Exposition Pop-Up à Stockholm : entre lumière et béton
© Stockholm Design Week

Exposition Pop-Up à Stockholm : entre lumière et béton

À l’occasion de la Stockholm Design Week de septembre, le fabricant de luminaires Wästberg et le studio de design et d’architecture Claesson Koivisto Rune profitent du lancement de la nouvelle série w221 medium pour proposer une scénographie brute et immersive de leur collaboration dans le cadre éphémère d’une ancienne laverie.


En septembre, La Suède retrouvait des couleurs en termes de design avec la tenue d’une Stockholm Design Week exceptionnelle, marquant à la fois la fin d’une période pandémique particulièrement difficile pour les créateurs locaux et une préfiguration de la tenue normale de la manifestation, qui aura lieu l’an prochain en février à ses dates habituelles, parallèlement à la Stockholm Furniture & Light Fair. Si l’exposition officielle consacrée aux tendances actuelles du design scandinave, Moving Forward, occupait l’un des espaces du grand magasin NK au cœur de la capitale, de nombreux autres lieux, en particulier des showrooms de designers locaux comme Hem ou Flokk, marquaient l’évènement en invitant à venir découvrir leurs produits et créations. Dans ce cadre, une collaboration détonne : celle réunissant le fabricant de luminaires Wästberg et le studio de design et d’architecture Claesson Koivisto Rune autour du lancement de la nouvelle gamme de lampe à suspension medium w221.

Ballet de lampes

C’est en effet dans les sous-sols d’une ancienne laverie du centre de Stockholm que la marque et le studio de design avaient décidé de créer une véritable exposition en mode pop-up pour une semaine de durée. L’idée : présenter non seulement la nouvelle gamme, mais également les deux précédentes issues de la collaboration entre Wästberg et Claesson Koivisto Rune, à savoir les modèles extra petite w201 et extra large w151.

© Stockholm Design Week

Dans cet espace réduit mais confortable en profondeur, brut de décoffrage avec ses murs en béton mais épousant parfaitement l’esthétique minimaliste des lampes, le rendu visuel est saisissant. Un véritable ballet de lampes coniques aux tailles variables, plus ou moins évasées dans leurs formes exagérées, et où le contraste de couleurs entre les blancs et les noirs renforcent la nature brutaliste, se dévoile. « C’est le seul moment où l’on peut voir tous ces modèles réunit ensemble » se réjouit Eero Koivisto, en se réjouissant d’avoir pu mener à bien ce projet d’exposition éphémère et de scénographie des lieux en si peu de temps. « Notre idée était de mettre en valeur les lampes tout en préservant la nature brute des lieux dans la façon de les montrer. Il y a un choix d’harmonie brute dans le fait d’accorder les lampes en coloris noir du côté des murs les plus blancs, et inversement, les lampes en coloris blancs du côté des murs plus sombres. Nous avons également pensé le mobilier qui enserre le dispositif des lampes en réemployant des canapés eux aussi très bruts et minimalistes dans leur format ».

© Laurent Catala pour Intramuros

Opportunément, la série de lampes à suspension w221 vient s’intercaler entre les plus grands modèles x151 et les petits modèles x201. Les jeux de proportion entre les différentes pièces sont donc eux aussi particulièrement valorisés dans la mise en scène. « Nous avons introduit une distance progressive entre les différentes pièces, les plus petites et les plus grandes, afin de créer une véritable perspective visuelle », poursuit Eero Koivisto.

Éloge de la durée

Le rapport au béton se fait encore plus pertinent quand on en vient à son point de convergence avec les luminaires Wästberg dans cette scénographie très spéciale. « Le symbole de qualité d’un produit est sa capacité à durer », rappelle Eero Koivisto. « Le rapport avec cet écrin d’exposition en béton, lui-même fait pour durer, fait donc sens. » Cette qualité temporelle des produits Wästberg transparaît notablement dans cette nouvelle gamme de lampes à suspension médium. Quatre ans après avoir sorti la gamme extra large x151 et trois ans après avoir édité la gamme extra petite x201, le modèle médium en reprend les grandes lignes dans des dimensions plus abordables : solidité, avec ce travail de manufacture métallique semblant toujours repousser les limites du potentiel de l’aluminium ; utilisation de LED pour un éclairage économique et écologique ; capacité à jouer de l’articulation des formes et des silhouettes des lampes pour créer des environnements originaux et intimistes.

© Stockholm Design Week

« Nous avons une nouvelle fois pris le temps pour penser les différentes formes de cette gamme, réfléchir aux questions de dynamique et de symétrie, et la rendre cohérente avec les autres gammes », précise Eero Koivisto. « Cela nous a pris deux ans de travail, mais nous aimons prendre du temps pour travailler et ainsi parfaitement réfléchir au produit que nous concevons. »

Un contraste entre temps de création et temps de monstration qui renvoie à l’autre grande actualité du studio cette année, la sortie de la collection 822 pour la marque Ton, conçue elle aussi pour durer de longues années. Inspirée du modèle années 30 de la chaise 811 de l’architecte/designer Josef Hoffmann, la collection 822 transpose la patte Claesson Koivisto Rune et un caractère nordique plus moderne dans l’univers maîtrisé de la courbure du bois cintré chère au fabricant de mobilier tchèque.

