Avec Gautier Home, il sera possible de concevoir et de co-créer avec l’aide d’un agenceur, sa solution de rangement et ce, d’après ses propres plans.
Pour ses 60 ans, Gautier inaugure un nouveau concept de magasin et a ouvert une nouvelle boutique à Paris dans le 15e arrondissement en décembre dernier. Son objectif : faciliter l’accès à la marque en centre-ville pour imaginer et concevoir de A à Z ses projets d’aménagement intérieur . Dans cette optique, le magasin assure dorénavant un service digitalisé baptisé « Gautier Home » , qui mise sur la 3D pour imaginer des solutions de rangements modulables et personnalisées, notamment grâce à une matériauthèque complète. Elle propose un bon choix de finitions pour les meubles, de tissus et cuirs pour les canapés et fauteuils, et de papier peint. Pour marque vendéenne s’est associée en 2019 à deux grands spécialistes de la 3D : Dassault Systèmes pour son expertise de logiciels spécialisés dans la conception 3D et Inspi, experte en configurateur 3D et en réalité augmentée dans l’univers de la maison. A noter, Gautier a été la première marque à bénéficier de ces expertises réunies en un seul outil pour créer Gautier Home.
Gautier revendique un savoir-faire de fabricant français et maîtrise l’ensemble de la chaîne, depuis le bois jusqu’au produit: les meubles sont fabriqués à partir de bois français, issu de forêts durablement gérées toutes situées à moins de 300 km de ses usines vendéennes. Côté fournisseur, l’entreprise travaille avec des PME locales situées à 50 km de ses sites de production (matelas, pièces usinées bois, métallerie…).
Dessiné par le Danois Poul Kjærholm, le fauteuil PK22 fête cette année ses 70 ans. En guise de cadeau, Fritz Hansen lance un nouveau cuir et élargit sa collection en éditant une autre pièce du designer.
« C’est certainement l’un des designers les plus précoces du XXe siècle que nous célébrons cette année » se réjouit Stéphane Legue, directeur des ventes France chez Fritz Hansen. Figure centrale et emblématique de la marque, Poul Kjærholm est mis à l’honneur à l’occasion des 70 ans de son fauteuil PK22. Une pièce emblématique du courant moderniste scandinave cher au créateur, dont la collaboration avec l’éditeur danois débute grâce à The element - depuis renommé PK25 -, un projet de diplôme novateur réalisé à 21 ans.
Une structure au service de la pensée
Cousin danois de la Barcelona de Mies van der Rohe, le PK22 dessiné en 1956 incarne une vision du design résolument moderne pour l'époque. « L’approche du design de Poul Kjærholm était dépouillée. Il ne voulait pas de capitonnage, le métal ne devait pas refléter la lumière et comme il considérait que des soudures même parfaites seraient toujours imparfaites, il a introduit dans ses pièces des vis Allen jusqu’alors réservées à l’aéronautique. » Cette conception ingénieuse, le designer la signait également par l'utilisation de métal plat. « Kjærholm était un socialiste dans l’âme et le métal était pour lui une manière d’avoir une constance dans le procédé industriel. Mais contrairement à Breuer qui avait imaginé une structure tubulaire en s’inspirant d’un cadre de vélo, il privilégiait des montants plats qui offraient d’autres possibilités structurelles. » Un souci du détail qui ne permettra jamais à la PK22 de devenir une assise grand public en raison de son coût de production. Mais qu’à cela ne tienne, le modèle est récompensé par le Grand Prix de la Triennale de Milan en 1957 et offre à son créateur un coup de projecteur international.
Au cours de ses seize années de collaboration avec Fritz Hansen, Poul Kjærholm a développé un ensemble particulièrement riche. Faisant la part belle à une grande diversité de matériaux (acier, cuir, toile, granit, bois, cordage…), la collection revendique une esthétique discrète et équilibrée privilégiant des pièces n’excédant pas trois médiums différents. « Il était très inspiré par ce qu’il voyait dehors et disait souvent “Il n’y a pas de vache bleue ou rouge dans les champs, donc je ne veux que des couleurs naturelles.” Cette approche se constate encore aujourd'hui », raconte Stephen Legue.
