Objets

À la Stockholm Furniture Fair, Artek dévoilait la collection Kori, fruit d’une collaboration qui se poursuit tranquillement avec les designers de TAF Studio.

C’est une collection pensée pour durer comme le veut la ligne éditoriale d’Artek : pour cela, les designers de TAF studio ont d’abord travaillé à partir de l’élément principal de l’éclairage, l’ampoule, autour de laquelle ils ont décliné la forme du cône, dans une esthétique codifiée dans nos imaginaires (en référence au phare par exemple). Cette collection joue ainsi habilement sur les éclairages directs et indirects.
La collection Kori se compose d’une suspension qui est l’élément de base : dans un principe d’un réceptacle sous forme de « panier » l’éclairage combine une lumière directe (pour un cône étroit ) ou plus diffuse (cône plus large). Équipée d’un disque qui fait office d’abat-jour, la suspension propose pour un éclairage plus important, mais qui reste doux. De même équipée d’un abat-jour ,« en forme de dune » selon les designers, la suspension projette alors un éclairage direct.

La collection comprend aussi une lampe à poser, disponible en blanc et en orange vif. Son originalité ? inverser le principe du cône pour pour modeler la diffusion de la lumière. Une version lampadaire est aussi proposée.



À la Stockholm Furniture Fair, la section Greenhouse recelait de talents prometteurs. Parmi eux, le studio Yellowdot exposait des petites séries, véritables surprises visuelles.

Yellowdot est un jeune studio de design qui réunit Bodin Hon, et Dilara Kan. Tous deux se sont rencontrés lors de leurs études à l’Istituti Europeo Di Design à Milan, et ils partagent une appétence pour allier technologie et artisanat dans des créations très variées, utilisant ici la transparence de la coquille d’œuf pour un paravent ; là, jouant sur le contraste d’une sculpturale table en marbre, dont le plateau tourne avec une légèreté déconcertante. Sur leur stand de la Greenhouse, à la Stockholm Furniture Fair, ils ont notamment présenté leur nouvelle collection de luminaires Lattice, en impression 3D. Pour cette mini-série inspirée des néons et gratte-ciels de Hong Kong, l’ingéniosité est d’avoir trouvée la technique pour concevoir ce «treillis » de filaments thermoplastique de PLA , biosourcé. Un duo à suivre.



Paco Rabanne, créateur visionnaire qui a bouleversé les codes de la mode dans les années 60, vient de s’éteindre, à l’âge de 88 ans.
C’est grâce à « 12 robes importables dans des matériaux contemporains » que Francisco Rabaneda y Cuervo est devenu Paco Rabanne. Cela s’est passé un 1er février. On était en 1966 – donc avant Mai 68 – à une époque où la mode était encore très codifiée, et même compassée. La première collection du jeune artiste de 22 ans, fraîchement diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris, ne défile pas. Elle est présentée à la manière d’une profession de foi dans l’un des salons du très chic hôtel George V à Paris. Et rien que ce choix, dans la forme, a été considéré comme une révolution. Cela s’opposait à l’énumération, parfois fastidieuse, de toilettes qui se succédaient et qui est resté la base des défilés d’aujourd’hui encore.
Révolutionner les codes
Paco Rabanne a jeté un premier pavé dans la marre en inventant « le happening de mode ». Un événement qu’il faut vivre et savourer. Regarder, ressentir, se laisser surprendre et s’interroger. Le deuxième est beaucoup plus gros. Il concerne le fond (car la mode n’est pas qu’apparences, elle révèle beaucoup des époques qui la voient apparaître). Les douze micro-robes, dépassaient à peine de la culotte et étaient construites sans fil ni aiguilles mais avec des pinces, des chalumeaux et des anneaux métalliques et dans des matériaux rigides. Elles ne « servaient à rien , ne protégeaient ni de la nudité ni du froid », comme l’a lui-même reconnu « le métalo de la mode », mais elles ont littéralement révolutionné les codes vestimentaires. Elles ont fait de leur créateur l’un des couturiers les plus connus de notre époque. Plastiques, rhodoïds, pampilles de métal et sequins en alliage, céramique ou bakélite sont aux antipodes des tissus souples et fluides, synonymes de raffinement, sont entrés dans le monde de la couture grâce à lui.


Même si son nom est aujourd’hui surtout associé à une gamme de parfums chic et choc et un peu m’as-tu vu (One Million, XS, Fame) – et ce n’est pas pour rien –Paco Rabanne est l’un de ceux qui a poussé la jeunesse à renverser la table et à s’interroger. Il a habillé les icônes de l’époque, les premières femmes libres et inspirantes (Brigitte Bardot, Françoise Hardy, Jane Birkin, etc.) de ses créations les plus avant-gardistes. Ultra-courtes, relativement dénudées et brillantes, ses toilettes sont portées sur peau nue et bronzée, cheveux aux vents, pieds nus ou bottées jusque mi-cuisses. Les aficionados de cette petite marque extravagante sont à l’exact opposé des jeunes filles de bonnes familles à qui on avait envie de ressembler jusque-là. Ces créations descendent alors dans la rue, et toute la jeunesse s’est ensuite mise à imiter et adapter ce style rutilant et porté sur l’avenir jusqu’à l’apogée des années 80.


