Villa Albertine : Candidatez pour une résidence à New York
En partenariat avec Wanted Design et soutenu par la Fondation Bettencourt, la Villa Albertine lance un nouvel appel à projet pour une résidence de deux mois à New York pour un designer et un artisan. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 1er février 2023.
Pour cette nouvelle initiative, la Villa Albertine cherche deux nouveaux professionnels, l’un dans le secteur des métiers d’art et l’autre dans le design, pour leur permettre de développer un projet de recherche original nécessitant un passage aux Etats-Unis. L’objectif étant de leur permettre d’explorer un nouveau territoire et de rencontrer des professionnels implantés sur la scène new-yorkaise, conformément à la ligne de la Villa Albertine.
Informations générales sur le déroulement
Cet appel à projet concerne tous les artisans d’art et designers français ou étrangers, dont l’activité se déroule principalement en France. La résidence se déroulera durant l’une de ces trois périodes : février-avril, mai-juillet ou octobre-décembre 2024. Celle-ci sera implantée à Industry City, un ancien complexe de bâtiments industriels situé à Brooklyn et reconverti en ateliers de production et boutiques de créateurs, fabricants et designers. Dans ce projet, la Villa Albertine apporte donc un soutien sur mesure, adapté à chaque résident. Son accompagnement sera notamment supervisé par WantedDesign, et sera chargé de mettre en place un planning de rendez-vous, afin de les intégrer dans un écosystème de rencontres et d’échanges.
Sur place, la Villa Albertine amorcera les frais de déplacements, le logement, l’assurance-santé, offrira une allocation de résidence aux deux résidents pour couvrir les frais du quotidien (repas, transports locaux…) à hauteur de 100 $ par jour et leur proposera un espace de travail partagé au cœur d’Industry City.
L’appel à projet est uniquement ouvert aux candidatures individuelles pour les personnes âgées de plus de 21 ans, jusqu’au 1er février 2023. Pour les candidatures en duo ou trio, elles ne sont acceptées que dans l’appel général à candidatures de la Villa Albertine. Aussi, pour sa participation, chaque candidat se doit de proposer un partenariat français, basé en France.
En ce qui concerne la sélection des deux résidents, les jurys arbitreront entre les critères suivants :
La qualité du parcours du candidat : celui-ci exercice sa pratique à titre professionnel, il est reconnu par ses pairs, et son projet pour la Villa s’inscrit dans une suite logique par rapport à ses objets de recherche
La professionnalisation du candidat : il est suffisamment avancé dans sa pratique d’artisan d’art ou de designer pour souhaiter approfondir sa pratique et chercher de nouveaux débouchés pour sa production
La qualité du projet : il est clair et les axes artistiques, culturels, intellectuels qu’il développe sont pertinents
Le candidat a un intérêt tout particulier pour les Etats-Unis et New York spécifiquement
Avec plus de 1 900 exposants cette année, le Salone del Mobile.Milano 2026 a, une fois encore, livré son lot de nouveautés. La rédaction d’Intramuros vous propose celles qui ont retenu son attention.
Pour cette nouvelle édition, le Salone del Mobile.Milano 2026 a réuni plus de 316 000 visiteurs venus découvrir nouveautés et rééditions. Rassemblant aussi bien de grandes firmes internationales que de jeunes marques, ce rendez-vous milanais, légèrement moins dense que les années précédentes, n’en demeure pas moins riche en propositions. Nouvelles matérialités, attention accrue aux usages réels, hybridation des fonctions… Dans un écosystème fragile mais en pleine mutation - à l’image du salon, qui inaugurait cette année de nouveaux espaces -, la rédaction d’Intramuros a repéré de belles pistes. Un panorama intuitif et diversifié, que nous vous invitons à découvrir.
Kettal
Entre toutes les nouveautés présentées par la marque espagnole, qui ne cesse d’affirmer sa position dans le secteur du design, deux se sont démarquées. D’abord Grosso, de Patricia Urquiola : un canapé aux formes sculpturales qui invite à penser le confort comme une forme d’art. Il se dévoile comme une pièce aux courbes affirmées mais spontanées, semblant presque en mouvement. Un modèle conçu aussi bien pour l’indoor que pour l’outdoor, pouvant accueillir jusqu’à trois personnes. Dans un tout autre registre, la collection Atlantic de Jasper Morrison allie structure, rythme et continuité. Cette gamme en aluminium aux lignes épurées se compose d’un fauteuil lounge, d’une chaise avec accoudoirs et d’une chaise empilable. Pensée pour le confort et l’usage quotidien, elle s’adapte aussi bien à une terrasse privée qu’à un hôtel ou un espace urbain.
