Ligne Roset/Cinna : une année 2025 pleine de nouveautés
Espace d'exposition Ligne Roset au sein du site historique de Montagneux, dans l'Ain © Groupe Roset

Ligne Roset/Cinna : une année 2025 pleine de nouveautés

Après la réhabilitation de son ancienne usine historique et l’ouverture d’une boutique Cinna au cœur de Lyon, le groupe Roset a présenté ses nouveautés 2025 au Palais de Tokyo, début avril. Entre une collection anniversaire pour les 50 ans de Cinna, une collaboration inédite avec la marque de vélos Origine, et l’enrichissement des collections outdoor et indoor, l’année démarre fort pour le groupe !

En janvier, Ligne Roset dévoilait son nouveau showroom de vente ainsi qu’un espace d’exposition au sein de son ancienne usine de Montagnieu, laissée à l’abandon depuis plus de 20 ans après le transfert des ateliers à Briord, à quelques kilomètres de là. La réhabilitation de ces espaces permet d’offrir à la fois un showroom professionnel de 450 m² et un espace outlet de 875 m², ouvert au grand public. Parallèlement, la marque a aménagé un lieu d’exposition dédié à l’évolution de sa production et à ses pièces emblématiques, tant pour Ligne Roset que pour Cinna. Quarante-deux pièces y sont mises en valeur, signées Jean Nouvel, Jean-Charles de Castelbajac, Philippe Starck ou encore Éric Jourdan. « Il nous manquait un lieu dédié à la création. Ce bâtiment permet désormais d’offrir une expérience complète au client », expliquait  notamment Laurent Pointet, directeur commercial France chez Ligne Roset.

Espace d'exposition Ligne Roset au sein du site historique de Montagneux, dans l'Ain © Groupe Roset

Un showroom Cinna à Lyon et une collection anniversaire pour les 50 ans

Inaugurée en juillet 2024, la première boutique physique Cinna a ouvert à Lyon, à deux pas de la place Bellecour. Pensé comme un espace d’inspiration pour les architectes et designers, ce lieu invite à « rêver son intérieur, dans une forme de poésie particulière », racontaient Antoine et Olivier Roset.

Quelques mois plus tard, pour célébrer les 50 ans de Cinna, la marque a présenté sa collection anniversaire au sein de l’installation Onirium, marquant ainsi un nouveau chapitre de design et de créativité. Parmi les nouveautés, on retrouve des rééditions enrichissant la collection consacrée à Pierre Guariche, tels que le bureau Président en noyer et la chaise 289.

Réedition du bureau Président, design : Pierre Garriche © Cinna

D’autres pièces existantes ont été repensées pour offrir un nouveau design, avec des proportions retravaillées alliant confort et esthétique. L’iconique Prado de Christian Werner se dévoile ainsi dans une version encore plus épurée et confortable, tandis que le sofa Uncover de Marie-Christine Dorner s’enrichit de dormeuses droite et gauche, pour encore plus de modularité.

Canapé Prado 2, design : Christian Werner © Cinna

Parmi les nouvelles créations : la table basse Rumaki d’Éric Jourdan, aux lignes arrondies, disponible en chêne blanchi ou frêne noir plaqué, ainsi que Hoggar d’Evangelos Vasileiou, inspirée du massif saharien éponyme. Côté luminaires, Soda Designers (Nasrallah & Horner) et le studio Shulab présentent respectivement la lampe Tilda et la lampe sur pied arquée Niji. Sebastian Herkner signe quant à lui la lampe indoor/outdoor Lambaa, conçue en aluminium laqué résistant aux UV, et pensée pour être facilement transportable. Côté accessoires, Constance Frappoli signe la gamme Convergence, une collection de tapis et coussins aux lignes géométriques et colorées, entièrement tuftée à la main. Marie-Aurore Stiker-Metral dévoile, de son côté le tapis Garcancia, également tufté à la main, en laine de Nouvelle-Zélande, ainsi que deux séries de vases : Purple Rain et Empreintes.

