Carlo Urbinati : “Foscarini met désormais l’accent sur l’impact de la lumière dans la vie de chacun”
11/6/2020
Carlo Urbinati : “Foscarini met désormais l’accent sur l’impact de la lumière dans la vie de chacun”
Foscarini devait dévoiler son nouveau projet VITE (VIES) au Salone del Mobile, finalement reporté à 2021 pour cause de crise sanitaire. Entretien avec Carlo Urbinati, président de Foscarini, pour nous présenter cette nouvelle approche de la maison italienne, qui parle de la lumière non plus à partir des lampes mais de ceux qui vivent avec.
Avec VITE (VIES), la lampe ne détient plus le statut d’objet. Cela marque-t-il un changement de stratégie de la maison Foscarini ?
Carlo Urbinati : Nous voulions trouver une nouvelle façon de présenter la lampe, qui va au-delà du simple produit. “Fare. Luce.” consiste à présenter un produit dans un environnement spécifique. Avec VITE, nous mettons désormais l’accent sur l’impact de la lumière dans la vie de chacun. C’est pour cela, nous avons demandé à Gianluca Vassallo de se rendre aux quatre coins du monde et de capter la relation de 17 foyers avec leur lumière. Car chacune des lampes, qu’elle soit à Copenhague, Naples, Shanghai ou ici même à Venise, possède une histoire propre, intimement liée au foyer dans lequel elle se trouve. Les individus les ont choisis pour différentes raisons, et nous essayons de les montrer. Ce projet marque un tournant dans le sens où “Vite. Luce. Vera.” devient une devise de notre maison.
Vous placez l’humain au coeur de VITE (VIES). Cela traduit-il un changement de l’identité Foscarini ?
C.U. : Au contraire, nous rappelons que nous pratiquons un design qui a un sens, que nous créons pour les gens. Ces personnes que nous voyons dans ce projet, qui évolue chacun de leur manière avec la lumière, ce sont pour eux que nous réfléchissons et que nous créons. Ces personnes sont des individus comme vous et moi, des amis, des amis d’amis ou des connaissances.
Vous dites que c’est une évolution des projets Inventario, Ritratti et Maestri. Dans quel sens ?
C.U. : C’est une suite logique de ces trois projets. Lorsque Inventario est sorti en 2010, nous l’avons conçu comme un think tank : un magazine sur la culture du design qui s’inspire des arts visuels, de l’architecture, de la photographie ou de la sculpture. Puis vient Ritratti (2015), qui se concentre sur la lampe en tant qu’objet, mis en scène dans un environnement spécifique. En 2018, Maestrie met en lumière les artisans avec lesquels nous travaillons et le processus de production de nos lampes. Pour le projet qui allait suivre, il fallait nous détacher de la mise en scène qui quelque part montre une faiblesse du produit. Il fallait plutôt présenter le produit dans divers lieux afin de montrer ses forces. C’est ainsi qu’est né VITE.
Le vécu de la lumière est désormais au centre du projet. Qu’advient-il de l’usage de la lampe ?
C.U. : VITE déplace le focus sur l’espace, dont la lampe en devient un élément constitutif. Cela nous permet de mieux appréhender la relation qu’elle possède avec son environnement. Nous n’aurons plus à extraire la lampe d’un environnement spécifique pour l’imaginer dans notre foyer, puisque VITE nous la présente dans une vingtaine éparpillés de part et d’autre de la planète.
Vous rapprochez-vous d’une vision d’architecte d’intérieur ?
C.U. : Plus exactement, nous produisons un élément qui permet de créer un espace. Cependant, avec VITE nous offrons à chacun les outils pour aménager son intérieur, qu’il soit un professionnel ou un particulier. C’est pour cela que nous avons fait l’effort de proposer un large panel d’inspirations, loin des images froides et mises en scène du passé.
Vous deviez présenter ce projet au Salone del Mobile 2020. Qu’en est-il de l’avenir de ce projet et de Foscarini ?
C.U. : VITE devait être le projet phare de notre Salone del Mobile. Étant donné les circonstances, nous travaillons à rendre le projet totalement digital afin de la partager au plus grand nombre. Nous devions aussi sortir un catalogue, qui met en avant nos créations et nos rééditions. Cependant, nous l’avons mis en stand-by, car nous considérons que ça n’est pas le moment de proposer de nouveaux produits.
