Samuel Accoceberry, de l’omnipotence du designer

Samuel Accoceberry, de l’omnipotence du designer

En juin 2021, Samuel Accoceberry exposait au sein de Maison Molière, à Paris, ses graphismes, version tapis ou version dessins, à saisir sous l’œil averti de Karine Scherrer de la galerie The Art Design Lab. Depuis trois ans, il fait partie de tous les Top 100, Top 50 ou même Top 20. La pandémie ne l’a pas empêché de travailler, d’éditer et de finaliser des projets qu’il avait « en attente », mais aussi d’initier de nouvelles collaborations. Depuis son studio du 13e arrondissement ou depuis Biarritz, il peaufine ses produits avec passion et avec un engagement de tous les instants. Verre, bois, métal, textile n’ont pas de secret pour lui.



Portrait de Samuel Accoceberry © Alexandre Delamadeleine

Il est né à Bordeaux, a étudié le design à La Souterraine et a décroché son diplôme de designer à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Nancy. En 2008, il présente un projet d’étagère « souple » avec le VIA et se fait remarquer, après quelques années de collaboration dans des studios milanais et parisiens : Arik Levy, Antonio Citterio ou Rodolfo Dordoni. En 2010, il crée son propre studio et commence alors à collaborer avec différentes marques telles que Alki, Aéroports de Paris, Staub… puis son carnet d’adresses s’étoffe peu à peu : Bosc, Flexform, La Boite Concept, Widatic en passant par Laudescher.

Flexform, table Benjamin (hommage à Walter Benjamin), collection Flexform Mood, 2018.
LAUDESCHER, Bamboo Wave / Linea 3D 18, 2018.
BOSC, sofas Contis, 2019 © MITO

Les tissages Moutet : « de la collection à l’identité »

Juste avant l’été, il vient de lancer une collection de linge de table avec les tissages Moutet : « Ça faisait un petit moment que j’avais identifié la qualité de leur travail à travers des produits découverts à Biarritz. Ainhoa, Arcachon, Biarritz, c’est mon triangle d’or avec Paris. Les tissages Moutet fabriquent à Orthez et distribuent sur la côte, dans les musées nationaux et internationaux. Ils font aussi de nombreuses collaborations avec des restaurateurs tel que Michel et Sébastien Bras, père et fils, à la Halle aux grains à Paris au sein de la Bourse de Commerce, pour qui ils réalisent les tabliers, les torchons et les liteaux. Je suis allé les rencontrer il y a un peu plus d’un an et je suis arrivé au bon moment puisqu’ils étaient en train de travailler sur le label IG, identité géographique. Il existait une belle affinité entre mon attache au pays basque et le savoir-faire historique de Moutet (une entreprise centenaire) en terme de linge basque. Catherine Moutet et son fils Benjamin m’ont donc laissé carte blanche pour réinterpréter le linge basque dans ses codes, sans les transgresser. La collection ETXE (« la maison »), décline nappes, torchons, serviettes… dans des couleurs identitaires du pays basque mais pas seulement. » Elle est en vente sur le site internet et va suivre dans toutes les boutiques qui distribuent Moutet.

Tissage Moutet, collection Fatxada, 2021
© Clément Herbaux
Tissage Moutet, collection Fatxada, 2021
© Clément Herbaux

Dans la suite immédiate, il a été missionné à la refonte de l’identité de la marque, son aspect graphique, son logo, à la façon de présenter le produit, de le distinguer des autres éditeurs basques. Comment faire la distinction entre du Moutet, du Jean Vier, du Lartigue ou de l’Artiga.

