En septembre, entre talks, café, concept store, Intramuros s’installait avec ses partenaires à la Galerie Joseph, au cœur de la Paris Design Week Factory. Un lieu vivement plébiscité par le public !
Du 8 au 12 septembre, Intramuros a animé au sein de la Galerie Jospeh, rue de Turenne, un espace café et un concept store, dans une scénographie réalisée par Sandra Biaggi. Le public a ainsi découvert une sélection de produits de la rédaction, en se régalant des plats et desserts concoctés par le restaurant partenaire Sezono. Un projet possible grâce à l’implication des partenaires Vitra, IVC Commercial, Cruso, JVD, Mobilier national, Minuit Céramique, Bang & Olufsen, Formel Studio, Élise Fouin, Lucile Viaud, Néolithique… Des œuvres des artistes Wai Ming et Tiffany Bouelle étaient également exposées.
L’Intramuros Café a été aussi le lieu central d’une dizaine de talks filmés, auxquels le public pouvait assister dans la limite des places disponibles. Portant sur des sujets aussi divers que la jeune création, la RSE, les biomatériaux, le luxe et l’innovation durable… le programme réunissait des professionnels du design et différents experts autour de la création durable et désirable, thème de cette édition de la Paris Design Week. Toutes les vidéos des talks sont consultables ici.
Table Zeina Slimane par Sunbrella, étagères CRUSO, accessoires Vitra, céramiques Minuit Céramique, œuvres de Tiffany Bouelle et Wai Ming.
Du 8 au 12 septembre, 4436 personnes ont visité cet espace rue de Turenne, avec un moment fort, lors de la soirée du samedi 11 septembre, qui a réuni quelque 650 personnes. Retrouvez ce temps fort en images.
Wai Ming, Jane Doe
Tiffany Bouelle Artiste & Céline Chung Fondatrice de la chaîne de restaurants Bao Family
Studio Figures
Olivier Ibanez / Fondation Carmignac & Wai Ming
Martina Galli, Frédéric Marty Directeur Général Intramuros Group et Stéphane Eke
L'équipe Intramuros
Lionel Slusny, Marie Luycx, Valerie Rollet, Olivier Stévenart fondateur CRUSO
Jeff Gwegan, Fondateur Stellans
L'équipe Champagne EPC
Angela Merle, Joanne Tsai, Lika Minamoto
Franck Millot, directeur partenariats et événements spéciaux Maison & Objet et Pascal Nottoli
Toute l’équipe d’Intramuros remercie vivement les partenaires, les intervenants, et le public, qui ont fait de cet événement une véritable réussite !
RETROUVEZ L’INTRAMUROS CAFÉ du 20 au 24 janvier à Maison & Objet, HALL 7, stand F20.
Organisé par Design House et porté par Monthly Design, première publication coréenne consacrée au design, le 24e Seoul Design Festival s’est tenu du 12 au 16 novembre dernier au COEX, à Séoul, s’affirmant comme une véritable boussole pour la scène créative. Retour sur une sélection de créateurs qui façonnent aujourd’hui l’état du design.
Fondé en 2002, le Seoul Design Festival joue un rôle moteur dans l’évolution et la structuration de l’industrie créative coréenne. Mike Choi, rédacteur en chef de Monthly Design, en a dévoilé le thème principal : Wayfinding. « Conçu initialement comme une idée pratique visant à améliorer l’expérience des visiteurs, le thème s’est transformé en réflexion approfondie sur les bouleversements liés à la délocalisation de la production, aux mutations induites par l’intelligence artificielle, à la crise climatique et à l’exigence éthique croissante. Il esquisse la trajectoire durable que les créateurs doivent désormais apprendre à naviguer » expliquait-il.