Une relève assurée
Soutenu et financé par le groupe catalan de cosmétiques et de parfums Puig depuis l’origine de la marque, le créateur d’origine basque a toujours eu les coudées franches pour exposer son univers flamboyant et iconoclaste. On a vu sur ses podiums (ou pseudo podiums) toutes sortes de matériaux, de formes, de techniques et de technologies –et même des vêtements qui clignotaient de mille feux, électrifiés. Comble de la créativité, comme un pied de nez à sa réputation de créateur de tenues importables et inconfortables, le fantasque styliste a même suggéré des assemblages de pastilles, sa marque de fabrique, dans des matériaux doux et moelleux. Depuis sa prophétie ratée d’apocalypse en 1999, il s’était retiré dans sa Bretagne chérie, là où sa famille s’était installée pour échapper au franquisme avant 1940. Locomotive du groupe Puig, aux côtés de marque comme Jean Paul Gaultier, Dries Van Noten, Nina Ricci et Carolina Herrera, Paco Rabanne poursuit son chemin sous le crayon de Julien Dossena. Il va continuer à revisiter à sa manière l’héritage de couturier futuriste.

Le nouveau numéro d’Intramuros consacre sa rubrique inspirante « Design à 360 ° », à des produits tout juste sortis en 2022. Mobilier, accessoires, mode, véhicules… découvrez les 40 coups de cœur de la rédaction dans le magazine ! En voici un dernier extrait.

Fauteuils Ellegenza, Kartell
Présentés au Salon de Milan, les fauteuils Ellegenza désignés par Philippe Starck pour Kartell sont revêtus de tissus chiné recyclé – dont 45% de coton recyclé issus de l’industrie – et de faux cuir. Les pieds sont noirs ou blancs en matériau recyclé et recyclable.

Vase Trudaine, Popit
Les vases de la collection Trudaine imaginée par Tom Poinsot pour Popit Paris sont uniques et issus d’anciennes cloisons en plâtre.

Suspension Venus, 13Desserts
Entre surface ondulée et courbe voluptueuse, la suspension Venus de Sophia Taillet est un luminaire en verre soufflé qui explore les techniques traditionnelles de soufflage du verre.

Royal Oak, Audemars Piguet
Audemars Piguet propose une nouvelle édition limitée de la Royal Oak automatique 34 mm en céramique noire, dont le design a été pensé par Carolina Bucci.

Nike Ria 09 concept, design Kacimi Latamene
« Je voulais rendre hommage à la NIKE AIR MAX 90, en nous invitant à nous interroger sur la forme et la fonction de la chaussure d’aujourd’hui et de demain (…) J’illustre à travers mes concepts comme La Nike Ria 09, une nouvelle approche globale du design où le monde virtuel et réel se rencontrent et ne font plus qu’un. » expliquait Kacimi Latamene à propos de son concept.

À l’occasion de la Milan Design Week en juin, le cabinet d’architectes hollandais MVDRV et la marque de luminaires Delta Light présenteront la collection High Profile. Un projet qui se veut architectural mais aussi et surtout écoresponsable.
Du 6 au 12 juin prochain à Milan sera dévoilée la collection High Profile par MVRDV et Delta Light. Une série de luminaires dont le fil conducteur a été l’utilisation du surplus de profilés en aluminium des luminaires Delta Light. L’occasion pour les architectes de MVRDV de poser un regard critique sur le processus de fabrication des produits quotidiens et de mettre en valeur ces chutes de profilés, généralement peu revalorisées. Ainsi, pour ce projet, les pièces métalliques deviennent justement l’élément central.

Une collection, trois modèles
La série High Profile, dont chaque luminaire est fabriqué à la main, se compose de trois modèles : une suspension en forme de cube, une applique murale en forme d’arche et un modèle autoportant composé de profilés placés côte à côte, puis empilés. Les coloris choisis pour ces réalisations s’alignent sur une gamme chromatique autour du rose, de l’ocre, du vert clair et du bleu pâle, et qui viennent s’ajouter à la gamme classique blanc, noir et or connue chez Delta Light.


Sensibiliser et questionner sur le réemploi
Avec cette collection, l’idée était de réfléchir à l’importance de la réutilisation des matériaux et au concept de durabilité. En effet, réutiliser ce qui existe déjà, permet notamment de réduire l’impact environnemental puisqu’aucun trajet n’est effectué pour aller se procurer de nouvelles pièces en aluminium neuves. Aussi, les lampes étant démontables, cela permettra de réutiliser les matières par la suite.

La marque de luminaires italienne Catellani & Smith a reçu une double reconnaissance pour deux de ses luminaires : Ettorino BIG et Sfera W.
Créés en 1950 par Charles and Ray Eames, Eero Saarinen et Edgar J. Kaufmann Jr , les Good Design Awards sont attribués chaque année afin de rendre hommage aux produits et aux leaders de l’industrie du design et de la fabrication qui ont ouvert de nouvelles voies à l’innovation en matière de design. L’année dernière, la lampe U Catellani & Smith avait séduit le jury. Cette année encore, la marque italienne s’est démarqué puisque ce sont deux de ses réalisations – Ettorino Big et Sfera W- qui ont été récompensées après l’évaluation par le jury de critères précis axés à la fois sur la créativité, l’innovation, l’image de marque, les matériaux et les technologies utilisées.
Ettorino Big, l’innovante
Précédé par le développement d’un système de mouvement innovant qui a été breveté, Ettorino BIG est un grand lampadaire qui diffuse la lumière de manière uniforme, et ce grâce a un système de LED COB de 15W et 220 lumens ainsi qu’à sa lentille optique « très large. Ettorino BIG est conçu afin de pouvoir éclairer un salon ou une table mesurant jusqu’à 200 cm de longueur.


Sfera W, l’élégante
La seconde lauréate de cette édition 2022 est l’applique Sfera W, qui joue sur l’effet de surface miroir, capturant ainsi le reflet de son observateur. En terme d’innovation, Sfera W n’a aucune fixation mécanique visible, sa conception étant faite de manière à garantir la parfaite élégance de la forme sphérique. La direction du faisceau lumineux peut être choisie lors du montage de la lampe, selon la position du support.