« Une nappe basque fait toujours son effet. Les produits sont vendus dans des magasins très choisis. Ils n’ont cependant pas de magasins en propre. On trouve des textiles Moutet presque plus facilement en Allemagne, en Angleterre, aux USA qu’à Paris. Or les textiles Moutet, c’est une histoire de famille. Benjamin Moutet est de la cinquième génération d’une famille de commerçants qui vendait des produits de la région. En rachetant un atelier de fabrication, ils ont lancé leur propre marque Moutet qui a vraiment explosé pendant la période après-guerre et a suivi l’histoire du textile avec une légère perte de position avec l’arrivée des produits en fibre synthétique venant d’Asie. Une collaboration avec Hilton Mc Connico dans les années 90 initiée par Catherine Moutet avait permis de relancer la marque. Benjamin Moutet, qui a fait des études de commerce a décidé de reprendre la maison, il y a 4 ans, avec sa mère. Ils ont consolidé la marque en initiant de nombreux projets dont l’IG faisait partie, mais aussi l’initiative de la création d’une filière du lin en Béarn. Il a lancé cette IG qui certifie une fabrication française à Orthez. Lartigue qui a son siège à Ascain fait fabriquer à Oloron-Sainte-Marie. Moutet et Lartigue sont montés au créneau pour avoir l’IG. La matière, première qui est le coton, est acheté brut, et teint pas loin de Pau, à Nay, localement, et ensuite tissé par les machines de Moutet pour un made in local basco-béarnais. Benjamin Moutet a initié un projet de redéveloppement de lin local, pour une partie de la production des tissus, dans le but de renforcer l’approche vernaculaire de la marque. »

Tissage Moutet, collection Lerroa, 2021
© Clément Herbaux
Tissage Moutet, collection Fatxada, 2021
© Clément Herbaux

Mobilier urbain et mobilier vertueux

Abris voyageurs
Syndicat des Mobilités d'Agglo du Pays Basque Adour, 2019

Le projet de mobilier urbain a été piloté par le syndicat des mobilités Pays Basque Adour, un regroupement de communautés de communes sur Biarritz, Anglet, Bayonne, Tarnos. Il s’agissait de développer un abri voyageur sur les arrêts emblématiques de chaque commune (mairies) de la nouvelle ligne de Tram’Bus, en complément du mobilier JCDecaux déjà disposé. Un projet installé partiellement à ce jour, proche de la mairie de Bayonne, de Biarritz et d’Anglet.

La collaboration avec Kataba date de 2018 mais les produits ont été lancés il y a un an et demi. « C’est une petite maison d’édition dont le propos est de faire du mobilier vertueux en réduisant fortement l’impact carbone ou en recyclant ce qui est possible. Les entreprises qui ont des bureaux à La Défense achètent, consomment du neuf mais certaines au bout de deux, trois ans, décident de déménager, bennent alors tout et se réinstallent ailleurs avec un nouveau mobilier. VALDELIA, organisme avec lequel nous collaborons étroitement, récupère beaucoup de choses et c’est alors qu’avec Kataba nous donnons un nouveau cycle de vie à ces meubles usagés ou à ces matériaux. » L’éditeur Kataba (du nom de la petite scie japonaise souple qui permet de faire les finitions), lancée par Luc Monvoisin, fait réaliser les structures en chêne massif en Touraine dans un petit atelier et tout ce qui est plateau est alors récupéré, rhabillé, ou reteinté, avec de nouvelles finitions pour repartir comme s’ils étaient neufs. Une initiative verte par le porte-monnaie car cela permet à certaines entreprises de défiscaliser une partie de ces équipements.

Nebula, KATABA, 2019
Nebula, KATABA, 2019

Actuellement, cela est peut-être lié à la période post-Covid, mais Samuel a développé plus de projets de design industriel que de mobilier. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration étant restée totalement à l’arrêt pendant plusieurs mois, la rénovation est allée bon train. Son mobilier équipe un hôtel à Biarritz. Mobilier urbain, des produits pour des startups dans le milieu du digital, il développe actuellement un dispositif avec un chercheur en acoustique qui est incubé au CEA du plateau de Saclay, ou une solution de pointe avec une start-up qui œuvre dans le secteur du laser de pointe. A la limite du design, de l’art, de l’innovation et de l’artisanat, Samuel prend plaisir à produire différentes typologies d’objets vendus aux quatre coins du monde. Des collaborations à travers lesquelles il privilégie toujours le rapport humain, la curiosité et l’échange.