Parmi les vingt équipes majeures réunies dans l’exposition « Design Specialist », qui reconfigurent leur rôle dans un paysage en mutation, Jiyoun Kim Studio défend une méthodologie fondée sur la conceptualisation contextuelle centrée sur la communication et collabore avec des marques internationales. Son fondateur et directeur artistique souligne qu’avec la fin de l’essor industriel fondé sur la production de masse, l’attention du design se déplace des grands équipements vers des objets domestiques à échelle plus intime. Son champ d’action - du luminaire aux équipements sanitaires, de l’électronique grand public aux dispositifs de beauté et à la conception d’expériences de marque - contribue à forger l’identité sensorielle de la K-beauty. Useful Workshop présentait l’Edgeform Lounge, une assise modulable conçue à partir de données anthropométriques. Son CEO et designer, Suk-jin Moon, a défini une échelle optimisée en fonction des dimensions typiques des logements coréens. Sept plans d’aluminium 100 % recyclable sont assemblés avec précision afin de maximiser le volume sculptural de la pièce, conférant à la chaise une présence affirmée, même inoccupée. « À mesure que la culture esthétique des usagers s’affine, les fabricants doivent élever leurs standards créatifs, ce qui suppose souvent un langage visuel d’une grande sophistication », affirme-t-il.
Le tournant industriel : sculpter l’expérience et le comportement par la matérialité
La section Young Creator Promotion rassemblait quarante équipes sélectionnées, composées de designers exerçant depuis moins de cinq ans. Le programme instaure un cercle vertueux en invitant d’anciens lauréats - révélations d’il y a vingt ans - à revenir en tant que mentors, et en offrant aux deux équipes primées un workshop au Domaine de Boisbuchet, en France. Une tendance marquante se dégage : l’usage stratégique de matériaux industriels, longtemps cantonnés à la seule fonctionnalité.
La collection Climbing de Jun-ho Kang transpose l’engagement physique et immersif de l’escalade dans une relation renouvelée à l’objet domestique. Cling, un tabouret dont la structure assimile les mains du grimpeur à ses pieds ; Grip, inspiré de l’analogie entre la main agrippant une prise et la forme du cintre ; On-sight, un luminaire capturant la joie de l’ascension en tête. Le choix de l’acier inoxydable est délibéré : « Sa solidité évoque la texture de la roche et permet de créer des détails sculpturaux denses. »
Récemment diplômée, In-kyung Lee explore, avec sa collection Do the Act, les schémas comportementaux inconscients du quotidien. Elle détourne la fonction standardisée de la quincaillerie industrielle pour générer de nouvelles interactions. Fill the Gap, une étagère, exploite le mécanisme de fixation d’un arrêt de porte pour sceller son intérieur avec de l’acrylique : l’accès physique est empêché, mais la perception reste ouverte, incitant naturellement à sécuriser des objets dans les interstices. Elle transforme également un système de serrure en portemanteau vertical réglable, Trace the Path. « Pour garantir la clarté du concept, j’ai choisi la froideur du métal et privilégié une logique rationnelle », précise-t-elle.
La coréanité en évolution : le design comme réinterprétation culturelle
La question « Qu’est-ce qui constitue l’essence de l’esthétique coréenne ? » demeure centrale pour les praticiens. Mike Choi compare l’évolution actuelle de la définition de la coréanité à celle des séries historiques télévisées : avant les années 2000, elles privilégiaient l’exactitude documentaire ; les succès ultérieurs ont su conjuguer authenticité factuelle, liberté d’interprétation et attractivité populaire. Si l’exploration de l’identité nationale relevait autrefois d’une injonction générationnelle, la jeune scène, forte de la reconnaissance internationale de la culture coréenne, considère aujourd’hui l’intégration de son héritage comme un avantage concurrentiel autant qu’un moteur créatif.
Le studio Walza, dirigé par O-zin Han et Yoon-ji Kim, cherche à réveiller l’esthétique latente de l’inconscient coréen. Distingué l’an dernier comme Best Young Designer, le duo déploie désormais son champ d’action de Séoul à Paris. Leur philosophie transparaît dans la série Fulfilled, qui utilise une tôle déployée pour harmoniser le plan plein et le vide sous un plateau suspendu, et dans la série Hyeon, qui mobilise l’énergie issue de l’agrégation de sable noir pour instaurer une puissante tension matérielle. Ils évoquent subtilement « la puissance de la densité » - résumée par l’image « une goutte d’encre sur une feuille blanche » - articulée autour de contrastes fondamentaux : plein et vide, noir et blanc, yin et yang.
