Lafuma Mobilier : “Nos clients cherchent du mobilier pérenne”
Chaises et table de la collection Balcony, Lafuma Mobilier 2023 © Pierrick Verny

Lafuma Mobilier : “Nos clients cherchent du mobilier pérenne”

Parmi les acteurs français de l’outdoor, Lafuma Mobilier s’est distingué ces dix dernières années en opérant un repositionnement de ses gammes. Après avoir repris les rênes de l’entreprise en 2014, Arnaud du Mesnil a construit avec ses équipes une stratégie de développement fondée sur ces convictions : miser sur la valorisation d’une fabrication française et sur la valeur apportée par le design, en perfectionnant le style et le confort, en travaillant en interne ou en faisant appel à des designers externes comme Big Game. L’entreprise est présente sur les deux marchés, particulier et contract, et n’hésite pas à « sortir » du cadre avec des collections capsules. Le studio de design interne et Baptiste Neltner, directeur du marketing et des collections nous partagent leur vision du secteur de l’outdoor.


Retrouvez notre dossier spécial outdoor dans le numéro 215 d’Intramuros.

Comment avez-vous vu évoluer le marché de l’outdoor ces dix dernières années ?

La dernière décennie a été marquée par un engouement fort pour les espaces extérieurs qui ont été aménagés comme de véritables pièces de vie à part entière. La crise COVID, accompagnée d’un besoin vital de se ressourcer chez soi, a encore accentué cette tendance avec la création d’espaces complets : balcon, repas, lounge et bord de piscine. On a vu aussi beaucoup de personnes migrer vers la campagne avec des habitations plus grandes et des envies de produits plus généreux et plus confortables, mais aussi plus respectueux de l’environnement.

Des nouveaux segments sont-ils apparus ?

Plus que de nouveaux segments, on remarque la prise de conscience des enjeux environnementaux par nos clients et leur volonté de faire durer leur mobilier. Ils cherchent des pièces pérennes au design intemporel. Ils sont de plus en plus attentifs aux lieux de fabrication et à l’impact carbone de leur achat. Par ailleurs, avec la pression immobilière, on constate que les terrasses se densifient avec un besoin croissant en petits formats.

Maxi Transat Plus, Lafuma Mobilier 2023 © Pierrick Verny

Quelles évolutions dans les attentes des consommateurs/usagers constatez-vous ?

L’écoconception et la durabilité des matériaux sont pour nous des axes majeurs de développement tant en France qu’à l’international. Nos clients ne veulent plus de produits « jetables ». Ils sont nombreux à nous acheter des pièces de rechange dont notre gamme s’étoffe année après année.

Que constatez-vous en termes d’acteurs du secteur ? Cela a-t-il modifié votre positionnement ?

Lafuma Mobilier étant déjà un acteur majeur du mobilier durable, tant du point de vue de la qualité produit (garantie 5 ans) que de l’impact environnemental (produits écoconçus, sourcing 100% local, réparabilité), ces tendances de fond nous ont plutôt confortés dans nos choix et nous poussent à aller encore plus loin.

Transabed, Lafuma Mobilier 2023 © Pierrick Verny
Chaises A propos, Nationale 7 Lafuma Mobilier, 2022 © Pierrick Verny

Cela a-t-il  modifié vos process de production ?

Pas particulièrement. Nous améliorons en continu nos process de fabrication avec des investissements réguliers afin de réduire encore notre impact environnemental. En parallèle, nous cherchons à proposer plus que du mobilier outdoor en travaillant sur des solutions complètes de proximité pour nos clients. Aujourd’hui, nous nous positionnons comme producteur local et responsable de référence.

Comment avez-vous été impactés par le Covid ?

Cette période a été très complexe avec une très forte demande qu’il fallait servir rapidement sachant que des tensions importantes sur les approvisionnements nous obligeaient quasiment à travailler au jour le jour. Nos équipes ont été exemplaires et particulièrement réactives.

Table de jardin Oron, Lafuma Mobilier 2022 © Pierrick Verny

Avez-vous une équipe de design intégrée ?

Nous avons une équipe de Design & Style intégrée au service Collections & Marketing. Tout est pensé et conçu dans nos ateliers de production à Anneyron (26) et dans l’Ain (01).  Nous avons placé le Bureau d’études au centre de tous les services, comme une mini-usine, afin de placer le produit et la R&D au cœur de nos réflexions.

