Fritz Hansen édite le PK23 de Poul Kjærholm
Le fauteuil PK23 de Poul Kjærholm ©Fritz Hansen

Fritz Hansen édite le PK23 de Poul Kjærholm

La maison danoise Fritz Hansen élargit sa gamme de produits Poul Kjærholm en éditant désormais le PK23, l'une des premières créations du designer.

Connu pour ses assises et reconnu pour leurs piètements en acier devenu au fil du temps l'une de ses signatures, Poul Kjærholm est aujourd'hui mis à l'honneur pour une autre de ses créations : le fauteuil PK23. Imaginé en 1954 par le designer tout juste diplômé de l’École des arts et métiers de Copenhague et alors âgé de seulement 25 ans, cette assise méconnue renaît sous ses traits originaux. Édité par la maison Fritz Hansen, ce modèle est une nouvelle approche, du travail de son créateur. Un objet empreint de l'esprit scandinave, mais également ancré dans les époques ; celle moderne de sa création, et celle contemporaine de sa distribution.

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Une naissance précoce et une reconnaissance tardive

Regarder l'étendue des produits de Poul Kjærholm édités par Fritz Hansen et y transposer le PK23, c'est, au-delà d'ouvrir un nouveau spectre design, admettre une brèche dans l'unité stylistique de l'artiste. Remplacer les sections rectangulaires des pieds par des cylindres et déconstruire l’orthogonalité des assises, au profit des courbes. Bref, se réinventer. Pourtant, il ne s'agit pas d'un revirement esthétique, mais plutôt d'une préface au succès du créateur. Et de fait, malgré une publication du PK23 - avec trois autres projets – dans la célèbre revue danoise Mobilia en 1955, son fauteuil ne rencontre pas le succès espéré. Une période difficile pour Poul Kjærholm dont très peu de projets sont alors réalisés. Ce n'est que dans la seconde moitié des années 50 et suite à sa collaboration avec le marchand de meubles Ejvind Kold Christensen, que le designer s'intéresse au mobilier fabriqué à partir d'acier calibré. Un nouveau départ grâce auquel il rencontre son public. Il faut alors attendre 2006 et la grande rétrospective dédiée au designer au Louisiana Museum of Modern Art au Danemark, pour voir réapparaître le PK23, entre temps oublié.

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Un modèle de style et d'innovation

C'est une assise difficile à qualifier de simple tant sur le plan esthétique, que technique. Selon Christian Andresen directeur du design chez Fritz Hansen, « il s’agit d’un beau fauteuil lounge, élancé et contemporain, très en phase avec notre époque ». Difficile donc, de dater cet ovni scandinave aux courbes actuelles. Pourtant, cette souplesse visuelle tient de l'une des grandes révolutions design de l’époque moderne : la bois courbé. Un procédé nouveau à l'époque, qui inspira à n’en pas douter le créateur, jusqu’à devenir le principal parti-pris de son assise. En découle une pièce très sculpturale et légère dont l'impression renforcée par la finesse des pieds offre une structure presque flottante. « Une conception radicale, explique le fils de designer, Thomas Kjærholm, fait d'une coque coupée en deux puis courbée. Il s’agit également de tout montrer, de ne pas cacher la structure derrière un rembourrage, de faire voir la manière dont la coque est maintenue par le support métallique. »

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Un produit qui ouvre le spectre créatif de Fritz Hansen

« Chez Fritz Hansen, nous avons été très protecteurs de l’héritage de Kjærholm, avec le désir de maintenir une certaine limite autour de la collection. Aujourd’hui, nous avons commencé à l’élargir et à mettre en lumière le fait qu’il était un designer aux multiples facettes » déclare Christian Andresen, dont la marque gère l'héritage du designer depuis 1982. « Poul Kjærholm a longtemps été reconnu pour ses meubles en acier immaculé, un ensemble d’œuvres qui étaient exclusives et presque raréfiées. Aujourd’hui, avec ses enfants, Thomas et Krestine, nous réalisons qu’il existe une partie de l’histoire de Kjærholm faite de produits plus faciles, qui auraient pu être tout aussi durables s’ils n’étaient pas tombés dans l’oubli. » Une époque sur le point de connaître elle aussi son heure de gloire grâce au PK23.

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Rédigé par 
Tom Dufreix

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26/1/2026
Domus, l’art d’habiter selon Ginori 1735 et Luca Nichetto

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« Weight of Light » : la seconde exposition du Modulnova Art Project

Jusqu’au 15 février 2026, le showroom parisien de Modulnova accueille l’exposition photographique « Weight of Light » dédiée au travail de Renato D’Agostin. À travers dix-sept clichés argentiques, l’artiste vénitien dialogue avec l’univers de la marque italienne autour de la lumière.

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À l’occasion de Maison & Objet, Technogym présentait Sand Stone, une collection inédite qui renouvelle les codes du design des espaces bien-être haut de gamme. Dévoilée au cœur du salon parisien, cette nouvelle ligne incarne une approche où esthétique, innovation et reconnexion à la nature dessinent une nouvelle ère du Wellness Luxury Living.

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Et cette cohérence de langage se prolonge jusque dans le choix des matériaux. Les coques Speckled Stone, enrichies de mica naturel et de composants recyclés, évoquent la pierre authentique. Les structures Warm Titanium apportent une dimension technologique et contemporaine, tandis que les surfaces tactiles en finition Clay et les éléments en bois de hêtre et de frêne renforcent la dimension sensorielle et organique de l’ensemble.

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©14Septembre Mobilier national


Des objets aux références culturelles multiples

« Lorsque je suis allé au Japon, j’ai remarqué que les Japonais utilisent souvent les caisses de bouteilles pour s’asseoir dans la rue ou comme tables. L’idée des rangements KOFFR, mi-table,mi-tabouret, réalisés avec Lllast, vient de là, de ce mode de vie », explique Florent Coirier. Car au-delà des questions d’artisanat et de technique, les créations traduisent surtout un lien discret mais profond avec la culture japonaise. La manufacture Mori Seimenjo et le Studio BehaghelFoiny à l'origine d'une veste d'intérieur,d'un lit transformable en pouf et d'un plaid, ont ainsi choisi les couleurs des pièces selon les espèces de fleurs endémiques de l’île d'Izu. Un clin d’œil à la fois culturel et environnemental. Cette attention se retrouve aussi dans les travaux d’Hanako Stubbe menés avec la manufacture Domyo, dont les panneaux décoratifs muraux s’inspirent de symboles japonais tels que Taiyō, le soleil, source de vitalité ; Moss, la mousse, évoquant douceur et sérénité ; ou encore Sakura, le cerisier. Un parti-pris visuel fort, et différent de sa collaboration avec la maison familiale Maekawa Inden, où le cuir laqué est traité de manière plus sobre,invitant à l’introspection.
En complément, l'exposition invite aussi les visiteurs à aborder une autre facette tout aussi connue du Japon : ses boissons. Réalisés par les manufactures Glass-Labet Kimoto Glass Tokyo, deux styles de verres rendent, chacun à leur manière, hommage au saké et au thé par le biais de nouvelles textures et des nouvelles formes.


À noter qu'une sélection de produits issus des précédentes éditions est en vente au sein du concept store HIS, 2 rue du Renard, dans le quatrième arrondissement de Paris, jusqu'au 4 février.

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