Étudiante en design mobilier, Ye-ji Lee faisait ici ses débuts sous le logo singulier O:llZI, écho formel à son nom. Son univers chromatique s’ancre dans le Dancheong, technique traditionnelle de peinture ornementale architecturale coréenne. « J’ai réalisé des centaines de combinaisons expérimentales autour du motif du lotus et des cinq couleurs cardinales du Dancheong afin de trouver un point de rencontre entre héritage et expression contemporaine. » Le canapé modulaire Mr. Dancheong, nourri par l’esthétique Memphis et habillé d’Alcantara®, se reconfigure à volonté. La série d’objets laqués Mr. Dancheong, ornée d’un motif d’œil, symbolise à la fois un regard neuf sur la tradition et la volonté d’emprunter un chemin de design transformateur.
Dans le décor alpin spectaculaire de Saint-Moritz en Suisse se tenait, les 30 et 31 janvier dernier, le concours d’élégance sur glace de Saint Moritz : The I.C.E.
Si, après l’opus expérimental de 2019, The I.C.E honorait cette année une quatrième édition où une cinquantaine de voitures exceptionnelles a paradé dans la mythique station suisse, elles se sont surtout livrées à de spectaculaires batailles sur glace durant les deux journées phares du concours.
Les concours d’élégance, une tradition automobile
Nés à la fin du XIXe - début du XXe siècle, c’est en réalité l’entre-deux guerre qui vit l’âge d’or des concours d’élégance automobile, en faisant la part belle aux créations des plus grands carrossiers de l’époque : Figoni & Falaschi, Saoutchik, Pinifarina ou encore Zagato. Après un déclin brutal à l’après-guerre, de nouveaux évènements ont progressivement vu le jour avec un intérêt croissant pour les automobiles anciennes. Aujourd’hui, les rares concours d’élégance de notoriété mondiale se comptent sur les doigts d’une main, avec ceux de Pebble Beach en Californie, de la Villa d’Este en Italie et de Chantilly en France (Chantilly Art&Elegance). A cette succincte liste s’ajoute le double évènement de Goodwood au Royaume-Uni : « The Festival of Speed » se déroulant au cœur de l’été et le « Goodwood Revival » à l’automne.
Concours The I.C.E Saint-Moritz, Suisse
The I.C.E propose quant à lui une expérience unique, revisitant le concept du concours d’élégance en proposant un évènement unique mais bicéphal, un concours « classique » réinventé avec des voitures évoluant avec vigueur sur une piste éphémère glacée où les figures de style créent un spectacle inédit. Le tout dans le cadre uniuqe de la station suisse qui, nichée à plus de 1800 mètres d’altitude, rdispose de grands hôtels, certes, mais aussi et surtout d’un lac alpin naturel (1600 mètres de long sur 500 de large) permettant, une fois gélé entièrement, de devenir une surface événementielle unique au monde. D’ailleurs, dès 1907, se tenaient déjà ici les « White Turf », spectaculaires courses de chevaux, ayant depuis cédé leur place au Polo sur glace et, depuis 6 ans, à The I.C.E.
I.C.E. Saint-Moritz : chefs d’œuvre en mouvement
Selon les mots de l’organisateur en chef Marco Makaus, l’intérêt du concept est à la fois de proposer un concours dynamique avec des voitures en action mais également d’offrir un panel de voitures d’une fabuleuse rareté dans un cadre ouvert aux activités sportives. Contrairement aux concours d’élégance traditionnels, les voitures participantes font bien plus qu’effectuer une parade au pas, elles assurent intensément le spectacle en se livrant à de réelles batailles d’adhérence sur glace.
Concours The I.C.E Saint-Moritz, Suisse
Le choix du site de Saint-Moritz n’est pas un hasard, la station olympique suisse étant l’une des stations de sports d’hiver les plus anciennes et plus huppées du monde. C’est dans ce contexte que la manufacture horlogère Suisse Richard Mille, connue pour son approche avant-gardiste et son exclusivité, tient un rôle fondamental dans la tenue de « The ICE ». Habitué des grands rendez-vous - la marque associe déjà son image et son goût pour l’excellence à des événements comme « Le Mans Classic » ou le concours d’élégance Chantilly Arts & Elegance - Richard Mille n’a pas besoin de storytelling pour y associer son savoir-faire, tant la marque partage de points communs avec les secteurs automobiles et aéronautiques : exclusivité, performance, innovation, légèreté et résistance comme objectifs, ingénierie, utilisation du titane, du carbone et des nouveaux alliages comme moyens de les atteindre. L’association avec le sport de haute-performance s’est d’ailleurs faite dès les premières années de la marque avec des ambassadeurs comme Felipe Massa en Formule 1 et Rafael Nadal en tennis.
