La Cité de l'Architecture se prête aux Jeux
Le stade Vélodrome de Marseille ©Véronique Paul

La Cité de l'Architecture se prête aux Jeux

Pour accompagner les festivités sportives de cet été, la cité de l'architecture a inauguré les expositions “Il était une fois les stades” et “Quand la ville se prend aux Jeux”. Deux parcours qui mêleront jusqu’au 16 septembre l'effort et la construction à travers les temps, de l'antiquité à un futur très proche.

Institution architecturale par excellence, le musée du Trocadéro s'inscrit depuis le 20 mars dans la dynamique estivale des Jeux olympiques de Paris 2024. Pour cela, La Cité de l'architecture a décidé de mener de front deux expositions : “Il était une fois les stades” et “Quand la ville se prend aux jeux”. Des déambulations au cœur desquelles le sport s'illustre par le biais de la construction donnant à la célèbre devise latine « Citius, altuis, fortuis » (Plus haut, plus vite, plus fort), une double connotation. Mais c'est aussi une complémentarité symbolique et réflexive que porte l'établissement.

Construit ente 2010 et 2014, le stade Vélodrome de Marseille est identifiable par sa couverture blanche toute en reliefs ©Luc Boégly

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Histoire et techniques architecturales des géants des villes

Principale partie de ce nouveau semestre culturel, “Il était une fois les stades” s'offre comme un livre d'Histoire tourné vers les origines et les souvenirs. En replongeant le visiteur de l'histoire gréco-romaine aux ouvrages d'art des plus grands cabinets d'architecture, l'exposition rappelle la place prépondérante du sport dans les sociétés occidentales.

Le stade de Gerland qui a ouvert ses portes à Lyon en 1926, en allie la symbolique de formes antiques et le modernisme avec une édification en béton armé ©Paris, Cité de l'architecture et du patrimoine, musée des Monuments français

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Pensé en trois temps, le parcours propose d'aborder la démocratisation, la performance et la mondialisation du sport par le prisme de l'architecture. Une découpe didactique qui permet de cerner la dimension sociale de ces lieux réapparus récemment dans nos villes, mais aussi la manière dont les architectes se les sont réappropriés pour répondre aux besoins des populations. Entre images d'archives et maquettes, “Il était une fois les stades” nous propose un autre regard sur ces enceintes sportives et plus largement culturelles auxquelles le journal Le Monde consacrera d'ici l'été une série de podcasts en partenariat avec le musée.

Le stade Charléty situé au sud de Paris et construit entre 1989 et 1994 par Henri et Bruno Gaudin, montre l'évolution architecturale de ces édifices au cours du XXe siècle ©Pascale Lemaître

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Design prospectif et une vision alternative des fanzones

En complément de l’exposition principale, “Quand la ville se prend aux Jeux” pose un regard transversal par le biais d'artistes comme Benedetto Bufalino et Aldo van Eyck ou encore d'étudiants grâce à la 9e édition de Mini Maousse. Ce concours, présidé cette année par Dominique Perrault, met en valeur une vingtaine de maquettes ayant pour thématique commune d'être de mini fanzones nomades. Au-delà de la résonance avec les Jeux olympiques, l'initiative prospective met en exergue la vision architecturale alternative d'une nouvelle génération de créateurs, d'où semblent s'entrecroiser préoccupations environnementales, sociales et esthétiques. Vecteur d'échange, la réalisation gagnante appelée La Navette et réalisée par Martin Lichtig, partira au printemps en direction des quartiers les plus éloignés de la pratique sportive à Saint-Denis, ville partenaire du concours.

La maquette de "La Navette", le projet gagnant du concours de Mini Maousse propose une réinterprétation de la plus petite arène sportive existante, le ring ©Martin Lichtig

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C'est ainsi au cœur géographique de ce qui sera l'un des hauts lieux du sport international en 2024, que la Cité de l'architecture ouvre d'ores et déjà les festivités.

