Euroluce 2025 : et la lumière fût !
Luce Sferica et Luce Cilindrica, design : Ronan Bouroullec pour Flos © Gianluca Bellomo

Euroluce 2025 : et la lumière fût !

De retour après deux ans d’absence, Euroluce a mis en lumière de nombreuses nouveautés, au sein d’installations soignées et des stands parfois impressionnants, pour des réalisations de toute envergure et surtout, pour notre plus grand plaisir.

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Logé dans les halls 2, 4, 6 et 10 du Rho FieraMilano en périphérie milanaise, Euroluce faisait son retour, après avoir laissé sa place l’an dernier à EuroCucina. Avec plus de 302 500 visiteurs recensés pour cette 63e édition, le Salone del Mobile continue de confirmer sa légitimité et son importance en tant que manifestation majeure du design au niveau international. Sur les 2 103 exposants présents, Euroluce en comptait 306, avec des éditeurs établis et incontournables, mais également de nouvelles marques qui faisaient leurs débuts sur le salon. Zoom sur les marques et réalisations qui ont retenu notre attention.

La plus complète : Flos

C’est au sein d’un stand de plusieurs centaines de mètres carrés, niché dans le hall 10 et scénographié par Formafantasma, que Flos a pris place pour y présenter ses nouveautés. Intitulée « The Light of Mind », l’installation, divisée en plusieurs pièces, plaçait les luminaires au centre de l’espace — et c’est peut-être finalement le seul élément qui compte ?

Collection Nocture, design : Konstantin Grcic © Gianluca Bellomo

Parmi les réalisations présentées, Luce Sferica et Luce Cilindrica, imaginées par Ronan Bouroullec, mêlent savoir-faire industriel et élégance. Le designer allemand Konstantin Grcic dévoilait Nocturne, un ensemble d’éclairage modulaire et sculptural, disponible en deux formats, avec des versions à poser, en suspension et en applique. Michael Anastassiades signe quant à lui une réalisation aussi énigmatique que poétique avec Linked, un système de suspension à crochets qui se révèle comme une sorte de chaîne lumineuse suspendue. Enfin, Erwan Bouroullec présente Maap, une « toile lumineuse » qui peut être façonnée à la main, pour offrir toujours plus de créativité et de modularité.

Linked, design : Michael Anastassiades pour Flos © Gianluca Bellomo

La plus célébrée : Martinelli Luce

Pour sa participation à Euroluce, Martinelli Luce présentait ses nouveautés, mais arrivait également avec deux grandes actualités. En parallèle du Salone, la marque inaugurait son premier showroom milanais, en plein cœur du centre-ville. Mais ce n’est pas tout : la marque de luminaires célébrait également les 60 ans de l’iconique Pipistrello de Gae Aulenti. À cette occasion, une version blanc mat a été éditée, avec une gravure spéciale et numérotée sur les 200 premiers exemplaires de chacune des trois versions — classique, moyenne, mini.

Lampe Pipistrello, design : Gae Aulenti déclinée en une version blanche mat pour célébrer les 60 ans de la lampe iconique © Diego Laurino

En parallèle, la marque dévoilait plusieurs nouveautés, comme Grammoluce de Min Dong et Habits Design, qui pose une question : « et si la lumière avait un poids ? » Une réalisation en verre borosilicaté recouvert de tissu Lycra®, qui, une fois déformé par des sphères en verre posées dessus, offre une intensité lumineuse différente. Côté outdoor, on retiendra la collection Brim d’Andrea Steidl, déclinée en version simple ou double à poser, ou en applique. Enfin, Dud de ZPStudio joue sur les formes avec des appliques dynamiques.