Un plateau unique au monde
Une partie importante de l’exclusivité de « The I.C.E. » provient de l’incroyable panel de voitures participantes. Selon Marco Makaus, le travail de sélection des automobiles est le principal défi de programmation. Comme pour toute compétition d’automobile classique les voitures concourent en différents plateaux dont un plateau d’entre-deux guerres et plusieurs plateaux décennaux. Les cinquante automobiles, rares et remarquables de l’édition 2026 sont ainsi dispatchés en plusieurs catégories : classique, course, hypercars et grands designs automobiles. Parmi tous les lauréats, c’est peut-être la Talbot-Lago T150 SS « goutte d’eau » qui retient le plus l’attention. Produite à seulement 25 exemplaires, la T150 SS incarne le prestige de l'automobile française d'avant-guerre et considérée par beaucoup comme l’une des plus belles voitures de tous les temps.
La Talbot-Lago T150C SS “Teardrop”
Elle concourrait d’ailleurs à St Moritz aux côtés de l’Aston Martin DB2/4 Drophead Coupe de 1954, de la Lancia Aurelia B24 de 1957, de la BMW 507 de 1957, de la Ferrari 250 SWB Competizione de 1961 et la Lamborghini Miura SV de1972. Techniquement, la T150 SS (pour Super Sport, ou châssis à empattement court) est doté d’un moteur à six cylindres en ligne développant 165 chevaux. Son aérodynamisme ultra performant, signée du carrossier Figoni & Falaschi, lui permet d’atteindre une vitesse de pointe de 180 km/h, grâce à sa silhouette en « Goutte d’Eau » ou « Larme », faite d’une ligne continue du nez jusqu’à l’arrière, d’ailes intégrées et d’une carrosserie fermée, fluide, presque organique. Un coup de crayon magique aux proportions parfaites, aux détails chromés minimalistes et à la peinture souvent bicolore aux contrastes spectaculaires.
Lauréats « the ICE » 2026
The « Icons on Wheels » (Design & élégance historique) : La Talbot-Lago T150C SS “Teardrop” de 1937
Best in Show Award : Talbot-Lago T150 SS de 1937
Barchettas on the Lake (Sport ouvertes & barchettas) : La Ferrari 750 Monza de 1955
Open Wheels (Grand Prix & monoplaces historiques) : La Maserati 4CLT de 1949
Birth of the Hypercar (Hypercar emblématiques) : La Jaguar XJ220 de 1993
Prix Best Sound Award US : Pontiac Vivant de 1965
Prix Spirit of St. Moritz : Ferrari Dino 206 S
Prix du public « Hero Below Zero » : McLaren F1 GTR
Ikea lance la collection GREJSIMOJS. Dédiés aux enfants, les objets ont été pensés pour stimuler l’imagination tout en s’intégrant naturellement dans la maison.
Et si les monstres n’étaient pas si méchants ? Et s’il n’y avait vraiment pas d’âge pour intégrer des aires de jeu à son intérieur ? Avec des “si”, on peut refaire le monde, tout comme avec un peu d’imagination et quelques touches de couleur. C’est ce que propose IKEA avec sa nouvelle collection GREJSIMOJS, dédiée aux plus jeunes. Un nom peu familier à nos oreilles, mais qui renvoie à l'idée universelle « d’un petit bidule qui traîne dans la maison », explique Enrica Magnalardo, responsable France de l’aménagement et de l’inspiration. Un objet sans catégorie précise, qui trouve simplement sa place dans le quotidien. C’est précisément cette typologie libre qui est au cœur des 33 produits imaginés par 12 designers internationaux, qui, après avoir défini ensemble les grandes lignes du projet, ont développé leurs pièces indépendamment. « En Suède, nous avons une notion très forte, celle de l’“allowing”. C’est l’idée qu’un certain désordre est non seulement accepté, mais essentiel à l’apprentissage. Cette approche est indissociable du sens de la praticité qui fait partie de notre ADN », poursuit Enrica Magnalardo.
Conjuguant fonctionnalité et fantaisie, la collection interroge notre manière de rendre les objets du quotidien plus ludiques. Cela passe par un usage assumé de la couleur, par des géométries qui transforment les surfaces en terrains de jeu ouverts, ou encore par des figures animales stylisées. Parmi les designers invités, Akanksha Deo revient sur la genèse de GREJSIMOJS.