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Ci-dessous, les projets "Box-Out" de Defne Elver, Charlotte Mallet et Andréa Vinzant, ainsi que "Bike Away" de Mathilde Dell'Aera

Rédigé par 
Tom Dufreix

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Pour plus d'informations et s'inscrire c'est ici : https://www.release-aec.com/fr/participer#register

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À Montpellier, Pierre Paulin siège en majesté

Au musée Fabre de Montpellier, l’exposition « Le design selon Pierre Paulin », ouverte jusqu’au 1er novembre, revient sur plus de cinquante ans de création d’un designer qui a fait de la matière le terrain d’une perpétuelle expérimentation.

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Des courbes, de la couleur et des formes, toujours. Mais cette fois-ci, c’est au design que le musée Fabre de Montpellier consacre son espace d’exposition temporaire. Avec « Le design selon Pierre Paulin », l’institution revient, jusqu’au 1er novembre, sur plus de 50 ans de création d’un designer obsédé par la forme. Un créateur qui n’a cessé de repousser les limites de l’assise pour donner corps à certaines des silhouettes les plus iconiques du XXe siècle. Influencé par son grand-oncle maternel, Frédy Balthazar Stoll, sculpteur formé dans l’atelier de Rodin, et son oncle paternel, Georges Paulin, designer automobile à qui l’on doit notamment l’invention du système Éclipse – permettant au toit des véhicules de se rabattre dans le coffre –, Paulin tire deux grandes lignes : la forme et le fonctionnalisme. Une pensée moderniste que l’étudiant en architecture intérieure au Centre d’art et des techniques (aujourd’hui Camondo) retrouve dans les travaux de l’entre-deux-guerres signés Charlotte Perriand ou Jean Prouvé, qu’il admire. De cette influence naît le fauteuil Première réalisation. Une assise imaginée comme un prototype, mais qui révèle déjà des facultés certaines pour la conception et le pousse à réaliser ses premières pièces inspirées par la Scandinavie, où il séjourne en 1951. Rapidement édité par Thonet Frères et Meubles TV, puis exposé au Salon des arts ménagers en 1953, le designer s’engage dans une voie moderniste, troquant la géométrie nordique pour les formes organiques.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Naissance de l’esthétique Paulin

Loin des ensembliers qui avaient révolutionné la première moitié du XXe siècle, Paulin appartient à la seconde moitié du siècle, celle de l’industrie. L’arrivée de nouvelles fibres, dont le jersey, textile souple et élastique symbole de la révolution industrielle des années 1960, lui ouvre de nouvelles possibilités. Il imagine alors de nouvelles formes. Parmi elles, le Groovy et le Mushroom marquent cette décennie et lui confèrent l’image d’une époque colorée, notamment grâce à des figures comme Kho Kiang Ie, directeur artistique d’Artifort, ou le designer textile américain Jack Lenor Larsen, avec qui Paulin développe un nouveau langage. Un dialecte à part sur la scène du design qui lui vaut d’entrer au MoMA en 1969 – trois ans après avoir contribué au lancement de l’ARC initié par Jean Coural – grâce au F300 et à la Tongue Chair. Une assise si basse dont on lui avait dit qu’elle ne pourrait être commercialisée. Elle deviendra pourtant l’un des grands succès du designer, pour qui la hauteur de l’assise influe sur les échanges humains au sein d’un même lieu.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Ce rapport à l’espace, Paulin l’aborde également avec une structure mobile développée pour les salons. Bien des années plus tard, cette réflexion l’amène jusqu’aux appartements privés de l’Élysée, où il conçoit le célèbre fumoir du couple Pompidou. Une réalisation emblématique de son talent que le designer tentera d’exporter outre-Atlantique avec une collaboration avec Herman Miller et le développement du concept d’open loft. Un projet tombé à l’eau, sans doute trop précurseur à l’aube des années 1970.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Un design marqué par les innovations