Lampe Grammoluce, design : Min Dong et Habits Design © Martinelli Luce

La plus rythmée : Vibia

Sur un stand aux allures de palais de sable, la marque espagnole Vibia s’est démarquée par la diversité et l’ingéniosité de ses produits. Autour de son programme « Shaping Atmospheres », la marque présentait des réalisations réparties selon plusieurs concepts : Lumière dynamique, Conductivité, Expérience intérieure et extérieure, et Matérialité & lumière chaude. Parmi les réalisations marquantes de cette édition, on retient : Duna de Cecilie Manz, Asia d’Antoni Arola Aray Lineal, ou encore Offset de Xuclà. Il est évidemment que le virage créatif pris par la marque, reconnue pour son savoir-faire technique de la lumière, porte clairement ses fruits.

Collection Duna, design : Cecilie Manz © Vibia

La plus inattendue : Marset

La marque catalane Marset s’est offert un stand riche en nouveautés. Parmi elles, la lampe modulable Fragile de Jaume Ramírez, déclinée en version suspension et applique. Autre coup de cœur : la lampe colorée Gambosa de Mathias Hahn, en acier, qui apporte une touche vive et une diffusion homogène de la lumière. Pour l’extérieur, on retiendra la collection Domus de Joan Gaspar, très géométrique, disponible en trois tailles pour jouer sur les effets lumineux.

Gambosa, design : Mathias Hahn pour Vibia © Intramuros

La plus colorée : Foscarini

Présente à la fois dans le off et au sein d’Euroluce, la marque vénitienne Foscarini a proposé son lot de nouvelles réalisations dans un stand aussi coloré que ses créations. Elle présentait quatre nouvelles suspensions : Allumette de Francesca Lanza, Asteria d’Alberto et Francesco Meda, Étoile de Dordoni Studio et Tilia de Francesca Lanzavecchia.

Chandelier Tilia, design : Francesca Lanzavecchia pour Foscarini © Intramuros

Francesco Meda signe une seconde collaboration avec la série de lampes Alicudi, Filicudi et Panarea, équilibrant artisanat et production industrielle. Dordoni Studio propose également l’applique Torche, qui, comme son nom l’indique, prend la forme d’une lampe torche, laissant passer la lumière aux deux extrémités pour une diffusion élargie.

Torche, design : Dordoni Studio pour Foscarini © Intramuros

La plus poétique : Lasvit

La marque tchèque Lasvit, spécialisée dans le luminaire en verre, a offert un spectacle visuel et artistique avec son installation « Soaked in Light », explorant le lien entre l’eau, la lumière et le bien-être humain. L’impressionnante Splash de Martin Gallo fascine autant qu’elle surprend, presque comme une stalactite lumineuse. Patrick Jouin, avec Vera, propose une œuvre brute qui traduit la nature à travers deux techniques de verrerie artisanale : le verre technique et le verre fusionné.

Splash, design : Martin Gallo © Lasvit

La plus architecturale : Genuit

Lancée par le designer italien Alessandro Zambelli, Genuit propose des installations lumineuses alliant design, technologie et architecture. À Euroluce, elle présentait entre autres Vertigo, un système de connexion ludique et technologique inspiré des combinés téléphoniques des années 1980. Par la lumière, l’installation symbolise la transmission des émotions et la communication.

Neon Vertigo, design : Alessandro Zambelli © Genuit

La plus industrielle : Davide Groppi

Avec l’installation « Il Bianco, il Nero e lo Specchio » (Le Blanc, le Noir et le Miroir), Davide Groppi explorait ce qu’il appelle les trois âmes de la lumière : la lumière elle-même, l’obscurité et la magie. Les luminaires sont souvent fixes et intimes, comme Mia ou TaO, mais parfois ludiques, à l’image de Race of Lights, qui évoque un circuit automobile où la lumière se déplace librement selon les envies. Enfin, la série Set offre des jeux de lumière intéressants grâce à des spots orientables verticalement.

Lampe à poser Mia © Davide Groppi

Une chose est sûre : cette édition d’Euroluce n’a pas manqué de nous surprendre, révélant des installations ambitieuses à la hauteur des nombreuses nouveautés présentées. Derrière ces réalisations, entre design et innovations lumineuses, se dessine une tendance de fond : celle d’une lumière plus modulable, plus expressive, et surtout plus consciente de son rôle au quotidien. Les marques l’ont bien compris : le futur de l’éclairage devra conjuguer connexion, émotion et durabilité.