Après « Horizons », le duo Marie et Alexandre poursuit son cycle d’expositions avec un nouveau chapitre, intitulé « Iris », qui prolonge leurs explorations de la céramique. Inaugurée lors de « Maison & Objet in the City », cette proposition, toujours aussi étonnante, est à découvrir à la galerie Signé, jusqu’au 25 février 2023.
Respectivement diplômés d’un bachelor en design industriel et de produits à l’ECAL et d’une formation en design à l’ENSCI, Marie et Alexandre se sont rencontrés lors de leur participation à la Design Parade en 2018. Dans la continuité d’ »Horizon » présentée quelques mois avant, le duo a de nouveau fait appel à la galerie Signé pour exposer une nouvelle exploration dans un jeu d’équilibre et de réflexion. Située à Saint-Germain-des-Prés et fondée par Maxime Bouzidi en 2021, la jeune galerie Signé a l’ambition de soutenir une jeune génération de designers, architectes ou décorateurs, autour de créations qui oscillent entre art et design.


Une exposition à vivre comme une expérience
Pièces posées, suspendues, parfois à la limite de la lévitation… cette exposition s’amuse des jeux de miroirs pour dessiner dans l’espace un paysage multidimensionnel. Chaque pièce offre ainsi une expérience visuelle de la matière, à la fois comme un élément de jonction, de flux, par moment valorisée, et sur d’autres pièces, totalement intégrées dans le dispositif. Très tourné vers l’artisanat et l’exploration des matières, le duo n’hésite pas à rendre visible les jeux de structures, voire d’ossatures, de pièces extrêmement épurées et minimales. Il sublime, dans cette sobre mise à nue, le magnifique travail du verre coulé et de lave émaillée réalisé à la tuilerie Alain Vagh de Draguignan, dans une terre rouge de Salernes. Une proposition où la géométrie ne l’emporte pas sur la poésie, au croisement de la sculpture, du design et de l’architecture.
À découvrir jusqu’au 25 février à la galerie Signé, 33 rue Bonaparte, 75006 Paris.


Du 19 au 23 janvier, Maison&Objet est cette fois-ci de retour au mois de janvier, toujours au Parc des expositions de Villepinte. Après une édition de septembre plutôt réussie, avec près de 60 000 visiteurs comptabilisés, ils sont 1967 exposants à répondre présents. Une édition attendue, qui se voulait un retour aux dates habituelles après les années perturbées par le Covid-19, et qui fait face cependant à l’impact des mouvements sociaux, notamment pour la journée d’ouverture.
La nouvelle édition de Maison&Objet, organisée du 19 au 23 janvier, a pour thématique « Take Care ». Découvrez les grandes lignes du programme.

Une édition qui veut faire du bien
« Pour imaginer nos thèmes, nous partons toujours d’une étude de la société. Dès que l’on met le nez dehors, on est face à des enjeux culturels, environnementaux, identitaires », explique Vincent Grégoire. « Take Care » est la thématique qui a été retenue pour cette édition, axée sur le soin. La dominante de cette édition étant de se recentrer sur soi et les autres, de se retrouver, d’échanger et d’expérimenter. Le salon veut faire l’écho de nouveaux modes de création et d’initiatives porteuses de sens concernant les métiers du design et de la décoration d’intérieur. Chaque jour, un programme de talks abordera notamment la création sans énergie fossile, le design sensoriel, le concept d’hospitality, des parcours de création innovants, la scénographie du retail…

Raphaël Navot, Designer de l'année
Après Cristina Celestino en septembre, c’est le designer Raphaël Navot, récemment lauréat du prix Paris Shop and Design pour la rénovation du restaurant 39 V à Paris, qui a été désigné designer de l’année pour cette édition de janvier. Un espace lui sera dédié dans le hall 7.

Les Rising Talents sont espagnols
Après que l’édition de septembre a mis en avant sept talents venus des Pays-Bas, c’est cette fois-ci l’Espagne qui est à l’honneur pour cette nouvelle édition des Rising Talents Awards. L’occasion de découvrir la nouvelle jeunesse du design espagnol, qui nous donne rendez-vous dans le Hall 6.

Talents so french
Après avoir exposé Samuel Accoceberry, Bina Baitel, Charlotte Juillard et Pierre Gonalons lors de sa première inititiative réussie en septembre dernier, Talents So French est de retour pour soutenir le travail de designers français autour de matériaux. Ils sont à nouveau quatre à venir présenter leur production dans le hall 7 : Cédric Breisacher, Elise Fouin, Grégory Lacoua et Victoria Wilmotte.

Future on stage
Cette édition de janvier sera également l’occasion de découvrir les trois nouveaux lauréats du programme Future on stage, qui donne une visibilité à de jeunes entreprises innovantes dans les domaines du design, de la décoration et de l’art de vivre. Venez découvrir le travail de Gwilen, Noppi et SAS Minimum dans le hall 6 du salon.

Une 2e édition de Maison & Objet in the City
Après le succès de sa première édition, Maison & Objet in the City, parcours off organisé partout dans la capitale, continue cette année, en résonance avec Maison & Objet. L’objectif principal de cette initiative B to B ? Proposer à des showrooms qui ne sont pas présents physiquement au salon de faire partie de la communauté Maison & Objet et profiter de ses avantages. 86 participants sont annoncés, avec parmi eux Deirdre Dyson, Féau Boiseries, Gilles & Boissier, Uchronia, Tai Ping, Le Berre Vevaud, Rubelli ou encore Delisle.

