Salone del Mobile

Passage obligé du Salone del Mobile, le SaloneSatellite était de retour pour sa 27e édition, révélant son lot de jeunes designers à suivre. Découvrez les coups de cœur Intramuros de l’édition 2026.
Sous la houlette de Marva Griffin Wilshire depuis sa création en 1998, le Salone Satellite, rendez-vous incontournable de la jeune garde du design à Milan, se dévoilait cette année sous le thème « Skilled Craftsmanship + Innovation ». Ils étaient plus de 700 designers, âgés de moins de 35 ans et venus de 39 pays, à avoir répondu à l’appel. Un panel de jeunes créateurs aux univers singuliers, venus défendre le design sous toutes ses formes, parmi lesquels la rédaction dévoile les huit talents qui ont retenu son attention.
JÜNGERKÜHN
Le studio berlinois JÜNGERKÜHN a été fondé en 2023 par les designers Konrad Jünger et Verena Kühn, rencontrés lors de leurs études en design produit. C’est durant cette période qu’ils développent un intérêt commun pour le numérique, la robotique et le comportement des matériaux analogiques, qui fera par ailleurs naître leur devise : « work in process ». JÜNGERKÜHN établit un lien « entre design industriel et artisanat numérique, avec une attention particulière portée aux matériaux ». Porté par le Digital Craft, le projet Soft Touch - système de sculpture sur mesure destiné au travail par soustraction sur céramique - présenté lors du SaloneSatellite, est très représentatif de leur démarche, qui allie outils numériques et matières. « Selon des facteurs tels que le degré de séchage ou l’épaisseur, le matériau réagit différemment. Le processus est défini, mais le résultat émerge de l’interaction entre la machine et le matériau. Cela reflète notre approche, qui consiste à concevoir des systèmes permettant une variation, plutôt qu’une reproduction à l’identique. » Un projet pour lequel le studio a par ailleurs été récompensé du troisième prix des Satellite Awards.

Liu Dong
Originaire de Pékin, en Chine, Liu Dong s’est formé à l’Université des arts de Berlin, dont il sort diplômé en 2019. Après des expériences dans différents studios de design, elle fonde son studio éponyme en 2025. Guidé par la créativité, il cherche avant tout à éviter la répétition : « Je ne recherche pas un contrôle absolu ; au contraire, j’accueille l’imprévu qui peut émerger. Je suis également attiré par une certaine forme de chaos. Mes projets embrassent l’imperfection et le hasard, tout en conservant un potentiel de production en série. » Inspiré d’un concept chinois contemporain qui dit « bien que façonné par l’homme, comme formé par la nature », il cherche à créer un équilibre entre machine, nature et intervention humaine. En témoigne la lampe TG-01, présentée au Salone, conçue comme une sorte de « lampe à récolter ». Celle-ci nécessite de l’utilisateur qu’il participe au processus de création, puisque ce dernier doit collecter des branches afin de créer une structure fonctionnelle à la lampe. « Il n’existe pas de configuration unique, ce qui rend chaque lampe singulière. Le processus favorise une reconnexion à la nature, où chaque branche devient un élément essentiel. »

Taran Neckelmann
Designer norvégienne-allemande basée à Bergen, en Norvège, Taran Neckelmann définit son univers comme étant marqué par l’exploration du temps et de la longévité. « Je pense que nous avons la responsabilité de créer des objets qui durent. Mais il n’existe pas de réponse simple à cette question, et je m’intéresse aux mécanismes et aux stratégies qui permettent une résonance esthétique sur le long terme. » Son travail, inscrit dans la tradition scandinave, propose des objets cohérents qui introduisent de la répétition, de la géométrie et des jeux de matérialité. Pour le projet de tabourets Cooper, Taran Neckelmann explore la manière dont les techniques ancestrales et les motifs culturels peuvent conférer à un objet une forme de familiarité narrative. « J’ai grandi sur la côte ouest de la Norvège, dans une ville avec une forte tradition maritime. La fabrication de tonneaux y occupe une place importante dans la culture matérielle. C’est un savoir-faire présent dans de nombreuses régions du monde, ce qui le rend universellement reconnaissable. » Un projet qui s’inspire de plusieurs techniques norvégiennes, telles que le « lagging », mais également de l’artisanat japonais du « kioke ».

Birk Manum Bjerkan
Intéressé par le dialogue entre design et artisanat comme par la manière dont les matériaux « pensent » et se comportant entre eux, Birk Manum Bjerkan dispense une approche basée sur la construction. « En fonction du médium, j’essaie de créer des objets dotés d’une logique claire et d’un caractère cohérent. » Une approche qui rappelle celle de Jean Prouvé, l’un de ses maîtres à penser. Formé à la NTNU, en Norvège, et à l'Académie des Beaux-Arts de Brera, à Milan, le designer a lancé son propre atelier spécialisé dans le mobilier et la décoration intérieure, en 2024. « Un prolongement logique du design de mobilier » pour celui qui pratique également la peinture comme une autre manière de comprendre et de percevoir les matériaux à leur juste valeur. « C’est cette réflexion sur la valeur des éléments qui m’a notamment amené à travailler un fauteuil en bois de bouleau lamellé. C’est une essence norvégienne généralement utilisée à des fins de chauffage alors même que ce matériau est très polyvalent et jouit d’une longue tradition d’utilisation dans les pays nordiques en raison de sa bonne résistance au cintrage. »

Masaya Kawamoto
« Je pense que ma singularité réside dans la manière dont j'applique les techniques de travail du métal. » Basée à Tokyo où elle a fondé son studio en 2024, Masaya Kawamoto explore le lien entre les héritages traditionnels et la technologie moderne. Un pont que la designer illustrait cette année en présentant une chaise entièrement réalisée en métal selon les plans d’une pièce historiquement réalisée en bois, ou encore la lampe Bicone « inspirée de détails issus de luminaires emblématiques du passé ». Deux pièces à travers lesquelles la créatrice dévoile son intérêt pour la transformation et la réinterprétation des classiques modernistes par le biais du métal. Un univers diversifié en écho au passé de la créatrice - issue de l’École supérieure d’art de l’université Nihon - qui a débuté sa carrière chez un grand fabricant de mobilier de bureau puis au sein d”un cabinet de design lui ayant permis de toucher aux univers des équipements publics et de l’électroménager. « Bien que ma formation soit en design industriel pour la production de masse, je m'engage également à explorer des expressions expérimentales. Je cherche à équilibrer avec une beauté qui doit leur permettre d’exister en tant qu’objets de collection. » Une complémentarité qui lui avait valu d’exposer sa série PF à Alcova l’année dernière.

