L’Ïtoïsation de la R17
Concept car R17, design : Ora Ito © Lionel Koretzky

L’Ïtoïsation de la R17

Dans Maison5, l’Expérience Store Renault 5 dédié à l’univers de la Renault 5 E-Tech electric, ouvert du 15 juin au 15 septembre 2024 au 66 rue Saint-Dominique à Paris, était révélé le 4 septembre dernier, le concept car « R17 electric restomod x Ora Ïto ». L’occasion de rencontrer le designer et les équipes Renault embarqués sur ce challenge.

Depuis 2021, Renault collabore avec des designers pour créer des concept cars inédits. En 2021, Mathieu Lehanneur réinventait la 4L en dessinant une suite d’hôtel nomade, Suite N°4. En 2022, Pierre Gonalons faisait de la R5 qui fêtait ses cinquante ans, un boudoir sur roues avec un volant en poussière de marbre. En 2023, Sabine Marcelis redessinait la Twingo. Cette année, c’est Ora Ïto qui est invité à ïtoïser la R17, icône des années 70, au design fulgurant, dont certains ont adoré conduire le modèle Fuego et dont d’autres se souviennent de l’effet cuir des fauteuils en skai. La démarche a été mené par Arnaud Belloni, Chief Marketing Officer Renault Group and Brand.

Concept car R17, design : Ora Ito © Lionel Koretzky

Un concentré d’idéalisme

Lancé en 1971, le coupé 4 places R17 était un concentré de l’explosion idéaliste des années 70, jouant autant de la technique que de l’élégance de ses lignes angulaires, produit à plus de 92000 exemplaires entre 1971 et 1979. « J’ai eu un coup de foudre pour la voiture, explique Ora Ïto, mais elle n’est pas évidente. Elle a beaucoup de caractère et il a été très difficile de se mettre d’accord sur ce que l’on gardait et ce que l’on retirait. Avec Gilles Vidal, Directeur du Design, et Sandeep Bhambra, Chief Designer Concept Car Renault, nous avons travaillé en ping pong. Quand on n’est pas dans l’entreprise, on arrive un peu comme une cerise sur le gâteau. Ce R17 electric restomod x Ora Ïto, je ne l’ai pas vu comme une voiture, mais comme une architecture, comme un objet, comme une sculpture à la fin, parce que c’est une pièce unique. Je me suis amusé à changer mon corps d’échelle. Un exercice que je n’avais jamais fait. Je me suis imaginé en lilliputien de 10cm de hauteur, face à la calandre, parce que je pouvais intervenir sur certaines parties mais pas sur l’ensemble. Si on cligne des yeux, on voit la R17, mais quand on regarde les détails, ce n’est plus la R17. Et soudain, j’ai vu un requin dans cette voiture. Le gimmick du requin nous a mis d’accord avec Sandeep et nous nous sommes retrouvés sur ce projet. Car le requin est souvent source d’inspiration dans l’industrie automobile, mais là, il y avait même les ouïes que l’on retrouve dans les jalousies de la R17 d’origine. Si les rétroviseurs sont filiformes, ils sont là pour faire ‘objet’ sur le concept car dans lequel tout passe par les écrans, la conduite automobile ayant été révolutionné avec la création du GPS. »

Concept car R17, design : Ora Ito © Lionel Koretzky

Pièce unique, cette R17 n’est pas destiné à la production de masse mais doit servir de puit à idées pour l’avenir de l’automobile. Cet objet d’art pourrait être édité à plusieurs exemplaires mais ce n’est pas une voiture de série. Le moteur est à l’arrière, les batteries sont devant, mais le capot n’a pas à être ouvert. Ce ne sont pas les mêmes accessibilités mais les garagistes eux-mêmes ont changé de métier.

