À Clichy, l'hôtel Tribe tout en contraste
Le vaste hall de l'hôtel où sont regroupés les multiples usages ©Neufville-Gayet Architectes + ciguë - Photographie Maris Mezulis

À Clichy, l'hôtel Tribe tout en contraste

Le groupe immobilier Galia dévoile l’hôtel Tribe Clichy, un nouvel établissement contrasté imaginé par l'agence d'architecture intérieure et de design ciguë.

Né en Australie, exporté à Clichy. Après La Défense, Saint-Ouen et les Batignolles, la chaîne d'hôtellerie Tribe soutenue par Galia, poursuit sa conquête du nord-ouest parisien en ouvrant une nouvelle adresse. Fort de 120 chambres, l'hôtel quatre étoiles déploie sur ses sept niveaux un aménagement particulièrement contemporain et coloré dessiné par l'agence ciguë, spécialiste des projets contemporains mêlant architecture et design. Implanté sur un ancien terrain vague où se côtoyaient garages et immeubles décrépit, ce nouveau lieu de 3 800m² construit par l'agence Neufville-Gayet, joue sur les contrastes pour offrir aux clients, comme aux simples passants, un moment de vie décomplexé en dehors des standards.

Les grandes ouvertures du rez-de-chaussée participent à alléger la structure massive en pierre de taille ©Neufville-Gayet Architectes + ciguë - Photographie Maris Mezulis

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Des espaces « sans coutures »

Est-ce un café, un restaurant ? Un club nocturne peut-être, à moins qu'il ne s'agisse d'un espace de coworking ? À en croire le regard des promeneurs, le dernier-né de la chaîne Tribe interroge. Il faut dire qu'avec sa façade vitrée et son intérieur coloré, l'établissement ne passe pas inaperçu. « Nous voulions créer un lieu qui soit ouvert sur l'extérieur pour que les passants s'arrêtent et prennent le temps de rentrer. Le rez-de-chaussée a été imaginé pour l'hôtel en lui-même, mais également comme un lieu serviciel pour la ville » explique Pauline Oster, vice-présidente de la marque en Europe et en Afrique du Nord. Alors ici, pas question de réaliser un hall d’hôtel classique. La restauration se conjugue au coworking et aux espaces de détente pour un « social hub sans couture », comprenez un vaste espace perméable où gravitent, autour d'un bar central, différentes typologies d'espaces. Pour répondre à cette exigence de la chaîne, Alphonse Sarthout, architecte de l'agence Cigüe, a aménagé la surface de près de 450m² « comme la grande brasserie d'un faubourg où tout est organisé autour d'un grand comptoir. Nous ne voulions pas d'un lobby refermé sur lui-même, car l'absence d'accueil dédié à l'hôtellerie est une des caractéristiques de Tribe. Ce sont les personnes du bar qui s'occupent de cela. » C'est donc à la manière d'un tetris polyvalent et ludique que s'est aménagé le rez-de-chaussée.

Au rez-de-chaussée, le bar central en faïence s'ouvre à 360° sur l'espace ©Neufville-Gayet Architectes + ciguë - Photographie Maris Mezulis

La couleur mise en lumière

Si la chaîne Tribe n'est pas ancienne - elle a été fondée à Perth en 2017 -, ce nouvel établissement marque déjà un certain renouveau, précise Pauline Oster. « Jusqu'à maintenant, les hôtels de la chaîne étaient relativement sombres. Pour cet établissement, nous souhaitions diversifier ce qui avait tendance à devenir notre identité visuelle. Nous sommes donc partis sur quelque chose qui puisse graviter autour d'une carte de restauration aux saveurs californiennes, ensoleillés et festives. » Et pour apporter cette nouvelle dimension et cette granularité bien spécifique au lieu, Cigüe a misé sur l'éclectisme des matériaux et des couleurs. Un élément « que nous manipulons assez peu à l'agence » confie Alphonse Sarthout, mais qui se manifeste « à la fois dans le mobilier et les revêtements. »

Au rez-de-chaussée, les assises jaunes, bleues et vertes côtoient les murs peints et recouverts de faïences ou de briques, « une évocation des bâtiments de la banlieue parisienne, en contraste avec l'extérieur cossu en pierre de taille. » Pour complexifier l'ensemble, des jeux de trames prégnantes complètent le décor avec le traitement ondulé du plafond acoustique en feutre, et le sol en pierre aux lignes très graphiques. Un éclectisme stylistique renforcé enfin par le choix de rideaux aluminés. « Il y avait aussi la volonté que cet intérieur baigné d'une lumière traversante du matin au soir, puisse aussi être source d'un petit peu de folie. Il suffit de tirer les rideaux, allumer les spots et avec le bar à cocktails, tout devient possible. » Ici, le décor se suffit à lui-même et n'attend pas nécessairement de passage pour vivre.

