Salone del Mobile : les premiers bilans
© Luca Fiammenghi /Salone del Mobile Milano

Salone del Mobile : les premiers bilans

La 61 e édition du Salone del Mobile vient de fermer ses portes, avec des attentes dépassées en termes de fréquentation.  Premiers bilans et impressions de cet événement très dense, marqué par le retour d’Euroluce.

Maxalto © Andrea Marianni / Salone del Mobile Milano
Meridiani © Alessandro Russotti/ Salone del Mobile Milano

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Le Salon du Meuble de Milan vient de fermer ses portes avec une fréquentation estimée à 307 418 participants, soit une hausse de 15 % par rapport à l’édition 2022. Une évidence pour ceux qui ont arpenté les allées de la Fiera la semaine dernière, patientant parfois jusqu’à 20 min pour rentrer sur certains stands.
65% du visitorat provenait de l’étranger : avec le retour fort de la Chine, suivie de l’Allemagne, de la France, des États-Unis, l’Espagne et le Brésil étant ex aequo, sur les 181 pays d’origine identifiés.  Une attente, et une réponse en présentiel, qui confirme toujours le rôle incontournable de l’événement sur la scène internationale. Du point de vue des exposants, plus de 2000 marques étaient présentes, en provenance de 37 pays différents.  Sur un air de retrouvailles,  les stands réoccupaient à nouveau de très grandes superficies, qui permettaient habilement de jongler entre pièces iconiques, best-sellers et nouvelles collections, saluant aux passages des déclinaisons de matériaux, la poursuite d’un travail des fabricants autour de la recyclabilité des produits (choix des matériaux, modularité, réparabilité).  Bien sûr les Italiens recevaient en maîtres des lieux, dans des scénographies soignées, certaines aux clins d’œils sensibles : Pedrali, revenant à ses fondamentaux, ouvrait avec la chaise Nari, coréalisée par Andrea Pedrali et son grand-père Mario, fondateur de l’entreprise.

Parmi les premières impressions sur ce que va devenir le marché, on note la porosité des propositions des éditeurs à d’autres secteurs.  Déjà largement amorcée depuis quelques années, l’ouverture des éditeurs indoor à l’outdoor devient une constante : ce qui pousse peut-être les fabricants de mobilier extérieur à s’identifier en retour sur d’autres créneaux. À titre d’exemple, Fermob  marquait sa légitimité dans l’indoor,  et notamment le secteur du contract, en présentant des versions de la Study (design Tristan Lohner) ou la chaise Bistro gantée de cuir, et un secrétaire, tout en se posant en fabricant de luminaires avec un autre stand dédié à Euroluce. Autre illustration,  Ethimo élargissait son approche de l’outdoor comme un mode de vie à considérer, d’un point de vue  structurel, avec en entrée de stand une pergola, et de celui des activités, avec des accessoires et produits  liés par exemple à la cuisine extérieure ou le sport.

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Euroluce, Flos, @Diego Ravier /Salone del Mobile

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Barovier &Toso, © Diego Ravier / Salone del Mobile Milano

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Un retour réussi pour Euroluce

Cette 61e édition était très fortement marquée par le retour d’Euroluce, très attendu, et pensé comme un test préfigurant les développements à venir du salon. D’une part, la scénographie était centrée sur l’expérience visiteur, pour qu’il puisse voir un maximum de stands sur son temps de visite, tout en tenant compte de ses besoins (repos, connexion…). Ce défi a été relevé par les Formafantasma : s’il n’était pas toujours simple de repérer les stands à partir de la numérotation attribuée, la déambulation était beaucoup plus fluide – d’autant appréciable dans la foule de visiteurs, comparativement aux halls dédiés au mobilier –, ponctuée, de mini-expositions, d’installations d’œuvres d’artistes, ainsi que d’aires de pauses multipliées. L’espace de talks, ouvert, était adjoint d’un espace librairie très richement doté. Participant à cette qualité de visite, les halls dédiés à Euroluce n’étaient pas éclairés,  laissant la totalité de l’éclairage à chaque stand : cela donnait une visite apaisée, valorisait l’univers de chaque fabricant, quelle que soit la taille de son stand. Enfin, parmi les produits, d’Artemide à Flos, en passant par Brokis et bien d’autres, on notait surtout des innovations techniques, très subtiles, pour des éditeurs au service de solutions d’aménagement d’architectes, dans une multiplication d’éléments pouvant aussi bien vivre seuls que dans une combinaison de systèmes modulables à souhait.