La marque française Pylones organise son premier concours de design, les Pylones Pop Design Awards. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 mars 2023.
Depuis 37 ans, Pylones propose des créations pop hautes en couleurs. À l’occasion de sa participation à la 3e édition de France Design Week en septembre dernier, Pylones a décidé d’ouvrir un concours inédit à destination des étudiants et jeunes diplômés en design et arts appliqués sur le thème suivant : « Souriez, vous êtes à table ! ». À l’issue des délibérations, quatre prix seront décernés, dont un « prix du public ».
Pour sélectionner les lauréats, six spécialistes du design se réuniront pour l’occasion :
- Jacques Guillemet, fondateur et président de PYLONES
- Sophie Roberty, designer, artiste et tête chercheuse
- Olivier Védrine, designer et co-fondateur de l’agence [o,o]
- Sophie Chénel, directrice de Procédés Chénel International, entreprise familiale des « architectures de papier »
- Marianne Guedin, diplômée de l’ENSAD en section design d’objet, créatrice de sa propre maison d’édition
- Imke Plinta, urbano-graphiste allemande, enseignante et curatrice d’exposition
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Conditions de participation
Le concours Pylones Pop Design Award est ouvert à toute personne majeure ayant un statut « étudiant » ou diplômé d’une formation en design ou arts appliqués depuis moins de 2 ans. Ce dernier doit également résider en Europe francophone. Les candidats doivent déposer leur candidature avant le 15 mars, seul ou en groupe (dans la limite de trois personnes par groupe). Chaque candidat a la possibilité de soumettre jusqu’à trois œuvres, qu’il peut présenter sous forme d’un dessin assisté par ordinateur ou à main levée, d’une maquette, ou d’un prototype.


Les dates à retenir
Jusqu’au 15 mars 2023 : dépôt des candidatures sur : https://www.pylones.com/fr/content/50-pop-design
Avril 2023 : Présélection des candidats et réunion des membres du jury pour déterminer les 3 lauréats
Du 18 mars 2023 au 15 avril 2023 : ouverture des votes en ligne qui permettra de déterminer le 4e lauréat qui obtiendra le « Prix du public »
Septembre 2023 : Exposition des œuvres des 10 finalistes + cérémonie de remise des prix le 15 septembre 2023 à Paris

Inspirées du célèbre « Ceci n’est pas une pipe » de Magritte, les collections de valerie_objects jouent sur les perceptions et les illusions pour nous en faire voir de toutes les couleurs… et de toutes les formes.
Caneton, flasque, lampe… les designers sollicités l’éditeur belge valerie_objects se sont amusés à jouer avec les illusions et les formes pour penser plusieurs de leurs collections.
Ceci n’est pas un haut de forme
Pour la collection Dishes to Dishes, dont le nom vient de la chanson « Ashes to Ashes » de David Bowie, le designer Glenn Sesting imagine des assiettes et bol qui ont été pensés de manière à ce que l’assemblage de la base de l’une ou de l’autre forme le couvercle de la partie inférieure.
Collection Dishes to Dishes, design Glenn Sesting pour valerie_objects

Ceci n’est pas une lampe
Au premier coup d’oeil, le poivrier de Maarten Bass ressemble à s’y méprendre à une lampe. Pour imaginer cette réalisation, le designer s’est inspiré de l’archétype du moulin à poivre : un cylindre remonté d’une tête ronde.
Moulin à poivre, design Maarten Bass pour valerie_objects


Ceci n’est pas un caneton
Présentée lors d’une exposition à Berlin en novembre dernier, la collection Inner Circle de Maarten Bass est un ensemble d’objets en verre, dont la carafe fait bizarrement penser à un caneton.
Collection Inner Circle, design Maarten Bass pour valerie_objects
Ceci n’est pas un jeu de lancés d’anneaux
Les dessous de plat Trivets de Muller Van Severen sont faits d’un mince contour en acier. Une fois assemblés les uns sur les autres, le mélange de formes offre une oeuvre abstraites aux lignes colorées.
Dessous de plat Trivets, design Muller Van Severen pour valerie_objects


Ceci n’est pas une flasque
Cet ensemble de salière et poivrière pensé par Nendo est fait en bouteilles de verre. L’effet transparent est un élément clé de son travail car il permet de regarder les grains de poivre ou de sel comme des gouttes de pluie à travers une fenêtre givrée.
Ensemble salière + poivrière, design Nendo pour valerie_objects

Le nouveau numéro d’Intramuros consacre sa rubrique inspirante « Design à 360 ° », à des produits tout juste sortis en 2022. Mobilier, accessoires, mode, véhicules… découvrez les 40 coups de cœur de la rédaction dans le magazine !

Table d'appoint Neumann, Objekte Unsere Tage
Entre table d’appoint et tabouret, Neumann est fabriqué à partir d’une seule tôle d’acier pliée et revêtue de poudre. Imaginée par David Spinner pour OUT Objekte Unsere Tage, la table d’appoint Neuman joue avec les perspectives puisque sa silhouette déstructurée est confectionnée de façon à ce que l’on puisse observer une forme différente selon le point de vue.

Set Cala Blue, XLBloom
Le Set Cala, designé par Ambroise Maggiar pour XLBloom est un ensemble qui joue sur les variations d’épaisseurs du verre soufflé à la bouche et effets de transparence inspirés par la fluidité de l’eau.

One-Tree Project, SCP
Au London Design Festival, SCP a fait appel à dix designers britanniques pour le « One-Tree Project » qui avait pour objectif de créer des meubles et des objets à partir d’un frêne abattu.

Table Fibonacci, Theoreme Editions
La table Fibonacci éditée par Théorème Editions et imaginée par Adrien Messié est conçue pour rassembler 8 personnes, mais permet aussi à des groupes plus restreints de se réunir étroitement grâce à sa forme. Une table faite en bois laquée et céramique, fabriquée à la main par des artisans en France.

