Søstrene Grene, vitrine du style de vie danois
© Søstrene Grene

Søstrene Grene, vitrine du style de vie danois

La marque danoise Søstrene Grene qui célébrait ses 50 ans 2023, perpétue le même concept depuis toutes ces années. Basée à Aarhus, sa ville d’origine, l’entreprise a à cœur de développer des produits qui expriment le mode de vie à la Danoise, basée notamment sur le principe du « Hygge ». 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’histoire de Søstrene Grene n’est pas celle de deux sœurs, mais celle d’un couple formé par Inger Grene et Knud Cresten Vaupell Olse. En effet, l’aventure Søstrene Grene a été imaginée dans l’optique de proposer un concept inédit. Après un passage dans l’industrie de la mode et alors qu’ils sont propriétaires d’une industrie qui concevait des cousins à destination des églises danoise, le couple ouvre le premier magasin historique de la marque en 1973 dans le centre-ville d’Aarhus, la deuxième plus grande ville du Danemark. 

Un magasin historique pour un concept mondial 

D’abord intitulée Søstrene Grene’s Økonomimarked - « le marché économique des sœurs Grene » en danois - et installée au premier étage, le concept de la marque était de proposer des objets de toutes sortes, dispersés un peu partout, avec un parcours spécifique pensé de sorte à ce que chaque visiteur ne rate aucun produit. Plus globalement, les magasins Søstrene Grene ont tous la même organisation, à mi-chemin entre un théâtre et un marché en libre-service. Pour l’anecdote, Knud Cresten Vaupell Olsen était un ancien professeur de ballet et voulait proposer un magasin qui ressemblerait à une salle de représentation, avec de la musique classique diffusée dans les haut-parleurs, des murs sombres comme ceux d’un théâtre et une lumière tamisée pour mettre en avant les produits présentés.

 © Søstrene Grene

Une idée perpétuée depuis 51 ans, qui fait la force de la marque, si l’on en croit les mots de Mikkel Grene : « On essaye de créer des expériences différentes et uniques de retail. 80 % de nos magasins sont identiques, ce qui va changer ce sont les produits proposés. » Aujourd’hui, l’entreprise compte plus de 200 magasins à travers le monde, dont une quarantaine en France. 

Deux sœurs, vraiment ? 

Si la marque a été baptisée Søstrene Grene - « les sœurs Grene » en danois - il n’en est rien. En effet, malgré les nombreuses histoires et communications faites autour d’Anna et Clara, les supposées sœurs Grene, celles-ci n’ont en réalité jamais existé… Pour autant, ces dernières ont été inspirées de deux sœurs de la famille, arborant les mêmes traits de caractère, l’une étant organisée et l’autre plus créative. Aujourd’hui, ce parallèle pourrait être retranscrit sur les frères Grene qui dirigent l'entreprise depuis 20 ans, puisque Mikkel est PDG tandis que Cresten est directeur créatif et responsable concept. 

Mikkel et Cresten Grene © Søstrene Grene

Transmettre un mode de vie à travers les produits

« Les Danois passent beaucoup de temps dans leur intérieur, c’est donc important pour eux de s’y sentir bien et c’est ce que l’on essaye de transmettre dans nos produits » continue Mikkel Grene. Un style de vie bien particulier, propre aux pays scandinaves, souvent basé sur le concept du « Hyyge », un état d'esprit positif procuré par un moment jugé réconfortant, agréable et convivial.

© Søstrene Grene

Un mode de vie bien spécifique mais caractéristique, qui se transmet également par le design. « Nous avons une tradition forte avec le design, mais on s’est rendu compte que pour être uniques il fallait que l’on ait le nôtre » explique Cresten Grene. Ils ont donc décidé d’ouvrir un département interne dédié au design il y a 11 ans, au sein du siège basé à Aarhus, pour y imaginer tous les nouveaux produits de la marque. Pour les inspirations, elles sont multiples, comme en témoignait Cresten Grene : « Nous essayons d’être les plus ouverts possible sur ce qu’il se passe autour de nous et dans le monde. Il y a énormément de moyens de créer, ça peut être suite à une visite au salon de Milan, à partir d’un souvenir ou d’une simple balade en forêt. » 

