Le Tabouret de Jean Prouvé réinventé pour La Source Garouste
« "Two Half Stool" Coffee Table », Jean-Michel Wilmotte ©Hugo Miserey

Le Tabouret de Jean Prouvé réinventé pour La Source Garouste

Pour sa 28e édition, La Source Garouste s'est emparée du Tabouret de Jean Prouvé. Un classique de l’architecte et designer, repensé en 55 versions alternatives prochainement proposées aux enchères.

C’est un exercice auquel certains designers, créateurs de mode ou architectes sont désormais fidèles. Pour cette 28e édition, l’association La Source Garouste s’est entourée de 55 créateurs pour réinventer, tant fonctionnellement qu’esthétiquement, le Tabouret de Jean Prouvé. Icône du design offerte par la maison d’édition Vitra, la pièce devient pour l’occasion un véritable support d’expression artistique et caritatif. Une complémentarité engagée dès 1991 par le couple d’artistes Elizabeth et Gérard Garouste, afin de soutenir des actions contre l’exclusion sociale. Visibles durant trois jours, du samedi 13 au lundi 15 décembre dans l'Hôtel de l’Industrie, place Saint-Germain-des-Prés à Paris, les pièces seront vendues aux enchères à partir de 500 euros. La vente, qui se déroulera le lundi à 20 heures, sera accessible sur place et via Piasa Live et Drouot.com. En guise d’avant-goût, la rédaction d’Intramuros a sélectionné cinq pièces coup de cœur.

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Pierre Bonnefille

« J’ai choisi de travailler sur deux pièces en partie et contrepartie. Lorsqu’on les regarde, ce sont deux tabourets qui retranscrivent une part de mon univers, à la fois temporel et matiériste. On peut d’ailleurs voir un lien entre ma proposition et la philosophie de Jean Prouvé par la symbolique du temps, la pérennité. En effet, j’ai imaginé une relation temporelle en laissant la partie laquée originale opposée à une intervention très visuelle réalisée à base de carbone et d’oxyde de fer. Malgré ce contraste, le design final de ma création est une recherche d'équilibre, une conversation avec le temps… »

« Résonances », Pierre Bonnefille ©Hugo Miserey

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Alice Gavalet

« Pour ma galerie à New York, j’ai fabriqué des guéridons qui comportent un piètement à base carrée avec un plateau rond, comme une pièce d’échec. C’était donc une évidence pour moi de réaliser un guéridon à partir du tabouret Prouvé. Pour qu'il fasse entièrement partie de mon univers, tous les éléments ajoutés sont en céramique et ont été fabriqués dans mon atelier, à Nogent-sur-Marne. Le plateau et les boules sont des éléments que j’ai repris de mes créations passées, et le tout est recouvert de motifs de couleurs vives travaillées comme une peinture. Outre le fait que ce guéridon devienne une pièce de mobilier unique et vivante, j’aime la notion de contraste qui s’en dégage, entre le froid, la sagesse de la pièce initiale, et la chaleur, la vivacité des couleurs de mes ajouts. Si Jean Prouvé a su mêler l’artisanat et l’industrie pour adapter son travail fonctionnellement et ergonomiquement, je suis loin de toutes ces préoccupations. Je pense les objets comme des pièces uniques, à la limite de l’utilitaire. Ma réinterprétation habille le tabouret sans l’abîmer. Les deux éléments que sont le plateau et la lampe sont liées, alors que l’œuvre de Jean Prouvé reste totalement indépendante. J'ai appelé ma création "Cartes sur table", comme un livre d’Agatha Christie car ce guéridon pourrait faire partie d'un décor intrigant, ponctué d'objets de différentes origines. »

« Cartes sur table », Alice Gavalet ©Hugo Miserey

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Julien Gorrias - Carbone14.studio

