Paris Design Week : une présence affirmée du Mobilier national
31/8/2020
Paris Design Week : une présence affirmée du Mobilier national
Le Mobilier national assume sa mission de promotion de la création – sans oublier les jeunes – avec une présence forte à la Paris Design Week. Au programme, deux expos, “Métal et design” à la Tour Eiffel, et ” Le Mobilier du XXIe siècle” à la Galerie des Gobelins, ainsi qu’une présentation de la première coédition de l’institution au Concept Store d’Intramuros.
À la Galerie des Gobelins, à côté d’une sélection de pièces du XXIe siècle, le Mobilier national présente la jeune création qui a eu la charge de réinventer la table du Conseil des Ministres. Le public va ainsi découvrir les 22 propositions et les 5 lauréats de ce concours, le tout dans un écrin entièrement dédié aux designers qui ont créé les formes d’hier en collaboration avec l’Atelier de Recherche et les jeunes talents qui auront la charge de concevoir le mobilier de demain.
Ce concours était exclusivement réservé aux étudiants du Campus des métiers d’art et du design : porté par l’ENSAAMA, sous l’égide de l’Académie de Paris et de la Région Ile-de-France, le campus regroupe 29 établissements, dont 16 lycées professionnels et techniques, 5 écoles supérieures d’arts appliqués, des établissements privés, des institutions du Ministère de la Culture et des établissements d’enseignement supérieur, un CFA et un GRETA.
Ce concours a porté sur la réalisation des éléments suivants : Mobilier : – Une table de réunion, d’une capacité minimale de 22 places et de 40 places dans sa version maximale. – Des petits bureaux plats assortis pouvant éventuellement former des consoles de la pièce lorsque le Conseil est achevé. – Un modèle de chaise assorti à l’ensemble – Un modèle de fauteuil pour le Président de la République et le Premier Ministre – Un modèle de meuble casier destiné à déposer les téléphones portables des ministres dont l’usage est proscrit pendant la durée du Conseil Luminaires : – Un modèle de lampadaire – Un modèle de lampe de bureau – Un modèle de lustre contemporain
« Mobilier du XXIe siècle » , du 3 au 12 septembre, Galerie des Gobelins, 42 avenue des Gobelins, 75013 Paris– Entrée libre
Au premier étage de la tour Eiffel, le Mobilier national présente une vingtaine de pièces de mobilier exceptionnelles en métal, conçues dans son Atelier de Recherche et de Création depuis 1964, date de sa création. Réalisées en collaboration avec de grands noms du design, ces œuvres en métal jouent de toutes les possibilités du matériau, faisant ainsi résonnance à l’écrin de la Dame de fer qui les accueille.
Le travail d’une vingtaine de designers iconiques des 50 dernières années sera ainsi présenté, mettant à l’honneur le savoir-faire d’exception du Mobilier national et la vitalité de la création artistique contemporaine, de Roger Fatus à François-Xavier Lalanne, en passant par Isabelle Serre, Éric Gizard ou Salomé de Fontainieu.
“Métal et design ”, du 3 au 8 septembre, au premier étage de la Tour Eiffel – Entrée libre
Durant la Paris Design Week, au concept store Intramuros, retrouvez la coédition Ligne Roset et Mobilier national – une première pour l’institution ! – autour de la collection Hémicycle imaginée par le designer Philippe Nigro. Ligne Roset a prototypé les éléments industriels, l’atelier de métal du Mobilier national, lui, a travaillé sur les formes plus difficiles, comme le confident et le côte-à-côte. Puis un compromis technique a permis de pousser le projet jusqu’au terme de ce que voulait le designer, avec une collection complète et des formes spécifiques. « Ligne Roset n’aurait pas pu prendre le risque d’investir autant en matière de prototypage», explique Hervé Lemoine. Une sorte de révolution pour l’institution ? Car depuis sa mise en place en 1964 à l’initiative d’André Malraux, l’ARC est jusqu’à présent pensé comme un outil mis à la disposition des designers pour les aider à créer, à l’instar d’un mécénat sous forme de résidences créatives. Selon Hervé Lemoine : « Cinquante ans plus tard, ce n’est plus possible de ne pas s’intéresser à l’édition – en réalité, à la diffusion – de ce qui est créé. »
Collection Hémicycle, coédition Ligne Roset / Mobilier national
Concept Store Intramuros, du 3 au 8 septembre, 5 rue Saint-Merri, 75004.Entrée libre
Cette année encore, le Off de la Design Week de Milan nous a offert son lot d’installations remarquées et remarquables un peu partout dans la ville. Retour sur celles qui valaient le détour.
