Ouvert depuis le 5 décembre 2022, le nouveau Terminal 1 de l’aéroport Charles de Gaulle ne ressemble en rien au précédent. Un espace totalement réagencé, dont la salle d’embarquement a été imaginée par les designers Hugo Toro et Maxime Liautard. Une mise en beauté qui agit comme témoin de la nouvelle offre lancée par le groupe ADP : Extime.
Inauguré en 1974, le terminal 1 de l’aéroport Charles de Gaulle n’avait jusqu’ici jamais été réhabilité. Imaginée à l’époque par l’architecte Paul Andreux, la structure initiale du Terminal consistait en une architecture circulaire reliée par sept satellites. Sous l’impulsion du groupe Aéroports de Paris (ADP), cette configuration a été quelque peu remodelée pour proposer une configuration en adéquation avec le lancement de leur nouvelle offre de services Extime.
« Plutôt que de faire subir le temps d’attente aux voyageurs, pourquoi ne pas en faire un temps choisi ?« Voici les mots qu’a choisis Caroline Blanchet, directrice marketing du groupe ADP pour expliquer dans les grandes lignes le concept d’Extime. En joignant ainsi les satellites 1 et 3 mais en gardant la structure d’origine, le nouveau Terminal 1 agit en tant que témoin de l’expérience que souhaite proposer Extime. Un nom qui désigne une volonté « d’offrir de l’extratime ou de l’extraordinarytime« .
Et pour arriver à soumettre cet « extratime », les designers internes du groupe ont analysé les besoins et usages spécifiques des voyageurs afin de leur proposer une offre de shopping et de restauration adaptée à leurs envies, leur budget et leurs habitudes. Plus largement, Extime a été pensé comme une marque à part entière dont l’objectif est d’offrir une expérience globale à tous les voyageurs. Un concept sur mesure intégré dans la stratégie globale du groupe ADP qui souhaite l’exporter au maximum, sur les autres terminaux d’abord, puis au sein des aéroports français et internationaux.
Les designers Hugo Toro et Maxime Liautard appelés sur le projet
Et si l’offre d’Extime passe par ses services, l’aménagement de ses espaces a nécessité un travail de réflexion important. Et pour ce faire, le groupe a fait appel aux designers Hugo Toro et Maxime Liautard pour imaginer le nouvel espace d’embarquement du Terminal 1, dont la superficie est de 5600m2. « J’ai voulu créer quelque chose de plus domestique qui soit un hommage à Paul Andreu » explique Hugo Toro. Après trois ans de travaux, le nouvel espace d’embarquement se dévoile sous des codes de brasseries parisiennes, tout en y apportant des touches de nature de manière subliminale à travers les couleurs utilisées, à dominantes de vert et orange.
Création du studio CPRV, la lampe en papier Aplat est désormais éditée par Hay.
Imaginée par le duo français CPRV, la lampe Aplat entre aujourd’hui au catalogue de l’éditeur danois Hay. Une reconnaissance internationale pour ce luminaire en papier, à la fois minimal et sculptural, qui incarne pleinement la philosophie du studio fondé en 2020 par Camille Paillard et Romain Voulet. Dessiné initialement en 2023, le luminaire explore les qualités plastiques du papier de soie. Translucide, légèrement irrégulier, le matériau filtre la lumière et diffuse une lueur douce, évoquant celle d’une bougie. Par un jeu de plis, d’axes symétriques et d’angles nets, la feuille plane se transforme en volume architecturé. Une construction élémentaire, réduite à l’essentiel.
@CPRV
Fidèle à l’approche de CPRV — pour qui le minimalisme relève davantage d’une logique que d’un style — la lampe est livrée à plat et montée par l’utilisateur. Son assemblage intuitif associe un abat-jour en papier à une tige en acier thermolaqué noir et à une base en métal assortie. Un crochet discret permet de la déplacer facilement au gré des besoins. Compatible avec une ampoule LED standard, Aplat est disponible en deux formats (44 ou 66 cm de hauteur). De quoi trouver sa place sur une étagère, un bureau ou un rebord de fenêtre, accompagnant chaleureusement le déclin de la lumière du jour. Avec Aplat, CPRV poursuit son exploration d’un design simple dans lequel chaque détail compte.
