warren & laetitia : quand le design fait bonne impression
Applique Mina / Double Bougeoir 2.21 / Lampe à poser Gigi, design : warren&laetitia

warren & laetitia : quand le design fait bonne impression

Le studio warren & laetitia, qui célébrait ses cinq ans en décembre, fabrique divers objets en plastique recyclé grâce à l’impression 3D, depuis son atelier parisien. Un parti pris que le duo revendique fièrement et qui leur a permis de développer une identité créative forte.

« Dès qu’on réfléchit à un objet, on doit anticiper le fait qu’il va être imprimé en 3D et donc le concevoir pour qu’il s’adapte à ce mode de fabrication. » Warren Blauvac et Laëtitia Bou Acar se rencontrent sur les bancs de la fac à la Sorbonne et découvrent l’impression 3D dans le cadre d’un processus de prototypage et décident de pousser le processus plus loin. « C’était un mode de fabrication intéressant, car il nous permettait d’obtenir rapidement des objets en volume. Nous avons pu assez vite nous équiper d’une machine et commencer à créer en petite quantité, depuis chez nous et à moindre coût » explique le duo.

Bougeoirs 2.20, design : warren&laetitia

En 2020, ils créent leur studio et lancent leur premier objet : le double bougeoir, qui a la particularité, comme son nom l’indique, d’avoir un double usage. Il peut en effet servir de chauffe-plat ou de chandelle selon son inclinaison. Depuis, ils conçoivent toutes sortes d’objets du quotidien, du pot à crayons Henri au calendrier Joe, en passant par la collection de vases Alvarò. Et si se spécialiser dans l’impression 3D a été une évidence pour eux, utiliser un matériau recyclé  et recyclable l’était tout autant. Ils privilégient ainsi le rPLA ou encore le r-PETG, des plastiques issus du recyclage d’emballages alimentaires ou de bouteilles en plastique.

Pot à crayons Henri, Vase Alvarò XL et Bougeoir 2.20, design : warren&laetitia

Jouer sur les assemblages de pièces

Très vite, warren & laetitia s’intéressent aux luminaires. Mais, contraints par la taille des pièces qu’ils peuvent concevoir, ils imaginent des modèles à assembler en plusieurs éléments. La suspension Gigi, initiée en 2021 et devenue l’un de leurs best-sellers, est ainsi proposée en quatre versions différentes. Celles-ci sont toutes composées des mêmes pièces, interchangeables et modulables. Ce qui fait varier la lampe, c’est la manière dont les éléments sont assemblés. « On aime créer des luminaires, il se passe quelque chose de particulier avec ces objets lumineux. Ce que nous recherchons, c’est surtout que les gens puissent s’approprier leur lampe et avoir l’impression que les possibilités sont infinies. »

Suspension Gigi, design : warren&laetitia

La version en applique, Mina, a ensuite été développée en deux tailles et trois couleurs différentes, tandis que la Gigi a quant à elle été déclinée en lampe à poser. Toujours en luminaire, ils dévoilaient en septembre 2024, le modèle d’appoint Nour, très différent de ceux qu’ils avaient proposés jusqu’ici, et pouvant s’adapter à tous les usages. Début mars, ils présentaient leur nouvelle suspension Romi qui, dans le même esprit que Gigi, se compose de plusieurs pièces modulables en trois configurations.

Lampe à poser Nour, design : warren&laetitia

Repousser les limites de l’impression 3D

Aujourd’hui, le studio gère sa production grâce à 45 machines semi-automatisées qui tournent en permanence. Une production à l’échelle du studio, qui a tout de même permis de fabriquer 6 000 lampes en 2024. « Nos objets sont composés de plusieurs éléments, avec une approche un peu totémique, ce qui nous permet de proposer des pièces plus imposantes que ce que nos machines pourraient produire en une seule fois. » Et opter pour l’impression 3D présente des avantages, mais implique aussi des contraintes. Bien que le duo anticipe au maximum le design de ses objets pour qu’il corresponde aux exigences de leurs machines, le risque zéro n’existe pas. Pour autant, se confronter à ces défis techniques est une véritable motivation. « Il est généralement compliqué de créer des objets avec de grandes parties en porte-à-faux. Comme ils sont creux à l’intérieur, il faut jouer avec les réglages. Mais nous aimons ce challenge : pousser la technique à l’extrême pour voir si nous parvenons à obtenir une forme inédite. » Une problématique qui s’était notamment posée avec la patère Amy, en raison de la complexité de l’assemblage entre la pièce imprimée et l’élément en bois.

