Minéralité et design, l'alliance lumineuse avec l'albâtre

Minéralité et design, l'alliance lumineuse avec l'albâtre

D’une utilisation relativement nouvelle dans le monde du design, l’albâtre est aujourd’hui transformé en de multiples produits. Tantôt pièces architecturales, tantôt luminaires, cette roche encore méconnue est ici travaillée par l’Atelier Alain Ellouz. Un savoir-faire unique pour une renommée mondiale.


Bien que longtemps travaillé, de l’Antiquité jusqu’à l’époque Art Déco puis délaissé, l’albâtre est en ce début de XXIe siècle un matériau oublié. La pierre extraite dans des carrières espagnoles est en effet complexe à travailler car cassante, poreuse et facilement rayable. Sa teinte claire et son veinage particulier en font malgré tout un matériau intéressant; et c’est ce qui motivera la création de l’Atelier Alain Ellouz en 2005. Au fil des années, Alain Ellouz et ses collaborateurs mettent au point des nouvelles techniques pour parer à ces difficultés, que ce soit pour répondre aux contraintes d’origine avec un revêtement en 12 étapes permettant son utilisation dans n’importe quelle architecture, ou des systèmes numériques pour graver et creuser la matière jusqu’à obtenir une épaisseur entre 10 et 30 millimètres.
Bien leur en a pris. Car, qu’il s’agisse de pièces de mobilier ou encore de revêtements applicables du sol au plafond, les créations de l’Atelier semblent avoir conquis jusqu’aux plus grandes maisons.  L’équipe intervient en effet aujourd’hui régulièrement pour des scénographies, des aménagements de showrooms ou des créations sur mesure pour Van Cleef & Arpels, Rolls Royce, Guerlain…

L’Atelier Alain Ellouz répond depuis sa création à de nombreuses commandes en architecture d’intérieur, tout en développant des collections de luminaires. Dans cet aménagement de l’Hôtel du Cap-Eden-Roc, la suspension provient de la collection Oslo.

De l’architecture à l’édition de luminaires

Si jusqu’à récemment la majorité des projets de l’Atelier concernait l’architecture et l’architecture d’intérieur, l’Atelier Alain Ellouz connaît depuis l’arrivée de la pandémie et l’arrêt de nombreux travaux, un retournement de situation. «Aujourd’hui les luminaires représentent environ 75% de notre activité. Avant c’était l’inverse », annonce le fondateur et directeur de l’entreprise, Alain Ellouz.

Lampes à poser, appliques murales, lustres, les sources lumineuses conçues en banlieue parisienne se déclinent en une quarantaine de modèles. Mais depuis quelques semaines, la nouvelle collection Iconic apporte quelques petites pièces au design affuté. Très graphiques, construites par encastrement visuel de triangle, elles permettent un renouveau dans un éventail aux formes plus organiques.
Ce virage s’explique aussi par le vœu de viabilité de la filiale. Prélevée pour sa qualité, la pierre est ensuite découpée puis expédiée sur Paris. Mais « les découpes réalisées en Espagne sur les gros blocs créaient beaucoup de plus petits morceaux que l’on ne travaillait pas », explique Alain Ellouz. L’idée de cette collection est donc de pouvoir façonner les morceaux jusqu’ici délaissés.

De plus,  l’albâtre n’est plus le seul matériau magnifié par l’Atelier. Le cristal de roche a fait son apparition. En provenance de Madagascar, cette pierre dont la dureté et la (partielle) transparence font penser à celle du diamant, permet d’explorer d’autres horizons. La difficulté à ouvrager cette roche implique une taille très angulaire, dont les angles saillants réfractent la lumière. Ajoutez à cela un miroir poli, et le résultat en devient saisissant. Brutalité de la pierre et finesse se mêlent alors dans un troublant sentiment de luxurieuse infinité.

Atelier Alain Ellouz
Showroom Alain Ellouz

Le design, un élément stratégique du développement

Résidence privée, hôtellerie, restauration, Alain Ellouz semble avoir conquis tous les domaines et tous les espaces, du dessus de commode à la mise en lumière de vaste hall. La société peut à l’heure actuelle se vanter d’avoir un quasi monopole. « Le marché américain se développe de plus en plus et représente à l’heure actuelle la moitié de la demande » explique le directeur.

Mais si l’entreprise s’est développée aussi rapidement, c’est aussi grâce à la place accordée au design dès la création de l’Atelier.  Pour Marion Biais-Sauvêtre, designeuse en chef de l’Atelier Alain Ellouz «l’albâtre est une pierre qui se lit ». C’est d’ailleurs entre ses mains que passe chaque morceau d’albâtre pour l’analyse du veinage, ne serait-ce que pour les panneaux d’architecture d’intérieur. « On regarde la couleur et le dessin de chaque plaque sur un mur lumineux afin de pouvoir les assembler et créer des ensembles », explique-t-elle. Complexe et brute à son origine, la pierre acquiert, grâce au regard artistique de Marion Biais-Sauvêtre et de son équipe – qui ont majoritairement des compétences d’ébénistes – tout son caractère et son onirisme.

