Design

Qu’il passe par une « réflexion » sur la lumière, et son goût pour le verre en tant que matériau de prédilection, ou par son attirance par les défis d’équilibre techniques, l’entraînant à collaborer pour ses pièces avec de nombreux artisans, le travail de la designer Émilie Lemardeley questionne autant la maîtrise de la forme que la nuance des couleurs.
Zeus, Helios, Dionysos, Narcisse, les pièces de la designer Émilie Lemardeley, qu’il s’agisse de mobiliers (sofa, fauteuil, banc), de miroirs ou encore de luminaires (sur pied, en applique ou en suspension), tirent leur nom d’une attirance pour la mythologie grecque induisant autant son regard sur la forme que sur le monde. « J’aime la mythologie grecque pour l’avoir longtemps étudiée », avance-t-elle. « Elle m’a ouvert à un autre monde, qui n’est pas le monde rationnel dans lequel nous vivons aujourd’hui. À travers ses pièces, Émilie Lemardeley cherche surtout à ouvrir la porte sur son monde. Un monde tourné sur le singulier, la courbe et l’intuition, qui semble bien coller avec son parcours atypique, l’ayant vu aller de Sciences-Po à l’Ecole du Louvre, passer de l’Ecole Sotheby’s de Londres au département Mobilier du 20ème siècle de Christie’s, avant qu’elle n’achève sa formation à l’Ensaama olivier de Serres, puis ouvre son propre studio en 2012.

La clef de ses créations se situe pour beaucoup dans sa grande recherche d’équilibre et de précision. « Le défi du lustre ruban Parques a été de trouver un bon équilibre des points de suspension afin que le ruban se développe avec la forme souhaitée, sans multiplier les points d’accroche », admet-elle ainsi.
« Idem pour les lustres Dionysos. On peut décliner les formes à l’infini tant que l’on fait attention au poids des verreries et à la longueur des ʺbranchesʺ en métal. »


Son choix des matériaux est aussi essentiel, et son travail révèle notamment son goût pour le verre, que l’on retrouve dans ses miroirs et luminaires. « J’utilise le verre car il est vecteur et récepteur de lumière, ce qui est à la base de mon travail. La dimension philosophique de la lumière me permet d’ouvrir sur la ʺréflexionʺ, qui est à la fois la réverbération d’ondes lumineuses sur une surface, le reflet, mais aussi l’activité cérébrale. Le verre qui permet de jouer avec les ʺréflexions lumineusesʺ est donc mon matériau de prédilection. » De fait, Émilie Lemardeley commence toujours par détailler la lumière du lieu lorsqu’elle réalise des installations lumineuses. « Cela me permet de savoir si le verre sera mieux transparent ou opalescent, coloré ou sablé blanc. Le verre est un matériau captivant qui peut se travailler de différentes façons (soufflé, coulé, moulé, taillé). Il devient presque matière vivante, quand on y ajoute la lumière. »
Outre la lumière, son travail du verre fait aussi la part belle à la couleur. Elle y décline ainsi son attirance pour la « chaleur » que doit dégager un objet. « Selon moi, un intérieur minimaliste, trop épuré en couleurs, manque de souffle », souligne-t-elle. « Il faut que les couleurs se mêlent et se répondent, que les objets s’appellent et s’interpellent pour donner du sens, donner du cœur à l’espace. Un objet n’est pas seulement une fonction, c’est un petit réceptacle d’âme. »
Savoir-faire français et projets d’ampleur sur mesure
Pour perfectionner les formes de ses créations, Émilie Lemardeley aime travailler avec des artisans, souffleurs de verre ou ferronniers d’art. Cela a notamment été le cas pour l’une de ses plus récentes créations, le grand sofa Zeus.

« Le grand sofa Zeus est une aile d’oiseau qui nous a demandé beaucoup de prototypes et de minutie entre les différentes couches de mousse afin d’allier dessin et confort d’assise », explique-t-elle.
« Il y a des défis techniques dans chaque objet et pour les réussir, il faut que je puisse être proche des ateliers. C’est pourquoi tout est fabriqué en France. Les artisans français ont un savoir-faire et une maîtrise de leur art très aboutie. »
Pour la majeure partie de son travail contenant du métal, elle collabore avec le même atelier depuis neuf ans. Ce dernier l’a beaucoup aidé pour la réalisation de sa sculpture Proue, créée pour le nouveau quartier du Panorama dans la ville de Clamart. « C’était un vrai challenge par son ampleur (huit mètres de long par six mètres de haut) et par son poids, six tonnes », se félicite-t-elle. « En plus, je voulais que la pièce soit suspendue au-dessus d’un bassin d’eau. Je me suis donc entourée d’un bureau d’études techniques pour la réalisation. Les 1500 pièces ont été dessinées au millimètre avant d’être assemblées sur une matrice géante. »


Représentée en France par la galerie Avant-Scène, et par les galeries Gardeshop à Los Angeles et Cuturi Galerie à Singapour, Émilie Lemardeley dessine et réalise beaucoup de pièces pour l’étranger, en particulier pour des décorateurs et architectes. Des décorateurs d’intérieurs et architectes qui sont en général ses premiers clients, venant la voir pour réaliser un objet unique pour leur projet. « On peut aussi partir d’un objet de mes collections qu’ils ont apprécié pour l’adapter à leur projet. Mais c’est toujours une création unique, adaptée pour le lieu où elle prend place », précise-t-elle.
« Je travaille avec une quarantaine de couleurs de verre, et au sein de ces couleurs, on peut également jouer sur la densité et donc créer à nouveau des nuances pour faire des camaïeux. De même pour le métal, j’aime jouer avec les patines ou les feuilles d’or dont il existe une vingtaine de teintes différentes. Cette vaste palette me permet de réaliser des installations lumineuses sur mesure pour de grands espaces, comme des salles de restaurant, des halls d’entrée d’hôtels, des cages d’escaliers. Ma dernière réalisation pour le groupe Eiffage Immobilier habillait un hall d’immeuble et atteignait huit mètres de hauteur. »