Que vous apportent des collaborations avec des designers externes ?

Nous travaillons nos messages et notre storytelling saisonnier avec des agences de communication partenaires qui nous apportent un autre regard sur notre marque et nos collections. C’est une prise de recul bénéfique qui nous permet de toujours nous positionner à la place de nos clients et de trouver la bonne manière de faire savoir qui nous sommes et ce que nous fabriquons.

Avez-vous monté des opérations spéciales ?

Nous avons fait de nombreuses collaborations, comme le maroquinier français Bleu de Chauffe ou encore avec la maison Jean-Paul Gaultier, emblème de la mode française. Nous avons aussi lancé de nombreux concours ou partenariats avec des acteurs du made in France aux valeurs similaires aux nôtres, qui nous ont permis de faire connaitre notre expertise et notre savoir-faire français d’excellence (label EPV obtenu en 2021). Les retombées sont multiples tant en print qu’en digital, avec un engouement véritable pour notre démarche d’écoconception sincère et transparente.

Chaises A propos, Nationale 7 Lafuma Mobilier, 2022 © Pierrick Verny
Table de jardin Oron, Lafuma Mobilier 2022 © Pierrick Verny

Quelles évolutions majeures voyez-vous dans la conception?

Sans surprise, on constate que les basiques du métier restent des piliers de la conception. Les phases de sketches, modélisation et prototypage structurent vraiment notre réflexion, mais il est vrai que l’impression 3D a pris une place importante et nous permet de gagner en efficacité et en précision. La réalité augmentée nous aide aussi à projeter nos modèles dans les environnements de nos clients et conforter leur choix.

Vous annoncez un positionnement fort en terme de RSE ?

Nous travaillons intégralement avec des matériaux sourcés et transformés localement en France ou dans les pays limitrophes pour limiter nos émissions de CO2, ainsi que pour garantir une maîtrise de la qualité et une durabilité maximum de nos gammes.

Sur le plan des matériaux, nos aciers comportent jusqu’à 75 % de matière recyclée, notre aluminium 80 %, nos plastiques 17 % et nos cartons 100 % avec des cales en mousse faites à partir de filets de pêche recyclés. Nos nouveaux tapis sont issus du recyclage de bouteilles plastiques PET recyclées, et nous avons mis en place il y a 2 ans une collection 100 % upcyclée, appelée Nationale 7 par Lafuma Mobilier.

Notre production respecte les standards les plus stricts en terme de rejets de polluants. Enfin, nous menons une politique de réduction drastique de nos déchets en production avec de nombreux projets internes de réutilisation/revalorisation.

Comment travaillez-vous avec les prescripteurs?

Nous travaillons le plus souvent en direct avec nos clients que notre équipe de designers d’espace intégrée accompagne dans la réalisation du projet. Nous sommes capables de suivre nos partenaires des moodboards jusqu’à la réalisation des plans complets d’aménagement. Nous avons récemment travaillé avec Christele Ageorges avec nos petits pliants cuir issus de notre collaboration avec Bleu de Chauffe qu’elle a sélectionné pour la Manufacture Royale de Lectoure. Un projet incroyable !

Chaises et table de la collection Balcony, Lafuma Mobilier 2023 © Pierrick Verny

Quels axes de recherche & développement sont pour vous incontournables ?


L’enjeu principal et majeur pour le secteur est le contrôle et la réduction de son impact environnemental :

  • Limiter notre consommation en travaillant la durabilité des produits et leur réparabilité
  • Continuer à travailler avec des fournisseurs proches de notre lieu de fabrication pour limiter les émissions de C02
  • S’engager sur la qualité des matériaux et leur résistance  et qu’ils nécessitent peu d’entretien pour l’utilisateur
  • Travailler la recyclabilité des produits et leur traitement en fin de vie

Quelles évolutions des usages percevez-vous ?

La multifonctionnalité des produits avec en particularité le développement des usages in & outdoor est une évolution importante.

Le repas reste l’achat de référence sur le marché avec deux types d’offre : une première, très compacte, que nous adressons avec notre gamme Balcony et une seconde plus généreuse et représentée par notre gamme Oron. En parallèle, on constate un développement fort du segment lounge que nous travaillons activement.