Rédigé par 
Maïa Pois

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5/10/2026
Maison & Objet : « Japan Wood x Craftsmanship », un stand dédié à l’artisanat japonais

Sur le salon Maison & Objet en septembre, les savoir-faire traditionnels japonais liés au travail du bois ont été mis à l’honneur sur le stand « Japan Wood x Craftsmanship ». L’occasion de valoriser des techniques traditionnelles, parfois vieilles de plusieurs siècles, témoignant d’un artisanat minutieux, précis et profondément ancré dans la culture japonaise.

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« Notre principal objectif en venant en France est de montrer l’intégrité de l’artisanat japonais du bois et de promouvoir ces savoir-faire. Nous souhaitions également mettre en avant le caractère durable du bois que nous cultivons », expliquait Yohei Kato, responsable du stand. Véritable symbole de la culture japonaise, le bois occupe une place importante dans le quotidien au Japon. Pour sa première participation au salon, le stand avait une mission claire : valoriser les savoir-faire japonais liés au travail du bois à travers les techniques traditionnelles de fabrication, mais aussi les objets qui en découlent. De l’emblématique boîte à bento aux seaux à champagne, en passant par des bols ou encore des poupées kokeshi, le stand présentait une grande variété d’objets et d’accessoires.

© Intramuros

Valoriser les savoir-faire traditionnels

Au-delà de la matière elle-même et des objets proposés, l’accent était avant tout mis sur les savoir-faire et les techniques liés au bois, pour la plupart transmis de génération en génération. Plusieurs de ces artisanats étaient représentés sur le stand, chacun associé à une région spécifique du Japon : l’Odate Magewappa - une technique de cintrage du bois - originaire d’Akita ; le Hakone Yosegi-Zaiku - une technique de marqueterie de bois - provenant de Kanagawa ; les objets laqués d’Ishikawa ; ou encore les poupées kokeshi de la région du Tohoku. Le stand présentait également des créations plus contemporaines, notamment du mobilier, avec des chaises ou des tabourets, témoignant des applications actuelles du bois dans le design.

© Intramuros

Sur place, l’artisan Yoshimasa Shibata proposait aux visiteurs de découvrir directement la technique du cintrage du bois en présentant plusieurs étapes de fabrication d’une boîte à bento. Yoshimasa Shibata est l’un des 16 seuls artisans certifiés « Traditional Craftsmen » au Japon spécialisés dans le magewappa, ces petites boîtes en bois cintré. Une certification qui nécessite au minimum douze années d’expérience pratique dans la fabrication. Développé comme artisanat il y a environ 400 ans et transmis depuis de génération en génération à partir de cèdre d’Akita cultivé localement, le magewappa se définit avant tout par sa technique de cintrage. Le cèdre naturel d’Akita est assoupli dans une eau chauffée à plus de 80 °C, puis courbé en un seul mouvement continu, guidé uniquement par le toucher et le savoir-faire de l’artisan.

© Intramuros

Une manière de faire découvrir au public ces savoir-faire encore relativement méconnus. Plus largement, l’initiative visait à encourager le dialogue et à favoriser de potentiels partenariats avec des acteurs européens, autour de produits existants comme de nouvelles pièces adaptées à des usages plus contemporains. Le stand présentait également des produits récompensés par le Wood Design Award, qui distingue des créations mettant en valeur les qualités et l’attrait du bois, témoignant ainsi de la manière dont les techniques japonaises sont aujourd’hui transposées dans le design contemporain. « L’objectif de notre participation est de favoriser les échanges et les rencontres susceptibles de déboucher sur des partenariats avec des entreprises européennes, entre autres. Nous sommes également ouverts à la possibilité d’exporter du bois japonais », ajoutait Yohei Kato.

