Galeries

À Bruxelles, la foire Collectible Design s’impose comme l’un des rendez-vous majeurs du design contemporain. Dédiée à la création du XXIᵉ siècle, elle explore les frontières entre pièce fonctionnelle et objet de collection. Des expérimentations matérielles aux réinterprétations artisanales en passant par les recherches structurelles, retour sur quelques découvertes marquantes de cette nouvelle édition qui se tient du 12 au 15 mars 2026 à l'espace Vanderborght et dans quelques galeries.
Idéalement située au cœur de l’Europe, Bruxelles s’est imposée comme un carrefour du design international. Outre ses nombreuses galeries et ses rues pavées d’ateliers, la capitale belge accueille chaque année la foire Collectible Design, devenue l’une des nouvelles grandes messes du design contemporain. Rassemblant principalement des acteurs européens, cet événement consacré au design du XXIᵉ siècle tisse des liens entre objet fonctionnel et pièce de collection, incarnant une approche aujourd’hui indissociable : le collectible design.
Pour cette nouvelle édition, le salon affirme une ligne curatoriale fondée sur la confrontation des savoir-faire et des gestes créatifs en constante réinvention. Souvent incarnée par une certaine radicalité formelle ou matérielle, cette rencontre se déploie à tous les étages de l’Espace Vanderborght réparti en différentes sections. MAIN rassemble ainsi des galeries internationales autour de pièces majeures du design contemporain, tandis que BESPOKE offre une plateforme aux studios indépendants pour dévoiler des créations exclusives. NEW GARDE met quant à elle en lumière de jeunes galeries, collectifs et project spaces, là où ARCHITECT <=> DESIGNER souligne le rôle des architectes dans la conception du mobilier.
Nouvelle venue en 2026, la section TABLESCAPES explore l’art de la table comme espace de design et de sociabilité. Une manière de rappeler que le contemporain ne renvoie pas à une seule manière de penser ou de produire. La preuve également avec CURATED, un espace imaginé cette année par la curatrice Marine Mimouni autour du thème Echoes of Use. Un corpus riche en surprises et en découvertes, porté par une volonté de produire des objets esthétiques et souvent en résonnance avec les enjeux de notre époque.
Intramuros revient ici sur quelques pièces marquantes découvertes lors d’une déambulation frénétique et inspirante.
Studio Skipt chez Galerie Casa Sòler (France)
Fondé en 2020 à Argenteuil par Josselin Gerval, Baptiste Lavigne et Paul Lossent, le studio Skipt se distingue par une approche exploratoire du territoire. Exclusivement récupérés dans la proche banlieue parisienne où se situe l’atelier, les matériaux sont assemblés de manière instinctive, donnant naissance à un design à la fois futuriste et frugal. Présentées pour la première fois, les deux pièces s’inspirent du tabouret d’horloger et de la chaise de laboratoire BAO, renommée ici AOB. Ces réinterprétations constituent les premières typologies d’une collection plus étendue où devraient fusionner matériaux du quotidien et artisanat numérique. Une association à laquelle le studio consacre une part croissante de sa recherche depuis deux ans.

Altherr chez Second Nature Projects (Suisse)
La collection Succession est née lorsque les designers ont récupéré un lot d’anciens éclairages du tertiaire destinés à être jetés. C’est cette idée de seconde vie qui a donné son nom à la série, dont les pièces conservent encore les stigmates de leur existence passée : vis, pattes d’encastrement ou traces d’usage. Sorte de readymade contemporain, ces modules industriels sont transformés en objets minimalistes et sculpturaux. Ravivées par des couleurs vives issues du secteur automobile, ces modules développent une dimension presque totémique. L'équilibre entre leur ancienne fonction, symbole d’un cycle de consommation, et leur nouveau statut d’objet de collection éclaire la puissance du détournement.

Arnaud Eubelens chez Kammer Gallery (Allemagne)
Basé sur l’utilisation exclusive de matériaux glanés dans l’espace urbain, le travail du designer belge Arnaud Eubelen donne naissance à des pièces uniques souvent marquées par une esthétique inspirée des années 1970. Cette référence se retrouve notamment dans la structure visible et mobile de son fauteuil qui offre plusieurs positions à l’utilisateur. L’assemblage repose sur des éléments simples — tiges filetées et boulons — seuls composants neufs du projet. Cette construction filaire et légère s’inscrit dans une réflexion sur la durabilité et la réparabilité du mobilier. Présenté pour la première fois, ce fauteuil à l’apparence brute évoque certains mouvements pionniers du design moderne.