Quel a donc été l’impact de la crise sanitaire sur Foscarini ?
C.U. : D’un point de vue commercial, nous avancerons à tâtons, mais je pense que le reste de l’année et celle qui vient seront compliquées. En interne, cette période difficile nous a poussés à revoir notre fonctionnement. Nous avons dû travailler à distance pendant près de deux mois, et nous continuons à le privilégier. Nous avons dû réapprendre à travailler ensemble notamment lors des réunions virtuelles, qui m’ont d’ailleurs agréablement surpris : les échanges créatifs sont plus efficaces dans le sens où ils sont plus rapides, plus ciblés et favorisent le partage des idées puisque chacun parle à son tour.
La Design Parade célèbre cette année son 20e anniversaire à la Villa Noailles et sa 10e édition à Toulon. Ouvertes depuis le 25 juin et jusqu'au 30 août, les deux manifestations ont livré comme chaque année leurs lots de surprises dans les domaines de l'objet et de l'architecture intérieure. Retour sur les sept lauréats de l'édition 2026.
Née de la volonté de faire découvrir, partager et promouvoir le design le temps d’un été, la Design Parade est devenu un rendez-vous incontournable pour révéler de nouveaux talents auprès d'un large public. Pour cette édition anniversaire, qui marque les 20 ans de l’édition de Hyères et les 10 ans de son antenne toulonnaise, sept créatrices et créateurs ont été récompensés pour leur inventivité déployée au cœur de la Villa Noailles. Concernant le jury, la section design, cette année présidée par Sofia Lagerkvist et Anna Lindgren, réunissait Anne-France Berthelon, Stanislas Colodiet, Clara Krzentowski, Hervé Lemoine et Simon Dupety, récompensé l'an dernier par le Grand Prix du Jury objet. De son côté, Laura Gonzalez était à la tête d'un second jury, composé de Stéphane Parmentier, Rodolphe Parente, Raphaella Pron, Anne-Sophie von Claer et Thomas Takada, chargé de départager les projets d’architecture intérieure. Retour sur le palmarès de cette édition 2026.
Le Prix Manufactures nationales - Mobilier national : Lundja Medjoub & Matisse Vrignaud
Avec Les Horloges à Feu, Lundja Medjoub et Matisse Vrignaud s’intéressent au temps à travers la réinterprétation d’instruments de mesure médiévaux. « Il nous a semblé que le temps était une notion trop peu explorée dans le design, alors qu’il s’agit pourtant d’un concept essentiel de nos sociétés contemporaines. Revenir aux fondements de sa mesure nous paraissait indispensable », raconte le duo. Autour de trois objets de mesure emblématiques, les designers associent leur pratique aux notions de temps, de son et de mouvement. « Ces trois objets incarnent trois manières de considérer le temps à travers trois principes sonores : le gong dépeint l’événement singulier et ponctuel ; le sablier symbolise la durée ; le métronome fait référence à la répétition et à la cyclicité. En leur présence, c’est leur son qui matérialise le temps et les fait resurgir à notre attention. » Les trois pièces sont réalisées en laiton, issu de chutes d’une laitonnerie. Un matériau choisi autant pour son lien avec l’horlogerie que pour ses qualités acoustiques, notamment sa musicalité.
Huacos est un projet fondé sur la coexistence des références culturelles, souvent opposées, et ici réunies au sein d’un même objet. « La série de céramiques que je présente à la Villa Noailles est conçue comme une superposition entre l’ancestralité et la mondialisation, le passé archéologique et la culture pop contemporaine, les savoirs locaux précoloniaux et les produits du marché capitaliste » explique Tin Ayala. Prenant la forme de céramiques semblables à celles créées par les sociétés Moche, Nazca, Chimú ou encore Inca, le designer équatorien interroge également l’« extirpation des idolâtries » mise en place lors de la colonisation des Andes par les Espagnols. « Cet effacement d’hier nous amène aujourd’hui à concevoir la culture matérielle précoloniale comme quelque chose d’incomplet, de manquant et de brisé, que nous devons restituer à l’aide d’études archéologiques et de connaissances universitaires. » Inspiré par une résidence effectuée en 2023 auprès du musée archéologique Larco à Lima, le créateur place les mélanges, les fusions et les combinaisons au cœur de sa pratique. « C’est pourquoi, en étudiant le design aux Pays-Bas, je place l’art précolombien et le design contemporain au même niveau culturel. » Au-delà de l’esthétique, ces hybridations, questionnent les binarismes coloniaux : ancestral et contemporain, local et global, ou nature et culture. Fruits d’une méthodologie de conception dite « Abigarramiento » (en français : bigarré), les objets superposent des temporalités et des épistémologies hétérogènes. « Je ne crois pas au mythe de la tabula rasa (créer à partir de rien). En tant que designers, nous faisons toujours partie d’un contexte social, nous faisons toujours partie d’un contexte social, et il est important de créer à partir de ces réalités et de travailler avec ces références. » Un travail effectué lors de la résidence de la Fondation d’entreprise Martell à Cognac entre novembre 2025 et janvier 2026.
