Maison&Objet 2026 : ce qu’il faut en retenir
Miniature de l'article ©Anne-Emmanuelle Thion

Maison&Objet 2026 : ce qu’il faut en retenir

Maison&Objet 2026 se tenait au Parc des expositions de Villepinte du 15 au 19 janvier 2026. Comme chaque année, nous nous sommes perdus dans ses allées et voici ce qu’il faut en retenir.

Alors que l’événement fêtait son trentième anniversaire, mi-janvier, Maison&Objet demeure l’un des événements importants du design international. Avec pour thématique annuelle Past Reveals Future, le Salon a rassemblé 2 294 marques venues de 148 pays différents. Une vaste représentation toujours largement dominée par la France, mais également les pays limitrophes dont les marchés marquent une croissance de 10%, et 30% pour la Chine. Une multitude d’horizons donc, qui a attiré 92 776 visiteurs.

Particulièrement marquée par un off (Maison&Objet In the City), réjouissant, l’événement central qui s’est tenu comme d’habitude au parc des expositions de Villepinte, s’est cette année différencié des éditions précédentes par le retour d’éditeurs français phares. Malgré l’absence regrettable d’un Design district comme lors de l’édition de septembre, les designers n’étaient pas en reste. C’est donc dans ce très vaste vivier que nous avons repéré quelques créations intéressantes.

Patch de Lucas Zito

Valoriser le processus créatif plus que la forme achevée. C’est l’idée sous-jacente de Patch, une création de Lucas Zito présentée dans la sélection Curatio. Inspirée par la phase de construction, lorsque les structures sont encore apparentes, cette collection de luminaires laisse entrevoir une esthétique brute. Une expressivité qui résulte d’un travail à base de mastic et de ponçage laissant visibles les jonctions entre chaque élément.

Collection Patch de Lucas Zito ©Lucas Zito

BIC©Lamp par Mario Paroli pour Seletti

Voici l’une des créations les plus étonnantes de cette édition : la BIC©Lamp dessinée par Mario Paroli. Fruit de la collaboration entre la marque de stylo et Seletti en hommage à la culture design qui relie Paris et Milan, le luminaire est présenté dans la Seletti Papeterie. Une évocation de petit commerce réinventé dans le goût du Seletti Market, un supermarché inspiré des années 1960 déjà présenté à Milan, Rome puis Londres. Pour l’édition parisienne, le concept décliné dans l’esprit d’un quartier de village, regroupait des pièces connues et de nouvelles collaborations.

BIC©Lamp blue ©Seletti x Mario Paroli

FabBRICK

Fondé en 2018 par l’architecte Clarisse Merlet, le studio français Fab-Bricks présentait ses revêtements muraux issus de textiles revalorisés. Reconnaissables à ses briques très colorées et au toucher caractéristique, chaque élément peut être adapté en fonction du projet. Mais loin de s’arrêter au volet architectural, la marque basée dans le 19e arrondissement de Paris, s’affranchit désormais du format classique au profit de formes plus libres ouvrant la voie à une création davantage tournée vers le monde de l’art.

T60 dégradé paysage ©FabBRICK

La Cut Chair de BrichetZiegler pour Pulpo

Avec Industrial Art, une exposition tournée autour de la matière, Pulpo présentait la Cut Chair réalisée par le Studio BrichetZiegler. Fabriquée en aluminium, l’assise est réduite à l’essentiel. Simplement soudée et polie, elle est agrémentée d’un coussin en cuir ou en textile simplement vissé. Ni démonstrative ni décorative, elle incarne l’esprit d’Industrial Art, à savoir une esthétique où la technique domine et confère à l’objet une simplicité visuelle.

Cute Chair par le Studio BrichetZiegler pour Pulpo ©Pulpo

La collection Nemea de CMP Design pour Pedrali

Pedrali a profité de sa présence parisienne pour présenter ses collections dans un stand de 160m2 au cœur du hall 3. Parmi les nouveautés, la collection de chaises Nemea, imaginée par CMP design, dont la forme rappelle l'idée de beauté classique façonnée par le temps et l'histoire. L’assise et le dossier sont en contreplaqué tandis que les pieds sont proposés en frêne massif - disponible en 13 coloris - ou en noyer américain avec une structure en aluminium moulé sous pression. À noter que la chaise est disponible en une version avec ou sans accoudoir et avec dossier rembourré.