Hojo Akira
« Je pars de la structure plutôt que de la forme. L'apparence n'est pas le but, mais le résultat de la fonction, de la logique et de la fabricabilité. Dans cette approche, je recherche une condition où tous les éléments s'articulent de manière cohérente, sans complexité inutile » explique Akira Hojo. Une approche que le designer, installé à Tokyo, estime influencée par son expérience initiale comme designer interne pour des meubles de série. « Pour moi, l'industrie n'est pas une contrainte, mais un point de départ. Je construis des structures basées sur des procédés de fabrication tels que l'extrusion et les systèmes modulaires, en intégrant la production dès les premières étapes de la conception. » C’est notamment cette réflexion sur le processus qui a amené le designer à s'intéresser à la maille souple. Un matériau à l’origine de la chaise modulaire. « L’idée est que la structure n’impose pas de forme d’assise, mais qu’elle s’adapte au corps de l’utilisateur. Et le tout avec une grande stabilité, mais l’utilisation d’un minimum d’éléments. » Une application qui illustre correctement le rapprochement entre concept et réalité tout en veillant à « ce que la production, la structure et l’utilisation demeurent alignées. »

PLASMA-f
Fondé par Alberto Smaldone, le studio PLASMA-f entend ramener l’attention sur les procédés pour mettre en lumière la durabilité qui en découle. Ici, « chaque projet commence par une étude spécifique d’un matériau ou d’une technique de construction, plutôt que par une intention formelle prédéfinie ». Une approche qui confère généralement aux pièces du studio une forte géométrie. « La simplicité est le résultat d’un processus de réduction. En supprimant le superflu, l’objet peut atteindre un état où sa structure, sa logique et sa présence apparaissent clairement. C’est une manière de rendre les choses plus lisibles. » Un travail créatif tout autant qu’expressif, porté sur la proportion et l’équilibre à l’image de la pièce emblématique du studio : MIRACH. Réalisée entièrement en chutes de marbres issus des résidus de production, celle-ci évoque un certain goût pour l’efficience structurelle. « La structure est simplement composée d’éléments en forme de L maintenus ensemble uniquement par des tiges filetées tendues, configurées en une poutre précontrainte assemblée sans aucune colle, comme dans un pont. »

Bryce Lim
À mi-chemin entre objets domestiques et objets de collection, les créations de Bryce Lim naissent dans un univers ni complètement étranger ni réellement familier. Diplômé d’une licence en design industriel (avec une spécialité innovation produit) à l'Université nationale de Singapour (NUS) en 2025, le designer s’intéresse « aux moments où la reconnaissance attire l’attention, mais où de subtils écarts commencent à déstabiliser la perception ». Un sentiment qui s’explique notamment par l’utilisation de matériaux inhabituels à l’image de la collection Squishy Vase réalisés en mousse de polyuréthane (PU). Une enveloppe étonnante, suggérant un certain poids et une certaine solidité pourtant déformable sous la pression. Façonnée à l’aide de moules imprimés en 3D, cette collection reflète l'intérêt du designer pour le potentiel expressif des matériaux et des procédés de fabrication, abordés à travers un prisme situé entre la production industrielle et l’artisanat. « Plutôt que de partir d’un résultat prédéfini, je laisse souvent le comportement des matériaux et des procédés guider mon travail. Et je pense que l’aspect futuriste que l’on peut voir dans mes objets ne vient pas de l’imagination de matériaux ou de formes entièrement nouveaux, mais d’une remise en question de ce qui existe déjà. »


Pour sa 64e édition, le Salone del Mobile.Milano franchit un cap décisif. Entre infrastructure de marché, plateforme culturelle et laboratoire d’expériences, l’événement redéfinit son rôle à l’échelle internationale. Une mutation que nous décrypte Maria Porro, sa présidente.
Du 21 au 26 avril 2026, le Salone del Mobile déploiera sur la capitale lombarde son lot de créations au cours d’une édition réunissant plus de 1 900 exposants dans les vastes allées du plus grand centre d’expositions d’Europe. Mais outre l'immensité de cette grand-messe, la 64e édition se distingue surtout par l’ouverture de nouveaux paradigmes. Dans un contexte géopolitique et économique changeant, l’événement revoit son positionnement d’événement global. Avec le lancement de Salone Contract pensé avec OMA, l’ouverture de Salone Raritas dédié au design de collection, ou encore l’expérience immersive Aurea, le Salone élargit son champ d’action et renforce son approche transdisciplinaire. À la croisée des enjeux économiques, culturels et expérientiels, le Salone s’impose comme un point de convergence entre industrie, création et nouveaux marchés. Une vision stratégique défendue par sa présidente, Maria Porro.
Pour commencer, pourriez-vous nous expliquer le nouveau positionnement du Salone ?
Le Salone a été fondé il y a plus de soixante ans. Comparé au marché de l’époque, nous vivons aujourd’hui dans un contexte totalement différent, marqué par le choc du COVID et l’accélération des transformations alors déjà en cours. Parmi les grands changements, il y a le retail dans le mobilier. Autrefois, peu d’entreprises disposaient de showrooms monomarques alors qu’il s’agit aujourd’hui d’une tendance de plus en plus répandue. Plus généralement, la marque et sa communication deviennent centrales. En parallèle, le secteur du contract prend une importance croissante dans le développement des entreprises. Des zones géographiques qui n’étaient pas habituées aux projets résidentiels contract s’y mettent désormais. C’est un univers très important en termes de chiffre d’affaires et un domaine fortement international. Le Salone se transforme afin de rester une plateforme stable et fiable. Il devient de plus en plus une infrastructure économique mais aussi culturelle, et ces deux dimensions sont étroitement liées.

Et du côté du design, comment évolue-t-il ? On observe une évolution importante entre le design industriel et le design de collection, notamment avec le Salone Raritas.
Oui, on constate une demande croissante pour des intérieurs sur mesure. À l’extrémité de cette demande se situe le collectible, avec une attention accrue aux techniques artisanales et à la redécouverte de savoir-faire anciens. Cela s’accompagne d’un intérêt pour la production dans des lieux éloignés des centres industriels. Et j’ajoute qu’on observe aussi un engouement global pour des pièces iconiques ou vintage. C’est la raison pour laquelle nous ouvrons le Salone Raritas. Et ce secteur n'est pas en marge du Salone mais il accompagne véritablement la production industrielle. Si l’on prend l’exemple d’un grand hôtel, la production industrielle répond à tous les besoins pratiques comme les chambres, les espaces communs… mais il existe toujours un ensemble de pièces spécifiques, conçues spécialement pour le lieu. Dans le contract, la forte collaboration entre production industrielle et production unique n’est pas nouvelle. Ce dialogue a toujours existé, comme chez Andrea Branzi ou William Morris, avec ce besoin de combiner industrie et artisanat.