« Jean Prouvé est au cœur de mon travail. Sa philosophie m’a inspirée dès mes études à l’ENSCI–Les Ateliers où la cour de l’école porte d'ailleurs son nom. Au premier abord, j’étais donc très impressionné par cette pièce très iconique, mais je ne voulais pas trop me limiter. En l’examinant de plus près et en la démontant, j’ai compris très clairement sa structure. Ma démarche a été de la détourner tout en respectant son essence et son intégrité. Pour cela, j'ai voulu évoquer les années 60 et l'imaginaire américain, c'est-à-dire les structures métalliques au bord des routes et ce moulin en métal des westerns. Ces éléments font écho à Prouvé et à l’esprit de cette époque. Je me suis d'ailleurs inspiré d’une chanson de Michel Legrand écrite en 1968, date connue pour son changement de cycle de la société, qui ouvre le film "L’Affaire Thomas Crown". Même si le design n’est pas initialement pensé pour des pièces uniques, cette œuvre rappelle l’importance de la poésie et le pont avec les objets du quotidien. Je crois que c’est avant tout une sensibilité que j’ai voulu partager. Et pour cela, quoi de mieux que de rajouter des ailes pour que l'objet s’envole et une lampe pour qu’il éclaire ? Je me suis fait aider d’Estampille 52 pour le bois, de Maud Ruby pour les plumes. Le reste, c'est du remploi que j’ai trouvé dans mon atelier. En voyant la création finale, certaines personnes évoquent Jean Tinguely. Je suis passionné par ces pièces cinétiques, qui nous invitent à regarder et qui nous permettent de rêver. Les moulins sont des objets fascinants dont les mouvements induits par le vent restent toujours hypnotisants. Cette création est avant tout une pièce de fascination. »

« The Windmills of Your Mind » (les moulins de mon cœur), Carbone 14 Studio ©Hugo Miserey

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Baptiste Donne - NOCOD studio

« Notre proposition est un clin d’œil facétieux à l’héritage de Jean Prouvé. Nous aimons détourner les codes et raconter des histoires avec chacun de nos projets. Et pour celui-ci, le propos étant de créer une pièce unique, nous voulions que les codes industriels de Prouvé rencontrent un savoir-faire artisanal d’exception. Cette pièce ayant suscité notre curiosité, l’assemblage du piètement s’est très vite imposé à nos yeux comme un indice, une invitation à ouvrir l’objet en deux. En le déployant selon son axe, le tabouret s’est offert tel un éventail métallique, révélant en son cœur une tôle polie miroir à l'aspect sensible. Cette approche était une manière de révéler un champ des possibles vraiment intrigant, mais c’était aussi un clin d’œil à la tôle pliée, si chère au designer, qui ici semble consubstantielle à l'objet. »

« À ouvrir avec soin », NOCOD studio ©Hugo Miserey

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Chady Najem

« Avec "Main de fer, gant de velours", réalisé avec VLD Paris, L’Atelier des Étoffes et Dedar, nous avons voulu confronter la rigueur du Tabouret original de Jean Prouvé à un geste plus instinctif. L’objet originel, pensé avec une logique quasi industrielle, est fonctionnel, précis, mais aussi froid et rigide. Nous avons choisi d’y introduire une faille. Les incisions du métal ne sont pas de simples blessures, ce sont des gestes assumés, proches des entailles de Lucio Fontana, qui ouvrent un espace, une dimension plus expressive. En décapant la laque d’usine, nous avons révélé le métal nu, brut, avec ses variations et ses imperfections. Cependant, l’assise en velours de mohair offre un contrepoint calme, une douceur assumée. La pièce naît de cette tension. Elle reflète notre manière de conjuguer rationalité et émotion, en conservant la précision du plan initial de Jean Prouvé, et en apportant une poésie liée aux matières. C’est une question d’équilibre, de justesse. En mettant à nu le métal, il y avait également une forme de sincérité de la matière, une solidité évidente caractéristique. Détériorer la matière était une forme d’hommage passant par la confrontation. Ayant grandi au Liban, au milieu d’immeubles éventrés par la guerre, j’ai appris très tôt à reconnaître la beauté dans la blessure, dans ce qui reste debout malgré tout. "Main de fer, gant de velours" en garde l'empreinte. C'est une structure éprouvée, mais jamais effondrée. Le velours n’efface pas ces traces, il apporte une respiration, une douceur. »

« Main de fer, gant de velours », Chady Najem ©Chady Najem
Rédigé par 
Tom Dufreix

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23/10/2026
GUBI réédite la lampe Lotus de Carlo Nason

Disparu en mai dernier, le designer italien Carlo Nason laisse derrière lui une multitude de créations en verre. Parmi elles, la lampe Lotus dessinée en 1969 et rééditée par GUBI.

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LT305. Un nom un peu barbare qui ne vous dit probablement rien. Pourtant, derrière cette référence se cache la Lotus Table Lamp. Surnommé ainsi par les collectionneurs en raison de sa forme, le modèle créé en 1969 est aujourd’hui réédité par GUBI. Un hommage à son designer, Carlo Nason, décédé en mai à l’âge de 91 ans. Né à Murano dans une famille d’artisans verrier, le créateur laisse derrière lui un vaste éventail d'objets parmi lesquels des vases, pour certains acquis par le Corning Museum of Glass de New-York dès 1959. Des typologies décoratives rapidement mises de côté au profit de l’éclairage dans lequel l'italien se lance en collaboration avec le spécialiste muranais AV Mazzega, dirigé par son ami de longue date Gianni Mazzega. Une association qui marque durablement sa carrière du designer ponctuée de succès parmi lesquels le modèle Lotus.