Lampe Lambaa, design : Sebastian Herkner © Cinna

Des nouveautés aussi chez Ligne Roset

Toujours dans le cadre d’Onirium, Ligne Roset a également présenté ses nouveautés 2025, alliant ainsi design, innovation et durabilité. Sebastian Herkner y propose trois nouvelles créations : l’extension de la collection Noka d’une part, avec une méridienne et un canapé, le bahut Scene décliné en deux tailles et multiples configurations, ainsi que la lampe Azores, dont la forme de l’abat-jour évoque les capes traditionnelles des femmes des Açores.

Lampe Azores, Canapé Noka, design : Sebastian Herkner / Table basse Quantique, design : Vincent Tordjman et collection de vases Alba © Ligne Roset

Guillaume Delvigne signe lui aussi de nombreuses nouveautés, dont la lampe Elio, dont l’abat-jour est fait en papier, pour une lumière douce et chaleureuse. Il propose aussi le bout de canapé Fragments, fabriqué avec Istrenn, un composite innovant à base de coquillages recyclés développé par l’entreprise française Malàkio. La table Sillage, réinterprétation de la table Intervalle par le designer, se décline désormais en version compacte et en huit finitions de bois massif, en harmonie avec la chaise Elly, disponible en hêtre ou noyer.

Chaises Elly, design : Guillaume Delvigne © Ligne Roset

Le designer Vincent Tordjman révèle la table basse Quantique, dont un plateau en verre fumé sublime ses pieds modulables en noyer massif. Benjamin Graindorge a imaginé quant à lui la collection de luminaires Nef, comprenant un lampadaire et deux suspensions, et dont les abat-jours en tôle d’acier perforée créent un effet ondulé pour une diffusion douce de la lumière. Toutes ces nouveautés s’accompagnent d’une collection d’accessoires à l’image de la série de miroirs Kiosk de Philippe Nigro, pour un ensemble de pièces complet.

Collection de luminaires Nef, design : Benjamin Graindorge © Ligne Roset

Une collaboration inédite avec Origine

En complément de ses nouveautés mobilier et accessoires, Ligne Roset crée la surprise avec une collaboration originale avec Origine, marque française de vélos. Ensemble, ils ont conçu une édition limitée du vélo de route Fraxion GTR. Une rencontre pour le moins inattendue mais qui n’en demeure pas moins harmonieuse, mariant esthétique, innovation et exigence technique. « Ligne Roset x Origine, c’est avant tout une belle rencontre humaine et une communauté bienveillante de passionnés de création, de design et de vélo », confiaient Olivier et Antoine Roset. Si le Fraxion GTR est un modèle emblématique d’Origine, pensé pour la vitesse et la précision, sa version avec Ligne Roset se distingue par 10 teintes Pantone exclusives appliquées au cadre, aux roues et à la tige de selle, ainsi que par un habillage en cuir raffiné, avec surpiqûres sur rubans de cintre et selles. Origine y garantit les performances techniques, donnant naissance à un vélo à la fois élégant et performant.

Vélo Ligne Roset x Origine © Ligne Roset
Rédigé par 
Maïa Pois

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Temps de lecture
16/6/2026
FUJIFILM : une idée fidèle du design

La marque japonaise FUJIFILM, fondée en 1934, développe depuis plus de 90 ans des produits qui allient design et innovation dans les domaines de la photographie, de la santé ou encore des solutions destinées aux entreprises. Pour la toute première fois, la marque a accepté de dévoiler sa vision du design à travers les témoignages des designers Sumire Kuroda et Masahiko Yamamoto, présents à Milan à l’occasion de la Design Week.

C’est dans les bureaux milanais de FUJIFILM que Sumire Kuroda et Masahiko Yamamoto ont accepté de présenter, en avril dernier, la philosophie de la marque, sa conception du design et ses produits emblématiques. Une intervention d’autant plus symbolique qu’elle s’est tenue en parallèle de la Design Week de Milan. « Introduire pour la première fois en Europe le concept de "Faithful Design" lors de la Design Week de Milan est un moment hautement symbolique pour nous », a notamment déclaré Luana Porfido, responsable de la communication européenne chez FUJIFILM.