Quelles directives vous ont été données pour développer cette collection ?
Avant de recevoir le brief pour GREJSIMOJS, tout notre département de conception a été invité à jouer pendant deux jours. On nous a demandé de repenser à notre enfance, aux objets que nous aurions aimé avoir autour de nous, ceux qui auraient pu susciter notre émerveillement, nous réconforter, nous inciter à faire des bêtises ou à inventer sans fin. Mais nous ne concevions pas uniquement pour les enfants. Nous devions également tenir compte du point de vue des adultes qui partagent leur univers, ceux qui vivent parmi ces objets et en prennent soin. Le défi consistait donc à trouver un équilibre subtil pour créer des produits qui placent les enfants au cœur de l'histoire, tout en s'intégrant harmonieusement dans le quotidien des adultes à la maison. Par exemple, pour mes coussins empilables, je me suis inspirée de la façon dont les enfants voient des possibilités là où les adultes ne voient que des objets. Une forme douce sur le sol peut devenir un galet flottant sur de la lave, des bonbons ou des boutons géants et colorés, ou encore un gâteau à plusieurs étages. Ces coussins sont destinés à évoluer au gré de l'imagination, s'empilant en tours, roulant comme des pneus, s'alignant pour des jeux ou se transformant en parcours d'obstacles, changeant constamment au fil de l’histoire. L’autre élément à prendre en compte est la stratégie des couleurs. Elle combine des tons vifs et des teintes plus sourdes et « sales », créant une palette expressive mais visuellement sobre. Au final, il s'agissait de concevoir des objets qui véhiculent le jeu non pas comme une activité, mais comme un sentiment qui peut habiter l'espace, prêt à être intégré à tout âge.
Mais en tant que designer, quelle image aviez-vous de l'univers enfantin d’IKEA avant de commencer ?
J'ai toujours pensé qu’il s’agissait d'un petit monde à part entière. C'est un endroit où l'imagination peut s'épanouir, où les objets ne sont pas seulement fonctionnels, mais ouvrent la porte à de petites merveilles quotidiennes. En même temps, concevoir des produits pour les enfants est une grande responsabilité. Nous disons souvent que les enfants sont nos clients les plus importants, et cette conviction façonne tout ce que nous faisons. Pour en revenir à l’aspect créatif, si nous voulons stimuler l’exploration ou de nouvelles façons de jouer, la sécurité reste primordiale. Nous étudions donc différents groupes d'âge, nous cherchons à comprendre comment les enfants bougent, pensent et interagissent avec le monde, et parfois, nous les invitons directement à participer au processus de conception. Pour cette fois, un petit groupe est venu au siège de la marque utiliser nos prototypes et nous avons regardé.
Lorsque l’on regarde la collection, on voit que les animaux sont omniprésents et semblent évoquer des monstres sympathiques ?
Les animaux apparaissent tout au long de la collection et, dans mon cas, ils ont pris la forme de deux personnages imaginaires conçus comme des décorations murales à assembler soi-même. J'ai été séduite par l'idée de créer comme moyen de tisser des liens, car fabriquer quelque chose de ses propres mains permet de se sentir connecté à cet objet d'une manière plus profonde et plus personnelle. Enfant, j'aimais collectionner des objets issus de la nature, courir après les papillons, observer la forme de leurs ailes, leurs motifs, leurs minuscules détails. Ces pièces sont une réinterprétation ludique de ce souvenir fondamental. Aux côtés des oiseaux et des insectes, elles vivent quelque part entre réalité et imagination.
Nouvellement constitué, le groupe Accent Rouge a ouvert un nouveau showroom rue du Mail, à Paris. L’occasion d’échanger avec Daniel Setton, son PDG.
Avec l’ouverture de son showroom de 400 m² rue du Mail, en plein cœur de Paris, Accent Rouge franchit une nouvelle étape de son développement. Pensé comme un lieu de démonstration et d’échanges, cet espace met en scène l’ensemble de ses expertises - lumière, chauffage, portes & poignées et mobilier - au service des architectes, prescripteurs et professionnels de l’immobilier. Fort de 40 ans d’expérience, de 120 collaborateurs et de trois espaces d’exposition entre Paris et Lyon, le groupe affirme à travers cette adresse la volonté de proposer des solutions concrètes, techniques et adaptées, portées par un interlocuteur unique. Daniel Setton, PDG du groupe, revient pour nous sur la genèse de ce projet et sur la vision qui accompagne cette dynamique.