Alain Ellouz, créateur et dirigeant de l'Atelier, et Marion Biais-Sauvêtre, designeuse.

Atelier Alain Ellouz, Bague Elysée, cristal de roche.
Atelier Alain Ellouz, sphère en albâtre, gravée.

Scénographie Maison Chaumet ©Véronique Mati

Rédigé par 
Tom Dufreix

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3/7/2026
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En parallèle de son projet d’espace intitulé Pyjama Party, qui interroge l’identité provençale, le projet Soleil Soleil, récompensé ici, questionne en profondeur la matière, la couleur et la notion même de vitrine. « Tout découle de la matière et nous immerge dans sa texture. La lumière n'est pas cachée : elle émane de son cœur et nous invite à regarder de plus près. Soleil Soleil réinterprète la lumière du sud de la France en puisant son inspiration dans l’audace de Coco Chanel, qui a introduit le jaune au rang du luxe. Dans une quête du jaune absolu, la fleur la plus ordinaire qui soit déploie toute sa magie en s’inspirant des savoir-faire délicats des plumassiers de la maison Lemarié : le pissenlit. Cette fleur retrouve sa poésie en révélant ses deux états dans un diorama délicat et lumineux. » Une réalisation d’envergure, qui a notamment nécessité seize heures de cueillette de pétales pour composer le soleil et ces nuances. Plus largement, ce projet permet à la créatrice d’explorer la matière et le geste de manière intuitive et expérimentale, afin d’en révéler toute la poésie.

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Prix du Public : Simon Searle et Victoire Lesthevenon 

L’Observatoire de Simon Searle et Victoire Lesthevenon, ouvert sur la Villa Noailles, brouille les frontières entre intérieur et extérieur. « Nous avons conçu cet espace de manière à orienter le regard vers l’extérieur. Le sol est surélevé et la structure en bois renforce la perspective vers les fenêtres, offrant ainsi un meilleur point de vue sur le paysage. Des matériaux comme le liège isolent l’espace afin de permettre une immersion totale dans les sons de la nature. Nous voulions créer un lieu hors du temps, loin des distractions, et c’est ainsi que nous concevons le confort. » Le choix des matériaux et des couleurs s’inscrit dans la palette du territoire varois, tout en évoluant au fil du temps et de la lumière. « Nous avons développé nous-mêmes toutes les couleurs à partir de plantes locales, qui vont évoluer au contact de la lumière. Cela nous permet d’établir une relation différente avec ces objets et d’accueillir leur transformation. » Conçu à l’échelle de la Villa Noailles, le projet pousse cette logique jusqu’à ses proportions, déterminées à partir de données géographiques et météorologiques du Var. Une manière de renforcer encore davantage son ancrage dans le paysage qui l’accueille.

©Luc Bertrand

Le Grand Prix Design Parade Van Cleef & Arpels : Valentin Bayoud

« Le feu a longtemps accompagné l’essor de l’humanité. Aujourd’hui et plus que jamais, il a été remplacé par une autre ressource précieuse et au centre de nombreux enjeux : l’eau. » C’est autour de cette dernière que le designer et architecte Valentin Bayoud a construit son univers. « À travers Aqua primitiva, j’ai cherché à créer des expériences spatiales qui mettent les visiteurs en condition pour dialoguer et réfléchir aux enjeux contemporains. » En écho aux rassemblements autour du feu, le créateur a imaginé une forme circulaire invitant chacun à se positionner à équidistance de la denrée. « Je m’intéresse aux archétypes spatiaux, ces formes et structures spatiales qui traversent les cultures et les époques parce qu’elles répondent à des besoins fondamentaux. Il ne s’agit pas de reproduire le passé, mais de le confronter au présent. » Un décalage temporel dont résultent des lieux atemporels. S’inscrivant dans une démarche phénoménologique, le projet mobilise les sens et invite le public à une pause réflexive. Une expérience ancrée dans le contexte d’Hyères et mise en valeur par des savoir-faire traditionnels et des matériaux naturels comme le bois brûlé, le lin non teint, le verre thermoformé et moulé, la fonte d’aluminium recyclée, ainsi qu’une pierre du Var posée à sec.