Depuis sa création en 1934, l’univers FUJIFILM a considérablement évolué, tant en matière de produits que de déploiement international. L’entreprise compte aujourd’hui plus de 75 sociétés en Europe - la première ayant été implantée à Düsseldorf, en Allemagne, en 1966 - et emploie plus de 7 500 personnes sur tout le continent européen. Au-delà de cette présence grandissante et stratégique, la marque affiche surtout la volonté de proposer des produits toujours plus diversifiés, destinés à un large public tout en restant fidèles à son ADN.

Une devise : « Faithful Design »

« Notre philosophie "Faithful Design" est une approche qui place au cœur de ses préoccupations l’authenticité, l’innovation et une attention particulière aux besoins et aux usages de chacun », confiait Luana Porfido. Une vision qui place l’utilisateur au centre de la réflexion et qui repose sur une observation attentive des comportements sur le terrain. Dans les bureaux pour le développement des imprimantes, ou au sein des hôpitaux et services de radiologie pour les appareils de radiographie ou d’IRM, l’étude des habitudes et des besoins des utilisateurs constitue la pierre angulaire du processus de conception. « Le design n’est pas uniquement lié à l’esthétique ; il concerne également la manière dont les produits vont être utilisés. Aujourd’hui, nous pouvons appliquer notre philosophie à l’ensemble des produits que nous concevons, y compris lorsqu’il s’agit de nouveaux secteurs de développement », expliquait notamment la designer Sumire Kuroda.

Un objectif : la diversification des produits

Depuis sa création, la marque s’attache à développer des produits toujours plus diversifiés dans des secteurs parfois très éloignés les uns des autres. On pense notamment à la photographie, avec ses appareils numériques ou instantanés tels que les Instax Mini, Evo ou Pal, qui ont rencontré un large succès. L’entreprise est également présente dans les solutions d’impression pour les bureaux avec la gamme Apeos ou Revoria, ainsi que dans le milieu médical avec le développement un appareil de radiographie portable, une première dans le secteur. Ces produits, reconnus pour leur innovation et leur diversité, ont permis à FUJIFILM de remporter de nombreuses distinctions internationales, parmi lesquelles les IDEA (International Design Excellence Awards), les iF Design Awards, les Red Dot Design Awards ou encore les Good Design Awards.

Un espace dédié au design : Clay Studio

Après avoir longtemps travaillé au sein d’espaces partagés avec d’autres départements, FUJIFILM a décidé de créer un lieu entièrement dédié à ses équipes de design, qui regroupent près d’une centaine de designers au Japon. Initié avant la pandémie, ce projet a finalement été inauguré à Tokyo en 2023 sous le nom de Clay Center. Un espace sur-mesure, qui a été entièrement conçu par les designers eux-mêmes, de la façade extérieure du bâtiment jusqu’à l’aménagement intérieur et au choix du mobilier. Pensé comme un lieu de recherche et de développement, il favorise les échanges entre les différentes sections de design, les laboratoires de recherche, les équipes business mais également avec les étudiants et créateurs extérieurs. Véritable laboratoire d’idées, le Clay Center encourage l’émulation collective et offre à chacun la possibilité de développer des projets en accord avec la philosophie du « Faithful Design » portée par la marque.

En dévoilant pour la première fois en Europe sa vision du design, FUJIFILM révèle une approche où l’innovation naît avant tout de l’observation et de l’écoute des usages. Une vision discrète mais ambitieuse, qui fait du design un outil de dialogue entre technologie et expérience humaine, pour continuer d’accompagner la diversification de l’entreprise.

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18/6/2026
Architecture intérieure : penser l’espace, protéger le lieu

Un intérieur réussi ne se résume pas à une accumulation de belles pièces. Il repose sur une cohérence d’ensemble : une circulation fluide, des matières choisies avec précision, une lumière maîtrisée, un mobilier adapté aux usages et une atmosphère capable de traverser le temps. L’architecture intérieure donne au logement une identité, mais aussi une valeur d’usage. Elle transforme une surface en lieu de vie.

À mesure que la maison devient plus personnelle, plus équipée et plus multifonctionnelle, la question de sa protection prend une importance nouvelle. Concevoir un bel intérieur, c’est investir dans un cadre de vie. Le préserver, c’est prolonger cette exigence au-delà du projet d’aménagement.