La marque italienne de céramique Bitossi Ceramiche présentait sur son stand plusieurs pièces, dont la collection de vases Dittico de Martino Gamper. Un projet qui confronte la recherche formelle du designer à l’identité d’une manufacture forte de plus de 150 ans d’histoire. Réalisée en coulage de barbotine en argile blanche, la collection révèle des pièces aux courbes organiques, presque architecturales, à appréhender sous tous les angles. Le duo belge Muller Van Severen - qui célébrait ses 15 ans lors de cette Design Week - a quant à lui présenté une extension de sa collection Onda, sortie en 2024, intitulée Onda II. Cette nouvelle version revisite les formes imaginées dans la première itération en les retravaillant à partir du principe d’inversion. Les pièces offrent ainsi une perception renouvelée des objets sans pour en altérer l’identité première. Les vases sont tous disponibles en trois coloris : rouge vermillon, bleu foncé et gris pastel.
Connue pour la conception intelligente de ses objets transformables, Campeggi dévoilait cette année Bienvenue. Imaginé par la designer Thélonious Goupil, ce matelas gonflable prend place dans un coffre compact et portable en bois. Avec son ouverture simple, ce dernier offre un lit portatif et une tête de lit pliable et autoportante, pouvant également servir de paravent. Un ensemble compact et coloré pour s’endormir ou bon vous semble.
Sorte d’hommage aux grands noms du design, la collection 2026 regroupait Piero Lissoni, Philippe Starck et Patricia Urquiola à qui l’on doit, entre autres choses, Glacier. Entièrement réalisée en verre, cette gamme de tables joue sur la superposition de différentes feuilles colorées. Une réflexion sur les strates rappelant celles des glaciers, et filtrant la lumière à travers les couches de matières irrégulières. Mais la présence de la marque sur le Salone était aussi l’occasion d’introduire Hlynur Atlason qui présentait Akur. Derrière la volonté de remettre en question la rigidité et la linéarité du médium, le designer s’est intéressé à la rencontre des courbes et des trames rectilignes. Légèrement satinées, les surfaces des plateaux ainsi texturés proposent une lecture inhabituelle de la matière.
Fruit d’un esprit scandinave et de la volonté de créer des meubles agréables à vivre, Blå Station présentait la chaise Frankfurter du designer Johan Ansander. Simple et d’allure classique, l’assise a été réfléchie dans des proportions nouvelles pour offrir un ressenti inédit. Plus proche du corps et plus profonde, la chaise est inspirée par la forme d'un avant-bras. Une forme matérialisée par la suite en hêtre courbé. Outre cette nouveauté, la marque s’est également diversifiée en ouvrant sa gamme Able, signée Bernstrand & Borselius, avec des tables hautes et un bureau. Deux nouvelles typologies immédiatement identifiables grâce aux nœuds en zinc moulés sous pression, et associés aux tubes en acier. Une construction qui rappelle également l’esthétique filaire de la gamme Villhem - dessinée par Lindau et Bernstrand & Borselius - lancée l’an dernier et agrandie en 2026 avec une chaise au dossier plus bas, un ottoman et une table basse.
Après vingt-cinq ans d’absence (hormis une apparition en 2019), B&B Italia signe un retour remarqué avec un stand conçu par Formafantasma. Parmi les nouveautés, la chaise longue Moore imaginée par Vincent Van Duysen se distingue par son rotin tressé soutenu par un profilé aux courbes continues. Évoquant un anneau légèrement déformé, ce dessin fluide renforce la lisibilité de la pièce et en souligne la structure. Dans cette même recherche de clarté formelle, Michael Anastassiades présente Metric, une chaise réalisée à partir de fines sections de chêne massif. Sa construction rectiligne, renforcée par une traverse, contraste avec la douceur du dossier légèrement incurvé. Disponible avec ou sans accoudoirs, elle peut également être proposée en version rembourrée et habillée de cuir sellier. Enfin, Ronan Bouroullec complète cette sélection avec la table Abaco, où l’architecture de l’objet repose sur une construction entièrement apparente. La précision des assemblages et le dialogue entre les matériaux — laque, ciment ou cuir — confèrent à chaque configuration une identité singulière, laissant à l’utilisateur une liberté de composition.