Montre G-Shock Série 2100 GA-2100HUF-5A, Casio
Le skateboarder Keith Hufnagel s’est associé à G-SHOCK pour célébrer le 20e anniversaire de la marque HUF et propose une collaboration inédite avec le modèle Série 2100 GA-2100HUF-5A.

Mixeur Cordless, Bamix
Petit robot de cuisine tout-en-un sans fil, le Cordless de Bamix est un modèle à la batterie très puissante (pour mixer, hacher, émulsifier, râper et pulvériser).
Retrouvez la sélection complète de la rédaction dans le numéro 214 d’Intramuros, disponible en kiosque, dans les librairies et concept stores partenaires et sur notre boutique en ligne.

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Collection Picnic, +Halle
La collection Picnic se compose de bancs circulaires avec un système à deux hauteurs, dotés d’un coussin moelleux. Une collection colorée, éditée par +Halle, et designée par le studio Form Us With Love.

Lampe Off-cut, Pierre Castignola
Présentée à l’Objective Gallery à New York, la lampe Off-cut de Pierre Castignola est née d’une initiative visant à trouver une utilité aux pièces de rebut de sa propre activité.

XP Race, Hugo Eccles
Ce nouveau modèle de moto pensé par Hugo Eccles est conçu avec « le programme XP qui propose un nouveau langage de conception pour les motos électriques, basé sur de nouvelles opportunités plutôt que de simplement imiter un vocabulaire visuel créé par une technologie bientôt obsolète » pour reprendre ses termes. Chaque XP est construit selon les spécifications individuelles de chaque client, chacun d’entre eux est donc unique. À découvrir en vidéo ici.

Robot mixeur Re:mix, Open Funk
La société allemande Open Funk a mis au point Re-mix, un robot mixeur plus « durable » compatible avec toutes sortes de bocaux en verre. La structure du boitier est faite à 100% en matériaux recyclés et recyclables, avec des panneaux mouchetés en déchets plastiques.

Tabouret Rug n'Roll, Johannes Budde
Le tabouret Rug’n Roll de Johannes Budde introduit avec audace le matériau industriel Concrete Canvas dans la conception de meubles. Habituellement utilisé dans la construction civile, Concrete Canvas est un tissu flexible imprégné d’une fine couche de béton.

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Banc Worm, Missana
Worm est le premier banc avec un système modulaire de Missana. Un banc composé de 3 modules dont un courbe qui peut évoluer et changer en fonction des besoins de chaque espace.

Bureau Home Office O7 True Pink, USM
Après sa joyeuse installation à la Milan Design Week, USM a sorti avec succès une série limitée de son Bureau Home Office 07 en True Pink qui a reboosté le home office. Un modèle avec une conception modulaire, composé d’une structure en tubes d’acier chromé assemblés par des boules de connexion, habillée de panneaux d’acier thermolaqué et montée sur patins réglables en hauteur.

Sac Buoy, Botter Paris
Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh, qui ont créé le Label Botter, a été en 2022 l’un des duos tendance dans le secteur de la mode parisienne. Les Buoy, étanche et peint au pistolet, est devenu l’une de leurs pièces iconiques. Un modèle inspiré de l’univers de la plongée, très présent dans les collections de Botter Paris. Label à suivre.

Suspension Luce Orizzontale S1, FLOS
La suspension Luce Orizzontale S1 designée par Erwan et Ronan Bouroullec est composée de modules en verre interconnectés, créés selon un procédé artisanal consistant à verser le verre dans un moule rotatif pour obtenir une finition exclusive qui rend chaque pièce unique. Concernant la structure interne, elle est faite en aluminium extrudé poli équipée de deux modules leds linéaires pour un éclairage direct et indirect dirigé vers le bas.

Miroir Steam, Heim+Viladrich
Designé par le duo hollandais Heim+Viladrich, composé de Lauriane Heim et Johan Viladrich, le miroir Steam fait partie de l’ensemble d’objets Aire 75, en référence aux objets trouvé sur des aires d’autoroutes, avait été présenté lors de Collectible 2022 à Bruxelles.

Au Portugal, sous l’impulsion de designers et directeurs artistiques, les éditeurs s’appuient sur les nouvelles technologies pour faire évoluer une fabrication très inscrite dans des savoir-faire traditionnels. Une façon de promouvoir un nouveau positionnement sur le marché entre création industrielle, artisanat, voire pièces « collectible ».
Après deux événements majeurs en juin à la Portugal Home Week à Porto et à la Paris Design Week, le design portugais se fraie un chemin qui met en lumière toutes les facettes de son talent et de ses savoir-faire artisanaux. Forts de cet ancrage territorial, les créations de mobilier, de textile ou de céramique, liées à une fabrication traditionnelle, se rattachent aux ateliers centenaires et fabricants d’ameublement (plus de 200). Souvent fondés par une même famille, ils ont évolué avec les nouvelles technologies, cherchant à promouvoir une nouvelle notoriété.
Artisanat, art design ou ameublement ?
L’exposition « Métamorphose » à la Paris Design Week, dans le cadre de Made in Portugal naturally, soutenue par l’AICEP, a souligné l’unicité du design portugais, au-delà du cliché connoté d’un pays fabriquant pour des distributeurs d’ameublement en Europe. Mettre en évidence le croisement et la diversité des techniques artisanales, tel a été le synopsis de ce parcours, au cœur du quartier du Marais, mis en scène par le designer franco-portugais Christophe de Sousa. L’approche particulière du procédé de fabrication d’un objet au Portugal (du prototype à la série), confirme l’identité d’un pays qui chercher à sauvegarder ses valeurs traditionnelles tout en ayant la volonté d’intégrer une dimension internationale.