Développer la culture du bois au Japon

Au-delà de la valorisation des savoir-faire, le stand souhaitait également mettre en lumière la relation qu’entretient le Japon avec ses forêts et la manière dont celles-ci sont gérées. En effet, près de 70 % du territoire japonais est recouvert de forêts, dont environ 40 % sont des forêts plantées. Celles-ci représentent 8 % de la superficie totale des forêts plantées dans le monde, ce qui place le Japon à un niveau particulièrement élevé à l’échelle internationale. Une situation qui témoigne d’une longue tradition de reboisement, les arbres étant replantés après leur exploitation afin de renouveler les ressources forestières. Le bois s’inscrit ainsi dans une logique circulaire : il absorbe du CO₂ au cours de sa croissance, nécessite relativement peu d’énergie pour être transformé et continue de stocker du carbone une fois devenu un produit fini.

© Intramuros

Cette approche environnementale est étroitement liée aux savoir-faire présentés sur le salon. Les qualités naturelles du matériau, notamment son parfum, ses capacités de régulation thermique et d’absorption de l’humidité ou encore ses propriétés anti-bactériennes ouvrent également la voie à de nouveaux usages. Entre préservation de techniques séculaires, gestion responsable des ressources et applications contemporaines, le stand défendait ainsi une approche du bois où artisanat et durabilité avancent de pair.

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21/9/2026
Les lauréats du France Design Impact Award 2026

Le France Design Impact Award a dévoilé, le 18 septembre à Paris, les lauréats de sa deuxième édition. Le palmarès 2026 récompense, parmi plus de 200 projets, des réponses concrètes aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques.

Dévoilés le 18 septembre à l’Hôtel de l’Industrie à Paris, les lauréats du France Design Impact Award 2026 ont été sélectionnés parmi près de 200 candidatures. Présidé par la designer Ionna Vautrin, le Grand Jury a distingué 40 projets nominés selon leur capacité à produire des impacts environnementaux, sociaux et économiques tangibles. Créé dans le prolongement des Assises du Design de 2019, le prix entend rendre visible la contribution du design aux transformations de la société. Cette deuxième édition confirme surtout une évolution de son périmêtre. Moins centré sur l’objet fini, le design agit ici sur les usages, les infrastructures, les comportements et les systèmes.

C'est d'ailleurs dans l'optique de renforcer ces recherches transversales que Le France Design Impact Award passe désormais à un rythme biennal. Les candidatures pour l’édition 2028 ouvriront en novembre 2026. Mais d'ici là, retour sur les projets récompensés cette année, tant dans les secteurs de la mobilité et de la santé, que du réemploi ou de l’adaptation climatique.

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Catégorie impact environnemental

Prix Empreinte réelle — Déploiement du tri sélectif dans les espaces de transport, RATP. Le projet adapte 6 200 poubelles existantes du métro et du RER à la collecte multiflux, évitant leur remplacement.

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Prix Futur durable — Sea Blocks, Aurore Torrigiani & Olivier Meynard. Des modules de récifs artificiels low-tech, fabriqués à partir de coproduits marins, associent restauration des écosystèmes et sensibilisation du public.

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Catégorie impact social

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Prix de la cohésion sociale — Gamme SRT (Self Rehabilitation Technology), Distorsion & Dessintey. Des dispositifs ludiques et immersifs favorisent l’autonomie des patients et augmentent le temps de pratique en rééducation.

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Prix des transitions sociétales — Boxer 37.1, 37 Degrés. Ce boxer de contraception masculine thermique, réversible et durable, propose une nouvelle solution contraceptive et interroge le partage de la responsabilité contraceptive.

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Catégorie impact économique

Prix Solutions d’entreprise — Véhicule intermédiaire, Æmotion. Ce véhicule électrique à quatre roues se positionne entre le deux-roues et la voiture, avec un châssis de 79 cm de large et 80 % de pièces locales.

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Prix Solutions du quotidien — Mât Source®, Coopérative Mu & Water Connect. Cet équipement urbain multifonction associe point d’eau, brumisation et ombrage pour répondre aux fortes chaleurs tout en maîtrisant la consommation d’eau.

