Stéphane Pietroiusti : Le design industriel, un outil stratégique

Stéphane Pietroiusti : Le design industriel, un outil stratégique

En croisant considérations esthétiques, fonctionnelles, mais aussi logiques industrielles et commerciales, le travail du designer industriel Stéphane Pietroiusti pour la marque Qilive entend prendre de la hauteur sur la conception d’un produit, où l’expérience utilisateur au cœur du process demeure prioritaire.


Tout récemment récompensé du Red Dot Design Award 2021, dans la catégorie électro-ménager, pour le modèle connecté de la gamme de ventilateur qu’il vient de concevoir chez Qilive – la marque de produits du groupe Auchan Retail -, Stéphane Pietroiusti est un designer industriel qui considère l’utilisateur au centre du développement produit. Pour autant, ce développement doit aussi tenir compte de la faisabilité industrielle, de la logique commerciale ainsi que de l’ADN de la marque : un subtil jeu d’équilibre de conception et de production qui fait justement tout le sel du design industriel.

Diplômé en 2014 de l’ISD (International School of Design) de Valenciennes, Stéphane Pietroiusti le sait d’autant plus qu’il a commencé sa carrière de designer en agence de design global en développant une vision holistique sur son métier. Au cours des dernières années, il a travaillé et accumulé de l’expérience dans des agences de design en Allemagne, en Autriche et en France, ainsi que pour des clients à l’international en tant que freelance. En rejoignant le groupe Auchan Retail International comme designer industriel dans le secteur de la Grande Distribution, sa perception du design s’est élargie, lui permettant de prendre en considération les facteurs économiques liés aux contraintes de la Grande Distribution ainsi que la difficulté à en démocratiser l’approche. « Le design est trop souvent réduit à quelque chose d’esthétique, beau. Or, le design est un réel outil stratégique pour répondre aux nouvelles exigences des consommateurs », explique-t-il.

Amélioration des usages, optimisation des coûts et sens du détail

Au sein de la cellule de design Qilive, Stéphane Pietroiusti travaille avec une équipe commerciale à la création de nouveaux produits destinés au grand public, en prenant connaissance des coûts et en décortiquant les principes de fabrication pour appliquer des notions de « design to cost » et « faire mieux, avec moins ». Derrière la ligne minimaliste et épurée des casques audios et des écouteurs de la marque, se cache ainsi un travail très poussé d’amélioration de toutes les contraintes utilisateurs pour ce type de produits. « Pour les écouteurs, nous avons constaté que la tenue des tours de cou était mauvaise, des produits trop rigides ou trop souples et surtout trop fragiles. On a donc réfléchi à une amélioration pratique et ergonomique à l’aide d’un arceau pliable à mémoire de forme en textile. En parallèle, nous avons aussi rendu son utilisation plus intuitive en intégrant une mollette très ergonomique, permettant un contrôle plus intuitif et d’accéder immédiatement à l’assistant vocal ou à ses appels téléphoniques ».

Pour les ventilateurs, c’est toute la gamme de la marque qui a été repensée en s’inspirant notamment de l’univers de la maison. « La gamme de ventilateur s’inscrit dans une approche durable et accessible à tous. Nous avons repensé le design en améliorant l’usage et l’esthétique. Elle se distingue du marché par son design épuré et inspiré de l’univers de la maison, le montage/démontage des produits et les interfaces ont été simplifiées au maximum pour améliorer l’expérience utilisateur. Les produits sont plus robustes et bénéficient d’une garantie de trois ans ».

Ce ventilateur connecté, designé par Stéphane Pietroiusti pour Qilive, vient d’être récompensé du Red Dot Design Award 2021, dans la catégorie électro-ménager.

Rédigé par 
Laurent Catala

Vous aimerez aussi

Temps de lecture
17/9/2026
Triode inaugure le 28, son nouvel espace d’exposition

Triode a récemment inauguré le 28, un nouvel espace parisien pensé comme un terrain d’expression libre pour les designers. Pour ouvrir le bal, Jean et Oliver Pelle, fondateurs du studio américain Pelle, présentent l’exposition « Metallic Reverie » composée de dix pièces inédites autour du métal et de la lumière.