Le groupe Accent Rouge est l'héritier de quatre marques. Pouvez-vous nous en parler et nous expliquer cette volonté d'évoluer sous une seule et même bannière ?
Accent Rouge est né de la réunion de quatre marques historiques : Le Cèdre Rouge Business, Inédit Lighting, Passage Portes et Poignées sans oublier Worldstyle. Depuis plus de 40 ans, chacune d’elles a développé une expertise forte et une légitimité reconnue dans son domaine respectif. Cependant, au fil des projets, nous avons remarqué que nos clients ne cherchaient plus une réponse segmentée, mais une vision globale. Il nous manquait un lien visible, une bannière commune capable d’exprimer notre capacité à accompagner un projet dans son ensemble.
La création d’Accent Rouge marque cette évolution. Elle incarne le rassemblement de nos savoir-faire sur fond d’expertise, d’exigence et d’un sens du service. C’était aussi une manière d’affirmer notre positionnement en proposant des solutions décoratives et architecturales globales, cohérentes et sur mesure. Aujourd’hui, le groupe offre un accompagnement transversal, de la conception à la mise en oeuvre.
Votre expertise se scinde en 4 volets, à savoir le mobilier, la lumière, les portes et poignées sans oublier le chauffage. Qu’est-ce que cela change d’avoir une expertise globale ?
Cette approche transforme profondément la manière de concevoir un projet. Elle permet d’offrir une vision d’ensemble, portée par un interlocuteur unique capable de coordonner toutes les expertises. Pour nos clients, quels qu’ils soient, cela représente un véritable gain de temps. Mais c’est également la garantie d'une cohérence esthétique et technique.
Il faut bien comprendre qu’un projet ne se résume pas à juxtaposer des éléments. La finition d’un interrupteur peut dialoguer avec celle d’une poignée de porte, d’un montant, ou même d’un sèche-serviettes. Les matières, les teintes, les textures se répondent. L’ensemble doit s’accorder pour créer une harmonie globale. C’est cette capacité à penser le détail dans une vision d’ensemble avec nos clients qui fait la différence.
Vos projets s’étendent dans les secteurs de l'hôtellerie, des appartements privés, mais également des institutions culturelles, de l’urbain etc…. Comment le travail de votre bureau d’études s’articule avec celui des prescripteurs ?
Notre bureau d’études joue un rôle central. Il fédère les expertises techniques de chaque pôle et travaille en étroite collaboration avec les architectes, designers et maîtres d’ouvrage. Chaque domaine possède ses exigences spécifiques. En éclairage, par exemple, nous intégrons les contraintes normatives, les niveaux d’éclairement, l’efficacité énergétique ou encore la scénographie lumineuse. En chauffage, nous travaillons sur les puissances nécessaires selon les volumes, les usages, les systèmes de pilotage — notamment dans l’hôtellerie où le confort et la gestion énergétique sont essentiels. Sur les portes et le mobilier, la maîtrise des normes (coupe-feu, acoustique, tissus non-feu, accessibilité…) est déterminante. Notre rôle est d’anticiper ces contraintes techniques pour permettre aux prescripteurs de conserver une liberté créative totale. En fait, nous nous positionnons comme un partenaire technique et esthétique.
Vous travaillez avec des marques très connues comme Vitra pour le mobilier, et d’autres plus confidentielles comme l’éclairagiste espagnol Parachilna. Comment ce corpus est-il choisi ?
Le choix d’une marque résulte généralement d'une vision partagée. Nous privilégions des partenaires - majoritairement européens - qui défendent un véritable savoir-faire technique, une identité forte et une qualité de fabrication irréprochable. A partir de là, chaque marque doit apporter un univers distinct, tout en offrant une complémentarité avec les autres. Nous aimons révéler des signatures plus confidentielles, mais nous assumons aussi la présence d’icônes du design. Notre rôle est d’orchestrer cet équilibre tout en étant attentifs aux engagements environnementaux, aux matériaux recyclables, aux démarches RSE et aux innovations durables, qui deviennent aujourd’hui incontournables.