In fine, cette édition 2023 dévoilait la transition que semble opérer le Salon dans son ensemble en confortant un positionnement sur l’intérêt de la prescription, particulièrement flagrante sur Euroluce. Ainsi, à terme,  le défi pour les exposants à venir ne serait plus de présenter des nouveaux produits en tant que tels, mais avant tout de montrer leurs capacités à répondre à des projets des professionnels de l’aménagement, à se positionner sur une préconisation de solutions : un vrai retour aux fondamentaux du design ?

Rédigé par 
Nathalie Degardin

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5/10/2026
Maison & Objet : « Japan Wood x Craftsmanship », un stand dédié à l’artisanat japonais

Sur le salon Maison & Objet en septembre, les savoir-faire traditionnels japonais liés au travail du bois ont été mis à l’honneur sur le stand « Japan Wood x Craftsmanship ». L’occasion de valoriser des techniques traditionnelles, parfois vieilles de plusieurs siècles, témoignant d’un artisanat minutieux, précis et profondément ancré dans la culture japonaise.

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« Notre principal objectif en venant en France est de montrer l’intégrité de l’artisanat japonais du bois et de promouvoir ces savoir-faire. Nous souhaitions également mettre en avant le caractère durable du bois que nous cultivons », expliquait Yohei Kato, responsable du stand. Véritable symbole de la culture japonaise, le bois occupe une place importante dans le quotidien au Japon. Pour sa première participation au salon, le stand avait une mission claire : valoriser les savoir-faire japonais liés au travail du bois à travers les techniques traditionnelles de fabrication, mais aussi les objets qui en découlent. De l’emblématique boîte à bento aux seaux à champagne, en passant par des bols ou encore des poupées kokeshi, le stand présentait une grande variété d’objets et d’accessoires.

© Intramuros

Valoriser les savoir-faire traditionnels

Au-delà de la matière elle-même et des objets proposés, l’accent était avant tout mis sur les savoir-faire et les techniques liés au bois, pour la plupart transmis de génération en génération. Plusieurs de ces artisanats étaient représentés sur le stand, chacun associé à une région spécifique du Japon : l’Odate Magewappa - une technique de cintrage du bois - originaire d’Akita ; le Hakone Yosegi-Zaiku - une technique de marqueterie de bois - provenant de Kanagawa ; les objets laqués d’Ishikawa ; ou encore les poupées kokeshi de la région du Tohoku. Le stand présentait également des créations plus contemporaines, notamment du mobilier, avec des chaises ou des tabourets, témoignant des applications actuelles du bois dans le design.

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Sur place, l’artisan Yoshimasa Shibata proposait aux visiteurs de découvrir directement la technique du cintrage du bois en présentant plusieurs étapes de fabrication d’une boîte à bento. Yoshimasa Shibata est l’un des 16 seuls artisans certifiés « Traditional Craftsmen » au Japon spécialisés dans le magewappa, ces petites boîtes en bois cintré. Une certification qui nécessite au minimum douze années d’expérience pratique dans la fabrication. Développé comme artisanat il y a environ 400 ans et transmis depuis de génération en génération à partir de cèdre d’Akita cultivé localement, le magewappa se définit avant tout par sa technique de cintrage. Le cèdre naturel d’Akita est assoupli dans une eau chauffée à plus de 80 °C, puis courbé en un seul mouvement continu, guidé uniquement par le toucher et le savoir-faire de l’artisan.

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Une manière de faire découvrir au public ces savoir-faire encore relativement méconnus. Plus largement, l’initiative visait à encourager le dialogue et à favoriser de potentiels partenariats avec des acteurs européens, autour de produits existants comme de nouvelles pièces adaptées à des usages plus contemporains. Le stand présentait également des produits récompensés par le Wood Design Award, qui distingue des créations mettant en valeur les qualités et l’attrait du bois, témoignant ainsi de la manière dont les techniques japonaises sont aujourd’hui transposées dans le design contemporain. « L’objectif de notre participation est de favoriser les échanges et les rencontres susceptibles de déboucher sur des partenariats avec des entreprises européennes, entre autres. Nous sommes également ouverts à la possibilité d’exporter du bois japonais », ajoutait Yohei Kato.