Parallèlement vous proposez aussi Aurea, une expérience immersive autour du luxe réalisée par Oscar Lucien Ono. Peut-on dire qu’avec le contract, le B2C et l’hospitality, le Salone devient une plateforme globale ?
Nous avons près de deux mille exposants, très divers en termes d’esthétique, de prix, de techniques et de matériaux. Mais notre public s’intéresse aussi à des expériences plus larges. Les entreprises construisent de fait des architectures et des environnements. Ce n’est pas une foire centrée sur le produit, mais sur le projet. Avec Aurea, comme avec Pierre-Yves Rochon l’an dernier, nous créons des expériences immersives où l’architecte mobilise l’ensemble des offres du Salone. Il y a une cohérence dans notre démarche, mais cela passe aussi par des prises de parole et du dialogue entre les différents acteurs. Les visiteurs peuvent découvrir des entreprises, vivre des expériences immersives, participer à des moments d’échange ou écouter un grand maître de l'architecture comme Rem Koolhaas. C’est une expérience complète pour les professionnels. Nous n’oublions pas non plus les étudiants avec le Satellite, essentiels car ils représentent les acteurs de demain.

Justement, vous accueillez environ 700 jeunes designers de moins de 35 ans. Pensez-vous pouvoir encore révéler les prochains Patrick Jouin ou les frères Bouroullec, comme l’a fait le Satellite de Marva Griffin il y a des années ?
Oui, c’est très important. Il y a aussi le fait que ces jeunes designers sont en contact direct avec l’industrie, et cela est fondamental. C’est pourquoi, cette année, nous organiserons une journée où plusieurs entrepreneurs visiteront le Satellite, rencontreront les étudiants et les jeunes créatifs, et partageront leur expérience. Nous voulons encourager ces échanges en face-à-face. J’ai moi-même été jeune designer et envoyer des projets par email ne donne souvent aucune réponse. En revanche, présenter un prototype en personne crée un dialogue différent et capte l’attention des entrepreneurs. C’est essentiel pour nous.
Aujourd’hui, la diversification du Salone est-elle également une manière de se réinventer face à d’autres foires comme Collectible à Bruxelles ou 3daysofdesign à Copenhague ?
Ce n’est pas une stratégie de concurrence. Les entreprises combinent déjà production industrielle, retail, contract et parfois pièces expérimentales. Cette diversité correspond à une évolution naturelle du marché. Les foires de design de collection s’adressent surtout aux collectionneurs, tandis que le Salone offre aux galeries un public différent comme des développeurs, des chaînes hôtelières, des distributeurs... Nous agissons comme un accélérateur. De même, les événements dédiés au contract sont souvent très techniques. Notre objectif est de proposer un événement centré sur le projet et les relations, avec une réflexion sur la manière d’habiter. Dans le monde actuel, il n’y a pas de place pour deux événements identiques. Nous cherchons donc à proposer une approche différente, sans chevauchement avec ce qui existe déjà.


Cette année encore, le SaloneSatellite a mis en lumière bon nombre de jeunes designers émergents. Retour sur nos coups de cœur de cette 26e édition.
Début avril, le Salone del Mobile de Milan ouvrait pour la 26e fois, ses portes à la nouvelle garde du design. Réunis au sein du SaloneSatellite créé en 1998, « 700 jeunes designers de 37 pays participent pour la première, la deuxième ou la troisième fois au Salon » précise Marva Griffin Wilshire, fondatrice et aujourd'hui commissaire de cette section. L'occasion pour eux de dévoiler leurs travaux et de rencontrer des acteurs internationaux de l'industrie et du commerce.
Initié dès la première édition pour "évaluer les photographies des prototypes des nombreuses demandes de participation”, un comité de sélection hétérogène “composé de 12 personnalités du monde du design” désigne chaque année un corpus de designers âgés de moins de 35 ans. Réunis cette année autour de la thématique “NUOVO ARTIGIANATO: UN MONDO NUOVO//NEW CRAFTSMANSHIP : A NEW WORLD” ils ont, par leurs approches et leurs savoir-faire, témoigné de la transversalité de l'artisanat patrimonial et du design contemporain. Une volonté maintenue par le SaloneSatellite à travers les éditions, et qui donne en outre “un sens de responsabilité à ces designers qui font de leur mieux pour exposer leurs travaux” selon Marva Griffin Wilshire.
Parmi ces nouveaux esprits de la création contemporaine, voici huit coups de cœur de la rédaction.
Simo Lahtinen
Titulaire d'un master en design industriel de l'école des arts, du design et de l'architecture de l'université finlandaise d'Aalto, Simo Lahtinen développe un univers basé sur « l'équilibre entre la fonctionnalité et la forme pure, naturelle. » Installé à Helsinki où l'architecture et le design nordique inspirent largement son travail, le créateur « recherche des perspectives astucieuses et nouvelles dans les typologies traditionnelles, afin de créer des designs qui soient distinctement contemporains. » Un processus dont émanent des « objets qui semblent à la fois faciles à réaliser et précis. » Une impression renforcée par la recherche formelle de ses pièces. « Je considère que la géométrie, largement présente dans mes pièces, apparaît naturellement dès lors que la structure, la fonction et le matériau sont alignés, en cohérence. » Une philosophie illustrée par le banc Tre présenté cette année. Fabriqués en pin, les profils d'assise triangulaire « minimisent le gaspillage de matériaux, renforcent la solidité de la structure et créent un langage architectural. Tre reflète mon approche, qui consiste à trouver un équilibre entre une forme audacieuse, une construction intelligente et une élégance fonctionnelle. »

Marcus Götschl
D'abord ébéniste en Allemagne puis en Norvège pendant plusieurs années, Marcus Götschl se passionne pour le design et se forme en Allemagne à l'Académie de design d'intérieur et de produits de Garmisch-Partenkirchen. Fraîchement fondé - au début de l'année - à Munich, son studio cherche à créer « des objets qui soient à la fois familiers et discrètement nouveaux. » Comprenez par là un éloge aux structures claires et légères en écho avec les nouvelles contraintes sociétales et environnementales. Intéressé par la structure autant que par l'objet en lui-même, le designer cherche avant tout la simplicité visuelle. « La simplification de la construction, la réduction de l'utilisation des matériaux et l'adaptation aux nouveaux modes de vie sont des sujets importants pour moi, non seulement pour des raisons esthétiques, mais aussi pour rendre le design plus durable et plus accessible. » Une approche développée à travers plusieurs matériaux dont il tient une connaissance approfondie grâce à son passage chez ClassiCon comme développeur produit. Présenté au début de l'année, son tabouret Flatpacking - qui pourrait être expédié dans un carton de la taille/forme d'une boîte à pizza -, illustre sa vision du design : une pièce à la fois sobre visuellement et structurellement qui utilise des matériaux fins pour atteindre la stabilité grâce au rapport de tension/compression, sans négliger le confort de l'utilisateur.

