La Cité du design présente deux nouvelles expositions
In-situ de l'exposition "Etre là" de Guillaume Bloget dans le cadre du cycle d'expositions "Présent >< Futur" © PhotUpDesign

La Cité du design présente deux nouvelles expositions

Jusqu’au 23 juin, la Cité du design de Saint-Etienne présente deux expositions inédites : « Être là », seconde exposition du cycle Présent >< Futur et consacrée à Guillaume Bloget ainsi que « Réels », qui présente les projets des diplômés 2023 de l’Esadse. 

« Illustrer la nouvelle ambition de la Cité du design », c’est toute l’ambition de l’établissement, qui sous la direction de son nouveau président Eric Jourdan, présentait ses nouvelles expositions pour la première moitié de l’année 2024. « Ce qui m’intéresse c’est montrer du design. Je cherche à remettre le designer et le design au cœur de ce qu’on présente » expliquait notamment Eric Jourdan. Une volonté de réaffirmer la place de la cité du design à travers des cycles et une présence régulières d’expositions, pour la faire devenir un lieu de rencontres et un rendez-vous de design en dehors de la traditionnelle Biennale, pour le public mais également pour les designers. C’est dans cette optique que les deux nouvelles expositions de ce début d’année ont été présentées. 

« Etre là », seconde exposition du cycle Présent >< Futur 

Après Laurelinne Galliot en septembre, c’est au tour du designer Guillaume Bloget de se prêter à l’exercice. Lancé par la directrice du pôle diffusion du design Laurence Salmon, le cycle Présent >< Futur a pour objectif de mettre en avant le travail d’un designer en faisant le constat d’un travail - Présent - afin de pouvoir se projeter pour la suite - Futur -. « Il existe une génération actuelle de designers qui méritent de se faire connaître et qui ont déjà une pratique bien identifiée mais qui n’ont jamais eu l’occasion d’avoir une exposition. L’objectif de Présent >< Futur est de leur proposer assez d’espace pour voir la globalité d’un travail et le faire comprendre au plus grand nombre » expliquait notamment Laurent Salmon. Ainsi, Guillaume Bloget expose au sein des 200m² mis à sa disposition, un panel de réalisations effectuées depuis sa sortie de l’ENSCI en 2016. La scénographie, elle aussi menée par le designer qui avait carte blanche, est à l’image de son design, épurée et d’une simplicité formelle. 

In-situ de l'exposition "Etre là" de Guillaume Bloget dans le cadre du cycle d'expositions Présent >< Futur © PhotUpDesign

Par son travail, Guillaume Bloget cherche à s’ancrer dans les objets dits « ordinaires », tout en mêlant des recherches sur leurs formes et leurs évolutions possibles. Ce sont ainsi des travaux très éclectiques qui sont présentés à l’instar du kayak Sharp en aluminium et liège (2023), de la théière Thé et Café (2020) ou la lampe M (2012). En plus de ses travaux personnels aboutis, le designer a réalisé dans le cadre de l’exposition, une expérimentation avec la verrerie de Saint-Just (Loire) et ainsi découvrir plus en détails ce savoir-faire exceptionnel et proposer une œuvre découlant de ces recherches.

In-situ de l'exposition "Etre là" de Guillaume Bloget dans le cadre du cycle d'expositions Présent >< Futur © PhotUpDesign

L’exposition « Réels » dédiée aux projets des diplômés 2023 

Sous la curation de Didier Courbot, co-fondateur de la galerie A1043 (cf portrait Intramuros 213), l’exposition « Réels » présente les 30 projets de diplôme de la promotion 2023 de l’Esadse. Et la direction par une personne extérieure est loin d’être hasard, puisqu’elle permet une nouvelle lecture des projets, tout en transparence et avec une parfaite égalité de leur mise en exposition. Une démonstration qui présente ainsi des projets tous singuliers, réalisés en fonction de leur option ou mention spécifique qui sont au nombre de cinq ici, à savoir l’option Art, l’option art & design, l’option design mention objet, la mention objet et la mention Public(s). 

In-situ de l'exposition "Réels" sous la curation de Didier Courbot, présentant les projets des diplômés 2023 de l’Esadse © PhotUpDesign
Rédigé par 
Maïa Pois

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10/4/2024
La qualité Wendelbo et le design de Tristan Lohner réunis dans Shapes

Fruit d'une première collaboration entre le designer français Tristan Lohner et la marque danoise Wendelbo, la collection Shapes incarne le ravissant mélange entre technique et esthétique.