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13/3/2026
Collectible design : retour sur les découvertes bruxelloises marquantes

À Bruxelles, la foire Collectible Design s’impose comme l’un des rendez-vous majeurs du design contemporain. Dédiée à la création du XXIᵉ siècle, elle explore les frontières entre pièce fonctionnelle et objet de collection. Des expérimentations matérielles aux réinterprétations artisanales en passant par les recherches structurelles, retour sur quelques découvertes marquantes de cette nouvelle édition qui se tient du 12 au 15 mars 2026 à l'espace Vanderborght et dans quelques galeries.

Idéalement située au cœur de l’Europe, Bruxelles s’est imposée comme un carrefour du design international. Outre ses nombreuses galeries et ses rues pavées d’ateliers, la capitale belge accueille chaque année la foire Collectible Design, devenue l’une des nouvelles grandes messes du design contemporain. Rassemblant principalement des acteurs européens, cet événement consacré au design du XXIᵉ siècle tisse des liens entre objet fonctionnel et pièce de collection, incarnant une approche aujourd’hui indissociable : le collectible design.

Pour cette nouvelle édition, le salon affirme une ligne curatoriale fondée sur la confrontation des savoir-faire et des gestes créatifs en constante réinvention. Souvent incarnée par une certaine radicalité formelle ou matérielle, cette rencontre se déploie à tous les étages de l’Espace Vanderborght réparti en différentes sections. MAIN rassemble ainsi des galeries internationales autour de pièces majeures du design contemporain, tandis que BESPOKE offre une plateforme aux studios indépendants pour dévoiler des créations exclusives. NEW GARDE met quant à elle en lumière de jeunes galeries, collectifs et project spaces, là où ARCHITECT <=> DESIGNER souligne le rôle des architectes dans la conception du mobilier.

Nouvelle venue en 2026, la section TABLESCAPES explore l’art de la table comme espace de design et de sociabilité. Une manière de rappeler que le contemporain ne renvoie pas à une seule manière de penser ou de produire. La preuve également avec CURATED, un espace imaginé cette année par la curatrice Marine Mimouni autour du thème Echoes of Use. Un corpus riche en surprises et en découvertes, porté par une volonté de produire des objets esthétiques et souvent en résonnance avec les enjeux de notre époque.

Intramuros revient ici sur quelques pièces marquantes découvertes lors d’une déambulation frénétique et inspirante.

Studio Skipt chez Galerie Casa Sòler (France)

Fondé en 2020 à Argenteuil par Josselin Gerval, Baptiste Lavigne et Paul Lossent, le studio Skipt se distingue par une approche exploratoire du territoire. Exclusivement récupérés dans la proche banlieue parisienne où se situe l’atelier, les matériaux sont assemblés de manière instinctive, donnant naissance à un design à la fois futuriste et frugal. Présentées pour la première fois, les deux pièces s’inspirent du tabouret d’horloger et de la chaise de laboratoire BAO, renommée ici AOB. Ces réinterprétations constituent les premières typologies d’une collection plus étendue où devraient fusionner matériaux du quotidien et artisanat numérique. Une association à laquelle le studio consacre une part croissante de sa recherche depuis deux ans.

©Skipt

Altherr chez Second Nature Projects (Suisse)

La collection Succession est née lorsque les designers ont récupéré un lot d’anciens éclairages du tertiaire destinés à être jetés. C’est cette idée de seconde vie qui a donné son nom à la série, dont les pièces conservent encore les stigmates de leur existence passée : vis, pattes d’encastrement ou traces d’usage. Sorte de readymade contemporain, ces modules industriels sont transformés en objets minimalistes et sculpturaux. Ravivées par des couleurs vives issues du secteur automobile, ces modules développent une dimension presque totémique. L'équilibre entre leur ancienne fonction, symbole d’un cycle de consommation, et leur nouveau statut d’objet de collection éclaire la puissance du détournement.

©Lorenz Cugini

Arnaud Eubelens chez Kammer Gallery (Belgique)

Basé sur l’utilisation exclusive de matériaux glanés dans l’espace urbain, le travail du designer belge Arnaud Eubelen donne naissance à des pièces uniques souvent marquées par une esthétique inspirée des années 1970. Cette référence se retrouve notamment dans la structure visible et mobile de son fauteuil qui offre plusieurs positions à l’utilisateur. L’assemblage repose sur des éléments simples — tiges filetées et boulons — seuls composants neufs du projet. Cette construction filaire et légère s’inscrit dans une réflexion sur la durabilité et la réparabilité du mobilier. Présenté pour la première fois, ce fauteuil à l’apparence brute évoque certains mouvements pionniers du design moderne.

