Olga de Amaral : renouer avec la spiritualité
« Strata XV » d'Olga de Amaral ©Casa de Amaral

Olga de Amaral : renouer avec la spiritualité

La fondation Cartier propose jusqu'au 16 mars 2025 une large rétrospective du travail d'Olga de Amaral, ambassadrice du Fiber art. Une mise en lumière sensible et particulièrement réussie où s’entremêlent les techniques et les inspirations, avec, au bout du fil, de véritables architectures.

Pour la première fois en Europe, une exposition d'ampleur propose de plonger dans l'univers de l'une des figures les plus emblématiques du Fiber Art : Olga de Amaral. À travers près de 80 ouvrages réunis aux quatre coins du monde, la Fondation Cartier rassemble six décennies de création. Véritable rétrospective du travail de l'artiste, l'exposition offre une déambulation libre et onirique dans son univers coloré et rigoureusement sensible. Servi par une conception spatiale subtile, aussi immersive que discrète signée par l'architecte Lina Ghotmeh, le parcours questionne l'évolution formelle et colorimétrique des réalisations aux inspirations géographiques et architecturales diverses. Autant d'horizons convoqués dans ces œuvres vibrantes aux émanations spirituelles.

La série des « Muros » joue subtilement sur les camaïeux rappelant des paysages d'automne ©Marc Domage

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Une vision architecturale

Nouées, tressées, tissées, cousues, entremêlées... De la diversité des œuvres d'Olga de Amaral, se dégage une certitude. Le fil n'est pas l'aboutissement d'une technique mais le médium au cœur d'une démarche prospective. De ses premières créations dans les années 60 aux « Brumas » réalisées il y a une petite dizaine d'années en passant par les productions monumentales réalisées 30 ans plus tôt, l'artiste a construit son travail en résonance avec son parcours d'abord dans le dessin d'architecture à l'université de Bogota, puis plus artistique à l'université américaine de Cranbrook – l'équivalent américain du Bauhaus allemand – où elle découvre le tissage aux côtés de la designer textile finlandaise Marianne Strengell. Un parcours tourné vers la construction, dont elle gardera tout au long de ses 60 années d'activité, une vision très spatiale : ne pas concevoir comme des tableaux, mais comme de véritables architectures, vivantes sur leurs deux faces. Un parti-pris respecté sur l'ensemble de sa carrière à de rares exceptions près, parmi lesquelles les créations monumentales de la série « Muros » réalisées entre la fin des années 70 et le milieu des années 90. Une période de création faste au cours de laquelle les œuvres témoignent également d'une évolution formelle. D'abord construites selon des jeux de trames très rectilignes avec « Elementos rojo en fuego », les créations se sont progressivement assouplies par la déformation des lignes jusqu'à devenir un nouveau langage stylistique à l'image de « Strata XV » en 2009. Une diversification visuelle menée parallèlement à un grand nombre d'expérimentation sur les volumes dans les années 70 et 80 - « Naturaleza Mora » - puis sur les jeux de lumières à la fin des années 80 et courant 90 - « Entorno quieto 2 » -. Un moment de transition progressif entre la fin du siècle et le début du suivant où seront créées « Las Brumas » en 2013 et 2020. Une ultime série en rupture absolue avec ses créations précédentes. Interrogeant le médium sous un angle nouveau, Olga de Amaral propose une collection emplie de légèreté où les fils ne sont plus entremêlés mais indépendants. Simplement enduits de gesso - sorte de plâtre – peint astucieusement de manière à dessiner des formes, à la manière d'anamorphoses. Une approche innovante dont le nom et la conception sont d’évidents clins d’œil aux brumes omniprésentes de la cordillère des Andes natale de l'artiste.

Reflétées dans les vitres du bâtiment, les œuvres de la série « Brumas », les brumes, semblent flotter dans la végétation extérieure ©Marc Domage

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La couleur, une matière au cœur de l'œuvre