Michael Grandt
Inspiré par la dichotomie du Japon où il s'est installé plusieurs années avant de regagner Düsseldorf, Michael Grandt, fondateur du studio Omote Ura, souhaite « faire vivre des projets dont l'esthétique dure longtemps. » Dessinées pour s'intégrer harmonieusement dans des environnements différents, les pièces du designer jouent avec les contrastes. En témoigne TOMO, un tabouret fabriqué à partir de trois pièces de contreplaqué assemblées et soutenues entre elles par une structure tubulaire en acier. « Les surfaces en bois ont une forme douce et organique, tandis que les tuyaux en acier présentent une structure plus stricte et technique qui s'effacent selon l'angle sous lequel on regarde l'objet. Ce principe de dissimulation des structures techniques derrière des surfaces fluides nous est familier, nous le connaissons tous ; dans les avions, les machines ou même l'architecture moderne. Mais il y a aussi quelque chose de plus imagé qui rappelle le Japon. » Une faculté notamment due au rapport du designer avec la géométrie. « J'ai toujours été intéressé par les sciences et les mathématiques. Bien que l'intuition ait toujours sa place dans toute création, suivre une logique claire est souvent un bon début. » Un parti-pris cartésien avec lequel le designer conserve une certaine distance pour « obtenir une clarté visuelle sans réduire le design à un strict minimalisme géométrique sans humanité ni empathie.»

Erina Caldeira
« Il y a trois choses que je garde toujours à l'esprit lorsque je crée : la facilité de compréhension du concept et de la forme, des formes faciles à produire pour le fabricant et faciles à entretenir pour l'utilisateur, et enfin la dimension émotionnelle qui doit toucher les sens et mettre de bonne humeur ! » Développées au Japon d'où elle est originaire, les sensibilités d'Erina Caldeira se mélangent depuis 2020 à la culture danoise où elle réside. « Les gens disent souvent que le design japonais et le design scandinave vont bien ensemble, et je pense honnêtement la même chose. Lorsque j'ai présenté l'étagère en bois RHYTHM en 2023, ma première pièce de mobilier, beaucoup de personnes m'ont dit que l'on ressentait cette double influence sans que je n'en aie conscience. » Outre la diversification formelle, cette pièce relativement grande marque un tournant dimensionnel dans l'univers de la créatrice qui a travaillé six ans pour une entreprise d'articles ménagers. Convaincue par l’intérêt d'un design simple et sophistiqué, Erina Caldeira continue de placer le concept au cœur de sa démarche. « C'est lui qui influence la forme, et je pense qu'il est indissociable de l'utilisation et de la méthode de production. » Un tout à partir duquel semble naître une certaine diversité interculturelle.

Jos van Roosmalen
Après plusieurs années passées auprès de studios de design et d'entreprises d'éclairage, Jon van Roosmalen lance son propre studio en 2024. Intéressé par le design autant que par « l'effet de lumière », il développe un petit univers relativement minimaliste et coloré. « Pour moi, un dessin emblématique est "facile à dessiner", c'est ce qui le rend mémorable. Dans mes créations, j'essaie donc de me concentrer sur l'essentiel. » Si la dimension ludique de la lumière due aux interactions avec les formes et les matériaux, induit ses pièces, Jos van Roosmalen décline son approche au gré de ses envies. « J'utilise différents points de départ pour mes créations, qui deviennent ensuite l'histoire principale, jusqu'au résultat. »Questionnant parfois les « archétypes actuels » comme avec la lampe LINEAR, à la fois applique murale et lampadaire, ou développant une approche sensorielle comme avec la lampe en albâtre SLIDE, le designer dévoile un univers fait de formes simples, presque évidentes. Une volonté que l'on retrouve également dans la structure du tabouret TREBLE - seule pièce de mobilier du designer -, où se conjuguent le bois et le métal.

Leo Koda
Installé à Eindhoven après l'obtention de son master en design produits à l'ECAL, en Suisse, Leo Koda base ses recherches sur la remise en question de la banalité. « Je suis profondément motivé par l'idée de créer quelque chose d'original, quelque chose qui n'a jamais été vu auparavant. » Désireux de ne pas être lié « aux notions préconçues sur les matériaux, ni à leurs fonctions courantes », le designer a créé In fill out, un univers gonflé de toute pièce. Horloges, miroirs ou encore plats, les objets se côtoient avec pour unité plastique la rondeur caractéristique de ses impressions 3D déformées dans l'eau chaude. Une approche poétique et enfantine renforcée par une sélection de coloris pop. « Je pense qu'un bon design doit être compréhensible par tous, des enfants aux personnes âgées. Il ne devrait pas y avoir besoin de beaucoup de mots pour communiquer son idée. Le design devrait être démocratique. » Comme un pas de côté dans son univers singulier, le designer présentait cette année Stack and Stock, un tabouret né d'une expérience pratique avec des gobelets en papier. « J'étais curieux du mécanisme d'empilage et je me suis demandé ce qui se passerait si, au lieu de minimiser les espaces dans l'empilage, je les maximisais intentionnellement et attribuais une fonctionnalité à cet espace. Cela semble simple, mais c'est en fait une approche contraire à la logique de conception habituelle. » Un univers bien différent du précédent, mais tout aussi expérimental.

Haruka Mitani
« Mon design est comme un Haïku, la forme poétique traditionnelle japonaise connue comme la plus courte au monde » explique Haruka Mitani. Diplômée de la Chiba University Graduate School, la designer revendique un esprit de tranquillité à travers des objets « minimalistes et accessible à tous, mais jamais froids ou mécaniques. » Illustrant cette vision, KUU -Husks of Light- est une collection de luminaires réalisés à partir de plusieurs couches de papier washi superposées. « Je vois cette installation comme un moyen d'expérimenter la richesse subtile de la perception humaine, comprendre la façon dont la lumière elle-même peut être perçue par chacun. » Derrière cette idée, se cache également un objectif plus formel. « Le papier translucide se présente en trois dimensions et crée un sentiment de profondeur, comme si vous regardiez tranquillement dans un espace doux et intérieur. » Rappelant « l'effet d'une lumière à travers la brume », ce projet est un aperçu à la fois symbolique par le lien avec le Japon, pays d'origine de la créatrice, aussi révélateur de l'approche sensorielle qu'entretient Haruka Mitani avec les matériaux. « Je pense qu'ils sont profondément liés au corps, tout autant que la forme elle-même. Lorsque les matériaux changent, l'expérience change. Je suis en résonance avec l'idée du "bon matériau au bon endroit". »

Sera Yanagisawa
Diplômé de l'université d'art de Musashino à Tokyo en 2022, Sera Yanagisawa s'est spécialisé dans les chaises, « un objet qui exprime le mieux l'individualité du designer » selon lui. Intéressé par la structure et la mécanique, le designer propose des pièces organiques dans lesquelles la géométrie des volumes traduit « un principe de réduction et d'optimisation des composants. » Un principe que l'on retrouve notamment dans KUSABI, un tabouret inspiré de la cale, un outil utilisé depuis l'Antiquité. « Le coin, avec sa petite force, a joué un rôle important tout au long de l'histoire, capable de soulever des pierres massives ou de lourds piliers. Dans cette assise, chaque pièce a la forme d'un coin, ce qui permet de transmettre la force à chaque section et de serrer les pièces ensemble à l'aide d'une seule goupille. Le tabouret fonctionne comme un tout. » Considérant chaque caractéristique comme un « langage de conception » pouvant être appliqué à différentes typologies de pièces, Sera Yanagisawa s’illustre comme l'auteur « d'une famille de meubles cohérente », et visuellement très séduisante.