Cette année, Kartell a frappé fort, tant en termes de propositions que de collaborations. Pour la première fois depuis plusieurs années, l’éditeur italien a élargi son champ d’expérimentation en invitant le duo britannique Barber & Osgerby à collaborer. Ils présentaient ainsi en exclusivité la chaise Savoia. Une pièce en aluminium, tout en finesse et personnalisable, proposée avec une assise en plastique recyclé, en bois ou en cuir, et déclinée en plusieurs coloris. Cette dernière est disponible avec ou sans accoudoirs et s’adapte aussi bien à un usage intérieur qu’extérieur. Le designer Erwan Bouroullec exposait, huit ans après Papyrus, la chaise Snik. Un modèle compact et minimaliste en technopolymère recyclé, doté d’une structure en acier, avec ou sans accoudoirs. Petit plus : elle se personnalise selon les envies grâce à des housses interchangeables qui la protègent et la transforment, pour ne jamais s’en lasser. Piero Lissoni de se côté révélait Yve’s, un fauteuil minimaliste dont la structure tubulaire est dessinée par une seule ligne courbe. Adapté à un usage indoor comme outdoor grâce à des revêtements et des coussins indépendants, Yve’s est disponible en plusieurs couleurs et textiles, pour un produit qui se veut généreux et à l’esthétique épurée.
Le fabricant de chaises espagnol Vergés était lui aussi présent lors de cette édition milanaise pour y exposer ses dernières nouveautés. Parmi elles, le fauteuil Trek, conçu par le duo norvégien Andersen & Voll. Pour cette assise méticuleuse, les designers ont associé deux matériaux nobles - le bois massif et le cuir - pour un résultat mêlant souplesse et robustesse. Côté technique, le dossier et l’assise sont habillés d’une seule et même pièce de cuir, tandis que la traverse arrière en forme de fer à cheval confère à Trek un caractère unique. Le studio londonien Mentsen - fondé par les Japonais Risa Sano et Yasuyuki Sakurai - présentait quant à lui le banc Ensemble, inspiré des bancs d’église. Une pièce à la structure simple, fidèle à l’artisanat japonais, mais néanmoins robuste et polyvalente. Elle sera disponible avec ou sans dossier et, pour plus de modularité, pourra être accompagnée d’une table d’appoint pivotante.
À l’occasion de la Design Week de Milan, Modulnova dévoilait le projet manifeste Artistry, où la matière devient langage et l’architecture intérieure, une expérience sensorielle.
Avec son nouveau projet Artistry, Modulnova dépasse le cadre du design mobilier pour proposer une vision globale de l’habitat. Loin d’être une simple collection, le projet s’affirme comme une réflexion architecturale complète, où chaque élément participe à une composition cohérente. Nourrie par la recherche technologique et une sensibilité artistique forte, cette approche traduit une volonté de créer des espaces continus et profondément ancrés dans leur environnement.
Au cœur d’Artistry, la matière devient le principal vecteur d’expression, notamment grâce au Travertin Titanium, omniprésent, qui vient structurer les volumes. Autour de lui, bois, métal et verre dialoguent : les textures se répondent tandis que les différentes finitions mates, polies ou réfléchissantes enrichissent la perception et créent une continuité visuelle entre les espaces. Un principe confirmé par la cuisine Twenty Lab, avec ses blocs monolithiques en pierre prolongés par des éléments suspendus en chêne, qui jouent sur la tension entre masse et légèreté.
Grâce au système Atelier, Modulnova va encore plus loin dans cette logique d’intégration puisque la boiserie se transforme ici en outil architectural capable de structurer l’espace, de dissimuler des passages ou d’orchestrer les circulations. Grâce à une grande liberté de composition, les surfaces deviennent actives, dessinant des perspectives et modulant les volumes. Une approche déployée dans l’ensemble de l’habitat, de la cuisine au salon, jusqu’à la salle de bains, où les matériaux et les formes se prolongent sans rupture.