Joe Sterck (Belgique)
Fidèle à une approche qui part souvent d’une expérience radicale, le designer Joe Sterck entame ici un dialogue entre la forme, la fonction et la typologie. Artema est de fait une lampe pensée pour s’adapter à l’espace. Dotée de trois pieds en aluminium souple et surmontée d’un simple abat-jour en origami issu d'une feuille format A3, cette création aux allures insectoïdes se veut pérenne. Son adaptabilité aux espaces et interchangeabilité de l'abat-jour en témoignent. Une réflexion sociale et démocratique où la simplicité va de pair avec l’accessibilité.

Max Milà Serra chez Vasto (Espagne)
Inspiré à la fois par la nature et par les structures issues de l’ingénierie, le designer Max Milà Serra joue sur les changements d’échelle pour développer un univers quasi-scientifique. Fasciné par les limites structurelles, il conçoit ses luminaires, dont Grimshaw, comme de petites architectures prospectives. En miniaturisant ce qui est habituellement monumental, il fait ressortir les câbles, les articulations et les composants habituellement dissimulés. Une sorte de mise en scène poétique (et à certains égards robotoque) des forces physiques qui structurent notre quotidien.

Dans la section Curated
1.1 Side Table par Silvia Sukopova (Slovaquie)
Il est bien plus simple de modifier l’échelle d’un objet dans un environnement numérique que dans la réalité. Ce constat est au cœur de la 1.1 Collection qui explore les liens entre l'impression 3D et les matérialités. Pour cette pièce, elle est partie d’un jouet d’enfant agrandi jusqu’à atteindre la taille classique d’un meuble. Ce changement d’échelle révèle les déformations et axes de construction de l’objet miniature. Transformé en un archétype géant, le guéridon adopte une forme légèrement déséquilibrée, presque tordue, qui obligatoirement interroge l'utilisateur. Un sentiment renforcé par le choix d'une surface feutrée obtenue par projection électrostatique de fibres.

Invert Sofa par Alan Prekop et Sebastian Komacek (Slovaquie)
Habitué à travailler l’acier inoxydable comme élément structurel, le duo propose ici une approche radicale : extraire la structure interne pour en faire l'élément visuel principal. Une idée survenue après une mauvaise opération de cintrage ayant entrainée des plis sur les tubes. Ici le coussin en latex ne soutien plus le corps humain mais épouse la forme de l'assise passant du rôle d'élément de confort au rôle de fondation. Une inversion qui fait évidemment perdre à l’assise un peu de son confort, mais au profit d'une nouvelle dimension émotionnelle. À travers ce dialogue, INVERT explore la tension entre la matière et le sens.

Flare 09 par Studio Douze Degrés (France)
Initialement inspirée d’une scénographie conçue à partir de lentilles optiques pour un concert du label Cercle, la lampe Flare - disponible en format à poser ou lampadaire - évolue aujourd’hui vers une version mobile : Flare 09. Cette déclinaison conceptuelle reprend les éléments constitutifs de la première proposition mais en change l’échelle en multipliant les modules. Plus clairement inscrite dans le champ du collectible design, cet ovni très scénographique invite à ralentir le temps au rythme de la réduction des bougies et des halos lumineux. Le projet est auto-édité est réalisé avec le savoir-faire d’une des rares usines encore spécialisées dans la fabrication de lentilles optiques sur mesure.

Crown of Thorns Stool par Benjamin Graham (États-Unis)
Inventée en Europe du Nord, la technique dite de la couronne d’épines permet l’assemblage de carrelets de bois selon un principe modulaire sans fixation. Presque disparue aujourd’hui, elle est remise à l’honneur par le designer. Formé à cette technique par un artisan du Colorado, il s’est intéressé à la transposition du treillis qu’elle forme pour l'amener dans le champ du design contemporain. Ce travail de recherche a donné naissance à un tabouret composé de 465 éléments, auquel s’est ensuite ajoutée une table basse en verre. Au-delà de la valorisation d’un savoir-faire traditionnel, la pièce démontre comment la réarticulation de deux matériaux peut transformer radicalement l’esthétique d’une composition.