Les matériaux et les couleurs entrent en résonance pour faire vibrer cet espace décomplexé et vivant ©Neufville-Gayet Architectes + ciguë - Photographie Maris Mezulis

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Luxe, calme et qualité

Souhaités très présents et fort au rez-de-chaussée, les partis-pris vibrants et relevés s'adoucissent en direction des chambres. Traités dans un dégradé bleu-vert obscure d'une grande profondeur, les couloirs ont été imaginés pour apaiser le visiteur dans son évolution vers les espaces de nuit. Mais c'est également pour « mettre en avant la qualité de la lumière dans les chambres en créant une sorte d'effet de surprise » détaille l'architecte. Plutôt petites pour un hôtel de ce standing, chacune offre une sensation premium grâce « aux choix de matériaux basiques travaillés de manière contrastée. » Le béton brut et le fermacell non enduit joue sur les ressentis intrinsèques, tandis que les panneaux de MDF crénelé, l'entrée de la chambre peinte entièrement en vert bouteille ou les rideaux de velours moutarde, jouent avec la lumière pour dégager des ombres et des contrastes forts. À ces jeux naturels, Alphonse Sarthout précise avoir également « intégré toute une réflexion sur la lumière avec des spots tamisés et orientés spécifiquement de manière à théâtraliser l'ambiance. »

Dans les couloirs, le choix d'un papier peint dont les teintes varient du bleu au vert, donne confère une élégance colorée tout en conservant la volonté d'un espace de transition sombre ©Abaca Press / Cyrille George Jerusalmi

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Mobilier design et créations artistiques

Véritable fil conducteur chez Tribe, l'Art et le design sont omniprésents dans chaque espace de l'hôtel. Dans les chambres, les œuvres lumineuses surplombent les lits designés par Tribe. Aux créations murales, répondent de célèbres pièces de design comme la chaise moustache d'un bleu intense, ou des luminaires dorés signés DCW Editions. Au rez-de-chaussée, les nombreuses œuvres exposées et disponibles à la vente ponctuent les étagères. Choisies par la curatrice artistique Thérèse Boon Faller, certaines sont disponibles à la vente, conférant à l'hôtel Tribe Clichy, une dimension de galerie. Une manière d'agrémenter directement l'Art au design et à l'architecture au sein de cette brasserie à la sauce transatlantique !

Dans les chambres, les grandes portes fenêtres en bois massif amènent un cachet et un prestige supplémentaire à ces pièces ©Neufville-Gayet Architectes + ciguë - Photographie Maris Mezulis‍‍
Rédigé par 
Tom Dufreix

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Temps de lecture
6/11/2026
À la galerie kreo, les géants de verre et d’électricité du collectif JAM

Jusqu’au 23 décembre, le collectif londonien JAM présente Lampposts à la galerie kreo. Une collection de lampadaires en verre réalisés en collaboration avec le Cirva de Marseille.

Fruit d’une collaboration de deux années entre le collectif londonien JAM et le Cirva de Marseille, Lampposts s’expose à la galerie kreo. Composée de cinq lampadaires, la collection défie la gravité. Cousines éloignées de leurs archétypes de rue, ces compositions totémiques repoussent les limites structurelles du verre, qu'il soit moulé ou soufflé. Hauts de 2,2 à 3,5 mètres, ces géants colorés invitent le visiteur à la contemplation dans la pénombre du 31 rue Dauphine, à Paris. Un rassemblement étonnant, à découvrir jusqu'au 23 décembre prochain, dont nous ont parlé Joe Halligan, Dan Waterstone et Adam Willis, leurs créateurs.

Collection Lampposts, JAM © JAM Courtesy Galerie kreo

‍Pouvez-vous nous parler de vos deux années passées à Cirva et des recherches qui ont débouché sur le projet « Lampposts » ?