Collection 822

Les performations dans le siège et le dossier donnent une dimension particulièrement légère et graphique à une collection où tous les éléments arrondis et cintrés caractéristiques de Ton ont justement été redressés pour paraître plus géométriques dans toutes les déclinaisons colorées et parfois atypiques de la collection (fauteuil lounge, tabouret de bar ou tabouret bas). Une manière également pour Claesson Koivisto Rune, comme dans la dimension scénographique de l’exposition pop-up Wästberg, de toujours réfléchir à l’adaptation d’un design existant à de nouveaux lieux et à de nouvelles fonctions.


Rédigé par 
Laurent Catala

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17/9/2026
Frgmnt : pour un design désirable

Après un premier événement en juin, Frgmnt a souhaité réitéré l’expérience en présentant, à l’occasion de la Paris Design Week, sa première exposition intitulée « Edition 01 ». Visible jusqu’au 19 septembre, celle-ci entend mettre sur le devant de la scène « les matières que personne ne regarde ».

Pour sa première participation à la Paris Design Week, Frgmnt a sélectionné pas moins de 43 designers et 11 fabricants de matériaux, réunis pour présenter une démarche et des pièces imaginées à partir de matières, de chutes et de rebuts industriels oubliés ou délaissés. Initiée par Meryl Benitah, l’initiative Frgmnt est d’abord celle d’un défi créatif lancé en juin dernier. Pendant 48 heures, des groupes de designers, associés pour l’occasion, ont imaginé des pièces à partir de médiums souvent considérés comme « non désirables ». Du bois au métal, le projet intégrait également de nouveaux matériaux, à l’image de celui conçu par Etnisi à partir de pare-brise, ou encore le Tissium développé par la société Maximum. « On était un peu sur le format d'un hackathon, mais dédié au design. On est partis de matériaux qui étaient soit récupérés, soit revalorisés pour montrer que le réemploi ou même la seconde vie peuvent être des choses désirables. Même si les participants ne se connaissaient pas, il y a rapidement eu une certaine émulation créative, et très vite des groupes se sont formés et ont réussi à sortir des pièces en deux jours seulement », confie Meryl Benitah.

Table basse LNKD par Emma Batsheva Cohen, Clémence Lucchini et Tancrède De Beaumont / Table d'appoint Dør par Céline Proust © Etienne Boulanger

Cette initiative a retenu l’attention de Sabrina Piperno, gérante de l’espace Heureux les Curieux, qui a souhaité soutenir le projet en proposant à Frgmnt de s’exposer en septembre pour la Paris Design Week. « Pour cette édition, l’idée était d'inviter d'autres partenaires fabricants de matériaux pour créer, d’une part, cette matériauthèque et, d’autre part, de faire venir des designers ayant la même démarche. Que ce soit à travers la matière ou la démarche de fabrication design », poursuit Meryl Benitah.

Ecran ambiant et chaises chimères Sunset Chamber par Théo Laverne et Nicolas Guillamot © Intramuros

Une nouvelle manière de penser la matière

Déployée sur deux étages, l’exposition présente des univers singuliers, réunis par une même ambition : créer à partir de l’existant ou explorer le potentiel de nouvelles matières. « Il y a plein de manières de faire un objet bien conçu et qui répond aux besoins du marché. Certains font du réemploi, d'autres répondent par la matière, quand certains le font par la fonction. Mais tous racontent une histoire à travers une pièce, et toujours en se demandant comment créer des objets qui soient désirables sur le long terme. » Une interrogation qui a amené des designers à s’associer avec des fabricants à l’image de hors-studio dont la lampe Caretta Caretta a été réalisée en Celullio, un matériau développé en collaboration avec Matériaux Urbains. Ce dernier est également à l’origine de Paperio, un nouveau médium sur lequel Atelier Alcova s’est appuyé pour donner vie à Tecto. De leur côté, d'autres créatrices et créateurs présentent des pièces originales issues de leur propre démarche. On retiendra notamment Atelier Perret, à l’origine de la suspension Séléné réalisée à partir de marc de café, mais aussi le vase T65 conçu à partir de pain par le studio Copain, et enfin le concept d'Emma Batsheva Cohen autour de l’optimisation du cuir végétal.

Miroir Soulmates par Clement Thevenot, fauteuil, lampe et petite table Tash'rit par Emma Batsheva Cohen © Intramuros

Favoriser les rencontres

Autant de profils et de pistes explorées qui entendent démontrer que des matières, a priori délaissées, peuvent devenir désirables dès lors que le design s’en empare. « Mon objectif personnel est de favoriser ce lien entre les fabricants, les designers, mais aussi les prescripteurs, en créant un joli écosystème qui va les faire collaborer et permettre à ces pièces de se retrouver dans des hôtels, des restaurants, et favoriser leur développement à grande échelle. » Avec cette exposition, c’est donc de nouvelles passerelles entre les secteurs clés du design que Meryl Benitah entend construire.