Chaise Nemea, CMP Design © Pedrali


Le tabouret Grid de 13Desserts par Brichet Ziegler

Pour débuter cette année 2026, la maison d’édition française 13Desserts dévoilait sur son stand le tabouret Grid, fruit de leur première collaboration avec le studio Brichet Ziegler. Un tabouret en fil d’acier chromé, sur roulettes, imaginé pour évoluer dans tous les espaces. Plus qu’un « simple tabouret », Grid est à la fois stable et mobile, fonctionnel et léger, offrant ainsi une dimension sculpturale à cet objet, tout en restant discret.

Tabouret Grid, Brichet Ziegler © 13Desserts


La réédition du fauteuil AA par Marianna Ladreyt

Dans la continuité des premières pièces dévoilées en septembre lors de la Paris Design Week sur son installation "Plastic Glamping" à l'Hôtel d'Albert, Airborne et Marianna Ladreyt présentaient sur le salon de nouvelles versions de cette capsule spéciale. Une réinterprétation du mythique Fauteuil AA, qui conjugue ici héritage  design, expérimentation et fabrication française. Inspirée du vitrail, la technique développée par la designer associe un patchwork transparent scellé sous PVC rigide, filtrant la lumière et projetant des ombres colorées pour un rendu unique. Les pièces sont toutes disponibles à la commande et de futures explorations devraient voir le jour en 2026.

Fauteuil AA, Marianna Ladreyt x Airborne © Maxime Lis
Rédigé par 
La rédaction

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8/9/2026
Hall haus fait sa rentrée chez Monoprix

Pour cette rentrée, Monoprix invite Hall Haus à signer une collection de mobilier et d’objets décoratifs empreints d’une esthétique industrielle. À cette occasion, nous avons posé trois questions à Sammy Bernoussi, cofondateur du studio parisien.

Porté par un univers mêlé d'influences hip-hop et sportives, Hall Haus présente sa collaboration avec Monoprix. Première d’ampleur pour le studio, la collection distille un style industriel dans l’air du temps sur un large éventail de meubles et d’objets dédiés à la maison. Une approche contemporaine dont nous parle Sammy Bernoussi, l’un des quatre cofondateurs du collectif.

Hall Haus est souvent associée à une esthétique industrielle marquée par des plaques d’acier ajourées. Pourquoi avez-vous souhaité conserver ce parti-pris dans cette collection ?

Certes, on retrouve des plaques avec des trous, mais il me semble que nous nous sommes tout de même un peu détachés de cela en créant un pont avec Prisunic. Et ça passe notamment par des tubes cintrés. On avait déjà expérimenté cette technique, mais c’était difficile pour nous car nous avions de petits volumes de production. La collaboration avec Monoprix a ouvert de nouvelles portes formelles, mais aussi matérielles avec le chrome, excessivement cher sur des séries réduites. Par ailleurs, le fait de collaborer avec Monoprix nous a aussi donné l’opportunité de créer une vraie gamme complète. Esthétiquement on voulait qu’elle reflète nos créations passées, mais aussi ce que nous n’avions pas encore eu la chance de voir aboutir. On parle beaucoup de Bahaus aujourd’hui, donc ça nous amusait de mélanger les structures tubulaires de Breuer avec notre ADN. Cette collection est un mélange d’historique et de notre propre langage, notamment coloré. Pour rappel, Hall Haus vient des halls d'immeubles et de ce que renvoient ces espaces en termes de collectivité, mais la deuxième partie du nom et surtout une évocation de notre sensibilité pour le courant moderniste du Bahaus.

Monoprix - Hall Haus

La collection s’impose par ses nombreuses typologies différentes. Pourquoi ?

On a vraiment eu carte blanche pour ça. L’idée de départ était de proposer les essentiels de la rentrée puisque nous arrivions début septembre. On voulait qu’un étudiant puisse meubler son nouvel appartement avec du beau et pour pas cher. Qu’il puisse mettre peut-être 10 euros de plus pour avoir une pièce customisée. Il me semble que l’on a dessiné plus de 45 objets au départ pour finalement n’en fabriquer que 27. Nous avons sélectionné des typologies accessibles, mais nous avons aussi décidé d’en hybrider d’autres. Par exemple, nous avons enlevé le sèche-linge, mais des barres ont été ajoutées sur le paravent pour lui donner une nouvelle fonction d’étendoir. En découle un objet intéressant pour les petits appartements. En fait, je suis convaincu que chacun peut trouver une pièce utile pour son appartement.

Avec vos créations précédentes, les collectionneurs étaient habitués à la couleur. La collection que vous proposez semble pourtant faire l’éloge de la sobriété ?