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Catégorie impact en faveur des transitions

Prix de la réinvention — [board], Entreautre. Une plateforme électrique modulaire permet d’adapter un même véhicule à plusieurs usages professionnels et de limiter la multiplication des véhicules.

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Prix de l’optimisation — InfraSystem®, Grégoire Borach, Procédés Chénel International & Iwoodlove. Ce système de structures intérieures démontables et réutilisables associe tubes en carton, connecteurs en peuplier et éléments en acier.

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Prix de la médiation — WALDI, Studio Cynara & Parc naturel régional des Vosges du Nord. Cet abri forestier en douglas local est conçu comme un kit assemblable par les bénévoles du Club Vosgien.

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Prix de l’engagement — Open Printer, Opentools. Cette imprimante open source, fabriquée à partir de composants standards et conçue pour être réparée, reçoit également le Coup de cœur du public, avec 5 117 votants.

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Prix de la transmission — Footing vertical, Tamim Daoudi & MBS Industry. Un système d’assistance mécanique permet à des personnes âgées ou en situation de handicap de pratiquer l’escalade en salle.

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Grand Prix

Le Grand Prix France Design Impact Award 2026 est attribué à 200 écarts, porté par EDF Pulse Design. Le projet développe pour SEI Guyane des kits solaires autonomes destinés aux villages isolés de Guyane, afin de remplacer les groupes électrogènes diesel par une production et un stockage d’énergies renouvelables. Le projet a été distingué pour son approche combinant impacts environnementaux, sociaux et économiques.

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Prix Espoir

Nouveauté 2026, la catégorie Espoir distingue des projets émergents encore en phase amont de développement ou de développement, afin de mettre en lumière des démarches dont le potentiel d’impact pourra contribuer demain aux transitions environnementales, sociales et économiques. Cette année, cinq projets ont été retenus :

- Vers une Pratique Gynéco Éthique de Juliette Ferry

- Demos d’Anaïs Cart

- Projet Chaleur de Lucile Sauzet

- Structures Standards de Laurine Schott et Collectif 17h25

-Histoires d’eau : quels usages par les habitants ? de Kenza Drancourt.

Parmi les cinq Lauréats Espoir, Projet Chaleur de Lucile Sauzet reçoit le Prix Espoir. Le projet s’empare d’un enjeu devenu très concret, les conséquences du changement climatique et de la chaleur. Ce projet apporte à la fois des réponses simples tout en faisant de l’exposition un outil de transmission et de sensibilisation.

Temps de lecture
30/9/2026
Artek x Hender Scheme : la patine du temps

Le finlandais Artek et le japonais Hender Scheme présentent une première collaboration autour du vieillissement naturel des matériaux et du pouvoir esthétique du temps.

Notre attachement à certains objets ne s’explique pas par leur valeur intrinsèque, mais par leur histoire. Celle qui cause l’usure et attaque parfois la forme, voire la fonction. C’est avec cette question du temps qui passe en toile de fond qu’Artek et Hender Scheme se sont associés. Spécialiste du mobilier en bois cintré depuis 1935, la marque finlandaise avait amorcé en 2024 un nouveau tournant en tolérant, à l’occasion d’une collection avec le studio Formafantasma, les défauts du bouleau dans ses assises. Un rapport au naturel que la société, fondée par Aino et Alvar Aalto, interroge cette fois-ci avec un fabricant de chaussures et d’accessoires en cuir, le japonais Hender Scheme.

Suspension ©Artek x Hender Scheme

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La valeur du temps

Si les objets sont façonnés par l’industrie qui les fait naître, cette collection entend montrer qu’ils continuent de vivre entre les mains de leurs utilisateurs. En faisant du cuir tanné végétal l’élément central de cette collaboration, les marques proposent un nouveau revêtement qui se patine naturellement avec le temps. Un rapport sensible à la vie des meubles qui confère aux pièces leur unicité. De ce choix naît aussi un échange entre les deux entreprises. La première introduit le langage stylistique du couple Aalto dans un univers codé et japonisant, lorsque l’autre importe son savoir-faire en dotant le célèbre Stool 60 de souliers de cuir. Un clin d’œil qui met en valeur le piètement en L caractéristique de la célèbre assise.

