Salon Watches&Wonders : Montres et Merveilles
Scénographie du stand Hermès au Salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse) © Alicia Dubuis

Salon Watches&Wonders : Montres et Merveilles

Watches&Wonders Geneva, le salon de l’horlogerie de Genève qui s’est tenu du 30 mars au 5 avril 2022, a dépassé toutes les espérances et s’est clôturé avec les meilleurs chiffres.


Les marques internationales ont encore une fois démontré leur capacité à créer et à innover avec une exposition de 40000 m2 de montres et bijoux et des millions de vue sur les réseaux sociaux. Sa première édition remonte à 1991 avec cinq marques installées sur 1 000 m2 à l’initiative de Alain Dominique Perrin, alors PDG de Cartier. Le SIHH, Salon International de la Haute Horlogerie, a été officiellement renommé Watches&Wonders Geneva en 2020, parallèlement à l’introduction d’une nouvelle formule.

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Scénographie du stand Van Cleef & Arpels par Jean-Baptiste Auvray au salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse) © Picobello Studio

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L’industrie de la montre a encore une fois montré sa force, réussissant à réunir 38 marques sur des stands à la hauteur de leur chiffre d’affaires. Sous cette nouvelle appellation Watches&Wonders Geneva, l’industrie suisse a confirmé la force de ses maisons qui ont réussi à vendre leurs nouveautés, montres, bijoux, automates…avant même que le salon ne soit terminé, laissant traîner un petit sentiment de pénurie. 22000 visiteurs, 1000 journalistes, ont assuré à eux seuls 30000 nuits sur Genève. Parmi les 38 marques, 19 étaient de nouveaux arrivants faisant vibrer la semaine d’un dynamisme extraordinaire avec des échanges sur la durabilité, l’innovation et l’expérience client. Le LAB exposait quinze initiatives des marques sur de nouveaux moyens de calculer l’heure, l’utilisation de nouveaux matériaux.

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Scénographie du stand Hermès au Salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse) © Alicia Dubuis

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L’impact de cette réunion internationale a été estimée à 350 millions de personnes avec 800000 posts mentionnant le hashtag watchesandwonders et permettant à 2600 journalistes du numérique accrédités (les digital journalists) de suivre les événements depuis le « salon live ». Grâce à ce format « physical et digital », en présentiel et en video, l’industrie horlogère a démontré sa capacité d’adaptation à l’évolution des mœurs et sa résistance aux menaces de Covid, avec agilité et créativité.

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Scénographie du stand Hermès au Salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse) © Alicia Dubuis

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Côté tendance, le platine se conjugue à l’or jaune dans des accords très populaires. Le Titane se répand. Les couleurs de base restent le bleu et le vert même si le noir version mat ou brillant fait un retour remarqué. Le orange, le corail et le rouge se limitent à quelques pièces tout comme le mineral, le beige et les ombres vert forêt. En attendant l’édition 2023, toute la profession attend avec impatience le Watches and Wonders Shanghai qui doit se tenir du 7 au 11 septembre 2022, si un reconfinement n’est pas envisagé.

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Scénographie du stand Hermès au Salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse) © Alicia Dubuis
Scénographie du stand Hermès au Salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse) © Alicia Dubuis

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Ambiance forestière

Van Cleef, sous la direction de Nicolas Bos depuis 2013, avec une scénographie de Jean-Baptiste Auvray brillait par l’originalité de son stand. Ambiance forestière et aquatique assurée grâce au travail des 12000 pampilles en verre coulé de Matteo Gonet, vitrier à Arlessheim en Suisse et Salviati 1859, verriers de Murano. Le visiteur était invité à se promener et à se perdre dans un bois habité d’une nature bienveillante où animaux et pièces horlogères et joaillerie cohabitaient grâce au savoir-faire d’artisan d’art à la maîtrise parfaite qui de la marqueterie de koto pour les troncs des arbres, qui du tuftage pure laine naturelle du massif d’herbes hautes ou dans la perspective d’un sous-bois avec papillons, fleurs et oiseaux sur de grandes tapisseries en point d’Aubusson. Un plongeon dans un décor fort et immersif respectant le niveau de qualité de la marque. Pour Jean-Baptiste Auvray, « l’utilisation de l’artisanat dans l’architecture même temporaire permet de travailler avec des matériaux moins transformés, plus proche de leur état et de leur localisation naturelle et rend le projet par conséquent plus durable. Moins polluant également avec des éléments qui seront utilisés comme gisement dans la suite de leur cycle de vie. »