Shelf3000 Light par Franz Ehn (Autriche)
Interprétation minimaliste de la typologie de l’étagère, cette pièce issue de la série 3000 a été imaginée comme un témoin silencieux de notre époque. Le verre trempé permet à la structure de s’effacer au profit de l’acier, à la fois matière structurelle et ornementale. Les objets ne sont plus dissimulés mais mis en scène. Le paradigme décoratif évolue pour laisser l’étagère devenir un dispositif qui révèle ce qu’elle accueille plutôt qu’un meuble dissimulateur qui s’impose visuellement.

Dans la section Tablescapes
Studio DO (Belgique)
Fondé à Anvers par Dana Seachuga et Octave Vandeweghe, le studio développe une approche brute et intemporelle. Son travail propose ici un dialogue direct entre arts de la table et histoire de la sculpture sur pierre. Les pièces — gobelets, carafes, tables de cocktail ou assiettes — naissent de fragments architecturaux récupérés comme des pavés, des appuis de fenêtres en pierre bleue ou des éléments décoratifs abandonnés. Ces modules fonctionnels, mais souvent invisibilisés dans l’architecture, retrouvent une nouvelle vie grâce à des interventions minimales comme le sciage ou le perçage. Des opérations qui peuvent évoquer les vestiges d’un paysage romantique.

In Layers par OOG Objects (Pologne)
La collection In Layers repose sur une exploration du verre par superposition de strates. Basée à Cracovie, Alicja Hajkowicz-Rudzka développe une identité fortement liée au processus. Plusieurs bulles de verre soufflé sont formées séparément puis assemblées à chaud, sans colle ni fixation, grâce au travail simultané de quatre artisans. Le verre opalin choisi permet de rendre visibles distinctement les différentes couches de l'objet. Ainsi, les volumes se superposent structurellement et visuellement, révélant l’irrégularité des formes et la densité du matériau.

Persona par Mila Zila (République tchèque)
Basée en République tchèque, la designer et artiste Ludmila Zilkova explore le verre comme matériau sculptural, à la frontière entre collectible design et art contemporain. Dans cette série, elle transforme des objets du quotidien comme des vases, des couverts, ou des verres en formes expressives. Les propriétés physiques du matériau jouent un rôle central permettant à la gravité de former comme déformer chaque pièce en fonction de la viscosité et chaleur. L'objet devient ainsi le résultat d’un dialogue entre transformation matérielle, identité et tradition verrière locale.

L'exposition est visible à l'espace Vanderborght du 12 au 15 mars 2026, Rue de l'Ecuyer 50. Bruxelles 1000. Belgique.

La galerie Philippe Valentin consacre jusqu'au 22 février une exposition sur les travaux des designers Patrick de Glo de Besses et Jean-Baptiste Durand. Un savant mélange d'univers que tout oppose, et pourtant habilement réunis sous les regards bienveillants des silhouettes de la peintre Camille Cottier.
Il fallait un brin de folie et surtout une vision affûtée pour oser présenter ce trio de créateurs. Un défi autant qu'une prise de position affichée dès le nom de l'exposition : « Et pourquoi pas... ». Loin de chercher à mettre en avant « un corpus d’œuvres autour d'un thème ou d'un propos spécifique », Philippe Valentin, a souhaité confronter deux designers, Jean-Baptiste Durand et Patrick de Glo de Besses, exposé à l'Intramuros Galerie lors de la PDW en septembre 2024.
Deux artistes dont les travaux jusqu'alors distincts, sont pour la première fois réunis. Une idée « à première vue presque absurde, tant elle est binaire, qui me permet néanmoins d’affirmer ma vision de l’art : un art qui prend en compte la diversité des pratiques et ne s’enferme pas dans un dogmatisme, au service d’un non-goût ou d’une étroitesse d’esprit » explique le galeriste.

