Le "métissage" des pratiques aux Jardins de Métis

Le "métissage" des pratiques aux Jardins de Métis

Le Festival international de jardins des Jardins de Métis (Canada) vient de se terminer. Portée par le thème du métissage, cette édition 2020 a bravé la crise sanitaire grâce à l’implication des équipes du festival : elles ont construit les 5 installations des concepteurs internationaux, bloqués dans leurs pays d’origine.

L’édition 2020 du Festival international de jardins des Jardins de Métis portait sur la mise en relation des designers, appelé “métissage”.
Dans le contexte canadien, bien que les Premières Nations (les populations autochtones présentes avant l’arrivée de Jacques Cartier en 1534) aient souvent été méprisée, les métissages qui sont nés notamment au XXIe siècle ont favorisé la créativité et encouragé l’émergence de nouvelles pratiques.
Dans le contexte du Festival, le métissage concerne les pratiques (architecture de paysage, architecture, arts visuels, design industriel…), les plantes (indigènes ou exotiques) ou les matériaux (naturels ou manufacturés).

Sur les cinq installations retenues, le visiteur devient participant actif, en s’allongeant sur le tapis de Augmented Grounds, en se faufilant dans les cercles de (Mé)Tissages, en devenant vibraphoniste dans Corps de résonance, en explorant un récif de corail dans Forêt corallienne ou en s’entrelaçant dans le macramé de Entwine.

Jardins de Métis

``Augmented Grounds``
Soomeen Hahm, architecte, Jaeheon Jung, architecte et Yumi Lee, architecte paysagiste - Séoul (Corée du Sud)

Augmented Grounds, Soomeen Hahm, architecte, Jaeheon Jung, architecte et Yumi Lee, architecte paysagiste

L’installation s'inspire de l'écharpe traditionnelle de la nation métisse des plaines de l'Ouest canadien, et représente l'harmonie grâce à des cordes colorées qui sont étroitement posées sur un terrain sculpté.
Les conceptrices sont particulièrement intéressées par l'exploration d'une écologie harmonieuse entre l'homme, l'ordinateur et la machine. Elles se concentrent actuellement sur les moyens de construire des formes complexes par des humains pour développer des processus de construction qui ne peuvent pas être réalisés entièrement par l'automatisation, ni par le travail humain.

``Corps de résonance``
Charlotte Barbeau, designer, Leila Desrosiers, designer, Félix Roy, designer de l’environnement et Jean-Benoit Trudelle, stagiaire en architecture - Montréal (Canada)

Cette folie musicale prend forme dans une clairière de la forêt. Les visiteurs se déplacent dans et autour de cet instrument géant, qui prend vie en vibrant aux sons de la forêt.

Charlotte Barbeau, Leila Desrosiers et Félix Roy sont des designers de l’environnement, diplômés de l’École de design de l’UQAM. Jean-Benoit Trudelle est diplômé d’une maîtrise en architecture de l’Université de Montréal. Ils se sont réunis pour ce projet afin de créer une équipe multidisciplinaire, capable de raisonner entre l’objet, l’architecture et le paysage.

ENTWINE
Waiyee Chou, architecte paysagiste et Carlos Portillo, architecte-paysagiste, Toronto et Montréal, Canada

L’intégration d’une ancienne technique de nouage du macramé permet de mettre en valeur des variétés de plantes hybridées pour l’horticulture. À l’intérieur d’une spirale, les visiteurs sont libres de se promener pour voir de près les éprouvettes.

Waiyee Chou et Carlos Portillo sont diplômés d’une maîtrise en architecture du paysage de l’Université de Toronto. Waitee a travaillé, entre autres, chez Urban Strategies, section de l’aménagement urbain de la ville de Toronto, et chez Forest and Field Landscape Architecture. Carlos est architecte paysagiste chez Claude Cormier et Associés, il travaille actuellement à la conception et à la construction d’un parc pour le centre-ville de Toronto.