Ni galerie, ni showroom. Installé au 28 rue Jacob, dans le 6e arrondissement, le 28 entend proposer un nouveau format d’exposition. Imaginé par Jacques Barret, fondateur de Triode, ce nouvel espace invite des designers représentés par la maison à dépasser la seule présentation de leurs collections. À chaque exposition, ces derniers ont carte blanche pour dévoiler une facette plus personnelle de leur univers. Pour cette première invitation, Triode retrouve ainsi Jean & Oliver Pelle, quatre ans après leur première exposition commune à Paris.

Collection Light Objects par Oliver Pelle

Deux regards sur la matière et la lumière

Architectes de formation et installés à Brooklyn, Jean et Oliver Pelle développent une pratique à la frontière de l’architecture, de l’artisanat et de l’expérimentation. Pour l’exposition « Metallic Reverie », le duo a imaginé dix œuvres spécialement conçues pour le 28, réunies autour d’un même matériau : le métal. Jean Pelle y présente notamment sa série de luminaires Fountain, nourrie de souvenirs et de paysages observés en Corée et sur les côtes américaines tandis qu’Oliver Pelle explore à travers Light Objects la rencontre entre lumière, matière et espace. Deux écritures bien distinctes mais réunies par une même attention portée à la matérialité. Une manière d’inaugurer le 28 en donnant à voir ce que ce nouveau lieu entend précisément révéler : l’intime personnalité des designers.

Luminaire Cityscape, collection Fountain par Jean Pelle
Temps de lecture
15/9/2026
Garnier & Linker signe sa première collection outdoor

À l’occasion de la Paris Design Week, Garnier & Linker a dévoilé Aurora, sa première collection de luminaires outdoor. Une nouvelle étape pour le studio, qui transpose son travail autour de la matière et de la lumière à de nouveaux usages.

Avec Aurora, Garnier & Linker brouille les frontières entre intérieur et extérieur. Pour cette première incursion vers l’outdoor, le studio ne rompt pas avec son vocabulaire formel mais choisit au contraire de le prolonger. Plusieurs pièces existantes sont ainsi ré-interprétées en introduisant notamment un nouveau matériau : la fonte d’aluminium. Jusqu’alors déclinés en bronze ou en plâtre, les luminaires gagnent ici une expression plus architecturale, adaptée aux contraintes de l’extérieur sans perdre l’identité propre au studio.

Applique Aura, collection Aurora © Garnier & Linker

La matière comme fil conducteur

Employée seule sur les appliques Nezu et Kora, ou associée à l’albâtre pour les modèles Teree et Theo, la fonte d’aluminium enrichit les recherches menées par le duo autour des matières et de leurs interactions avec la lumière. En plus de ces modèles, la collection s’enrichit de six autres pièces inédites intitulées Aura, Cronos, Eos, Gaia, Retina et Thala. Développée au sein de l’atelier du studio situé près de la forêt de Fontainebleau, la collection s’inscrit dans la continuité d’une démarche où matière et texture façonnent l’objet. Et si l’aluminium répond naturellement aux exigences d’un usage pour extérieur, ces pièces sont également imaginées pour prendre place dans des espaces intérieurs. Présentée comme le premier chapitre d’une offre appelée à s’étoffer, Aurora entend ainsi repenser le luminaire outdoor en l’affranchissant de ses codes traditionnels pour l’intégrer pleinement au langage du studio.

Applique Eos, collection Aurora © Garnier & Linker
Temps de lecture
17/9/2026
Alki revisite Kuskoa avec Kuskoa M

Quinze ans après le lancement de Kuskoa, Alki et Iratzoki Studio font évoluer cette collection emblématique avec Kuskoa M.