Développer la culture du bois au Japon

Au-delà de la valorisation des savoir-faire, le stand souhaitait également mettre en lumière la relation qu’entretient le Japon avec ses forêts et la manière dont celles-ci sont gérées. En effet, près de 70 % du territoire japonais est recouvert de forêts, dont environ 40 % sont des forêts plantées. Celles-ci représentent 8 % de la superficie totale des forêts plantées dans le monde, ce qui place le Japon à un niveau particulièrement élevé à l’échelle internationale. Une situation qui témoigne d’une longue tradition de reboisement, les arbres étant replantés après leur exploitation afin de renouveler les ressources forestières. Le bois s’inscrit ainsi dans une logique circulaire : il absorbe du CO₂ au cours de sa croissance, nécessite relativement peu d’énergie pour être transformé et continue de stocker du carbone une fois devenu un produit fini.

© Intramuros

Cette approche environnementale est étroitement liée aux savoir-faire présentés sur le salon. Les qualités naturelles du matériau, notamment son parfum, ses capacités de régulation thermique et d’absorption de l’humidité ou encore ses propriétés anti-bactériennes ouvrent également la voie à de nouveaux usages. Entre préservation de techniques séculaires, gestion responsable des ressources et applications contemporaines, le stand défendait ainsi une approche du bois où artisanat et durabilité avancent de pair.

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30/9/2026
Artek x Hender Scheme : la patine du temps

Le finlandais Artek et le japonais Hender Scheme présentent une première collaboration autour du vieillissement naturel des matériaux et du pouvoir esthétique du temps.

Notre attachement à certains objets ne s’explique pas par leur valeur intrinsèque, mais par leur histoire. Celle qui cause l’usure et attaque parfois la forme, voire la fonction. C’est avec cette question du temps qui passe en toile de fond qu’Artek et Hender Scheme se sont associés. Spécialiste du mobilier en bois cintré depuis 1935, la marque finlandaise avait amorcé en 2024 un nouveau tournant en tolérant, à l’occasion d’une collection avec le studio Formafantasma, les défauts du bouleau dans ses assises. Un rapport au naturel que la société, fondée par Aino et Alvar Aalto, interroge cette fois-ci avec un fabricant de chaussures et d’accessoires en cuir, le japonais Hender Scheme.

Suspension ©Artek x Hender Scheme

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La valeur du temps

Si les objets sont façonnés par l’industrie qui les fait naître, cette collection entend montrer qu’ils continuent de vivre entre les mains de leurs utilisateurs. En faisant du cuir tanné végétal l’élément central de cette collaboration, les marques proposent un nouveau revêtement qui se patine naturellement avec le temps. Un rapport sensible à la vie des meubles qui confère aux pièces leur unicité. De ce choix naît aussi un échange entre les deux entreprises. La première introduit le langage stylistique du couple Aalto dans un univers codé et japonisant, lorsque l’autre importe son savoir-faire en dotant le célèbre Stool 60 de souliers de cuir. Un clin d’œil qui met en valeur le piètement en L caractéristique de la célèbre assise.

Tabourets Stool 60 avec « chaussures » ©Artek x Hender Scheme

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« New Craft » ou le concept d’un artisanat technologique

Cette nouvelle connexion est également l’occasion pour Hender Scheme de développer son concept de « New Craft ». Une idée selon laquelle l’artisanat et la technologie moderne se rencontrent et fusionnent au service de nouvelles réalisations. Parmi elles, la suspension A330 Golden Bell, dessinée par les Aalto. L’abat-jour en laiton est pour l’occasion réinterprété en cuir moulé. La technique traditionnelle du moulage humide est associée à l’impression 3D pour offrir de nouvelles qualités visuelles et tactiles sans altérer la forme initiale. Une proposition forte en écho au traitement plus classique du cuir valorisé sur différentes typologies dont une horloge, un porte-clés et des dessous de verre reprenant la forme courbe « Riihitie », imaginée par Aino Aalto. Dévoilés au London Design Festival, ces objets seront disponibles à la vente à partir du 10 octobre.

