Design graphique : Nouvelles typographies

Design graphique : Nouvelles typographies

Art, pas art ? La typographie est un art, une calligraphie réalisée à la main, aujourd’hui avec des outils numériques et aucun designer ne pourra contredire cette évidence. Créer sa typo est le rêve de tout un chacun. Encore faut-il savoir se faire rémunérer ensuite à la hauteur de sa création.


Si les grandes classiques, Times, Helvetica ou Garamond se partagent le marché de l’édition, plus confidentielles sont la nouvelle Yellow de Des Signes, la widactic de Samuel Accocebery pour widactic, The New Alphabet de M/MParis développée entre le MAD et le Musée d’Orsay, ou la typo de Ruedi Baur développée en 2003 pour la Cité Internationale Universitaire de Paris avec Eric Jourdan.
La Newut Plain créée par Baldinger a servi de caractère latin de base et s’est enrichie par 57 caractères issus d’écritures de différentes cultures provenant des cinq continents pour souligner l’aspect multiculturel unique de la CIUP. Leur aspect formel se rapproche de celui des caractères latins afin de pouvoir être lus en tant qu’alphabet de langue latine. Un générateur aléatoire, l’application Letterror Mixer, paramétrable par l’utilisateur, permet de parsemer automatiquement un texte ou faux texte de caractères particuliers sans en perturber la lecture », explique le studio Ruedi Baur sur son site. Le résultat est spectaculaire sur le fronton de la Cité Internationale Universitaire, à la sortie du RER.

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CIUP typographie de Ruedi Baur et Eric Jourdan, 2003.

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Du 13 octobre 2020 au 10 janvier 2021, le duo M/M (Michaël Amzalag et Mathias Augustyniak) se faisait remarquer en investissant les salles des Arts Déco et du Musée d’Orsay à travers une double exposition intitulée D’un M/Musée à l’autre. Un parcours original était organisé de part et d’autre de la Seine dans les collections permanentes des deux musées. L’installation de M/M Paris au Musée d’Orsay répondait à leur intervention au MAD avec une fantaisie baroque revendiquée. Ensemble, ils signent plus de 100 caractères typographiques à partir de visages humains qui entrent graphiquement dans le système universel de l’abécédaire. Jusqu’au 3 octobre 2021, ils sont invités à investir leurs galeries permanentes à travers une « double exposition » intitulée « D’un M/Musée à l’autre ». Dépassant depuis plus de 25 ans les frontières traditionnelles des disciplines de la création et en écho à la publication du Volume II de M to M of M/M (Paris), leur monographie publiée aux éditions Thames & Hudson, ils proposent un parcours dans leur oeuvre à l’aide d’un dispositif modulaire original.

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« D’un M/Musée à l’autre », duo M/M (Michaël Amzalag et Mathias Augustyniak)

Élise Muchir et Franklin Desclouds du studio Des Signes ont créé un nouvel alphabet identitaire le « Yellow », caractère linéal, géométrique et ludique, ouvert et tout en rondeur. Il devient la voix de la Fondation d’entreprise Pernod Ricard qui a déménagé de la rue Boissy d’Anglas pour s’installer rez-de-jardin de l’immeuble Grand Central à Saint Lazare, entrepôts de la SNCF réaménagés par Ferrier Marchetti Studio et par NeM, Niney&Marca architectes. Leur typo Yellow est utilisée sur les documents de communication, de la papeterie, en passant par le site internet, jusque dans La Traverse, le nouveau journal de la Fondation. Il s’inscrit en ton sur ton, sur les murs des nouveaux espaces parisiens. L’ensemble de la façade s’habille du nouvel alphabet, en lettres miroir pour signaler la Fondation. Une enseigne lumineuse habilement encastrée dans les huisseries permet une intégration respectueuse et efficace de l’architecture, invitant à découvrir les expositions, la nouvelle librairie et le futur Café Mirette. Le tout en lettres vertes pour souligner encore plus l’engagement de la marque dans l’écoresponsabilité.

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Typographie Yellow créée par Studio Des Signes

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Fondation d’entreprise Pernod Ricard, typographie Yellow, créée par Élise Muchir et Franklin Desclouds du studio Des Signes

La typo widactic, réalisée en mars 2020 par Samuel Acocceberry pour la marque widactic installée à Versailles, reflète tout l’esprit de cette start up. Cette plateforme d’apprentissage toute récente, facilite les connexions, gère les sessions de formation, facilite le travail du formateur et favorise les échanges… Lancée par Jean-Michel Campolmi, ce spécialiste des ateliers pédagogiques dans le secteur bancaire, des assurances ou de la télécommunication, cherchait tout d’abord un designer pour dessiner le boîtier de son relai wifi autonome. Samuel Acocceberry a fini par gérer le projet de design global, logo, charte graphique, identité jusqu’à l’application et coordination esthétique des interfaces avec l’agence de design UX/UI KUMBAWA!. « Le logo en forme arrondie se veut rassurant. Les éléments de ponctuation sont semblables à des graines, métaphores du savoir à semer. L’ensemble de la typo est coordonné avec ce détail de ponctuation. Le boîtier connecté (Wicom) sortira en cours d’année 2021. »

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WIDACTIC, typograpghie créée par Samuel Accoceberry

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Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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6/10/2026
La Résidence, une semaine dédiée à l’éco-conception

Éco Impact lance la Résidence, une semaine intensive d'éco-conception mobilier réservée à 12 designers, au Domaine des Escaunes (Gard), du 4 au 11 avril 2027. Un programme 100% financé pour les artistes-auteurs (AFDAS) et les dirigeants de TPE/PME (subvention ADEME).