Depuis plusieurs années, les Prix Design & Innovation et Golden Parachute récompensent des projets de diplôme prometteurs de la promotion tout juste sortie de l’école supérieure d’art et de design de Saint-Etienne (ESADSE). L’édition 2021 vient de récompenser le travail de Charlotte Goffette, Chloé Pechoultres et Antoine Salle.
À l’issue d’échanges particulièrement denses en débats, les prix Design & Innovation et Golden Parachute ont été remis hier à l’ESADSE, devant une partie des étudiants de la dernière promotion 2020, tandis que les autres suivaient en visioconférence.
Des ex-æquo pour le Prix Golden Parachute
C’est ainsi que Chloé Pechoultres a appris par écran interposé sa nomination ex aequo avec son compère Antoine Salle, pour le Prix Golden Parachute. Si la Covid-19 a fortement perturbé le déroulement de cette dernière année, en impactant directement la formalisation du diplôme ( finalement passé à l’automne), les sujets des projets présentés s’en sont fait souvent l’écho, même indirectement. Pour la section Art, les sampurus (réplique des plats exposés dans les vitrines des restaurants au Japon) revisités du jeune peintre Antoine Salle ont pris une connotation particulière dans cette période qui a figé un pan important de la restauration, quand les associations de photos et de sculptures de Chloé Pechoultres interrogent le temps, dans l’instant figé dans la mémoire, les strates du souvenir, la pérennité, à travers une fascination des « multiples visages de la pierre ». Les lauréats reçoivent une bourse d’aide à la création de 3000 euros et bénéficieront d’une exposition en mars 2022 au lieu de diffusion « L’Assaut de la menuiserie » à Saint-Étienne.
Poésie et urbanité au cœur du Prix Design et Innovation
Départager les candidats en design objet, design espace et médias s’est également révélé extrêmement complexe, par la qualité des recherches dans lesquelles s’inscrivaient les diplômes. À l’issue de discussions nourries, le jury – dont faisait partie Intramuros— a choisi de récompenser Charlotte Gofette pour sa réflexion menée autour du vent « seul élément en continuité physique avec notre corps » dans une perspective de rendre tangible son expression dans l’espace urbain. La lauréate reçoit une bourse d’aide à la création de la Fondation Crédit Agricole Loire-Haute Loire d’un montant de 3000 euros. Elle bénéficiera également d’une exposition à la Galerie Surface de Saint-Etienne, qui valorise le travail de designers dans le cadre d’événements et d’expositions.
Des projets de diplômes variés et pointus
Le jury a également souhaité décerner un « coup de cœur » au travail de Charlotte Marx baptisé « Apparitions », qui s’intéresse à ces espaces d’attente et de contemplations tels que « la salle d’attente, lieu des manifestations des apparitions lumineuses, le hall d’entrée de l’hôtel, où les ombres semblent sortir du rêve, le cabanon du pêcheur, propice aux reflets, le sentier de montagne où le paysage s’encadre, la cabine de train, point de vue de la lumière en mouvement.» En effet, extrêmement variés, les projets de diplômes de cette promotion dévoilaient une volonté d’interroger par la démarche design le champ social (interrogation d’un processus participatif, retranscription d’objets conçus en milieu carcéral, rituels du deuil, militantisme…). Ils portaient aussi bien sur un décryptage/décodage des fake news, l’invention d’un langage associant une pierre à un mot, pour littéralement composer des poèmes sculpturaux.
D’autres proposaient en lien avec des urbanistes la détermination de pièces de mobilier urbain pour revaloriser certaines promenades oubliées de la ville, en prenant garde de bien s’inscrire dans le cadre végétal et de préserver ces îlots de quiétude, ou réinterroger les processus de végétalisation de la ville. La promotion interrogeait aussi les conditions de la prise de parole en public dans les milieux scolaires et universitaires, cherchaient une réponse au fidgeting, ces mouvements instinctifs que l’on fait pour nous concentrer.




L’exposition « Round 5 » présente l’ensemble des projets de diplômes de la promotion 2020, jusqu’au 29 août, à la Cité du design de Saint-Etienne. Le site de l’école rassemble aussi ces travaux ici.

Après le succès de l’édition de 2020, le Mobilier national annonce une nouvelle campagne d’acquisition destinée aux créateurs en auto-édition ou accompagnés par une galerie ou un éditeur. Dépôt des dossiers jusqu’au 20 juin.
Le Mobilier national a lancé en 2020 une campagne d’acquisition qui a visé en priorité les jeunes créateurs. L’opération est renouvelée pour 2021 dans le cadre du plan de relance avec le Ministère de la culture.
L’appel à propositions s’adresse aux artistes-designers en auto-édition ou par l’intermédiaire de leur galerie et/ou éditeur. Ces pièces doivent être des œuvres originales, limitées à 8 exemplaires, émanant de la main du designer ou réalisées selon ses instructions et sous son contrôle, de telle sorte que, dans son exécution même, ce support matériel de l’œuvre porte la marque de la personnalité de son créateur et qu’il se distingue par là d’une simple reproduction.
Date limite de dépôt des dossiers : 20 juin 2021
Retrouvez toutes les informations ici.
Retrouvez ci-dessous quelques acquisitions de 2020 :



À l’occasion du 90e anniversaire de son vase iconique, la Manufacture des Emaux de Longwy invite les jeunes designers à réinventer la boule Art déco, tant sur le décor que sur la forme. Date limite des candidatures : 15 juin.

Selon Martin Pietri, président de la Manufacture des Emaux de Longwy, « Longwy est une maison qui a su capter l’air du temps à chaque époque pour toujours être au cœur de la création, un moteur des arts décoratifs. Le vase Art déco est un exemple parfait de notre histoire d’amour avec le design. Je suis convaincu que la création doit être un mouvement perpétuel. C’est pourquoi j’ai décidé de lancer ce défi aux jeunes designers.»
En effet, pour fêter le 90e anniversaire de la boule Art déco, la Manufacture des Emaux de Longwy organise un grand concours de design. L’objectif : imaginer la version contemporaine de cette pièce qui fait la renommée de la Maison depuis près d’un siècle. Pour la première fois de son histoire, la Manufacture invite ainsi les jeunes designers et artistes de moins de 30 ans à proposer leur vision de la boule Art déco, tant sur sa forme que sur le décor.
Les lauréats recevront une récompense d’une valeur comprise entre 3 000 € pour le 1er Prix et 1 000 € pour le 2e et 3e Prix. Chacun d’entre eux aura également l’opportunité d’effectuer une immersion de plusieurs jours au sein des ateliers de la Manufacture afin d’approfondir ses connaissances.
Le projet lauréat du 1er Prix sera édité en série limitée et présenté au public en janvier 2022. La nouvelle forme intégrera le catalogue de la Manufacture et pourra servir de support à de futurs décors.
Date limite de dépôt des projets : Mardi 15 juin 2021
Délibérations du jury : mi-juillet 2021
Remise des Prix : septembre 2021
Présentation du 1er prix : janvier 2022
Informations, règlement et inscriptions ici.

Le design jusqu’au bout des doigts
Sebastian Herkner est aujourd’hui l’une des figures internationales que les éditeurs se disputent. Il n’est pas aisé d’établir de manière exhaustive la liste de ses collaborations, tant elle est diverse et variée, à l’image de la curiosité sereine du designer allemand, qui travaille aussi bien avec des petits éditeurs comme La Manufacture qu’avec Cappellini et Thonet.
Quelques années avant d’être le designer invité de l’IMM puis de Maison&Objet, en février 2013, il faisait la couverture du numéro 165 d’Intramuros, entre Scholten & Beijing et A+A Cooren. Le magazine avait alors titré « Sciences Naturelles ». Huit ans plus tard, son propos est toujours le même, et son attachement au travail soigné encore plus exacerbé.
En dessinant ce logo qui apparaît en pleine page de son site Internet, la graphiste Antonia Henschel a capté l’essence même du personnage. Son logo, avec un tiret légèrement penché, reflète toute sa personnalité : claire et franche avec ce regard prêt à capter le détail. Elle va offrir cette légère valeur ajoutée à « un design qui touche l’essence même de la fonction, tout en cultivant en sourdine une certaine forme d’ambiguïté ».

