Lafuma Mobilier : “Nos clients cherchent du mobilier pérenne”
Chaises et table de la collection Balcony, Lafuma Mobilier 2023 © Pierrick Verny

Lafuma Mobilier : “Nos clients cherchent du mobilier pérenne”

Parmi les acteurs français de l’outdoor, Lafuma Mobilier s’est distingué ces dix dernières années en opérant un repositionnement de ses gammes. Après avoir repris les rênes de l’entreprise en 2014, Arnaud du Mesnil a construit avec ses équipes une stratégie de développement fondée sur ces convictions : miser sur la valorisation d’une fabrication française et sur la valeur apportée par le design, en perfectionnant le style et le confort, en travaillant en interne ou en faisant appel à des designers externes comme Big Game. L’entreprise est présente sur les deux marchés, particulier et contract, et n’hésite pas à « sortir » du cadre avec des collections capsules. Le studio de design interne et Baptiste Neltner, directeur du marketing et des collections nous partagent leur vision du secteur de l’outdoor.


Retrouvez notre dossier spécial outdoor dans le numéro 215 d’Intramuros.

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Comment avez-vous vu évoluer le marché de l’outdoor ces dix dernières années ?

La dernière décennie a été marquée par un engouement fort pour les espaces extérieurs qui ont été aménagés comme de véritables pièces de vie à part entière. La crise COVID, accompagnée d’un besoin vital de se ressourcer chez soi, a encore accentué cette tendance avec la création d’espaces complets : balcon, repas, lounge et bord de piscine. On a vu aussi beaucoup de personnes migrer vers la campagne avec des habitations plus grandes et des envies de produits plus généreux et plus confortables, mais aussi plus respectueux de l’environnement.

Des nouveaux segments sont-ils apparus ?

Plus que de nouveaux segments, on remarque la prise de conscience des enjeux environnementaux par nos clients et leur volonté de faire durer leur mobilier. Ils cherchent des pièces pérennes au design intemporel. Ils sont de plus en plus attentifs aux lieux de fabrication et à l’impact carbone de leur achat. Par ailleurs, avec la pression immobilière, on constate que les terrasses se densifient avec un besoin croissant en petits formats.

Maxi Transat Plus, Lafuma Mobilier 2023 © Pierrick Verny

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Quelles évolutions dans les attentes des consommateurs/usagers constatez-vous ?

L’écoconception et la durabilité des matériaux sont pour nous des axes majeurs de développement tant en France qu’à l’international. Nos clients ne veulent plus de produits « jetables ». Ils sont nombreux à nous acheter des pièces de rechange dont notre gamme s’étoffe année après année.

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Que constatez-vous en termes d’acteurs du secteur ? Cela a-t-il modifié votre positionnement ?

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Lafuma Mobilier étant déjà un acteur majeur du mobilier durable, tant du point de vue de la qualité produit (garantie 5 ans) que de l’impact environnemental (produits écoconçus, sourcing 100% local, réparabilité), ces tendances de fond nous ont plutôt confortés dans nos choix et nous poussent à aller encore plus loin.

Transabed, Lafuma Mobilier 2023 © Pierrick Verny
Chaises A propos, Nationale 7 Lafuma Mobilier, 2022 © Pierrick Verny

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Cela a-t-il  modifié vos process de production ?

Pas particulièrement. Nous améliorons en continu nos process de fabrication avec des investissements réguliers afin de réduire encore notre impact environnemental. En parallèle, nous cherchons à proposer plus que du mobilier outdoor en travaillant sur des solutions complètes de proximité pour nos clients. Aujourd’hui, nous nous positionnons comme producteur local et responsable de référence.

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Comment avez-vous été impactés par le Covid ?

Cette période a été très complexe avec une très forte demande qu’il fallait servir rapidement sachant que des tensions importantes sur les approvisionnements nous obligeaient quasiment à travailler au jour le jour. Nos équipes ont été exemplaires et particulièrement réactives.

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Table de jardin Oron, Lafuma Mobilier 2022 © Pierrick Verny

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Avez-vous une équipe de design intégrée ?

Nous avons une équipe de Design & Style intégrée au service Collections & Marketing. Tout est pensé et conçu dans nos ateliers de production à Anneyron (26) et dans l’Ain (01).  Nous avons placé le Bureau d’études au centre de tous les services, comme une mini-usine, afin de placer le produit et la R&D au cœur de nos réflexions.

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Que vous apportent des collaborations avec des designers externes ?

Nous travaillons nos messages et notre storytelling saisonnier avec des agences de communication partenaires qui nous apportent un autre regard sur notre marque et nos collections. C’est une prise de recul bénéfique qui nous permet de toujours nous positionner à la place de nos clients et de trouver la bonne manière de faire savoir qui nous sommes et ce que nous fabriquons.