Le projet d’Edouardo Altamirano, intitulé Sonido Material, explore le son comme un phénomène physique. « Ce projet est né d’un intérêt pour l’exploration de notre rapport au son et aux objets qui le produisent. Il remet en question les produits qui reposent sur la technologie, tels que les haut-parleurs, en se demandant s’ils peuvent redevenir plus bruts, plus ouverts et davantage axés sur l’expérience. » Pour ce projet, le designer a déconstruit le haut-parleur jusqu’à ses composantes les plus essentielles, remettant ainsi en question les frontières conventionnelles entre objet, matériau et son. « J’explore la possibilité de repenser le haut-parleur comme un système ouvert. L’objet n’est plus contraint par une limite physique ni enfermé dans un boîtier : il devient visible et exposé. Cela remet en question nos idées reçues sur les matériaux en proposant une solution qui utilise quelque chose d’aussi simple que le papier, un matériau que l’on n’associe généralement pas au son. » Ce projet est notamment influencé par le dessin, qui occupe une place centrale dans sa pratique. Il lui permet d’explorer un langage graphique et de l’utiliser comme moyen d’expression. « Le dessin influe directement sur la qualité du son, sa résonance et la fonctionnalité globale de l’œuvre, introduisant ainsi une dimension expérimentale particulièrement intéressante », conclut-il.
Prix Visual Merchandising décerné par Chanel : Blanche Mijonnet
En parallèle de son projet d’espace intitulé Pyjama Party, qui interroge l’identité provençale, le projet Soleil Soleil, récompensé ici, questionne en profondeur la matière, la couleur et la notion même de vitrine. « Tout découle de la matière et nous immerge dans sa texture. La lumière n'est pas cachée : elle émane de son cœur et nous invite à regarder de plus près. Soleil Soleil réinterprète la lumière du sud de la France en puisant son inspiration dans l’audace de Coco Chanel, qui a introduit le jaune au rang du luxe. Dans une quête du jaune absolu, la fleur la plus ordinaire qui soit déploie toute sa magie en s’inspirant des savoir-faire délicats des plumassiers de la maison Lemarié : le pissenlit. Cette fleur retrouve sa poésie en révélant ses deux états dans un diorama délicat et lumineux. » Une réalisation d’envergure, qui a notamment nécessité seize heures de cueillette de pétales pour composer le soleil et ces nuances. Plus largement, ce projet permet à la créatrice d’explorer la matière et le geste de manière intuitive et expérimentale, afin d’en révéler toute la poésie.
Prix du Public : Simon Searle et Victoire Lesthevenon
L’Observatoire de Simon Searle et Victoire Lesthevenon, ouvert sur la Villa Noailles, brouille les frontières entre intérieur et extérieur. « Nous avons conçu cet espace de manière à orienter le regard vers l’extérieur. Le sol est surélevé et la structure en bois renforce la perspective vers les fenêtres, offrant ainsi un meilleur point de vue sur le paysage. Des matériaux comme le liège isolent l’espace afin de permettre une immersion totale dans les sons de la nature. Nous voulions créer un lieu hors du temps, loin des distractions, et c’est ainsi que nous concevons le confort. » Le choix des matériaux et des couleurs s’inscrit dans la palette du territoire varois, tout en évoluant au fil du temps et de la lumière. « Nous avons développé nous-mêmes toutes les couleurs à partir de plantes locales, qui vont évoluer au contact de la lumière. Cela nous permet d’établir une relation différente avec ces objets et d’accueillir leur transformation. » Conçu à l’échelle de la Villa Noailles, le projet pousse cette logique jusqu’à ses proportions, déterminées à partir de données géographiques et météorologiques du Var. Une manière de renforcer encore davantage son ancrage dans le paysage qui l’accueille.