Créée par Iratzoki Studio en 2011, Kuskoa s’est imposée comme l’un des best-sellers d’Alki avec son principe de coque en chêne posée sur un chevalet en bois massif. La marque dévoilait, à l’occasion de la Paris Design Week, Kuskoa M. Composée d’une chaise, de deux tabourets de hauteurs différentes et d’un banc, la collection a été imaginée pour les restaurants, les bars, les cantines comme les cuisines. Avec ses diverses hauteurs et typologies, cet ensemble peut ainsi offrir plusieurs configurations au sein d’un même espace.
Dotée d’une structure tubulaire en acier thermolaqué, l’assise développe une nouvelle expression graphique. Disponible dans plusieurs finitions, elle offre à chacun la possibilité de composer sa propre pièce, en célébrant le monochrome, ou au contraire, les contrastes entre métal, bois et textile. À noter que la coque peut-être tapissée dans son entièreté ou seulement en face avant.

Alki
Temps de lecture
14/9/2026
L'exposition « Trois-Pièces » fait dialoguer Polimair, Lucas Zito et Tapichéri

À l’occasion de la Paris Design Week, Polimair, Tapicheri et Lucas Zito se sont réunis autour d’une exposition commune intitulée « Trois-Pièces ». Présentée au 52 rue Charlot du 10 au 13 septembre, l’exposition a été pensée comme un intérieur au sein duquel mobilier, lumière et textile explorent de nouvelles manières de produire et d’habiter.

Autour d’un parcours imaginé comme un appartement, entre couloir, salle à manger et salon, Polimair, Lucas Zito et Tapicheri présentaient l’exposition « Trois-Pièces » au nom plus qu’explicite. Plus qu’une succession d’objets, l’exposition joue sur leur mise en dialogue et la complémentarité des pratiques qui accordent une attention particulière aux matériaux et procédés de fabrication. « Le point de départ de Trois-Pièces, a été de se dire qu’on allait réunir trois designers parisiens, avec des pratiques très différentes mais pour autant toutes complémentaires avec cette logique d’ensemblier, où l’on présente un banc, un tapis et un luminaire qui sont finalement la base d’un lieu d’acceuil » raconte Arthur Gaudenz, co-fondateur de Polimair.

Exposition "Trois-Pièces" de Polimair, Lucas Zito et Tapicheri

Trois pièces, trois univers, trois interprétations de la matière

Pour cette exposition, les designers proposaient des pièces inédites, issues de leur univers respectifs. D’abord Polimair, qui présentait pour l’occasion son banc Baiji, dans la continuité de son tabouret du même nom présenté quelques mois plus tôt. Le banc, développé en collaboration avec Gabriel Fabrics, se présente en un système modulable, sans aucune limite de configurations et d’assemblages. Lucas Zito de son côté, poursuit ses expérimentations autour de l’impression 3D avec sa collection Patch, et dévoilait notamment une grande table de 240cm de long dans l’espace salle à manger, présentée aux côtés des lampes Buoy. Enfin, la maison française de création de tapis Tapicheri fondée par Camille de Villartay révélait la collection de tapis en laine La Cité Perdue, conçue spécialement pour l’exposition, avec comme pièce maîtresse un modèle de 350 × 210 cm. « Le gros travail de l’exposition a été de réunir ces trois parties d’idées qui sont compliquées à associer. D’un côté, il y a nous, qui faisons vraiment de l'édition en série alors que Camille de Tapichéri fait du sur-mesure, tandis que Lucas est dans le collectible et la pièce unique, donc, normalement, ce sont des projets qui n’ont pas l’habitude de cohabiter ensemble » continue Arthur Gaudenz.

Exposition "Trois-Pièces" de Polimair, Lucas Zito et Tapicheri

Des pièces aux univers bien distincts donc, mais qui, une fois assemblées, s’assemblent avec une parfaite cohérence. L’exposition « Trois-Pièces » a réussit à faire cohabiter industrie, technologie et savoir-faire pour proposer une vision commune de l’habitat contemporain tout en défendant un design où l’innovation se joue autant dans la forme que dans la manière de produire.

Exposition "Trois-Pièces" de Polimair, Lucas Zito et Tapicheri
Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque semaine l’actualité du design.