformer en profondeur la chaise Sénat, dans laquelle il voit un terrain de création ludique et contemporain. Il souhaite faire basculer un objet peu confortable à la conception rudimentaire vers une véritable pièce design outdoor. Selon Frédéric Sofia, l’inspiration principale est la chaise Sim de Jasper Morrison (créée en 1999 pour Vitra), elle-même un “redesign” de la 40/4 de David Rowland (créée en 1964), saluée pour sa sobriété radicale. La chaise Luxembourg s’inscrit également dans l’héritage de Philippe Starck et la lampe Miss Sissi pour Flos (1991), dont la forme parle de mémoire collective, concept cher au designer. De ces influences naît la volonté d’explorer un design au croisement entre fonctionnalisme et biodesign, explorant l’équilibre entre rigueur géométrique et biomorphisme.
Un design sensible, entre fonctionnalisme et biodesign.
La chaise Luxembourg se caractérise par un design épuré, et s’émancipe résolument de l’icône patrimoniale qu’est la chaise Sénat. Ancré dans une recherche entre minimalisme industriel et sensibilité organique, les lignes deviennent aériennes, l’ergonomie est complètement repensée et la large gamme chromatique (26 coloris) s’ouvre vers un horizon profondément contemporain. Inspirée par le vivant, sa souplesse évoque le mouvement et le flux, là où la chaise Sénat demeure inerte dans son époque. Traversé par une volonté d’introduire un vent de jeunesse dans la conception même du produit, Sofia choisit dans un geste radical d’intégrer un embout transparent sur le piètement, complètement inédit dans l’univers du mobilier. Inspiré des roues de skateboard, celui-ci parachève un design qui souhaite s’affranchir de toute pesanteur, sans oublier ses origines.
Cette réflexion est prolongée dans l’ensemble de la gamme Luxembourg, qui comprend aujourd’hui bridges, repose-pieds, bancs, tables, tout en restant dans une logique harmonieuse et une cohérence esthétique et conceptuelle. Le bridge conjugue esthétique industrielle et joyeux décalage inspiré par le jeu, dont l’accoudoir est la pièce signature. Dessiné en forme d’ailette, son assemblage audacieux donne l’impression qu’il serait enfilé sur la structure, comme une perle. Ce principe sera décliné pour la table à pied central, et deviendra central dans la cohérence visuelle et l’unité de gamme. Enfin, l’utilisation de l’aluminium parachève une vision industrielle et ergonomique de l’outdoor. Léger, résistant malléable et d’une recyclabilité infinie, ce matériau d’exception traduit une considération profonde pour la fonction première du produit, et aux services rendus par celui-ci.
La “citation silencieuse”, un principe intemporel.
Dans l’histoire du design, nombreux sont les exemples de pièces qui évoquent leurs sources historiques, et qui s’en émancipent par une forte singularité créative. Ce principe que l’on pourrait appeler la “citation silencieuse” se retrouve chez Marcel Breuer, dont la Cesca (1928) est inspirée de la chaise Thonet (1859), ou encore Philippe Starck et sa chaise Ghost (2003), relecture de la chaise à médaillon du XVIIIème siècle. Ce phénomène s’observe également dans l’automobile, avec la New Beetle de Volkswagen (1998), réinterprétation de l’iconique Coccinelle des années 1960 ; ou encore dans le design industriel lorsque Jonathan Ive s’inspire des radios de Dieter Rams des années 1950 pour concevoir les iPods d’Apple dans les années 2000.
L’art du redesign a traversé les décennies, et Frédéric Sofia s’inscrit dans la volonté d’une sublimation de celui-ci. L’inspiration est transformée en œuvre nouvelle, et les échantillons prélevés font émerger une forme neuve et pleinement accomplie. D’un archétype né un nouveau mythe, présent aux quatres coins du monde, nouvelle icône incarnant l’art de vivre à la française. Depuis 2009, la chaise Luxembourg est intégrée à la Collection du Centre National des Arts Plastiques puis au Mobilier National en 2021. Elle est aujourd’hui la preuve que l’histoire et l’héritage peuvent s’entrelacer avec innovation et création, dans un élan émancipateur et poétique.
À L'Île de Léos, Jean-Philippe Nuel signe un projet profondément enraciné dans l’âme de L’Isle-sur-la-Sorgue, loin des standards interchangeables de l’hôtellerie contemporaine. Ici, le lieu se veut intime, discret, écrin entre soleil et eau, tout en restant ouvert sur l’une des plus charmantes communes provençales.