Des leçons de design

« J’ai toujours été fan de la Renault 5 et j’ai appris que c’était le même designer, Michel Boué, qui avait dessiné la R18. La R5 était une leçon de design à elle toute seule, il suffit de tourner autour pour apprendre. Dans la R17, j’ai vu un requin, quelque chose de dynamique, sportif et en même temps intemporel, avec des formes qui lui ressemble, donc, j’étais très à l’aise et j’ai essayé de l’amener un petit peu plus loin et de la ramener à notre époque. La marge de manœuvre était très fine, avec énormément de contraintes, mais avec Sandeep, on a réussi à aller au-delà de ces contraintes, à la sublimer et la rendre nouvelle jusque dans les détails. L’avant, l’arrière, les jantes, la calandre, la bouche du requin sous la calandre. C’est la voiture soit de James Bond, soit de Steve Mac Queen, et je pense qu’on a réussi notre projet » ajoute le designer.

Concept car R17, design : Ora Ito © Lionel Koretzky

« Le moteur thermique de l’époque a été remplacé par un moteur électrique et on a dû élargir la voiture de 17 cm, explique Sandeep Bhambra. C’est un travail de sublimation. On a simplifié, enlevé plein de chose, on a distillé la R17 dans son essence propre. On a gardé les phares qui sont assez emblématiques, on a changé les sièges qui étaient sans appui-têtes pour des coques confortables. On a gardé les jalousies, on a « itoïsé » les jalousies dans un brun galactique. »

La mobilité pour tous

Abordables par tous, les dernières Renault électriques nous réconcilient avec la voiture pour deux raisons : quand on appuie sur la pédale de l’accélérateur, il y a une réponse immédiate "qui nous rappelle les auto-tamponneuses de notre enfance" se réjouit Arnaud Belloni. Renault ressuscite des voitures qui ne pouvaient rester sur le marché avec les nouvelles normes des crash tests. Les batteries qui autrefois habitaient l’espace se sont affinées pour laisser plus d’air dans l’habitacle. Révélée pour sa première mondiale, le 4 septembre, la R17 sera présentée au grand public sur le Mondial de l’Automobile, à Paris, du 14 au 20 octobre. Elle sera ensuite présentée au concours Chantilly Arts & Elegance Richard Mille du 12 au 15 septembre. La passion automobile reste intacte.

Concept car R17, design : Ora Ito © Lionel Koretzky
Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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Temps de lecture
17/9/2026
Frgmnt : pour un design désirable

Après un premier événement en juin, Frgmnt a souhaité réitéré l’expérience en présentant, à l’occasion de la Paris Design Week, sa première exposition intitulée « Edition 01 ». Visible jusqu’au 19 septembre, celle-ci met sur le devant de la scène « les matières que personne ne regarde ».

Pour sa première participation à la Paris Design Week, Frgmnt a sélectionné pas moins de 43 designers et 11 fabricants de matériaux, réunis pour présenter une démarche et des pièces imaginées à partir de matières, de chutes et de rebuts industriels souvent oubliés ou délaissés. Initié par Meryl Benitah, l’initiave Frgmnt a d’abord celle d’un défi créatif de 48 heures, lancé en juin dernier, durant lequel des designers se sont associés pour créer une pièce à partir de matières et de matériaux souvent considérés comme « non désirables ». Du bois au métal, le projet intégrait également de nouveaux matériaux, à l’image, du Tissium, développé par Maximum, ou encore de celui conçu par Etnisi à partir de pare-brise, pour ne citer qu’eux. « On était un peu sur le format d'un hackathon, mais dédié au design. On est parti de matériaux qui étaient soit récupérés, soit revalorisés pour montrer que le réemploi ou même la seconde vie peut être quelque chose de désirable. On a donc travaillé avec des designers et des architectes qui ne se connaissaient pas, mais qui, au travers d’une certaine émulation créative, ont très vite formé des groupes pour réussir à sortir des pièces en 48h », confie Meryl Benitah.