Contraster pour mieux exister
Rarement une exposition de design contemporain n'avait eu pour parti-pris de réunir deux univers si éloignés. Ultra-techno, le monde de Jean-Baptiste Durand s'affiche de manière très prégnante dans la galerie en un ensemble de câbles, de vérins et matières polymères aux assemblages industriels. Un design particulièrement novateur et unique face auquel Patrick de Glo de Besses répond par une sélection de 19 chaises aux allures artisanales mais non moins contemporaines et techniques. Une confrontation dans laquelle les compositions aux matériaux industriels évoquent un univers organique, presque vivant, alors même que les assises en bois semblent figées avec grande précision par la rigidité des coupes sculpturales. Un paradoxe mis en exergue par la proximité entre les pièces. « Lorsque j'ai découvert le travail de Patrick sur Instagram il y a deux ans, j’avais en tête de lui proposer un projet, mais je ne trouvais pas la bonne idée. C'est en voyant celui de Jean-Baptiste que j'ai eu l'idée d'une confrontation » observe Philippe Valentin. Saisi d'un côté par « l'idée tenace et radicale de la déclinaison », et de l'autre par « l'exubérance et la liberté formelle », il voit dans cette rencontre une possible diversité de réponses aux besoins du monde dans lequel nous évoluons.

Des chaises en bois en passant par le lustre et le lampadaire en doudoune fabriquées par Jean-Baptiste Durand et son équipe peu de temps avant l'ouverture de l'exposition, chaque création a ici sa place. Complétée par un ensemble d’œuvres picturales plus sensibles et aux figures humaines signées Camille Cottier, la sélection de mobilier trouve aussi un écho chromatique sur les pièces murales. Une résonance discrète, mais grâce à laquelle le triptyque trouve indiscutablement son équilibre.
L'exposition est visible jusqu'au 22 février à la Galerie Philippe Valentin, 9 rue Saint Gilles, 75 003 Paris. Retrouvez également les portraits de Jean-Baptiste Durand et Patrick de Glo de Besses et dans les numéros 221 et 222 d'Intramuros !


Après « Horizons », le duo Marie et Alexandre poursuit son cycle d’expositions avec un nouveau chapitre, intitulé « Iris », qui prolonge leurs explorations de la céramique. Inaugurée lors de « Maison & Objet in the City », cette proposition, toujours aussi étonnante, est à découvrir à la galerie Signé, jusqu’au 25 février 2023.
Respectivement diplômés d’un bachelor en design industriel et de produits à l’ECAL et d’une formation en design à l’ENSCI, Marie et Alexandre se sont rencontrés lors de leur participation à la Design Parade en 2018. Dans la continuité d’ »Horizon » présentée quelques mois avant, le duo a de nouveau fait appel à la galerie Signé pour exposer une nouvelle exploration dans un jeu d’équilibre et de réflexion. Située à Saint-Germain-des-Prés et fondée par Maxime Bouzidi en 2021, la jeune galerie Signé a l’ambition de soutenir une jeune génération de designers, architectes ou décorateurs, autour de créations qui oscillent entre art et design.


Une exposition à vivre comme une expérience
Pièces posées, suspendues, parfois à la limite de la lévitation… cette exposition s’amuse des jeux de miroirs pour dessiner dans l’espace un paysage multidimensionnel. Chaque pièce offre ainsi une expérience visuelle de la matière, à la fois comme un élément de jonction, de flux, par moment valorisée, et sur d’autres pièces, totalement intégrées dans le dispositif. Très tourné vers l’artisanat et l’exploration des matières, le duo n’hésite pas à rendre visible les jeux de structures, voire d’ossatures, de pièces extrêmement épurées et minimales. Il sublime, dans cette sobre mise à nue, le magnifique travail du verre coulé et de lave émaillée réalisé à la tuilerie Alain Vagh de Draguignan, dans une terre rouge de Salernes. Une proposition où la géométrie ne l’emporte pas sur la poésie, au croisement de la sculpture, du design et de l’architecture.
À découvrir jusqu’au 25 février à la galerie Signé, 33 rue Bonaparte, 75006 Paris.