Boucles • dessins
THE ART DESIGN LAB, 2020
Boucles • dessins
THE ART DESIGN LAB, 2020
Boucles • dessins
THE ART DESIGN LAB, 2020
Boucles • dessins
THE ART DESIGN LAB, 2020

Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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20/5/2026
Barber Osgerby : la fin d’un duo majeur du design britannique

Après plus de trente années de collaboration, Barber Osgerby annonce la fermeture prochaine de son studio londonien. Une décision qui marque la fin de l’un des partenariats les plus influents du design britannique contemporain.

Edward Barber et Jay Osgerby expliquent vouloir désormais poursuivre leurs recherches respectives à travers des structures indépendantes. « Après plus de trente ans de travail commun, cela nous semble être le bon moment pour commencer à travailler indépendamment à travers nos propres studios », déclarent-ils.

Fondé au milieu des années 1990, Barber Osgerby s’est imposé comme l’un des studios les plus emblématiques de la scène internationale grâce à une approche mêlant rigueur industrielle, expérimentation sur les matériaux et sens sculptural des formes. De la chaise Tip Ton pour Vitra aux projets menés pour Knoll, B&B Italia, Flos ou Venini, le duo britannique a contribué à redéfinir le langage du design industriel contemporain, entre innovation technologique et sobriété formelle.

Le studio s’était également illustré dans des champs plus transversaux, du mobilier à l’architecture intérieure, en passant par le design d’objets, les installations et les recherches sur les procédés de fabrication. Une diversité revendiquée par les designers eux-mêmes, qui évoquent « un parcours inattendu, créativement et entrepreneurialement ».

Cette séparation ne s’apparente toutefois pas à une rupture brutale mais plutôt à une évolution naturelle d’un tandem devenu, au fil des décennies, une référence majeure du design britannique. Barber et Osgerby affirment ainsi rester « extrêmement fiers de tout ce que Barber Osgerby a créé » et remercient l’ensemble des collaborateurs, fabricants, institutions et équipes ayant participé à cette aventure.

Une page importante du design européen contemporain se tourne ainsi, tandis qu’une nouvelle séquence s’ouvre pour les deux créateurs.

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8/5/2026
Triennale de Milan 2026 : quand le neuf cultive ses fondamentaux

Cette année encore, la Triennale accueillait de beaux événements dans le cadre de la Design Week de Milan 2026. Mais plus qu'un simple lieu d'exposition, cet incontournable de la capitale lombarde est surtout un lieu chargé d'Histoire dans lequel le design continue de s'incarner au travers d'une programmation dense.

La Milano Design Week 2026 marque un tournant. Face à une inflation visuelle parfois saturante, la ville semble revenir à ses fondamentaux avec une culture de la mémoire du design héritée du XXe siècle. L’objet n’est jamais pensé isolément, mais comme l’aboutissement d’un projet global mêlant architecture, usage, esthétique et vision sociale. Certaines villes racontent leur histoire à travers leurs monuments ; Milan la raconte aussi à travers ses archives. Qu’il s’agisse de dessins, de maquettes, de photographies, de notes ou de prototypes, elles révèlent tout ce qui précède l’œuvre achevée et en conserve le potentiel. La Triennale de Milan incarne pleinement ce mouvement.

Mais la Triennale, c’est quoi ?