©Arnaud Eubelen

John Sterck (Belgique)

Fidèle à une approche qui part souvent d’une expérience radicale, le designer John Sterck entame ici un dialogue entre la forme, la fonction et la typologie. Artema est de fait une lampe pensée pour s’adapter à l’espace. Dotée de trois pieds en aluminium souple et surmontée d’un simple abat-jour en origami issu d'une feuille format A3, cette création aux allures insectoïdes se veut pérenne. Son adaptabilité aux espaces et interchangeabilité de l'abat-jour en témoignent. Une réflexion sociale et démocratique où la simplicité va de pair avec l’accessibilité.

©John Sterck

Max Milà Serra chez Vasto (Espagne)

Inspiré à la fois par la nature et par les structures issues de l’ingénierie, le designer Max Milà Serra joue sur les changements d’échelle pour développer un univers quasi-scientifique. Fasciné par les limites structurelles, il conçoit ses luminaires, dont Grimshaw, comme de petites architectures prospectives. En miniaturisant ce qui est habituellement monumental, il fait ressortir les câbles, les articulations et les composants habituellement dissimulés. Une sorte de mise en scène poétique (et à certains égards robotoque) des forces physiques qui structurent notre quotidien.

©Maria Baños

Dans la section Curated

1.1 Side Table par Silvia Sukopova (Slovaquie)

Il est bien plus simple de modifier l’échelle d’un objet dans un environnement numérique que dans la réalité. Ce constat est au cœur de la 1.1 Collection qui explore les liens entre l'impression 3D et les matérialités. Pour cette pièce, elle est partie d’un jouet d’enfant agrandi jusqu’à atteindre la taille classique d’un meuble. Ce changement d’échelle révèle les déformations et axes de construction de l’objet miniature. Transformé en un archétype géant, le guéridon adopte une forme légèrement déséquilibrée, presque tordue, qui obligatoirement interroge l'utilisateur. Un sentiment renforcé par le choix d'une surface feutrée obtenue par projection électrostatique de fibres.

©Jakub Michal Teringa

Invert Sofa par Alan Prekop et Sebastian Komacek (Slovaquie)

Habitué à travailler l’acier inoxydable comme élément structurel, le duo propose ici une approche radicale : extraire la structure interne pour en faire l'élément visuel principal. Une idée survenue après une mauvaise opération de cintrage ayant entrainée des plis sur les tubes. Ici le coussin en latex ne soutien plus le corps humain mais épouse la forme de l'assise passant du rôle d'élément de confort au rôle de fondation. Une inversion qui fait évidemment perdre à l’assise un peu de son confort, mais au profit d'une nouvelle dimension émotionnelle. À travers ce dialogue, INVERT explore la tension entre la matière et le sens.

©Alan Prekop and Sebastian Komacek

Flare 09 par Studio Douze Degrés (France)

Initialement inspirée d’une scénographie conçue à partir de lentilles optiques pour un concert du label Cercle, la lampe Flare - disponible en format à poser ou lampadaire - évolue aujourd’hui vers une version mobile : Flare 09. Cette déclinaison conceptuelle reprend les éléments constitutifs de la première proposition mais en change l’échelle en multipliant les modules. Plus clairement inscrite dans le champ du collectible design, cet ovni très scénographique invite à ralentir le temps au rythme de la réduction des bougies et des halos lumineux. Le projet est auto-édité est réalisé avec le savoir-faire d’une des rares usines encore spécialisées dans la fabrication de lentilles optiques sur mesure.

©Studio Douze Degrès

Crown of Thorns Stool par Benjamin Graham (États-Unis)

Inventée en Europe du Nord, la technique dite de la couronne d’épines permet l’assemblage de carrelets de bois selon un principe modulaire sans fixation. Presque disparue aujourd’hui, elle est remise à l’honneur par le designer. Formé à cette technique par un artisan du Colorado, il s’est intéressé à la transposition du treillis qu’elle forme pour l'amener dans le champ du design contemporain. Ce travail de recherche a donné naissance à un tabouret composé de 465 éléments, auquel s’est ensuite ajoutée une table basse en verre. Au-delà de la valorisation d’un savoir-faire traditionnel, la pièce démontre comment la réarticulation de deux matériaux peut transformer radicalement l’esthétique d’une composition.