Au Portugal, des entreprises qui s’ouvrent au design
Sous l’impulsion de designers et directeurs artistiques, certains fabricants ajoutent à leur activité des pièces plus haut de gamme, très abouties dans les finitions. Ils mettent leurs expériences des savoir-faire en matière d’ébénisterie, vannerie, céramique, au service des créatifs, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans. Au cœur des richesses du territoire, en puisant dans les ressources naturelles, (marbre, bois, liège, osier, kaolin) les entreprises font émerger leur identité, leur image de marque singulière, le Made in Portugal à la conquête d’un marché plus pointu, de décorateurs, d’architectes et de collectionneurs et d’une évolution culturelle. En voici quelques exemples.
WEEWOOD. En 1964, deux frères travaillent ensemble dans un petit atelier de menuiserie au nord du Portugal, devenu au fil des ans, l’entreprise Móveis Carlos Alfredo spécialisée dans la fabrication et l’exportation de meubles en bois massif. En 2012, la marque Wewood – Portuguese Joinery est née. Les fondements de l’entreprise reposent sur la qualité des matériaux, le façonnage du bois poli, et le design intemporel, avec des pièces produites en petites séries, dans une entreprise à taille humaine. Son ambition ? Créer du mobilier haut de gamme qui dure, valoriser l’esthétique du bois et ses finitions dans chaque projet, comme Contador, un buffet avec des tiroirs, créé en hommage aux comptoirs portugais, édité en 10 exemplaires à l’occasion des 10 ans de la marque. Les bases du design portugais sont amorcées grâce à la collaboration active de designers espagnols, portugais ou allemands, tels que Bambustudio, Edeestudio, Christophe de Sousa, Christian Haas, JC Berlin.

VICARA Studio est une agence créative qui associe designers, artisans et industriels, dans une approche commune, pour développer un écosystème durable, avec des matériaux tels que la céramique, le verre, le bois. Si la poterie traditionnelle (gamme Tasco poterie typique en argile rouge) est toujours au catalogue, des designers portugais se sont emparés de ces belles techniques artisanales de la céramique et influencés par sa gastronomique traditionnelle. Celle combinant vannerie, en aiguilles de pin et céramique, à Caruma, est particulièrement remarquable, et a donné naissance à des vases mêlant deux techniques, dans un ensemble hybride.

Fondée en 1951 dans la région de Guimarães, BELO INOX exporte plus de 70 % de ses produits, dans plus de 30 pays ! Présents dans l’univers des arts de la table, sur les salons européens, Maison & Objet et Equiphotel, à Paris, Ambiente à Francfort ou encore Host, à Milan, Belo Inox se dirige vers une stratégie à l’international (Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, la France, le Mexique, l’Espagne et l’Égypte). Chaque produit en acier est fabriqué dans la recherche de l’excellence avec de récentes technologies de pointe. La finesse des couverts, les aspects de surface mat satiné font évoluer l’art de la coutellerie vers la modernité et la sobriété. Avec des partenariats tels que tels que Vista Alegre et Grestel, la marque s’oriente notamment vers la fabrication de produits exclusifs pour les restaurants gastronomiques.


Originaire des montagnes de Serra da Estrela, BUREL FACTORY est une marque durable qui valorise le textile 100 % laine, ainsi que d’autres tissus. Sous la houlette du directeur artistique et designer Rui Tomás, la marque promeut le patrimoine, et le design avant tout, en créant des dessins spécifiques pour l’architecture intérieure et des revêtements et solutions acoustiques. Suite à la reprise d’une ancienne usine et de ses métiers à tisser artisanaux, les propositions s’étendent aux accessoires de mode et de décoration et dont certains sont fabriqués à base de chutes non utilisées de tissus, poursuivant ainsi sa mission zéro déchet.

Spécialisée dans la transformation du liège, 100% naturel et durable, SOFALCA est divisée en trois activités et donc trois marques distinctes. Isocor fabrique avec les déchets du liège des panneaux d’isolation phonique, thermique et anti-vibration, essentiellement pour le bâtiment et l’industrie. Gencork explore la symbiose entre ce matériau écologique et les processus de fabrication de haute technologie. Le liège expansé est transformé grâce à des algorithmes basés sur le design génératif, fortement inspirés par le monde scientifique. En découlent des panneaux qui optimisent les propriétés de ce matériau, mais aussi ajoutent une valeur esthétique. Blackcork s’est spécialisé dans la création et production de mobilier contemporain, née en 2013 avec Toni Grilo directeur artistique. Ce fabricant qui produit du liège noir expansé depuis 1966, parie l’avenir, avec un design original et innovant.

Le 14 septembre 2022, Petite Friture fêtait ses douze ans en inaugurant son nouveau showroom à Montreuil. Dans une ancienne usine, soigneusement rénovée, 800 m2 sont partagés pour accueillir des bureaux pour une quarantaine de personnes et un showroom pour une collection de produits exemplaires.
Depuis Vertigo de Constance Guisset, Petite Friture trace doucement son chemin, n’hésitant pas à renouveler ses collaborations comme ses productions. Avec la collection de chaises Weekend de BrichetZiegler, elle concurrence les grands de l’outdoor. La lampe Quasar de Samy Rio joue les baladeuses lumineuses. La Neotenic, ‘pop et sculpturale’, est le fruit de la première collaboration entre le studio américain Jumbo, Justin Donnely et Moonling Lee. Comme une pâte italienne cavatappi, elle ondule et se tord, fabriquée par des artisans céramistes au Portugal, 4 moules pour aboutir à cette forme arrondie et des heures de ponçage manuel, pour un aspect métal. Le module LED intégré, spécialement développé pour la collection permet à cette lampe guimauve de rejoindre les collections « libre garde » Petite Friture.
Libre garde
Pas d’avant-garde chez Petite Friture mais une libre garde, soucieuse de fantaisie et de réductivisme à la fois, pour un design affectif. La collection Wander d’AC/AL, des miroirs graphiques et lumineux, permet de faire s’envoler son reflet dans des espaces colorés et ludiques, comme dans un autre monde, léger et joyeux. Un système d’accroche ingénieux permet au miroir d’être comme en lévitation sur le mur et de projeter ses couleurs en halo.