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Avez-vous monté des opérations spéciales ?

Nous avons fait de nombreuses collaborations, comme le maroquinier français Bleu de Chauffe ou encore avec la maison Jean-Paul Gaultier, emblème de la mode française. Nous avons aussi lancé de nombreux concours ou partenariats avec des acteurs du made in France aux valeurs similaires aux nôtres, qui nous ont permis de faire connaitre notre expertise et notre savoir-faire français d’excellence (label EPV obtenu en 2021). Les retombées sont multiples tant en print qu’en digital, avec un engouement véritable pour notre démarche d’écoconception sincère et transparente.

Chaises A propos, Nationale 7 Lafuma Mobilier, 2022 © Pierrick Verny
Table de jardin Oron, Lafuma Mobilier 2022 © Pierrick Verny

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Quelles évolutions majeures voyez-vous dans la conception?

Sans surprise, on constate que les basiques du métier restent des piliers de la conception. Les phases de sketches, modélisation et prototypage structurent vraiment notre réflexion, mais il est vrai que l’impression 3D a pris une place importante et nous permet de gagner en efficacité et en précision. La réalité augmentée nous aide aussi à projeter nos modèles dans les environnements de nos clients et conforter leur choix.

Vous annoncez un positionnement fort en terme de RSE ?

Nous travaillons intégralement avec des matériaux sourcés et transformés localement en France ou dans les pays limitrophes pour limiter nos émissions de CO2, ainsi que pour garantir une maîtrise de la qualité et une durabilité maximum de nos gammes.

Sur le plan des matériaux, nos aciers comportent jusqu’à 75 % de matière recyclée, notre aluminium 80 %, nos plastiques 17 % et nos cartons 100 % avec des cales en mousse faites à partir de filets de pêche recyclés. Nos nouveaux tapis sont issus du recyclage de bouteilles plastiques PET recyclées, et nous avons mis en place il y a 2 ans une collection 100 % upcyclée, appelée Nationale 7 par Lafuma Mobilier.

Notre production respecte les standards les plus stricts en terme de rejets de polluants. Enfin, nous menons une politique de réduction drastique de nos déchets en production avec de nombreux projets internes de réutilisation/revalorisation.

Comment travaillez-vous avec les prescripteurs?

Nous travaillons le plus souvent en direct avec nos clients que notre équipe de designers d’espace intégrée accompagne dans la réalisation du projet. Nous sommes capables de suivre nos partenaires des moodboards jusqu’à la réalisation des plans complets d’aménagement. Nous avons récemment travaillé avec Christele Ageorges avec nos petits pliants cuir issus de notre collaboration avec Bleu de Chauffe qu’elle a sélectionné pour la Manufacture Royale de Lectoure. Un projet incroyable !

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Chaises et table de la collection Balcony, Lafuma Mobilier 2023 © Pierrick Verny

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Quels axes de recherche & développement sont pour vous incontournables ?


L’enjeu principal et majeur pour le secteur est le contrôle et la réduction de son impact environnemental :

  • Limiter notre consommation en travaillant la durabilité des produits et leur réparabilité
  • Continuer à travailler avec des fournisseurs proches de notre lieu de fabrication pour limiter les émissions de C02
  • S’engager sur la qualité des matériaux et leur résistance  et qu’ils nécessitent peu d’entretien pour l’utilisateur
  • Travailler la recyclabilité des produits et leur traitement en fin de vie

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Quelles évolutions des usages percevez-vous ?

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La multifonctionnalité des produits avec en particularité le développement des usages in & outdoor est une évolution importante.

Le repas reste l’achat de référence sur le marché avec deux types d’offre : une première, très compacte, que nous adressons avec notre gamme Balcony et une seconde plus généreuse et représentée par notre gamme Oron. En parallèle, on constate un développement fort du segment lounge que nous travaillons activement.

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23/10/2026
GUBI réédite la lampe Lotus de Carlo Nason

Disparu en mai dernier, le designer italien Carlo Nason laisse derrière lui une multitude de créations en verre. Parmi elles, la lampe Lotus dessinée en 1969 et rééditée par GUBI.