Table basse LNKD par Emma Batsheva Cohen, Clémence Lucchini et Tancrède De Beaumont / Table d'appoint Dør par Céline Proust © Etienne Boulanger

Cette première expérience a retenu l’attention de Sabrina Piperno, gérante de l’espace Heureux les Curieux, qui a souhaité soutenir l’initiative en proposant à Frgmnt de s’exposer en septembre pour  la Paris Design Week. « Pour cette Design Week, l’idée était d'inviter d'autres partenaires fabricants de matériaux pour créer d’une part cette matériauthèque et d’autre part d'inviter des designers qui ont la même démarche, soit à travers la matière, soit à travers la démarche de fabrication design », poursuit Meryl Benitah.

Ecran ambiant et chaises chimères Sunset Chamber par Théo Laverne et Nicolas Guillamot © Intramuros

Une nouvelle manière de penser la matière

Déployée sur deux étages, l’exposition présente ainsi le travail de designers aux univers singuliers, réunis par une même ambition : créer à partir de l’existant ou explorer le potentiel de nouvelles matières. « Il y a plein de manières de faire un objet bien conçu et qui répond aux besoins du marché. Certains font du réemploi, d'autres répondent par la matière, d'autres par la fonction qu'ils vont donner aux objets et chacun raconte une histoire à travers son objet, mais toujours en se demandant comment créer des objets différemment dans le futur qui soient désirables et qu'on a envie d'avoir chez soi. » L’occasion également pour designers et fabricants de s’associer autour de nouvelles pièces, à l’image de hors-studio avec sa lampe Caretta Caretta en Celullio, matériau développé en collaboration avec Matériaux Urbains, ou encore d’Atelier Anova avec la pièce Tecto, réalisée en Paperio, également développé avec Matériaux Urbains. D’autres designers présentent des pièces originales issues de leur propre démarche : Atelier Perret expose ainsi la suspension Séléné, réalisée à partir de marc de café, tandis que le studio Copain dévoile son vase T65 conçu à partir de pain. Emma Batsheva Cohen développe, quant à elle, un concept où la matière - du cuir végétal - est optimisée au maximum.

Miroir Soulmates par Clement Thevenot, fauteuil, lampe et petite table Tash'rit par Emma Batsheva Cohen © Intramuros

Favoriser les rencontres

Autant de profils et d’initiatives qui entendent démontrer que des matières a priori délaissées peuvent devenir désirables dès lors que le design s’en empare. Plus largement, Frgmnt vise à créer une passerelle entre designers, fabricants et prescripteurs afin de favoriser l’émergence de nouveaux projets. « Mon objectif personnel est de favoriser ce lien entre les fabricants, les designers, mais aussi les prescripteurs en créant un joli écosystème qui va les faire collaborer ensemble et permettre à ces pièces de se retrouver dans des hôtels, des restaurants et favoriser leur développement à grande échelle. »

Temps de lecture
17/9/2026
Triode inaugure le 28, son nouvel espace d’exposition

Triode a récemment inauguré le 28, un nouvel espace parisien pensé comme un terrain d’expression libre pour les designers. Pour ouvrir le bal, Jean et Oliver Pelle, fondateurs du studio américain Pelle, présentent l’exposition « Metallic Reverie » composée de dix pièces inédites autour du métal et de la lumière.

Ni galerie, ni showroom. Installé au 28 rue Jacob, dans le 6e arrondissement, le 28 entend proposer un nouveau format d’exposition. Imaginé par Jacques Barret, fondateur de Triode, ce nouvel espace invite des designers représentés par la maison à dépasser la seule présentation de leurs collections. À chaque exposition, ces derniers ont carte blanche pour dévoiler une facette plus personnelle de leur univers. Pour cette première invitation, Triode retrouve ainsi Jean & Oliver Pelle, quatre ans après leur première exposition commune à Paris.