Lampe Lotus, design : Carlo Nason © GUBI

Fleur éternelle

Inspiré par le modernisme nord-européen et les courbes futuristes du Space Age, Carlo Nason instille rapidement une dimension expérimentale à sa pratique du verre soufflé. De cette fusion est née la LT305, un modèle emblématique porté par un nouveau langage formel. Véritable architecture géométrique, le dessin combine quatre diffuseurs imbriqués les uns dans les autres. Assemblés autour d’une structure en acier - aujourd’hui chromée noir -, les globes jouent avec la lumière et la translucidité grâce à la technique du pulegoso. Mis au point dans les années 1920, ce procédé consiste à emprisonner de petites bulles d’air dans la matière. Une technique que Carlo Nason réexploite ici au profit d’une fleur évanescente.

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22/10/2026
“Made in Situ” : le design en situation par Noé Duchaufour-Lawrance

En partenariat avec le Mobilier national, le designer Noé Duchaufour-Lawrance expose “Made in Situ” jusqu’au 29 novembre dans la galerie des Gobelins à Paris. Une monographie qui retrace sept années d’exploration créative et autant de projets menés au Portugal.

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Sept projets en une seule exposition. C’est l’idée de "Made In Situ", une monographie présentée jusqu’au 29 novembre dans la Galerie des Gobelins à Paris. Parti au Portugal dans l’optique de retrouver un artisanat populaire et des savoir-faire locaux qu’il pensait perdu en France, Noé Duchaufour-Lawrance y est resté sept ans. Un déplacement sur le temps long motivé par une perte de sens et la volonté de réattribuer à la matière une valeur concrète et une origine palpable. La démarche, à l’origine inspirée par la gastronomie et la conscience du local, du lien au territoire, a donné lieu au « design situé, de design de situation ». Un concept matérialisé par sept collections d’objets et de mobiliers dans lesquelles se rencontrent techniques ancestrales et lignes organiques sophistiquées. De quoi ériger la fabrication vernaculaire en nouveau territoire d’exploration plastique.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel

Voyage en terre nouvelle

Imaginée comme un bref voyage au sein des traditions de ce pays de la péninsule ibérique, l’exposition se déploie sous forme de saynètes. Chaque projet est présenté dans une mise en scène où le produit fini côtoie la matière brute. Une manière de convoquer subtilement le geste artisanal, expliqué par de discrets cartels où croquis et photographies racontent, à qui veut l’entendre, les secrets de fabrication. Qu’il s’agisse de la soenga, une cuisson artisanale de la céramique à même le sol, ou du travail du liège, un bois résilient face aux incendies qui attaquent régulièrement le couvert portugais, Made in Situ est également le récit d’un pays.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel

Fort de ses traditions, et devenu au fil des décennies un terrain de fabrication plébiscité par le secteur du design, le Portugal se voit tout au long du parcours, mais se ressent aussi grâce à la scénographie de Clémence Farrell. Spécialiste des parcours immersifs, elle livre une déambulation portée par des senteurs et les créations sonores de Luis Clara Gomes et Vany Fox. Une belle rétrospective dans laquelle l’objet se fait conteur et transmetteur d’artisanats locaux.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel
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20/10/2026
Design Miami Paris 2026 : courants alternatifs

Pour sa cinquième édition, Design Miami Paris a invité trente galeries à prendre possession de l’hôtel de Maisons. L’occasion de regrouper, en cette semaine de l’art, les arts décoratifs français, le design moderniste et collectible. Une rencontre entre plusieurs univers dont nous a parlé Jen Roberts, directrice générale de l’événement.

Le mois d’octobre est devenu, depuis quelques années, le rendez-vous annuel des collectionneurs et des amateurs d’art. En parallèle d’Art Basel, Design Miami Paris s’ouvre ce mardi 20 octobre pour cinq jours. Implantée au sein de l’hôtel de Maisons, derrière les hauts murs du 51 rue de l’Université, cette cinquième édition s’articule autour de la thématique « Design for presence ». Une présence incarnée par différents courants artistiques. Ici, les lignes modernistes des bijoux dessinés par Pierre Charreau et le mobilier de Jean Prouvé se confrontent aux formes généreuses et aux techniques ornementales présentées par un corpus de galeries internationales. Une approche contrastée de la création sur laquelle nous éclaire Jen Roberts, directrice générale de Design Miami depuis 2015.