Plus qu’un centre d’exposition, le Palazzo dell’Arte (Triennale de Milan) est un bâtiment moderniste conçu en 1933 par Giovanni Muzio comme un véritable centre culturel multifonctionnel et transdisciplinaire. Dès l’origine, il réunissait des salles d’exposition, un théâtre, un restaurant, un bar, un centre d’archives et même …un night-club.
Depuis 2019, le lieu se réincarne sous l’impulsion de Stefano Boeri, président de la Triennale, de Carla Morogallo, directrice générale et de Luca Cipelletti à la direction architecturale.
Déjà en 2024, cet espace culturel a inauguré le centre des archives « Cuore – Research, Study and Archives Center », un espace consacré à la recherche, à la mémoire et à l’innovation. Installés au rez-de-chaussée du Palazzo dell’Arte, ces 400 m² à gauche en entrant dans le hall, accueille chercheurs, étudiants, visiteurs, fondations et universités. Accessible gratuitement, Cuore remet au centre le travail de recherche qui nourrit l’ensemble de la programmation de la Triennale. Fort de décennies d’expositions nationales et internationales, elle est devenue un important centre documentaire et patrimonial. Ses réserves contiennent des livres et revues, des archives graphiques, photographiques et audiovisuelles, mais aussi près de 2 900 pièces d’architecture comme des dessins, des plans, des maquettes et d’autres documents liés aux projets réalisés au Palazzo dell’Arte et dans Milan depuis 1933. Mais l’institution conserve également des fonds de figures majeures du design italien comme Andrea Branzi, Alessandro Mendini ou Ettore Sottsass pour ne citer qu’eux.

Voce Triennale ©delfino_sl dsl__studio

Une réhabilitation discrète mais exemplaire

Le réaménagement du Palazzo dell’Arte accompagne cette nouvelle orientation. L’objectif est ainsi de moderniser le bâtiment tout en redécouvrant l’esprit original imaginé par Giovanni Muzio en 1933.
Trois axes structurent cette transformation : retrouver l’esprit et préserver ce patrimoine du rationalisme italien des années 30, améliorer ses performances énergétiques sans oublier de rendre les espaces plus accessibles, flexibles et contemporains.
La restauration remet en valeur les qualités architecturales du lieu avec par exemple la réouverture des perspectives (notamment sur l’escalier hélicoïdal de Muzio dans l’espace Cuore), l’allègement des dispositifs techniques, la restauration de la lumière zénithale grâce la remise au jour de la toiture en briques de verre et la réintégration des châssis des ouvertures d’origine. Les nouvelles installations techniques presque invisibles (isolation, chauffage), fluidifient considérablement la lecture de l’espace.
En 2025, le lieu s’est ouvert à de nouveaux usages. On note notamment le retour du café et du restaurant (Cucina) à leur emplacement historique, côté parc, mais aussi l’ouverture de Voce - un espace consacré à la musique et aux arts performatifs - et de Gioco espace créatif pour enfants.
À travers cette transformation, la Triennale rappelle aussi que ce qui fait la singularité créative de Milan demeure sa capacité à faire dialoguer rationalisme, héritage moderniste et postmodernité poétique.

Par la qualité de ses expositions, de ses mises en espace et de sa restructuration architecturale, la Triennale s’affiche davantage comme un bâtiment vivant, évolutif, hybride, qu’un monument figé. Il donne à vivre le design en racontant les trajectoires de celles et ceux qui le produisent, en interrogeant ses usages, sa portée critique, sa dimension sociale et la joie quotidienne qu’il peut encore apporter. Les noms simples, humains et élégants choisis pour caractériser les divers secteurs le prouvent : Cuore, Cucina, Giocco et Voce.
Alors la Triennale de Milan ? À voir et à revoir !