‍Pour être honnête, nous sommes arrivés au Cirva avec un cahier des charges assez ouvert. En tant qu’architectes, nous nous intéressons à la manière dont les choses sont fabriquées, au comportement des matériaux et à la façon dont on peut pousser des procédés familiers vers des horizons inconnus. Pour explorer ces questions, le Cirva est un lieu assez extraordinaire car il est conçu pour l’expérimentation plutôt que pour la simple production d’un objet prédéterminé. Donc le début a été exploratoire. Nous avons commencé par découvrir les différentes qualités du verre et les procédés à notre disposition. Il y avait du soufflage, du moulage, de la découpe, mais aussi de l’assemblage et de la réutilisation des matériaux. Plusieurs projets différents ont émergé de ces recherches, certains plus aboutis que d'autres, mais ce sont les lampadaires qui sont progressivement devenus le projet le plus ambitieux. Ce qui était particulièrement passionnant, c’était la relation avec les verriers. Nous avons mis au point un procédé consistant à réaliser des moules en plâtre que les souffleurs de verre utilisaient pour produire les cylindres de verre individuels qui composent les lampadaires. Il s’agissait d’une collaboration très directe entre nous et les artisans du Cirva. C’est aussi ce qui a permis au design d'évoluer au fil du processus de fabrication, des essais et des ajustements.

‍À quel moment ce style de dessin très « filaire » est-il devenu la caractéristique principale de vos structures colorées ?

‍Les lampadaires ont souvent une esthétique graphique très simple : un poteau, un bras et un globe. De notre côté, nous aimions l’idée de réduire ces objets familiers à leurs lignes les plus élémentaires. Le verre offrait un moyen intéressant d’y parvenir, car il a une présence physique tout en pouvant presque disparaître. Les tubes transparents dessinent donc le contour de l’objet sans lui conférer la solidité à laquelle on s’attendrait normalement. Pour ce qui est de la couleur, ça a été une autre découverte. Là où le verre se superpose, où son épaisseur augmente, la couleur devient plus intense. Ainsi, ce qui semble assez simple de loin devient beaucoup plus riche et complexe à mesure que l’on se déplace autour. Par ailleurs, il existe une tension entre la précision du dessin d’ensemble et l’irrégularité du verre fait main. Et nous nous apprécions beaucoup ce rapport.

Collection Lampposts, JAM © JAM Courtesy Galerie kreo

‍La notion d’échelle et le caractère « improbable » de la création de luminaires aussi hauts étaient au cœur de votre démarche. Pourquoi cela ?

‍Nous souhaitions créer quelque chose à une échelle qui ne semblait pas tout à fait raisonnable pour ce matériau. Le verre est généralement associé à des objets relativement petits et délicats, alors qu’un lampadaire est un élément d’infrastructure urbaine robuste. La réunion de ces deux éléments donne lieu à une proposition légèrement absurde. L'échelle modifie également la façon dont on perçoit un objet. Une lampe de table classique s'intègre dans une pièce comme un meuble, mais à deux ou trois mètres de haut, ces lampadaires prennent une dimension architecturale. Ils occupent l'espace différemment et deviennent presque des personnages avec lesquels on partage la pièce.Il y avait également quelque chose de passionnant à tenter un projet dont nous n’étions pas tout à fait sûrs de pouvoir assurer la réalisation. Les difficultés techniques sont devenues partie intégrante de la recherche, plutôt que de simples problèmes à éliminer. Travailler à cette échelle nous a poussés, ainsi que l’équipe du Cirva, à développer de nouvelles méthodes de fabrication et d’assemblage des pièces.

‍Vous parlez d’un « élément d’infrastructure urbaine ». Quel lien entretenez-vous avec la ville et les éléments qui la compose ?

‍Nous nous intéressons aux éléments ordinaires qui confèrent à une ville son caractère et son atmosphère propres. Les lampadaires, les garde-corps, les bornes, les bancs et autres éléments du mobilier urbain sont souvent négligés, mais, pris dans leur ensemble, ils contribuent énormément à notre perception d'un lieu. Cela est particulièrement évident au cinéma, où un élément aussi simple qu’un lampadaire peut immédiatement définir le lieu, l’époque ou l’ambiance d’une scène. Pensez aux lampadaires caractéristiques de Paris ou de New York. Ces objets font partie intégrante de notre image collective d’une ville, presque comme s’ils étaient des personnages à part entière.

Collection Lampposts, JAM © JAM Courtesy Galerie kreo

‍Vous dites travailler vos lampadaires en verre « car c’est le mauvais matériau ». Qu’entendez-vous par là ?