Série de patères Amy, design : warren&laetitia

Une volonté de repousser les limites qui s’accompagne finalement d’une ambition grandissante, celle de concevoir des pièces encore plus grandes et, pourquoi pas, tester d’autres matériaux. « Nous aimerions un jour créer un lampadaire, voire aller encore plus loin. Nous avons bâti toute une identité autour de l’impression 3D, mais pas seulement. Il y a aussi un véritable travail sur la couleur et la modularité des pièces qui sont des aspects que nous souhaitons continuer à développer. »

Rédigé par 
Maïa Pois

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8/9/2026
Hall haus fait sa rentrée chez Monoprix

Pour cette rentrée, Monoprix invite Hall Haus à signer une collection de mobilier et d’objets décoratifs empreints d’une esthétique industrielle. À cette occasion, nous avons posé trois questions à Sammy Bernoussi, cofondateur du studio parisien.

Porté par un univers mêlé d'influences hip-hop et sportives, Hall Haus présente sa collaboration avec Monoprix. Première d’ampleur pour le studio, la collection distille un style industriel dans l’air du temps sur un large éventail de meubles et d’objets dédiés à la maison. Une approche contemporaine dont nous parle Sammy Bernoussi, l’un des quatre cofondateurs du collectif.

Hall Haus est souvent associée à une esthétique industrielle marquée par des plaques d’acier ajourées. Pourquoi avez-vous souhaité conserver ce parti-pris dans cette collection ?

Certes, on retrouve des plaques avec des trous, mais il me semble que nous nous sommes tout de même un peu détachés de cela en créant un pont avec Prisunic. Et ça passe notamment par des tubes cintrés. On avait déjà expérimenté cette technique, mais c’était difficile pour nous car nous avions de petits volumes de production. La collaboration avec Monoprix a ouvert de nouvelles portes formelles, mais aussi matérielles avec le chrome, excessivement cher sur des séries réduites. Par ailleurs, le fait de collaborer avec Monoprix nous a aussi donné l’opportunité de créer une vraie gamme complète. Esthétiquement on voulait qu’elle reflète nos créations passées, mais aussi ce que nous n’avions pas encore eu la chance de voir aboutir. On parle beaucoup de Bahaus aujourd’hui, donc ça nous amusait de mélanger les structures tubulaires de Breuer avec notre ADN. Cette collection est un mélange d’historique et de notre propre langage, notamment coloré. Pour rappel, Hall Haus vient des halls d'immeubles et de ce que renvoient ces espaces en termes de collectivité, mais la deuxième partie du nom et surtout une évocation de notre sensibilité pour le courant moderniste du Bahaus.

Monoprix - Hall Haus

La collection s’impose par ses nombreuses typologies différentes. Pourquoi ?

On a vraiment eu carte blanche pour ça. L’idée de départ était de proposer les essentiels de la rentrée puisque nous arrivions début septembre. On voulait qu’un étudiant puisse meubler son nouvel appartement avec du beau et pour pas cher. Qu’il puisse mettre peut-être 10 euros de plus pour avoir une pièce customisée. Il me semble que l’on a dessiné plus de 45 objets au départ pour finalement n’en fabriquer que 27. Nous avons sélectionné des typologies accessibles, mais nous avons aussi décidé d’en hybrider d’autres. Par exemple, nous avons enlevé le sèche-linge, mais des barres ont été ajoutées sur le paravent pour lui donner une nouvelle fonction d’étendoir. En découle un objet intéressant pour les petits appartements. En fait, je suis convaincu que chacun peut trouver une pièce utile pour son appartement.

Avec vos créations précédentes, les collectionneurs étaient habitués à la couleur. La collection que vous proposez semble pourtant faire l’éloge de la sobriété ?

C’est vrai que les créations du studio sont souvent personnalisables dans des couleurs vives, mais pour notre collaboration avec Monoprix, il fallait rationaliser. On a enlevé le rose, nous avons gardé le bleu uniquement pour le caddie et avons opté pour le jaune et le beige qui est un ton neutre et continu d’être très demandé. Et après nous avons simplement rehaussé la collection d’un petit peu de rouge en référence à Monoprix. Avec la base moderniste en chrome, nous étions très libres pour le choix des couleurs, donc ça s’est avéré très naturel.

