Café-Débat EquipHotel : le pouvoir de prescription
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Café-Débat EquipHotel : le pouvoir de prescription

Du 6 au 9 novembre, durant EquipHotel, Intramuros a co-animé des cafés-débats avec l’Ameublement français, sur leur stand baptisé Interior Design Center. Ont été abordés des sujets liés à la conception d’espaces CHR, la mutation et le développement du marché. Retrouvez le résumé des échanges du 6 novembre portant sur la réalité du pouvoir de prescription de l’architecte d’intérieur.


Autour de la sublime table en Corian conçue par Image, cinq professionnels ont partagé leurs points de vue :

  • Régis Botta, Architecte DPLG, Régis Botta – Architectures
  • Flore-Anne de Clermont, responsable innovation, Valdélia
  • Adrien Lanotte, senior analyst, MKG Consulting
  • Olivier Lekien, architecte d’intérieur, atelier OLK
  • Caroline Tissier, architecte d’intérieur, Caroline Tissier Intérieurs

L’architecte d’intérieur a-t-il toujours le pouvoir de prescription ?

Derrière ce titre un brin provocateur, la vraie question abordée était : qui est l’acheteur aujourd’hui ? Une question qui complexe quand on connaît la multiplicité d’acteurs et niveaux d’intervention nécessaires dans un projet d’hôtel aujourd’hui, mais qu’Adrien Lanotte, analyste chez MKG Consulting a souhaité illustrer en préambule des échanges. Le cabinet de conseil étant en charge d’une étude commanditée par l’Ameublement français, sur la cartographie des parcours d’achat en mobilier dans le secteur contract. L’objectif de cette étude étant de faire le pont entre les contraintes de chacun et d’identifier des facteurs clés de succès pour aboutir à une collaboration plus fructueuse.

Un premier constat partagé par tous : depuis plus de 20 ans, le nombre d’acteurs intervenant dans un projet n’a cessé d’augmenter et d’évoluer, formant un écosystème d’acteurs de plus en plus complexe à appréhender. L’étude montre qu’il n’y a pas de schéma-type, mais pour autant, les étapes de déroulement d’un projet s’organisent généralement comme suit : un investisseur lance une idée, puis sont sollicités des architectes, architectes d’intérieur/designers, des bureaux d’études pour étudier sa mise en place. Après cette deuxième étape, on passe à l’exécution : et c’est là qu’interviennent les acteurs de l’ameublement, car c’est le moment où le client va faire des appels d’offres et solliciter des propositions de la part de distributeurs et de fabricants.

La complexe gestion du budget

Une fois que le donneur d’ordre a choisi l’architecte d’intérieur, comme le note Adrien Lanotte, « ces deux acteurs vont discuter pour définir les attentes, mais sans pour autant être dans le réel des produits à ce moment-là, c’est encore une phase de dessin. » Le fabricant intervient tardivement, pour répondre aux questions de faisabilité du dessin. Sa mission sera de chiffrer le projet en prenant en compte les contraintes du porteur de projet : si celui-ci démarre avec une enveloppe très précise et qu’après

étude, les coûts sont plus élevés, il faut réussir à s’adapter sans perdre l’idée de départ.

Adrien Lanotte, senior analyst, MKG Consulting © EquipHotel

Ainsi, aujourd’hui, pour Adrien Lanotte, « dans le secteur du contract, le rôle du fabricant est un peu celui d’un technico-commercial. C’est lui qui va pouvoir chiffrer le projet », ce qui va déterminer sa faisabilité. D’où l’intérêt d’associer davantage et le plus en amont possible le fabricant, que le choix d’aménagement soit établi sur catalogue, concerne du sur-mesure ou demande une adaptation de gamme en semi-mesure. Les fabricants français de mobilier et industriels de l’agencement précisent que les intégrer dès l’amont, au moment de la conception d’un projet, représenterait une réelle valeur ajoutée économique pour le commanditaire du projet. Le fabricant fabrique, mais il accompagne et propose des solutions aux architectes d’intérieur et designers.

Olivier Lekien, directeur de l’atelier OLK qu’il a fondé en 2019, évoque une évolution de son rôle d’architecte d’intérieur vers celui de chef d’orchestre : « Je dirais que notre métier a changé. Le nombre d’acteurs est de plus en plus important et donc en tant qu’architecte, on devient un peu créateur de synthèse. À mon échelle, j’essaye d’apporter une solution d’ensemble afin d’atteindre un équilibre. »

Parcours d’achat :  mais qui achète ?