©Benjamin Graham

Shelf3000 Light par Franz Ehn (Autriche)

Interprétation minimaliste de la typologie de l’étagère, cette pièce issue de la série 3000 a été imaginée comme un témoin silencieux de notre époque. Le verre trempé permet à la structure de s’effacer au profit de l’acier, à la fois matière structurelle et ornementale. Les objets ne sont plus dissimulés mais mis en scène. Le paradigme décoratif évolue pour laisser l’étagère devenir un dispositif qui révèle ce qu’elle accueille plutôt qu’un meuble dissimulateur qui s’impose visuellement.

©Franz Ehn

Dans la section Tablescapes

Studio DO (Belgique)

Fondé à Anvers par Dana Seachuga et Octave Vandeweghe, le studio développe une approche brute et intemporelle. Son travail propose ici un dialogue direct entre arts de la table et histoire de la sculpture sur pierre. Les pièces — gobelets, carafes, tables de cocktail ou assiettes — naissent de fragments architecturaux récupérés comme des pavés, des appuis de fenêtres en pierre bleue ou des éléments décoratifs abandonnés. Ces modules fonctionnels, mais souvent invisibilisés dans l’architecture, retrouvent une nouvelle vie grâce à des interventions minimales comme le sciage ou le perçage. Des opérations qui peuvent évoquer les vestiges d’un paysage romantique.

©Studio DO

In Layers par OOG Objects (Pologne)

La collection In Layers repose sur une exploration du verre par superposition de strates. Basée à Cracovie, Alicja Hajkowicz-Rudzka développe une identité fortement liée au processus. Plusieurs bulles de verre soufflé sont formées séparément puis assemblées à chaud, sans colle ni fixation, grâce au travail simultané de quatre artisans. Le verre opalin choisi permet de rendre visibles distinctement les différentes couches de l'objet. Ainsi, les volumes se superposent structurellement et visuellement, révélant l’irrégularité des formes et la densité du matériau.

©OOG Objects

Persona par Mila Zila (République tchèque)

Basée en République tchèque, la designer et artiste Ludmila Zilkova explore le verre comme matériau sculptural, à la frontière entre collectible design et art contemporain. Dans cette série, elle transforme des objets du quotidien comme des vases, des couverts, ou des verres en formes expressives. Les propriétés physiques du matériau jouent un rôle central permettant à la gravité de former comme déformer chaque pièce en fonction de la viscosité et chaleur. L'objet devient ainsi le résultat d’un dialogue entre transformation matérielle, identité et tradition verrière locale.

©Mila Zila

L'exposition est visible à l'espace Vanderborght du 12 au 15 mars 2026, Rue de l'Ecuyer 50. Bruxelles 1000. Belgique.

INVERT s’articule autour d’une inversion conceptuelle : le coussin, généralement symbole de douceur et de confort, devient l’élément structurel principal.
Le coussin soutient et définit la forme de l'objet, tandis qu'un cadre en acier inoxydable élégamment courbé, façonné sous pression, épouse la silhouette naturelle du corps assis.
À travers ce dialogue, INVERT explore la tension entre la matière et le sens.
Le matériau robuste et structurel devient le vecteur du confort, tandis que l’élément moelleux endosse le rôle de fondation.
En démantelant les stéréotypes établis, INVERT redéfinit les frontières entre structure et douceur, force et intimité, utilité et émotion.

©Alan Prekop and Sebastian Komacek

Flare 09 par Studio Douze Degrés (France)

Initialement inspirée d’une scénographie conçue à partir de lentilles optiques pour un concert du label Cercle, la lampe Flare évolue aujourd’hui vers une nouvelle version mobile : Flare 09. Cette variation conceptuelle reprend les éléments constitutifs de la première pièce mais en change l’échelle en multipliant les modules. Plus clairement inscrite dans le champ du collectible design, elle prolonge l’identité du studio. Le projet est auto-édité et réalisé avec le savoir-faire d’une des rares usines spécialisées dans la fabrication de lentilles optiques sur mesure.