Cucina ©Triennale Milano ©Delfino Sisto Legnani-DSL Studio

Les expositions 2026

Andrea Branzi — Continuous Present
Scénographie : Toyo Ito
Jusqu’au 4 octobre 2026
L’une des expositions majeures de cette édition est consacrée à Andrea Branzi, penseur, poète, designer inclassable et figure centrale du design radical italien. Un infatigable passeur d’une manière de « vivre poétiquement le monde », faite de tolérance et de fiction critique.
Conçue comme un hommage par Toyo Ito — ami proche et compagnon de pensée -, l’exposition explore la vision critique et profondément humaniste de Branzi. Intitulée Continuous Present, elle exprime son opposition à une modernité mécanique, rationalisée et uniforme.
On y retrouve les grands thèmes qui traversent son œuvre : architecture sans murs, hybridation entre nature et ville, transformation permanente, rencontre et adaptabilité, refus des systèmes figés…
Chez Branzi, la déconstruction n’est jamais nihiliste. Elle ouvre au contraire un espace pour l’émerveillement. Son idée du « présent continu » évoque une ville et un monde en perpétuelle évolution où la joie, l’optimisme, sont un devoir moral et social. La leçon est à retenir !
La mise en espace fluide et presque organique de Toyo Ito prolonge avec justesse cette pensée.

Andrea Branzi By Toyo Ito. Continuous Present Installation view. Photo Andrea Rossetti ©Triennale Milano



Lella and Massimo Vignelli. A Language of Clarity
Scénographie : Jasper Morrison
Jusqu’au 6 septembre 2026
Comme un contrepoint au design post-moderne critique de Branzi, mais tout aussi joyeux et optimiste, la Triennale présente une grande rétrospective consacrée à Lella et Massimo Vignelli.
Connus pour leur interprétation rigoureuse du rationalisme moderniste d’inspiration suisse, les Vignelli ont profondément marqué, entre Milan et New York, le graphisme et le design international des années 60 au passage au XXIème siècle.
L’exposition mise en espace par le studio Jasper Morisson rassemble un large corpus de pièces emblématiques. Elle montre comment leur travail cherchait toujours à révéler une logique claire, colorée et universelle, qu’il s’agisse d’un plan de métro, d’un livre, d’un meuble ou d’un bijou.
Leur œuvre rappelle qu’au-delà du style, le design peut avant tout constituer un langage de clarté, capable de s’adresser à un public extrêmement large, loin de toute vision élitiste.

Photo Delfino Sisto Legnani_dsl__studio © Triennale Milano

The Eames Houses - Lancement du Eames Pavilion System
En partenariat avec Kettal
Jusqu’au 10 mai 2026
L’exposition The Eames Houses s’appuie sur un vaste travail de recherche d’archives consacré aux projets résidentiels construits ou non, de Ray et Charles Eames. Une vision de l’architecture modulaire, préfabriquée et profondément humaine appuyée sur un large corpus de documents.
Pour les Eames, la maison n’est jamais un objet figé, mais un système adaptable, capable d’articuler vie quotidienne, modularité et production industrielle. Leur architecture développe une synthèse singulière entre rationalisme moderniste, préfabrication fonctionnelle et sensibilité organique inspirée de l’esthétique japonaise. C’est notamment dans la relation fluide entre intérieur et extérieur, pensée au service du climat et des espaces californiens, que l’on retrouve cette dernière.
Cette réflexion se prolonge aujourd’hui à travers le lancement du Eames Pavilion System, développé avec Kettal sous la direction d’Eckart Maise, collaborateur historique de l’Eames Office. Le système repose sur des modules structurels répétitifs associés à différentes toitures et façades permettant de multiples configurations, du petit pavillon à la maison complète.
Le projet réactive ainsi l’une des idées fondamentales des Eames : penser l’architecture comme un système évolutif plutôt que comme une forme définitive.

Eames Pavilion System ©Eames Office x Kettal



Alphabet — Le design de Edward Barber & Jay Osgerby
Jusqu’au 6 septembre 2026
L’exposition investit le bel espace de la Design Platform qui, à la suite de l’importante rénovation architecturale et fonctionnelle du Palazzo dell’Arte, prend désormais place dans la grande zone ouverte sur le jardin, anciennement occupée — malencontreusement — par le café de la Triennale.