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Scénographie du stand Van Cleef & Arpels par Jean-Baptiste Auvray au salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse) © Picobello Studio

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La majorité des fabrications réalisées seront conservées et réutilisés pour de futures opérations. » Les valeurs du travail de la main, de la matière sont portées depuis plus de 10 ans par l’agence Faire. Elles lui permettent de réaliser des projets importants pour de belles maisons qui adhèrent à sa vision de l’architecture et comprennent les enjeux et les avantages de travailler au plus proche des artisans d’art. C’est ainsi que la marque Ulysse Nardin, fondée en 1846, lui a également demandé de faire la scénographie de son stand, tout en verre, dorure et lumière pour des montres caractérisées par la maîtrise exceptionnelle du silicium. La Black Ceramic en 45 mm associe titane et DLC noir et case en or rose. Les six vis sont visibles à travers un verre saphire légèrement bombé qui indique les heures et les minutes dans un mouvement de rotation permanent. Le bracelet en peau d’alligator noir ou en veau doré est en série limitée à 75 éditions. Pour marquer le stand dans lequel personne n’osait entrer, le CEO, Patrick Pruniaux, avait fait placer un surprenant requin en métal aux dents longues.

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Scénographie du stand Ulysse Nardin par Jean-Baptiste Auvray, au salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse) © Loic Salfati

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Des temporalités contraires

Dans le Carré des Horlogers, Trilobe, la toute jeune marque de Gautier Massoneau et Volcy Bloch, DG, présentait une folle Journée, une montre à trois plateaux en rotation à 10.2 mm de hauteur, sous un globe en cristal, une réelle prouesse horlogère. Dans ce stand signé Procept, concepteur et réalisateur d’événement, qui se voulait casser les codes du luxe et remettre en question quelques habitudes comme lire l’heure avec des aiguilles, ce sont surtout les assises, Rock on the Moon, quatre boules de mousses enveloppées de textile de Toyine Sellers, (Atelier of Textile and Design) et dessinées par Fabrice Ausset, qui faisait réagir un public en recherche de confort,  sur des rochers séculaires pour lire un temps novateur et associer des temporalités contraires.

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Stand Trilobe, Salon Watches & Wonders 2022 à Genève (Suisse)

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Sur le stand Hermès, la marque faisait la part belle à l’art numérique avec une œuvre de l’artiste Sabrina Ratté. « Dans cette installation, explique-t-elle, je voulais évoquer la manière dont les nouvelles technologies comme les images satellites font évoluer notre perception du temps et de l’espace. » Laurent Dordet, directeur général de Hermès Horloger précisait quant au positionnement de la marque : « Nous essayons de nous adresser non pas à une génération mais à toutes les générations. Nous créons les objets dans lesquels nous croyons et qui nous font plaisir. » Innovation, transparence, économie circulaire et bien sûr développement durable étaient au cœur de ce salon du Metaverse.


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Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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Temps de lecture
28/10/2026
Studio Jean-Marc Gady : 20 ans au service de l’émotion

Fondé en 2006 par Jean-Marc Gady, le studio éponyme cultive depuis ses débuts une approche transversale du design, allant de l’objet à l’espace, en passant par le mobilier et le merchandising. Aujourd’hui porté par Émilie André, le studio poursuit cette vision avec une même ligne directrice : placer l’émotion et l’expérience au cœur de chaque projet.