Inchangé depuis plus d’un demi-siècle, - à l’exception de l’acier, à l’origine chromé nickelé devenu au début des années 2000 un acier inoxydable -, le mobilier imaginé par le designer à cependant su évoluer avec le temps. Pour son anniversaire, la PK22 se voit enrichie d’un nouveau cuir d’exception, haze, légèrement poncé en surface. En parallèle, Fritz Hansen introduit un nouveau granit poli gris-blanc pour le plateau de la table PK61 dont la géométrie fait écho à l’œuvre de Piet Mondrian, et édite pour la première fois le paravent PK111. Composé de panneaux de multiplis en pin Douglas à clipser, cette nouvelle typologie haute de 140 cm a été pensée pour préserver une certaine intimité lorsque l’on est assis à table, tout en offrant une vue dégagée sur la pièce lorsque l’on se lève ; une conception directement liée à la maison ouverte sur l’extérieur de Poul Kjærholm. Deux pièces qui témoignent, chacune à leur manière, de son intérêt pour les principes du modernisme et sa recherche d’un équilibre entre fonctionnalité, architecture et espace. Une filiation que prolongent la chaise PK3, rééditée depuis fin 2025, et le fauteuil PK23, dévoilé à l’occasion de 3daysofdesign 2026. Reconnaissables à leurs dossiers fendus, les assises ont été découpées pour permettre d’obtenir un dossier en 3D à une époque où seul le cintrage en deux dimensions était possible. Plus qu’un simple anniversaire, c’est surtout un hommage à l’ingéniosité d’un esprit auquel la marque danoise rend hommage.
Pour cette deuxième édition de Shoppe Object Paris, Intramuros vous invite à venir découvrir l'exposition « Second Life » et le travail des designers mis à l’honneur dans les pages de notre dernier numéro à découvrir en kiosque.
Pour sa deuxième édition française, Shoppe Object Paris s’installe de nouveau Porte de Versailles du 5 au 7 septembre 2026. Dédié aux secteurs de la maison, du design et du lifestyle, le salon s'inscrit cette année dans la thématique globale de Who's Next : Le dîner. Imaginée en accord avec cette dernière, la scénographie s’articulera autour d’une grande table d’exposition regroupant plus de 80 marques, parmi lesquelles Michie Studio, Tiptoe ou Rikke Falkow.
Intramuros au cœur du dispositif
En écho à la dimension curatoriale du salon, Intramuros prendra part à l’événement en dévoilant l’exposition « Second Life », présentant les travaux des designers issus de notre numéro de septembre. Plus qu’un sujet dans l’air du temps, ce sont des perspectives concrètes et novatrices dont nous avons souhaité parler. Convaincus que les enjeux ne doivent pas nous amener à renoncer à produire, mais au contraire à ouvrir de nouveaux horizons créatifs en révélant le potentiel de la matière, cette thématique entend célébrer l’ingéniosité d’un secteur qui réinvente les gestes et les méthodes. Celles qui réparent, transforment, réemploient, reconditionnent et transforment ce que nous, consommateurs, destinons au rebut.Certains que la circularité ne peut se faire au détriment du désirable, notre sélection rassemble quatorze histoires que la rédaction vous invite à découvrir jusqu’à lundi au sein de Shoppe Object Paris :
À Paris, Rudy Guénaire imagine pour BOLD un studio de sport haut de gamme dédié au running et au strength training. Pensé comme une expérience sensorielle en deux temps, le lieu oppose la douceur lumineuse du Club House à l’intensité immersive des salles Train et Run.