Des volumes simples au toucher granuleux, imbriqués les uns aux autres presque naturellement par des courbes dans lesquelles la complexité s'efface. Semblables « à des galets sur lesquels l'érosion aurait fait son temps » selon le designer Tristan Lohner, cette collection est le résultat d'une collaboration avec la marque danoise Wendelbo. Intitulée Shapes, elle s'inscrit comme la synthèse entre le mode de la complexité technique et de la simplicité visuelle. Une dualité en partie liée aux concepteurs dont la collection est empreinte.

Le fauteuil Montholon évoque une pierre lissée par le temps ©Tristan Lohner & Wendelbo

L'artisanat comme trait d'union

Conçue autour de la volonté de « tendre vers une forme de légèreté, en élevant visuellement les “stigmates” du processus industriel », la collection puise dans les racines communes aux concepteurs : l'artisanat. Ébéniste de formation, Tristan Lohner accorde une attention toute particulière au rapport sensible entre l'objet et l'utilisateur. Un rapport qui passe par la pérennité et l'aura visuelle de la conception. Des notions qui résonnent aussi auprès de la marque danoise qui s'est diversifiée depuis 1955, tout en conservant sa technicité et son exigence tactile, directement liée à ses débuts dans la tapisserie d'ameublement. C'est de cette exigence et de trois années de travail entre l'Europe et le Vietnam qu'est né Shapes.

La table Vector “ qui signifie "porter" en latin, se distingue par sa finesse et son absence d'angle, tout comme les chaises Event ©Tristan Lohner & Wendelbo

La sobriété autour de la complexité

Composée d'un canapé, d'un fauteuil, d'une table et d'une assise proposée avec et sans accoudoirs, la collection a été fortement inspirée par le design post-50's, tel que l’explique Tristan Lohner. Une période où le mobilier s'est fait plus souple et plus naturel dans ses formes. Une évocation rétro appliquée du piètement de la table, ou l'absence d'angle et la jonction évoque une sorte d'arborescence, à la chaise Event dont le style très classique convoque l'élégance et la sobriété propre aux pays nordiques. « Il y avait cette idée de faire du design scandinaves à l'italienne. C'est-à-dire quelque chose d'épuré, de raffiné tout en rondeur. » Une vision dont le canapé Montholon est l'exemple emblématique. Un objet d'autant plus fort qu'il tire son nom de la rue dans laquelle se trouvait l'atelier du père du designer -dessinateur pour le journal Le Monde – et où il explique avoir ressenti ses « premières sensations sculpturales ». Un clin d'œil en arrière qui permet de comprendre cet ensemble résolument d'aujourd'hui et visible au showroom RBC, 40 rue Violet, jusqu'au 26 avril.

Le canapé trois places Montholon est à l'image de Wendelbo, technique mais pas démonstratif ©Tristan Lohner & Wendelbo
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9/4/2024
EquipHotel et les étudiants de l'ENSCI ouvrent de nouvelles perspectives

Le salon parisien dédié à l'hôtellerie et à la restauration s'est associé à l'ENSCI – Les Ateliers, pour proposer vingt projets. Pensés par les étudiants, ils dessinent les perspectives de ce que pourraient devenir ces espaces de convivialité et de détente.

Vivre, recevoir, se reposer, dîner... Ces notions quotidiennes qui occupent nos vies, ont été au cœur de la réflexion de vingt étudiants de l'ENSCI – Les Ateliers de Paris. Pendant quatre mois, ils se sont interrogés sur la signification de ces termes dans les domaines connexes que sont l'hôtellerie et la restauration, jusqu'à concrétiser un espace. De vastes pistes de travail déroulées par le salon EquipHotel à l'initiative de cette collaboration. Nés de réflexions tant philosophiques que sociologiques ou esthétiques, vingt projets architecturaux aux sensibilités diverses ont été présentés. Réparties entre cinq univers (Nouveaux horizons, Lieux en transitions ou interstices, Espaces thématiques, Hospitalité publique et Extensions), les créations ont été pour les étudiants, l'occasion de s'interroger sur la place de l'utilisateur et ses usages. Mais elles ont également été pour les professionnels du secteur, une source de questionnements quant aux besoins et aux tendances à venir.