A travers Artistry, Modulnova propos une vision du design comme un langage global, où la précision technique et la recherche esthétique convergent vers une même ambition, celle de faire de l’habitat un territoire d’expérimentation qui soit sensible tout en restant cohérent.
Au cours de la Design Week de Milan, Seletti s’est associée à Eternoo pour transformer sa boutique en chantier conceptuel grâce à la collection Tools.
Après avoir présenté son luminaire BIC par Mario Paroli en janvier, Seletti a investi un nouvel univers à l’occasion de la Design Week de Milan. En collaboration avec Eternoo, acteur majeur de la distribution de matériaux en Italie, la marque a transformé son espace de vente italien en quincaillerie. Revêtu pour l’occasion d’une fausse façade en brique bleue détournant l’esthétique classique, l’espace a été renommé Building Design LTD. Un parti-pris imaginé pour servir de décor à la collection Tools. Marteaux, pelles, truelles ou brouettes y ont été présentés reconfigurés comme des objets de design décoratifs mais toujours fonctionnels. Une transformation pop conférée par des finitions inattendues, dorées ou fluorescentes. En “hackant” l’univers d’Eternoo, Seletti a souhaité questionner la valeur symbolique de l’outil et son potentiel narratif. Plus qu’un exercice formel, cette collaboration expérimentale à introduit, avec une touche d’humour, un dialogue inédit entre industrie et design. Une manière pour Seletti de déplacer le regard vers des typologies souvent exclues du champ décoratif, tout en conservant l’identité décalée qui lui est propre.
À la Milan Design Week, Davide Groppi présentait des nouveautés dans la continuité d’une recherche entamée depuis plusieurs années : celle de faire de la lumière une présence sensible capable de transformer l’espace sans jamais s’imposer. Au sein de son showroom milanais via Manzoni, la marque de luminaires présentaient six nouveautés notables entre mouvement, illusion et structure.
Umasi : la lumière en déplacement
Pour sa suspension tout en finesse Umasi, Davide Groppi explore une nouvelle dimension du luminaire domestique : la mobilité. Avec son abat-jour coulissant le long d’un câble, celui-ci peut se déplacer du plafond au sol en un mouvement. La lumière, filtrée à travers plusieurs couches, se diffuse sans jamais apparaître directement, créant une atmosphère enveloppante.
Dans un volume de verre borosilicaté, la lampe se dévoile en une source semble flotter dans le vide lorsqu’elle est allumée, avant de finalement disparaître totalement une fois éteinte. Le dispositif optique, fondé sur la réfraction, produit une lumière à la fois directe, indirecte et diffuse, sans pour autant révéler sa mécanique.
Avec la gamme Calma dessinée par Alberto Zattin, la collection se complète avec une figure universelle : la sphère lumineuse. Déclinée en une version suspension - Calma S - et en lampe de table - Calma T -, elle repose sur un verre opalin soufflé en triple couche, diffusant une lumière douce et homogène. Dans la version suspendue, la sphère donne l’impression de flotter avec légèreté tandis que, posée, elle devient un point d’ancrage lumineux, presque domestique.
Le système Carroponte propose une lecture plus architecturale de l’éclairage. En effet, cette composition modulaire transforme le rail électrique en un tracé spatial. Positionné librement, il traverse l'espace là où la lumière est organisée selon les usages. ll se transforme en un outil de composition puisque la plupart des suspensions et petits éclairages Davide Groppi sont adaptables, pour des compositions au gré des envies.
Pour ses luminaires d’extérieur, Davide Groppi étend sa réflexion avec des produits à la fois techniques et sensibles. D’abord avec OcchiOlinO, à travers lequel la lumière prend la forme d’un insecte posé sur une tige presque invisible, diffusant une présence délicate dans le paysage. À l’inverse, la collection IPE, designée par Alberto Zattin déclinée en une version borne Bollard et en applique P, affirme une écriture plus architecturée, combinant robustesse et précision grâce à ses projecteurs orientables et ses finitions en aluminium anodisé. Deux approches complémentaires qui traduisent ainsi la volonté d’inscrire la lumière dans l’environnement sans le dominer.