Sebastian Herkner : Un jeune designer de quarante ans
Il fait partie de ces jeunes designers qui n’ont pas attendu la cinquantaine pour faire du monde leur terrain de jeu. À quarante ans, à peine, il a déjà signé avec les plus grandes marques et cette période de pandémie ne l’a pas empêché de poursuivre ses collaborations et d’étoffer les collections de Ligne Roset, Ames, Vibia, ClassiCon, Cappellini, Gan, Moroso, Thonet, La Manufacture, Man of Parts…ou la nouvelle marque de luminaires australienne Rakumba.
Au moment de l’interview, fin avril, il rentrait à peine de son premier voyage de l’année à Bologne et Milan où il avait pu visiter et prendre quelques photos du Pavillon de l’Esprit Nouveau, dessiné en 1925 pour l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes. Dessiné par Le Corbusier et Pierre Jeanneret, il a été reconstruit en 1977 à Bologne et servira de sources d’inspiration pour ses futurs travaux.


La patience du travail artisanal
Sebastian Herkner est né en 1981 à Bad Mergentheim du côté de Stuttgart, et vit depuis 20 ans à Offenbach am Main dans la région de Francfort. Son père était électricien, sa mère assistante médicale et son frère aîné est jardinier. Dans sa famille comme dans de nombreuses familles allemandes, il est essentiel de savoir faire quelque chose de ses dix doigts. Il s’est toujours passionné pour les outils et le travail bien fait, fasciné par le travail de la main.
Toujours fourré dans l’atelier de son père, il y a appris la patience et la rigueur du travail artisanal. Il ouvre son studio à Offenbach en 2014, Geleitstrasse. En 2021, il emploie 5 personnes toutes dévouées à son confort et à la réussite de ses projets. Sa passion, c’est de rester connecté à la créativité, que ses voyages nourrissent. Très jeune, avec ses parents, il a sillonné les routes de France de villes en villages, de centre de fabrication en centre de construction, abordant ainsi le travail du verre, de la porcelaine, du bois, de la céramique, du métal ou du cuivre. Fasciné par les matériaux, il regarde comment les peuples s’approprient les techniques traditionnelles et les savoir-faire.

Coedition, chaise Klee, design Sebastian Herkner, 2020
Entre le fonctionnel et le sensible
Dans ses produits, il cherche à créer une balance entre le fonctionnel et le sensible et avoue son privilège de travailler avec de grandes marques internationales. D’une paire de lunettes au canapé, du tabouret à la table basse, il a produit toutes les typologies capables de meubler un hôtel ou un restaurant. Du Japon à la Colombie. Il a le privilège de voyager pour découvrir ébloui le résultat de ses dessins. « Le passage du dessin au prototype est toujours un moment plein d’émotion.» Il a eu le grand honneur d’être remarqué par Giulio Cappellini, Oliver Holy – ClassiCon (fils de l’entrepreneur Jochen Holy et arrière-petit-fils du pionnier du textile Hugo Boss) et Ana Maria Calderon Kayser et Karl Heinz Kayser, créateurs de la marque colombienne Ames qui fait réaliser tout son mobilier et ses accessoires par des familles d’artisans aux savoir-faire exceptionnels répartis dans toutes les régions de la Colombie.


Tout est affaire de rencontre
Car tout est affaire de rencontre. Et c’est avec Michel Roset qu’il rencontre sur le salon IMM Cologne en 2019 qu’il met au point la collection «Taru», des fauteuils généreux et confortables, idéale pour le privé ou le collectif. Sebastian connaissait la marque depuis son enfance. Des voisins de ses parents avait un généreux canapé Togo de Michel Ducaroy dans leur salon. Afin de mieux connaître la marque et son histoire, d’apprécier son savoir-faire, Sebastian s’est rendu plusieurs fois à Lyon pour visiter l’usine de fabrication.

Avec Ames, il s’est donné la mission de développer des meubles et des accessoires pour la maison « en touchant le cœur et l’esprit» des gens qui affectionnent les styles de vie cosmopolites. Entre l’Allemagne et la Colombie, la marque accorde la plus grande importance à une production respectueuse de l’environnement. Tous les produits, imprégnés d’un langage formel européen, sont fabriqués selon les traditions artisanales colombiennes. Ils prendront bientôt place dans un nouvel hôtel, en rénovation à Biarritz.

Un travail honnête et authentique
Voyager lui a toujours donné de nouvelles bases d’inspiration. Ses maîtres sont italiens, Achille Castiglioni, Alessandro Mendini, Gae Aulenti pour ses luminaires. Mais il admire le Français Jean Royère pour son talent d’artiste décorateur. Le verre soufflé, le travail du métal le fascinent, et il cite volontiers parmi les talents français Christophe Delcourt ou Pauline Deltour. Il aimerait travailler à plus grande échelle, sur un projet d’hôtel. Une cuisine ou une salle de bains ne lui font pas peur. Déjà en 2016, il avait aménagé Das Haus sur le salon du meuble de Cologne. Et avait surpris toute la profession avec un mur de savon en guise de paroi de salle de bains, comme des carreaux de céramique, doucement courbés.
Il aime les villes comme Copenhague ou Paris qui sont à proximité de l’Allemagne, à peine à quatre heures de train. Mais aussi Barcelone, plus originale et le Portugal où le travail de la céramique est un vrai talent.
Basique, honnête et authentique, c’est ainsi qu’il aime définir son travail. La force créative, il la trouve dans tous les pays, dans les galeries à Francfort autant qu’à Paris chez Kamel Menour et il s’est réjoui d’avoir pu déguster en avril une pizza à Bologne, même s’il était seul. Il a hâte de retrouver une vie normale et de pouvoir à nouveau partager avec « les autres ».


Un développement durable
La sustainability ou le « développement durable » est un concept à prendre en compte pour prendre soin des matériaux et penser un slow furniture qui s’inscrive en résistance à la fast fashion et au fast furniture. La qualité doit apporter cette idée d’éternité qui est associée à toute création de mobilier. Il encourage les jeunes designers à poursuivre sans fin leurs études, à reprendre une vie collective, à apprendre ensemble, à tester, à discuter, à utiliser leurs cinq sens. Parce que le design est « feeling » et « touching ». Souvent cité comme l’un des 100 meilleurs designers de l’année 2021, il reste modeste.

Nouvelles collections, extensions de gamme, nouvelles collaborations… repérage de la rédaction sur les dernières annonces.

Giro, par Vincent Van Duysen pour Kettal
Pour Kettal, Vincent Van Duysen revisite la corde pour la conception de Giro, en s’inspirant du modèle scandinave Orkney. Ici, la corde (en matière recyclée) est cousue pour construire la forme, dans un équilibre avec les éléments structurels en teck. La collection se compose pour le moment de fauteuils et tables basses.

Table NVL par Jean Nouvel Design, pour MDF Italia
La table NVL, telle une sculpture qui marque une forte présence dans l’espace, est la nouvelle création de Jean Nouvel Design pour MDF Italia. Un projet à l’esthétique équilibrée dans lequel la simplicité des formes dialogue harmonieusement avec la matière.

Flower par Alexander Girard pour Vitra
La table basse Flower est signée Alexander Girard, et est conçue à l’origine un usage intérieur. La table basse Flower est aujourd’hui fabriquée en acier avec des finitions époxy adaptée à un usage extérieur. Vitra complète ainsi sa collection outdoor.