Le parcours chronologique de l’exposition met en évidence l’évolution progressive, du milieu des années 1990 jusqu’à aujourd’hui, de leur « alphabet stylistique ». Un travail rigoureux porté sur la couleur, les courbures techniques, les géométries angulaires et la précision constructive.
Parmi les pièces majeures exposées, signalons la torche olympique des Jeux de Londres 2012, les tables Iris pour Established & Sons, la lampe Tab pour Flos et plusieurs commandes spéciales et projets expérimentaux. Par ces pièces, l’exposition montre comment leur travail conjugue à l’exigence industrielle et à la maîtrise artisanale, la sophistication technique croissante.

Edward Barber & Jay Osgerby. Alphabet, Installation view. Picture Matteo Pasin ©Triennale Milano
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13/5/2026
La collaboration pop d'Audemars Piguet et Swatch

Avec Royal Pop, Audemars Piguet et Swatch réinventent la montre de poche à travers une collection en biocéramique colorée, inspirée du Pop Art et de l’iconique Royal Oak.

La haute horlogerie prend ses libertés. Avec Royal Pop, Audemars Piguet et Swatch signent une collection capsule de huit montres de poche qui détourne les codes traditionnels du garde-temps. Inspirée de la Royal Oak de 1972 et des Swatch POP des années 1980, cette série en biocéramique transforme la montre en accessoire nomade. Cette dernière se porte désormais autour du cou, accrochée à un sac, glissée dans une poche ou posée sur un bureau grâce à un support amovible. Entre objet de mode et micro-architecture portable, Royal Pop propose une nouvelle manière de porter et d’exposer le temps. Déclinée en huit modèles, de l'épurée Huit Blanc à la très graphique Ocho Negro, en passant par les palettes acidulées de Green Eight, Blaue Acht ou Otto Rosso, la collection joue la carte d’une identité forte pour chaque pièce.

©Audemars Piguet et Swatch

Le mouvement pop

La collection revendique pleinement l’héritage du Pop Art avec ses couleurs franches, ses contrastes graphiques et son esprit ludique. Les codes esthétiques de la Royal Oak — lunette octogonale, vis hexagonales, décor “Petite Tapisserie” — sont ici réinterprétés dans une écriture plus expérimentale. Le modèle Huit Blanc, dont chacune des huit vis adopte une couleur différente, évoque directement l’univers d’Andy Warhol, tandis que Orenji Hachi ou Otg Roz poussent encore plus loin les jeux chromatiques. Derrière cette énergie visuelle se cache pourtant une réelle sophistication technique : les boîtiers en biocéramique biosourcée, un mouvement mécanique SISTEM51 entièrement automatisé et 90 heures de réserve de marche. Avec Royal Pop, Audemars Piguet et Swatch démontrent que le luxe contemporain peut désormais conjuguer excellence industrielle, culture populaire et liberté créative.

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11/5/2026
Young Scène Ouverte : un soutien à la jeune création

Jusqu’au 6 juin, la galerie Scène Ouverte, située rue Bonaparte dans le 6e arrondissement, expose sept talents de son programme d’accompagnement intitulé Young Scène Ouverte.

Lancé en 2025, le programme d’accompagnement Young Scène Ouverte (YSO), à l’initiative de la galerie Scène Ouverte, fondée et dirigée par Laurence Bonnel depuis 2016, a pour objectif d’offrir une visibilité à de jeunes créateurs contemporains, tant sur le marché qu’aux niveaux financier et créatif. Ils sont environ une trentaine à faire partie du programme, au sein duquel ils restent généralement pendant un an et où chaque designer et créateur a la possibilité de tester et d’expérimenter la matière sous toutes ses formes afin de créer des pièces inédites.