Le studio Jean-Marc Gady, qui célèbre ses 20 ans cette année, développe depuis deux décennies une approche éclectique du design, où l’utilisateur et les émotions occupent une place centrale. Arrivée en 2011, Émilie André en est devenue la directrice créative à la suite du départ de Jean-Marc Gady pour les États-Unis. Aujourd’hui, le studio reste fidèle à son ADN d’origine, tout en évoluant sous son regard. « Au fur et à mesure des années, il y a une forme de confiance mutuelle qui s'est créée avec Jean-Marc et avec l’équipe, mais aussi et surtout une vision créative partagée. Généralement, on partage 90 % de notre vision et il y a 10 % sur lesquels nous ne sommes pas toujours d’accord. Mais ça génère plus d’émulation créative que de freins, au final. »

© Evian

Dialoguer à travers l’émotion

« Nous ne sommes pas dans un métier binaire où c'est juste vrai ou faux. Il y a un moment où l’on a besoin de retrouver de la cohérence, d'avoir de l’échange », confie Émilie André. Plus que de simples objets ou espaces, les projets du studio racontent une histoire, une rencontre, un moment de vie. « Il y a plusieurs piliers qui nous animent, mais il y en a un qui se démarque particulièrement, c'est l’émotion. À travers les projets que l’on imagine, que ce soit du design, de l’espace ou de l’architecture, on cherche systématiquement à trouver une manière de toucher l'utilisateur, parce qu'on considère que l'émotion est précieuse et que c’est elle qui fait qu’on s'en souvient. » Une philosophie qui se retrouve dans l’ensemble des réalisations, qu’il s’agisse de mobilier, destiné à trouver sa place dans un intérieur et dans le quotidien de son utilisateur, ou dans projets de vitrines, pour lesquels l’équipe cherche systématiquement à apporter « ce supplément d’âme » qui fera toute leur singularité.

Showroom Schüco ©Marion Leflour / Studio Jean-Marc Gady

Une démarche qui passe également par une curiosité constante et une volonté de nourrir la création au-delà des seules disciplines du design. « On est toujours ouverts, à l'écoute et dans l'échange et cela permet de nourrir en permanence la créativité. Mais au-delà des matériaux et des savoir-faire, il est important d'aller piocher vers des choses qui ne sont pas de notre domaine. C'est bien de connaître ce qui se fait dans le design et dans l’architecture, mais c'est le meilleur moyen de ne faire que ce qui existe déjà. C'est important de prendre le temps de faire autre chose que notre métier parce que j'ai le sentiment que c’est aussi comme ça qu'on ramène du sens et de l’émotion. »

© Studio Jean-Marc Gady

Favoriser la création collective

Au sein du studio, le processus créatif est avant tout collectif. « La notion d’œuvre collective est très importante. Ce n’est pas la création d'une personne, c'est la création du studio et d'un ensemble de personnes. Je prône fondamentalement cette notion de qualité et de valeur du travail collectif. » Pour chaque projet, toute l’équipe - composée notamment de designers, d’architectes d’intérieur et de graphistes - participe aux réflexions et au croisement des idées. Une émulation collective qui permet de confronter les regards, de partager des expériences et de faire émerger de nouvelles réponses à des problématiques parfois très différentes.

SmartPlatform © Marion Leflour / Studio Jean-Marc Gady

De Diptyque à Schüco, en passant par Evian, Montblanc ou encore plus récemment Cartier à l’occasion du salon Watches & Wonders en Suisse, les collaborations témoignent de la diversité des terrains d’expression du studio. Et vingt ans plus tard, difficile de faire ressortir un seul projet tant les réalisations sont nombreuses. Certaines se distinguent néanmoins par leur portée sociale ou technologique, à l’image de la collaboration avec Marguerite & Co pour la création d’un distributeur de protections périodiques, écoconçu et fabriqué en France. Sur le plan de l’innovation, la table à induction Smart Platform, développée avec EuroKera, illustre cette volonté d’explorer de nouveaux usages, en associant les fonctions d’une table de salon à celles d’une surface de cuisson à induction, sans emplacement prédéfini pour les ustensiles.