Sa suspension phare : Vertigo dessinée par Constance Guisset n’a rien perdu de son charme et se décline dans une version Led blanche avec ruban gris. Elle figure aujourd’hui dans la collection permanente du Musée des Arts Décoratifs à Paris, le MAD et au MoMA à New York.

Histoire
En 2009, Amélie du Passage, diplômée d’HEC en 2003, lance la marque Petite Friture alors que le secteur du meuble peine à se renouveler. Avec un nom qui crépite, des pièces accessibles en termes de prix et un pool de créateurs émergeants, elle fait mouche et s’impose sur le marché du design comme la petite boîte qui monte. De salon en salon, elle devient une marque européenne de référence. Sa ligne éditoriale n’est pas définie par un style mais plus par un état d’esprit. Les objets doivent être signés, audacieux et se différencier sans impressionner. Les clients doivent avoir envie de vivre longtemps avec eux.


La crise du Covid
Le confinement et le rythme imposé par la crise du Covid a obligé les employés à rester chez eux et à travailler à distance, en zoom et en visioconférence. Une communication de crise a été mise en place pour ne pas se faire oublier du public, un acte essentiel quand tout est stoppé. Après un confinement de cette envergure, quand on a été « reconnu comme d’inutilité publique », la réponse a été encore une fois intelligente : l’entreprise pour rester en contact avec sa clientèle s’est mise à écrire des chroniques de quarantaine, un exercice plutôt périlleux mais réussi. L’optimisme affiché reflète un état d’esprit positif.

Amélie du Passage et son équipe se sont réveillés plus acharnés que jamais et avec confiance en l’avenir. Les valeurs partagées sont payantes. À la sortie de la crise, Petite Friture est d’autant plus exigeante sur l’impact environnemental de la production et à l’heure où les cours de l’énergie et des matières premières flambent se soucie d’utiliser les énergies nouvelles.
Une écurie de designers
Parmi les designers qui ont travaillé pour Petite Friture, Constance Guisset, la reine de la lumière affiche sa Vertigo en best-seller maintes fois copiée. Le studio BrichetZiegler, association de malfaiteurs autour de la matière n’en finit plus de compléter sa collection outdoor. Sam Baron, Noé Duchaufour-Lawrance, Pierre Favresse, India Mahdavi, Studio Pool, Andras Rigler, Giorgia Zanellato, Färg & Blanche, Thiphaine de Bodman, Tom Chung, Lisa Lobreau, Leslie David, GGSV studio, Hanna Emelie Ernsting, Tomas Kral, Daniel.Emma, Ana Montiel, Elise Fouin, Shelley Steer, Vaulot & Dyèvre, AC/AL studio, Morten & Jonas, Studio NOCC, Claesson Koivisto Rune, Studiopepe, Anne Harvala, Pia Chevalier ont contribué au succès de la marque. Samy Rio et le studio Jumbo font une entrée remarquée avec Quasar et Neotenic. Un générique de super production.
Une collaboration inclusive
Mais depuis 12 ans, Petite Friture, c’est aussi le choix d’une collaboration inclusive avec APF France handicap, pour permettre à des ouvriers ou ouvrières de mettre tout leur talent au service d’une fabrication qui demande soin et attention. A Amiens et Evreux, trente personnes fabriquent avec une précision d’orfèvre la suspension Vertigo de Constance Guisset et le Cherry de Daniel.Emma. Treize étapes sont nécessaires à la fabrication de Vertigo, un accordage minutieux de 66 rubans tirés à la main sur une structure en acier, pour une vibration emblématique. Un développement qui prend de 18 à 24 mois pour un assemblage au cordeau.


Une diffusion dans la durée
Petite Friture privilégie la diffusion dans la durée avec possibilité de réparation, recyclage des produits en fin de vie, don des invendus à des associations et vente à prix attractif des modèles d’exposition. Petite Friture témoigne ainsi de son engagement social en faveur de l’insertion. « Nous avons, en tant qu’entreprise une force collective pour faire bouger les lignes…Et nous avons envie de faire du bruit pour aller plus loin. La parole, nous allons la prendre pour dire haut et fort notre action en perpétuelle construction, pour préciser nos axes de travail au service desquels nous mettons notre « force positive » en oeuvre. »
Un engagement fort posé dès le début par Amélie du Passage, fondatrice et Directrice artistique toujours en action en faveur du design français qui nécessite technicité et compétences au sein de filières durables et utiles. Une belle histoire inclusive comme la qualifie Serge Widawski, Directeur général d’APF France handicap. Un documentaire a même été réalisé par Sarah Makharine, immergée pendant plusieurs semaines dans le quotidien des ouvrières pour retranscrire cette démarche vertueuse… À visualiser sur youtube.