Invitation au voyage, la collection Printemps-Été 2026 d’AMPM fait dialoguer intérieur et extérieur dans un esprit épicurien.
Si les beaux jours ne sont pas encore tout à fait là, AMPM met déjà le cap sur l’ailleurs en dévoilant sa collection Printemps-Été 2026. Le voyage s’y affirme comme un véritable état d’esprit. À rebours d’un luxe ostentatoire, la marque privilégie une simplicité épicurienne, lumineuse et apaisée, pensée pour célébrer la saison. Dans la maison, les formes gagnent en épaisseur et en générosité. Les canapés Rosebury, signé Emmanuel Gallina, Tylan ou Giuliano rejouent, avec subtilité, des codes légèrement rétro aux lignes arrondies. Marquées par des coutures apparentes, leurs assises basses et accueillantes imposent une présence douce et structurante. Le fauteuil Jud, capitonné à la main, ou Dilma, en frêne sculpté, affirme un goût pour les courbes fluides et les détails soignés.
Fauteuil de table Moka, vases gris fumé et suspensions @AMPM
La palette convoque des teintes de cactus, d’agave, de cèdre et de romarin, ponctuant une base de tons clairs et naturels, rehaussés çà et là de nuances aquatiques. Cette harmonie chromatique se décline dans les matières : céramique émaillée, verre soufflé bouche ou jacinthe d’eau tressée. À l’image du vase LIMNO ou des collections en grès, les pièces brouillent la frontière entre objet utilitaire et sculpture domestique. Même la table devient terrain d’expression avec le duo plateau Recto et pied Tomto, personnalisable en près de 262 combinaisons.
Canapé bleu de sarcelle et fauteuil café grillé @AMPM
À l’extérieur, jardins et patios prolongent cette quête d’harmonie. Le salon Joeco en teck massif FSC® explore une modularité d’inspiration japonaise ; Leandra associe acier galvanisé et tressage artisanal, tandis que Ripli réinvente l’élégance du mobilier pliant. Bains de soleil aux lignes épurées, assises empilables Ciara et table Aelio aux finitions mouchetées composent un ensemble cohérent. Une continuité sensible entre intérieur et extérieur, qui confirme le rôle d’AMPM comme créateur-éditeur d’un art de vivre contemporain, où la lumière, la matière et le temps retrouvé deviennent les véritables marqueurs du luxe.
Chaises plus table de jardin et suspensions en rotin @AMPM
Le designer Julien Roos livrait en décembre un calice et une patène au Chapitre de Notre-Dame de Paris. Un projet technologique avec à la clé une réinterprétation des codes habituels.
« J’ai fait un bac S parce que j'intellectualise les choses, j’aime comprendre comment fonctionnent », explique Julien Roos, designer discret et cultivé, à qui l’on doit, en guise de premier projet, la table du Conseil des ministres. Une composante d’un aménagement livré en même temps que son DSAA (Diplôme Supérieur d’Art Appliqué) à Olivier de Serres, et imaginé selon « le principe des vertèbres, pour permettre une modularité en fonction du nombre de personnes présentes ». Une approche biomimétique du design, non pas guidée par la science, mais par l’envie de faire un design sensé et avant tout vivant. C’est avec ce prisme que le designer s’est récemment retrouvé intégré au cercle très fermé des créateurs ayant travaillé pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour laquelle il livrait en décembre un calice et une patène.