Et si la question concernant la nécessité d’intégrer les fabricants en amont semble obtenir l’unanimité, une autre importe tout autant : qui est en charge de l’achat ? Caroline Tissier, Régis Botta et Olivier Lekien l’expriment clairement : sauf exception, ils ne sont pas les acheteurs directs, mais accompagnent les clients pour trouver des terrains d’entente, comme l’explique justement Olivier Lekien : « Si j’achète moi-même, c’est que je pense qu’il y aura une plus-value pour le projet. Mais sinon, je vais généralement proposer des fabricants au client qui fera son choix. Il arrive aussi qu’il fasse appel à son propre réseau qu’il peut être intéressant d’exploiter. Encore une fois, on en revient à cette idée de synthèse à faire ensemble.»

Projet de restaurant Titi Palacio par Atelier OLK © Rodolfo Apolaya
Projet de restaurant Titi Palacio par Atelier OLK © Rodolfo Apolaya

Comment le choix est-il fait ?

Les architectes d’intérieur soulignent ce point : le respect du planning, pour que l’hôtel ouvre à temps, est crucial pour l’architecte d’intérieur. Et plus que le prix, le vrai facteur de décision est dorénavant le facteur temps : « Tout est une question de réaction au bon moment. Si le fabricant est en capacité de réagir quand c’est nécessaire, c’est là qu’il peut obtenir le marché. C’est ce délai-là qu’il faut surtout adapter » explique Olivier Lekien.

Olivier Lekien, architecte d’intérieur, atelier OLK © EquipHotel

Et cette question de délais est justement au cœur de nombreux projets et dans beaucoup de cas, les fabricants français vont être mis en concurrence avec des fabricants à l’international, délai oblige. Pour autant, sur les chantiers, les fabricants locaux (les fabricants français en France) pourront mieux réagir à des questions de SAV ou d’ajustements sur place qu’un fabricant plus éloigné. Ici encore, la plus value-économique et le gain de temps réalisé sont une nouvelle fois non-négligeables.

Dans le public, un professionnel en sourcing de matériaux, dans un cabinet d’architectes spécialisé dans les projets du milieu du luxe, évoque en effet la volonté de certains clients de trouver des « équivalents » une fois que le projet est validé, dans le but de faire des économies ou atteindre les délais de livraison plus rapidement. Ces recherches sont aussi faites par des intermédiaires, qui rendent difficilement lisible la lecture du schéma de décision, d’arbitrage et de transparence du prix que coûte réellement un meuble après que chacun ait été sollicité dans la mission de l’aménagement.

L’engagement RSE : vers une évolution du marché ?

Tous l’accordent : en ce qui concerne le mobilier, il est compliqué aujourd’hui de faire des projets 100 % en circuits courts, comme l’explique justement Caroline Tissier : « J’ai pu travailler avec des chefs qui essayent de fonctionner en circuit court dans leur restaurant et c’est très bien. Pour autant, il me semble aujourd’hui compliqué de faire un hôtel qui soit totalement en circuit court, même si je vois de nettes améliorations et des solutions apportées. »

Restaurant Nellu © Caroline Tissier Intérieurs

En revanche, tous les acteurs autour de la table mentionnent une prise en compte RSE de plus en plus valorisée dans la conception projets. Pour le moment, ils y répondent au moins sur le plan technique, en intégrant par exemple des systèmes d’économie d’énergie ou d’isolation. Flore-Anne de Clermont, reponsable innovation chez Valdélia, explique la démarche de cet éco-organisme, dont l’objectif est de valoriser du mobilier de réemploi au sein des projets. Valdélia fait l’intermédiaire entre les personnes qui souhaitent évacuer leur mobilier et celles qui souhaitent faire du réemploi. Une nouvelle piste d’engagement RSE, qui entre petit à petit dans la culture d’achat et de conception du projet.

Les adaptations des professionnels au marché

Après un parcours en partie chez Ligne Roset puis en agence spécialisée dans l’hôtellerie, Caroline Tessier a ouvert sa propre agence d’architecture d’intérieur en 2013. Elle travaille de façon rapprochée avec les fabricants sur ses projets, et parallèlement, elle s’est associée à Contract Factory, agencé créée par Alexis Marechal, qui accompagne le client sur l’ensemble du parcours : « Quel que soit le projet, le parcours sera le même. Le fait de connaître tous les fabricants nous permet d’avoir une vision large et donc de savoir avec lesquels il faut travailler au moment d’élaborer un projet » explique-t-elle. Elle propose un parcours tout tracé et résout ainsi la question de la gestion des achats et des intermédiaires.