Collection Light Objects par Oliver Pelle

Deux regards sur la matière et la lumière

Architectes de formation et installés à Brooklyn, Jean et Oliver Pelle développent une pratique à la frontière de l’architecture, de l’artisanat et de l’expérimentation. Pour l’exposition « Metallic Reverie », le duo a imaginé dix œuvres spécialement conçues pour le 28, réunies autour d’un même matériau : le métal. Jean Pelle y présente notamment sa série de luminaires Fountain, nourrie de souvenirs et de paysages observés en Corée et sur les côtes américaines tandis qu’Oliver Pelle explore à travers Light Objects la rencontre entre lumière, matière et espace. Deux écritures bien distinctes mais réunies par une même attention portée à la matérialité. Une manière d’inaugurer le 28 en donnant à voir ce que ce nouveau lieu entend précisément révéler : l’intime personnalité des designers.

Luminaire Cityscape, collection Fountain par Jean Pelle
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15/9/2026
Garnier & Linker signe sa première collection outdoor

À l’occasion de la Paris Design Week, Garnier & Linker a dévoilé Aurora, sa première collection de luminaires outdoor. Une nouvelle étape pour le studio, qui transpose son travail autour de la matière et de la lumière à de nouveaux usages.

Avec Aurora, Garnier & Linker brouille les frontières entre intérieur et extérieur. Pour cette première incursion vers l’outdoor, le studio ne rompt pas avec son vocabulaire formel mais choisit au contraire de le prolonger. Plusieurs pièces existantes sont ainsi ré-interprétées en introduisant notamment un nouveau matériau : la fonte d’aluminium. Jusqu’alors déclinés en bronze ou en plâtre, les luminaires gagnent ici une expression plus architecturale, adaptée aux contraintes de l’extérieur sans perdre l’identité propre au studio.

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La matière comme fil conducteur

Employée seule sur les appliques Nezu et Kora, ou associée à l’albâtre pour les modèles Teree et Theo, la fonte d’aluminium enrichit les recherches menées par le duo autour des matières et de leurs interactions avec la lumière. En plus de ces modèles, la collection s’enrichit de six autres pièces inédites intitulées Aura, Cronos, Eos, Gaia, Retina et Thala. Développée au sein de l’atelier du studio situé près de la forêt de Fontainebleau, la collection s’inscrit dans la continuité d’une démarche où matière et texture façonnent l’objet. Et si l’aluminium répond naturellement aux exigences d’un usage pour extérieur, ces pièces sont également imaginées pour prendre place dans des espaces intérieurs. Présentée comme le premier chapitre d’une offre appelée à s’étoffer, Aurora entend ainsi repenser le luminaire outdoor en l’affranchissant de ses codes traditionnels pour l’intégrer pleinement au langage du studio.

Applique Eos, collection Aurora © Garnier & Linker
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17/9/2026
Alki revisite Kuskoa avec Kuskoa M

Quinze ans après le lancement de Kuskoa, Alki et Iratzoki Studio font évoluer cette collection emblématique avec Kuskoa M.

Créée par Iratzoki Studio en 2011, Kuskoa s’est imposée comme l’un des best-sellers d’Alki avec son principe de coque en chêne posée sur un chevalet en bois massif. La marque dévoilait, à l’occasion de la Paris Design Week, Kuskoa M. Composée d’une chaise, de deux tabourets de hauteurs différentes et d’un banc, la collection a été imaginée pour les restaurants, les bars, les cantines comme les cuisines. Avec ses diverses hauteurs et typologies, cet ensemble peut ainsi offrir plusieurs configurations au sein d’un même espace.
Dotée d’une structure tubulaire en acier thermolaqué, l’assise développe une nouvelle expression graphique. Disponible dans plusieurs finitions, elle offre à chacun la possibilité de composer sa propre pièce, en célébrant le monochrome, ou au contraire, les contrastes entre métal, bois et textile. À noter que la coque peut-être tapissée dans son entièreté ou seulement en face avant.

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