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17/9/2026
Triode inaugure le 28, son nouvel espace d’exposition

Triode a récemment inauguré le 28, un nouvel espace parisien pensé comme un terrain d’expression libre pour les designers. Pour ouvrir le bal, Jean et Oliver Pelle, fondateurs du studio américain Pelle, présentent l’exposition « Metallic Reverie » composée de dix pièces inédites autour du métal et de la lumière.

Ni galerie, ni showroom. Installé au 28 rue Jacob, dans le 6e arrondissement, le 28 entend proposer un nouveau format d’exposition. Imaginé par Jacques Barret, fondateur de Triode, ce nouvel espace invite des designers représentés par la maison à dépasser la seule présentation de leurs collections. À chaque exposition, ces derniers ont carte blanche pour dévoiler une facette plus personnelle de leur univers. Pour cette première invitation, Triode retrouve ainsi Jean & Oliver Pelle, quatre ans après leur première exposition commune à Paris.

Collection Light Objects par Oliver Pelle

Deux regards sur la matière et la lumière

Architectes de formation et installés à Brooklyn, Jean et Oliver Pelle développent une pratique à la frontière de l’architecture, de l’artisanat et de l’expérimentation. Pour l’exposition « Metallic Reverie », le duo a imaginé dix œuvres spécialement conçues pour le 28, réunies autour d’un même matériau : le métal. Jean Pelle y présente notamment sa série de luminaires Fountain, nourrie de souvenirs et de paysages observés en Corée et sur les côtes américaines tandis qu’Oliver Pelle explore à travers Light Objects la rencontre entre lumière, matière et espace. Deux écritures bien distinctes mais réunies par une même attention portée à la matérialité. Une manière d’inaugurer le 28 en donnant à voir ce que ce nouveau lieu entend précisément révéler : l’intime personnalité des designers.

Luminaire Cityscape, collection Fountain par Jean Pelle
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15/9/2026
Garnier & Linker signe sa première collection outdoor

À l’occasion de la Paris Design Week, Garnier & Linker a dévoilé Aurora, sa première collection de luminaires outdoor. Une nouvelle étape pour le studio, qui transpose son travail autour de la matière et de la lumière à de nouveaux usages.

Avec Aurora, Garnier & Linker brouille les frontières entre intérieur et extérieur. Pour cette première incursion vers l’outdoor, le studio ne rompt pas avec son vocabulaire formel mais choisit au contraire de le prolonger. Plusieurs pièces existantes sont ainsi ré-interprétées en introduisant notamment un nouveau matériau : la fonte d’aluminium. Jusqu’alors déclinés en bronze ou en plâtre, les luminaires gagnent ici une expression plus architecturale, adaptée aux contraintes de l’extérieur sans perdre l’identité propre au studio.

Applique Aura, collection Aurora © Garnier & Linker

La matière comme fil conducteur

Employée seule sur les appliques Nezu et Kora, ou associée à l’albâtre pour les modèles Teree et Theo, la fonte d’aluminium enrichit les recherches menées par le duo autour des matières et de leurs interactions avec la lumière. En plus de ces modèles, la collection s’enrichit de six autres pièces inédites intitulées Aura, Cronos, Eos, Gaia, Retina et Thala. Développée au sein de l’atelier du studio situé près de la forêt de Fontainebleau, la collection s’inscrit dans la continuité d’une démarche où matière et texture façonnent l’objet. Et si l’aluminium répond naturellement aux exigences d’un usage pour extérieur, ces pièces sont également imaginées pour prendre place dans des espaces intérieurs. Présentée comme le premier chapitre d’une offre appelée à s’étoffer, Aurora entend ainsi repenser le luminaire outdoor en l’affranchissant de ses codes traditionnels pour l’intégrer pleinement au langage du studio.

Applique Eos, collection Aurora © Garnier & Linker
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17/9/2026
Alki revisite Kuskoa avec Kuskoa M

Quinze ans après le lancement de Kuskoa, Alki et Iratzoki Studio font évoluer cette collection emblématique avec Kuskoa M.

Créée par Iratzoki Studio en 2011, Kuskoa s’est imposée comme l’un des best-sellers d’Alki avec son principe de coque en chêne posée sur un chevalet en bois massif. La marque dévoilait, à l’occasion de la Paris Design Week, Kuskoa M. Composée d’une chaise, de deux tabourets de hauteurs différentes et d’un banc, la collection a été imaginée pour les restaurants, les bars, les cantines comme les cuisines. Avec ses diverses hauteurs et typologies, cet ensemble peut ainsi offrir plusieurs configurations au sein d’un même espace.
Dotée d’une structure tubulaire en acier thermolaqué, l’assise développe une nouvelle expression graphique. Disponible dans plusieurs finitions, elle offre à chacun la possibilité de composer sa propre pièce, en célébrant le monochrome, ou au contraire, les contrastes entre métal, bois et textile. À noter que la coque peut-être tapissée dans son entièreté ou seulement en face avant.

Alki
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