©Studio Douze Degrès

Crown of Thorns Stool par Benjamin Graham (États-Unis)

Inventée en Europe du Nord, la technique dite de la couronne d’épines permet l’assemblage de carrelets de bois selon un principe modulaire sans fixation. Presque disparue aujourd’hui, elle est remise à l’honneur par le designer Benjamin Graham. Formé à cette technique par un artisan du Colorado, il s’est intéressé à la transposition du treillis qu’elle forme dans le design contemporain. Ce travail de recherche a donné naissance à un tabouret composé de 465 éléments, auquel s’est ensuite ajoutée une table basse en verre. Au-delà de la valorisation d’un savoir-faire traditionnel, la pièce démontre comment la réarticulation de deux matériaux peut transformer radicalement l’esthétique d’une composition.

©Benjamin Graham

Shelf3000 Light par Franz Ehn (Autriche)

Interprétation minimaliste de la typologie de l’étagère, cette pièce issue de la série 3000 a été imaginée comme un témoin silencieux. Le verre trempé permet à la structure de s’effacer au profit de l’acier, à la fois structurel et ornemental. Les objets ne sont plus dissimulés mais mis en scène. Le paradigme décoratif évolue : l’étagère devient un dispositif qui révèle ce qu’elle accueille plutôt qu’un meuble qui s’impose visuellement.

©Franz Ehn

Dans la section Tablescapes

Studio DO (Belgique)

Fondé à Anvers par Dana Seachuga et Octave Vandeweghe, le studio développe une approche brute et intemporelle. Son travail propose ici un dialogue direct entre arts de la table et histoire de la sculpture sur pierre. Les pièces — gobelets, carafes, tables de cocktail ou assiettes — naissent de fragments architecturaux récupérés : pavés, appuis de fenêtres en pierre bleue ou éléments décoratifs abandonnés. Ces modules fonctionnels, souvent invisibilisés dans l’architecture, retrouvent une nouvelle vie grâce à des interventions minimales comme le sciage ou le perçage. Le résultat évoque les vestiges d’un paysage romantique.

©Studio DO

In Layers par OOG Objects (Pologne)

La collection In Layers repose sur une exploration du verre par superposition de strates. Basée à Cracovie, Alicja Hajkowicz-Rudzka développe une identité fortement liée au processus. Plusieurs bulles de verre soufflé sont formées séparément puis assemblées à chaud — sans colle ni fixation — grâce au travail simultané de quatre artisans. Le verre opalin choisi permet de rendre visibles les différentes couches du matériau. Les volumes se superposent structurellement et visuellement, révélant l’irrégularité des formes et la densité du matériau.

©OOG Objects

Persona par Mila Zila (République tchèque)

Basée en République tchèque, la designer et artiste Ludmila Zilkova explore le verre comme matériau sculptural, à la frontière entre collectible design et art contemporain. Dans la série Persona, elle transforme des objets du quotidien — vases, couverts, miroirs ou verres — en formes expressives. Les propriétés physiques du verre jouent un rôle central : gravité, viscosité et chaleur participent à la formation de chaque pièce. Chaque objet devient ainsi le résultat d’un dialogue entre transformation matérielle, identité et tradition verrière locale.

©Mila Zila

L'exposition est visible à l'espace Vanderborght du 12 au 15 mars 2026, Rue de l'Ecuyer 50. Bruxelles 1000. Belgique.

Temps de lecture
13/3/2026
« Pop Art Car » : l’automobile comme terrain d’expression

Au défilé Renault – The Carwalk, sur les Champs-Élysées, l’exposition « Pop Art Car » explore jusqu'au 26 avril, la rencontre entre culture populaire, art urbain et design automobile. Entre œuvres historiques et show-cars expérimentaux, la voiture y apparaît moins comme un objet technique que comme une image, un symbole et un support de création.

Depuis les années 1960, la voiture occupe une place singulière dans l’imaginaire visuel contemporain. Le Pop Art, en s’emparant des objets du quotidien, l’a transformée en motif graphique et en symbole de modernité. Héritier direct de cette culture visuelle, le street art prolonge aujourd’hui ce dialogue avec la ville, les images et les mythologies industrielles, mis en scène par l’exposition « Pop Art Car ». Ainsi, des figures majeures du Pop Art et de l’art contemporain tels que Victor Vasarely, Erró ou Arman côtoient des artistes issus de la scène urbaine comme Invader, D*Face ou John « Crash » Matos. Les œuvres exposées interrogent la manière dont l’objet automobile, omniprésent dans l’espace public, peut devenir icône culturelle, matière plastique ou surface narrative.