L’intérieur comme expression du mode de vie

L’habitat contemporain concentre aujourd’hui plusieurs fonctions. On y travaille, on y reçoit, on s’y repose, on y cuisine, on y collectionne parfois des objets, du mobilier ou des pièces de design. Le salon peut devenir un espace de télétravail, la cuisine un lieu de réception, la chambre un refuge, tandis que les rangements intégrés, les luminaires ou les équipements techniques participent pleinement à la qualité du quotidien.

Cette évolution modifie notre rapport au logement. L’intérieur n’est plus seulement décoratif : il accompagne les rythmes de vie. Chaque choix, du revêtement de sol au canapé, du plan de travail à la bibliothèque sur mesure, traduit une manière d’habiter. Il devient donc essentiel de considérer ce lieu non seulement comme un espace à aménager, mais aussi comme un patrimoine à protéger.

Protéger ce que l’on a pris le temps de construire

Un projet d’architecture intérieure demande du temps, de l’attention et souvent un budget important. Travaux, mobilier, objets, électroménager, équipements connectés, œuvres ou luminaires : la valeur d’un intérieur ne se limite pas aux murs. Elle se trouve dans l’ensemble des éléments qui composent le cadre de vie.

Pourtant, cet équilibre peut être fragilisé par des événements du quotidien. Un dégât des eaux, un incendie, un bris de glace, un vol ou un incident domestique peuvent affecter rapidement un espace soigneusement pensé. Plus un intérieur est personnalisé, plus il devient important d’anticiper sa protection.

C’est dans cette logique qu’une assurance habitation avec Allianz peut trouver sa place. Elle s’inscrit comme un prolongement naturel de l’attention portée au logement, en permettant de protéger à la fois le lieu, les biens et le confort qui y sont associés.

Une couverture à adapter à chaque intérieur

Tous les logements ne se ressemblent pas. Un studio occupé par un étudiant, un appartement rénové, une maison familiale, une résidence secondaire ou un logement meublé n’impliquent pas les mêmes besoins. La surface, le nombre de pièces, la valeur des biens, la présence d’équipements spécifiques ou encore l’usage du logement sont autant de critères à prendre en compte.

Avec Allianz, l’assurance habitation permet d’aborder cette question de manière concrète : quelles garanties sont réellement nécessaires ? Quels biens doivent être déclarés ? Quels plafonds d’indemnisation sont adaptés à la valeur de l’intérieur ? Quelle franchise reste à la charge de l’assuré en cas de sinistre ? Ces points sont essentiels pour éviter de découvrir trop tard qu’un contrat ne correspond pas à la réalité du logement.

L’enjeu n’est donc pas seulement d’être assuré, mais d’être bien couvert. Dans un intérieur pensé avec exigence, où chaque choix a une valeur esthétique et fonctionnelle, la protection doit être envisagée avec le même niveau d’attention.

Une démarche cohérente avec l’art d’habiter

L’architecture intérieure repose sur une idée simple : créer un lieu juste, adapté à ceux qui l’occupent. Cette démarche ne s’arrête pas une fois les travaux terminés ou le mobilier installé. Elle se poursuit dans l’entretien, l’usage et la préservation du lieu.

Penser son assurance habitation, c’est finalement intégrer une dimension supplémentaire à son projet d’habitat. Non pas comme une contrainte administrative, mais comme un réflexe de cohérence. Un intérieur se conçoit, se vit, s’entretient et se protège.

Dans cette continuité, Allianz accompagne les particuliers dans la protection de leur logement et de leurs biens, avec une approche qui permet d’ajuster la couverture aux besoins du foyer. Une manière de préserver ce qui fait la valeur d’un intérieur : son confort, ses usages et l’attention portée à chaque détail.

Habiter sereinement

Le luxe discret d’un intérieur bien pensé tient souvent à ce qu’il rend invisible : la fluidité des gestes, la justesse des proportions, la qualité des matériaux, la tranquillité du quotidien. Protéger son logement participe de cette même logique. C’est garantir que l’espace dans lequel on vit puisse conserver sa fonction première : offrir un cadre stable, confortable et rassurant.