© Jean-Marie Binet / Diptyque

Faire dialoguer les savoir-faire, c’est aussi parvenir à les valoriser, comme en témoignent la création du lustre Lady Crinoline pour Baccarat ou celle d’un service à champagne pour la maison Moët & Chandon. Autant de réalisations qui ne représentent finalement qu’une infime partie des projets imaginés depuis ces vingt années, mais qui traduisent une même volonté : explorer de nouvelles possibilités, croiser les disciplines et ne jamais s'imposer de limites.

© Marion Leflour / Studio Jean-Marc Gady

L’envie d’aller plus loin

Et si les projets se sont multipliés au fil des années, le studio Jean-Marc Gady entend poursuivre son exploration de nouveaux territoires créatifs. Une volonté qui s’est notamment concrétisée avec le lancement de MéMo, une maison d’édition de mobilier créée en collaboration avec le fabricant MA’AM, spécialisé dans la tapisserie sur mesure. « On a choisi le nom Mémo parce que c'est mémorable et que c'est une maison d'édition de mobilier. L’idée derrière cette maison d’édition est le dialogue entre l'œil et la main, de réussir à croiser les regards et à ne pas travailler les uns contre les autres, mais à travailler ensemble » raconte Émilie André.

Plusieurs pièces ont déjà vu le jour, à l’instar des fauteuils Hug et Teckel ou encore de la chauffeuse Kago, tandis que de nouvelles créations sont en préparation. Une nouvelle aventure qui prolonge finalement la philosophie prônée par le studio depuis ses débuts : faire du design un terrain de rencontres, d’expérimentation et de partage, où l’émotion demeure le fil conducteur.

Temps de lecture
26/10/2026
« This is Not a Fair » : le design à hauteur de galerie

Du 21 au 25 octobre, la galerie parisienne A1043 organisait l’exposition « This is Not a Fair », qui réunissait quatre galeries autour d’une sélection de pièces de design et d’art contemporain. Une initiative à taille humaine, pensée pour réaffirmer le rôle des galeristes dans la découverte et la valorisation des créateurs.

À l’heure où les foires d’art et de design se multiplient, la galerie A1043 a choisit de prendre le contre-pied avec « This is Not a Fair ». Organisé en parallèle de la Paris Art Week, l’exposition réunissait quatre galeries dans deux espaces totalisant 100 m², autour d'une conviction : celle que le galeriste joue un rôle essentiel dans la construction et la diffusion de la création contemporaine.

In-situ de l'exposition "This is not a Fair", © A1043

Des visions plurielles du design

Aux côtés d'A1043, trois galeries étaient invitées à présenter leur univers. D’abord Aurélien Gendras, installé aux Puces de Saint-Ouen depuis 2016, proposait une sélection consacrée à la céramique, mêlant découvertes contemporaines et pièces historiques. La galerie bruxelloise Maniera, fondée par Amaryllis Jacobs et Kwinten Lavigne, explorait quant à elle les frontières entre art, architecture et design, à travers des créations interrogeant le rapport entre forme et fonction. Enfin, la galerie néerlandaise Vivid, fondée par Aad Krol et Saskia Copper, présentait une sélection témoignant de son intérêt pour les démarches expérimentales et les objets singuliers.

In-situ de l'exposition "This is not a Fair", © A1043

Au fil de l’exposition, les visiteurs ont pu découvrir des pièces de François Bauchet, Didier Faustino ou encore Matt Paweski chez A1043, des créations en céramique de Laurent Dufour et Clémentine Dupré chez Aurélien Gendras, ainsi que des œuvres de Stéphane Barbier-Bouvet, Anouck Morlon, Aldo Bakker ou Sigrid Calon. Une diversité de propositions qui témoignait avant tout de la singularité des regards portés par chaque galerie. Plus qu'une foire, « This is Not a Fair » entendait remettre au centre le choix, l'engagement et la passion qui animent le métier de galeriste.

In-situ de l'exposition "This is not a Fair" © A1043
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23/10/2026
GUBI réédite la lampe Lotus de Carlo Nason

Disparu en mai dernier, le designer italien Carlo Nason laisse derrière lui une multitude de créations en verre. Parmi elles, la lampe Lotus dessinée en 1969 et rééditée par GUBI.