Des collections à plusieurs échelles 

Pour imaginer leurs nouvelles collections, les équipes de Søstrene Grene les rangent dans des catégories : les collections principales, les collections saisonnières et les sorties spécifiques. « Nous sortons de nouveaux produits toutes les semaines afin de proposer une nouvelle expérience en continue, continue Mikkel Grene. Cela permet de créer une sorte de rendez-vous avec les clients qui prennent ainsi l’habitude de venir régulièrement pour découvrir les nouveautés. »

Chaise Pillow, issue de la collection printemps 2024 © Søstrene Grene

Pour la collection printemps 2024, intitulée Moments et dévoilée le 1er février, de nombreuses nouveautés étaient présentées, notamment la chaise Pillow, inspirée du duvet retrouvés sur la plupart des lits danois. En termes d’accessoires, les couleurs et le chrome sont de mise, avec un grand nombre de pièces du bougeoir à la carafe en passant par l’étagère. 

Rédigé par 
Maïa Pois

Vous aimerez aussi

Temps de lecture
5/10/2026
Maison & Objet : « Japan Wood x Craftsmanship », un stand dédié à l’artisanat japonais

Sur le salon Maison & Objet en septembre, les savoir-faire traditionnels japonais liés au travail du bois ont été mis à l’honneur sur le stand « Japan Wood x Craftsmanship ». L’occasion de valoriser des techniques traditionnelles, parfois vieilles de plusieurs siècles, témoignant d’un artisanat minutieux, précis et profondément ancré dans la culture japonaise.

‍

« Notre principal objectif en venant en France est de montrer l’intégrité de l’artisanat japonais du bois et de promouvoir ces savoir-faire. Nous souhaitions également mettre en avant le caractère durable du bois que nous cultivons », expliquait Yohei Kato, responsable du stand. Véritable symbole de la culture japonaise, le bois occupe une place importante dans le quotidien au Japon. Pour sa première participation au salon, le stand avait une mission claire : valoriser les savoir-faire japonais liés au travail du bois à travers les techniques traditionnelles de fabrication, mais aussi les objets qui en découlent. De l’emblématique boîte à bento aux seaux à champagne, en passant par des bols ou encore des poupées kokeshi, le stand présentait une grande variété d’objets et d’accessoires.

© Intramuros

Valoriser les savoir-faire traditionnels

Au-delà de la matière elle-même et des objets proposés, l’accent était avant tout mis sur les savoir-faire et les techniques liés au bois, pour la plupart transmis de génération en génération. Plusieurs de ces artisanats étaient représentés sur le stand, chacun associé à une région spécifique du Japon : l’Odate Magewappa - une technique de cintrage du bois - originaire d’Akita ; le Hakone Yosegi-Zaiku - une technique de marqueterie de bois - provenant de Kanagawa ; les objets laqués d’Ishikawa ; ou encore les poupées kokeshi de la région du Tohoku. Le stand présentait également des créations plus contemporaines, notamment du mobilier, avec des chaises ou des tabourets, témoignant des applications actuelles du bois dans le design.

© Intramuros

Sur place, l’artisan Yoshimasa Shibata proposait aux visiteurs de découvrir directement la technique du cintrage du bois en présentant plusieurs étapes de fabrication d’une boîte à bento. Yoshimasa Shibata est l’un des 16 seuls artisans certifiés « Traditional Craftsmen » au Japon spécialisés dans le magewappa, ces petites boîtes en bois cintré. Une certification qui nécessite au minimum douze années d’expérience pratique dans la fabrication. Développé comme artisanat il y a environ 400 ans et transmis depuis de génération en génération à partir de cèdre d’Akita cultivé localement, le magewappa se définit avant tout par sa technique de cintrage. Le cèdre naturel d’Akita est assoupli dans une eau chauffée à plus de 80 °C, puis courbé en un seul mouvement continu, guidé uniquement par le toucher et le savoir-faire de l’artisan.

© Intramuros

Une manière de faire découvrir au public ces savoir-faire encore relativement méconnus. Plus largement, l’initiative visait à encourager le dialogue et à favoriser de potentiels partenariats avec des acteurs européens, autour de produits existants comme de nouvelles pièces adaptées à des usages plus contemporains. Le stand présentait également des produits récompensés par le Wood Design Award, qui distingue des créations mettant en valeur les qualités et l’attrait du bois, témoignant ainsi de la manière dont les techniques japonaises sont aujourd’hui transposées dans le design contemporain. « L’objectif de notre participation est de favoriser les échanges et les rencontres susceptibles de déboucher sur des partenariats avec des entreprises européennes, entre autres. Nous sommes également ouverts à la possibilité d’exporter du bois japonais », ajoutait Yohei Kato.