Une liberté d'action pour favoriser l'innovation

Attirés par la liberté presque totale qui leur a été laissée, les étudiants ont eu à cœur de proposer des espaces qui soient à la fois le reflet de leurs personnalités, et la conception de leurs visions. Pour les accompagner dans leurs travaux, Stéphane Villard et Patrick de Glo de Besses, tous deux designers, ont structuré ce projet quadrimestriel en trois parties distinctes. « Nous avons commencé par écrire des narrations pour développer notre imaginaire, explique Louise, étudiante en deuxième année et à l'origine du projet Le Passager, un restaurant déployable et itinérant. C'est sur la base de ces écrits que nous avons ensuite commencé à travailler un cahier des charges, nos plans, le modèle économique, les acteurs qui entraient en jeu... Puis il y a eu toute la partie technique et nous avons terminé sur l'aspect plus créatif de la conception d'images. » Un planning relativement serré pour les étudiants qui ont mené leurs projets en solitaire, « quitte à ce que ce soit parfois un petit peu la course » admet Maël dont le projet de « camping sur l'eau salée » invite à prendre le temps de la contemplation.

Des projets synonymes de nouveaux horizons

Mais le défi lancé par EquipHotel a également permis de porter un regard au-delà de l'aspect architectural en repensant la connexion entre ces habitats éphémères et les utilisateurs. Dans son projet Otium, César n'a pas souhaité « travailler sur une solution purement matérielle, mais concevoir au contraire un projet global et systémique incluant un support serviciel comme une application sur téléphone. » Une démarche originale dont le fruit allie sobriété architecturale et omniprésence numérique et qui illustre, parmi tant d'autres propositions, l'évolution certaine du secteur hôtelier.



Car au-delà des « visions et des lieux très diversifiés allant de la ferme au bureau en passant par le rooftop », plusieurs tendances semblent se dégager explique Béatrice Gravier, directrice d'EquipHotel. « Ce qui m'a particulièrement intéressé, c'est de voir l'engouement global pour les structures légères, avec notamment l'utilisation de cabines déplaçables. Par l'architecture, ils ont réellement questionné l'objectif de l'hôtel et on remarque qu'ils n'ont pas besoin de grand-chose. Simplement bien manger, bien dormir, recharger leurs téléphones... le tout dans un bel environnement. Ce n'est plus tant l'endroit en tant que tel qui compte mais le cadre, souvent naturel, qui l'entoure. » Un mode de vie qui résonne avec les enjeux climatiques et sociaux en cours, quitte à s'inscrire en contradiction avec des tendances post-pandémie. Parmi elles, celle des espaces de coworking dans les hôtels aujourd'hui très en vogue, mais totalement délaissés par les étudiants. Un regard neuf sur l'hôtellerie et la restauration souhaité par EquipHotel. « Ce qui nous a semblé judicieux, c'était de collaborer avec l'ENSCI dont nos deux secteurs ne sont pas le cœur de cible. Le but était ainsi de proposer aux étudiants d'apporter un regard neuf sur un terrain auquel ils n'ont généralement pas accès à ce stade. » Un pari réussi et qui présage d'ores et déjà un renouveau sociologique et architectural de nos espaces de convivialité, de repos et d’échange. Tous les projets seront d'ailleurs visibles au salon EquipHotel qui se tiendra du 3 au 7 novembre 2024, Porte de Versailles, sur l'Innovation Lab (Hall 7.3).

« Un jardin à Pantin est une respiration végétalisée sur le toit d’un hôtel périurbain, offrant un espace lumineux et couvert pour accueillir des petits groupes, et permettant de prendre une respiration face à la ville. Pensé comme un jardin minéral mais aussi fonctionnel, l’espace du toit fait dialoguer une végétation isolante avec l’équipement technique de l’hôtel. » ©Joséphine Bensaada

« La petite cour est une structure couverte qui accueille un restaurant au sein d’une cour d’artisans, pour réunir gastronomie et métiers d’arts dans la même assiette. Les visiteurs y découvrent les travaux des artisans de la cour dans un cadre architectural historique: en déjeunant dans des contenants réalisés par les résidents, ou en visitant une exposition temporaire sous la structure. C’est une charpente en bois surélevée par des pierres sur le sol pavé, reprenant les colombages d’un bâtiment de la cour comme éléments structurels. » ©Lucile Chenais

« Le Mesa Gym est un espace conçu pour permettre une pratique saine du fitness et du bien-être, avec une architecture organique qui floute la frontière entre l’architecture et l’équipement. Les murs de couleur ocre, ainsi que l’éclairage naturel des puits de lumière et des fenêtres, créent une atmosphère naturelle qui cherche à contraster avec l’esthétique artificielle et industrielle des salles de sport traditionnelles. » ©Timéo Pochin
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8/4/2024
Pierre Yovanovitch, design narratif

Pierre Yovanovitch, alias PY, nous reçoit dans l’espace qu’il vient d’ouvrir passage Saint‑Avoye, dans le Marais, à Paris. Il nous parle du penthouse tout récemment ouvert à New York, dans le quartier de Chelsea, avant de s’envoler pour l’Australie, Melbourne et Sydney, où de riches amateurs de French design ou de douceurs parisiennes vont bientôt pouvoir découvrir sa collection au sein de la galerie australienne Criteria.