Avoir une belle maison, un appartement rénové ou un intérieur soigneusement aménagé est une chose. Pouvoir l’habiter sereinement, avec une protection adaptée, en est une autre. C’est peut-être là que se joue aujourd’hui une vision plus complète de l’art d’habiter.

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16/6/2026
Les Roches au Lavandou : la méditerranée, matière première

Au Lavandou, Jean-Baptiste Pietri reconstruit un hôtel historique, à la fois spectaculaire et discret, en renouant avec l'essence même du paysage méditerranéen. Car si certains hôtels regardent la mer, d'autres semblent en avoir été extraits. Reconstruit sous la direction de l'architecte Jean-Baptiste Pietri, l’Hôtel Les Roches ne cherche pas à dominer le paysage. Il s'efface au contraire derrière lui, jusqu'à donner l'impression d'avoir toujours été là.

Accroché à la falaise d'Aiguebelle, face aux îles d'Hyères, cet hôtel emblématique de la côte varoise a longtemps occupé une place particulière dans l'imaginaire méditerranéen. Créé dans les années 1930, il faisait partie de ces établissements dont la réputation reposait moins sur le luxe ostentatoire que sur une relation privilégiée à la mer, à la lumière et au paysage. Au fil des décennies cependant, extensions successives et interventions disparates avaient progressivement altéré la cohérence du lieu.

Lorsque l'heure de sa renaissance sonne, Jean-Baptiste Pietri choisit de ne pas restaurer l'existant. Il préfère reconstruire pour retrouver l'esprit originel du site. Avec l’intelligence, la vison, et la patience des 13 ans nécessaires à ce projet complexe, ambitieux, à fois monumental et, presque, discret.  Une démarche qui pourrait sembler paradoxale mais qui constitue sans doute la clé de lecture du projet : retrouver une évidence perdue.

Les Roches © Nicolas Anetson
Les Roches © Nicolas Anetson

Navire sédentaire

Le premier mérite des Roches est de ne jamais chercher à dominer son environnement. Plutôt qu'un volume unique faisant face à la Méditerranée, l'architecte imagine une succession de bâtiments qui accompagnent la topographie naturelle. L'hôtel se fragmente, se découpe, épouse le relief. Les différents corps bâtis s'insèrent dans la pente comme autant de strates minérales entre la roche et le ciel. Cette fragmentation produit un effet remarquable : le projet ne se découvre jamais d'un seul regard. Il se révèle progressivement, au fil des cheminements extérieurs, des escaliers, des terrasses et des percées visuelles. À chaque niveau, la mer apparaît différemment. L'architecture devient une expérience de parcours plus qu'un objet à contempler. On est ainsi frappé par cette capacité du projet à produire une succession de séquences presque cinématographiques. Ici, une terrasse suspendue au-dessus de l'eau. Là, un mur de pierre qui cadre l'horizon. Plus loin, une faille végétalisée qui laisse pénétrer la lumière. Chaque déplacement modifie la perception du paysage.

Car aux Roches, la Méditerranée n'est jamais un simple décor. Elle irrigue littéralement le projet. Dans le dessin des espaces extérieurs d'abord. Le terrazzo, aux omniprésentes déclinaisons, ondulent comme des lignes de houle, prolongeant symboliquement le mouvement de l'eau jusque dans l'architecture du pont principal. Ce détail, pouvant passer inaperçu, résume pourtant une partie de la grande intelligence du projet : faire entrer le paysage dans le bâtiment plutôt que se contenter de l'encadrer, à l’image du bleu Klein en subtile fil rouge intérieur. La référence maritime apparaît également dans le traitement des terrasses et des débords de dalle. Percés de motifs circulaires, ces éléments en béton fibré ultra-hautes performances filtrent la lumière méditerranéenne tout en évoquant subtilement l'univers naval. Vu depuis les niveaux inférieurs, leur silhouette rappelle parfois celle d'une coque suspendue au-dessus du vide. Cette évocation n'a rien d'anecdotique, les quarante chambres et suites ayant elles aussi été pensées comme des cabines ouvertes sur l'horizon. Car ici, la décoration, c’est la mer, avant toute chose.