Au Salone del Mobile, Pedrali a déployé ses nouveaux modèles au gré d'un vaste stand aux allures de showroom coloré.
De la salle à manger à l'espace de détente en passant par le jardin. C'est dans ce qui s'apparente à une vaste habitation en tissu de 900m² que Pedrali a mis en scène ses nouveaux objets lors du Salone del Mobile de Milan, début avril. Forte de onze collections, pour certaines inédites, la marque italienne a souhaité reconstituer des lieux de vie. En accordant une réelle importance aux couleurs, le studio milanais DWA Design Studio, à qui l'on doit la scénographie d'exposition, proposait aux visiteurs d'accélérer le temps pour passer en l'espace de quelques instants, des pièces baignées d'une lumière matinale bleutée, à celles illuminées d'un crépuscule orangé. Des mises en scène sobres mais évocatrices, grâce auxquelles les objets semblent projetés dans un environnement semi-réel.

Le temps d'un déjeuner solaire
Midi sonne, le soleil est haut dans le ciel et l'ambiance est particulièrement solaire. Une atmosphère qui résonne avec les couleurs acidulées d'Héra Soft, la dernière chaise de Patrick Jouin pour Pedrali. Avec son dossier suspendu par un piètement haut, l'assise à l'allure aérodynamique entre en résonance avec la table Rizz de Robin Rizzini. Soutenu par quatre pattes métalliques de section triangulaire, l'élément central de la salle à manger dégage une âme très animale en partie due à la linéarité cassée des pieds. Un détail porteur d'un caractère froid, mais rehaussé par l'éclairage des lampes Tamara de Basaglia Rota Nodari.

Repas terminé, direction le salon adjacent conçu par CMP design. Ici, les lignes sont moins strictes, les volumes y sont enveloppants et invitent à prendre son temps. Avec son armature en bois de frêne massif tout en courbe, le canapé deux places Lamorisse ainsi que ses fauteuils lounge, invitent à un début d'après-midi convivial. Autour, les tables basses Blume dessinées par Sebastian Herkner finalisent l'ambiance sereine et délicate de la pièce.

Prendre le soleil partout et comme on le souhaite
Lorsque certains discutent à l'intérieur, d'autres profitent d'un moment plus reposant sur les poufs Buddy Oasi. Extension d'une collection à succès de la marque, ces modules de Busetti Garuti Redaelli sont la version extérieure du Buddy classique destiné à l'origine pour la maison. Semblables à des galets géants aux courbes polies, ces conceptions qui se multiplient et se déplacent au grès du soleil, s'approprient en fonction des envies. Ledossier mobile, lesté avec une base antidérapante, se déplace librement sur toute la surface. Fabriqués en polyuréthane pour résister aux intempéries, ils se conjuguent avec les tables basses en béton Caementum de Marco Merendi et Diego Vencato.

Une fin d'après-midi, comme un regard en arrière
Le ciel devient rose et le début de soirée s'annonce. Il fait encore bon et l'heure est à la discussion dans ce qui ressemble désormais plus à une cafétéria de plein air. Une ambiance joyeuse et familiale transmise notamment par les chaises Philía d'Odo Fioravanti. La structure en acier dans laquelle vient s'entremêler un tissage en cordon PVC unis ou bicolore rappelle joyeusement la dolce vitae des 60's italiennes. Une époque, symbole de design à laquelle on repense assis autour des tables Ysilon de Jorge Pensi Design Studio, la tête dans les fougères.

Une fin de journée qui entend bien accorder du temps au prélassement
Étape ultime et inratable d'une journée passée dans le confort du mobilier Pedrali, Ester Lounge signée par Patrick Jouin propose dans une ambiance plus tamisée. Initialement présentée en 2013, l'assise monolithique revient cette fois sur le devant de la scène dans une approche plus douce et harmonieuse. Avec son dossier incurvé surmonté d'un ovale qui signe la collection de sa forme, le fauteuil s'est élargi pour accueillir sans contrainte l'utilisateur. Imposante mais esthétique par ses volumes et ses pieds en aluminium moulé, Ester Lounge répond aux luminaires sans fil Giravolta et ceux suspendus Isotta, tous deux de Basaglia Rota Nodari. Une concordance entre les éléments qui procurent à Pedrali l'atmosphère chaleureuse d'une maison chic et libre d'appropriation.


Baptisée « Road to Salone 2024 », la tournée promotionnelle de la 62e édition du Salone del Mobile.Milano, qui sillonnera l’Europe et les Etats-Unis jusqu’en février prochain, a choisi Paris pour première destination. Et pour cause : la France s’est affirmée, l’an passé, comme le premier marché à l’export pour les industriels transalpins de l’Ameublement ! Dans les salons du prestigieux hôtel Cheval Blanc, les organisateurs de la grand-messe internationale du meuble et du design ont ainsi dévoilé, le mardi 21 novembre 2023, les premières informations concernant la prochaine édition, qui se tiendra du 16 au 21 avril prochains... et ont évoqué, en compagnie du créateur Patrick Jouin, les affinités entre le métier de designer et la vision du « Salone » pour le futur de la conception et des grands événements. Une vision qui marie deux couleurs : le vert de la durabilité et le bleu de l’innovation numérique !
Si Paris, pour Henri IV, valait bien une messe, la Ville Lumière mérite également, à en croire Gianfranco Marinelli, un discours dans la langue de Molière, quitte à émailler ce dernier de quelques petites tournures hasardeuses... C’est du reste dans un Français presque parfait – et sans accent – que le président de Federlegno Arredo Eventi (société organisatrice du Salone del Mobile.Milano) s’est adressé à la presse, le mardi 21 novembre dernier à l’hôtel Cheval Blanc (75001) pour évoquer la 62e édition de cette grand-messe internationale ; un évènement qui, rappelons-le, réunit chaque année, dans la capitale lombarde, tout ce que la planète compte d’aficionados du design et de l’Ameublement.
Cette conférence de presse, du reste, était à marquer d’une pierre blanche ; en effet, Paris a été choisie par le « Salone » comme la toute première ville-étape d’une tournée promotionnelle qui conduira les organisateurs, lors des trois prochains mois, de Londres à Chicago, en passant par Berlin, Copenhague, New York, Dallas et Miami.
Une marque de reconnaissance, pour la presse française et pour notre beau pays, qui s’est incidemment affirmé, l’an passé, comme le premier marché à l’export pour les industriels transalpins de l’Ameublement ! Lorsque l’on sait également que nos compatriotes ont représenté, lors de l’édition 2023 du « Salone », le troisième contingent national le plus important parmi les visiteurs professionnels en provenance des cinq continents, on prend toute la mesure des liens étroits qui nous unissent avec nos cousins italiens en matière de mobilier et de design !
Créer de la valeur ajoutée pour les exposants... et les visiteurs
Directeur général du Salone del Mobile.Milano, Marco Sabetta a profité de cette conférence de presse pour dévoiler les premières informations concernant la prochaine édition, qui se tiendra à Milan du 16 au 21 avril 2024 : ainsi a-t-il évoqué, pêle-mêle, l’évolution de l’aménagement et des parcours de la foire, désormais conçus sur un seul niveau afin de faciliter les déplacements et l'expérience visiteurs, les nouveaux services et contenus numériques proposés... sans oublier, bien sûr, les biennales EuroCucina/FTK (Technology For the Kitchen) et Salone Internazionale del Bagno qui, entre autres nouveautés, se tiendront en 2024 dans les pavillons 2/4 (pour la cuisine et l’électroménager) et 6/10 (pour la salle de bains).