Au 22 rue Croix des Petits Champs, BOLD propose une autre manière d’entrer dans l’univers du sport. Imaginé par Rudy Guénaire, le premier sport studio haut de gamme dédié au running et au strength training construit son identité sur un principe de contraste. Le parcours commence dans un Club House volontairement doux et lumineux. Dans un espace blanc, les panneaux de merisier américain apportent chaleur et matière, tandis que d’épais calepinages et quelques porte-à-faux structurent l’architecture et lui donnent du relief.
Puis l’ambiance bascule. Dans la salle Train, un long plafond lumineux programmable réagit à la musique et se prolonge dans un mur miroir. Lumière, son et mouvement composent un environnement immersif où l’architecture accompagne directement l’intensité de l’entraînement. La salle Run adopte une esthétique plus graphique. Des parois aux courbes futuristes segmentent l’espace et organisent les postes de course semblable à des alcôves. L’ambiance est ici plus radicale, presque cinématographique et portée par une réflexion sur des dispositifs lumineux évolutifs.
Pour Rudy Guénaire, lorsque le cœur s’emballe, la conscience se rétrécit pour faire rentrer la personne dans un nouvel état. BOLD cherche à matérialiser ce moment. Un « Out There » comme disent les athlètes américains, que l’architecture traduit ici par la lumière, le son et la matière.
Le designer, architecte et photographe Marc Held est décédé le 27 juillet à l’âge de 93 ans. Avec lui disparaît l’une des figures les plus singulières du design français d’après-guerre, un créateur dont l’œuvre, longtemps restée à l’écart des projecteurs, n’a cessé de gagner en reconnaissance au fil des décennies.
Autodidacte, Marc Held n’a jamais cherché à s’inscrire dans une école ou un courant. Son regard s’est construit au croisement de la photographie, de l’architecture et du dessin industriel, avec une même exigence : faire dialoguer intelligence d’usage, liberté formelle et poésie du quotidien. Une approche qui donnera naissance à plusieurs pièces devenues emblématiques, à commencer par le célèbre fauteuil Culbuto (1967), dont la silhouette ludique et le principe d’assise en mouvement continuent d’inspirer plusieurs générations de designers.
Cette volonté de faire entrer la modernité dans la vie quotidienne trouve dès 1966 l’une de ses expressions les plus fortes dans sa collaboration avec Prisunic. Pour l’enseigne, Marc Held imagine une collection de meubles en fibre de verre — lits, tables, bureaux et sièges — aux formes enveloppantes et résolument nouvelles. Au-delà de leur esthétique aujourd’hui emblématique des années 1960, ces pièces portaient une ambition profondément politique : rendre accessible au plus grand nombre un mobilier contemporain jusque-là réservé à quelques initiés. Marc Held résumait lui-même cette promesse par une formule restée célèbre : proposer « le beau au prix du laid ». Une utopie industrielle qui ne connaîtra pas la diffusion espérée, mais qui demeure l’un des chapitres majeurs de l’aventure de Prisunic et de la démocratisation du design en France.
Mais réduire Marc Held au Culbuto et à ses créations pour Prisunic serait oublier l’ampleur de son parcours. Mobilier, architecture, photographie, urbanisme, son travail témoigne d’une curiosité rare et d’une volonté constante de penser les modes de vie autant que les formes. Cette liberté intellectuelle s’enracine sans doute dans une trajectoire personnelle hors du commun : enfant caché pendant la Seconde Guerre mondiale puis engagé très jeune dans la Résistance, il conservera toute sa vie une indépendance de pensée peu commune.
Longtemps davantage célébré par les connaisseurs que par le grand public, Marc Held aura finalement vu son œuvre retrouver la place qu’elle mérite. Rééditions, expositions, publications et l’intérêt renouvelé des collectionneurs ont confirmé l’actualité d’un travail qui n’avait jamais cherché l’effet de mode, préférant l’intelligence des usages à la démonstration stylistique.
À sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont croisé son chemin, la rédaction d’Intramuros adresse ses plus sincères pensées.
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