Les Roches
Les Roches © Nicolas Anetson
Les Roches

Matières méditerranéennes

Comme dans nombre de ses réalisations, Jean-Baptiste Pietri accorde une attention particulière à la matérialité. Le projet repose sur un dialogue permanent entre deux registres. D'un côté, la pierre de Bormes, massive, rugueuse, profondément ancrée dans le territoire varois. De l'autre, des surfaces minérales plus abstraites, blanches et lumineuses, qui captent les variations du soleil méditerranéen. Le verre aussi, avec le restaurant étoilé L’Oursin (Antoine Gras et Benoit Gornard aux manettes) aux assises de Harry Bertoia (à l’extérieur) et de Aarne Saariner (à l’intérieur) penchées sur la mer et baignées de soleil à 360°.

Cette confrontation évite au lieu de sombrer dans le pastiche régionaliste autant que dans le minimalisme international décontextualisé. Les Roches appartient sincèrement à son territoire sans chercher à reproduire une image folklorique de la Méditerranée.

L'architecture semble ainsi avoir été sculptée davantage que construite. Les murs émergent de la pente. Les terrasses prolongent les strates rocheuses. La végétation accompagne les volumes plutôt qu'elle ne les masque. Tout concourt à brouiller la frontière entre architecture et paysage.

Les Roches
Les Roches
Les Roches © Nicolas Anetson
Les Roches © Nicolas Anetson

Le luxe de la retenue

C'est probablement là que réside l’une des véritables réussites du projet. Longtemps, les établissements de prestige ont cherché à s'affirmer comme des destinations autonomes, détachées de leur environnement immédiat. À l'inverse, Les Roches construit son identité à partir du site lui-même. La roche, la végétation, la pente, les vues et la lumière deviennent les véritables éléments de luxe. Cette approche rejoint une réflexion plus large sur la manière d'intervenir aujourd'hui dans des territoires aussi sensibles que le littoral méditerranéen. Comment construire sans effacer ? Comment transformer sans dénaturer ?

Le projet de Jean-Baptiste Pietri apporte une réponse mesurée à ces questions. Une réponse qui privilégie l'intégration à la démonstration et le dialogue avec le paysage à la recherche d'un geste iconique. Une forme d’évidence que l’architecture contemporaine oublie parfois :  face à certains paysages, le plus beau geste consiste bien souvent à s'effacer.

https://www.hotellesroches.com

https://www.pietriarchitectes.com/categories/projets

Les Roches © Nicolas Anetson
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16/6/2026
La lumière de DCW éditions illumine un cloître vénitien

Jusqu’au 20 juillet, DCW éditions présente l’exposition « Il corpo della materia » à Venise. L’occasion de mettre en avant des produits de l’éditeur dans le cadre historique de l’église gothique Madonna dell’Orto.

Puisse-t-il y avoir meilleur lieu que Venise pour exposer le savoir-faire verrier ? À l’occasion de la première édition de Bel Ouvrage, la marque française DCW éditions et son label 10 HEURES 10 investissent, jusqu’au 20 juillet, le cloître de l’église gothique vénitienne Madonna dell’Orto. Intitulée « Il corpo della materia » (le corps et la matière), l’exposition regroupe une quinzaine de créateurs contemporains et leurs réalisations faisant rayonner les savoir-faire d’excellence. Une mise en lumière imaginée par la commissaire Carole de Bona dans ce décor hérité de la Renaissance. Ici, l’architecture en brique, marquée par le temps, contraste avec la précision formelle du verre et du métal contemporains. Investi sur le principe d’un showroom semi-extérieur, le cloître offre une déambulation marquée par le rythme des colonnades et l’orthogonalité de la cour, mais contrebalancée par les volumes libres des luminaires présentés. Une manière de confronter les époques et les styles, dans un parcours symbolique soucieux de transmettre l’idée d’intemporalité chère à la marque. Une vision qui passe par la fusion de la modernité et de l’héritage. Là où l'architecture est habitée par le design, la lumière, elle, semble lui redonner vie.

Bel Ouvrage 2026 - Venise ©Luca Bonnefille

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