L’association de Serge Ferrari et Cinna Outdoor
Cinna Outdoor s’associe à Serge Ferrari pour ajouter un nouveau revêtement à sa gamme pour l’extérieur. Ce revêtement Top, disponible en 5 coloris est une toile simili cuir tout terrain, ultra résistante, idéale pour le mobilier extérieur.

Le tabouret Allié par Luca Nichetto
Le tabouret Allié, dessiné par Luca Nichetto, qui est aussi le directeur artistique de La Manufacture, est à la fois un tabouret et une table d’appoint au caractère affirmé, qui s’utilise aussi bien en intérieur qu’en extérieur. La base et le dessus sont en mousse polyuréthane , et les poignées en métal.

Nouvelle déclinaison de Moon pour Living Divini
Lancée comme table de chevet en 2014 et devenue une présence indispensable de la marque, la collection Moon dessinée par Mist-o est reprise et étendue pour de nouvelles possibilités d’utilisation. Une forme pure en bois courbé, qui s’ouvre comme un coffre disponible en trois variantes ; Moon Satellite , un conteneur multifonctionnel sur roulettes, Full Moon un volume bas et large, avec une ouverture supérieure à charnière et Moon Eclipse un double volume qui combine un cylindre bas et large.

La 3e édition du concours « Ateliers Prototypes » se déroulera du 2 au 4 juin 2021 au sein de CFT Industrie : les lauréats bénéficieront d’une demi-journée à l’usine CFT pour la réalisation d’un premier prototype. Les designers peuvent déposer leur candidature jusqu’au 14 mai compris.
Membre de la FrenchFab et du groupe Metalians, CFT INDUSTRIE est spécialisée depuis plus de trente ans dans le cintrage et assemblage de fil, tube et tôle. L’usine comprend aussi un département d’études qui peut accompagner aussi la conception et l’industrialisation des projets.
Lancé à l’automne 2020, l’objectif du concours « Ateliers prototypes » est d’aider des designers à fabriquer le premier prototype d’un projet. En novembre dernier, puis en février, une quinzaine de professionnels sélectionnés ont pu réaliser des prototypes de tables, sièges, ou d’accessoires.
Compte tenu de l’intérêt suscité par cette opération, CFT INDUSTRIE poursuit cette opération avec une 3e édition. Les candidats ont jusqu’au 14 mai pour déposer leur dossier. Parallèlement à un formulaire d’inscription détaillé, ceux-ci doivent fournir des plans complets. Après l’étude des dossiers (matériaux, complexité des pièces à réaliser, analyse de l’assemblage…) l’équipe de CFT sélectionnera les 6 lauréats : ces designers bénéficieront d’une demi-journée en usine, entre le 2 et le 4 juin, pour la réalisation d’un premier prototype, après un accompagnement personnalisé en amont.
Pour plus de renseignements : candidatez ici.

Concours Ateliers Prototypes, 2e session, février 2021. Fabrication de pièces métalliques sur mesure pour industrie. Usine CFT Industrie spécialisée dans le cintrage et l’assemblage de fil, tube et tôle. Saint-Lubin-de-la-Haye.

À la suite de la démission de Claudio Luti annoncée la semaine dernière, les organisateurs du Salon du meuble de Milan ont assuré le maintien de l’événement en septembre. Le successeur à la présidence n’a pas encore été nommé. Pour les dernières informations, Claudio Feltrin, président d’Arper, reste à la présidence de FederlegnoArredo, et Gianfranco Marinelli maintient la présidence de Federlegno Arredo Eventi, la société qui organise le Salone.
Une décision douloureuse : après deux mandats, Claudio Luti a annoncé la semaine passée sa démission de la présidence du Salon de Milan.
Ce jeudi, un communiqué des organisateurs de l’événement majeur du design visait à rassurer le secteur en affirmant que la 59e édition du salon du meuble de Milan se tiendrait bien cette année en septembre 2021 du 5 au 10 septembre à Rho Fiera Milano. L’événement sous une forme totalement innovante permettra aux sociétés proches de leur marché de garder un contact avec leurs distributeurs et leurs aficionados.
Après des débats internes sans fin et houleux, la relance de l’économie italienne est apparue comme une priorité et le soutien du nouveau gouvernement est essentiel dans cette direction. Le plan 2021 présenté en conseil des ministres, partagée par toutes les institutions territoriales et les partenaires du salon Fiera Milano reconnaît l’importance du salon du meuble de Milan pour le tissu financier et social de l’Italie. Le salon exposera les nouveautés des marques sur les 18 derniers mois dans le respect des règles sanitaires exigées par la pandémie de la Covid-19 dont l’Italie a particulièrement souffert.
Le rendez-vous du 5 septembre peut donner une nouvelle dynamique à la profession et réinstaller le salon de Milan comme l’événement majeur de la profession du design. Gianfranco Marinelli, le président de FLA Eventi SpA a remercié le Président de la République Sergio Mattarella et le président du conseil des ministres pour leur soutien. Il remercie également le nouveau président de FederlegnoArredo, Claudio Feltrin, le président d’ Arper. qui annonce que le salon va dorénavant opérer en synergie avec la ville de Milan pour qui le salon est le seul moyen de briller à une échelle internationale.

Art, pas art ? La typographie est un art, une calligraphie réalisée à la main, aujourd’hui avec des outils numériques et aucun designer ne pourra contredire cette évidence. Créer sa typo est le rêve de tout un chacun. Encore faut-il savoir se faire rémunérer ensuite à la hauteur de sa création.
Si les grandes classiques, Times, Helvetica ou Garamond se partagent le marché de l’édition, plus confidentielles sont la nouvelle Yellow de Des Signes, la widactic de Samuel Accocebery pour widactic, The New Alphabet de M/MParis développée entre le MAD et le Musée d’Orsay, ou la typo de Ruedi Baur développée en 2003 pour la Cité Internationale Universitaire de Paris avec Eric Jourdan.
La Newut Plain créée par Baldinger a servi de caractère latin de base et s’est enrichie par 57 caractères issus d’écritures de différentes cultures provenant des cinq continents pour souligner l’aspect multiculturel unique de la CIUP. Leur aspect formel se rapproche de celui des caractères latins afin de pouvoir être lus en tant qu’alphabet de langue latine. Un générateur aléatoire, l’application Letterror Mixer, paramétrable par l’utilisateur, permet de parsemer automatiquement un texte ou faux texte de caractères particuliers sans en perturber la lecture », explique le studio Ruedi Baur sur son site. Le résultat est spectaculaire sur le fronton de la Cité Internationale Universitaire, à la sortie du RER.

Du 13 octobre 2020 au 10 janvier 2021, le duo M/M (Michaël Amzalag et Mathias Augustyniak) se faisait remarquer en investissant les salles des Arts Déco et du Musée d’Orsay à travers une double exposition intitulée D’un M/Musée à l’autre. Un parcours original était organisé de part et d’autre de la Seine dans les collections permanentes des deux musées. L’installation de M/M Paris au Musée d’Orsay répondait à leur intervention au MAD avec une fantaisie baroque revendiquée. Ensemble, ils signent plus de 100 caractères typographiques à partir de visages humains qui entrent graphiquement dans le système universel de l’abécédaire. Jusqu’au 3 octobre 2021, ils sont invités à investir leurs galeries permanentes à travers une « double exposition » intitulée « D’un M/Musée à l’autre ». Dépassant depuis plus de 25 ans les frontières traditionnelles des disciplines de la création et en écho à la publication du Volume II de M to M of M/M (Paris), leur monographie publiée aux éditions Thames & Hudson, ils proposent un parcours dans leur oeuvre à l’aide d’un dispositif modulaire original.