Corps de résonance

ENTWINE

Forêt corallienne
Lucie Bulot, architecte et Dylan Collins, concepteur - Montréal, Canada

Forêt corallienne, Lucie Bulot, architecte et Dylan Collins, concepteur

Une barrière de corail d’un autre genre prend forme le long d’un sentier. Une communauté de calcaire s’enracine dans le boisé avec un métissage de formes qui crée un paysage insolite et une nouvelle communauté hybride.

Lucie Bulot est architecte d’intérieur HMONP, diplômée de l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Paris-Val de Seine. Dylan Collins est architecte DE, diplômé de l’ENSA Paris-Malaquais. Ils vivent et travaillent à Montréal depuis 2019. Leur travail collaboratif commence en 2017 avec la réalisation du jardin Éternelles éphémères au Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire. En 2019, ils créent Neiges éternelles, dans le cadre de l’événement Passages Insolites présenté dans le Vieux-Québec.

(Mé)Tissages
Duc Truong, architecte - Strasbourg (France)

Un paysage tissé qui invite les visiteurs à pénétrer dans un espace créé par un accrochage de cordes colorées. Ce jardin expérimental rassemble les visiteurs autour d’une installation entre l’architecture et la nature. Une invitation à se questionner sur le tissage des liens entre les communautés.

Duc Truong est un architecte français diplômé de l’École d’architecture de Strasbourg. En 2017, il cofonde le collectif d’architectes Figures vives et part à Tokyo pour travailler à l’agence Sou Fujimoto Architects, où il développe une réelle sensibilité pour le métissage de l’architecture et de la nature. Après un an et demi passé au Japon, il décide de rentrer en Europe et poursuit son apprentissage de l’architecture chez O.M.A. (Office for Metropolitan Architecture) de Rotterdam au Pays-Bas.

Les jardins Extra-muros

Le ruban de barricade, qu’on a pu abondamment voir dans les aires de jeux publiques canadiennes pour en interdire l’accès au printemps dernier, est ici utilisé à l’inverse pour inviter les visiteurs du Musée de la civilisation dans le Vieux-Québec à gravir les marches menant au toit-terrasse. Les couleurs de cette troisième édition sont inspirées d’une mouche à pêche d’Elsie Reford. Quelques accessoires de pêche de la collection des Jardins de Métis sont également présentés dans l’exposition, Histoires de pêche.

Julia est professeure adjointe au département d’architecture de l’Université de Buffalo, et Coryn est professeur auxiliaire adjoint. Travaillant en collaboration depuis 2003, ils s’efforcent de créer des objets, des espaces et des situations qui transfigurent le quotidien de façon ludique et hautement stimulante. Leur travail a été récompensé par le League Prize de l’Architectural League of New York en 2018.

(Mé)Tissages, Duc Truong, architecte

« Roof Line Garden » de Julia Jamrozik et Coryn Kempster, artistes et designers canadiens basés à Buffalo, dans l’État de New York

Fruit d’une collaboration entre l’UQAM, le Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS) et le Festival international de jardins, l’installation Ressac se déploie jusqu’à la fin octobre dans l’espace public adjacent à l’édicule du métro Saint-Laurent à Montréal.

Un jardin sec représente la grève alors qu’une passerelle en bois clair, rappelant le bois flotté, traverse celui-ci. Épousant la ligne de désir formée par les passants, le tracé sinueux s’inspire aussi de la forme de l’embouchure de la rivière Mitis, voisine des Jardins de Métis, qui se jette dans le fleuve. Le soir, l’horizon se dégage alors qu’un film est projeté sur le mur de brique qui, de jour, s’interpose entre le regard du passant et le fleuve, à peine un kilomètre plus au sud. La projection nous transporte au-delà de cette limite en amorçant une conversation entre corps et fleuve, incarnée par la danseuse Ivanie Aubin-Malo.

