Grands Prix de la création 2021
Lily Alcaraz et Léa Berlier, lauréates Grands Prix de la Création, Métiers d'art. " Levant "© Damien Arlettaz

Grands Prix de la création 2021

Lily Alcaraz et Léa Berlier, lauréates Grands Prix de la Création, Métiers d'art. " Levant "© Damien Arlettaz


Les Grands Prix de la création 2021 de la ville de Paris ont été remis le 14 septembre 2021 dans les salons majestueux de la Mairie de Paris. Sur la scène, se sont succédés, émus, les lauréats après un discours bienveillant de Olivia Polski, l’adjointe à la Maire de Paris, en charge du commerce, de l’artisanat, des professions libérales et des métiers d’art et mode.

Trois personnalités ont été invitées à présider les jurys : Laura Gonzalez pour les métiers d’art, Amélie Pichard pour la mode et Sam Baron pour le design.

Catégorie Design, le Talent Emergent a été remis à Studio Samuel Tomatis pour son travail sur le recyclage des algues en bio-matériaux. Le Grand Prix a été remis à Studio Lacoua, où Gregory Lacoua s’exprime depuis plus de dix ans sur le sens de l’objet. Son fauteuil réalisé avec Souchet Inspired Woodwork est un hommage aux savoir-faire dans le mobilier et son distributeur à savon apposé sur les fontaines des jardins publics parisiens imaginé avec le groupe Clef, s’est mis au service d’un futur désirable, raisonné et réversible.

Catégorie mode, ont été récompensés Maitrepierre en Talent Emergent, et JN.MellorClub en Grand Prix/Accessoires.

Catégorie Métiers d’Art, c’est la jeune Lucie Touré qui a reçu le Talent Emergent et Lily Alcazar et Léa Berlier, le Grand Prix.

Designer matière diplômé de LISAA Paris et de l’ENSCI-Les Ateliers, finaliste des Audi Talents Awards et lauréat de la bourse Agora du design, présidée par Erwan Bouroullec en 2017, Samuel Tomatis entre en résidence aux Ateliers de Paris en 2019. Le fil conducteur de ce parcours exemplaire ? Les algues qu’il transforme en matériaux multiples, fins et souples, solides et rigides, 100 % naturels, sans colle ni additif.

Portrait Samuel Tomatis © Matthieu Barani

« J’ai pris conscience des dégâts que pouvaient engendrer les marées vertes en me promenant sur les plages bretonnes. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire en les envisageant non pas comme des déchets mais bien comme un incroyable gisement de matières premières. Cela a guidé tout mon travail étudiant et c’est le coeur de mon métier aujourd’hui » explique Samuel qui est à la fois designer industriel et chercheur en bio matériaux.

Il tisse des liens étroits entre la création et la science. « Je travaille dans des laboratoires mais aussi, pour la mise en forme, de prototypes, avec des artisans », précise-t-il. Ses « découvertes » peuvent être utilisées pour faire du mobilier, des objets destinés à l’espace domestique, des contenants alimentaires, des packagings, des outils pour l’horticulture, des tissages pour le secteur textile, des émaux pour la céramique, des briques pour la construction ou encore des vanneries… Les débouchés sont énormes ! Et c’est pourquoi Samuel envisage de s’associer avec un profil plus juridique afin de pouvoir proposer ses applications à des industriels.

Retrouvez le témoignage de Samuel Tomatis lors des talks Intramuros Paris Design Week en cliquant ici.

Vue de l'exposition ''Agora du design''
Matériau Alga, Samuel Tomatis

Diplômé de l’École Boulle en tapisserie d’ameublement, Grégory Lacoua a débuté sa carrière chez Domeau & Pérès. Prototypiste en tapisserie sellerie, il a alors pour mission de fabriquer les pièces dessinées par des designers comme les frères Bouroullec, Christophe Pillet, matali crasset…

Des questions cependant l’obsèdent.
Qu’est ce qui guide le processus créatif ? Qu’est ce qui rassemble les designers et les rend aussi différents ? Pour essayer d’y répondre, il démissionne et intègre l’ENSCI-Les Ateliers. Diplômé en 2008, il occupe pendant quelques temps, une fonction charnière entre la direction artistique et les entreprises industrielles pour des projets signés Patrick Jouin ou Jean-Marie Massaud. Son studio voit le jour en 2010. Il peut enfin s’exprimer pleinement notamment lors de l’aménagement d’une chapelle dans
le 16e arrondissement de Paris. Une expérience singulière qui lui permet
de se glisser dans un lieu avec une histoire, lui qui est sensible à la notion de patrimoine et d’héritage. Une particularité que l’on retrouve aussi dans son Tabouret… Tapis édité par Ligne Roset : une création qui interroge sur le sens de l’objet, l’étymologie du mot, son histoire. Il a également présenté au jury son travail avec Souchet Inspired Woodwork pour qui il a conçu un fauteuil, hommage à son savoir-faire dans le mobilier.