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LT305. Un nom un peu barbare qui ne vous dit probablement rien. Pourtant, derrière cette référence se cache la Lotus Table Lamp. Surnommé ainsi par les collectionneurs en raison de sa forme, le modèle créé en 1969 est aujourd’hui réédité par GUBI. Un hommage à son designer, Carlo Nason, décédé en mai à l’âge de 91 ans. Né à Murano dans une famille d’artisans verrier, le créateur laisse derrière lui un vaste éventail d'objets parmi lesquels des vases, pour certains acquis par le Corning Museum of Glass de New-York dès 1959. Des typologies décoratives rapidement mises de côté au profit de l’éclairage dans lequel l'italien se lance en collaboration avec le spécialiste muranais AV Mazzega, dirigé par son ami de longue date Gianni Mazzega. Une association qui marque durablement sa carrière du designer ponctuée de succès parmi lesquels le modèle Lotus.

Lampe Lotus, design : Carlo Nason © GUBI

Fleur éternelle

Inspiré par le modernisme nord-européen et les courbes futuristes du Space Age, Carlo Nason instille rapidement une dimension expérimentale à sa pratique du verre soufflé. De cette fusion est née la LT305, un modèle emblématique porté par un nouveau langage formel. Véritable architecture géométrique, le dessin combine quatre diffuseurs imbriqués les uns dans les autres. Assemblés autour d’une structure en acier - aujourd’hui chromée noir -, les globes jouent avec la lumière et la translucidité grâce à la technique du pulegoso. Mis au point dans les années 1920, ce procédé consiste à emprisonner de petites bulles d’air dans la matière. Une technique que Carlo Nason réexploite ici au profit d’une fleur évanescente.

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22/10/2026
“Made in Situ” : le design en situation par Noé Duchaufour-Lawrance

En partenariat avec le Mobilier national, le designer Noé Duchaufour-Lawrance expose “Made in Situ” jusqu’au 29 novembre dans la galerie des Gobelins à Paris. Une monographie qui retrace sept années d’exploration créative et autant de projets menés au Portugal.

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Sept projets en une seule exposition. C’est l’idée de "Made In Situ", une monographie présentée jusqu’au 29 novembre dans la Galerie des Gobelins à Paris. Parti au Portugal dans l’optique de retrouver un artisanat populaire et des savoir-faire locaux qu’il pensait perdu en France, Noé Duchaufour-Lawrance y est resté sept ans. Un déplacement sur le temps long motivé par une perte de sens et la volonté de réattribuer à la matière une valeur concrète et une origine palpable. La démarche, à l’origine inspirée par la gastronomie et la conscience du local, du lien au territoire, a donné lieu au « design situé, de design de situation ». Un concept matérialisé par sept collections d’objets et de mobiliers dans lesquelles se rencontrent techniques ancestrales et lignes organiques sophistiquées. De quoi ériger la fabrication vernaculaire en nouveau territoire d’exploration plastique.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel

Voyage en terre nouvelle

Imaginée comme un bref voyage au sein des traditions de ce pays de la péninsule ibérique, l’exposition se déploie sous forme de saynètes. Chaque projet est présenté dans une mise en scène où le produit fini côtoie la matière brute. Une manière de convoquer subtilement le geste artisanal, expliqué par de discrets cartels où croquis et photographies racontent, à qui veut l’entendre, les secrets de fabrication. Qu’il s’agisse de la soenga, une cuisson artisanale de la céramique à même le sol, ou du travail du liège, un bois résilient face aux incendies qui attaquent régulièrement le couvert portugais, Made in Situ est également le récit d’un pays.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel

Fort de ses traditions, et devenu au fil des décennies un terrain de fabrication plébiscité par le secteur du design, le Portugal se voit tout au long du parcours, mais se ressent aussi grâce à la scénographie de Clémence Farrell. Spécialiste des parcours immersifs, elle livre une déambulation portée par des senteurs et les créations sonores de Luis Clara Gomes et Vany Fox. Une belle rétrospective dans laquelle l’objet se fait conteur et transmetteur d’artisanats locaux.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel
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20/10/2026
Design Miami Paris 2026 : courants alternatifs

Pour sa cinquième édition, Design Miami Paris a invité trente galeries à prendre possession de l’hôtel de Maisons. L’occasion de regrouper, en cette semaine de l’art, les arts décoratifs français, le design moderniste et collectible. Une rencontre entre plusieurs univers dont nous a parlé Jen Roberts, directrice générale de l’événement.

Le mois d’octobre est devenu, depuis quelques années, le rendez-vous annuel des collectionneurs et des amateurs d’art. En parallèle d’Art Basel, Design Miami Paris s’ouvre ce mardi 20 octobre pour cinq jours. Implantée au sein de l’hôtel de Maisons, derrière les hauts murs du 51 rue de l’Université, cette cinquième édition s’articule autour de la thématique « Design for presence ». Une présence incarnée par différents courants artistiques. Ici, les lignes modernistes des bijoux dessinés par Pierre Charreau et le mobilier de Jean Prouvé se confrontent aux formes généreuses et aux techniques ornementales présentées par un corpus de galeries internationales. Une approche contrastée de la création sur laquelle nous éclaire Jen Roberts, directrice générale de Design Miami depuis 2015.