Régis Botta, Architecte DPLG, Régis Botta – Architectures © EquipHotel

Régis Botta a créé son agence en 2011, avec cette spécificité qu’elle comporte une section design. Ses projets comprennent majoritairement du mobilier fait sur mesure, et il intègre dès la phase de conception les artisans et les fabricants.« Tout ce qui concerne le mobilier et le prototypage est l’un des premiers dossiers à gérer. C’est l’un des plus importants à discuter en amont. Donc intégrer les fabricants dès le début, c’est une évidence pour moi. » Le sur mesure implique cependant que les pièces ne pourront pas être développées à plus grande échelle, justement pour respecter la demande première du client qui était d’avoir un mobilier unique. « En général en mobilier sur mesure, le client finance le prototypage et donc il ne veut pas voir ses pièces développées ailleurs. La seule exception est lors de développement de franchises ou de chartes par exemple. Dans ce cas, cela devient intéressant pour un fabricant puisqu’il y aura des commandes en grande quantité » continue Régis Botta. Il propose également des modèles en semi-mesure en adaptant notamment pour une franchise un modèle standard qu’il développe pour qu’il devienne propre au client.

Pâtisserie Véro Dodat par Régis Botta
Apéro Square par Régis Botta

Parmi les autres pistes évoquées. Adrien Lanotte a proposé l’idée, pour le fabricant, de développer une économie servicielle qui consisterait à sortir du cycle d’achat produit pour proposer des produits de remplacement ou de faire un recours à un système de leasing afin d’éviter par exemple d’avoir à immobiliser une chambre en cas de problème liés à de délais de fabrication ou de livraison justement. Régis Botta revient sur la nécessité de construire une proximité avec les fabricants. En effet, une fois qu’une première collaboration est faite, une proximité se créer et permet donc d’avoir une meilleure connaissance des outils de production des fabricants. De fait, il sera plus simple de comprendre les adaptations possibles et cela aidera logiquement à gagner du temps par la suite.

Rédigé par 
Maïa Pois

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14/7/2026
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Du 18 au 30 septembre, la septième édition de France Design Week se déploiera dans toute la France avec une programmation portée par les acteurs du design. Placée sous le thème « D comme Design, D comme Défi », cette nouvelle édition entend mettre en lumière le rôle du design face aux transitions environnementales, sociales, industrielles et technologiques. Coordonnée par l'APCI – Agence pour la Promotion du Design, France Design Week poursuit son ambition de fédérer l'ensemble de l'écosystème du design français autour d'un temps fort commun. Expositions, conférences, visites de studios, portes ouvertes, ateliers ou rencontres rythmeront deux semaines de programmation sur l'ensemble du territoire. Après une édition 2025 qui avait réuni plus de 322 000 visiteurs autour de 700 événements, le festival souhaite monter en puissance lors de cette septième édition.

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Un rendez-vous national qui affirme la place du design

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Le lancement national aura lieu le 18 septembre à Paris, avec un parcours organisé en lien avec Paris Design Week comprenant notamment une visite de Notre-Dame de Paris et la remise du France Design Impact Award. La clôture se tiendra quant à elle le 30 septembre à Saint-Étienne, dans la nouvelle Galerie nationale du design inaugurée cette année, où seront présentés le bilan de cette édition et les perspectives du festival. Et d’ici là, voici un échantillon d'événements que nous avons repérés pour vous :

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Vous souhaitez transformer une idée créative en projet entrepreneurial ? Ce webinaire propose aux étudiants, jeunes diplômés et porteurs de projets de découvrir les premières étapes pour entreprendre dans les industries culturelles et créatives. En 1h30, les participants exploreront les enjeux, opportunités et ressources clés pour structurer leur activité et donner vie à leurs ambitions professionnelles dans le secteur du design.