Le Grand Prix Design Parade Van Cleef & Arpels : Valentin Bayoud
« Le feu a longtemps accompagné l’essor de l’humanité. Aujourd’hui et plus que jamais, il a été remplacé par une autre ressource précieuse et au centre de nombreux enjeux : l’eau. » C’est autour de cette dernière que le designer et architecte Valentin Bayoud a construit son univers. « À travers Aqua primitiva, j’ai cherché à créer des expériences spatiales qui mettent les visiteurs en condition pour dialoguer et réfléchir aux enjeux contemporains. » En écho aux rassemblements autour du feu, le créateur a imaginé une forme circulaire invitant chacun à se positionner à équidistance de la denrée. « Je m’intéresse aux archétypes spatiaux, ces formes et structures spatiales qui traversent les cultures et les époques parce qu’elles répondent à des besoins fondamentaux. Il ne s’agit pas de reproduire le passé, mais de le confronter au présent. » Un décalage temporel dont résultent des lieux atemporels. S’inscrivant dans une démarche phénoménologique, le projet mobilise les sens et invite le public à une pause réflexive. Une expérience ancrée dans le contexte d’Hyères et mise en valeur par des savoir-faire traditionnels et des matériaux naturels comme le bois brûlé, le lin non teint, le verre thermoformé et moulé, la fonte d’aluminium recyclée, ainsi qu’une pierre du Var posée à sec.
Le Prix Manufactures nationales - Mobilier national :Carlotta Lagazzi & Yohann Hubert
Un salon de repos sur le paquebot de Mallet-Stevens. Imaginée à partir du flux de déchets issus du nautisme de plaisance, l’installation de Carlotta Lagazzi et Yohann Hubert s’ancre dans l’idée de créer sans engendrer de nouveaux objets. « Un geste conceptuel autant qu’écologique, remettant en question la logique linéaire de la production et de la consommation. » Basé sur l’upcycling, Overflowed réinterprète un certain nombre de matériaux déjà porteurs d’histoire. « Nous sommes depuis longtemps séduits par l’idée de Roland Barthes selon laquelle l’objet est bien plus qu’une simple entité fonctionnelle, chargé de mémoire, de symboles et d’associations culturelles. » Attachés à l’idée de créer de nouveaux sens, le duo considère les médiums « en constante évolution plutôt que comme des entités figées ou immuables ». Une philosophie et un sens de la valorisation dont découle généralement une forme d’ambiguïté. « Nous aimons qu’il soit parfois difficile de dire si les choses sont naturelles ou artificielles, animées ou inertes. » C’est en ce sens que les designers ont découpé et démonté des carcasses et des pièces de bateaux abandonnés pour les rassembler dans des formes « plus douces, plus organiques et curieusement plus familières », convoquant l’imaginaire. Une transformation par laquelle s’opère un déplacement symbolique, de l’objet maritime à l’objet de salon. Sur la méridienne revisitée et sous le plafonnier d’écailles lumineuses, seules les techniques d’assemblage (nœuds, accastillage, systèmes de tension et de retenue, textures et textiles techniques) font office de traits d’union entre deux mondes.
Présentée lors des 3daysofdesign à Copenhague, la réédition du Limit Lounge Chair de Niels Bendtsen revient dans une version outdoor éditée par Normann Copenhagen.
Dévoilé le mois dernier à l'occasion des 3daysofdesign à Copenhague, le Limit Lounge Chair version outdoor fait son entrée au catalogue de Normann Copenhagen. Cette édition réalisée en collaboration avec Sunbrella, conserve le principe constructif d'origine tout en introduisant, pour son nouvel environnement, un piètement en acier inoxydable. La marque ajoute également un système de connecteurs permettant d'assembler plusieurs fauteuils afin de composer des assises à deux ou trois places ou des configurations modulaires. Proposée dans un large choix de revêtements textiles, la housse, toujours amovible et remplaçable, s’adapte à tous les goûts.