Élise Muchir et Franklin Desclouds du studio Des Signes ont créé un nouvel alphabet identitaire le « Yellow », caractère linéal, géométrique et ludique, ouvert et tout en rondeur. Il devient la voix de la Fondation d’entreprise Pernod Ricard qui a déménagé de la rue Boissy d’Anglas pour s’installer rez-de-jardin de l’immeuble Grand Central à Saint Lazare, entrepôts de la SNCF réaménagés par Ferrier Marchetti Studio et par NeM, Niney&Marca architectes. Leur typo Yellow est utilisée sur les documents de communication, de la papeterie, en passant par le site internet, jusque dans La Traverse, le nouveau journal de la Fondation. Il s’inscrit en ton sur ton, sur les murs des nouveaux espaces parisiens. L’ensemble de la façade s’habille du nouvel alphabet, en lettres miroir pour signaler la Fondation. Une enseigne lumineuse habilement encastrée dans les huisseries permet une intégration respectueuse et efficace de l’architecture, invitant à découvrir les expositions, la nouvelle librairie et le futur Café Mirette. Le tout en lettres vertes pour souligner encore plus l’engagement de la marque dans l’écoresponsabilité.



La typo widactic, réalisée en mars 2020 par Samuel Acocceberry pour la marque widactic installée à Versailles, reflète tout l’esprit de cette start up. Cette plateforme d’apprentissage toute récente, facilite les connexions, gère les sessions de formation, facilite le travail du formateur et favorise les échanges… Lancée par Jean-Michel Campolmi, ce spécialiste des ateliers pédagogiques dans le secteur bancaire, des assurances ou de la télécommunication, cherchait tout d’abord un designer pour dessiner le boîtier de son relai wifi autonome. Samuel Acocceberry a fini par gérer le projet de design global, logo, charte graphique, identité jusqu’à l’application et coordination esthétique des interfaces avec l’agence de design UX/UI KUMBAWA!. « Le logo en forme arrondie se veut rassurant. Les éléments de ponctuation sont semblables à des graines, métaphores du savoir à semer. L’ensemble de la typo est coordonné avec ce détail de ponctuation. Le boîtier connecté (Wicom) sortira en cours d’année 2021. »




Stefan Diez a dessiné pour Magis un canapé modulaire, qui comprend quatre éléments : un module d’assise complété par un accoudoir à droite ou à gauche et par une ottoman. Le process de fabrication met en relief une demande du fabricant italien de s’inscrire dans une démarche durable, tant dans l’optimisation de la structure que dans les ressources utilisées.
Le canapé Costume est constitué d’un corps en polyéthylène recyclé et recyclable, produit par rotomoulage en utilisant des déchets industriels du secteur du meuble et de l’automobile. Le dossier et l’assise sont rembourrés avec un insert à ressorts ensachés. Ils sont ensuite recouverts d’une fine épaisseur de mousse polyuréthane. Le tout est maintenu ensemble par un revêtement en tissu, fixé par des sangles, qui peut être séparé à tout moment sans difficultés. La modularité repose sur un simple assemblage de 4 éléments : assise, accoudoirs et ottoman. L’élément de jonction est une bande en plastique qui peut être insérée dans les fentes placées aux quatre coins de l’assise. Ce connecteur est disponible en couleurs assorties mais contrastantes.
Ce principe imaginé par Stefan Diez a donc plusieurs avantages : Il utilise moins de mousse par rapport à une fabrication traditionnelle, la plupart des matériaux peuvent être facilement recyclés, la structure peut donc être démontée facilement pour être nettoyée ou pour changer le revêtement.










En développant ses créations en u-carbon – de la fibre de carbone 100% recyclée issue des déchets de l’industrie aéronautique – l’entité Utopic Design entend promouvoir l’usage de ce matériau de pointe dans le design haut de gamme et l’architecture d’intérieur.
Avec la marque Utopic design, le point de convergence entre designers et ingénieurs n’a sans doute jamais été aussi proche des grands enjeux actuels de la conception d’objets haut de gamme : créer des produits à la fois robustes sur le plan matériel et beaux dans leur esthétique ; et valoriser un principe du zéro déchet totalement d’actualité. Cofondée par un ingénieur aéronautique (Gaspard Mallet) et un designer intéressé par des matières permettant « la valorisation par le design » (Christophe Guérin), Utopic Design est une marque déposée de la société ReUSE COMPOSITES INNOVATION du premier cité (une entreprise spécialisée dans le recyclage), qui a bâti tout son savoir-faire sur un matériau bien particulier, le u-carbon. « Nous nous sommes intéressés à ce matériau car il se trouve en quelque sorte aux limites du design et de la conception », explique Gaspard Mallet. « Il permet d’aller plus loin en termes de finesse et de résistance. Il permet de faire des choses très aériennes dans la forme ». Des formes aériennes ? Rien de plus logique en effet. Car à la base, le u-carbon – de la fibre de carbone 100% recyclée – procède de chutes de production de l’industrie aéronautique. Une matière brute qu’Utopic Design va trier, réassembler, façonner à la main, puis polymériser dans son atelier pour produire des objets de grande qualité.
Guéridons, tables basses, consoles…et couteaux ultralégers !
Cette production, Utopic Design la conçoit de deux manières. D’un côté, elle crée ses propres objets en édition, à travers notamment sa collection Twist, portée principalement sur du mobilier et de la décoration. Guéridons, tables basses, mais aussi horloges murales…, l’hôtellerie, de luxe notamment, est le secteur clairement visé. Mais pas seulement. Le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères leur a ainsi passé commande de plusieurs exemplaires sur mesure de leur élégante console aux larges plateaux rectangulaires. De quoi asseoir déjà dans quelques ambassades, une notoriété internationale très made in France pour le label.
D’un autre côté, Utopic Design développe des économies de projets aux cahiers des charges très précis. La marque a ainsi créé des plateaux de service pour le chef cuisinier Alain Ducasse. Toujours dans le domaine de la restauration haut de gamme et pour parfaire son ancrage local (son atelier se situe à Lezoux en Auvergne), Utopic Design s’est associée à une célèbre coutellerie voisine de Thiers (la maison Tarrerias-Bonjean) et à Julien Duboué, pour concevoir un « couteau de chef » ultraléger et répondant par son usage du u-carbon aux principes de valorisation des circuits courts également défendus par le « Top chef » landais. Trois ans seulement après sa création, Utopic Design entend donc poursuivre son développement et se rapprocher des grandes maisons d’édition, comme Roche Bobois ou Cinna. « Nous voulons vraiment montrer que l’utilisation du matériau carbone présente à la fois des avantages visuels, en marqueterie, et des avantages techniques », poursuit Gaspar Mallet. « La fibre de carbone est encore peu utilisée car c’est un produit cher, mais comme elle est ici recyclée, cela ouvre de nouvelles perspectives, tant en matière de design qu’en architecture d’intérieur. »

La collection Twist by Guerin d’Utopic Design comprend des tables basses, des guéridons et des consoles, que l’on peut déjà retrouver dans certaines ambassades de France.