Exposition "Pop Art Car" © Claire Dorn

Entre design, objet et sculpture

Au-delà des œuvres exposées, « Pop Art Car » s’étend aux véhicules eux-mêmes, qui deviennent des objets de design à part entière. Plusieurs show-cars installés sur la rampe du défilé dessinée par l’architecte Franklin Azzi, prolongent cette réflexion. Le concept Suite N°4 imaginé par Mathieu Lehanneur transforme la Renault 4 en architecture mobile, tandis que Pierre Gonalons revisite la Renault 5 comme un bijou roulant aux accents seventies. Plus sculpturale, la reinterprétation de la Twingo par Sabine Marcelis joue avec la lumière et la transparence, faisant de la citadine un objet presque lumineux.

Exposition "Pop Art Car" © Claire Dorn

Dans cette mise en scène où se croisent designers, artistes et ingénieurs, la voiture apparaît comme un territoire hybride : à la fois produit industriel, objet culturel et support d’expérimentation esthétique. Une manière de rappeler que le design automobile participe pleinement à la construction de notre paysage visuel contemporain.

Temps de lecture
12/3/2026
Matter and Shape : nos 5 coups de cœur

Du 6 au 9 mars, le salon Matter and Shape a de nouveau investi les Jardins des Tuileries, en plein cœur de Paris.

Devenu un rendez-vous incontournable de la scène design depuis sa création en 2024, le salon Matter and Shape était de retour à Paris pour une 3e édition, pour laquelle plus 70 marques et créateurs ont répondu à l’appel. Découvrez 5 marques et studios qui valaient le détour. 

Unknown, Untitled

Fondé il y a 10 ans, le studio Unknown, Untitled participait pour la seconde fois à Matter and Shape. Après une première édition marquée par les UU Tiles depuis largement médiatisée, le studio dont l’approche globale passe par le conseil et l’image de marque, présentait cette année Rubber & Glass. Conjuguant le verre et l'élastomère pour sa matérialité plus que ses spécificités techniques, le studio livre un ensemble tout en contraste. Notion motrice de ce projet, celle-ci propose une lecture hybride de ce petit salon, transparent autant que opaque, souple autant que cassant. Ici, les lignes épurées du noir rappellent une certaine simplicité japonaise alors même que la mise en scène trouve une résonnance avec les codes automobiles. Les assises se muent en ailerons, le miroir laisse entrevoir l’idée d’un essuie-glace duquel se propage un halo de lumière, tandis que le vase et son petit miroir d’eau rappellent la forme d’un rétroviseur. Autant d'évocations rappelant de par cette opposition, un quasi-lieu de culte.

Ensemble Rubber & Glass par Unknown, Untitled ©Celia Spenard

Bang & Olufsen

Invitée à sonoriser l'espace déjeuner à la manière d’un restaurant lounge et informel, Bang & Olufsen dévoilait dans le même temps la Première. Une barre son inscrite dans la quête d’excellence de la marque sur le plan acoustique - décodeur Dolby Atmos 7.1.4 - et stylistique. Réalisée avec les experts de la Factory 5 à Struer, au Danemark, l’enceinte se distingue par la finesse de sa silhouette monobloc en aluminium sculptée, surmontée d’un tweeter imaginé comme un bijou. Doté de 10 haut-parleurs - et d’un supplémentaire orienté vers le haut pour accroître la profondeur du champ sonore -, l’enceinte fait la part belle à une esthétique rétro futuriste assumée. Percée de 1 925 trous en hommage à la date de création de la marque, elle intègre en son sein 90 LED permettant à l’objet d’évoluer au gré des réglages. Limité à 25 exemplaires, l’objet disponible en Aluminium, Gold Tone ou Black Anthracite était présenté aux côtés du casque Beoplay H100, de l’enceinte Reloved et de la platine Beogram 4000C, tous mis à disposition des visiteurs.