Un espace alternatif signé Capsule globale
Pensé comme un hybride entre foire, exposition collective et plateforme culturelle, Capsule Plaza 2026 investissait cette année un ancien gymnase et piscine Art déco réhabilités par ASA Office, Via Achille Maiocchi. Sous la direction d’Alessio Ascari, le parcours « Design State of Mind » regroupait design, mode, technologie et artisanat dans des pièces aux accents industriels et renforcés par une scénographie signée par l’agence milanaise NM3. Parmi les temps forts dans cette cinquième édition, on peut noter l’installation immersive « No Seasons » de Stone Island avec NM3, les recherches de Karimoku Research avec Waka Waka, Devon Turnbull ou Postalco, les expérimentations olfactives d’AEIR et Websessions, ou encore le robot domestique NEO de 1X Technologies. Autant de petits évènements à eux seuls, venus étoffer un programme déjà riche en talks et workshops, et marqué cette année par le lancement du cinquième numéro du magazine Capsule.
Pour célébrer les 15 ans de création de son studio, le duo belge Muller Van Severen s’est associé à Apartamento pour présenter, durant la Design Week, une exposition anniversaire intitulée « Silhouettes: Celebrating 15 Years ». Réalisée en partenariat avec la Tim Van Laere Gallery, cette exposition présentait quinze chandeliers monumentaux uniques, tous réalisés en aluminium. Chacun d’eux se révélait être une réinterprétation de motifs et de formes récurrentes dans l’œuvre du duo. Cette installation proposait ainsi un ensemble de pièces qui, bien que distinctes dans leur forme, n’en demeuraient pas moins cohérentes. Chaque chandelier était également couronné d’une grande bougie colorée qui se consumait progressivement, comme pour symboliser le temps qui passe, les quinze années écoulées, mais aussi, et surtout, celles à venir.
Dans son showroom milanais, la maison Issey Miyake présentait, à l’occasion de la Design Week, le projet expérimental The Paper Log: Shell and Core, imaginé par le designer Satoshi Kondo du MIYAKE DESIGN STUDIO et développé en collaboration avec le bureau d’architecture espagnol Ensamble Studio. Le projet consistait en une installation d’objets-mémoire (Shell) et de prototypes de mobilier (Core), issus de la réappropriation de rouleaux compressés de papier appelés Paper Log, sous-produits des vêtements plissés de la maison - une technologie emblématique d’Issey Miyake. Au sein de l’espace, l’installation présentait deux séries complémentaires dérivées du Paper Log, dont les mises en scène confrontaient des qualités opposées : éphémère et concret, délicat et robuste. Les œuvres imaginées par Ensamble Studio sous le nom de Shell prenaient la forme d’une série d’objets en papier comme figés dans le temps, tandis que l’équipe de design interne présentait Core, un ensemble de prototypes de mobilier composé de chaises, tables et tabourets, traités de différentes manières afin d’explorer pleinement leur matérialité.
Le NikeAir_Lab, un endroit où courir voir des innovations
Pensé avec le nouveau centre milanais Dropcity, NikeAir_Lab proposait une plongée dans l’univers de Nike Air à travers les archives de la marque, quelques prototypes et des ateliers expérimentaux installés dans les tunnels industriels de Via Sammartini. Accessible durant toute la semaine, le laboratoire dévoilait près de 100 prototypes inédits. Les curieux ont ainsi pu découvrir les recherches autour de la Air Liquid Max, des matériaux FlyWeb et Radical AirFlow ou encore de la veste Therma-FIT Air Milano. Des créations ultra techniques mises en scène tout au long de huit stations de travail équipées de bras robotiques, de systèmes pneumatiques et d’outils de thermoformage. Mais outre les nouveaux produits, l’équipementier sportif dévoilait aussi des archives de l’ingénieur aéronautique Frank Rudy, des développements liés à l’Alphafly NEXT% ou à la combinaison Breaking4 de Faith Kipyegon. À mi-chemin entre le laboratoire de recherche et l’installation immersive portée sur l’innovation, le NikeAir_Lab était l’un des rendez-vous incontournables pour tout amoureux de design technique, de mode et de sport.
Avec plus de 1 900 exposants cette année, le Salone del Mobile.Milano 2026 a, une fois encore, livré son lot de nouveautés. La rédaction d’Intramuros vous propose celles qui ont retenu son attention.