Installé au cœur de cette ville provençale façonnée par l’eau, les antiquaires et une histoire artisanale dense, l’établissement revendique une forme de discrétion presque domestique. Plus qu’un hôtel, Jean-Philippe Nuel imagine ici une maison ouverte sur son territoire, un lieu où le voyageur est invité à entrer dans une atmosphère avant même de pénétrer dans une architecture. Cette approche, fidèle au vocabulaire de l’architecte et designer, repose sur une tension subtile entre sophistication et simplicité. Bois anciens, pierre, métal patiné, enduits minéraux : les matériaux semblent avoir toujours appartenu au lieu. Les bois de récupération apportent une profondeur tactile et émotionnelle, tandis que l’omniprésence de l’eau traverse le projet comme un fil narratif apaisant.
Chez Jean-Philippe Nuel, le luxe ne s’exprime jamais par la démonstration. Il réside plutôt dans la qualité des textures, dans la justesse des proportions, dans cette capacité rare à produire une sensation d’évidence. À L’Île de Léos, cette écriture se nourrit également du patrimoine local : les meubles chinés dialoguent avec des pièces contemporaines dans un équilibre particulièrement maîtrisé, brouillant volontairement les frontières entre demeure et hôtel.
Sous une vaste verrière, le bar métallique, la cheminée provençale et la cave à vin apparaissent comme des objets architecturaux autonomes venant structurer l’espace. Ici encore, Jean-Philippe Nuel convoque la mémoire industrielle de L’Isle-sur-la-Sorgue sans jamais tomber dans le pastiche. Le métal brut du bar répond aux anciennes manufactures locales, tandis que le mur de tuiles provençales, traité comme une composition contemporaine, transforme un élément vernaculaire en geste scénographique. Cette capacité à faire dialoguer patrimoine et modernité traverse l’ensemble du projet, du restaurant dont la proximité avec la rivière et la roue à aubes invite le paysage dans l’expérience intérieure, jusqu’au plafond et ses aquarelles “Sarments” évoqueat l’univers viticole et ses rouges et noirs profonds.
Les chambres prolongent cette recherche d’une hospitalité plus sensible : les salles de bains s’ouvrent partiellement sur l’espace tandis que les vasques en pierre rappellent les éviers des maisons provençales traditionnelles. Sols rustiques, enduits texturés, commodes chinées, plans quasi-uniques, tout semble pensé pour éloigner le visiteur des codes standardisés de l’hôtellerie.
Inspiré des lavoirs provençaux, le spa échappe lui aussi aux clichés en développant une esthétique minérale, douce et intime, faite d’arches ouvertes, de murs en pierre sèche et d’un bassin surélevé aux larges margelles. Une manière, là encore, d’inscrire le geste architectural dans une mémoire collective locale plutôt que dans un imaginaire de luxe fantasmé. A l’image de son auteur, Jean-Philippe Nuel, une rencontre entre savoir-faire hôtelier et sensibilité, architecture intérieure préférant la sincérité culturelle à la séduction gratuite.
Le SNFA, syndicat professionnel représentatif des concepteurs, fabricants et installateurs de menuiseries extérieures en aluminium, organise le 18 juin prochain, les rencontres de la qualité 2026. Découvrez son programme, ses enjeux et les actualités du secteur.
« Concevoir un bâtiment, c’est en garantir la pérennité. Aujourd’hui, la qualité n’est plus une option, mais un impératif – réglementaire, environnemental et éthique."confie Dominique Thomasson, Président du SNFA. Les LABEL façadealu et LABEL fenêtrealu, portés par le SNFA et audités par SOCOTEC, incarnent cette vision : allier performance technique, durabilité et responsabilité. À l’aube de 10 ans d’exigence, nous vous invitons à découvrir comment ces labels transforment les pratiques de la filière aluminium en France, avec désormais des mentions RSE et Environnement pour répondre aux enjeux de demain.
Un rendez-vous : Les Rencontres de la Qualité
Quand ? Jeudi 18 juin 2026 | 14h-18h
Où ? Maison Férou, Paris 6e (Métro Saint-Sulpice, ligne 4)
Pourquoi y participer ?
Le SNFA, syndicat professionnel représentatif des concepteurs, fabricants et installateurs de menuiseries extérieures en aluminium, organise cet événement pour :
- Valoriser les entreprises labellisées (35 pour fenêtrealu, 12 pour façadealu).
- Inciter de nouveaux adhérents à adopter les LABELS, critères différenciants pour les architectes.
- Renforcer la notoriété des LABELS auprès des prescripteurs.
- Créer du lien entre acteurs clés du secteur (architectes, fabricants, maîtres d’ouvrage).
Au programme :
Tables rondes avec des experts :
Façades aluminium : entre performance, bas carbone et règles de l’art avec Marc Franco, Coldefy ; Loïc Soria, Ouest Alu.
Fenêtres aluminium : comment garantir la qualité de production ? Avec Maxime Runtz, Somalu ; Igor Ferreira, CARE Promotion.
Retours d’expérience :
Gymnase de La Hay-aux-Roses (aluminium et performance énergétique).