Monoprix - Hall Haus
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11/9/2026
« take one just in case » : repenser le bazar

Pour la Paris Design Week, Pierre Castignola et Alexandre Delasalle rassemblent les travaux de 27 designers au sein de l’exposition « take one just in case ». Un hommage aux typologies oubliées, parfois devenues incongrues, et aux styles inattendus.

Si la Paris Design Week tient à célébrer le design dans toute sa diversité, ce dernier demeure une notion relativement fermée. C’est sur la base de ce constat qu'Alexandre Delasalle et Pierre Castignola ont imaginé, pour cette édition de septembre, une exposition célébrant des typologies alternatives. « Au fil des années et des éditions, nous étions frustrés de constater que les pièces présentées sont généralement les mêmes, allant de la chaise à la table en passant par le miroir. Or, mon esthétique pop-culture et les objets usuels mais très classiques de Pierre ne rentrent pas dans les codes du design postmoderne », analyse Alexandre Delasalle. Convaincu que le secteur est plus foisonnant que ce qu’il laisse entrevoir, le duo a donc imaginé une exposition célébrant des objets délaissés.

Un rassemblement hétérogène

Pour les aider à illustrer cette diversité, les deux amis ont invité 27 profils différents, designers comme artistes, à retravailler des archétypes d'objets. « À l’origine, Pierre et moi avions pensé à des objets comme une roulette à pizza ou un seau, car ce sont des objets qui n’ont pas de nom dans le design. Le premier est généralement habité par autre chose, comme la forme d’un super-héros ou une couleur décalée, tandis que le deuxième est oublié au point de devenir le degré zéro de l’écriture. » Deux approches opposées, l’une bruyante et l’autre silencieuse, rapidement augmentées par les visions propres aux autres créatrices et créateurs. Du gant de vaisselle en cuir réalisé par Alice Clermont au dévidoir de papier toilette industriel signé Tim Teven, en passant par une boîte en céramique surmontée d’un collier à clous imaginée par l’artiste plasticien Sacha Lefèvre, les démarches, parfois très littérales ou plus incarnées, s’entremêlent au sein de l’exposition. « Ce qui nous semblait le plus important, c’était d’établir un corpus qui soit en capacité de nous surprendre. Globalement, on connaissait tous les profils de plus ou moins loin, mais nos discussions et réflexions nous permettent aujourd’hui d’exposer des objets très différents, qu’ils aient été conçus spécialement pour l’événement ou non. »

Un bazar créatif

Inspirés par la multitude d’objets invisibles qui habitent nos rangements, Alexandre Delasalle et Pierre Castignola se sont intéressés aux bazars. « Ce sont des espaces qui regroupent des éléments très contradictoires, allant du classique pouvant durer une vie, comme une poêle, à des choses très fortes mais parfois très éphémères, comme des pantoufles. » Reprenant ainsi l’idée de ces marchés, le lieu d’exposition, anciennement un garage, a été façonné tout en longueur. « Ce qui était intéressant, c’est que la notion de bazar n’est pas la même d’un pays à un autre. J'ai en tête celui de Belleville, mais pour d’autres créateurs il peut s’agir de chaînes de magasins comme Action. En revanche, l’idée d’une petite façade avec des allées longitudinales est commune. Nous voulions donc avoir cette idée de pénétrer l’espace », détaille Alexandre Delasalle. En accord avec cette vision, l’espace d’exposition laisse place à un long rayonnage central sur lequel dialoguent une balayette néo-futuriste et un mini-ventilateur baroque tout droit sorti d’un Disney. « La scénographie est bricolée avec des parpaings et des racks de rangement, mais elle sert le concept. C’est cette accumulation d’un certain nombre d’objets qui donne au bazar son esprit, et non pas l’inverse. Et c’est cette idée qui confère à “take one just in case” quelque chose de polyphonique », conclut le designer.

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8/9/2026
Paris Design Week : la création chinoise s’expose à Paris

À l’occasion de la Paris Design Week, la scène créative chinoise investit plusieurs lieux de la capitale. Du Palais-Royal au Marais, trois rendez-vous témoignent d’une création en mouvement, entre héritage culturel, expérimentation et nouveaux usages.

Longtemps associée à la production, la Chine affirme aujourd’hui une autre place dans le paysage international du design. À Paris, designers, artistes, architectes et éditeurs dévoilent à l’occasion de la Paris Design Week trois espaces aux approches multiples, loin d’une esthétique unique, mais réunies par une attention portée aux savoir-faire, à la matière et au dialogue entre héritage et création contemporaine.