En sus de ces évènements incontournables pour votre profession, qui content aux visiteurs l’évolution de ces pièces de l’habitat aujourd’hui au centre des tendances les plus novatrices et les plus durables du design d’intérieur, Marco Sabetta a également touché un mot des célébrations du 25e anniversaire du SaloneSatellite, pépinière internationale dédiée aux talents des moins de 35 ans, qui donnera lieu à une grande exposition. Tout aussi riche et passionnant sera également, à en croire les organisateurs, le programme des conférences et ateliers qui se dérouleront dans les différents pavillons du « Salone », et qui ont été pensés pour encourager un débat ouvert entre le monde des entreprises et la culture.
Et le directeur général du Salone del Mobile.Milano de préciser: « L'homme et la culture du design comme instrument d'identité et de croissance et moteur de créativité et d'innovation ; l'attention portée à la qualité des propositions et des contenus ; l'amélioration de l’expérience visiteur et l'enrichissement professionnel, etc. Ainsi la prochaine édition du Salone del Mobile.Milano jouera-t-elle un rôle de premier plan sur la scène des foires internationales, afin de continuer à créer de la valeur ajoutée pour les exposants et les visiteurs. Mais notre regard est également tourné vers l'avenir et vers les jeunes, comme en témoigne le SaloneSatellite, que Marva Griffin a créé et fait évoluer au fil des années, et qui fêtera son 25e anniversaire en avril. De plus, grâce aux services et contenus numériques innovants du Salone del Mobile.Milano, nous pouvons désormais combler le fossé entre les dimensions matérielles et immatérielles de l'exposition 365 jours par an. »
Améliorer et valoriser l’expérience visiteur
Invité spécial de cette première étape du «Road to Salone 2024», le créateur Patrick Jouin a, pour sa part, mis l’accent sur les affinités entre le métier de designer et la vision du Salone pour le futur de la conception et des grands événements. Une vision qui marie deux couleurs : le vert de la durabilité et le bleu de l’innovation numérique.
Depuis 2021 et l’édition si particulière du «Supersalone», le Salone del Mobile. Milano a en effet retravaillé de manière exhaustive le format adopté, dans le but d’améliorer et de valoriser l’expérience visiteur ; ainsi les organisateurs se sont-ils efforcés de placer l’homme au centre de l’évènement et d’intégrer une composante culturelle, riche en contenus pluridisciplinaires et expérientiels. En matière de développement durable, le « Salone » a par ailleurs atteint un premier objectif important, en obtenant, pour la dernière édition, la certification ISO 20121 attestant de la gestion durable des activités évènementielles.

Enfin, la foire a développé, en matière d’innovation numérique, de nouveaux formats de narration idoines pour conter le monde complexe du design de manière contemporaine ; ceux-ci témoignent d’ailleurs de l’engagement constant de la manifestation pour valoriser ce monde chargé d’histoires, de perspectives et d’informations. La série web « Behind the doors » offre, par exemple, une vision intime et exclusive de maisons d’architectes et de designers prestigieux : Massimiliano Locatelli, Ludovica Serafini et Roberto Palomba, Formafantasma, Piero Lissoni et Guglielmo Poletti, etc. Pour sa part, le podcast de Maria Cristina Didero a abordé dans ses premiers épisodes des questions d'actualité telles que le développement durable, les nouvelles technologies et l'intelligence artificielle.
Et Maria Porro, directrice du Salone del Mobile.Milano (qui n’était pas malheureusement pas présente à Paris) de conclure dans un communiqué de presse : « Nous sommes ravis que Paris ait inauguré avec succès le roadshow international que le Salone del Mobile.Milano a entrepris pour faire connaitre son évolution, ses résultats et ses projets pour la prochaine édition. Nous avons abordé la façon dont le Salone représente l’évolution de l'industrie du design, un précurseur pour l'ouverture de nouveaux marchés, un lieu privilégié où se rencontre la communauté du design, et une pépinière de nouveaux talents grâce au SaloneSatellite, qui permet de maintenir le dialogue avec cette filière et d’offrir de nouvelles clés de lecture du monde du design... au service, notamment, des visiteurs français. »

La 61 e édition du Salone del Mobile vient de fermer ses portes, avec des attentes dépassées en termes de fréquentation. Premiers bilans et impressions de cet événement très dense, marqué par le retour d’Euroluce.


Le Salon du Meuble de Milan vient de fermer ses portes avec une fréquentation estimée à 307 418 participants, soit une hausse de 15 % par rapport à l’édition 2022. Une évidence pour ceux qui ont arpenté les allées de la Fiera la semaine dernière, patientant parfois jusqu’à 20 min pour rentrer sur certains stands.
65% du visitorat provenait de l’étranger : avec le retour fort de la Chine, suivie de l’Allemagne, de la France, des États-Unis, l’Espagne et le Brésil étant ex aequo, sur les 181 pays d’origine identifiés. Une attente, et une réponse en présentiel, qui confirme toujours le rôle incontournable de l’événement sur la scène internationale. Du point de vue des exposants, plus de 2000 marques étaient présentes, en provenance de 37 pays différents. Sur un air de retrouvailles, les stands réoccupaient à nouveau de très grandes superficies, qui permettaient habilement de jongler entre pièces iconiques, best-sellers et nouvelles collections, saluant aux passages des déclinaisons de matériaux, la poursuite d’un travail des fabricants autour de la recyclabilité des produits (choix des matériaux, modularité, réparabilité). Bien sûr les Italiens recevaient en maîtres des lieux, dans des scénographies soignées, certaines aux clins d’œils sensibles : Pedrali, revenant à ses fondamentaux, ouvrait avec la chaise Nari, coréalisée par Andrea Pedrali et son grand-père Mario, fondateur de l’entreprise.
Parmi les premières impressions sur ce que va devenir le marché, on note la porosité des propositions des éditeurs à d’autres secteurs. Déjà largement amorcée depuis quelques années, l’ouverture des éditeurs indoor à l’outdoor devient une constante : ce qui pousse peut-être les fabricants de mobilier extérieur à s’identifier en retour sur d’autres créneaux. À titre d’exemple, Fermob marquait sa légitimité dans l’indoor, et notamment le secteur du contract, en présentant des versions de la Study (design Tristan Lohner) ou la chaise Bistro gantée de cuir, et un secrétaire, tout en se posant en fabricant de luminaires avec un autre stand dédié à Euroluce. Autre illustration, Ethimo élargissait son approche de l’outdoor comme un mode de vie à considérer, d’un point de vue structurel, avec en entrée de stand une pergola, et de celui des activités, avec des accessoires et produits liés par exemple à la cuisine extérieure ou le sport.