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Au programme : une immersion complète dans les outils d'analyse de cycle de vie et d'éco-conception, avec des experts pointus — Christophe Lemaire (Consiliom, pitch et argumentaire projet), David Legouix (FCBA, matériaux et innovation), Grégoire Gérard et Camille Cousté (Eco Impact) — et un grand témoin d'exception : Anthony Lebossé, cofondateur de Studio 5.5, lors d'un dîner-conférence.

À l'issue de la résidence, les participants présenteront leur projet devant un jury de professionnels reconnus : Carine Faure (Petite Friture), Alice Viault (Groupe Roset), Marie Carcassonne (Dynamo) et Martin Hallegouët (Bluedigo).

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Pour sa 2e édition organisée le 20 octobre prochain, RELEASE [AEC] change de dimension : 25 agences d'architecture internationales viennent partager leurs retours d'expérience concrets sur l'IA et les nouvelles technologies et plus de 40 éditeurs de solutions dédiées.

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Fidèle à son parti pris depuis la première édition, RELEASE [AEC] privilégie toujours les démonstrations concrètes, loin des simples présentations : chacun repart avec une vision claire de ce que ces solutions permettent de faire, dès aujourd'hui.

Les technologies, les solutions digitales et, bien entendu, l'intelligence artificielle transforment en profondeur la manière de travailler des professionnels de l'architecture et de la construction. C'est précisément ce mouvement que RELEASE [AEC] entend accompagner, en donnant à voir très concrètement ce qui est déjà à l'œuvre dans les agences les plus en pointe.

Pour plus d'informations et s'inscrire c'est ici : https://www.release-aec.com/fr/participer#register

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8/10/2026
À Montpellier, Pierre Paulin siège en majesté

Au musée Fabre de Montpellier, l’exposition « Le design selon Pierre Paulin », ouverte jusqu’au 1er novembre, revient sur plus de cinquante ans de création d’un designer qui a fait de la matière le terrain d’une perpétuelle expérimentation.

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Des courbes, de la couleur et des formes, toujours. Mais cette fois-ci, c’est au design que le musée Fabre de Montpellier consacre son espace d’exposition temporaire. Avec « Le design selon Pierre Paulin », l’institution revient, jusqu’au 1er novembre, sur plus de 50 ans de création d’un designer obsédé par la forme. Un créateur qui n’a cessé de repousser les limites de l’assise pour donner corps à certaines des silhouettes les plus iconiques du XXe siècle. Influencé par son grand-oncle maternel, Frédy Balthazar Stoll, sculpteur formé dans l’atelier de Rodin, et son oncle paternel, Georges Paulin, designer automobile à qui l’on doit notamment l’invention du système Éclipse – permettant au toit des véhicules de se rabattre dans le coffre –, Paulin tire deux grandes lignes : la forme et le fonctionnalisme. Une pensée moderniste que l’étudiant en architecture intérieure au Centre d’art et des techniques (aujourd’hui Camondo) retrouve dans les travaux de l’entre-deux-guerres signés Charlotte Perriand ou Jean Prouvé, qu’il admire. De cette influence naît le fauteuil Première réalisation. Une assise imaginée comme un prototype, mais qui révèle déjà des facultés certaines pour la conception et le pousse à réaliser ses premières pièces inspirées par la Scandinavie, où il séjourne en 1951. Rapidement édité par Thonet Frères et Meubles TV, puis exposé au Salon des arts ménagers en 1953, le designer s’engage dans une voie moderniste, troquant la géométrie nordique pour les formes organiques.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Naissance de l’esthétique Paulin