Wu Bin donne forme au temps

Au coeur des jardins du Palais-Royal, la signature du designer et architecte d’intérieur Wu Bin est présenté à travers Le Pavillon du Temps du 9 au 17 septembre. Réalisée en acier inoxydable poli miroir et enveloppée d’une membrane inspirée du papier de Xuan, la structure évolue avec la lumière et les mouvements de son environnement. Divisé en trois segments, le pavillon se transforme au fil de la journée en un cadran solaire contemporain, à la frontière de l’art, du design et de l’architecture.

Le Pavillon du Temps, Wu Bin

Le « bon goût » selon la création chinoise

Du 10 au 14 septembre, le China Creative Pavilion réunit une vingtaine de marques et talents au sein de la Paris Design Week Factory. Sous le thème « Bon Goût ! Good Taste ! », le parcours interroge les relations entre esthétique, sensations et usages. Parmi les projets présentés, Anta s’associe à l’artiste Liu Tong autour d’une installation en papier inspirée de sa technologie ANTA FOLD, tandis que SDCC transforme des céramiques rejetées de Jingdezhen en revêtements architecturaux, conjuguant savoir-faire porcelainier et économie circulaire.

© SDCC

Quand l’art rencontre le quotidien

Enfin, l'exposition "Form Before Form", présentée à l’Espace AUBE du 9 au 19 septembre, marque les débuts européens de YUAN, un projet fondé à Pékin par Song Tao. Céramique, peinture, art floral et installations organiques s’y rencontrent autour d’une vision du design envisagé comme le prolongement d’une recherche artistique et d’une manière d’habiter. La céramiste Du Qinfen y présente notamment YUAN Collection 01, qui transpose son vocabulaire artistique dans des objets du quotidien.

Exposition "Form Before Form" à l'espace AUBE 
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8/9/2026
Intramuros #229 : Second Life

Nous avons longtemps confondu nouveauté et progrès. Comme si avancer supposait nécessairement de remplacer. Comme si un objet, un matériau ou un bâtiment perdaient toute valeur dès lors qu’ils avaient déjà servi. Cette logique a façonné nos intérieurs autant que notre économie : produire, séduire, vendre, oublier. Puis recommencer. Encore et encore. Désormais, le réel nous oblige à regarder autrement ce qui existe déjà. Il ne s’agit pas de renoncer à créer, encore moins de céder à une quelconque nostalgie.

Mais, au contraire, d’élargir le territoire du projet. Réparer, transformer, réemployer, reconditionner, détourner. Tous ces gestes demandent autant d’intelligence que l’invention ex nihilo. Peut-être même davantage. Car composer avec l’existant impose des contraintes, une histoire et, parfois, des cicatrices. Le designer ne part plus d’une page blanche. Aujourd’hui, il écrit la suite.

Sommaire

Design 360

Design Story

Second life, L’âge de la deuxième matière

Dans les mailles d’Iranzo

Maximum, la matière en changement d’état

James Shaw : Agrégats colorés

Issey Miyake, expérience biophilique

Furniture for Good : la matière reprend forme

Sander Wassink, faire avec

Lucie Gholam, reconstruire un récit

Rikkert Paauw, composer avec l’existant

SEA LÍA : chirurgie plastique

.Oddity Fragrance, design parfumé

Dirk van der Kooij, la mémoire du plastique

ecoBirdy : à hauteur d’enfant

Semper & Adhuc, le temps repris

hors-studio, matières premières

deco.and, extravagant silence

Re-design, (Ré)incarner l’objet

Éditeurs, conscience collective


Matières

Fab.BRICK, refaire le mur

Antonin Mongin, la fibre design

Loumi Le Floc’h, lumière d’été

Rezign, le textile réinventé

pierreplume, les fibres du réemploi

Kami-Kami, quand la matière change de statut

In-situ

Ce qui est déjà làOne Yard, d’une industrie à l’autre

K5 : Valeur constante

Atelier Craft, Histoires inédites

Experimenta

Laboratoire des pratiques durables : quand la matière redessine le projet

In the Air

Salon Artisans d’Excellence : la matière à l’honneur

Concours Technogym x Intramuros : les lauréats de la deuxième édition

Hyline : invisibiliser les frontières

Studio MTX, quand la broderie change d’échelle

EquipHotel : les temps forts de l’édition 2026

Agenda

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