(la maison Tarrerias-Bonjean) et à Julien Duboué,
pour concevoir un « couteau de chef » ultraléger.


Les Ateliers de Paris accompagnent de jeunes créateurs dans le secteur de la mode, des métiers d’art et du design sur une durée de deux ans. Sa directrice, Françoise Seince, revient sur l’évolution des profils des résidents passés entre ses murs depuis quinze ans.

Comment s’est passée l’ouverture des Ateliers de Paris ?
Les Ateliers de Paris ont ouvert en 2005, et nous avons accueilli le premier incubateur sur le site en septembre 2006, avec cette volonté de la Ville de Paris d’avoir un lieu de convergences, un lieu ressource pour tous les professionnels du territoire comportant un focus sur l’aide et le soutien à la création d’entreprises. Nous avons dès le départ proposé des formations, et des consultants ont reçu les professionnels en rendez-vous individuels. Les formations sont ouvertes à tous, les tarifs sont d’ordre symbolique pour ne pas être un frein pour les apprenants. Nous accompagnons 35 résidents pendant deux ans qui bénéficient de rendez-vous dans leur forfait accompagnement.
Dès l’origine, les Ateliers de Paris ont pensé la création dans un sens large puisque l’incubateur concerne aussi bien les métiers d’art, la mode et le design. C’est ce qui fait votre force aujourd’hui ?
À l’époque, nous avons été critiqués pour cette association, on nous objectait que personne ne serait bien accompagné. Ces trois secteurs ne sont bien sûr pas interchangeables, mais il y a beaucoup de récurrences, en termes d’accompagnement économique, beaucoup de freins sont comparables. La synergie que nous avons essayé d’initier à cette époque-là a été confirmée par le temps. Aujourd’hui, nous ne sommes plus les seuls à avoir ce type de regroupement. Cela m’avait beaucoup frappé en allant à l’étranger de voir la porosité plus grande que l’on trouvait entre ces secteurs alors qu’en France chacun est sur son pré carré. Au London Festival par exemple, beaucoup d’artisans d’art exposent avec des designers, les créateurs de mode sont présents, car il y a beaucoup de propositions autour du design textile, un secteur qui s’est redynamisé au fil des années. Encore une fois, designer et créateur de mode sont deux métiers différents, on est bien d’accord, mais il s’agit de démarches créatives, de processus parfois comparables en termes de digestion des sources d’inspiration et d’adaptation à son produit. Cela nous semblait intéressant de les associer et de créer ces synergies.
Votre accompagnement des résidents porte avant tout sur la définition de leur modèle économique ?
Les Ateliers de Paris, c’est avant tout une grande famille. Quand on passe deux ans avec les gens au quotidien, il y a une grande proximité qui se crée avec eux. On les aide à avoir confiance en eux, à vraiment comprendre leurs atouts, leurs singularités, ce qui va leur permettre de se distinguer, sur un marché qui n’attend personne, car il y a beaucoup de monde sur le marché. On les fait beaucoup travailler sur leur stratégie, prendre conscience de leur valeur, de la nécessité de facturer au juste prix pour ne pas se brader et pouvoir vivre de leur travail, on leur fait mettre en regard leur taux horaire et le temps professionnel dont ils disposent. Tous ces éléments-là les aident à avancer, à se construire, à être plus sûrs d’eux, capables de revendiquer ce qu’ils sont et le prix qu’ils valent. Et c’est un gros travail auquel bien évidemment les écoles ne préparent pas aujourd’hui, parce qu’elles ont déjà beaucoup à leur apprendre et que les porteurs de projets sont beaucoup plus réceptifs quand ils sont confrontés à la question après leur scolarité. C’est un travail plus que nécessaire, et qui permet un taux d’insertion professionnelle très important. Ils ne restent pas nécessairement chef d’entreprise, ils rejoignent parfois des entreprises comme salariés.
Ce qui compte aussi pour les designers, c’est de leur faire prendre conscience ce qu’est une entreprise, que c’est une activité économique : ils sont souvent designers et pas entrepreneurs dans la tête. Quel que soit leur statut, il faut qu’ils aient en tête que c’est du business, dans une industrie culturelle et créative certes, mais c’est du business. Ils sont tous artistes et auteurs, mais c’est avant tout une aventure entrepreneuriale, c’est ce pour quoi ils sont chez nous.
Vous êtes en lien avec d’autres réseaux, comme Make ICI ?
Depuis quelque temps, nous avons un groupe de réflexion avec le réseau Make ICI et d’autres acteurs de l’accompagnement. Nous partageons les difficultés auxquelles nous faisons face, la façon dont nous arrivons à les résoudre. Je suis très admirative du travail de Make ICI, ce sont des initiatives pérennes, le réseau est bien pensé, je suis très souvent sollicitée par des villes qui veulent créer des incubateurs, je le cite beaucoup en exemples pour leur modèle économique intéressant, leur ouverture d’esprit.
En créant les Ateliers de Paris, l’idée était aussi de décloisonner les savoir-faire et leurs complémentarités entre designers et artisans ?
Au fil de ces quinze ans, on a commencé à voir un intérêt foudroyant pour les savoir-faire, qui a confirmé cette question de fond. C’était l’ironie du sort. J’ai reçu de nombreuses demandes d’étudiants, de professeurs, qui cherchaient à entrer en contact avec des artisans. On a commencé à voir que cela allait de pair, mais malgré tout on n’a rien inventé, on revient juste aux fondamentaux ! Autre phénomène intéressant : l’enseignement a changé. Aujourd’hui les étudiants ont des profils multiples. Je pense à des gens comme Pierre Favresse qui a un DMA en ébénisterie, puis en marqueterie puis qui a fait les Arts Déco. Ou Elise Fouin, Jean Sébastien Lagrange, Dimitry Hlinka… Nombre de designers ont une formation d’artisan d’art à la base. C’est une porosité qui est de plus en plus fréquente, possible, bien sûr les gens ne sont pas interchangeables ! Mais ces cursus permettent d’enrichir des profils et d’avoir un accès à la formalisation de leurs idées un peu plus facile, ils ne sont pas en permanence dans l’abstraction pure. C’est très intéressant, on est sur la pensée et le faire à un même niveau de compétences. Ce sont des profils qui étaient rares il y a quinze ans, et maintenant se multiplient.
Sur 15 ans, qu’est-ce qui caractérise selon vous l’évolution des profils des créateurs, au sens large ?
Ce qui est incontestablement comparable sur ces 3 secteurs d’activité, c’est l’omniprésence des questions environnementales dans les démarches de ces créateurs, qui ont une conscience aiguë et qui ne peuvent pas concevoir le développement de leur activité, de leur univers créatif, en dehors de ces questions. C’est un prérequis qui va souvent être l’ossature et l’ADN même du travail créatif. Et c’est le même phénomène dans le design et dans la mode. En design, je pense par exemple à des personnes comme Samuel Tomatis, Lucille Viaud : leur volonté de créer et développer des produits autrement est complètement liée à ces questions de durabilité. C’est la même chose dans les métiers de la mode : on n’a plus aujourd’hui une marque qui arrive sans s’être posé cette question. C’est vraiment commun à tous, alors qu’il y a quinze ans, ce n’était pas forcément au cœur des réflexions, loin de là. Ils ont une foi terrible dans leurs capacités à changer le monde, ils méritent qu’on les mette avant !
Est-ce dû aussi à une nouvelle perception des champs d’action du design ?
Sur les 15 dernières années, le design a été quelque peu sous-exploité mais c’est quelque chose qui est totalement revu déjà depuis plusieurs années et notamment dans les jeunes générations. Il y a 15 ans, les jeunes qui sortaient avaient une sorte d’obsession pour une forme de célébrité. La plupart voulaient « faire des pièces uniques, des petites séries pour des galeries » et je me souviens d’avoir eu des conversations avec certains acteurs dont la vison du design était trop limitée. Les premiers que nous avons autour du design de service sont arrivés en 2012.
Pendant des années, on s’est plaint du fait que le design était mal compris, mal considéré, du fait que tout le monde le liait avant tout à une question d’esthétique, mais quelle est l’image qui était véhiculée hormis celle-là ? Entendons-nous, je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de beaux objets, mais cela pose une question sur la dimension réelle du design, sur ce que les processus de réflexion en matière de design peuvent apporter à la société également. Et cela a vraiment bougé grâce aussi à l’enseignement, à des professeurs pionniers qui ont apporté des notions d’innovation, de recherche, des gens comme François Azambourg, qui ont toujours essayé de repousser les limites de la technologie pour essayer de faire des choses plus légères, des chaises plus facile à stocker, à transporter, et qui de fait introduisaient d’autres paramètres qui témoignent de toute la richesse du design. On a par exemple des personnes comme Isabelle Daëron. Je me souviens quand on lui a remis une étoile à l’Observeur du design pour ses premières fontaines urbaines, c’était un projet auquel je croyais, je me disais qu’il fallait vraiment que le design aille dans cette direction-là. Je suis heureuse que ce soit un message qui aujourd’hui soit beaucoup mieux compris et fasse davantage d’émules.
On le voit dans la diversité des projets dont les designers peuvent s’emparer. On y est. On est dans une belle démonstration de ce que le design peut apporter à la société aujourd’hui. C’est vraiment quelque chose que j’ai vu émerger ces quinze dernières années. On est sur quelque chose de plus profond, on le voit dans les projets développés, les intitulés de diplômes, dans ce qu’ont pu montrer des événements comme des Biennales de Saint-Étienne, avec des designers en prise avec leur territoire, leur environnement. C’est une belle histoire du design qui s’écrit maintenant en France.