Pierre Alexandre Yovanovitch… Avec un nom pareil, à la Dostoïevski, on l’imagine arrivant sur son destrier noir du fin fond des steppes de l’Asie centrale. Non, Pierre Yovanovitch arrive à pied, nonchalant, marchant prudemment sur les petits pavés du passage Sainte-Avoye. Il ne comprend pas pourquoi son nom a tant de succès. Or quand on pénètre dans sa galerie – pas showroom, pas atelier, pas bureau –, c’est une impression de luxe, calme et volupté qui s’empare de tout votre être. Pas de bruit, pas de lumière criante ou criarde, des meubles confortables, comme éparpillés entre les oeuvres d’art. Car ses clients sont les mêmes que ceux qui fréquentent les galeries d’art voisines – Gagosian, Kamel Mennour, Perrotin… –, des collectionneurs qui ne veulent pas trop chahuter leurs espaces mais simplement introduire un peu plus de confort dans leurs intérieurs. Ses clients, qui privilégient avant tout la relation humaine, peuvent lui faire traverser l’Atlantique pour discuter d’un accord de couleur ou de matière, et, humble et disponible, il est capable de faire l’aller retour Paris-New York-Paris dans la journée.

Les Nuits d'Été - PY x Villa Noailles © Paolo Abate

Quand on quitte la rue Rambuteau pour le passage Saint-Avoye, il ne faut pas chercher trop longtemps pour découvrir l’espace PY, un chiffre porte-bonheur. De grandes vitrines nues laissent découvrir les meubles de la collection Pierre Yovanovitch Mobilier. Un simple logo PY, en haut à droite, atteste que l’on est à la bonne adresse. Ce lieu atypique de 250 m2, vidé et aménagé par Jean Nouvel pour différents propriétaires successifs et protégé par une magnifique verrière, avait besoin de partitions. Pierre Yovanovitch a monté des cloisons et créé des zones dans lesquelles ses clients peuvent se projeter avec leur mobilier : salon, cuisine, chambre, salle à manger… Des espaces plus cosy. À New York, le penthouse de 800 m2, récemment inauguré (en novembre 2023), a la chance de proposer une terrasse sur laquelle peut être installé du mobilier d’extérieur.

Galerie Pierre Yovanovitch Mobilier à New York © Stephen Kent Johnson

Ouvert il y a vingt-trois ans, son studio emploie aujourd’hui près d’une centaine de personnes. Ses clients privés, et de plus en plus exigeants, possèdent des propriétés à New York ou des chalets en Suisse et lui font une confiance totale dans ses projets d’aménagement à la carte réalisés par des artisans d’art français. Les habitats doivent être gais, chaleureux, doux, dans des matières naturelles comme la laine, le lin, la terre, le verre… Vingt-sept chantiers sont en cours. Au regard de ce succès, Pierre Yovanovitch a décidé de s’auto-éditer en créant la structure Pierre Yovanovitch Mobilier et en affichant sur son site Internet des fauteuils, des canapés et des chaises aujourd’hui incontournables dans les résidences de ses clients 5 étoiles. « Il faut rassurer les gens. Ils se regardent les uns les autres, et il faut leur apprendre tout doucement à prendre des risques en introduisant la couleur, par exemple », explique-t-il. En effet, les coussins rouges ou bleus explosent sur ses canapés aux formes douces en laine vierge bouclée. « On a amené Paris à New York et New York à Paris. On est au milieu des galeries d’art contemporain, parce que, quand leurs clients font un parcours d’art, ils viennent aussi chez nous. » D’où cette volonté de mettre de l’art au PY – un abri en bois de Tadashi Kawamata, une céramique provenant de la galerie Thomas Fritsch, des oeuvres de Claire Tabouret… – sans devenir un musée.