Designer allemand fort d’une vingtaine d’années d’expérience, Stefan Leo s’est s’enrichi de savoir-faire et méthodes toujours plus techniques. Travaillant sur divers matériaux, les pièces du designer ont su séduire des maisons de luxe comme Dior et Louis Vuitton. Jusqu’au 28 avril, il présente la collection « Stefan Leo by Galerie 208 », en partenariat avec la Galerie 208.
« Mon but a toujours été de faire du design, mais surtout de créer quelque chose qui parte de l’ordinaire pour en faire quelque chose d’extraordinaire. » Avec son atelier basé à Berlin et composé de 12 artisans aux multiples savoir-faire, Stefan Leo peut se féliciter du chemin parcouru. Après des premiers pas en tant que photographe focalisé de la création à travers le monde, Stefan Leo a lui aussi voulu se lancer dans la conception d’objets. Pendant plusieurs années, il collabore avec des artisans partout dans le monde pour donner vie à ses idées. La naissance de sa fille le fera ensuite revenir en Allemagne, où il créera l’Atelier Stefan Leo, qui a la particularité de concentrer plusieurs savoir-faire, dans un même espace.
Un atelier multi-fonctionnel pour des artisans multi-qualifiés
Désireux de travailler sans limite, Stefan Leo voulait que son atelier soit le plus équipé possible et surtout que tous les artisans qui y travaillent soient capables de combiner les savoir-faire. Ainsi, au sein de son atelier, cohabitent une forgerie, un atelier de bronze, une menuiserie et un atelier de cuir. On y travaille également le verre et la céramique. « Nous avons tout à portée de main. C’est assez inhabituel mais ça fait partie intégrante de mon processus. On est habitués à ce qu’un atelier se focalise sur un matériau ou un savoir-faire en particulier, moi j’ai voulu tout combiner. » Tous les artisans de l’atelier ont été formés pour travailler sur tout type de matériau, une force de l’Atelier Stefan Leo. « Selon moi, ce sont les matériaux qui amènent le design. Les gens pensent que je suis un designer, mais je me vois plutôt comme un créateur. »


Exposition à la Galerie 208
Le travail de Stefan Leo sur la céramique et la pâte de verre a été découvert par la directrice de la Galerie 208, Patricia Chicheportiche, lors de la foire de design GURU en septembre dernier. Et rapidement, leur collaboration pour une collection a vue le jour. Les cinq pièces qui composent « Stefan Leo by Galerie 208 » sont ainsi le résultat de longues années de travail et d’expérimentation, pour un résultat coloré, pigmenté et tout en finesse.



Succéder à des générations de créatifs, avoir la capacité de réinventer et pérenniser une entreprise familiale est souvent un lourd fardeau à porter. Cependant, certaines maisons sont enthousiastes et font du passé un héritage ouvert à l’avenir. Partage d’expériences avec les Procédés Chénel, Coéditions et les Éditions du Coté.
Procédés Chénel : à chaque génération sa pierre apportée
Si chaque famille a ses propres marqueurs, ceux des Chénel passent avant tout par l’amour et l’admiration. Quatre générations se sont succédé dans cette aventure créative et innovante que sont devenus les Procédés Chénel International, et ce depuis 1896 s’il vous plaît ! Sophie, arrière-petite-fille du fondateur Gilles Ranno, est aujourd’hui à la tête de cette société spécialisée dans la conception de techniques d’aménagement d’espaces. Consacrés aux expositions et manifestations en France et à l’étranger, les Procédés Chénel travaillent tout d’abord le bois et se développent largement jusqu’en 1991 grâce aux deux premières générations. C’est après des études en architecture que Guy Chénel, le père de Sophie, reprend l’entreprise en 1963. Avec plus de 50 brevets à son actif, Guy fait croître l’entreprise.
Aujourd’hui, Sophie a repris le flambeau et n’a de cesse de développer différents papiers non feu que l’entreprise a créés. Papier, carton et autres textiles classés non feu M1 sont transformés, pliés, gaufrés, collés en nids-d’abeille ou encore perforés, avant d’habiller murs, éléments lumineux et plafonds de lieux dédiés à l’évènementiel. Nombreux sont les clients qui en redemandent. Pour les collections 2021, Channel a fait appel à Chénel pour habiller ses vitrines à l’international. Pour Sophie, la transmission est fondée sur le lien affectif entre une entreprise et son dirigeant. Ce lien a été tissé avec le temps, mais aussi avec le cœur parce qu’elle a su apporter de l’âme à sa maison.

Fabriqué en carton recyclable.

Un matériau de type papier, non-tissé composé de cellulose, polyester et fibre de verre.