Projets labellisés : traçabilité, conformité et durabilité.
Focus : Nouvelles mentions RSE et Environnement des LABELS (obligatoires dès août 2026 avec la loi Climat & Résilience).
Le label Fenêtres alu c’est : 35 entreprises, 81% des adhérents SNFA, une progression de 12% par rapport à 2020 + une mention environnement
Le label façade alu c’est : 12 entreprises, 46% des adhérents SNFA, 26 audits renouvelés + les mentions RSE + environnement
Les labels SNFA, des garanties uniques pour les architectes
Pourquoi ces LABELS sont-ils indispensables ?
Les LABEL fenêtrealu et LABEL façadealu sont les seuls labels français à garantir :
- La conformité aux normes (NF DTU 36.5 pour les fenêtres, NF DTU 33.1 pour les façades).
- La traçabilité totale des performances (AEV, Uw, Sw, TLw).
- Un audit tiers indépendant (SOCOTEC) pour une qualité objective.
- L’accès aux aides de l’État (éco-PTZ, CEE, TVA à 5,5%) via la mention RGE.
« Le LABEL fenêtrealu nous a permis de répondre aux exigences Qualibat et RGE, tout en structurant notre amélioration continue " témoigne Christophe Gaffié, Directeur Commercial Somalu.
Ce que garantissent les LABELS
LABEL fenêtrealu : La qualité de la fabrication
Respect des règles de l’art : NF DTU 36.5 + norme NF EN 14351-1.
Composants certifiés :
Vitrages CEKAL.
Traitements de surface QUALANOD/QUALIMARINE.
Conception validée par DTA (Document Technique d’Application).
Dès août 2026, la loi Climat & Résilience imposera un critère RSE dans les marchés publics. Les LABELS SNFA vous permettent d’anticiper cette exigence.
Témoignages d'architectes :
« Prescrire des menuiseries labellisées, c’est s’assurer que le fabricant a validé chaque étape, de la conception à la pose. Pour nous, c’est un gage de sérénité sur le chantier. » Romain Viault, Architecte DPLG (intervenant aux Rencontres de la Qualité 2026)
« Le LABEL façadealu nous a permis de sécuriser la performance énergétique du gymnase de La Hay-aux-Roses, avec une étanchéité à l’air et à l’eau validée par SOCOTEC. » Djamel Kara, Co-gérant ROPA&Associés Architectes
« Grâce au LABEL fenêtrealu, nous avons réduit nos non-conformités de 30%. L’audit SOCOTEC nous a aidés à structurer notre système qualité. » Grégoire Chamousset, Directeur Général ALUVAL
Pour résumer les labels se sont :
10 ans d’exigence : Les LABELS fêtent leur décennie en 2026, avec un taux de renouvellement de 95%.
Fabrication 100% française : Les titulaires s’engagent à produire en France, avec des alliages aluminium conformes aux normes européennes.
Audits SOCOTEC : Une garantie d’impartialité pour les prescripteurs.
Après plus de trente années de collaboration, Barber Osgerby annonce la fermeture prochaine de son studio londonien. Une décision qui marque la fin de l’un des partenariats les plus influents du design britannique contemporain.
Edward Barber et Jay Osgerby expliquent vouloir désormais poursuivre leurs recherches respectives à travers des structures indépendantes. « Après plus de trente ans de travail commun, cela nous semble être le bon moment pour commencer à travailler indépendamment à travers nos propres studios », déclarent-ils.
Fondé au milieu des années 1990, Barber Osgerby s’est imposé comme l’un des studios les plus emblématiques de la scène internationale grâce à une approche mêlant rigueur industrielle, expérimentation sur les matériaux et sens sculptural des formes. De la chaise Tip Ton pour Vitra aux projets menés pour Knoll, B&B Italia, Flos ou Venini, le duo britannique a contribué à redéfinir le langage du design industriel contemporain, entre innovation technologique et sobriété formelle.
Le studio s’était également illustré dans des champs plus transversaux, du mobilier à l’architecture intérieure, en passant par le design d’objets, les installations et les recherches sur les procédés de fabrication. Une diversité revendiquée par les designers eux-mêmes, qui évoquent « un parcours inattendu, créativement et entrepreneurialement ».
Cette séparation ne s’apparente toutefois pas à une rupture brutale mais plutôt à une évolution naturelle d’un tandem devenu, au fil des décennies, une référence majeure du design britannique. Barber et Osgerby affirment ainsi rester « extrêmement fiers de tout ce que Barber Osgerby a créé » et remercient l’ensemble des collaborateurs, fabricants, institutions et équipes ayant participé à cette aventure.
Une page importante du design européen contemporain se tourne ainsi, tandis qu’une nouvelle séquence s’ouvre pour les deux créateurs.
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