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Atelier : Le design et ses déclinaisons dans l’éducation

Comment le design a-t-il accompagné l’évolution des pratiques éducatives au fil du temps ? À travers une visite exceptionnelle de ses réserves, le musée national de l’Éducation invite le public à découvrir une sélection de mobilier scolaire et d’objets issus de ses collections. Une plongée dans l’histoire du design appliqué à l’apprentissage, révélant comment les formes, les usages et les espaces éducatifs ont évolué au fil des génération

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Atelier : Défi ta com’ : et si tes supports étaient plus efficaces ?

Et si quelques ajustements pouvaient rendre votre communication plus claire, plus cohérente et plus efficace ? À travers un atelier participatif, commerçants, artisans, indépendants et dirigeants sont invités à porter un regard neuf sur leurs supports de communication du quotidien. Cartes de visite, flyers, devis, vitrines ou sites web serviront de point de départ pour identifier les points forts, repérer les axes d’amélioration et repartir avec des conseils concrets pour gagner en impact auprès de leurs clients.

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Festivités : Nuit Orange

Le temps d’une soirée, le musée Fabre invite le public à découvrir l’exposition « Le design selon Pierre Paulin » sous un angle festif et immersif. Visites guidées, ateliers, spectacle et danse rythmeront cette Nuit Orange, pensée comme une célébration conviviale du design. Une occasion de vivre le musée autrement, en famille ou entre amis, et de porter un regard inédit sur l’œuvre de l’un des plus grands designers français.

Pays de la Loire - Le Mans

Atelier : Initiation à la risographie et au design graphique

Comment créer des compositions graphiques à la fois structurées, libres et originales ? Cet atelier d’initiation au design graphique et à la risographie invite les participants à explorer la grille de composition, un outil fondamental de la mise en page, à travers une approche expérimentale et créative. En lien avec l’exposition « The Yellow Grid » de Macula Nigra, chacun pourra concevoir puis imprimer ses propres créations en risographie, une technique artisanale aux rendus singuliers et colorés.

Provence-Alpes-Côte d’Azur - Marseille

Conférence : Qui conçoit les machines qui nous façonnent ?

Qui décide de la forme des technologies qui influencent nos comportements au quotidien ? À travers cette conférence, Anthony Masure propose une réflexion critique sur les dispositifs d’intelligence artificielle et les logiques qui orientent leur conception. En explorant leurs effets sur nos usages, notre attention et nos relations, il montrera comment le design peut devenir un outil d’analyse et d’action pour imaginer des environnements numériques plus conscients, plus responsables et plus humains.

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6/7/2026
Studio Œ, matières en exploration

Le studio Œ a été fondé en 2021 par les designers allemandes Lisa Ertel et Anne-Sophie Oberkrome. Un studio qu’elles décrivent comme un lieu d’expression et d’exploration commun, au sein duquel les projets qu’elles conçoivent sont en interaction avec l’espace et le contexte social dans lesquels ils prennent place.

Lisa Ertel et Anne-Sophie Oberkrome se rencontrent lors de leurs études en design produit à l’université des arts et du design de Karlsruhe, en Allemagne, années durant lesquelles elles prennent l’habitude de collaborer régulièrement. La création de leur studio – dont le nom, Œ, correspond à la première lettre de leurs noms de famille respectifs – s’est finalement révélée comme une suite logique. « C’était plutôt comme donner un nom à quelque chose qui existait déjà et symboliser la façon dont deux perspectives peuvent fonctionner à l’unisson. »

Assise Pina © Studio Œ

S’inspirer du quotidien

Pour imaginer chacun de leurs projets, pas de processus figé mais plutôt une inspiration issue de différentes scènes de vie. « Nous accordons une attention particulière à la façon dont les objets vivent avec les gens, dans les lieux et au fil du temps. Notre objectif est d’être à l’écoute de l’espace dans lequel ils prennent place, sans pour autant le contrôler. »  Dans la pratique, Œ a pris l’habitude de travailler sur plusieurs travaux en parallèle, qu’il s’agisse de collaborations avec des éditeurs, de recherches indépendantes ou de commandes spécifiques. « Notre travail repose vraiment sur la diversité, et nous sommes convaincues que notre signature réside dans la conversation entre nos différents projets. » Parmi leurs collaborations notables, on peut citer celles avec l’éditeur danois Our Society pour le miroir Cove, en 2022, et l’italien Mattiazzi pour les collections Oto, en 2023, et Dopo, en 2024, ainsi que celle avec 1×1 Systems pour l’étagère Tandem, en 2024.