©Galerie Rossella Colombari

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Cette année, le design historique français et les arts décoratifs seront à l'honneur. Pourquoi ce choix ?

C’est à Paris qu’une grande partie de l’histoire du design et des arts décoratifs français s’est écrite, et c’est là qu’elle reste aujourd’hui encore très vivante. La ville abrite une concentration exceptionnelle de galeries spécialisées, d’ateliers et de collectionneurs qui connaissent parfaitement ces périodes. Ici, les œuvres historiques sont comprises et activement collectionnées. Il est donc logique que notre édition parisienne leur accorde plus de place que celle de Miami.

Cette dynamique se ressent tout au long du salon. La Galerie Maxime Flatry rassemble un ensemble rare d’œuvres modernistes françaises des années 1930, articulé autour d’un ensemble majeur de Robert Mallet-Stevens et présenté aux côtés d’œuvres de Pierre Chareau, Eileen Gray et Pierre Legrain. Laffanour | Galerie Downtown présente des œuvres de Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand. Mitterrand expose des œuvres de Claude et François-Xavier Lalanne, notamment une paire exceptionnelle de « Singes Attentifs » et une « Pomme de Londres » datant de 2007. Et dans les jardins, dans le cadre de « Design at Large », les visiteurs pourront découvrir « Le Très Grand Ours » de François-Xavier Lalanne, un ours en bronze de trois mètres de haut.

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Comment la sélection de Design Miami Paris — qui se concentre principalement sur les pièces de collection — s’inscrira-t-elle dans ce thème historique ?

Il existe un lien naturel entre le thème historique et l’orientation du salon vers le design de collection. Le salon réunit des œuvres historiques et contemporaines, permettant ainsi aux visiteurs de suivre l’évolution des idées de design au fil du temps. Chaque pièce est examinée par des experts indépendants. Les œuvres historiques capturent un moment précis, qu’il soit marqué par une avancée technique, un mouvement artistique ou un bouleversement social ou politique. Elles offrent aux designers d’aujourd’hui une histoire sur laquelle s’appuyer, et permettent aux collectionneurs de replacer les œuvres contemporaines dans leur contexte. Souvent, les moments les plus intéressants se produisent là où les deux se rencontrent. La Galerie kreo associe des luminaires français et italiens du XXe siècle à des éditions limitées signées par des designers tels que Jasper Morrison et Virgil Abloh. Cette juxtaposition rend visible la relation entre les époques. Le Salon 94 Design de New York et la SIDE Gallery de Barcelone apportent également au salon des perspectives venues d’au-delà de la France.

©Galerie Rossella Colombari

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Faut-il s’attendre à des liens visuels entre ces univers, ou à un anachronisme délibéré ?

Les liens visuels comme les contrastes délibérés font partie du plaisir de ce salon. En quelques pas, on peut passer d’un meuble des années 1930 à une pièce achevée ce printemps. Parfois, le lien est explicite. À la Galerie SCÈNE OUVERTE, l’exposition « Around a Desk : A Contemporary Vision of Decorative Arts » rassemble le bureau et le totem en argent allemand du Studio Lugo, ainsi que le canapé du Studio KRJST, conçu autour d’une tapisserie unique en son genre. Ces deux œuvres dialoguent clairement avec la tradition française des arts décoratifs. Ailleurs, c’est le contraste qui fait toute la force de l’exposition. Dans les jardins, la maison préfabriquée de Jean Prouvé, datant de 1944, se dresse près de la balançoire en bronze d’Irene Cattaneo, réalisée cette année.

Les nouveaux exposants élargissent également le débat sur le plan géographique. La galerie A/P Room, originaire de Dubaï, présente des œuvres brésiliennes du milieu du siècle dernier signées Joaquim Tenreiro, Abraham Palatnik et Branco e Preto, aux côtés d’Originform, une nouvelle série de luminaires sculpturaux de Rogan Gregory, ainsi que des objets de l’architecte et céramiste libanais Zein Daouk. Les liens s’établissent davantage par la forme et la matière que par la date, et les pièces historiques et contemporaines occupent une place équivalente.

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Que l’accent soit mis sur le design moderne ou contemporain, le cadre architectural de l’hôtel de Maisons influence-t-il, d’une manière ou d’une autre, votre sélection artistique ?