Il mise aussi sur l’énergie collective avec notamment le distributeur de savon public apposé sur les fontaines des jardins publics parisiens imaginé avec le groupe Clef. Un objet réversible qui illustre l’idée d’un design pour tous et qui est le parfait symbole de la réflexion engagée de Grégory qui se met au service d’un futur désirable et raisonné.

Distributeur Savon public © Laurent Teyssier Collectif CLEF
Souchet Maison, fauteuil en châtaignier

Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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30/1/2026
Les verres du futur Orient-Express réalisés par la cristallerie Moser

Version contemporaine d’un mythe, le premier vaisseau de la marque Orient-Express devrait prendre la mer en avril. A l'approche de cette échéance, son designer, Maxime d’Angeac, dévoile le service de verres qu'il a réalisé avec la cristallerie tchèque Moser.

Présentés au sein de l’exposition « 100 ans d’Art déco » au musée des Arts décoratifs de Paris, les wagons du nouveau train imaginé par Maxime d’Angeac donnent à voir le luxe et les savoir-faire caractéristiques de ce mouvement qui a conquis le monde. C’est dans la continuité de cet hommage à l’Art déco et à la renaissance d’un véritable mythe que le designer français et la cristallerie tchèque Moser présentent Levitation. Destinée à parer les salons des vaisseaux Orient Express Corinthian et Olympian, prévus pour avril 2026 et avril 2027, puis du train Orient Express annoncé fin 2027, cette collection est composée de cinq typologies de contenants : verre à eau, à whisky, à martini, à vin et à highball. Réalisé selon le savoir-faire de la manufacture fondée en 1857, chaque verre a été entièrement soufflé à la main dans des moules en bois. Connue pour son cristal historiquement sans plomb, la cristallerie, membre du Comité Colbert, se distingue également par la présence d’artisans d’exception, notamment dans le collage du verre. Une technique rare qui a permis la réalisation de verres à pied en deux parties.


Des lignes complexes

Débutée en 2023, la collaboration entre Maxime d'Angeac et Moser s’est construite au fil de nombreux échanges, modifications et essais infructueux. Inspirés par les croquis des services historiques de l’Orient Express, les dessins ont considérablement évolué pour aboutir à une collection marquée par une géométrie affirmée et un jeu de contrastes. On y retrouve notamment la combinaison de pieds carrés et massifs, garants de stabilité, et de contenants circulaires. Ces deux formes s’associent avec intelligence, comme en témoigne le profil évasé du verre. Soutenu par un pied dont les arrêtes ont été facettées grâce aux techniques de meulage et de polissage manuels, l'ensemble joue élégamment avec la lumière. Ce façonnage particulièrement visible sur la base se prolonge au niveau de la jointure, offrant au contenant un dégagement à l'origine de l'impression de flottement. Un détail stylistique que l’on retrouve également sur la base des verres à eau, renforçant cette subtile sensation de Levitation.

©masha-kontchakova

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30/1/2026
60 pièces de design ont fait leur entrée au Mobilier national

Dans le cadre de ses campagnes d'acquisitions, le Mobilier national intègre 60 nouvelles pièces à ses collections, et fait la part belle à la céramique.

Pour la cinquième année consécutive, le Mobilier national a dévoilé les créations désignées pour intégrer ses collections. Au nombre de60 cette année, les pièces, toutes des œuvres originales et contemporaines limitées à huit exemplaires maximum, ont été choisies par un jury de professionnels du secteur design. Fruit de 39designers, le corpus 2026 mis à l'honneur pour la créativité de ses formes et de ses matériaux, fait la part belle à la céramique.Représenté sous diverses formes, de la console Coterra signée Alexia Leleu à la Lampe 05 de Stéven Coëffic en passant par le vase Shapes to the sea de Valentin Jager, ce médium jusqu'à maintenant minoritaire lors des dernières campagnes d'acquisitions« correspond à l'élargissement de l'établissement parisien aux Manufactures de Sèvres », explique Hervé Lemoine,directeur du Mobilier national.