« Petit, je voulais être historien ou archéologue. » Des rêves qui n’ont jamais vraiment quitté le designer d’aujourd’hui. « Lorsque j’étais en BTS, le sujet du diplôme de fin d’année devait tourner autour de l’idée de la Conservation. Je voulais prendre le contrepied de la conservation matérielle pour partir vers quelque chose immatériel. Et comme il s’agissait alors du centenaire de l’armistice, je me suis lancé dans un projet autour du devoir de mémoire, notamment par le biais du patrimoine bâti comme les monuments commémoratifs. » Un lien constant entre design, Histoire et actualité qui l’amène, deux ans plus tard, en DSAA, à s’intéresser à Notre-Dame de Paris, ravagée par les flammes peu de temps auparavant. « À cette époque, on parlait beaucoup de la reconstruction de la future flèche, et je voyais passer des propositions très contemporaines, parfois même délirantes », se souvient le designer, qui a grandi face à la vaste église de Molsheim, en Alsace. « Je me suis dit qu’il y avait là un défi, à savoir attirer de nouveaux regards et susciter un intérêt, tout en s’inscrivant dans la continuité du lieu. » C’est avec cette idée que le designer rencontre le curé de son village qui, de fil en aiguille, l’amène à faire la connaissance de Caroline Morizot, du Comité diocésain d’art sacré. C’est cette dernière qui lui propose de concevoir un calice et une patène à destination du Chapitre de Notre-Dame, une instance religieuse en charge de la couronne d’épines.
Vaguement familier avec les principes religieux, le designer se plonge dans la lecture de textes sacrés et spécialisés sur le trésor, tout en écoutant de musiques médiévales. « Je voulais comprendre les symboles et les représentations pour imaginer quelque chose de neuf. C’était la première fois que le Chapitre faisait appel à un designer plutôt qu’à un orfèvre, car il ne voulait pas du Viollet-le-Duc revisité, mais un objet nouveau et surtout fonctionnel. » Une volonté claire, formalisée dans un cahier des charges sommaire : des objets réalisés dans une matière précieuse et durable, visibles de loin mais facilement manipulables.
Comme dans chacun de ses projets, Julien Roos cherche à concilier la vocation symbolique de l’objet et la notion de vivant. « Lors de ma visite de la cathédrale en chantier, j’ai été marqué par les motifs floraux et les bourgeonnements omniprésents. Assez vite, l’idée de la couronne d’épines s’est imposée. » Dans la chambre de son appartement parisien, le designer, également influencé par les lignes organiques des créations de Noé Duchaufour-Lawrance et de Mathieu Lehanneur, réalise quatre prototypes en impression 3D. À chaque itération, les voûtes s’affirment, tandis que le piètement évidé, pensé pour plus de légèreté, évolue jusqu’à rappeler inconsciemment la forme polylobée des ornements médiévaux.
Au-delà du dessin, la modernité du projet se manifeste aussi dans sa conception. « On ne m’avait pas donné de budget précis, mais il fallait que le coût reste raisonnable malgré l’utilisation d’une matière précieuse et une fabrication complexe. » Julien Roos collabore finalement avec MMB volum-e. « Après une première proposition de fabrication en impression 3D titane, nous avons finalement privilégié un usinage CNC en laiton pour faciliter les finitions et permettre l'application d'une dorure. » Une technique purement mécanique, mais réalisée par une Entreprise du Patrimoine Vivant, précise le designer, pour qui le savoir-faire manuel reste essentiel. Nécessitant d’être régulièrement refait, un revêtement en or ou en argent à rapidement été écarté au profit d’une finition palladiée, plus résistante. « Il n’avait sans doute jamais été utilisé pour des objets liturgiques, mais son rendu gris chaud qui reflétait les pierres de la cathédrale m’a immédiatement séduit. » Réalisés par l’atelier de dorure Bertin Aubert, le calice et la patène sont ensuite microbillés. « Je ne voulais pas d’un effet miroir qui aurait nui à la lisibilité des lignes, mais pas non plus d’un rendu totalement mat, au risque de perdre la préciosité de l’objet. Le microbillage a justement permis d’obtenir cet aspect satiné que l’on voit aujourd’hui. »
À mi-chemin entre des lignes très tirées, franches et géométriques rappelant la culture scientifique de Julien Roos et un univers plus organique inspiré de la nature, ce projet offre une vision représentative de son travail mêlant artisanat et technologie, et répondant finalement à l’ambition d’une tradition modernisée.
Julie Richoz aime travailler sur des projets avec des marques et des éditeurs à l’identité prononcée. Attirée par la tangibilité dans les objets qu’elle conçoit, elle oscille entre édition en série, expositions en galerie et projets de résidence.