©Luc Bertrand

Le Prix Manufactures nationales - Mobilier national :Carlotta Lagazzi & Yohann Hubert

Un salon de repos sur le paquebot de Mallet-Stevens. Imaginée à partir du flux de déchets issus du nautisme de plaisance, l’installation de Carlotta Lagazzi et Yohann Hubert s’ancre dans l’idée de créer sans engendrer de nouveaux objets. « Un geste conceptuel autant qu’écologique, remettant en question la logique linéaire de la production et de la consommation. » Basé sur l’upcycling, Overflowed réinterprète un certain nombre de matériaux déjà porteurs d’histoire. « Nous sommes depuis longtemps séduits par l’idée de Roland Barthes selon laquelle l’objet est bien plus qu’une simple entité fonctionnelle, chargé de mémoire, de symboles et d’associations culturelles. » Attachés à l’idée de créer de nouveaux sens, le duo considère les médiums « en constante évolution plutôt que comme des entités figées ou immuables ». Une philosophie et un sens de la valorisation dont découle généralement une forme d’ambiguïté. « Nous aimons qu’il soit parfois difficile de dire si les choses sont naturelles ou artificielles, animées ou inertes. » C’est en ce sens que les designers ont découpé et démonté des carcasses et des pièces de bateaux abandonnés pour les rassembler dans des formes « plus douces, plus organiques et curieusement plus familières », convoquant l’imaginaire. Une transformation par laquelle s’opère un déplacement symbolique, de l’objet maritime à l’objet de salon. Sur la méridienne revisitée et sous le plafonnier d’écailles lumineuses, seules les techniques d’assemblage (nœuds, accastillage, systèmes de tension et de retenue, textures et textiles techniques) font office de traits d’union entre deux mondes.

©Luc Bertrand
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1/7/2026
Le fauteuil Limit de Niels Bendtsen revient en version outdoor

Présentée lors des 3daysofdesign à Copenhague, la réédition du Limit Lounge Chair de Niels Bendtsen revient dans une version outdoor éditée par Normann Copenhagen.

Dévoilé le mois dernier à l'occasion des 3daysofdesign à Copenhague, le Limit Lounge Chair version outdoor fait son entrée au catalogue de Normann Copenhagen. Cette édition réalisée en collaboration avec Sunbrella, conserve le principe constructif d'origine tout en introduisant, pour son nouvel environnement, un piètement en acier inoxydable. La marque ajoute également un système de connecteurs permettant d'assembler plusieurs fauteuils afin de composer des assises à deux ou trois places ou des configurations modulaires. Proposée dans un large choix de revêtements textiles, la housse, toujours amovible et remplaçable, s’adapte à tous les goûts.

Limit Lounge Chair de Niels Bendtsen par Normann Copenhagen

Une économie de moyens mais pas d'idées

Dessiné en 1974 par le designer dano-canadien Niels Bendtsen, Limit Lounge Chair est né dans le contexte du premier choc pétrolier. Conçu avec un minimum de matériaux, il repose sur une structure composée de deux rails en acier entre lesquels est suspendue une assise textile matelassée, sans mousse ni élément superflu. Léger, démontable et pensé pour optimiser le transport, le fauteuil témoigne d'une approche où la logique constructive détermine la forme. Intégré à la collection permanente du Museum of Modern Art de New York, il est aujourd'hui réédité sans remettre en cause ce principe initial. Plus de cinquante ans après sa création, cette réédition remet en circulation un projet dont l'économie de moyens fait écho aux préoccupations actuelles autour de la sobriété, de la réparabilité et de la longévité des objets.

Limit Lounge Chair de Niels Bendtsen par Normann Copenhagen
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30/6/2026
IN FINE, le nouveau tube de DCW éditions

DCW éditions présente IN FINE, une nouvelle collection de luminaires dessinée par Gaëlle Lauriot-Prévost et Dominique Perrault, dans la continuité de leur travail engagé autour de la forme tubulaire.

Depuis 2017, DCW éditions développe avec Gaëlle Lauriot-Prévost et Dominique Perrault une famille de luminaires inspirée de l'univers industriel. Avec IN THE TUBE lancé en 2015, puis IN THE TUBE 360° trois ans après et décliné en applique (FLAPS) ou suspension (WINGS), les deux designers poursuivent leur exploration fondé sur le tube lumineux. Présentée en 2026, IN FINE parachève cette évolution. La collection associe un tube en verre opale à un socle métallique facetté, complété par une bague métallique modulable. Déclinés en plusieurs longueurs et finitions, les luminaires peuvent être installés en intérieur comme en extérieur, en applique ou en suspension, seuls ou en composition.

© DCW éditions

L'évolution ne concerne pas uniquement le dessin. Le driver est désormais intégré au luminaire afin de faciliter l'installation. La fabrication fait appel à un aluminium traité contre la corrosion, des fixations en acier inoxydable et un indice de protection IP65 en applique (IP44 en suspension), autorisant notamment une utilisation en bord de mer. À travers cette nouvelle collection, DCW éditions poursuit ainsi le développement d'un langage formel initié il y a près de dix ans, où des références issues de l'industrie sont adaptées aux usages de l'éclairage architectural et domestique.

© DCW éditions
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