Galerie Pierre Yovanovitch à Paris © Federico Torra

« Je vais à la galerie, c’est ce que je dis quand je quitte mon bureau de la rue Beauregard pour le passage Sainte-Avoye. » À New York, un immeuble de briques rouges avec vue sur l’Hudson River et doté d’un réservoir d’eau en bois, très cliché, offre un environnement chaleureux. Il y a même, au 6e étage, une cheminée qui fonctionne au feu de bois. « Il y a vingt-trois ans, quand j’ai commencé après mon passage chez Pierre Cardin, j’ai eu des clients privés, des clients de plus en plus érudits, et je dessinais des pièces uniques pour eux. Et aujourd’hui, les clients veulent ces pièces exceptionnelles, comme les chaises Mr et Mrs Oops, mes best-sellers, dans le bel esprit des Arts décoratifs français ou le fauteuil Mama Bear. D’où l’intervention de brodeuses et de brodeurs, de menuisières et de menuisiers, de couturières et de couturiers… »

Galerie Pierre Yovanovitch à Paris © Jean-Pierre Vaillancourt

« Le fauteuil Asymmetry, je l’ai conçu il y a dix ans. J’en ai imaginé la forme à partir d’un petit morceau de pâte à modeler posé sur mon bureau. Il existe en deux tailles, M et XS, et ce modèle se décline aussi en canapé pour des demeures américaines ou des châteaux français. Les gens les voient in situ dans ma galerie parisienne ou new-yorkaise. Je n’ai pas de partenaire financier, ni de sponsor. Je suis reconnu pour les projets résidentiels privés, et on me demande rarement de sortir de ce registre. » Ce qui l’intéresse également, c’est de monter des scénographies et de mettre sa créativité au service de projets artistiques et culturels.

La Galerie PY à Paris, en octobre 2023 pour les 10 ans du fauteuil Asymmetry, un partenariat avec la peintre Claire Tabouret. En haut à droite, le refuge en bois de Tadashi Kawamata © Alessio Boni

En 2023, il a réalisé les décors de l’opéra Rigoletto, à Bâle. Il prépare actuellement d’autres projets de scénographies d’opéra en Italie et aux États-Unis. Ami de danseurs étoiles, il se régale à mettre en valeur leur performance athlétique. Étrangement, la période du Covid n’a pas du tout touché ses activités. Bien au contraire, ses équipes, toutes confinées, ont réussi à s’assurer des chantiers. Le lancement de sa marque de mobilier s’est déroulé place des Vosges sur quatre jours, en mars 2021, dans un cadre architectural XVIIe grandiose qu’occupe l’Académie d’architecture. Tout le monde était assoiffé d’événements, et ce fut un succès. « Les artistes et les artisans avec lesquels je travaille me portent, ils sont une constante forme d’inspiration. » Heureux, il l’est. Il a un tout petit problème d’insomnie qu’on lui a simplement conseillé d’oublier. Car c’est parfois dans ces moments intermédiaires de sommeil profond et superficiel qu’émergent les meilleures idées.

Opéra Rigoletto x Pierre Yovanovitch © Paolo Abate

Retrouvez d'autres portraits inspirants dans le dernier numéro d'Intramuros, disponible en kiosques et dans notre boutique en ligne.

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8/4/2024
Milan : rendez-vous à la 5VIE Design Week !

Du 15 au 21 avril, à l’occasion de la Design Week de Milan, le collectif territorial 5VIE propose une série d’expositions et d’événements à découvrir tout au long de la semaine. Voici un premier aperçu du programme.

Pour sa 11e édition, 5VIE Design Week est de retour avec un nouveau thème principal : Unlimited Design Orchestra. Pensé en lien avec le thème Design for Good, également important à 5VIE, cette thématique a été imaginée afin de faire écho à un design qui fonctionne comme un outil permettant de favoriser la création de liens humains tournés vers le partage, avec une volonté de les faire durer dans le temps, comme pour les membres d’un orchestre. 

Un riche programme d’expositions 

Pour cette nouvelle édition, 5VIE produira une série de 8 expositions qui seront à découvrir au sein de son district. Au programme : le projet « Indian Tiny Mega Store », de Gunjan Gupta, sous la curation de MC Didero ; le projet « Salvage », de Jay Sae Jung Oh ; « Shadows & Poems » d’Eliurpi, curatée par Mr.Lawrence ; et « Prendete e Mangiate », mené par Linda Zanolla. Des présentations de Kostas Lambridis, d’Anna Carnick et de Sara Ricciardi sont également attendues. 

Projet Salvage de Jay Sae Jung Oh

De nombreux invités 

En plus de ces productions exclusives, de nombreuses marques, artistes et designers prendront place au sein de showrooms et d’espaces dédiés. De fait, parmi les participants de cette édition, nous pouvons d’ores et déjà citer la présence de Luce di Carrara, du Mobilier national, d’AM.PM, d’Artemest, de Fornace Brioni, qui présentera un projet signé Cristina Celestino, de Maugoust & Chénais et Galerie B, de Giopato & Coombes et de Volker Haug Studio. Le rendez-vous est pris ! 

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