Un retour réussi pour Euroluce
Cette 61e édition était très fortement marquée par le retour d’Euroluce, très attendu, et pensé comme un test préfigurant les développements à venir du salon. D’une part, la scénographie était centrée sur l’expérience visiteur, pour qu’il puisse voir un maximum de stands sur son temps de visite, tout en tenant compte de ses besoins (repos, connexion…). Ce défi a été relevé par les Formafantasma : s’il n’était pas toujours simple de repérer les stands à partir de la numérotation attribuée, la déambulation était beaucoup plus fluide – d’autant appréciable dans la foule de visiteurs, comparativement aux halls dédiés au mobilier –, ponctuée, de mini-expositions, d’installations d’œuvres d’artistes, ainsi que d’aires de pauses multipliées. L’espace de talks, ouvert, était adjoint d’un espace librairie très richement doté. Participant à cette qualité de visite, les halls dédiés à Euroluce n’étaient pas éclairés, laissant la totalité de l’éclairage à chaque stand : cela donnait une visite apaisée, valorisait l’univers de chaque fabricant, quelle que soit la taille de son stand. Enfin, parmi les produits, d’Artemide à Flos, en passant par Brokis et bien d’autres, on notait surtout des innovations techniques, très subtiles, pour des éditeurs au service de solutions d’aménagement d’architectes, dans une multiplication d’éléments pouvant aussi bien vivre seuls que dans une combinaison de systèmes modulables à souhait.
In fine, cette édition 2023 dévoilait la transition que semble opérer le Salon dans son ensemble en confortant un positionnement sur l’intérêt de la prescription, particulièrement flagrante sur Euroluce. Ainsi, à terme, le défi pour les exposants à venir ne serait plus de présenter des nouveaux produits en tant que tels, mais avant tout de montrer leurs capacités à répondre à des projets des professionnels de l’aménagement, à se positionner sur une préconisation de solutions : un vrai retour aux fondamentaux du design ?

Pour la 60e édition du Salone Del Mobile à Milan du 7 au 12 juin, l’espagnol GAN présente quatre nouvelles collection ainsi que son nouveau programme de personnalisation intitulé « GAN Custom ».
La marque de tapisserie GAN est née en 2004 de la collaboration du président du groupe Gandia Blasco Group, José Gandía-Blasco, avec Mapi Millet, une amie de longue date. Ensemble, ils ont lancé et construit l’identité de GAN. Mapi Millet est en charge de la sélection des designers avec lesquels ils collaborent, créant ainsi l’essence même de la marque. Elle est également en charge d’introduire le concept GAN SPACES, qui permet de faire évoluer les tapis en développant, en accord avec leurs designs, des systèmes modulaires et des accessoires qui définissent des espaces complets à vivre.
Quatre nouvelles collections présentées
À l’occasion du salon de Milan, GAN propose de découvrir quatre nouvelles collections : Goz, Plastic Rivers, Reversible et The Crochet Collection.
La première collection, Goz, a été imaginée par Kengo Kum. Il s’agit d’une collection de tapis en laine et en bois de teck, à travers laquelle le designer montre une vision de l’artisanat à l’écoute des matériaux. La seconde, Plastic Rivers, est une série de quatre tapis conçu par Álvaro Catalán de Ocón et réalisés à la main avec des fibres de plastique 100% recyclées.


Reversible, crée par Charlotte Lancelot est une collection qui n’a ni devant ni derrière : ses tapis et ottomans peuvent changer d’apparence et de texture d’un simple tour, avec un côté laine pendant les mois d’hiver et un côté coton et lin pendant les mois chauds. Enfin, la dernière collection présentée, The crochet collection, par Clara von Zweigbergk est une série de quatre dessins contemporains dans lesquels la couleur contribue à mettre en valeur les immenses possibilités du crochet dans le monde de la décoration.

GAM custom, nouveau programme de personnalisation
Nouveau programme de personnalisation lancée par la marque, GAM Custom permet aux tapis, coussins et poufs de s’adapter à tout espace – intérieur ou extérieur – et à tout style, en offrant des options pratiquement illimitées en termes de couleur, de taille, de technique et de forme. Le programme propose trois types de personnalisation : Solutions sur mesures, Catalogue personnalisé et Contract Studio, qui permet de réaliser tout type de projet, adapté au contractuel et au résidentiel.

GAN
Salone del Mobile
Hall 20, Booth B01/C06
7-12 Juin 2022

Pour sa 11e édition, le salon Satellite qui se tenait cette année au fond du hall 1 et 3 du Parc des Expositions de Rho à Milan, a désigné les trois lauréats de son concours et a choisi de récompenser des projets pour leur côté durable, communicant, interactif et ludique tout en veillant à leur côté essentiel pour la vie des adultes et des enfants dans le futur.
Le premier prix a été décerné au designer nigérian Lani Adeoye pour son projet de canne RemX, un exemple d’artisanat contemporain qui répond parfaitement à la thématique du concours 2022 : Designer pour nos proches dans le futur.

Le second prix revient au Studio Gilles Werbrouck, présent sur le stand Belgium is design pour sa série de lampes, projection de plâtre blanc sur des crochets en plastique noir de récupération qui associe encore une fois artisanat et design. Le troisième prix a été attribué au designer serbe Djurdja Garcevic, présent sur le stand des Young Balkan Designers pour son projet de mobilier urbain Meenghe.


Une mention spéciale a été attribuée au finlandais Rasnus Palmgren pour son Ease Chair et aux designers allemands de l’Atelier Ferraro pour sa chaise 1,5 Celsius qui répond parfaitement aux besoins des petits espaces.



Intramuros a particulièrement apprécié le travail du designer espagnol Mario Martinez et son attachement à travailler le bois, l’acier et le papier dans des formes classiques de chaise, tabouret et table d’appoint.