Classés non feu M1, autostables ou suspendus



Succession d’écrans découpés selon le motif désiré.
Chez Coédition : de père en fils
Lorsqu’un père et son fils décident de travailler à quatre mains pour créer une maison d’édition à leur image, en accolant les plus belles signatures à leur nouvelle marque, cela donne une entité basée sur la transmission et la passion du beau. Trente-cinq ans après avoir fondé Artelano, maison d’édition mythique aux inspirations italiennes, Samuel Coriat s’associe à son fils Charles, étudiant à l’époque, pour en fonder une nouvelle au nom évocateur de Coedition. Pour cela, ils font appel à des designers qui cochent toutes les cases de leur cahier des charges. Avant tout exigeant, le binôme tend vers une concordance et de la créativité dans les différentes collaborations mises en place. Construire des collections cohérentes, tout en préservant la différence de chaque personnalité est fondamental pour Coedition.
Quatre créateurs historiques de la maison Artelano, Patricia Urquiola, Marco Anusso Jr., Shin Azumi et Olivier Gagnère, entrent dans la danse, rapidement rejoins par d’autres designers non moins talentueux. Les produits de Patrick Jouin, Sebastian Herkner ou encore de A+A Cooren, pour n’en citer que quelques-uns, viennent étoffer les propositions de Coedition au fur et à mesure. Pièce iconique de la maison, le fauteuil Altay de Patricia Urquiola a tant de succès qu’il est décliné dans une même collection.

COEDITION janvier 2020

COEDITION © N. Millet

Editions du Coté : l’identité en héritage
Couple à la ville comme dans leur maison d’édition lancée en 2017, Elodie Maentler-Ducoté et Marc-Alexandre Ducoté ont choisi le Pays Basque dont ils ne sont pas originaires pour s’y implanter il y a quinze ans. Éditions du Coté propose du mobilier et des œuvres d’art à la fois minimalistes et atemporels. Les pièces sont faites de concert entre l’artiste, l’artisan et l’éditeur toujours en circuit court. C’est de cette manière que l’équilibre des trois premières collections s’est fait très naturellement. Éditions du Coté a su s’entourer d’artistes de tous horizons : sculpteur, designer, musicien, voire danseur collaborent aux projets de la marque. Tout est produit entre le pays basque et l’Aquitaine, dans un rayon de 20 km pour la plupart des pièces, en édition limitée, sur-mesure ou à la demande dans le but de mettre en lumière le savoir-faire des artisans régionaux.
Au-delà de cette valorisation, leur but est de développer ces expertises existantes, en poussant la réflexion vers de nouvelles techniques notamment. Une thématique est définie par collection, souvent inspirée par l’environnement. Artzain, leur première collection, fait écho au berger basque, Ondulations est une évocation au littoral et Perspectives rend hommage aux aspects culturels présents et à venir. Si la philosophie de la maison est la singularité, elle symbolise aussi la gratitude qu’ont Elodie et Marc-Alexandre envers une terre qui a su les accueillir à bras ouverts.


''Le liège comme souvenir d’un enracinement. Le verre comme minéral s’étant élevé à la transparence du vent. Une sculpture table basse''
© Melanie Torok

Les galeries sont un des maillons fort du design. Elles sont nombreuses sur le marché et la crise du Covid-19 les a forcées à réagir pour survivre, voire se développer de plus belle. Parmi les spécialistes du design, la Galerie Kreo est l’un des rendez-vous incontournables.