Les galeries sont un des maillons fort du design. Elles sont nombreuses sur le marché et la crise du Covid-19 les a forcées à réagir pour survivre, voire se développer de plus belle. Parmi les spécialistes du design, la Galerie Kreo est l’un des rendez-vous incontournables.

The Silent Village Collection, designer : Sigurdarson Brynjar
Pièce unique. Matériaux : Bois de frêne, Krion, cordes, ficelles en nylon et divers matériaux tels que : plumes, fourrure, cuir, tissus imprimés, chaînes, crochets.
Rue Dauphine, la Galerie Kreo se déploie sur un vaste espace de 550 m2.. Comme ses paires, elle a reporté à une date ultérieure certaines expositions monographiques (Marc Newson, Barber Osgerby), mais elle est toujours là pleine d’énergie et pleine de désirs, grâce à ses fondateurs Didier Krzentowski et sa femme Clémence.
En 1999, ils ouvraient à Paris dans le 13e arrondissement, rue Louise Weiss, une galerie de 250 m2 avec une particularité unique : ne travailler qu’avec des designers déjà reconnu par l’industrie. Si l’art n’implique pas de contrainte et laisse l’artiste libre de s’exprimer, l’industrie contraint le designer dans son travail de création.
Le petit espace de la rue Louise Weiss était le cadre idéal pour mener à bien des projets qui n’auraient jamais vu le jour tels que les recherches sur les tables en béton de Martin Szekely ou les rochers en béton de Ronan et Erwan Bouroullec. Marc Newson y a finalisé sa table « Chop top » en aluminium.
« Quand je vois un jeune designer, raconte Didier Krzentowski, je lui demande de me construire un discours qui n’existe pas mais qui puisse me convaincre et convaincre les acheteurs qui me soutiennent. ». C’est ainsi que l’Islandais Brynjar Sigurdarson, a pu exposer sa table « The Silent Village Round » et la présenter en même temps que sa recherche d’identité disparue à une clientèle de qualité.
La galerie Kreo a 20 ans et 66% de ses propositions concernent le design contemporain, des petites éditions de 8 + 2 + 2 mises en place par Didier lui-même, pour mieux rémunérer les auteurs designers.
Les jeunes, Didier Krzentowski les côtoie à la galerie, en direct. Ses 12 employés sont tous trentenaires. Ils pratiquent les réseaux sociaux sans vergogne et les visiteurs entrent avec d’autant plus d’envie dans les galeries qu’ils trouvent l’espace « cool ». Son voisin Kamel Mennour, rue Saint-André-des-Arts, a fait l’objet d’une frénésie sur Instagram en exposant Philippe Parreno et Daniel Buren. Une vidéo sur TikTok lui a apporté de nouveaux followers qui ne savent pas forcément qui dessine les pièces de mobilier sur lesquelles ils s’assoient, mais qui apprécient « l’esprit du lieu ». En janvier 2020, en choisissant de faire travailler Virgil Abloh, la galerie Kreo a gagné 5 millions de followers sur Instagram. Virgil Abloh, architecte de formation, directeur artistique pour les collections homme chez Louis Vuitton a investi la galerie avec l’exposition « Efflorescence » jusqu’en mars, date du 1er confinement. Par un savant travail de la matière, le béton, tagué et graffité, un miroir ajouré à la street wear, il a gagné sa légitimité dans le design.
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Collection Efflorescence, Virgil Abloh, Galerie Kreo : « Le nom de cette collection semble paradoxal pour ce qui apparaît tout d’abord comme de solides morceaux de réel pour s’asseoir, se rassembler et se regarder. Au-delà du fait certain qu’il est toujours fructueux de se frotter aux paradoxes, ce terme botanique rend compte du mode de production des pièces proposées. À l’image de ces fleurs sauvages qui s’insèrent dans les interstices et les recoins de l’espace urbain, les trous, les aléas formels et les graffitis qui recouvrent et personnalisent – de manière chaque fois différente – la surface bétonnée offrent une texture visuelle et émotionnelle qui recharge notre environnement immédiat – un paysage où la rigidité des structures et des visées planificatrices rencontre l’aléatoire de la croissance organique et de l’appropriation humaine. »