Lampe 05 de Stéven Coëffic, console Coterra signée Alexia Leleu et vase Shapes to the sea de Valentin Jager



Un regroupement stratégique

Réunis depuis le 1er janvier 2025 sous le nom des Manufactures nationales, le Mobilier national et la Cité de la céramique – Sèvres & Limoges ont pour but de promouvoir l'excellence des savoir-faire. Qu'il s'agisse de la céramique, mais également des 53 autres métiers d'art exercés au sein de ses ateliers. Un regroupement imaginé comme un pôle stratégique axé sur la formation, la recherche, la création, la valorisation du patrimoine, le soutien à l'écosystème des métiers d'art et enfin le rayonnement international. C'est d'ailleurs dans cette optique que l'institution parisienne souhaite inscrire les campagnes d'acquisitions comme des événement annuels. « Car outre le fait que les collections deviennent inaliénables et incessibles,notre responsabilité est surtout de faire rayonner ces œuvres à travers le monde, que ce soit par le biais d'ambassades ou d'expositions » assure Hervé Lemoine. Intégrer de nouvelles pièces de design au sein de ses collections est donc un moyen pour le Garde-meuble de la France de rester un lieu vivant et ancré dans le présent, mais c'est aussi et surtout une manière de proposer ces pièces d’exceptions au grand public.

Vase Vacuum Platinum de Clément Brazille, Vase EB#18 de Édouard Taufenbach & Bastien Pourtout, Lampe Paravent de Marc Venot
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29/1/2026
Du renouveau chez TipToe

La marque française de design TipToe étend sa collection Pli et dévoile Core, une nouvelle gamme de pièces en inox.

Cinq mois après avoir joliment célébré ses 10 ans à la Ellia Art Gallery en compagnie de dix designers parmi lesquels Wendy Andreu, Julien Renault ou le studio Kann design, TipToe dévoile ses nouveautés 2026. D’abord connue pour avoir imaginée il y a une décennie un module permettant de transformer une surface plane en assise ou en table grâce à un système de serre-joint, la marque s’est ensuite intéressée aux étagères. Une exploration à l’origine de Bracket basé sur le même système fonctionnel, et plus récemment de PLI, une autre gamme réalisée en feuille d’acier pliée. C’est dans la continuité de cette dernière, sortie en 2024, que la marque dévoile PLI SLIM. Si le panel de couleurs reste le même, c’est sur les usages que le studio a avancé. Ainsi, la nouvelle déclinaison présente notamment un rebord discret réduisant le risque de chutes d’objets, mais également de petites accroches sur le dessous rappelant les patères JO, également vendues par TipToe. Toujours disponible en plusieurs longueurs (20, 30, 45 et 60 cm), cette nouvelle gamme reflète un ADN porté sur l’optimisation de la fonction et la robustesse des éléments.

©TipToe

Core : une nouvelle identité

Après une édition marquée par le bleu Klein et une autre plus récente de teintes pastel réalisée en partenariat avec le duo d’architectes Heju, TipToe dévoile Core. Plus qu'une quête de “couleur ”, c’est davantage sur la matérialité de l’objet et ses reflets que la marque s’est penchée. Réalisée en inox brossé, cette finition nouvellement disponible propose une autre approche des trois collections (Serre-joint, Lou et PLI) sur lesquelles on la retrouve. Obtenue par un brossage minutieux et régulier de l’acier, matière première de TipToe, Core évoque un aspect plus industriel. Une édition brute, mais qui, alliée aux surfaces en chêne proposées par la marque, renouvelle l’esthétique du studio.

©TipToe
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29/1/2026
Maison&Objet 2026 : ce qu’il faut en retenir

Maison&Objet 2026 se tenait au Parc des expositions de Villepinte du 15 au 19 janvier 2026. Comme chaque année, nous nous sommes perdus dans ses allées et voici ce qu’il faut en retenir.

Alors que l’événement fêtait son trentième anniversaire, mi-janvier, Maison&Objet demeure l’un des événements importants du design international. Avec pour thématique annuelle Past Reveals Future, le Salon a rassemblé 2 294 marques venues de 148 pays différents. Une vaste représentation toujours largement dominée par la France, mais également les pays limitrophes dont les marchés marquent une croissance de 10%, et 30% pour la Chine. Une multitude d’horizons donc, qui a attiré 92 776 visiteurs.

Particulièrement marquée par un off (Maison&Objet In the City), réjouissant, l’événement central qui s’est tenu comme d’habitude au parc des expositions de Villepinte, s’est cette année différencié des éditions précédentes par le retour d’éditeurs français phares. Malgré l’absence regrettable d’un Design district comme lors de l’édition de septembre, les designers n’étaient pas en reste. C’est donc dans ce très vaste vivier que nous avons repéré quelques créations intéressantes.