‍Un lampadaire est censé être solide, durable, économique et résistant aux intempéries ainsi qu’à tout ce qui peut lui arriver en ville. Le verre est presque tout le contraire. Il est fragile, difficile à travailler et, dans ce cas précis, sa fabrication demande un travail de main-d’œuvre considérable. Cette contradiction a vraiment été le point de départ. Nous aimions l’idée de prendre quelque chose associé à la solidité et à la pérennité et de le réinventer dans un matériau qui semble délicat et vulnérable. Il y a quelque chose d’intéressant à utiliser un matériau à l’encontre de sa logique habituelle. Cela vous oblige à repenser l’objet, mais aussi à explorer des qualités du matériau qui, autrement, pourraient passer inaperçues.

Temps de lecture
5/11/2026
ARWENN : le design sans compromis

Fondée par Ruben Hutschemaekers et le designer Sebastian Schönheit, la marque de mobilier allemande ARWENN se dévoilait en septembre à travers une première collection de plus de 40 produits, du mobilier aux luminaires, en passant par les accessoires et les petits objets. Une marque qui entend rendre le design accessible, à tous les égards.

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Après plusieurs semaines de teasing sur les réseaux sociaux, la marque de mobilier ARWENN, installée à Berlin, s'est finalement révélée début septembre avec une première collection réunissant de nombreuses typologies de produits, dont certains sont issus de collaborations avec des designers internationaux. Parmi eux, on retrouve notamment Maria Jeglińska-Adamczewska, Studio Œ, Jörg Schellmann ou encore Unknown, Untitled. ARWENN entend proposer un design simple, mais réfléchi, sans pour autant négliger l'expérience client, qui occupe une place centrale dans sa démarche. Une vision sur laquelle sont revenus les deux fondateurs de la marque, Ruben Hutschemaekers et Sebastian Schönheit.

Comment est née l'idée d'ARWENN ?

ARWENN est née de la volonté de répondre aux attentes des consommateurs d'aujourd'hui. Nous pensons qu'un bon design doit réunir une identité de marque forte, des prix accessibles, une qualité sans compromis et une disponibilité immédiate. Trop souvent, les clients doivent faire des choix entre ces différents critères. Avec ARWENN, nous souhaitions les réunir.

Chaise BOXY, design : Maria Jeglińska-Adamczewska © ARWENN

Vous avez lancé ARWENN en septembre, en dévoilant une collection de plus de 60 produits. Quels ont été les principaux défis liés au lancement d'une nouvelle marque de design ? Combien de temps a-t-il fallu pour concrétiser ce projet ?

Entre l'idée initiale et aujourd'hui, il s'est écoulé presque deux ans. Nous sommes pratiquement partis de zéro puisqu’il a fallu penser l'identité de la marque, la chaîne d'approvisionnement, la structure commerciale et, bien sûr, les collections elles-mêmes. Réunir tous ces éléments dans un délai aussi court représentait un véritable défi. Mais le fait d'avoir été entourés des bonnes personnes dès le départ a fait une énorme différence.

Horloge CLOUD, design : studio Œe © ARWENN

Si vous deviez résumer l'identité et l'ADN d'ARWENN en quelques mots, que diriez-vous ? Quelle vision du design souhaitez-vous transmettre à travers la marque ?

« La simplicité avec une touche d'originalité. » C'est probablement ce qui résume le mieux ARWENN. Cette idée s'applique aussi bien à nos produits qu'à l'expérience que nous souhaitons offrir à nos clients dans son ensemble. Nous défendons l'idée d'un design simple, réfléchi, mais toujours accompagné d'un élément inattendu qui lui donne du caractère. Au final, rien de trop compliqué, mais jamais rien de banal.

Lampe SOLID, design : RelvaoKellermann © ARWENN

Pour cette première collection, vous avez collaboré avec plusieurs designers internationaux. Comment les avez-vous sélectionnés ?

Dès le départ, nous nous sommes fait une promesse : travailler uniquement avec des personnes avec lesquelles nous prenons plaisir à collaborer. Évidemment, le talent et la créativité sont essentiels, mais l'état d'esprit, l'éthique de travail et la volonté commune de créer quelque chose qui ait du sens le sont tout autant. Au fil des années, nous avons eu l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes inspirantes, dont nous admirons autant le travail que la personnalité. C'est particulièrement gratifiant de voir certaines de ces relations prendre aujourd'hui forme au sein des collections ARWENN. Chaque designer apporte un regard différent, mais nous partageons tous une vision commune de ce que nous souhaitons développer.