Développer la culture du bois au Japon

Au-delà de la valorisation des savoir-faire, le stand souhaitait également mettre en lumière la relation qu’entretient le Japon avec ses forêts et la manière dont celles-ci sont gérées. En effet, près de 70 % du territoire japonais est recouvert de forêts, dont environ 40 % sont des forêts plantées. Celles-ci représentent 8 % de la superficie totale des forêts plantées dans le monde, ce qui place le Japon à un niveau particulièrement élevé à l’échelle internationale. Une situation qui témoigne d’une longue tradition de reboisement, les arbres étant replantés après leur exploitation afin de renouveler les ressources forestières. Le bois s’inscrit ainsi dans une logique circulaire : il absorbe du CO₂ au cours de sa croissance, nécessite relativement peu d’énergie pour être transformé et continue de stocker du carbone une fois devenu un produit fini.

© Intramuros

Cette approche environnementale est étroitement liée aux savoir-faire présentés sur le salon. Les qualités naturelles du matériau, notamment son parfum, ses capacités de régulation thermique et d’absorption de l’humidité ou encore ses propriétés anti-bactériennes ouvrent également la voie à de nouveaux usages. Entre préservation de techniques séculaires, gestion responsable des ressources et applications contemporaines, le stand défendait ainsi une approche du bois où artisanat et durabilité avancent de pair.

Temps de lecture
30/9/2026
Artek x Hender Scheme : la patine du temps

Le finlandais Artek et le japonais Hender Scheme présentent une première collaboration autour du vieillissement naturel des matériaux et du pouvoir esthétique du temps.

Notre attachement à certains objets ne s’explique pas par leur valeur intrinsèque, mais par leur histoire. Celle qui cause l’usure et attaque parfois la forme, voire la fonction. C’est avec cette question du temps qui passe en toile de fond qu’Artek et Hender Scheme se sont associés. Spécialiste du mobilier en bois cintré depuis 1935, la marque finlandaise avait amorcé en 2024 un nouveau tournant en tolérant, à l’occasion d’une collection avec le studio Formafantasma, les défauts du bouleau dans ses assises. Un rapport au naturel que la société, fondée par Aino et Alvar Aalto, interroge cette fois-ci avec un fabricant de chaussures et d’accessoires en cuir, le japonais Hender Scheme.

Suspension ©Artek x Hender Scheme

‍

La valeur du temps

Si les objets sont façonnés par l’industrie qui les fait naître, cette collection entend montrer qu’ils continuent de vivre entre les mains de leurs utilisateurs. En faisant du cuir tanné végétal l’élément central de cette collaboration, les marques proposent un nouveau revêtement qui se patine naturellement avec le temps. Un rapport sensible à la vie des meubles qui confère aux pièces leur unicité. De ce choix naît aussi un échange entre les deux entreprises. La première introduit le langage stylistique du couple Aalto dans un univers codé et japonisant, lorsque l’autre importe son savoir-faire en dotant le célèbre Stool 60 de souliers de cuir. Un clin d’œil qui met en valeur le piètement en L caractéristique de la célèbre assise.

Tabourets Stool 60 avec « chaussures » ©Artek x Hender Scheme

‍

« New Craft » ou le concept d’un artisanat technologique

Cette nouvelle connexion est également l’occasion pour Hender Scheme de développer son concept de « New Craft ». Une idée selon laquelle l’artisanat et la technologie moderne se rencontrent et fusionnent au service de nouvelles réalisations. Parmi elles, la suspension A330 Golden Bell, dessinée par les Aalto. L’abat-jour en laiton est pour l’occasion réinterprété en cuir moulé. La technique traditionnelle du moulage humide est associée à l’impression 3D pour offrir de nouvelles qualités visuelles et tactiles sans altérer la forme initiale. Une proposition forte en écho au traitement plus classique du cuir valorisé sur différentes typologies dont une horloge, un porte-clés et des dessous de verre reprenant la forme courbe « Riihitie », imaginée par Aino Aalto. Dévoilés au London Design Festival, ces objets seront disponibles à la vente à partir du 10 octobre.

