
Maison&Objet : les 5 nouveautés qui nous ont fait de l’œil
Comme chaque année, Maison&Objet, l’incontournable rendez-vous qui s'est tenu du 14 au 19 janvier, nous a réservé son lot de belles découvertes. En voici cinq qui ont particulièrement retenu notre attention.
Si la thématique hivernale Past Reveals Future laissait entendre un regard tourné vers le passé, c’est pourtant bien vers l’avenir que nous a entraîné cette nouvelle édition de Maison&Objet. Portée par un Off foisonnant de nouvelles collections, de jeunes studios et de collaborations inédites, cette semaine dédiée au design semble avoir esquissé de nouvelles perspectives créatives. Un corpus de créateurs, pour certains déjà reconnus dans le champ transversal de l’architecture intérieure, s'est affirmé à travers l’objet et la pièce de mobilier. Une liberté de ton et d’approche qu'ont partagé de nombreux studios parmi lesquels cinq coups de cœur.
Adret
Co-fondateurs de l’agence d’architecture intérieure RMGB, Guillaume Gibert et Baptiste Rischmann ont créé Adret en septembre 2025. Un nom issu d'un terme ancien désignant le versant de la montagne exposé au soleil. Un lieu propice à l’habitat et à l’enracinement, évoquant le temps long : celui de la réflexion comme celui du lien durable entre l'objet et son propriétaire.
Après une première participation remarquée à l'avant dernière Paris Design Week, la maison d’édition présentait de nouveau sa première collection. Un ensemble de pièces aux lignes tendues, où chaque création semble répondre à des règles de géométrie précises. Jouant sur l’association des volumes et des décalages, le studio révèle de petites constructions évoquant parfois les traits de Pierre Chareau. Un parti-pris contrebalancé par des pièces plus rondes, comme en léger décalage, à l’image du fauteuil tout en transparence dessiné par l’artiste plasticienne Esther Hess au début des années 1970, ou de la table d'appoint Colt reprenant les codes de cette époque. Une mise en perspective du temps et de la complémentarité des formes, éclairée par un lampadaire en céramique réalisé avec Alice Trescart.

Coutansais
Issus de l’École Camondo où ils ont mené leurs premiers projets, Clara Rebillard Castillo et Victor Poirier Coutansais présentaient leur première collection de mobilier. Une ambition nourrie par la livraison récente du restaurant coréen Balhyo, dans le 6ᵉ arrondissement de Paris. Imaginée dans la continuité de l’esprit du studio d’architecture intérieure éponyme, Coutansais-Castillo, la collection s’inscrit dans la tradition des ensembliers. Réunissant un ottoman, une lanterne, une console murale et un tapis, elle fait la part belle aux volumes généreux et à une sobriété maîtrisée. Le chêne massif, travaillé par l’Atelier Lousteau, dialogue avec un papier népalais ciré, enchâssant une gaze. Un jeu sur la lumière et le relief que l’on retrouve dans les jetés de coton beige, arrangés en filet noué et perles de laiton patiné, disposés sur des assises en shantung de soie sauvage réalisées par l’atelier Asseyons-nous. Autant d'échos à l'art décoratif, ici mis en perspective par les toiles contemporaines de la galerie Dvir.

Ebur
C’est dans son propre appartement que Racha Gutierrez expose,avec son amie d’enfance et cofondatrice du studio Ebur, Dahlia Hojeij Deleuze, l’exposition Acte IV. Un ensemble de créations du studio, connu tant pour son approche architecturale que pour ses luminaires en soie sauvage. Une gamme que la marque étend aujourd’hui avec Chimera. Pensée comme un dialogue entre formes et matières, cette nouvelle collection associe à la douceur et à l’imperfection visuelle de la soie sauvage, une matière froide et minérale : le plâtre. Un médium que le duo explore ici pour la première fois dans le champ du luminaire. Imaginées comme des sculptures architecturales, les pièces résultent d’un mélange d’inspirations africaines et libanaises, dont la construction renvoie parfois à un langage plus européen.

Necchi
Pour sa première collection de mobilier, intitulée Ec8, le studio Necchi Architecture, fondé par Charlotte Albert et Alexis Lamesta, a choisi de faire confiance à Monde Singulier. Exposées au sein du showroom de la rue de Charlot, les pièces se déployaient dans une scénographie duveteuse et bleutée, procurant un sentiment d’appartenance et de réconfort.
Fidèle à l’ADN de la plateforme, cette collection en édition limitée célèbre un design de caractère, nourri d’anachronismes assumés et de références aux années 1930-1940. Ec8 revisite ainsi les codes du mobilier bourgeois et familial avec humour et liberté. Les pièces associent forme et fonction, en contraste avec un choix de matériaux affirmé : laques brillantes, inox, marqueterie, cuir ou encore velours de mohair. Pensées comme des objets de transmission, à l’image de ces meubles de famille que l’on se lègue de génération en génération, les créations incarnent une vision du design expressive et résolument intemporelle.

Haydn
Fondée par le designer Haydn Von Werp, la marque américaine Haydn dont le studio est basé à Milan, présente Arcus. Une collection de trois pièces conçue comme un ensemble cohérent. Ici, le banc, le daybed et la bar Cart forment un ensemble basé sur les codes de l'architecture. Inspirée par la solidité des ruines antiques, le tryptique explore la notion de structure et, à travers elle, celle de la proportion.
Portés par le savoir-faire italien, la pierre et le bois s'articulent dans une quête d'équilibre. Il ne s’agit pas ici d’empiler volumes et matières, mais de construire le meuble comme on érige un bâtiment. Un bel exemple de l’imprégnation de l’Art déco dans le design collectible contemporain.