Limit Lounge Chair de Niels Bendtsen par Normann Copenhagen
Une économie de moyens mais pas d'idées
Dessiné en 1974 par le designer dano-canadien Niels Bendtsen, Limit Lounge Chair est né dans le contexte du premier choc pétrolier. Conçu avec un minimum de matériaux, il repose sur une structure composée de deux rails en acier entre lesquels est suspendue une assise textile matelassée, sans mousse ni élément superflu. Léger, démontable et pensé pour optimiser le transport, le fauteuil témoigne d'une approche où la logique constructive détermine la forme. Intégré à la collection permanente du Museum of Modern Art de New York, il est aujourd'hui réédité sans remettre en cause ce principe initial. Plus de cinquante ans après sa création, cette réédition remet en circulation un projet dont l'économie de moyens fait écho aux préoccupations actuelles autour de la sobriété, de la réparabilité et de la longévité des objets.
Limit Lounge Chair de Niels Bendtsen par Normann Copenhagen
DCW éditions présente IN FINE, une nouvelle collection de luminaires dessinée par Gaëlle Lauriot-Prévost et Dominique Perrault, dans la continuité de leur travail engagé autour de la forme tubulaire.
Depuis 2017, DCW éditions développe avec Gaëlle Lauriot-Prévost et Dominique Perrault une famille de luminaires inspirée de l'univers industriel. Avec IN THE TUBE lancé en 2015, puis IN THE TUBE 360° trois ans après et décliné en applique (FLAPS) ou suspension (WINGS), les deux designers poursuivent leur exploration fondé sur le tube lumineux. Présentée en 2026, IN FINE parachève cette évolution. La collection associe un tube en verre opale à un socle métallique facetté, complété par une bague métallique modulable. Déclinés en plusieurs longueurs et finitions, les luminaires peuvent être installés en intérieur comme en extérieur, en applique ou en suspension, seuls ou en composition.
L'évolution ne concerne pas uniquement le dessin. Le driver est désormais intégré au luminaire afin de faciliter l'installation. La fabrication fait appel à un aluminium traité contre la corrosion, des fixations en acier inoxydable et un indice de protection IP65 en applique (IP44 en suspension), autorisant notamment une utilisation en bord de mer. À travers cette nouvelle collection, DCW éditions poursuit ainsi le développement d'un langage formel initié il y a près de dix ans, où des références issues de l'industrie sont adaptées aux usages de l'éclairage architectural et domestique.
Tiptoe dévoilait fin juin une table dessinée par le designer franco-japonais Jun Yasumoto. Une création simple et robuste imaginée pour s’insérer facilement dans nos intérieurs.
« J’ai le sentiment que dans un foyer, la table à manger est le point de rencontre de tous les membres de la famille. C’est autour de celle-ci que je partage le plus de moments avec mes enfants », raconte Jun Yasumoto. Habitué à réaliser des assises caractérisées par l’efficacité des lignes plus que par la recherche d'un style marqué, le designer s’est associé à la marque Tiptoe pour créer Post. Un nom qui fait référence au tube central en acier qui soutient et définit l’équilibre de l'objet. Plus qu’un détail, ce principe constructif a été le point de départ du projet. « À vrai dire, lorsque Matthieu Bourgeaux m’a contacté il y a deux ans, j’ai rapidement proposé l’idée d’une table avec un piétement “en T”. Ce que j’aimais avec cette idée, c’était sa présence graphique qui apporte du caractère sans pour autant rendre le mobilier bavard. C'est un base qui sait s’effacer. » Un parti pris esthétique mais également fonctionnel puisque la construction de la table - allant de 120 cm à 240 cm - permet de dégager l’espace central et les côtés, favorisant une certaine liberté d’installation.
Connue notamment pour ses pieds de table et ses étagères reprenant le système du serre-joint, Tiptoe propose avec Post une approche totalement différente et détachée de ce principe. « Il ne faut pas voir dans cette absence un choix délibéré de ma part, mais il me semble que Tiptoe ne souhaitait pas non plus s’enfermer dans cette typologie particulière. » Moins guidé par l’identité de la marque que par la forme qu'il a imaginé, Jun Yasumoto explique avoir voulu dessiner un objet à la conception très rationnelle. « Ma table est livrée à plat, son montage est facile, sa structure est robuste, les matériaux sont qualitatifs. Lorsque je dessine un produit, je fais toujours très attention à ne pas sacrifier l’aspect fonctionnel à l’aspect visuel. Aussi, nous avons travaillé en étroite collaboration avec l’équipe de développement technique de Tiptoe. » Une union dont résulte une typologie libre d’interprétation, faite pour déjeuner comme pour travailler.
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