Le CIAV Meisenthal : une renaissance hors norme
© Site Verrier Meisenthal

Le CIAV Meisenthal : une renaissance hors norme

À Meisenthal en Moselle, dans les Vosges, le Centre International d’Art Verrier, met à disposition des designers un site de 15000 m2 pour des expérimentations sans fin. Un vrai terrain de jeu pour designers.


En 1704, la Verrerie de Meisenthal (vallée des mésanges) voyait le jour pour des épopées productives jusqu’en 1969. Cette friche industrielle du Pays de Bitche aurait pu définitivement s’assoupir si un enfant du pays, Yann Grienenberger, bien entouré, ne s’était obstiné à lui redonner vie. Son projet de réhabilitation court sur plus de vingt ans. Depuis 2000, il fouille, creuse, découvre et n’en finit plus de révéler les trésors enfouis de cette épopée industrielle hors du commun qui exploite sa terre sablonneuse, son eau et ses bois depuis la fin du Moyen Âge. Déjà, des communautés verrières nomades installaient leur four de fortune en fond de vallée, pour exploiter les ressources naturelles immédiates. Au début du 18ème siècle, les voies devenant plus carrossables, les verriers ont sédentarisé leur activité jusqu’à allumer le premier four en 1711 dans l’actuel bâtiment du Musée du Verre pour produire des objets de première nécessité (bocaux, bouteilles, verres à vitre).

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© Site Verrier Meisenthal

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Au 19ème siècle, la fonderie abandonne le bois au profit de la houille et les découvertes scientifiques de la révolution industrielle – l’invention de la pompe à air comprimé, le développement de la machine à vapeur actionnant les meules de taille ou la mise en œuvre de nouvelles techniques comme la gravure à l’acide ou la technique du verre multicouche. En marge d’une production de gobeleterie ‘bon marché’, de 1867 à 1894, Émile Gallé, chef de file de l’École de Nancy aboutit des pièces exceptionnelles sans précédent qui font de Meisenthal le berceau du verre Art Nouveau. Dans les années 30, la verrerie qui compte 650 salariés s’oriente vers une production de masse de beurriers, sucrières, salières, confituriers et presse-citrons. Dans les années 60, malgré des investissements conséquents et une production annuelle de plus de 4 millions de pièces en verre soufflé et pressé, elle subit de plein fouet la concurrence de ceux qui ont choisi la mécanisation.

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© Site Verrier Meisenthal

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En 1969, la verrerie ferme et les ferrailleurs démantèlent et recyclent 8000 moules en métal (ce qui donnera lieu depuis 1992 à la création de la Moulothèque). La friche de l’usine qui occupe un hectare n’a plus aucune valeur et entraîne la mort du village dont la commune achète l’espace pour un franc symbolique et le relance. Depuis les designers les plus réputés s’y sont succédés : Borek Sipek, Enzo Mari, François Azambourg, Jasper Morrison, Andreas Brandolini, Mathieu Lehanneur… ou dernièrement Nicolas Verschaeve.

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© Site Verrier Meisenthal

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Le projet architectural du site verrier de Meisenthal est l’œuvre de l’agence new-yorkaise SO-IL (Florian Idenburg, Jing Liu, Ilias Papageorgiou) associée à l’agence parisienne FREAKS architecture (Yves Pasquet, Cyril Gauthier, Guillaume Aubry). Le projet de réhabilitation de 2018 à 2022 a été géré par la Communauté des Communes du Pays de Bitche. L’agence Designers Unit (Paris) signe la muséographie-scénographie du Musée du Verre. Les V8 Designers associés à Fred Rieffel ont pensé divers aménagements intérieurs et le mobilier du site. Charte graphique et signalétique sont réalisées par Stéphane Riedinger. Cette rénovation-création n’aurait pas pu avoir lieu sans le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller.

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© Site Verrier Meisenthal

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Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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