En exclusivité pour la Design Week de Milan du 7 au 12 juin, l’éditeur de meubles de bureau Unifor et l’agence d’architecture OMA présentent le fruit de leur collaboration : la collection Principles.
Fondée en 1969, l’entreprise Unifor, fait partie du groupe industriel italien Molteni Group. Unifor développe des systèmes d’ameublement qui visent à proposer des systèmes d’amélioration du lieu de travail, en collaboration étroite avec les architectes et designers avec lesquels elle collabore sur ses différents projets. Des échanges constants qui permettent ainsi d’imaginer et concevoir des produits qui répondent à des besoins précis. Ainsi, leur collaboration avec l’agence d’architecture OMA, fondée en 1975, est dans la lignée de cette volonté de dialogue et d’interprétations de problématiques données concernant l’ameublement et aménagements d’espaces de travail.

Principles, collection multipliable et modulable
La collection Principles à été créée avec une volonté de proposer un mobilier qui pourrait être utilisé par tout le monde et à tout moment, en prenant en compte le flux d’opérations et de communications requises par le lieu de travail contemporain. Composée de plus d’une centaine d’éléments, les pièces de la collection sont disponibles en plusieurs tailles allant du S au XL, avec une multiplicité de configurations possibles selon les aménagements souhaités. Qu’il s’agisse de cloisons de séparations, de canapés ou de bureaux, tous les éléments de la collection ont tous été pensés de manière à avoir plusieurs utilités. L’idée étant de pouvoir offrir des espaces de travail personnalisés et modulables en fonction des besoins spécifiques des utilisateurs. Chaque espace dévoile ainsi sa propre identité, différenciée par les formes et les couleurs offertes par les produits de la collection.


Une exposition au sein du futur showroom d’Uniform à Milan
Et pour présenter cette nouvelle collection, c’est dans un espace qui deviendra prochainement le showroom permanent d’Uniform, Viale Pasubio, que le rendez-vous a été donné pour venir découvrir les pièces de cette collaboration.


C’est en exclusivité à la galerie Rossana Orlandi, à l’occasion de la Milan Design Week du 6 au 12 juin, que les nouvelles pièces aux inspirations très seventies de Draga & Aurel seront présentées.
Fondé par Draga Obradovic et Aurel K. Basedow en 2007, le studio multidisciplinaire Draga & Aurel travaille à la fois dans les domaines du mobilier, des textiles et de l’architecture d’intérieur. Enrichis par des expériences dans la mode, l’art ou l’artisanat, l’approche du duo et leurs méthodes originales les ont conduits à être largement reconnus, notamment pour leur réinvention originale d’articles de design vintage. Du 6 au 12 juin à Milan, ils exposent leurs nouvelles pièces à la galerie Rossana Orlandi.

Nouvelles pièces et évolutions de collections emblématiques présentées
Pour la Milan Design Week, le duo de designers Draga & Aurel propose des pièces aux combinaisons surprenantes de lignes, de couleurs et de matériaux. En effet, pour la collection Transparency Matters, le duo s’est très largement inspiré des années 1970 : « Le design, l’art, la mode, la photographie et l’architecture qui se sont développés dans les années 1970 étaient un symbole de changement, d’expérimentation et de fertilisation croisée. » Ils y présentent des produits inédits, tels que le lit Tito et le fauteuil Beba, ainsi que des évolutions de certaines pièces emblématiques de la collection, à savoir Joy, Golia et Rive.


En parallèle, ils présenteront d’autres pièces de la collection comme les cloisons Reverso, disponibles dans de nouvelles couleurs, ainsi que l’exposition de nouvelles pièces inédites de la collection Héritage.

Draga & Aurel à découvrir du 6 au 12 juin 2022
Galerie Rossana Orlandi, Via Matteo Bandello, 14, 20123 Milano MI, Italie
Horaires : 9h à 20h

Alors qu’elle s’interroge toujours sur les dates de la manifestation en 2021, l’équipe du Salon du Meuble de Milan vient de perdre l’une des figures fortes de l’événement : Manlio Armellini, secrétaire général puis directeur général de Cosmit à partir de 1965, est décédé ce lundi 16 novembre 2020. Pour Claudio Luti, actuel président du Salone del Mobile de Milan , « il a supervisé et géré l’évolution de ce qui allait devenir le principal événement international » pour le design, mais pas seulement.
Il était de l’aventure du Salon du meuble de Milan dès 1961 : Manlio Armellini a été l’un de ceux qui a permis l’évolution de cet événement du design pour le rendre aujourd’hui majeur sur la scène internationale. Parallèlement au développement commercial de la foire milanaise, on lui doit aussi plus de 40 initiatives collatérales – dont le SaloneSatellite – qui, organisées parallèlement au Salon, ont permis de faire en sorte que les le design devienne une référence stylistique, formelle et industrielle pour l’ensemble du secteur de l’ameublement.
En 1987, ses activités ont été récompensées par un Compasso d’Oro de l’ADI, « pour la promotion du design italien« . Manlio Armellini a commencé comme rédacteur en chef de la plus longue revue de l’industrie du meuble. Très actif dans les associations industrielles, il a également présidé Assomostre, l’association Confcommercio, qui regroupe 37 organisations internationales les salons professionnels. Il était le directeur général de Cosmit SpA – la société qui a organisé le Salone Internazionale del Mobile, Euroluce, Eurocucina, EIMU (maintenant Workplace3.0), le Salon international des accessoires d’ameublement, le Exposition sur les salles de bains, SaloneSatellite, SASMIL – et la Fondation Cosmit Events à Milan, ainsi que président de la Fondation Cosmit. Il a été notamment membre de l’ADI (Association italienne du design industriel), membre de l’UFI (Union Foires Internationales, Bruxelles), membre du CIRDI (Conseil international des sociétés de design industriel, Helsinki). Il a été fait Chevalier de la Grande Croix de l’Ordre et du Mérite de la République italienne le 2 juin 2008.

Les 60 ans du Salon du meuble de Milan au printemps… ou à l’automne 2021 ?
Compte tenu de la pandémie Covid-19, le Salon du Meuble de Milan n’a pas eu lieu en 2020. Si le site Internet du Salon annonce encore des prochaines dates en avril 2021, il semble que des discussions soient encore en cours pour un report éventuel à l’automne 2021… comme c’était le cas jusqu’en 1990. Une décision importante, qui doit s’accompagner également d’une réflexion sur la tenue – simultanée ou non – des nombreux autres événements « off » du Salon, qui font habituellement de cette Milan Design Week une manifestation d’ampleur au Parc Rho Eero comme dans de nombreux quartiers de la ville. Assurément, un soixantième anniversaire qui fêtera une édition à nulle autre pareille, mais qui relèvera des défis à la hauteur de l’engagement dont a fait preuve Manlio Armellini tout au long de sa carrière.