C’est vrai que les créations du studio sont souvent personnalisables dans des couleurs vives, mais pour notre collaboration avec Monoprix, il fallait rationaliser. On a enlevé le rose, nous avons gardé le bleu uniquement pour le caddie et avons opté pour le jaune et le beige qui est un ton neutre et continu d’être très demandé. Et après nous avons simplement rehaussé la collection d’un petit peu de rouge en référence à Monoprix. Avec la base moderniste en chrome, nous étions très libres pour le choix des couleurs, donc ça s’est avéré très naturel.

Monoprix - Hall Haus
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11/9/2026
« take one just in case » : repenser le bazar

Pour la Paris Design Week, Pierre Castignola et Alexandre Delasalle rassemblent les travaux de 27 designers au sein de l’exposition « take one just in case ». Un hommage aux typologies oubliées, parfois devenues incongrues, et aux styles inattendus.

Si la Paris Design Week tient à célébrer le design dans toute sa diversité, ce dernier demeure une notion relativement fermée. C’est sur la base de ce constat qu'Alexandre Delasalle et Pierre Castignola ont imaginé, pour cette édition de septembre, une exposition célébrant des typologies alternatives. « Au fil des années et des éditions, nous étions frustrés de constater que les pièces présentées sont généralement les mêmes, allant de la chaise à la table en passant par le miroir. Or, mon esthétique pop-culture et les objets usuels mais très classiques de Pierre ne rentrent pas dans les codes du design postmoderne », analyse Alexandre Delasalle. Convaincu que le secteur est plus foisonnant que ce qu’il laisse entrevoir, le duo a donc imaginé une exposition célébrant des objets délaissés.

Un rassemblement hétérogène

Pour les aider à illustrer cette diversité, les deux amis ont invité 27 profils différents, designers comme artistes, à retravailler des archétypes d'objets. « À l’origine, Pierre et moi avions pensé à des objets comme une roulette à pizza ou un seau, car ce sont des objets qui n’ont pas de nom dans le design. Le premier est généralement habité par autre chose, comme la forme d’un super-héros ou une couleur décalée, tandis que le deuxième est oublié au point de devenir le degré zéro de l’écriture. » Deux approches opposées, l’une bruyante et l’autre silencieuse, rapidement augmentées par les visions propres aux autres créatrices et créateurs. Du gant de vaisselle en cuir réalisé par Alice Clermont au dévidoir de papier toilette industriel signé Tim Teven, en passant par une boîte en céramique surmontée d’un collier à clous imaginée par l’artiste plasticien Sacha Lefèvre, les démarches, parfois très littérales ou plus incarnées, s’entremêlent au sein de l’exposition. « Ce qui nous semblait le plus important, c’était d’établir un corpus qui soit en capacité de nous surprendre. Globalement, on connaissait tous les profils de plus ou moins loin, mais nos discussions et réflexions nous permettent aujourd’hui d’exposer des objets très différents, qu’ils aient été conçus spécialement pour l’événement ou non. »

Un bazar créatif

Inspirés par la multitude d’objets invisibles qui habitent nos rangements, Alexandre Delasalle et Pierre Castignola se sont intéressés aux bazars. « Ce sont des espaces qui regroupent des éléments très contradictoires, allant du classique pouvant durer une vie, comme une poêle, à des choses très fortes mais parfois très éphémères, comme des pantoufles. » Reprenant ainsi l’idée de ces marchés, le lieu d’exposition, anciennement un garage, a été façonné tout en longueur. « Ce qui était intéressant, c’est que la notion de bazar n’est pas la même d’un pays à un autre. J'ai en tête celui de Belleville, mais pour d’autres créateurs il peut s’agir de chaînes de magasins comme Action. En revanche, l’idée d’une petite façade avec des allées longitudinales est commune. Nous voulions donc avoir cette idée de pénétrer l’espace », détaille Alexandre Delasalle. En accord avec cette vision, l’espace d’exposition laisse place à un long rayonnage central sur lequel dialoguent une balayette néo-futuriste et un mini-ventilateur baroque tout droit sorti d’un Disney. « La scénographie est bricolée avec des parpaings et des racks de rangement, mais elle sert le concept. C’est cette accumulation d’un certain nombre d’objets qui donne au bazar son esprit, et non pas l’inverse. Et c’est cette idée qui confère à “take one just in case” quelque chose de polyphonique », conclut le designer.

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8/9/2026
Paris Design Week : la création chinoise s’expose à Paris

À l’occasion de la Paris Design Week, la scène créative chinoise investit plusieurs lieux de la capitale. Du Palais-Royal au Marais, trois rendez-vous témoignent d’une création en mouvement, entre héritage culturel, expérimentation et nouveaux usages.