Etagère DADO, design : Unknown Untitled © ARWENN

ARWENN possède également sa propre équipe de design en interne. Comment fonctionne-t-elle et quel rôle joue-t-elle dans le développement des collections ?

Le design et le développement de produits sont au cœur de ce que nous aimons faire. Il était donc naturel pour nous de conserver cette énergie créative au sein même de la marque. Nous apprécions les collaborations avec des designers extérieurs, mais certains projets naissent aussi d'une idée déjà précise dès le départ. Parfois, le défi consiste moins à explorer une nouvelle direction créative qu'à trouver la manière la plus intelligente et la plus efficace de concevoir un bon produit. Dans ces cas-là, notre équipe interne prend le relais, ce qui nous permet d'aborder le design sous différents angles, tout en restant proches des réalités de la production, des prix et de la disponibilité des produits.

Comment s'organise la production de vos pièces et où sont-elles fabriquées ?

L'ensemble de notre mobilier est fabriqué en Europe, avec des partenaires industriels situés notamment au Danemark, en Allemagne et en Slovaquie. Notre collection de luminaires est quant à elle produite en Chine, où nous avons trouvé un niveau d'expertise technique et de développement industriel particulièrement élevé. Les capacités de production y sont impressionnantes, notamment en matière de procédés de fabrication innovants. Pour l'ensemble de nos collections, nous accordons une grande importance à l'optimisation de l'emballage et du transport. Les solutions de conditionnement « à plat » jouent un rôle important dans cette démarche, puisqu'elles nous permettent de réduire les volumes transportés et, à terme, de  rendre les produits plus accessibles.

Canapé BASE, design : ARWENN © ARWENN

Vous avez inauguré votre première boutique à Berlin fin octobre. Que représente cette nouvelle étape pour ARWENN ?

L'ouverture de notre première boutique à Berlin représente une étape importante, car elle permet de réunir tout l'univers d'ARWENN en un seul lieu. C'est un espace où la marque, les collections et l'expérience client prennent véritablement vie. Nous considérons les points de vente physiques comme une composante essentielle de notre approche. Il ne s'agit pas simplement d'exposer des produits, mais de créer une expérience différente de celle à laquelle les consommateurs sont généralement habitués. Berlin constitue notre point de départ, et nous sommes enthousiastes à l'idée de pouvoir développer ce concept dans d'autres villes.

Store ARWENN, Berlin © Gerhardt Kellermann

Vous défendez l'idée de rendre le design plus accessible, tant en matière de prix que de disponibilité des produits. Comment avez-vous intégré cette ambition dans le développement de vos collections ? Et comment parvenez-vous à concilier accessibilité, qualité et savoir-faire ?

C'est probablement notre plus grand défi, mais aussi l'un des principes les plus importants sur lesquels repose ARWENN. Proposer des prix accessibles, des produits de qualité, des matériaux authentiques, une gestion efficace des stocks et une bonne expérience client est loin d'être simple. Cela implique d'envisager chaque décision sous plusieurs angles. Pour nous, l'accessibilité n'est pas quelque chose que l'on ajoute à la fin du processus de conception : elle doit être intégrée dès le départ. Chaque produit doit être cohérent sur les plans créatif, technique, commercial et logistique. Cette philosophie se retrouve dans tous les produits de notre première collection. Et il y a certainement encore des aspects sur lesquels nous pouvons nous améliorer, mais nous avons posé des bases solides. Et c'est précisément ce qui rend ce processus si intéressant : chercher constamment des solutions pour rendre le design plus accessible, sans perdre ce qui fait sa singularité.

Store ARWENN, Berlin © Gerhardt Kellermann
Temps de lecture
6/11/2026
TGV nouvelle génération : le design à grande vitesse

Inauguré le 6 novembre, le TGV nouvelle génération de la SNCF dévoile des aménagements intérieurs repensés par l’agence AREP et le studio japonais Nendo. Du mobilier aux luminaires, en passant par l’organisation des espaces, cette nouvelle version entend faire évoluer l’expérience du voyage en train.

Après plusieurs années de développement, le TGV nouvelle génération, anciennement baptisé TGV M, vient tout juste d’être inauguré. Pour concevoir ses nouveaux aménagements intérieurs, SNCF Voyageurs a fait appel à l’agence AREP, spécialisée dans les projets liés à la mobilité, et au studio japonais Nendo, fondé par Oki Sato. Ensemble, ils ont travaillé sur une nouvelle identité intérieure, avec l’objectif de proposer des espaces plus confortables et adaptés aux usages des voyageurs.