Pour cette nouvelle édition, le Salone del Mobile.Milano 2026 a réuni plus de 316 000 visiteurs venus découvrir nouveautés et rééditions. Rassemblant aussi bien de grandes firmes internationales que de jeunes marques, ce rendez-vous milanais, légèrement moins dense que les années précédentes, n’en demeure pas moins riche en propositions. Nouvelles matérialités, attention accrue aux usages réels, hybridation des fonctions… Dans un écosystème fragile mais en pleine mutation - à l’image du salon, qui inaugurait cette année de nouveaux espaces -, la rédaction d’Intramuros a repéré de belles pistes. Un panorama intuitif et diversifié, que nous vous invitons à découvrir.
Kettal
Entre toutes les nouveautés présentées par la marque espagnole, qui ne cesse d’affirmer sa position dans le secteur du design, deux se sont démarquées. D’abord Grosso, de Patricia Urquiola : un canapé aux formes sculpturales qui invite à penser le confort comme une forme d’art. Il se dévoile comme une pièce aux courbes affirmées mais spontanées, semblant presque en mouvement. Un modèle conçu aussi bien pour l’indoor que pour l’outdoor, pouvant accueillir jusqu’à trois personnes. Dans un tout autre registre, la collection Atlantic de Jasper Morrison allie structure, rythme et continuité. Cette gamme en aluminium aux lignes épurées se compose d’un fauteuil lounge, d’une chaise avec accoudoirs et d’une chaise empilable. Pensée pour le confort et l’usage quotidien, elle s’adapte aussi bien à une terrasse privée qu’à un hôtel ou un espace urbain.
La marque italienne de céramique Bitossi Ceramiche présentait sur son stand plusieurs pièces, dont la collection de vases Dittico de Martino Gamper. Un projet qui confronte la recherche formelle du designer à l’identité d’une manufacture forte de plus de 150 ans d’histoire. Réalisée en coulage de barbotine en argile blanche, la collection révèle des pièces aux courbes organiques, presque architecturales, à appréhender sous tous les angles. Le duo belge Muller Van Severen - qui célébrait ses 15 ans lors de cette Design Week - a quant à lui présenté une extension de sa collection Onda, sortie en 2024, intitulée Onda II. Cette nouvelle version revisite les formes imaginées dans la première itération en les retravaillant à partir du principe d’inversion. Les pièces offrent ainsi une perception renouvelée des objets sans pour en altérer l’identité première. Les vases sont tous disponibles en trois coloris : rouge vermillon, bleu foncé et gris pastel.
Connue pour la conception intelligente de ses objets transformables, Campeggi dévoilait cette année Bienvenue. Imaginé par la designer Thélonious Goupil, ce matelas gonflable prend place dans un coffre compact et portable en bois. Avec son ouverture simple, ce dernier offre un lit portatif et une tête de lit pliable et autoportante, pouvant également servir de paravent. Un ensemble compact et coloré pour s’endormir ou bon vous semble.
Sorte d’hommage aux grands noms du design, la collection 2026 regroupait Piero Lissoni, Philippe Starck et Patricia Urquiola à qui l’on doit, entre autres choses, Glacier. Entièrement réalisée en verre, cette gamme de tables joue sur la superposition de différentes feuilles colorées. Une réflexion sur les strates rappelant celles des glaciers, et filtrant la lumière à travers les couches de matières irrégulières. Mais la présence de la marque sur le Salone était aussi l’occasion d’introduire Hlynur Atlason qui présentait Akur. Derrière la volonté de remettre en question la rigidité et la linéarité du médium, le designer s’est intéressé à la rencontre des courbes et des trames rectilignes. Légèrement satinées, les surfaces des plateaux ainsi texturés proposent une lecture inhabituelle de la matière.
Fruit d’un esprit scandinave et de la volonté de créer des meubles agréables à vivre, Blå Station présentait la chaise Frankfurter du designer Johan Ansander. Simple et d’allure classique, l’assise a été réfléchie dans des proportions nouvelles pour offrir un ressenti inédit. Plus proche du corps et plus profonde, la chaise est inspirée par la forme d'un avant-bras. Une forme matérialisée par la suite en hêtre courbé. Outre cette nouveauté, la marque s’est également diversifiée en ouvrant sa gamme Able, signée Bernstrand & Borselius, avec des tables hautes et un bureau. Deux nouvelles typologies immédiatement identifiables grâce aux nœuds en zinc moulés sous pression, et associés aux tubes en acier. Une construction qui rappelle également l’esthétique filaire de la gamme Villhem - dessinée par Lindau et Bernstrand & Borselius - lancée l’an dernier et agrandie en 2026 avec une chaise au dossier plus bas, un ottoman et une table basse.