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Ci-dessous de gauche à droite : dessous de verre et horloge

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30/9/2026
« Under Pressure » : Marie et Alexandre exposent à la galerie signé

Jusqu’au 10 octobre, le duo Marie et Alexandre présente à la galerie signé l’exposition « Under Pressure », dans laquelle la pression est explorée sous plusieurs aspects : dans les techniques et les matières employées, mais aussi, plus largement, dans leur rapport à la création.

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« L’idée derrière cette exposition était de travailler la pression un peu différemment, en utilisant des techniques diverses, avec cette idée d’explosion rapide, et de réussir à les allier toutes ensemble. » Pour cette exposition, le duo de designers formé en 2018 a choisi de faire de la pression son point de départ. Le titre, « Under Pressure », fait notamment référence à l’hydroformage, un procédé industriel dans lequel la pression de l’eau permet de donner forme au métal. Au sein de la galerie, Marie et Alexandre présentent ainsi des pièces façonnées par différentes forces et contraintes, réalisées en collaboration avec plusieurs artisans spécialisés. Mais la pression ne désigne pas seulement ici une technique de façonnage. Elle devient également une condition de création, exercée par la matière, par le temps, le doute, les choix parfois irréversibles ou encore la volonté de faire apparaître quelque chose qui n’existe pas encore.

Exposition "Under Pressure", collection de Vases en céramique émaillée, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

Allier techniques et savoir-faire

Au sein de l’exposition, qui réunit une dizaine de pièces, les designers se sont associés à différents artisans pour explorer la pression sous toutes ses formes. Avec Antoine Giret, ils présentent ainsi une console, un système d’étagères et une chaise autour d’un travail de l'aluminium fondé notamment sur la vibration de la matière et la création de systèmes. Accompagnés par Jean-Marie Foubert, ils ont imaginé une collection de vases en céramique, déclinés en versions simple et double ainsi qu’en différents formats. Avec le verrier Simon Rio, ils sont allés vers un autre registre en imaginant une table basse dont le plateau est en verre thermoformé. Enfin, avec l’atelier Blam - notamment connu pour avoir participé à la réalisation du cheval mécanique apparu lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 -, ils ont imaginé une table sur piston ainsi qu’un médaillon en métal et feuille d'argent dont la forme naît directement de la contrainte exercée sur la matière. Ce dernier sera ensuite destiné à rejoindre la Cité du design de Saint-Etienne, récemment inaugurée.

Exposition "Under Pressure", médaillon et table sur piston, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

À travers cette exposition, Marie et Alexandre semblent faire évoluer leur langage formel vers davantage de retenue. Les formes se resserrent et les moyens se réduisent, sans pour autant perdre leur fonction et leur intensité. Un moyen finalement pour le duo de questionner son propre processus créatif.

Exposition "Under Pressure", chaise et système d'étagères en aluminium, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin
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29/9/2026
Panton Cubes : le design en jeu

Imaginé par Verner Panton dans les années 1970, le système modulaire Panton Cubes est aujourd’hui réédité par Vitra sous la forme de quatre kits représentant des figures animales.

Imaginés par Verner Panton en 1974, les Panton Cubes associent jeu et design. Constitués de structures cubiques pouvant être assemblées entre elles à l’aide de clips, les cubes sont ensuite habillés de panneaux colorés ou chromés. Ce système permet de composer des volumes et des motifs variés, allant de sculptures figuratives à des constructions plus abstraites.

Développée par Vitra en collaboration avec Verner Panton Design AG à l’occasion du centenaire de la naissance du designer, cette réédition propose quatre modèles : un canard, un flamant rose, un chat et une girafe. Chacune des versions est proposée dans une combinaison de deux couleurs ou avec une finition chromée. Les modèles bicolores reprennent la palette vive caractéristique du travail du créateur danois. En laissant à chacun une grande liberté de construction, le concept des Panton Cubes illustre de manière ludique les possibilités offertes par un système modulaire.

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Ci-dessous : ©Panton Cubes - Vitra

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