« Ressac » de Mégan Dorigo, Aurélie Martel, Audrey Sambeau et Mireille Simard, finissantes du Diplôme d’études supérieures en design d’événements de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)
Rédigé par 
Nathalie Degardin

Vous aimerez aussi

Temps de lecture
5/3/2026
Vind, une collection qui se fond dans le paysage

Imaginée par Kasper Salto pour le Louisiana Museum of Modern Art de Humlebæk au Danemark, la collection Vind marque un nouveau chapitre dans la collaboration de longue date entre le designer danois et Fritz Hansen. Une collection outdoor discrète et exigeante, pensée pour durer et s’effacer dans le paysage.

Née du mot danois signifiant « vent », la série Vind puise son inspiration dans l’architecture maritime et les forces naturelles qui façonnent le littoral du Louisiana Museum of Modern Art, situé à Humlebæk au Danemark. Conçue spécifiquement pour les espaces extérieurs du musée, cette collection de mobilier signée par le designer Kasper Salto incarne une approche du design à la fois humble, fonctionnelle et profondément contextuelle. « La chaise Vind est un outil pour s’asseoir, ce n’est pas une oeuvre d’art. Elle est conçue pour bien servir les gens, comme un hôte discret », confie le designer. La collection privilégie ainsi une expression calme, presque silencieuse, où chaque détail sert l’usage.

Collection outdoor Vind, design Kasper Salto © Fritz Hansen

La précision du geste discret

Les structures en aluminium thermolaqué, légères, durables et recyclables, assurent solidité et longévité, tandis que les assises, tressées à la main à partir de près de 150 mètres de corde en polyester, apportent texture et confort. Un travail artisanal qui requiert jusqu’à quatre heures par pièce et confère à chaque assise de subtiles variations, révélant un équilibre maîtrisé entre précision industrielle et geste humain. La collection Vind prolonge ainsi l’héritage de la chaise ICE™, conçue par Salto pour le café du musée au début des années 2000, tout en répondant à un autre esprit du temps : celui de la durabilité, de la simplicité et du « moins mais mieux ». Composée d’un fauteuil, d’une chaise et d’une table, la série s’intègre prend naturellement sa place au cœur des jardins, terrasses et espaces d’accueil, sans jamais rivaliser avec son environnement. Une présence juste, pensée pour accompagner le paysage plutôt que le dominer.

Temps de lecture
5/3/2026
Le design radical allemand exposé à la Pulp Galerie

Pour l’ouverture de son nouvel espace, rue de Seine, la Pulp Galerie présente une exposition dédiée au collectif radical allemand Pentagon Gruppe.

Cinq designers mais une seule perspective : la radicalité de l’objet. Pour l’ouverture de son nouveau showroom, Pulp Galerie, fondée par Paul Ménacer-Poussin et Paul-Louis Betto, met à l’honneur le collectif allemand Pentagon Gruppe jusqu’au 21 mars. Composé de Gerd Arens, Wolfgang Laubersheimer, Reinhard Müller, Ralph Sommer et Meyer Voggenreiter, le groupement met en avant l'esthétique du non-fini. Fondé en 1985 à Cologne, en pleine guerre froide, Pentagon Gruppe se constitue avec l’idée qu’une révolution est possible par le design. À l’heure où l'artiste n'est pas vraiment considéré, et où l'interconnexion entre industrie et design est bien loin de celle de l’Italie, les créateurs s’inscrivent à rebours de leur époque. Faisant alors fi du fonctionnalisme et de la sobriété formelle héritée du Bahaus, le studio fait prévaloir l’idée sur le confort. L’objet doit être manifeste, et manifeste est la radicalité. Pièces massives et extrêmement lourdes, rayures apparentes et soudures volontairement grossières, les notions véhiculées doivent être visibles et inhérentes aux objets. À l’image du buffet Seerose de Wolfgang Laubersheimer réalisé en acier et en pierre de lave brute, la structure s’impose.