En croisant considérations esthétiques, fonctionnelles, mais aussi logiques industrielles et commerciales, le travail du designer industriel Stéphane Pietroiusti pour la marque Qilive entend prendre de la hauteur sur la conception d’un produit, où l’expérience utilisateur au cœur du process demeure prioritaire.
Tout récemment récompensé du Red Dot Design Award 2021, dans la catégorie électro-ménager, pour le modèle connecté de la gamme de ventilateur qu’il vient de concevoir chez Qilive – la marque de produits du groupe Auchan Retail -, Stéphane Pietroiusti est un designer industriel qui considère l’utilisateur au centre du développement produit. Pour autant, ce développement doit aussi tenir compte de la faisabilité industrielle, de la logique commerciale ainsi que de l’ADN de la marque : un subtil jeu d’équilibre de conception et de production qui fait justement tout le sel du design industriel.
Diplômé en 2014 de l’ISD (International School of Design) de Valenciennes, Stéphane Pietroiusti le sait d’autant plus qu’il a commencé sa carrière de designer en agence de design global en développant une vision holistique sur son métier. Au cours des dernières années, il a travaillé et accumulé de l’expérience dans des agences de design en Allemagne, en Autriche et en France, ainsi que pour des clients à l’international en tant que freelance. En rejoignant le groupe Auchan Retail International comme designer industriel dans le secteur de la Grande Distribution, sa perception du design s’est élargie, lui permettant de prendre en considération les facteurs économiques liés aux contraintes de la Grande Distribution ainsi que la difficulté à en démocratiser l’approche. « Le design est trop souvent réduit à quelque chose d’esthétique, beau. Or, le design est un réel outil stratégique pour répondre aux nouvelles exigences des consommateurs », explique-t-il.
Amélioration des usages, optimisation des coûts et sens du détail
Au sein de la cellule de design Qilive, Stéphane Pietroiusti travaille avec une équipe commerciale à la création de nouveaux produits destinés au grand public, en prenant connaissance des coûts et en décortiquant les principes de fabrication pour appliquer des notions de « design to cost » et « faire mieux, avec moins ». Derrière la ligne minimaliste et épurée des casques audios et des écouteurs de la marque, se cache ainsi un travail très poussé d’amélioration de toutes les contraintes utilisateurs pour ce type de produits. « Pour les écouteurs, nous avons constaté que la tenue des tours de cou était mauvaise, des produits trop rigides ou trop souples et surtout trop fragiles. On a donc réfléchi à une amélioration pratique et ergonomique à l’aide d’un arceau pliable à mémoire de forme en textile. En parallèle, nous avons aussi rendu son utilisation plus intuitive en intégrant une mollette très ergonomique, permettant un contrôle plus intuitif et d’accéder immédiatement à l’assistant vocal ou à ses appels téléphoniques ».
Pour les ventilateurs, c’est toute la gamme de la marque qui a été repensée en s’inspirant notamment de l’univers de la maison. « La gamme de ventilateur s’inscrit dans une approche durable et accessible à tous. Nous avons repensé le design en améliorant l’usage et l’esthétique. Elle se distingue du marché par son design épuré et inspiré de l’univers de la maison, le montage/démontage des produits et les interfaces ont été simplifiées au maximum pour améliorer l’expérience utilisateur. Les produits sont plus robustes et bénéficient d’une garantie de trois ans ».





Vous avez jusqu’au 30 avril pour déposer votre dossier de candidatures pour les Grands Prix de la Création de la Ville de Paris. Après sélection et jury, 6 professionnels seront récompensés : 3 Grands Prix de la Création et 3 Prix Talents Emergents dans les secteurs du design, de la mode et des métiers d’art.
Créé en 1993, le concours s’est structuré en 2006 autour de trois catégories. Depuis, plus d’une centaine de lauréats ont été récompensés. Il est ouvert aux entreprises et aux professionnels français des métiers d’art, de la mode et du design, exerçant depuis au moins un an à la date d’inscription du concours. Pour cette édition 2021, vous pouvez déposer votre dossier jusqu’au 30 avril, minuit.
Après une première présélection sur dossier, les candidats admissibles défendent leur projet devant un jury de professionnels. Parallèlement à une forte visibilité et à un accompagnement de leurs projets, les lauréats reçoivent chacun une dotation de 18000 euros.
Pour déposer votre candidature, cliquez ici.

LES PRIMÉS DE LA CATÉGORIE DESIGN
(Talent confirmé /Talent émergent)
2003 : François Azambourg / Frank et Stanimira Rafaschieri
2004 Dominique Mathieu /Adeline Lunati
2005 Mathieu Lehanneur /Sébastien Cordoleani
2006 5.5 designers /Tristan Albert
2007 Sam Baron /Constance Guisset
2008 Gilles Belley /Julie Rothhahn
2009 Alexandre Moronnoz /Felipe Ribon
2010 Iona Vautrin /Aïssa Logerot
2011 Guillaume Delvigne /Émilie Colin-Garros
2012 Bina Baitel /Luce Couillet
2013 Samuel Accoceberry /Isabelle Daëron
2014 Laurent Corio /Jules Levasseur
2015 Pierre Charrié /Manon Leblanc et Romain Diroux
2016 Marc Venot / Studio Désormeaux Carrette
2017 Studio BrichetZiegler /Sandrine Nugue
2018 Germain Bourré /Lucille Viaud
2019 Jean-Baptiste Fastrez / Natacha&Sacha
2020 Hors Studio / Gregory Granados



En septembre prochain, la toute jeune CY école de design, au sein du campus universitaire de Cergy, fera sa première rentrée. Et proposera une formation innovante, globale, pour positionner les designers parmi les futurs décideurs.
Dominique Sciamma a quitté Strate, qu’il a dirigé pendant sept ans, pour se lancer dans un projet innovant : CY école de design, incluse à CY Cergy Paris Université, au sein de l’école d’ingénieur CY Tech. Accueillie dans CY Alliance, qui regroupe quatre graduates schools et treize grandes écoles, dont l’Essec Business School, elle rejoint ainsi l’Ecole d’Architecture de Versailles, l’Ecole Nationale du Paysagisme ou l’Ecole Nationale d’Art de Paris Cergy. Cette école de design ambitionne de former des designers globaux qui se positionneront de la matière à la décision, pour accéder à toutes les responsabilités dans les organisations, y compris les plus hautes.
Avec François Germinet, président de l’université de Cergy-Pontoise, Dominique Sciamma a la double ambition de l’excellence intellectuelle et de la professionnalisation. L’école prépare ainsi les designers à comprendre et intégrer les organisations au travers d’un investissement massif dans les Sciences humaines et l’interdisciplinarité au sein de CY Alliance, dans le cadre d’une intense pédagogie par projet. Elle offre aussi un très grand atelier traditionnel, un atelier de design sensoriel, un Fablab, et une matériauthèque, cofinancé par la Région Ile-de-France. Avec un coût total de 10 500 euros sur cinq ans, (gratuite pour les boursiers), elle est cinq fois moins chère que certaines écoles de design privées. Les deux dernières années du parcours se font en alternance.
L’école s’installe sur le très vert Campus d’IxBlue à Saint-Germain-en- Laye, véritable écosystème High Tech et académique, où Jean Prouvé a d’ailleurs laissé sa trace monumentale dans le Lobby de l’établissement sous la forme d’un escalier qui monte, qui monte… comme la petite université de Cergy.