Patch de Lucas Zito

Valoriser le processus créatif plus que la forme achevée. C’est l’idée sous-jacente de Patch, une création de Lucas Zito présentée dans la sélection Curatio. Inspirée par la phase de construction, lorsque les structures sont encore apparentes, cette collection de luminaires laisse entrevoir une esthétique brute. Une expressivité qui résulte d’un travail à base de mastic et de ponçage laissant visibles les jonctions entre chaque élément.

Collection Patch de Lucas Zito ©Lucas Zito

BIC©Lamp par Mario Paroli pour Seletti

Voici l’une des créations les plus étonnantes de cette édition : la BIC©Lamp dessinée par Mario Paroli. Fruit de la collaboration entre la marque de stylo et Seletti en hommage à la culture design qui relie Paris et Milan, le luminaire est présenté dans la Seletti Papeterie. Une évocation de petit commerce réinventé dans le goût du Seletti Market, un supermarché inspiré des années 1960 déjà présenté à Milan, Rome puis Londres. Pour l’édition parisienne, le concept décliné dans l’esprit d’un quartier de village, regroupait des pièces connues et de nouvelles collaborations.

BIC©Lamp blue ©Seletti x Mario Paroli

FabBRICK

Fondé en 2018 par l’architecte Clarisse Merlet, le studio français Fab-Bricks présentait ses revêtements muraux issus de textiles revalorisés. Reconnaissables à ses briques très colorées et au toucher caractéristique, chaque élément peut être adapté en fonction du projet. Mais loin de s’arrêter au volet architectural, la marque basée dans le 19e arrondissement de Paris, s’affranchit désormais du format classique au profit de formes plus libres ouvrant la voie à une création davantage tournée vers le monde de l’art.

T60 dégradé paysage ©FabBRICK

La Cut Chair de Brichet-Ziegler pour Pulpo

Avec Industrial Art, une exposition tournée autour de la matière, Pulpo présentait la Cut Chair réalisée par le Studio Brichet-Ziegler. Fabriquée en aluminium, l’assise est réduite à l’essentiel. Simplement soudée et polie, elle est agrémentée d’un coussin en cuir ou en textile simplement vissé. Ni démonstrative ni décorative, elle incarne l’esprit d’Industrial Art, à savoir une esthétique où la technique domine et confère à l’objet une simplicité visuelle.

Cute Chair par le Studio BrichetZiegler pour Pulpo ©Pulpo

La collection Nemea de CMP Design pour Pedrali

Pedrali a profité de sa présence parisienne pour présenter ses collections dans un stand de 160m2 au cœur du hall 3. Parmi les nouveautés, la collection de chaises Nemea, imaginée par CMP design, dont la forme rappelle l'idée de beauté classique façonnée par le temps et l'histoire. L’assise et le dossier sont en contreplaqué tandis que les pieds sont proposés en frêne massif - disponible en 13 coloris - ou en noyer américain avec une structure en aluminium moulé sous pression. À noter que la chaise est disponible en une version avec ou sans accoudoir et avec dossier rembourré.

Chaise Nemea, CMP Design © Pedrali


Le tabouret Grid de 13Desserts par Brichet Ziegler

Pour débuter cette année 2026, la maison d’édition française 13Desserts dévoilait sur son stand le tabouret Grid, fruit de leur première collaboration avec le studio Brichet Ziegler. Un tabouret en fil d’acier chromé, sur roulettes, imaginé pour évoluer dans tous les espaces. Plus qu’un « simple tabouret », Grid est à la fois stable et mobile, fonctionnel et léger, offrant ainsi une dimension sculpturale à cet objet, tout en restant discret.

Tabouret Grid, Brichet Ziegler © 13Desserts


La réédition du fauteuil AA par Marianna Ladreyt

Dans la continuité des premières pièces dévoilées en septembre lors de la Paris Design Week sur son installation "Plastic Glamping" à l'Hôtel d'Albert, Airborne et Marianna Ladreyt présentaient sur le salon de nouvelles versions de cette capsule spéciale. Une réinterprétation du mythique Fauteuil AA, qui conjugue ici héritage  design, expérimentation et fabrication française. Inspirée du vitrail, la technique développée par la designer associe un patchwork transparent scellé sous PVC rigide, filtrant la lumière et projetant des ombres colorées pour un rendu unique. Les pièces sont toutes disponibles à la commande et de futures explorations devraient voir le jour en 2026.

Fauteuil AA, Marianna Ladreyt x Airborne © Maxime Lis
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