« Si je devais trouver un fil rouge entre tous mes projets, je dirais que j’ai à coeur de comprendre quels sont les outils de fabrication, la manière de transformer la matière et de trouver un langage qui découle de ce savoir. » Passée par l’ÉCAL de Lausanne en design industriel, la designer Julie Richoz, qui a vécu entre la France et la Suisse, d’où elle est originaire, propose des projets toujours plus éclectiques, animée par la volonté de créer des projets appliqués et applicables. « J’aime travailler sur des projets d’expérimentation et de recherche, mais ça me tient vraiment à coeur que ça soit appliqué et qu’il y ait ce côté très tangible. » Tout juste diplômée, elle remporte le concours de la Villa Noailles en 2012 qui lui permet de gagner en visibilité et d’obtenir une bourse de la galerie kreo ainsi que deux résidences, à l’Atelier de Sèvres et au Cirva. Au même moment, elle rejoint l’atelier de Pierre Charpin, qu’elle assiste pendant trois ans avant de se lancer à son compte.
Qu’il s’agisse d’Hay, de la Manufacture Cogolin, de Tectona ou d’Alki, dans tous ses projets, l’exploration de la matière et l’histoire de la marque avec laquelle elle collabore sont essentielles. « Ce qui me fait accepter un projet, c’est de sentir que les marques ont une spécialité et sont passionnées par leur métier. Quand l’histoire est intéressante, j’essaie de trouver quel est l’esprit de la marque pour le retranscrire ensuite dans les objets. »
Avec l’éditeur italien Mattiazzi, elle expérimentait pour la première fois le bois avec le tabouret et le bol Pipaio, dévoilés en 2023, suivis de la collection Bibolina avec Alki en 2024, également axée sur le bois, complétée début 2026 par une série destinée au bureau, intitulée Bibolina Office. Des projets distincts, mais qui ont révélé chez la designer un attrait pour le détail de cette matière. « J’ai été fascinée par toutes les manières de connecter les pièces entre elles grâce à des découpes particulières. Je trouvais beau que ces joints dissimulés dans l’objet soient révélés et permettent d’apporter un décor sur la surface de l’objet. » Avec Vitra, elle présentait début 2024 le Colour Frame Mirror, un objet qu’elle voulait chaleureux. « J’avais envie d’apporter un peu de substance à l’objet et d’être dans l’antithèse en termes de matérialité en sortant de la plaque de verre froid pour arriver à ce bois avec des veines visibles et aux angles légèrement arrondis. »
Collection Bibolina Office, Alki, 2026
Résidences et expositions
Hormis ses collaborations, Julie Richoz aime s’adonner à des expériences de matières en prenant notamment part à diverses résidences. En 2022, elle part en Grèce avec La Società delle Api pour imaginer et dessiner les chambres de la résidence Porta Rossa. Inspirée par l’histoire de la petite île de Kastellórizo, sur laquelle elle se trouvait, la designer imagine des pièces qui mettent en valeur cette île connue pour ses échanges commerciaux et notamment textiles. « Je trouvais ça assez beau de tourner autour de cette histoire de matières textiles et de montrer à quel point cela peut permettre d’exprimer la diversité des cultures. » Elle imagine des pièces de mobilier habillées de textiles ainsi qu’une échelle, qui retient l’attention de Didier Krzentowski, directeur de la galerie kreo.
Restés en contact depuis sa bourse obtenue à la Villa Noailles, qui lui avait permis d’éditer la suspension Dyade en 2013 ainsi que plusieurs vases pensés lors de sa résidence au Cirva, c’est dans le cadre cette fois d’une exposition sur le thème des échelles qu’il fait appel à elle et édite, en 2022, l’échelle en bambou O’Step. À la galerie Signé, elle avait présenté fin 2024 sa première exposition solo intitulée « Fabric ». Une exposition de recherche entre lumière et matière qui présentait quatorze configurations de lampes enveloppées de différents textiles (soie, coton, laine de costume…). « Je voulais une série de lampes avec la même structure mais en variant les matières pour les bases, les tiges et le choix du textile pour créer des personnalités différentes. »
Légende : Exposition "Fabric" à la Galerie Signé, 2024
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