La marque japonaise NII, membre du groupe Itoki, se dévoilait pour la première fois hors Japon et a choisi de faire ses débuts internationaux au Salone del Mobile. Pour cette première participation, NII y a présenté ses dernières nouveautés, dont le tabouret Allround, signé par le designer Hirotaka Tako, et la chaise Hakusan du studio Industrial Facility. Le tabouret Allround se distingue par ses lignes arrondies et sa structure simple, définie par une seule colonne centrale et se révèle en un produit minimaliste qui s’inscrit pour autant avec justesse dans l’espace. Quant à la chaise Hakusan, elle affirme son caractère tout en restant subtile et universelle. Composée d’aluminium et d’acier, elle met en opposition la solidité de sa structure à une certaine légèreté visuelle, pour un résultat tout en équilibre.
Après vingt-cinq ans d’absence (hormis une apparition en 2019), B&B Italia signe un retour remarqué avec un stand conçu par Formafantasma. Parmi les nouveautés, la chaise longue Moore imaginée par Vincent Van Duysen se distingue par son rotin tressé soutenu par un profilé aux courbes continues. Évoquant un anneau légèrement déformé, ce dessin fluide renforce la lisibilité de la pièce et en souligne la structure. Dans cette même recherche de clarté formelle, Michael Anastassiades présente Metric, une chaise réalisée à partir de fines sections de chêne massif. Sa construction rectiligne, renforcée par une traverse, contraste avec la douceur du dossier légèrement incurvé. Disponible avec ou sans accoudoirs, elle peut également être proposée en version rembourrée et habillée de cuir sellier. Enfin, Ronan Bouroullec complète cette sélection avec la table Abaco, où l’architecture de l’objet repose sur une construction entièrement apparente. La précision des assemblages et le dialogue entre les matériaux — laque, ciment ou cuir — confèrent à chaque configuration une identité singulière, laissant à l’utilisateur une liberté de composition.
Cette année, Kartell a frappé fort, tant en termes de propositions que de collaborations. Pour la première fois depuis plusieurs années, l’éditeur italien a élargi son champ d’expérimentation en invitant le duo britannique Barber & Osgerby à collaborer. Ils présentaient ainsi en exclusivité la chaise Savoia. Une pièce en aluminium, tout en finesse et personnalisable, proposée avec une assise en plastique recyclé, en bois ou en cuir, et déclinée en plusieurs coloris. Cette dernière est disponible avec ou sans accoudoirs et s’adapte aussi bien à un usage intérieur qu’extérieur. Le designer Erwan Bouroullec exposait, huit ans après Papyrus, la chaise Snik. Un modèle compact et minimaliste en technopolymère recyclé, doté d’une structure en acier, avec ou sans accoudoirs. Petit plus : elle se personnalise selon les envies grâce à des housses interchangeables qui la protègent et la transforment, pour ne jamais s’en lasser. Piero Lissoni de se côté révélait Yve’s, un fauteuil minimaliste dont la structure tubulaire est dessinée par une seule ligne courbe. Adapté à un usage indoor comme outdoor grâce à des revêtements et des coussins indépendants, Yve’s est disponible en plusieurs couleurs et textiles, pour un produit qui se veut généreux et à l’esthétique épurée.
Le fabricant de chaises espagnol Vergés était lui aussi présent lors de cette édition milanaise pour y exposer ses dernières nouveautés. Parmi elles, le fauteuil Trek, conçu par le duo norvégien Andersen & Voll. Pour cette assise méticuleuse, les designers ont associé deux matériaux nobles - le bois massif et le cuir - pour un résultat mêlant souplesse et robustesse. Côté technique, le dossier et l’assise sont habillés d’une seule et même pièce de cuir, tandis que la traverse arrière en forme de fer à cheval confère à Trek un caractère unique. Le studio londonien Mentsen - fondé par les Japonais Risa Sano et Yasuyuki Sakurai - présentait quant à lui le banc Ensemble, inspiré des bancs d’église. Une pièce à la structure simple, fidèle à l’artisanat japonais, mais néanmoins robuste et polyvalente. Elle sera disponible avec ou sans dossier et, pour plus de modularité, pourra être accompagnée d’une table d’appoint pivotante.
Au cours de la Design Week de Milan, Seletti s’est associée à Eternoo pour transformer sa boutique en chantier conceptuel grâce à la collection Tools.