©Galerie Rossella Colombari

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Cette année, le design historique français et les arts décoratifs seront à l'honneur. Pourquoi ce choix ?

C’est à Paris qu’une grande partie de l’histoire du design et des arts décoratifs français s’est écrite, et c’est là qu’elle reste aujourd’hui encore très vivante. La ville abrite une concentration exceptionnelle de galeries spécialisées, d’ateliers et de collectionneurs qui connaissent parfaitement ces périodes. Ici, les œuvres historiques sont comprises et activement collectionnées. Il est donc logique que notre édition parisienne leur accorde plus de place que celle de Miami.

Cette dynamique se ressent tout au long du salon. La Galerie Maxime Flatry rassemble un ensemble rare d’œuvres modernistes françaises des années 1930, articulé autour d’un ensemble majeur de Robert Mallet-Stevens et présenté aux côtés d’œuvres de Pierre Chareau, Eileen Gray et Pierre Legrain. Laffanour | Galerie Downtown présente des œuvres de Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand. Mitterrand expose des œuvres de Claude et François-Xavier Lalanne, notamment une paire exceptionnelle de « Singes Attentifs » et une « Pomme de Londres » datant de 2007. Et dans les jardins, dans le cadre de « Design at Large », les visiteurs pourront découvrir « Le Très Grand Ours » de François-Xavier Lalanne, un ours en bronze de trois mètres de haut.

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Comment la sélection de Design Miami Paris — qui se concentre principalement sur les pièces de collection — s’inscrira-t-elle dans ce thème historique ?

Il existe un lien naturel entre le thème historique et l’orientation du salon vers le design de collection. Le salon réunit des œuvres historiques et contemporaines, permettant ainsi aux visiteurs de suivre l’évolution des idées de design au fil du temps. Chaque pièce est examinée par des experts indépendants. Les œuvres historiques capturent un moment précis, qu’il soit marqué par une avancée technique, un mouvement artistique ou un bouleversement social ou politique. Elles offrent aux designers d’aujourd’hui une histoire sur laquelle s’appuyer, et permettent aux collectionneurs de replacer les œuvres contemporaines dans leur contexte. Souvent, les moments les plus intéressants se produisent là où les deux se rencontrent. La Galerie kreo associe des luminaires français et italiens du XXe siècle à des éditions limitées signées par des designers tels que Jasper Morrison et Virgil Abloh. Cette juxtaposition rend visible la relation entre les époques. Le Salon 94 Design de New York et la SIDE Gallery de Barcelone apportent également au salon des perspectives venues d’au-delà de la France.

©Galerie Rossella Colombari

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Faut-il s’attendre à des liens visuels entre ces univers, ou à un anachronisme délibéré ?

Les liens visuels comme les contrastes délibérés font partie du plaisir de ce salon. En quelques pas, on peut passer d’un meuble des années 1930 à une pièce achevée ce printemps. Parfois, le lien est explicite. À la Galerie SCÈNE OUVERTE, l’exposition « Around a Desk : A Contemporary Vision of Decorative Arts » rassemble le bureau et le totem en argent allemand du Studio Lugo, ainsi que le canapé du Studio KRJST, conçu autour d’une tapisserie unique en son genre. Ces deux œuvres dialoguent clairement avec la tradition française des arts décoratifs. Ailleurs, c’est le contraste qui fait toute la force de l’exposition. Dans les jardins, la maison préfabriquée de Jean Prouvé, datant de 1944, se dresse près de la balançoire en bronze d’Irene Cattaneo, réalisée cette année.

Les nouveaux exposants élargissent également le débat sur le plan géographique. La galerie A/P Room, originaire de Dubaï, présente des œuvres brésiliennes du milieu du siècle dernier signées Joaquim Tenreiro, Abraham Palatnik et Branco e Preto, aux côtés d’Originform, une nouvelle série de luminaires sculpturaux de Rogan Gregory, ainsi que des objets de l’architecte et céramiste libanais Zein Daouk. Les liens s’établissent davantage par la forme et la matière que par la date, et les pièces historiques et contemporaines occupent une place équivalente.

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Que l’accent soit mis sur le design moderne ou contemporain, le cadre architectural de l’hôtel de Maisons influence-t-il, d’une manière ou d’une autre, votre sélection artistique ?