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LT305. Un nom un peu barbare qui ne vous dit probablement rien. Pourtant, derrière cette référence se cache la Lotus Table Lamp. Surnommé ainsi par les collectionneurs en raison de sa forme, le modèle créé en 1969 est aujourd’hui réédité par GUBI. Un hommage à son designer, Carlo Nason, décédé en mai à l’âge de 91 ans. Né à Murano dans une famille d’artisans verrier, le créateur laisse derrière lui un vaste éventail d'objets parmi lesquels des vases, pour certains acquis par le Corning Museum of Glass de New-York dès 1959. Des typologies décoratives rapidement mises de côté au profit de l’éclairage dans lequel l'italien se lance en collaboration avec le spécialiste muranais AV Mazzega, dirigé par son ami de longue date Gianni Mazzega. Une association qui marque durablement sa carrière du designer ponctuée de succès parmi lesquels le modèle Lotus.

Lampe Lotus, design : Carlo Nason © GUBI

Fleur éternelle

Inspiré par le modernisme nord-européen et les courbes futuristes du Space Age, Carlo Nason instille rapidement une dimension expérimentale à sa pratique du verre soufflé. De cette fusion est née la LT305, un modèle emblématique porté par un nouveau langage formel. Véritable architecture géométrique, le dessin combine quatre diffuseurs imbriqués les uns dans les autres. Assemblés autour d’une structure en acier - aujourd’hui chromée noir -, les globes jouent avec la lumière et la translucidité grâce à la technique du pulegoso. Mis au point dans les années 1920, ce procédé consiste à emprisonner de petites bulles d’air dans la matière. Une technique que Carlo Nason réexploite ici au profit d’une fleur évanescente.

Temps de lecture
22/10/2026
“Made in Situ” : le design en situation par Noé Duchaufour-Lawrance

En partenariat avec le Mobilier national, le designer Noé Duchaufour-Lawrance expose “Made in Situ” jusqu’au 29 novembre dans la galerie des Gobelins à Paris. Une monographie qui retrace sept années d’exploration créative et autant de projets menés au Portugal.

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Sept projets en une seule exposition. C’est l’idée de "Made In Situ", une monographie présentée jusqu’au 29 novembre dans la Galerie des Gobelins à Paris. Parti au Portugal dans l’optique de retrouver un artisanat populaire et des savoir-faire locaux qu’il pensait perdu en France, Noé Duchaufour-Lawrance y est resté sept ans. Un déplacement sur le temps long motivé par une perte de sens et la volonté de réattribuer à la matière une valeur concrète et une origine palpable. La démarche, à l’origine inspirée par la gastronomie et la conscience du local, du lien au territoire, a donné lieu au « design situé, de design de situation ». Un concept matérialisé par sept collections d’objets et de mobiliers dans lesquelles se rencontrent techniques ancestrales et lignes organiques sophistiquées. De quoi ériger la fabrication vernaculaire en nouveau territoire d’exploration plastique.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel

Voyage en terre nouvelle

Imaginée comme un bref voyage au sein des traditions de ce pays de la péninsule ibérique, l’exposition se déploie sous forme de saynètes. Chaque projet est présenté dans une mise en scène où le produit fini côtoie la matière brute. Une manière de convoquer subtilement le geste artisanal, expliqué par de discrets cartels où croquis et photographies racontent, à qui veut l’entendre, les secrets de fabrication. Qu’il s’agisse de la soenga, une cuisson artisanale de la céramique à même le sol, ou du travail du liège, un bois résilient face aux incendies qui attaquent régulièrement le couvert portugais, Made in Situ est également le récit d’un pays.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel

Fort de ses traditions, et devenu au fil des décennies un terrain de fabrication plébiscité par le secteur du design, le Portugal se voit tout au long du parcours, mais se ressent aussi grâce à la scénographie de Clémence Farrell. Spécialiste des parcours immersifs, elle livre une déambulation portée par des senteurs et les créations sonores de Luis Clara Gomes et Vany Fox. Une belle rétrospective dans laquelle l’objet se fait conteur et transmetteur d’artisanats locaux.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel
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