De l’artisanat au concept du déhoussable, en passant par les structures exosquelettes des fauteuils Vague ou de la table Cathédrale, Paulin n’aura eu de cesse d’entremêler les concepts, les innovations et les styles. Et ce, jusqu’à revenir, vers la fin de sa vie, à une esthétique Art déco valorisant la géométrie. En témoignent encore aujourd’hui les tapis abrités par le Conseil économique et social de Paris, basés initialement sur les plans du concours remporté par Buren au Palais-Royal, ou le bureau dessiné pour François Mitterrand. Une remise en question perpétuelle de son travail qu’il poursuivra jusqu’à la fin, avec Ligne Roset ou Magis.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

De ses premières assises aux pièces devenues iconiques, l’exposition raconte la carrière d’un homme qui avait fait du design une matière à penser. L’occasion de redécouvrir – et d’essayer – certaines des silhouettes les plus célèbres du XXe siècle, façonnées par un esprit qui n’a cessé de réinterpréter ses dessins pour qu’à travers eux se lise une histoire moderne.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre
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8/10/2026
Edgar Jayet retapisse le design industriel pour la Villa Médicis

Pour la Villa Médicis, le designer Edgar Jayet livre trois fauteuils Tapestry. Une réinterprétation du Swivel de la maison d’édition danoise Vipp, retapissé d’un jacquard paysagé.

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S’il existe une place qui, parmi plus que nulle autre, a traversé les époques pour garantir à la création un lieu d’expression, c’est la Villa Médicis. Fondée en 1666 par Louis XIV, l’institution française bâtie sur les hauteurs de Rome accueille depuis 2022 le programme « Réenchanter la Villa ». Entamée par India Madhavi, cette nouvelle campagne de rénovation se poursuit aujourd’hui avec les appartements des pensionnaires. Et c’est au numéro 10 que l’architecte et directeur artistique Edgar Jayet présente « Tapestry ». Derrière ce nom, une typologie que le designer considère « comme ce qui est un peu le nouveau chevalet de l’artiste » : la chaise de bureau. « Nous nous sommes intéressés à elle car c’est une pièce essentielle mais, à mon sens, souvent décevante en termes de design, de conception. Je suis donc rentré en contact avec l’éditeur danois Vipp pour y chercher la Swivel chair que j’adore. » Une assise pivotante au design industriel mais surtout à la hauteur du lieu, selon le prescripteur.

Fauteuil Tespetry, design Edgar Jayet © VIPP

Un style néo-éclectique

Fidèle à une certaine vision très « dix-neuviémiste » de l’ameublement, Edgar Jayet a souhaité introduire dans ce projet un pont entre les époques et les styles. « Je me suis interrogé sur ce qu’était l’opposé d’un design industriel et je suis tombé sur la tapisserie. Un élément qui ramène à la naissance des Arts décoratifs, au Moyen Âge, à la Renaissance, à la manufacture des Gobelins… » Une réflexion qui amène alors le designer à sélectionner un jacquard au style forestier de chez Schumacher. « La ligne d’horizon, le feuillage… Pour moi, la notion de paysage intérieur est essentielle dans un atelier d’artiste. C’est une ouverture vers l’extérieur qui fait écho, dans notre cas, au jardin de la Villa Médicis », détaille le designer, marqué par l’ambiance néo-médiévale émanant des chaises tapissées de sa grand-mère. Grâce au métrage relativement long, les trois assises de la Villa se complètent sans que le motif ne se répète et offrent ainsi à l’espace une complémentarité stylistique.

Fauteuil Tespestry, design Edgar Jayet © VIPP

Un projet à acquérir

Imaginé à l’origine pour l’institution romaine, le fauteuil Tapestry sera également disponible à la vente à partir du mois de janvier. Avec ses 50 pièces, cette collection capsule s’inscrit dans la volonté plus globale de la maison d’édition danoise de développer des collaborations bespoke autour de leur best-seller : la Swivel. L’occasion de s’offrir un petit morceau de la Villa et de connecter, comme elle, les époques par le prisme du design.

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