Après avoir présenté son luminaire BIC par Mario Paroli en janvier, Seletti a investi un nouvel univers à l’occasion de la Design Week de Milan. En collaboration avec Eternoo, acteur majeur de la distribution de matériaux en Italie, la marque a transformé son espace de vente italien en quincaillerie. Revêtu pour l’occasion d’une fausse façade en brique bleue détournant l’esthétique classique, l’espace a été renommé Building Design LTD. Un parti-pris imaginé pour servir de décor à la collection Tools. Marteaux, pelles, truelles ou brouettes y ont été présentés reconfigurés comme des objets de design décoratifs mais toujours fonctionnels. Une transformation pop conférée par des finitions inattendues, dorées ou fluorescentes. En “hackant” l’univers d’Eternoo, Seletti a souhaité questionner la valeur symbolique de l’outil et son potentiel narratif. Plus qu’un exercice formel, cette collaboration expérimentale à introduit, avec une touche d’humour, un dialogue inédit entre industrie et design. Une manière pour Seletti de déplacer le regard vers des typologies souvent exclues du champ décoratif, tout en conservant l’identité décalée qui lui est propre.
À l’occasion de la Milan Design Week 2026, Zanotta dévoilait, au sein de son flagship via Durini, un écosystème affirmé où se côtoyaient nouvelles éditions colorées et pièces dessinées par Carlo Mollino, éditées pour la première fois. Une confrontation stylistique et temporelle qui trouvait pleinement sa place chez l’éditeur italien.
À Milan, Zanotta présentait un espace entièrement repensé par le studio Calvi Brambilla, où une palette dominée par des tonalités café dialoguait avec des motifs géométriques en clin d’œil à la collection historique Quaderna. Un décor renouvelé dans lequel la couleur occupait une place centrale, qu’il s’agisse de pièces fortes introduites l’an dernier ou de nouveautés issues de collaborations fidèles. Parmi elles, celle avec Vincent Van Duysen, qui étend le système de canapé Fedrigo avec de nouveaux modules courbes et asymétriques, tout en introduisant la ligne de salle à manger Campa. Composée d’une chaise et d’une table, cette gamme, caractérisée par la fluidité de ses lignes, est proposée en bois clair ou teinté noir, associés à des plateaux en cuir ou en verre fumé.
De son côté, Palomba Serafini Associati fait évoluer le canapé Pianoalto avec des formes plus sinueuses, tandis que Monica Armani signe le confident Rond(e)vu, également décliné en fauteuil et que l’on retrouve aux côtés des tables Alfàrè. Une approche formelle classique, renouvelée par un traitement du béton évoquant la matérialité du bois. Par ailleurs, l’écosystème de l’éditeur s’enrichit de nouvelles signatures, comme Brogliato Traverso, auteur de la chaise architecturale Binata, ou Studiopepe, à l’origine des tables Slice Me Nice jouant sur le contraste entre lignes colorées et surfaces métalliques. Un design en phase avec son époque, auquel s’ajoutent les tables Low Bol dessinées par Zaven. L’ensemble est complété par des pièces de Pierre Charpin et un lit signé Simone Bonanni, pour sa première collaboration avec Zanotta.
Au cœur de cette présentation 2026, Zanotta consacrait une place centrale à Carlo Mollino. Initialement conçues pour des projets spécifiques puis réinterprétées au fil de ses réalisations, les œuvres de cet architecte, reconnu pour ses formes zoomorphiques et ses lignes sinueuses, intègrent aujourd’hui le catalogue de l’éditeur italien. Cette initiative, soutenue par l’État italien et accompagnée juridiquement par Rositani Suckert, marque une étape significative. Déployées dans le showroom, ces créations illustrent l’œuvre protéiforme de Carlo Mollino, enseignant au Politecnico di Torino et figure majeure de l’esthétique du XXe siècle. Sa vision s’incarne notamment dans la présentation inédite de la table Tavolo Vertebra dont la structure en bois d’environ douze kilos supporte un plateau en verre de près de 90 kilos.
Autour de cette pièce manifeste, Zanotta réunit plusieurs rééditions emblématiques, dont la chaise Fenis, la table basse Arabesco, le miroir Milo ainsi que les fauteuils Gilda et Ardea. Autant de témoignages de la richesse d’un corpus conservé à Turin, composé de milliers de dessins, archives et photographies. Par ce travail éditorial, Zanotta confirme son rôle d’interprète et de passeur d’une modernité toujours contemporaine.
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