Tout à fait. C’est notre quatrième édition à l’hôtel de Maisons, et le cadre a son importance. Le lieu est une demeure, pas un hall d’exposition. Les meubles et les objets s’y découvrent donc à une échelle domestique, dans des pièces baignées de lumière naturelle et chargées d’histoire. De nombreuses galeries adaptent leurs présentations en fonction de la maison. La Galleria Rossella Colombari, par exemple, évoque l’atmosphère d’une maison italienne typique.

À l’extérieur, la cour et les jardins nous offrent l’espace nécessaire pour « Design at Large », notre programme d’œuvres à grande échelle qui ne pourraient pas être exposées à l’intérieur. Cyryl Zakrzewski a conçu son banc en contreplaqué de bouleau pour la Craftica Gallery spécialement pour cet environnement extérieur, et Abel Macias, ancien étudiant de la SCAD, a créé un revêtement de sol capitonné pour l’escalier d’origine du XVIIIe siècle de la maison.

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Parmi les nouveaux talents présentés dans ce numéro, pourriez-vous en citer un ou deux qui, selon vous, pourraient se démarquer dans les années à venir ?

En tant qu’organisateurs, ce n’est pas à nous de désigner des favoris, mais j’invite les visiteurs à découvrir la Galerie SCÈNE OUVERTE, où Adélie Ducasse expose sa première lampe en verre de Murano, ainsi que le Studio Lugo, qui présente un bureau et une bibliothèque en argent allemand en série limitée à huit exemplaires, fruit d’une première collaboration avec la galerie. Tous deux appartiennent à une génération de designers très attachés aux matériaux et à la tradition des arts décoratifs.

Je recommanderais également aux visiteurs de découvrir les quatre designers sélectionnés pour « Designers of Tomorrow », notre programme en partenariat avec Apple. Le thème de cette année, « Design for Presence », s’interroge sur la manière dont le design peut nous aider à ralentir le rythme et à créer des liens. Leurs créations seront dévoilées lors du salon.

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Ci-dessous, visuels de la galerie A/P Room : bibliothèque Arte Viva et lampadaire Upholstered

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16/10/2026
Les lauréats du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main®

Pour sa 27e édition, le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main® a distingué quatre profils qui pérennisent et renouvellent les métiers d’art à travers un design innovant et exigeant.

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Si le beau passe par l’objet et son design, il passe avant tout par le geste. C’est cette alliance entre maîtrise technique et créativité que célèbre depuis 27 ans le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main. Depuis 1999, 139 artisans d’art ont été mis à l’honneur, témoignant de la diversité des disciplines et de la vitalité des savoir-faire portés par des créatrices et créateurs contemporains. Pour cette édition, la Fondation Bettencourt Schueller, sous la présidence de Françoise Bettencourt Meyers, a récompensé trois lauréats, chacun recevant une dotation de 50 000 euros. Sélectionnés par le jury présidé par Laurence des Cars, ces acteurs incarnent, à travers des projets et des approches du design variés, un même esprit de recherche où transparaissent le souci de l'environnement et la diversité de nos territoires.

Un prix, trois catégories

La catégorie Talents d’exception, qui distingue la maîtrise technique d’un artisan d’art et sa capacité à faire évoluer son savoir-faire, a été décernée à Sébastien Desplat pour son ouvrage Dans les bois. Le graveur et imprimeur en taille-douce y réinterprète le moku-hanga, une technique japonaise traditionnelle d’impression sur bois.

© Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

La catégorie Dialogue, consacrée à la rencontre entre artisan et designer, a récompensé le menuisier en sièges Louis Monier et le designer Edgar Jayet. Leur chaise réinvente un savoir-faire historique en lui apportant une interprétation contemporaine. Elle témoigne d’une démarche créative fondée sur l’innovation constructive et l’adaptation aux nouveaux usages.

Louis Monier et Edgar Jayet © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

Enfin, la catégorie Parcours, qui salue l’engagement d’un acteur en faveur du développement et du rayonnement des métiers d’art, a été attribuée au Réseau Excellence EPV (Entreprises du Patrimoine Vivant). Portée par Tristan de Witte, cette initiative fédère des entreprises françaises détentrices de savoir-faire d’exception et développe les réseaux régionaux, renforçant ainsi les échanges économiques et la visibilité de ces acteurs.

© Yohanne Lamoulère/ Tendance Floue

Les candidatures pour l’édition 2027 sont d’ores et déjà ouvertes dans les catégories Talents d’exception et Dialogue. Les inscriptions, à effectuer sur le site de la Fondation Bettencourt Schueller, seront clôturées le 10 mars. Le jury sera, quant à lui, dévoilé au printemps. Alors, pas de temps à perdre !

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