Plus largement, ce programme entend encourager ces jeunes artistes à affiner leur univers créatif, allant parfois jusqu’à révéler des vocations. « Le but est d'accompagner leur savoir-faire, l'artisanat et les matériaux utilisés vers quelque chose de plus noble, et d’aller vers une plus grande exigence dans l’exécution et les mécanismes. C’est d’autant plus important pour ces jeunes designers : ne plus avoir de contraintes leur permet de se libérer des limites qu'ils peuvent avoir en temps normal. » Pour cette édition, sept artistes aux visions très différentes, mais non moins cohérentes, sont exposés au sein de la galerie jusque début juin.

Julia Chehikian

Basée à Marseille, Julia Chehikian imagine et fabrique ses pièces au sein de son atelier. Des créations fortement inspirées de la Provence, de sa chaleur, de ses couleurs et de la mer, que la designer souhaite ancrées localement. Elle fait ainsi appel à des artisans de la région ainsi qu’à une tapissière pour concevoir des pièces aux lignes épurées et minimalistes, imaginées dans des matériaux capables de traverser le temps.

Table Piscine © Flaneur Studio

Apolline Morel

Résidente au BBDMA, Apolline Morel s’est d’abord formée au verre à la HEAR de Reims avant de poursuivre un master à l’ECAL en design et artisanat du luxe. Elle crée son studio en 2024 et décide d’explorer la pâte de verre et ses vertus. Au sein de la galerie, elle présente des luminaires jouant sur la transparence et offrant des jeux de lumière qui font vivre l’objet différemment selon l’endroit où l’on se place dans l’espace.

Lampe Anthénors citrine © Flaneur Studio

Orre Studio

Studio fondé par Jules et Sarah, respectivement formés à la peinture artistique et à l’ébénisterie, Orre Studio propose des pièces à la croisée du design et des arts décoratifs. Ensemble, ils conçoivent des créations imaginées de A à Z, en reprenant notamment des techniques artisanales anciennes liées à la fabrication de carreaux. Entre recherche de formes plus contemporaines et travail sur les matières, Orre Studio présente ainsi deux miroirs et une console particulièrement travaillés et aboutis.

Miroir Alcoa © Flaneur Studio

Rinke Joosten

Diplômée de l’Académie Willem de Kooning aux Pays-Bas, la céramiste Rinke Joosten fonde son studio en 2018. C’est notamment durant ses études qu’elle explore les matérialités, et particulièrement le lien entre céramique et verre soufflé, devenu central dans son travail. Plus largement, elle accorde une importance particulière au processus de production artisanale des pièces. Son projet Momentum fait ainsi le lien entre les matériaux et le geste humain, pour des pièces au rendu unique.

Projet Momentum © Flaneur Studio

Clémence Mars

Passée par l’école Duperré en design puis formée en scénographie à l’école des Arts Décoratifs, Clémence Mars fait partie de ces designers qui aiment explorer toute l’étendue de leur créativité. Mais c’est pour la transparence du verre que la designer s’est prise de passion, notamment à travers un travail de superposition des pièces. Après une expérimentation de la résine, elle s’est tournée vers le verre grâce à l’accompagnement de la galerie, donnant naissance à des pièces architecturales et élégantes.

Luminaires Little House Ghosts n°3 et 4 © Flaneur Studio

Faustine de Longueuil

À la croisée de l’artisanat, du graphisme et de l’art contemporain, le travail de Faustine de Longueuil s’inspire notamment de Mario Botta mais également de Étienne Robial. Travaillant exclusivement avec de la laine 100 % française issue de la filature Fonty, l’artiste textile fait le choix d’un matériau durable et proposer des pièces associant une forte esthétique graphique à un jeu de symétrie et formes géométriques.

Tapis C002 © Flaneur Studio

Bérénice Gentil

Architecte et céramiste de métier, Bérénice Gentil a développé une pratique d’ornemaniste dans laquelle la céramique devient langage. Elle propose ainsi des pièces sculpturales qui semblent traverser les époques, en s’appropriant cette pratique de façon contemporaine, et proposer des créations qui puissent embrasser l’espace au sein desquels elles prennent place.  

© Flaneur Studio
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