‍

Ci-dessous de gauche à droite : dessous de verre et horloge

Temps de lecture
30/9/2026
« Under Pressure » : Marie et Alexandre exposent à la galerie signé

Jusqu’au 10 octobre, le duo Marie et Alexandre présente à la galerie signé l’exposition « Under Pressure », dans laquelle la pression est explorée sous plusieurs aspects : dans les techniques et les matières employées, mais aussi, plus largement, dans leur rapport à la création.

‍

« L’idée derrière cette exposition était de travailler la pression un peu différemment, en utilisant des techniques diverses, avec cette idée d’explosion rapide, et de réussir à les allier toutes ensemble. » Pour cette exposition, le duo de designers formé en 2018 a choisi de faire de la pression son point de départ. Le titre, « Under Pressure », fait notamment référence à l’hydroformage, un procédé industriel dans lequel la pression de l’eau permet de donner forme au métal. Au sein de la galerie, Marie et Alexandre présentent ainsi des pièces façonnées par différentes forces et contraintes, réalisées en collaboration avec plusieurs artisans spécialisés. Mais la pression ne désigne pas seulement ici une technique de façonnage. Elle devient également une condition de création, exercée par la matière, par le temps, le doute, les choix parfois irréversibles ou encore la volonté de faire apparaître quelque chose qui n’existe pas encore.

Exposition "Under Pressure", collection de Vases en céramique émaillée, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

Allier techniques et savoir-faire

Au sein de l’exposition, qui réunit une dizaine de pièces, les designers se sont associés à différents artisans pour explorer la pression sous toutes ses formes. Avec Antoine Giret, ils présentent ainsi une console, un système d’étagères et une chaise autour d’un travail de l'aluminium fondé notamment sur la vibration de la matière et la création de systèmes. Accompagnés par Jean-Marie Foubert, ils ont imaginé une collection de vases en céramique, déclinés en versions simple et double ainsi qu’en différents formats. Avec le verrier Simon Rio, ils sont allés vers un autre registre en imaginant une table basse dont le plateau est en verre thermoformé. Enfin, avec l’atelier Blam - notamment connu pour avoir participé à la réalisation du cheval mécanique apparu lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 -, ils ont imaginé une table sur piston ainsi qu’un médaillon en métal et feuille d'argent dont la forme naît directement de la contrainte exercée sur la matière. Ce dernier sera ensuite destiné à rejoindre la Cité du design de Saint-Etienne, récemment inaugurée.

Exposition "Under Pressure", médaillon et table sur piston, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

À travers cette exposition, Marie et Alexandre semblent faire évoluer leur langage formel vers davantage de retenue. Les formes se resserrent et les moyens se réduisent, sans pour autant perdre leur fonction et leur intensité. Un moyen finalement pour le duo de questionner son propre processus créatif.

Exposition "Under Pressure", chaise et système d'étagères en aluminium, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin
Temps de lecture
29/9/2026
Panton Cubes : le design en jeu

Imaginé par Verner Panton dans les années 1970, le système modulaire Panton Cubes est aujourd’hui réédité par Vitra sous la forme de quatre kits représentant des figures animales.

Imaginés par Verner Panton en 1974, les Panton Cubes associent jeu et design. Constitués de structures cubiques pouvant être assemblées entre elles à l’aide de clips, les cubes sont ensuite habillés de panneaux colorés ou chromés. Ce système permet de composer des volumes et des motifs variés, allant de sculptures figuratives à des constructions plus abstraites.

Développée par Vitra en collaboration avec Verner Panton Design AG à l’occasion du centenaire de la naissance du designer, cette réédition propose quatre modèles : un canard, un flamant rose, un chat et une girafe. Chacune des versions est proposée dans une combinaison de deux couleurs ou avec une finition chromée. Les modèles bicolores reprennent la palette vive caractéristique du travail du créateur danois. En laissant à chacun une grande liberté de construction, le concept des Panton Cubes illustre de manière ludique les possibilités offertes par un système modulaire.

‍

Ci-dessous : ©Panton Cubes - Vitra

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque semaine l’actualité du design.