Collection Dopo pour Mattiazi © Studio AKFB

Explorer pour mieux concevoir

En parallèle de cette activité d’édition, elles sont membres de plusieurs collectifs, notamment de FAN Collective, lancé avec des amis de l’université après leur diplôme ; de Farm Group, né de la volonté de se rapprocher de la terre en partant d’un lieu plutôt que d’un marché pour créer ; ainsi que de Many-to-Many, un groupe féminin de designers venues de toute l’Europe. Une activité d’exploration essentielle dans leur processus global qui leur a permis de développer des idées comme la collection de verres Romer, la série d’assises Silo et le tabouret Moving Stool, pour ne citer qu’eux. « Ces collectifs sont comme des écosystèmes dans lesquels nous pouvons explorer des thèmes que nous avons nous-mêmes choisis et tester des méthodes de travail alternatives. Ils nous permettent de définir notre rythme et de nous aventurer dans des domaines plus expérimentaux. » Fascinées par la matière, les deux amies aiment observer le comportement et l’évolution de celle-ci pour nourrir leurs idées. « On aime la texture, la structure et la couleur des matériaux. Généralement, la plupart de nos projets commencent par des étapes très pratiques de découpe, de ponçage, de pliage… Et c’est souvent le matériau qui nous indique si nous sommes sur la bonne voie. »

Verre Roomer avec FAN Collective © Studio Œ

À l'horizon 2026

Après une participation remarquée au salon Maison&Objet en septembre en tant que lauréates des Rising Talent Awards qui étaient consacrés à la création allemande, l’année 2026 s’annonce tout aussi florissante pour le studio.

Stand "Rising Talent Awards" au Salon Maison & Objet © Studio Œ

L’une des actualités majeures à venir pour le studio est sa présence à Francfort, ville désignée World Design Capital 2026. Dans la continuité de leur travail d’exploration et de recherche sur les matériaux, les designers présenteront à cette occasion un travail en collaboration avec le studio danois Form22 et le tailleur de pierre régional Freymadl. Et en juin, à l’occasion des 3daysofdesign à Copenhague, le duo a présenté en exclusivité sa première collaboration avec Vitra, avec le fauteuil Bascule. Un modèle qui allie innovation technique et recyclabilité, des notions qui étaient indissociables pour elles. « Bascule nous invite à nous installer comme on le souhaite et selon la façon dont on se sent. Ce n’est pas juste un fauteuil confortable, il y a un contexte qui s’installe tout autour de lui, comme une aura. »

Fauteuil Bascule © Vitra
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6/7/2026
Concours Technogym x Intramuros : découvrez les lauréats de la 2e édition !

Pour célébrer les 40 ans de son produit Unica, Technogym avait lancé un creative call intitulé « UNICA-MENTE | Back to the 80s », en partenariat avec Intramuros, dont la remise des prix s'est tenue le 1er juillet dernier et a récompensé trois projets distingués pour leur créativité et leur vision du bien-être.

À destination des designers et des architectes, le creative call « UNICA-MENTE | Back to the 80s » lancé par Technogym invitait les participants à imaginer des espaces de bien-être immersifs, alliant héritage des années 1980 et visions contemporaines. Parmi les nombreux projets reçus et évalués par un jury présidé par Borina Andrieu, composé également d'Olivier Bon, Verena Lasvigne et Frédéric Marty, trois propositions se sont distinguées par leur créativité, leur cohérence et leur réalisme.

Premier prix : Saule avec Unica Mente

Imaginé par Saule, le projet Unica Mente place l'usage au cœur de sa réflexion. « Nous avons pensé l'espace de manière à positionner La Palestra comme le cœur battant de notre proposition, un noyau central d'énergie d'où irradient différentes facettes de l'expérience wellness. Orchestré comme un séquençage théâtral, de la Recezione à la sérénité feutrée de L'Alcova, en passant par l'ouverture sur l'extérieur de La Terrazza, chaque espace célèbre le bien-être à sa manière. » Une proposition généreuse qui rend hommage à l'Italie, pays d'origine de Technogym, tout en mettant en valeur avec finesse et élégance les équipements de la marque.