©narophoto

Une envie de faire bouger les lignes

Si le collectif demeure inclassable - bien qu'il soit objectivement tourné vers une radicalité ou le style domine le reste -, les pièces exposées laissent entrevoir l’idée de mouvement. Une omniprésence que l’on retrouve notamment sur le lit Folding bed reprenant la structure en compas de Jean Prouvé, la bibliothèque Shelf Unit for Cheap Glasses dotée de roulettes ou encore les porte-magazines Mai 68, évidentes transpositions matérielles de l’instabilité qui règne alors en France. Autant de références au secteur industriel. Mais c’est aussi dans une forme plus poétique que cette notion s’incarne. Du cours d’eau miniature abreuvant les plantes de l’imposante table Amazonia en pierre de ruhr, à la suspension mobile Voyage à Milan sur laquelle un train tourne, le mouvement traduit la liberté de création totale du studio seulement incarné par la froideur des matériaux et la rigidité des volumes. Une approche qui prendra fin après une dizaine d’années d’activité seulement, lorsqu'un ambitieux projet de café d’artiste itinérant et robotisé mènera Pentagon Gruppe à la faillite. Une aventure totale et radicale en tout point que la Pulp Galerie propose de découvrir par le biais d’une vingtaine d’objets.

L'exposition Pentagon Gruppe, Silent Brutality est à découvrir jusqu'au 21 mars 2026 à la Pulp Galerie, 30 rue de Seine, dans le 6e arrondissement de Paris.

©narophoto
Temps de lecture
4/3/2026
Unwanted guest : une chirurgie plastique signée Pierre Castignola

Pierre Castignola expose Unwanted guest, une collection de mobilier fabriqué à partir de chaises Pierre Paulin découpées.

C’est sous le plafond argenté de la galerie ITEM IDEM, sorte de factory warholienne où se côtoient, sur des étagères Starck, des créations de Castiglioni ou Sottsass, que Pierre Castignola présente son deuxième solo-show. Une évidence pour le designer influencé par le design radical italien et intéressé par la sémiotique. Fidèle à son approche pour le moins déconstructiviste, ce dernier présente Unwanted guest, une exposition évoquant par son nom « l’idée d’un détournement respectueux de l'œuvre initiale ». Et pour l’occasion, c’est la chaise Tango dessinée par Pierre Paulin qui a été découpée et réassemblée. Inscrite dans la veine du Fauteuil 300, première chaise monobloc sortie en 1972, Tango s’est rapidement imposée dans le paysage quotidien de nos étés. « J'ai récupéré 39 modèles de cette assise à l’occasion de la rénovation de la piscine de Geldrop, en banlieue d'Eindhoven où j’ai fait mes études. Leur couleur rouge m’a beaucoup plu, mais elles sont restées longtemps entreposées dans mon atelier sans que je ne sache comment les utiliser. Et un jour, j’ai décidé d’en prendre quatre, de les découper un peu au hasard et d’observer » explique Pierre Castignola. Une approche radicale qui a alors donné naissance aux premières des 21 pièces qui composent la collection. « Mon premier solo-show portait sur le salon. Pour le second, j’avais envie d’autre chose, et comme je me considère d’une certaine manière invité involontairement dans l’univers de Pierre Paulin, la chambre d'amis m’est venu assez naturellement et elle a induit plusieurs objets allant du lustre au baby-foot. »

Fauteuil Unwanted guest

Un héritage redécoupé

Ni réel hommage, ni rupture totale avec l'œuvre de Pierre Paulin, Pierre Castignola propose une relecture du mobilier initial sous forme « d'innombrables variations. » Comme un passage assumé du sériel à l’unicité des pièces, le designer en profite également pour repenser son approche. « D’habitude, je travaille plutôt du plastique souple. Or celui-ci fait 3 à 4 millimètres d’épaisseur et son inflexibilité a imposé de repenser la démarche. » Outre l’aspect caractéristique de ses objets, le designer livre donc une collection ou les angles deviennent plus saillants, et les courbes davantage imposées par les limites plastiques. « Pour faire le fauteuil, je n’ai utilisé que des zones d’assises découpées, alors que le tabouret est constitué uniquement d’accoudoirs. » Des regroupements par similitudes qui font du designer non plus tant « un façonneur qu’un sélectionneur » orienté tout autant par son imaginaire que par la contrainte. Une particularité structurelle qui a aussi amené le designer à se pencher sur l’héritage de Pierre Paulin. « Quelqu’un m’a expliqué un jour que Pierre Paulin utilisait beaucoup le tube dans ses armatures. C’est quelque chose que j’ai repris ici pour y greffer mon approche et fabriquer quelque chose de nouveau, mais en écho. » Une confrontation entre deux univers, autant qu’entre deux époques radicalement opposées.