Casque Beoplay H100 et la platine Beogram 4000C de Bang & Olufsen

Axel Chay

Entouré par sa compagne, Mélissa Chay, directrice artistique du studio, et son frère Aimeric, artisan, le designer Axel Chay présentait pour la première fois sa collection Voyage. Dernière en date, celle-ci se concentre sur l’arrivée de lignes plus tendues et anguleuses, marquant une évolution stylistique. Omniprésente, la notion d'exotisme s’inscrit comme un fil rouge reliant esthétiquement le zebrano, un bois rare et nervuré, et l’inox. Utilisé brut, ce dernier fait écho à l’acier, matière première du créateur connu à l’origine pour ses pièces tubulaires aux couleurs acidulées. Un volet depuis refermé, mais dont l’approche visuelle et rétro demeure.

La nouvelle collection Voyage d'Axel Chay ©MickaëlLlorca

studiososlow


Fondé en 2020 par Ge Shenjun et Li Yuchen, studiososlow est un studio multidisciplinaire chinois basé à Shanghai qui explore les couleurs, les matériaux et les sensations du quotidien à travers des projets de direction créative, design produit et scénographies. Sur le salon, ils présentaient la série Kite, qui s’inspire du savoir-faire des artisans de Weifang, réputés pour leurs cerfs-volants en bambou chauffé et assemblés avec des fils de coton. Le papier de coton blanc, très translucide, est associé à un papier filigrané orné de fleurs de prunier, dont les motifs embossés au laser révèlent de délicates ombres florales lorsque la lampe est allumée, disponible en applique, lampe de table et lampe à poser.

Collection de luminaires Kite © studiososlow

Petite Friture


L’éditeur français a invité la designer textile néo-zélandaise Grace Atkinson à dialoguer avec la collection Sandows de René Herbst, créée dans les années 1930 et récemment rééditée par la marque. La créatrice a choisi de répondre à cette invitation avec l’œuvre textile One One Four, pensée en écho avec la chaise longue Sandows n°114. Réalisée à partir de tissus Kvadrat et Sahco, l’installation a été développée directement sur la chaise longue, en laissant la tension et le mouvement des étoffes guider la forme, pour un rendu tout en poésie. 

Œuvre textile One One Four et collection Sandows, Petite Friture x Grace Atkinson
Temps de lecture
5/3/2026
Vind, une collection qui se fond dans le paysage

Imaginée par Kasper Salto pour le Louisiana Museum of Modern Art de Humlebæk au Danemark, la collection Vind marque un nouveau chapitre dans la collaboration de longue date entre le designer danois et Fritz Hansen. Une collection outdoor discrète et exigeante, pensée pour durer et s’effacer dans le paysage.

Née du mot danois signifiant « vent », la série Vind puise son inspiration dans l’architecture maritime et les forces naturelles qui façonnent le littoral du Louisiana Museum of Modern Art, situé à Humlebæk au Danemark. Conçue spécifiquement pour les espaces extérieurs du musée, cette collection de mobilier signée par le designer Kasper Salto incarne une approche du design à la fois humble, fonctionnelle et profondément contextuelle. « La chaise Vind est un outil pour s’asseoir, ce n’est pas une oeuvre d’art. Elle est conçue pour bien servir les gens, comme un hôte discret », confie le designer. La collection privilégie ainsi une expression calme, presque silencieuse, où chaque détail sert l’usage.

Collection outdoor Vind, design Kasper Salto © Fritz Hansen

La précision du geste discret

Les structures en aluminium thermolaqué, légères, durables et recyclables, assurent solidité et longévité, tandis que les assises, tressées à la main à partir de près de 150 mètres de corde en polyester, apportent texture et confort. Un travail artisanal qui requiert jusqu’à quatre heures par pièce et confère à chaque assise de subtiles variations, révélant un équilibre maîtrisé entre précision industrielle et geste humain. La collection Vind prolonge ainsi l’héritage de la chaise ICE™, conçue par Salto pour le café du musée au début des années 2000, tout en répondant à un autre esprit du temps : celui de la durabilité, de la simplicité et du « moins mais mieux ». Composée d’un fauteuil, d’une chaise et d’une table, la série s’intègre prend naturellement sa place au cœur des jardins, terrasses et espaces d’accueil, sans jamais rivaliser avec son environnement. Une présence juste, pensée pour accompagner le paysage plutôt que le dominer.

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