Projet Unica Mente © Saule

Deuxième prix : Osé Architecture avec Unica Oasis

L'agence Osé Architecture a imaginé Unica Oasis autour d'une question centrale : comment réintégrer le bien-être dans nos modes de vie contemporains ? En guise de réponse, le studio propose un espace où le mouvement circule librement et trouve naturellement sa place. « L'organisation libre des espaces invite chacun à construire son propre parcours à travers une succession d'ambiances mêlant effort, contemplation et détente. Inspiré par l'optimisme des années 1980, le projet associe innovation, nature et qualité de vie. Les équipements Technogym y sont mis en scène comme des repères au sein du paysage intérieur, tandis qu'une palette de matériaux naturels, de touches colorées et d'ambiances sonores immersives renforce l'expérience sensorielle. » Un projet salué pour son équilibre entre esthétique et fonctionnalité, ainsi que pour la richesse de ses références au design des années 1980.

Projet Unica Oasis © Osé Architecture

Troisième prix : Charles Hantz avec Symbiose

Imaginé par Charles Hantz, le projet Symbiose explore la relation entre le vivant, l'espace et les machines. Inspiré de l'esthétique de la science-fiction des années 1980 tout en étant résolument ancré dans les enjeux contemporains, il transforme l'effort physique en source d'énergie. « Grâce à la récupération de l'énergie cinétique produite sur les machines, l'espace alimente un écosystème végétal qui purifie l'air et régule l'atmosphère en temps réel. Le sportif ne se contente plus de s'entraîner : il devient l'acteur d'un cycle vertueux où son mouvement nourrit l'espace. » Entre passé et futur, Symbiose revisite l'imaginaire des années 1980 tout en proposant une vision actuelle du wellness connecté.

Projet Symbiose © Charles Hantz

Coup de cœur du jury : Sesto Studio avec Human Performance Lab

En plus des trois prix classiques remis, le jury a tenu à saluer le travail de Sesto Studio pour son projet Human Performance Lab, avec un concept 1983-2083 qui propose une vision originale du futur imaginé depuis les années 80.

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3/7/2026
Les Trophées du meuble : 10 prix pour l’excellence de l’habitat

Célébrer les innovations qui façonneront le marché de demain : telle est l'ambition majeure du grand rendez-vous des "Trophées du Meuble", dont la première édition se tiendra en fin novembre prochain. A travers 30 prix répartis en 10 catégories, représentant les familles de produits et les thématiques majeures des secteurs du meuble et de l'habitat, Le Courrier du Meuble - en partenariat avec Intramuros, Cuisines & Bains Magazine et Concept Bain - veut distinguer les entreprises, concepts et initiatives qui contribuent à faire évoluer durablement l'univers de l'ameublement, du design et du contract.

Remis début décembre, les Trophées du Meuble remettront 30 prix, segmentés en 10 catégories : Prix du Savoir-Faire, Prix de l'Ameublement, Prix du Salon, Prix de la Literie, Prix du Contract, Prix de l'Innovation, Prix de l'Eco-Meuble, Prix du Design, Prix de la Cuisine et Prix de la Salle de Bains.

Pourquoi cet événement ? Il s'agit avant tout, pour Le Courrier du Meuble et les 3 magazines partenaires, de célébrer et rassembler, et plus précisément de :

- Mettre en lumière les innovations et tendances qui façonnent le marché de demain ;

- Valoriser l'excellence du savoir-faire industriel, artisanal et créatif du secteur ;

- Offrir aux entreprises participantes une visibilité forte auprès des décideurs du secteur ;

- Favoriser les synergies entre fabricants, marques, distributeurs et prescripteurs ;

- Fédérer l'ensemble de la filière autour d'un rendez-vous premium à forte valeur ajoutée.

Une opportunité de valorisation

Le processus des premiers Trophées du Meuble se veut à la fois exigeant, transparent et fédérateur, à commencer par l’ouverture aux candidatures, désormais effective : industriels, fabricants, marques et acteurs du design souhaitant mettre en avant leurs innovations, réalisations et savoir-faire, sont invités à nous contacter [voir plus bas]. Pourquoi participer ? Les Trophées du Meuble offrent à chaque candidat une opportunité unique de réaffirmer son positionnement au sein d’un événement majeur réunissant les décideurs clés du marché, et plus précisément de :

- Renforcer son image de marque et votre crédibilité sectorielle ;

- Valoriser ses innovations et son expertise auprès d’une audience qualifiée ;

- Développer sa notoriété auprès des fabricants, distributeurs et prescripteurs ;

- Générer de nouvelles opportunités commerciales et partenariats ;

- Intégrer un rendez-vous appelé à devenir une référence du secteur.

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