Tabourets Stool 60 avec « chaussures » ©Artek x Hender Scheme

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« New Craft » ou le concept d’un artisanat technologique

Cette nouvelle connexion est également l’occasion pour Hender Scheme de développer son concept de « New Craft ». Une idée selon laquelle l’artisanat et la technologie moderne se rencontrent et fusionnent au service de nouvelles réalisations. Parmi elles, la suspension A330 Golden Bell, dessinée par les Aalto. L’abat-jour en laiton est pour l’occasion réinterprété en cuir moulé. La technique traditionnelle du moulage humide est associée à l’impression 3D pour offrir de nouvelles qualités visuelles et tactiles sans altérer la forme initiale. Une proposition forte en écho au traitement plus classique du cuir valorisé sur différentes typologies dont une horloge, un porte-clés et des dessous de verre reprenant la forme courbe « Riihitie », imaginée par Aino Aalto. Dévoilés au London Design Festival, ces objets seront disponibles à la vente à partir du 10 octobre.

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Ci-dessous de gauche à droite : dessous de verre et horloge

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30/9/2026
« Under Pressure » : Marie et Alexandre exposent à la galerie signé

Jusqu’au 10 octobre, le duo Marie et Alexandre présente à la galerie signé l’exposition « Under Pressure », dans laquelle la pression est explorée sous plusieurs aspects : dans les techniques et les matières employées, mais aussi, plus largement, dans leur rapport à la création.

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« L’idée derrière cette exposition était de travailler la pression un peu différemment, en utilisant des techniques diverses, avec cette idée d’explosion rapide, et de réussir à les allier toutes ensemble. » Pour cette exposition, le duo de designers formé en 2018 a choisi de faire de la pression son point de départ. Le titre, « Under Pressure », fait notamment référence à l’hydroformage, un procédé industriel dans lequel la pression de l’eau permet de donner forme au métal. Au sein de la galerie, Marie et Alexandre présentent ainsi des pièces façonnées par différentes forces et contraintes, réalisées en collaboration avec plusieurs artisans spécialisés. Mais la pression ne désigne pas seulement ici une technique de façonnage. Elle devient également une condition de création, exercée par la matière, par le temps, le doute, les choix parfois irréversibles ou encore la volonté de faire apparaître quelque chose qui n’existe pas encore.

Exposition "Under Pressure", collection de Vases en céramique émaillée, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

Allier techniques et savoir-faire

Au sein de l’exposition, qui réunit une dizaine de pièces, les designers se sont associés à différents artisans pour explorer la pression sous toutes ses formes. Avec Antoine Giret, ils présentent ainsi une console, un système d’étagères et une chaise autour d’un travail de l'aluminium fondé notamment sur la vibration de la matière et la création de systèmes. Accompagnés par Jean-Marie Foubert, ils ont imaginé une collection de vases en céramique, déclinés en versions simple et double ainsi qu’en différents formats. Avec le verrier Simon Rio, ils sont allés vers un autre registre en imaginant une table basse dont le plateau est en verre thermoformé. Enfin, avec l’atelier Blam - notamment connu pour avoir participé à la réalisation du cheval mécanique apparu lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 -, ils ont imaginé une table sur piston ainsi qu’un médaillon en métal et feuille d'argent dont la forme naît directement de la contrainte exercée sur la matière. Ce dernier sera ensuite destiné à rejoindre la Cité du design de Saint-Etienne, récemment inaugurée.

Exposition "Under Pressure", médaillon et table sur piston, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

À travers cette exposition, Marie et Alexandre semblent faire évoluer leur langage formel vers davantage de retenue. Les formes se resserrent et les moyens se réduisent, sans pour autant perdre leur fonction et leur intensité. Un moyen finalement pour le duo de questionner son propre processus créatif.

Exposition "Under Pressure", chaise et système d'étagères en aluminium, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin
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