Loin des ensembliers qui avaient révolutionné la première moitié du XXe siècle, Paulin appartient à la seconde moitié du siècle, celle de l’industrie. L’arrivée de nouvelles fibres, dont le jersey, textile souple et élastique symbole de la révolution industrielle des années 1960, lui ouvre de nouvelles possibilités. Il imagine alors de nouvelles formes. Parmi elles, le Groovy et le Mushroom marquent cette décennie et lui confèrent l’image d’une époque colorée, notamment grâce à des figures comme Kho Kiang Ie, directeur artistique d’Artifort, ou le designer textile américain Jack Lenor Larsen, avec qui Paulin développe un nouveau langage. Un dialecte à part sur la scène du design qui lui vaut d’entrer au MoMA en 1969 – trois ans après avoir contribué au lancement de l’ARC initié par Jean Coural – grâce au F300 et à la Tongue Chair. Une assise si basse dont on lui avait dit qu’elle ne pourrait être commercialisée. Elle deviendra pourtant l’un des grands succès du designer, pour qui la hauteur de l’assise influe sur les échanges humains au sein d’un même lieu.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Ce rapport à l’espace, Paulin l’aborde également avec une structure mobile développée pour les salons. Bien des années plus tard, cette réflexion l’amène jusqu’aux appartements privés de l’Élysée, où il conçoit le célèbre fumoir du couple Pompidou. Une réalisation emblématique de son talent que le designer tentera d’exporter outre-Atlantique avec une collaboration avec Herman Miller et le développement du concept d’open loft. Un projet tombé à l’eau, sans doute trop précurseur à l’aube des années 1970.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Un design marqué par les innovations

De l’artisanat au concept du déhoussable, en passant par les structures exosquelettes des fauteuils Vague ou de la table Cathédrale, Paulin n’aura eu de cesse d’entremêler les concepts, les innovations et les styles. Et ce, jusqu’à revenir, vers la fin de sa vie, à une esthétique Art déco valorisant la géométrie. En témoignent encore aujourd’hui les tapis abrités par le Conseil économique et social de Paris, basés initialement sur les plans du concours remporté par Buren au Palais-Royal, ou le bureau dessiné pour François Mitterrand. Une remise en question perpétuelle de son travail qu’il poursuivra jusqu’à la fin, avec Ligne Roset ou Magis.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

De ses premières assises aux pièces devenues iconiques, l’exposition raconte la carrière d’un homme qui avait fait du design une matière à penser. L’occasion de redécouvrir – et d’essayer – certaines des silhouettes les plus célèbres du XXe siècle, façonnées par un esprit qui n’a cessé de réinterpréter ses dessins pour qu’à travers eux se lise une histoire moderne.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre
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8/10/2026
Edgar Jayet retapisse le design industriel pour la Villa Médicis

Pour la Villa Médicis, le designer Edgar Jayet livre trois fauteuils Tapestry. Une réinterprétation du Swivel de la maison d’édition danoise Vipp, retapissé d’un jacquard paysagé.

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S’il existe une place qui, parmi plus que nulle autre, a traversé les époques pour garantir à la création un lieu d’expression, c’est la Villa Médicis. Fondée en 1666 par Louis XIV, l’institution française bâtie sur les hauteurs de Rome accueille depuis 2022 le programme « Réenchanter la Villa ». Entamée par India Madhavi, cette nouvelle campagne de rénovation se poursuit aujourd’hui avec les appartements des pensionnaires. Et c’est au numéro 10 que l’architecte et directeur artistique Edgar Jayet présente « Tapestry ». Derrière ce nom, une typologie que le designer considère « comme ce qui est un peu le nouveau chevalet de l’artiste » : la chaise de bureau. « Nous nous sommes intéressés à elle car c’est une pièce essentielle mais, à mon sens, souvent décevante en termes de design, de conception. Je suis donc rentré en contact avec l’éditeur danois Vipp pour y chercher la Swivel chair que j’adore. » Une assise pivotante au design industriel mais surtout à la hauteur du lieu, selon le prescripteur.

Fauteuil Tespetry, design Edgar Jayet © VIPP

Un style néo-éclectique

Fidèle à une certaine vision très « dix-neuviémiste » de l’ameublement, Edgar Jayet a souhaité introduire dans ce projet un pont entre les époques et les styles. « Je me suis interrogé sur ce qu’était l’opposé d’un design industriel et je suis tombé sur la tapisserie. Un élément qui ramène à la naissance des Arts décoratifs, au Moyen Âge, à la Renaissance, à la manufacture des Gobelins… » Une réflexion qui amène alors le designer à sélectionner un jacquard au style forestier de chez Schumacher. « La ligne d’horizon, le feuillage… Pour moi, la notion de paysage intérieur est essentielle dans un atelier d’artiste. C’est une ouverture vers l’extérieur qui fait écho, dans notre cas, au jardin de la Villa Médicis », détaille le designer, marqué par l’ambiance néo-médiévale émanant des chaises tapissées de sa grand-mère. Grâce au métrage relativement long, les trois assises de la Villa se complètent sans que le motif ne se répète et offrent ainsi à l’espace une complémentarité stylistique.

Fauteuil Tespestry, design Edgar Jayet © VIPP

Un projet à acquérir

Imaginé à l’origine pour l’institution romaine, le fauteuil Tapestry sera également disponible à la vente à partir du mois de janvier. Avec ses 50 pièces, cette collection capsule s’inscrit dans la volonté plus globale de la maison d’édition danoise de développer des collaborations bespoke autour de leur best-seller : la Swivel. L’occasion de s’offrir un petit morceau de la Villa et de connecter, comme elle, les époques par le prisme du design.

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