Laureline Galliot, quand l’idée prend corps
Laureline Galliot, Dans les vêtements de Johanna Staude, 2015, Peinture digitale, Réinterprétation inspirée de l'œuvre de Gustav Klimt, Portrait de Johanna Staude,1917-1918, 50 x 70 cm, Huile sur toile / Laureline Galliot, Still Life - Piggy & Jug, 2017, Peinture digitale / Laureline Galliot, Tufty, 2017, 227 x 370 x 2 cm, Laine tuftée main, Éditeur : NODUS RUG, Crédits photographiques : Marco Moretto © Laureline Galliot / ADAGP Paris, 2023

Laureline Galliot, quand l’idée prend corps

La Cité du design vient d’inaugurer « Présent > < Futur, » un cycle d’expositions qui mettent en lumière de nouvelles générations de designers. Et c’est Laureline Galliot qui ouvre le bal, avec une première rétrospective baptisée « Vrai ou fauve ». Une très belle plongée dans l’univers de cette créatrice au sens large.

Artiste-designer, Laureline Galliot a développé sa propre méthode créatrice, basée sur la parfaite intégration dans ses projets de ses sources d’inspiration. Car elle a fait de son amour de la peinture ou de ses pérégrinations dans l’espace et le temps, un creuset d’intuitions. L’exposition commence par un exemple parlant : elle repère dans le Portrait de Johanna Staude de Klimt un textile de Martha Alber, qu’elle va redétourner dans un motif textile, reproduit sur une chemise, vêtement qu’elle mettra en scène dans un autoportrait.

Et c’est ainsi, que pas à pas, elle a construit sa trajectoire : captant çà et là un motif, une réminiscence, les copiant pour mieux se les approprier, les détourner ; les absorbant jusqu’à en faire son terreau personnel, à l’image d’un sculpteur. De ce magma naîtra un nouveau dessin, un volume, un textile, un objet, qui retournera en stade ultime en peinture digitale : comme on naît de la poussière pour y retourner,  chez Laureline Galliot, toute idée génère un média, puis prend corps, pour finalement générer une nouvelle idée. Loin de tourner en boucle, son esprit est en perpétuel mouvement, et on comprend ainsi ce qui anime celle qui fut danseuse, avant de devenir plasticienne et designers.

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Recherche et associations d’idées

Car loin d’une exposition chronologique, « Vrai ou Fauve » retrace avant tout cette vivacité, en insistant sur ce principe d’associations d’idées, de cheminement, d’avancée par étapes, jusqu’à la bonne incarnation. À l’image de sa peinture digitale, la designeuse pose le trait, le geste, la texture, dans un ancrage bien contemporain : ici elle travaille l’impression 3D avec une maîtrise de la matière, pour mieux revenir à la céramique dans un travail de haute volée avec des artisans spécialisés, et in fine se former à la conception de moule. Ailleurs, elle insiste sur sa recherche du motif à partir d’une étude des chemises malgaches, pour mieux accompagner l’atelier Polyflos Factory pour la conception de tapis à partir de matériaux recyclés à Madasgascar (projet soutenu par la Fondation Rubis Mécénat).

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Laureline Galliot, Jug, 2012, 29,3 x 12,6 x 22 cm, Impression 3D, Fabricant : Sculpteo, Théière polychrome Teapot de la collection Contour et Masse, Acquisition du Centre national des arts plastiques 2016 © Laureline Galliot / ADAGP Paris, 2023

Laureline Galliot, Tufty, 2017, 227 x 370 x 2 cm, Laine tuftée main, Éditeur : NODUS RUG, Crédits photographiques : Marco Moretto © Laureline Galliot / ADAGP Paris, 2023

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Et si elle a conçu des papiers peints pour YO2 Design, elle a également imaginé des tissus pour Backhausen, et n’hésite pas lors d’une résidence à la Villa Kujoyama au Japon à revisiter dans des tissages le traditionnel motif yagasuri. Ce dialogue entre les époques est aussi présent dans son travail de sculpture digitale où elle revisite des formes ancestrales asiatiques. Cette carte blanche à Saint-Etienne a été l’occasion d’une collaboration avec Benaud Créations, une entreprise locale qui préserve un savoir-faire spécifique autour de la moire. La designeuse a dans ce cadre travaillé la difficileinsertion de motifs, via une transposition dans une modélisation en 3D.

En utilisant pour sa scénographie une succession de modules qui rappellent les caissons d’archives, Laureline Gaillot façonne l’exposition à l’image d’une réserve personnelle, et convie le spectateur à y déambuler, revenant sur ses pas pour mieux se plonger dans un détail, ou au contraire s’éloigner de quelques mètres pour embrasser des vues d’ensemble, et à son tour se nourrir des traits de couleurs, des aplats, des éclats, de celle qui ressent une forte filiation avec le fauvisme. Car à l’image de ses sculptures 3D teintées dans la masse, c’est finalement ce que le travail de Laureline Gaillard va révéler : l’énergie chromatique qui fait vibrer toute chose.

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« Vrai ou fauve », Laureline Galliot, jusqu’au 7 janvier, Cité du design, Saint-Etienne. À lire aussi : la monographie « Laureline Galliot, Vrai ou FAUVE », collection Présent Futur, édition Cité du design, 10€.

Rédigé par 
Nathalie Degardin

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© Matteo Girola

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