The Silent Village Collection, designer : Sigurdarson Brynjar
Pièce unique. Matériaux : Bois de frêne, Krion, cordes, ficelles en nylon et divers matériaux tels que : plumes, fourrure, cuir, tissus imprimés, chaînes, crochets.
Rue Dauphine, la Galerie Kreo se déploie sur un vaste espace de 550 m2.. Comme ses paires, elle a reporté à une date ultérieure certaines expositions monographiques (Marc Newson, Barber Osgerby), mais elle est toujours là pleine d’énergie et pleine de désirs, grâce à ses fondateurs Didier Krzentowski et sa femme Clémence.
En 1999, ils ouvraient à Paris dans le 13e arrondissement, rue Louise Weiss, une galerie de 250 m2 avec une particularité unique : ne travailler qu’avec des designers déjà reconnu par l’industrie. Si l’art n’implique pas de contrainte et laisse l’artiste libre de s’exprimer, l’industrie contraint le designer dans son travail de création.
Le petit espace de la rue Louise Weiss était le cadre idéal pour mener à bien des projets qui n’auraient jamais vu le jour tels que les recherches sur les tables en béton de Martin Szekely ou les rochers en béton de Ronan et Erwan Bouroullec. Marc Newson y a finalisé sa table « Chop top » en aluminium.
« Quand je vois un jeune designer, raconte Didier Krzentowski, je lui demande de me construire un discours qui n’existe pas mais qui puisse me convaincre et convaincre les acheteurs qui me soutiennent. ». C’est ainsi que l’Islandais Brynjar Sigurdarson, a pu exposer sa table « The Silent Village Round » et la présenter en même temps que sa recherche d’identité disparue à une clientèle de qualité.
La galerie Kreo a 20 ans et 66% de ses propositions concernent le design contemporain, des petites éditions de 8 + 2 + 2 mises en place par Didier lui-même, pour mieux rémunérer les auteurs designers.
Les jeunes, Didier Krzentowski les côtoie à la galerie, en direct. Ses 12 employés sont tous trentenaires. Ils pratiquent les réseaux sociaux sans vergogne et les visiteurs entrent avec d’autant plus d’envie dans les galeries qu’ils trouvent l’espace « cool ». Son voisin Kamel Mennour, rue Saint-André-des-Arts, a fait l’objet d’une frénésie sur Instagram en exposant Philippe Parreno et Daniel Buren. Une vidéo sur TikTok lui a apporté de nouveaux followers qui ne savent pas forcément qui dessine les pièces de mobilier sur lesquelles ils s’assoient, mais qui apprécient « l’esprit du lieu ». En janvier 2020, en choisissant de faire travailler Virgil Abloh, la galerie Kreo a gagné 5 millions de followers sur Instagram. Virgil Abloh, architecte de formation, directeur artistique pour les collections homme chez Louis Vuitton a investi la galerie avec l’exposition « Efflorescence » jusqu’en mars, date du 1er confinement. Par un savant travail de la matière, le béton, tagué et graffité, un miroir ajouré à la street wear, il a gagné sa légitimité dans le design.
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Collection Efflorescence, Virgil Abloh, Galerie Kreo : « Le nom de cette collection semble paradoxal pour ce qui apparaît tout d’abord comme de solides morceaux de réel pour s’asseoir, se rassembler et se regarder. Au-delà du fait certain qu’il est toujours fructueux de se frotter aux paradoxes, ce terme botanique rend compte du mode de production des pièces proposées. À l’image de ces fleurs sauvages qui s’insèrent dans les interstices et les recoins de l’espace urbain, les trous, les aléas formels et les graffitis qui recouvrent et personnalisent – de manière chaque fois différente – la surface bétonnée offrent une texture visuelle et émotionnelle qui recharge notre environnement immédiat – un paysage où la rigidité des structures et des visées planificatrices rencontre l’aléatoire de la croissance organique et de l’appropriation humaine. »



Hôtels, galeries, boutiques, concept stores … découvrez les dernières ouvertures et inaugurations de lieux aménagés par des designers et architectes d’intérieur.
Pierre Arts Design dans le Marais

Seule galerie parisienne spécialisée dans le mobilier scandinave – notamment l’âge d’or du design danois des années 1950-60 –, la galerie Pierre Arts Design est ouverte depuis septembre 2020 au cœur du Marais. Son fondateur Pierre Raguideau y « présente les principaux designers scandinaves des années 50 tout en les associant à des créateurs de mobiliers et luminaires d’inspiration et d’origines différentes ainsi qu’à des artistes contemporains. » Il propose ainsi une sélection exigeante aux collectionneurs, amateurs et professionnels, notamment des pièces signées par Hans J. Wegner, Borge Mogensen, ou encore Peter Hvidt & Orla Molgaard Nielsen, Tobjorn Afdal, de luminaires par Alain Richard ou Etienne Fermigier ainsi que des objets de provenance africaine, japonaise et scandinave.
63 rue de Turenne, 75003 Paris

éditée par Nordisk Solar. Aluminium
L’agence Jouin-Manku signe l’espace bien-être inauguré à l’Hôtel Les Haras
L’agence Jouin Manku poursuit sa collaboration avec les Haras de Strasbourg. Après avoir rassuré la rénovation-reconversion en 2014 du site royal en hôtel 4 étoiles,et de son restaurant, Patrick Jouin et Sanjit Manku viennent de dévoiler une extension du lieu comprenant un spa, de salles de conférence et 60 chambres, dans les murs d’une ancienne clinique adjacente, tenue par les soeurs Diaconesse. Dans ces nouveaux espaces dédiés au bien-être (l’hôtel est en partenariat avec Nuxe), les volumes, la lumière, ont été travaillés dans une approche de soins, d’attention et de sérennité. On retrouve cette recherche d’épure et de simplicité dans le design des éléments de mobilier, le choix de matériaux chaleureux pour facilite une approche sensorielle.