L’exposition Unwanted Guest de Pierre Castignola, à retrouver chez ITEM IDEM, 12 rue Bleue Paris dans le 9e arrondissement de Paris, du 4 mars au 12 avril 2026.

Temps de lecture
26/2/2026
Gaudí réédité par BD Barcelona

En collaboration avec Monde Singulier, BD Barcelona réédite la collection de mobilier conçue par Antoni Gaudí pour la Casa Calvet et la Casa Batlló entre la fin du 19e et le début du 20e siècle. Entre rigueur structurelle et élans organiques, ces pièces historiques, reproduites à l’identique en chêne massif, réaffirment la modernité radicale d’un créateur pour qui architecture et design ne faisaient qu’un.

En relançant la Gaudí Collection, BD Barcelona remet en lumière un pan essentiel de l’œuvre d’Antoni Gaudí : son mobilier. Souvent éclipsées par la puissance iconique de ses bâtiments, ces pièces conçues entre 1898 et 1906 témoignent pourtant d’une vision totale, où chaque détail participe d’un même souffle créatif. Chaises, bancs, tabourets, portemanteau, miroir ou poignées de porte prolongent l’architecture dans l’espace domestique avec une cohérence rare.

Chaise Battló

Dès la Casa Calvet (1898-1899), première grande commande résidentielle de l’architecte à Barcelone, Gaudí dessine un ensemble de meubles en chêne pour les bureaux du rez-de-chaussée. Deux ans plus tard, il transforme la Casa Batlló (1904-1906) en manifeste organique et conçoit pour la salle à manger un mobilier sculptural devenu emblématique. Ces créations, aujourd’hui conservées au musée Gaudí du Park Güell, trouvent avec BD une nouvelle vie à travers des reproductions fidèles, réalisées selon les méthodes artisanales d’origine en chêne massif verni.

L’organique comme structure

Chez Gaudí, la ligne n’est jamais décorative : elle est constructive. Les dossiers se déploient comme des vertèbres, les pieds s’élancent tels des membres, les accoudoirs s’enroulent avec la tension d’un muscle. La célèbre Calvet armchair, assemblée à partir de cinq pièces formant un “cou” épais, des poignées arquées et un dossier en cœur, incarne cette synthèse entre expressivité et stabilité.

Fauteuil Calvet

Le Calvet stool, tripode et compact, joue d’une présence presque zoomorphe, tandis que le banc Calvet développe une structure fluide ponctuée de motifs floraux sculptés. À la Casa Batlló, la chaise et le banc adoptent des courbes plus osseuses encore, en écho aux balcons ondulants et à la toiture évoquant l’échine d’un dragon. L’assise, creusée avec précision, offre un confort surprenant, preuve que l’ergonomie occupait déjà une place centrale dans la réflexion du maître catalan.

Tabouret Calvet

L’exactitude comme hommage

BD est la première marque à rééditer ces pièces historiques, en respectant scrupuleusement matériaux et techniques traditionnelles. Chaque meuble est réalisé en chêne massif verni, numéroté et accompagné d’un certificat signé par le directeur de la Cátedra Gaudí garantissant son authenticité. Mais cette fidélité n’a rien de nostalgique. Elle rappelle au contraire combien ces formes demeurent actuelles. À l’heure où le design contemporain revendique organicité, expressivité et hybridation des disciplines, le mobilier de Gaudí apparaît d’une modernité intacte. Plus d’un siècle après leur conception, ces meubles ne relèvent ni du pastiche historique ni de la simple réédition patrimoniale : ils s’imposent comme des objets manifestes, où artisanat, sculpture et fonctionnalité s’équilibrent avec une audace toujours contemporaine.

Banc Battló
Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque semaine l’actualité du design.