© SNCF Voyageurs

Des espaces repensés autour des usages

Du mobilier aux espaces de circulation, en passant par les matériaux, les couleurs et les éclairages, tout l’intérieur du train qui a été revu pour créer une atmosphère plus chaleureuse, tout en tenant compte des contraintes du transport ferroviaire. Les nouveaux sièges ont quant été retravaillés sur leur forme et leurs matériaux. Habillés d’un textile tricoté en 3D, ils intègrent une structure pensée pour mieux épouser la forme du dos. En première classe, les assises ont été élargies et intègrent des tablettes inspirées du mobilier secrétaire, tandis qu’en seconde classe, les dossiers affinés permettent de gagner de l’espace pour les jambes. Les espaces communs évoluent eux aussi, puisque des banquettes et des zones de détente ont été ajoutées, tandis que les surfaces vitrées ont été agrandies pour favoriser l’apport de lumière naturelle dans les wagons.

© SNCF Voyageurs

La lumière au cœur du projet

Parmi les autres grandes nouveautés figure une lampe de table dessinée par AREP et Nendo, qui revisite cet objet présent depuis les premières générations de TGV. Reconnaissable à sa forme arrondie et à sa couleur jaune, elle a été développée avec le fabricant Brossier Saderne, qui la propose également au public dans son catalogue en trois coloris : jaune, rouge et bleu. L’éclairage général a lui aussi été repensé, avec un système LED qui s’adapte automatiquement aux différentes étapes du voyage. Plus intense en gare, il diminue de moitié pendant le trajet pour créer une ambiance plus tamisée. Une attention portée à la lumière qui s’inscrit dans la démarche globale de cette nouvelle version du TGV, où chaque élément participe à l’aménagement intérieur du train.

© SNCF Voyageurs
Temps de lecture
4/11/2026
La Chance x Bernal & Semerciyan : entre structure et sculpture

Pour La Chance, le duo Bernal & Semerciyan s’est inspiré du principe de l’angle coupé pour imaginer la collection Ether, composée de quatre pièces - un fauteuil, un sofa, un miroir mural et un miroir sur pied -, toutes réalisées en bois d’orme.

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Fondé par Camillo Bernal et Graziella Semerciyan, le studio Bernal & Semerciyan développe une approche du design nourrie par l'architecture, l’histoire de l’art et les savoir-faire artisanaux. Pour leur première collaboration avec l'éditeur La Chance, les deux créateurs ont imaginé Ether, une collection qui repose sur le principe de l’angle coupé. Ici, l’élément géométrique ne se limite pas à une simple intention esthétique, mais devient le point de départ de la construction de chaque pièce. Une collection également inspirée de plusieurs travaux d’architectes du XXe siècle, à l’image de Goethe, Frank Lloyd Wright ou encore Rudolf Steiner. « Ils avait un principe qui est de partir d'un élément architectural et de le décliner dans tout l'intérieur. De notre côté, on a voulu partir de l'anthroposophie, qui se base aussi sur un élément architectural, tout en donnant une grande place à la matière. On a choisi de travailler l’orme qui a vraiment ce côté très dessiné du fil, qui est assez remarquable, et qui est intéressant en termes de patine et de vieillissement » raconte Graziella Semerciyan.

Collection Ether, La Chance x Bernal & Semerciyan © Paul Lackner

La matière comme élément de construction

Le choix de l’orme n’est en effet pas anodin, puisqu’il a été choisi pour son veinage prononcé et sa couleur naturelle. Les volumes sont réalisés à partir de plusieurs épaisseurs de bois assemblées, dont les jonctions restent volontairement apparentes, mettant en valeur les techniques de fabrication. « Camillo est architecte d’intérieur et il a toujours eu cette attention portée aux gestes de l'architecte. Quant à moi, j'ai vu beaucoup de mobilier historique et je cherche toujours à être juste par rapport à ce qu'on peut apporter à quelque chose que l’on connaît déjà, parce qu'on sait qu'on n'invente rien. » Avec Ether, La Chance poursuit ainsi son exploration d'un mobilier expressif, à la croisée de l'objet fonctionnel et de la sculpture, où les savoir-faire et la matière deviennent indissociables du dessin.

Collection Ether, La Chance x Bernal & Semerciyan © Paul Lackner

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