Un nouvel espace Molteni signé Vincent van Duysen

Au 22 rue des Saints Pères, Molteni ouvre un nouvel espace, à proximité du showroom historique UniFor (situé au n°6 ) rénové en 2019. Conçu par Vincent Van Duysen, ce projet – de plus de 550 mètres carrés avec sept vitrines – se décline sur deux niveaux reliés par un escalier sophistiqué défini par une finition en travertin et en laiton, tout en respectant les caractéristiques d’origine du bâtiment : sont conservés son sens de l’espace et la perception de sa conception d’origine du début des années 1900. Les murs de séparation subdivisent des volumes généreux, entrecoupés de hauts portails en laiton. Le Flagship Store y présente les toutes dernières collections des deux marques du groupe : Molteni&C et Dada.
Berluti ouvre une boutique à New York en collaboration avec Oitoemponto
Pour valoriser le patrimoine, les savoir-faire artisanaux exclusifs de la Berluti, OITOEMPONTO a choisi de privilégier la lumière naturelle, les textures et les matériaux nobles dans un cadre très sobre. Le duo a sélectionné un mobilier en accord avec l’univers masculin discret de la maison : lampes graphiques, canapés et tabourets tapissés de cuirs et tables en marbre or « Picasso » ainsi que deux iconiques fauteuils club signés František Jirák.

Kave Home : deux ouvertures de magasins en 2020
Après sa première ouverture en France en août dernier à La Roche-sur-Yon (85°, Kave Home a inauguré son deuxième magasin physique en décembre à Montévrain. La marque espagnole s’installe ainsi au parc commercial du Clos du Chêne, l’un des plus grands centres commerciaux à ciel ouvert en Île-de-France.Avec plus de 450 m2 d’espace dédié, le magasin présente les collections phare de la marque, entre meubles et objets de décoration.

Calligaris ouvre un espace à Marseille
Avec 74 revendeurs en France dont 11 magasins monomarques, Calligaris s’installe au 179 rue de Paradis, en plein cœur du VIe arrondissement de Marseille. Ce nouvel espace de la marque italienne met en avant les dernières collections sur plus de 150 m2. On y retrouve notamment les tables Orbital, Echo et Cameo, les canapés Le Marais, les chaises Saint Tropez, Fifties…

Sapide Design met en scène la Maison Philippe Conticini
Située au 31 rue Notre-Dame de Nazareth, dans le 3e arrondissement, la nouvelle boutique de la Maison Philippe Conticini vient de s’ouvrir, dirigée par le chef et son associé, Yoav Peretz.L’aménagement qui mise sur un jeu de textures a été conçue par le duo Sapide Design, concepteur et fabricant de mobilier.


Du jeudi 11 juin au dimanche 14 juin, un parcours à Saint-Germain des prés invite à découvrir une soixantaine de galeries. Une opération exceptionnelle baptisée #Visitonsnosgaleries.
C’est un événement : dans le quartier de Saint-Germain-des prés, ce week-end ; 62 galeries, toutes spécialités et sensibilités confondues, se fédèrent pour promouvoir leur importance dans le paysage culturel français, en rappelant qu’elles sont ouvertes à tous, et que les publics peuvent y découvrir des œuvres d’art et d’art appliqué exceptionnelles.
Alors que les grands musées et expositions temporaires sont fermés et ne vont réouvrir que très progressivement, les galeries d’art sont ouvertes et prêtes à accueillir les visiteurs. Elles rappellent aussi, alors que les grandes foires d’art sont reportées à l’automne voire annulées, qu’elles sont elles-mêmes parties constituantes de ces grands événements d’art, et qu’elles offrent aux collectionneurs la possibilité de voir, et d’acquérir des œuvres, qu’elles soutiennent des artistes.
Parmi les galeries partenaires de cette opération, on retrouve des galeries d’art moderne, d’art contemporain et d’arts premiers : galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, galerie Olivier Waltman, Jousse Entreprise, Triode Design, Meuble et lumière…