Longtemps associée à la production, la Chine affirme aujourd’hui une autre place dans le paysage international du design. À Paris, designers, artistes, architectes et éditeurs dévoilent à l’occasion de la Paris Design Week trois espaces aux approches multiples, loin d’une esthétique unique, mais réunies par une attention portée aux savoir-faire, à la matière et au dialogue entre héritage et création contemporaine.

Wu Bin donne forme au temps

Au coeur des jardins du Palais-Royal, la signature du designer et architecte d’intérieur Wu Bin est présenté à travers Le Pavillon du Temps du 9 au 17 septembre. Réalisée en acier inoxydable poli miroir et enveloppée d’une membrane inspirée du papier de Xuan, la structure évolue avec la lumière et les mouvements de son environnement. Divisé en trois segments, le pavillon se transforme au fil de la journée en un cadran solaire contemporain, à la frontière de l’art, du design et de l’architecture.

Le Pavillon du Temps, Wu Bin

Le « bon goût » selon la création chinoise

Du 10 au 14 septembre, le China Creative Pavilion réunit une vingtaine de marques et talents au sein de la Paris Design Week Factory. Sous le thème « Bon Goût ! Good Taste ! », le parcours interroge les relations entre esthétique, sensations et usages. Parmi les projets présentés, Anta s’associe à l’artiste Liu Tong autour d’une installation en papier inspirée de sa technologie ANTA FOLD, tandis que SDCC transforme des céramiques rejetées de Jingdezhen en revêtements architecturaux, conjuguant savoir-faire porcelainier et économie circulaire.

© SDCC

Quand l’art rencontre le quotidien

Enfin, l'exposition "Form Before Form", présentée à l’Espace AUBE du 9 au 19 septembre, marque les débuts européens de YUAN, un projet fondé à Pékin par Song Tao. Céramique, peinture, art floral et installations organiques s’y rencontrent autour d’une vision du design envisagé comme le prolongement d’une recherche artistique et d’une manière d’habiter. La céramiste Du Qinfen y présente notamment YUAN Collection 01, qui transpose son vocabulaire artistique dans des objets du quotidien.

Exposition "Form Before Form" à l'espace AUBE 
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8/9/2026
Intramuros #229 : Second Life

Nous avons longtemps confondu nouveauté et progrès. Comme si avancer supposait nécessairement de remplacer. Comme si un objet, un matériau ou un bâtiment perdaient toute valeur dès lors qu’ils avaient déjà servi. Cette logique a façonné nos intérieurs autant que notre économie : produire, séduire, vendre, oublier. Puis recommencer. Encore et encore. Désormais, le réel nous oblige à regarder autrement ce qui existe déjà. Il ne s’agit pas de renoncer à créer, encore moins de céder à une quelconque nostalgie.

Mais, au contraire, d’élargir le territoire du projet. Réparer, transformer, réemployer, reconditionner, détourner. Tous ces gestes demandent autant d’intelligence que l’invention ex nihilo. Peut-être même davantage. Car composer avec l’existant impose des contraintes, une histoire et, parfois, des cicatrices. Le designer ne part plus d’une page blanche. Aujourd’hui, il écrit la suite.

Sommaire

Design 360

Design Story

Second life, L’âge de la deuxième matière

Dans les mailles d’Iranzo

Maximum, la matière en changement d’état

James Shaw : Agrégats colorés

Issey Miyake, expérience biophilique

Furniture for Good : la matière reprend forme

Sander Wassink, faire avec

Lucie Gholam, reconstruire un récit

Rikkert Paauw, composer avec l’existant

SEA LÍA : chirurgie plastique

.Oddity Fragrance, design parfumé

Dirk van der Kooij, la mémoire du plastique

ecoBirdy : à hauteur d’enfant

Semper & Adhuc, le temps repris

hors-studio, matières premières

deco.and, extravagant silence

Re-design, (Ré)incarner l’objet

Éditeurs, conscience collective


Matières

Fab.BRICK, refaire le mur

Antonin Mongin, la fibre design

Loumi Le Floc’h, lumière d’été

Rezign, le textile réinventé

pierreplume, les fibres du réemploi

Kami-Kami, quand la matière change de statut

In-situ

Ce qui est déjà làOne Yard, d’une industrie à l’autre

K5 : Valeur constante

Atelier Craft, Histoires inédites

Experimenta

Laboratoire des pratiques durables : quand la matière redessine le projet

In the Air

Salon Artisans d’Excellence : la matière à l’honneur

Concours Technogym x Intramuros : les lauréats de la deuxième édition

Hyline : invisibiliser les frontières

Studio MTX, quand la broderie change d’échelle

EquipHotel : les temps forts de l’édition 2026

Agenda

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