Tout à fait. C’est notre quatrième édition à l’hôtel de Maisons, et le cadre a son importance. Le lieu est une demeure, pas un hall d’exposition. Les meubles et les objets s’y découvrent donc à une échelle domestique, dans des pièces baignées de lumière naturelle et chargées d’histoire. De nombreuses galeries adaptent leurs présentations en fonction de la maison. La Galleria Rossella Colombari, par exemple, évoque l’atmosphère d’une maison italienne typique.

À l’extérieur, la cour et les jardins nous offrent l’espace nécessaire pour « Design at Large », notre programme d’œuvres à grande échelle qui ne pourraient pas être exposées à l’intérieur. Cyryl Zakrzewski a conçu son banc en contreplaqué de bouleau pour la Craftica Gallery spécialement pour cet environnement extérieur, et Abel Macias, ancien étudiant de la SCAD, a créé un revêtement de sol capitonné pour l’escalier d’origine du XVIIIe siècle de la maison.

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Parmi les nouveaux talents présentés dans ce numéro, pourriez-vous en citer un ou deux qui, selon vous, pourraient se démarquer dans les années à venir ?

En tant qu’organisateurs, ce n’est pas à nous de désigner des favoris, mais j’invite les visiteurs à découvrir la Galerie SCÈNE OUVERTE, où Adélie Ducasse expose sa première lampe en verre de Murano, ainsi que le Studio Lugo, qui présente un bureau et une bibliothèque en argent allemand en série limitée à huit exemplaires, fruit d’une première collaboration avec la galerie. Tous deux appartiennent à une génération de designers très attachés aux matériaux et à la tradition des arts décoratifs.

Je recommanderais également aux visiteurs de découvrir les quatre designers sélectionnés pour « Designers of Tomorrow », notre programme en partenariat avec Apple. Le thème de cette année, « Design for Presence », s’interroge sur la manière dont le design peut nous aider à ralentir le rythme et à créer des liens. Leurs créations seront dévoilées lors du salon.

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Ci-dessous, visuels de la galerie A/P Room : bibliothèque Arte Viva et lampadaire Upholstered

Temps de lecture
16/10/2026
Les lauréats du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main®

Pour sa 27e édition, le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main® a distingué quatre profils qui pérennisent et renouvellent les métiers d’art à travers un design innovant et exigeant.

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Si le beau passe par l’objet et son design, il passe avant tout par le geste. C’est cette alliance entre maîtrise technique et créativité que célèbre depuis 27 ans le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main. Depuis 1999, 139 artisans d’art ont été mis à l’honneur, témoignant de la diversité des disciplines et de la vitalité des savoir-faire portés par des créatrices et créateurs contemporains. Pour cette édition, la Fondation Bettencourt Schueller, sous la présidence de Françoise Bettencourt Meyers, a récompensé trois lauréats, chacun recevant une dotation de 50 000 euros. Sélectionnés par le jury présidé par Laurence des Cars, ces acteurs incarnent, à travers des projets et des approches du design variés, un même esprit de recherche où transparaissent le souci de l'environnement et la diversité de nos territoires.

Un prix, trois catégories

La catégorie Talents d’exception, qui distingue la maîtrise technique d’un artisan d’art et sa capacité à faire évoluer son savoir-faire, a été décernée à Sébastien Desplat pour son ouvrage Dans les bois. Le graveur et imprimeur en taille-douce y réinterprète le moku-hanga, une technique japonaise traditionnelle d’impression sur bois.

© Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

La catégorie Dialogue, consacrée à la rencontre entre artisan et designer, a récompensé le menuisier en sièges Louis Monier et le designer Edgar Jayet. Leur chaise réinvente un savoir-faire historique en lui apportant une interprétation contemporaine. Elle témoigne d’une démarche créative fondée sur l’innovation constructive et l’adaptation aux nouveaux usages.

Louis Monier et Edgar Jayet © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

Enfin, la catégorie Parcours, qui salue l’engagement d’un acteur en faveur du développement et du rayonnement des métiers d’art, a été attribuée au Réseau Excellence EPV (Entreprises du Patrimoine Vivant). Portée par Tristan de Witte, cette initiative fédère des entreprises françaises détentrices de savoir-faire d’exception et développe les réseaux régionaux, renforçant ainsi les échanges économiques et la visibilité de ces acteurs.

© Yohanne Lamoulère/ Tendance Floue

Les candidatures pour l’édition 2027 sont d’ores et déjà ouvertes dans les catégories Talents d’exception et Dialogue. Les inscriptions, à effectuer sur le site de la Fondation Bettencourt Schueller, seront clôturées le 10 mars. Le jury sera, quant à lui, dévoilé au printemps. Alors, pas de temps à perdre !

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