Trois nouveaux espaces pour savourer l'Hôtel Art déco Montana
Le restaurant Scala de l'hôtel Art déco Montana ©Agi Simoes

Trois nouveaux espaces pour savourer l'Hôtel Art déco Montana

L'hôtel Art déco Montana, situé en Suisse, a récemment inauguré trois espaces repensés par Ina Rinderknecht pour s'inscrire dans l'élégance et le luxe de cet édifice helvétique.

Vaste paquebot Art déco ancré sur la rive du lac suisse des Quatre-Cantons, l'hôtel Art déco Montana construit par le cabinet d'architectes Möri & Krebs a été inauguré en 1910. Commencé en 2022, le rafraîchissement du bâtiment avait permis aux 62 chambres de retrouver un charme plus contemporain. Pour la deuxième partie des travaux d’une durée de douze jours, l'architecte d'intérieur Ina Rinderknecht s'est penchée sur les lieux de restauration. Une phase importante qui a permis à trois espaces tournés vers l'extérieur de voir le jour.

Baigné de lumière, le restaurant Scala prend place dans une architecture typiquement Art déco ©Agi Simoes


Se réimplanter dans une architecture historique

Bas-reliefs, colonnades, verticalité et géométries... Il ne fait aucun doute, l'hôtel a su conserver son architecture éponyme au fil du temps. Pensé comme une rénovation autant qu'un nouveau souffle, le projet mené par Ina Rinderknecht entremêle habilement les courbes contemporaines autour des structures Art déco dans les nouveaux espaces. Dédié à la restauration, le Scala -récompensé par le  Gault & Millau - est complété par l'Hemingway Rum Lounge, un bar spécialisé dans le rhum, tandis que le Louis propose quant à lui de déguster l'un des 130 whiskies disponibles. Désireuse de faire renaître l'âme historique de ce bâtiment centenaire, l'architecte d'intérieur s'est appuyée sur la construction existante et l'environnement dans laquelle elle s’intègre.

Les larges ouvertures de l'Hemingway Rum Lounge font des Alpes suisses, un décor à part entière ©Agi Simoes

Les matériaux comme inspiration

Outre les formes architecturales qui ont parfois guidé l'emplacement du mobilier, à l'image du restaurant où les banquettes viennent se lover entre les grandes colonnades sculptées, les matériaux ont été une réelle source d'inspiration. Les gammes rose et vert des marbres utilisés pour les murs et les cheminées du restaurant ont été reprises pour la conception de son mobilier. Des teintes douces misent en valeur par le parquet en chevron et un mur en bois dont les portes-fenêtres aux motifs géométriques reflètent la vue sur le lac en contrebas. Un paysage que l'on admire depuis la terrasse du Scala, mais implicitement évoqué à l'intérieur par l'imposant luminaire du studio Apparatus dont les multiples globes rappellent des bulles. Côté bars, si l'Hemingway se la joue speakeasy bohème et chic avec son plafond noir à caissons et ses assises rétro en cuir vert et marron, le Louis s'offre plus classique. Doté d'un vaste bar aux matériaux nobles, l'espace lumineux invite au partage et au plaisir de la dégustation. Considéré au siècle dernier comme l'un des matériaux nobles et chic par excellence, le laiton s'impose des piètements de table aux luminaires en passant par le bar. Une touche distinguée et sobre qui renforce l'élégance et le raffinement du lieu.

Au Louis, dont le nom est une allusion à Louis Armstrong, l'architecte a conçu l'espace comme un lieu de d'échange ©Agi Simoes

L'importance de l'environnement dans le projet

Diplômée de l’Istituto Europeo di Design et de la Domus Academy de Milan, l'architecte reconnue pour son expertise dans l’hôtellerie accorde une grande importance aux cadres dans lesquels elle s'implante. Consciente de la beauté du paysage au cœur duquel se situe l'hôtel, elle avait déjà souhaité tourner le regard vers l'extérieur lors de la rénovation réalisée dans les chambres il y a deux ans. Avec l'utilisation de couleurs douces rehaussées de bronze, de faïence blanche et de mosaïque contemporaine aux évocations d'antan, Ina Rinderknecht a conçu des intérieurs calmes et apaisants. Des chambres aux bars en passant par le restaurant, chaque fenêtre devient un tableau et attire le regard vers l'extérieur. En repensant l'intérieur, il ne s'agissait pas de rivaliser avec les Alpes suisses, mais bien de porter l'attention au-delà du bâti.

Rédigé par 
Tom Dufreix

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24/2/2026
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19/2/2026
Christophe Pillet signe trois nouveautés pour Ethimo

Imaginées par le designer Christophe Pillet, les collections Lodge, Vista & Betsy affirment une vision sensible et architecturée du mobilier d’extérieur.

Pour ses nouveautés outdoor 2026, la marque italienne Ethimo a de nouveau fait appel à Christophe Pillet pour imaginer les collections Lodge, Vista et Betsy. Des pièces maitrisées aux lignes justes et aux proportions équilibrées qui offre une vision cohérente de l’extérieur comme prolongement naturel de l’architecture et de l’art de vivre.

Une élégance durable

Avec Lodge, la marque italienne et le designer ont imaginés un système lounge aux proportions généreuses, où la rigueur des structures métalliques dialogue avec la chaleur du teck et la douceur des textiles outdoor. Une collection composée d’un fauteuil, d’un bain de soleil, d’un canapé, d’une table basse et éléments d’appoint pensés pour s’adapter aussi bien aux terrasses urbaines qu’aux grands espaces ouverts sur la mer.

Collection Lodge, design : Christophe Pillet © Ethimo

La chaise Vista quant à elle, prolonge cette recherche d’équilibre grâce à ces lignes nettes, presque modernistes, mais jamais froides tandis que les matières, sélectionnées pour leur résistance et leur patine, inscrivent chaque pièce dans le temps long.

Chaise Vista, design : Christophe Pillet © Ethimo

Enfin, la collection Betsy, plus expressive, introduit une note de caractère. Ces assises enveloppantes et structures élancées revisitent l’esprit des chaises d’atelier dans une version outdoor raffinée où jeux de couleurs, textures et finitions révèlent une collection à la fois fonctionnelle et chaleureuse.

Chaise Betsy, design : Christophe Pillet © Ethimo
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19/2/2026
Les tables équilibristes d’Alain Gilles

Le designer Alain Gilles présente la collection Dialog. Des tables basses dessinées pour évoquer le déséquilibre.

Basculeront-elles un moment ? La réponse est non. C’est pourtant toute l’impression dégagée par la collection Dialog du designer français Alain Gilles pour la marque croate Milla & Milli. Réalisée en chêne massif, la table d’appoint a été imaginée autour de l’idée de déséquilibre. Une impression suscitée par la combinaison d’une base parallélépipédique et d’une tablette encastrée aux courbes douces. Assemblée en débord, cette dernière est stabilisée par un lourd piètement monolithique.

©Alain Gilles


Avec son veinage légèrement creusé, la partie basse s’oppose au plateau lisse. Un dialogue entre deux matérialités et deux approches formelles au sein d’un même objet. Disponible en trois dimensions et en bois teinté noir, ce petit meuble trouve sa place en bout de canapé autant qu’en sellette basse.
Un ADN stylistique étendu à une gamme de tables basses nommées Edge, reprenant la même logique de construction. Également disponibles entre trois diamètres et deux hauteurs différentes, les tables peuvent se superposer renforçant l’idée d’équilibre !

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