Chaque année, l’annonce des lauréats du prix pour l’Intelligence de la main est un temps fort de l’automne. Ce jeudi 6 octobre, dans une salle Wagram comble, au cours d’une cérémonie célébrant avant tout la patience et la passion des artisans et designers, et en présence de Rima Abdul-Malak, Ministre de la Culture, la Fondation Bettencourt-Schueller dévoilait la « promotion 2022 » des prix Talents d’Exception, Dialogues et Parcours.
Depuis son lancement en 1999 par la Fondation Bettencourt Schueller, le prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main récompense les créateurs qui développent un savoir-faire et innovent dans le domaine des métiers d’art. Aujourd’hui devenu à la fois une référence et un label d’excellence, le prix accompagne financièrement et stratégiquement les créateurs primés à approfondir un projet.
Pour cette édition 2022, ont été récompensés : Grégoire Scalabre, le duo Anaïs Jarnoux & Samuel Tomatis et l’union d’associations L’Outil en Main. Des lauréats mis à l’honneur par la présidente de la Fondation, Françoise Bettencourt Meyers, et par le jury à nouveau présidé par Jean de Loisy, commissaire d’exposition et critique d’art. Cette soirée a été lancée sous de bons auspices, avec une prise de paroles engagée en faveur des métiers d’art et du design Mme Rima Abdul-Malak. La Ministre de la Culture a en effet rappelé que son cabinet est le premier à comprendre un conseiller spécialement en charge de ces secteurs, et l’importance du rôle à jouer de ce vivier économique, patrimonial et culturel dans le cadre de France 2030. Par ailleurs, elle a profité de la soirée pour confirmer en direct aux artisans un nouveau report cette année du crédit d’impôts.
Grégoire Scalabre, lauréat dans la catégorie Talents d’exception
Le prix Talents d’exception a pour but de récompenser un artisan d’art pour la réalisation d’une œuvre résultant d’une parfaite maîtrise des techniques et savoir-faire d’un métier d’art. Cette année, c’est le céramiste Grégoire Scalabre qui est récompensé pour son œuvre « l’Ultime métamorphose de Thétis ». Créée en hommage à la nymphe marine de la mythologie, cette pièce célèbre l’objet le plus humble et le plus essentiel de l’humanité. En effet, le vase accompagne l’homme depuis la nuit des temps, et Grégoire Scalabre le sublime en le multipliant, en jouant sur les échelles, les formes. L’œuvre comprend 70 000 amphores miniatures, faites de porcelaine translucide émaillée.


Accompagné par la Fondation Bettencourt Schueller dans ce projet, le céramiste pourra ainsi réaliser une nouvelle sculpture monumentale et équiper son atelier. La transmission étant une valeur essentielle de son parcours – totalement autodidacte comme il l’a rappelé sur scène – il prévoit également de développer ses actions actuelles, notamment par la création d’un programme de Master Class permettant à des apprentis de rencontrer des artisans d’art ayant une approche singulière de la céramique.
Pour ce prix, Grégoire Scalabre se voit récompensé d’une dotation de 50 000 € et bénéficie d’un accompagnement allant jusqu’à 100 000 € pour réaliser un projet de développement.
Anaïs Jarnoux & Samuel Tomatis, lauréats de la catégorie Dialogues
Depuis sa création en 2010, le prix Dialogues salue la collaboration d’un artisan d’art et d’un designer, à travers la présentation d’un prototype ou d’une création qui témoigne d’un savoir-faire artisanal d’excellence, l’artisan étant challengé dans sa pratique par l’approche du designer. Le duo composé de la tapissière d’ameublement Anaïs Jarnoux, et du designer Samuel Tomatis a été récompensé pour le prototype du sac MS.86.Ulva, conçu à partir d’un matériau composé à 100 % d’algues, en lieu et place des traditionnelles peaux animales. Un matériau que Samuel Tomatis a développé, testé, puis éprouvé au terme de six années de recherche en collaboration avec des artisans et des scientifiques. Ce dernier est totalement biodégradable et peut très bien remplacer le cuir ou encore le plastique, autant dans le champ industriel qu’artisanal. Une réalisation qui s’inscrit dans une démarche écologique et vertueuse. Et sur ce projet, le processus de création du sac a mobilisé l’expertise et le savoir-faire de maroquinerie et sellerie d’Anaïs Jarnoux, rencontrée aux Ateliers de Paris. Avec le soutien de la Fondation, le duo compte créer de nouvelles pièces, perfectionner ce biomatériau et développer son processus de production en vue d’une application à plus grande échelle.

Pour ce prix, ils obtiennent une dotation de 50 000 € à se partager, en plus de l’accompagnement pouvant aller jusqu’à 150 000 € pour le déploiement d’un prototype ou de l’objet afin d’en approfondir l’expérimentation, la recherche et l’innovation.
L’Outil en Main, lauréat de la catégorie Parcours
Lancé en 2014, le prix Parcours salue une personne morale pour son engagement et sa contribution exemplaire au secteur des métiers d’art français. C’est le seul prix qui ne demande pas de candidatures, les lauréats sont détectés par les experts entourant la Fondation. Cette année, c’est l’union d’association L’Outil en Main ® qui se voit récompensée. Créée en 1994, elle s’est donnée pour ambition de faire appel à des artisans et des artisans d’art à la retraite pour initier les jeunes aux métiers manuels. L’Outil en Main regroupe aujourd’hui 235 associations, réparties dans 68 départements, en métropole, également en Guadeloupe et Guyane. Chaque semaine, 3 500 jeunes de 9 ans et plus sont accueillis par les 5 500 bénévoles. Une occasion pour s’initier durant l’année à trois ou quatre disciplines différentes, de développer sa dextérité en découvrant les gestes et les outils et de réaliser son « chef-d’œuvre »… Une initiative révélatrice de talents, puis que l’expérience suscite de multiples vocations. En effet, 40 % des jeunes passés par L’Outil en Main ® choisissent ensuite un métier autour de l’artisanat.

Accompagnée par la Fondation, L’Outil à la Main ® pourra développer davantage son réseau d’associations, soutenir le recrutement de bénévoles (notamment dans les métiers d’art), et mettre en place des modèles innovants d’ateliers destinés, par exemple, aux jeunes en situation de handicap. Avec ce prix, l’Outil en main bénéficie d’un don de 50 000 € ainsi qu’accompagnement jusqu’à 100 000 € pour réaliser un projet destiné à faire rayonner l’univers des métiers d’art.