« Je vis de la couleur. Je sais que c'est un langage inconscient et je le comprends. La couleur est comme une amie, elle m'accompagne » raconte Olga de Amaral. En effet, si la technique confère indéniablement aux œuvres, leur essence, la couleur en dégage souvent un sens. Tantôt automnales, tantôt prégnantes, elles habillent les créations de l'artiste et les animent. Témoignant d'une inspiration tout autant culturelle que symbolique, elles fragmentent sa production dans le temps. Très inspirée par l'histoire précolombienne, Olga de Amaral offre par le prisme de la couleur un regard à la fois historique et spirituel. Ainsi, comment ne pas voir dans les couleurs organiques des fibres, autant de portraits de sa région, rehaussés çà et là de bleu et de rouge rappelant la faune sauvage à l'image de « Naturaleza mora ». Une approche très personnelle dans l’œuvre de l'artiste, mais progressivement éclipsée à la fin dans les années 70 par l'arrivée de l'or dans son travail. Un matériau introduit dans sa démarche par la rencontre de Lucie Rie qui lui enseigne la technique du kintsugi – art japonais de la réparation des pots cassés avec de la poudre d'or -. Dès lors, l'activité d'Olga de Amaral entame une métamorphose technique, passant d'une matière principalement tissée brute, à des assemblages cousus de petits morceaux de coton rigidifiés par du gesso et recouverts d'acrylique et de feuilles d'or. Une évolution qui ouvre les portes d'un nouvel univers très visuel, évoquant des écailles colorées aux reflets dorés multiples. Se dégage de cette approche un nouveau monde, plus spirituel, plus précieux, aux intonations liturgiques en écho aux églises colombiennes fréquentées par Olga de Amaral dans sa jeunesse. De ces cartographies mémorielles et oniriques se dégagent également de nouveaux horizons. L'eau bien sûr avec « Umbra verde », mais également la terre ou encore le ciel avec « Estelas » - qui signifie les stèles, mais que l'on pourrait traduire par les étoiles -. Une double lecture qui conjugue le symbolique à l'artistique.

Des dessins abstraits sur les « Estrelas » rappellent les inspirations précolombiennes de l'artiste ©Marc Domage

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Un lieu repensé pour l'occasion

Architectures en elles-mêmes, les créations d'Olga de Amaral trouvent à la Fondation Cartier un écrin taillé sur mesure. Ces tapisseries modernes et suspensions contemporaines par définition statiques auraient pu figer l'exposition dans une atmosphère répétitive. Il n'en est rien. Construit par l'architecte Lina Ghotmeh, le parcours propose une approche vivante des créations où la monumentalité de certaines n'écrase pas la finesse des autres, mais participe à la construction d'un univers. Par le biais d'apports comme des pierres rappelant celles sur lesquelles Olga de Amaral photographiait son travail en Colombie, ou la mise en place d'un film sur les vitres du bâtiment afin de refléter « Las brumas » dans le jardin de la Fondation, l'architecte convoque une dimension poétique à la rétrospective. Également à l'origine d'une restructuration complète du niveau inférieur, Lina Ghotmeh invite le visiteur à une découverte intimiste des œuvres. Mise en scène de manière simple mais très habile, chacune renvoie la lumière et évoque au gré d'un parcours en spirale, un voyage entre inspirations précolombiennes et japonisantes, marines et cosmiques.

Une exposition très réussie qui, après 40 ans passées au 261 boulevard Raspail, sera la dernière de la Fondation Cartier avant son déménagement Place du Palais-Royal prévu pour octobre 2025.

Au niveau inférieur, la déambulation guidée par la lumière invite le spectateur à une découverte onirique et chronologique ©Marc Domage
Rédigé par 
Tom Dufreix

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23/10/2026
GUBI réédite la lampe Lotus de Carlo Nason

Disparu en mai dernier, le designer italien Carlo Nason laisse derrière lui une multitude de créations en verre. Parmi elles, la lampe Lotus dessinée en 1969 et rééditée par GUBI.

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LT305. Un nom un peu barbare qui ne vous dit probablement rien. Pourtant, derrière cette référence se cache la Lotus Table Lamp. Surnommé ainsi par les collectionneurs en raison de sa forme, le modèle créé en 1969 est aujourd’hui réédité par GUBI. Un hommage à son designer, Carlo Nason, décédé en mai à l’âge de 91 ans. Né à Murano dans une famille d’artisans verrier, le créateur laisse derrière lui un vaste éventail d'objets parmi lesquels des vases, pour certains acquis par le Corning Museum of Glass de New-York dès 1959. Des typologies décoratives rapidement mises de côté au profit de l’éclairage dans lequel l'italien se lance en collaboration avec le spécialiste muranais AV Mazzega, dirigé par son ami de longue date Gianni Mazzega. Une association qui marque durablement sa carrière du designer ponctuée de succès parmi lesquels le modèle Lotus.

Lampe Lotus, design : Carlo Nason © GUBI

Fleur éternelle

Inspiré par le modernisme nord-européen et les courbes futuristes du Space Age, Carlo Nason instille rapidement une dimension expérimentale à sa pratique du verre soufflé. De cette fusion est née la LT305, un modèle emblématique porté par un nouveau langage formel. Véritable architecture géométrique, le dessin combine quatre diffuseurs imbriqués les uns dans les autres. Assemblés autour d’une structure en acier - aujourd’hui chromée noir -, les globes jouent avec la lumière et la translucidité grâce à la technique du pulegoso. Mis au point dans les années 1920, ce procédé consiste à emprisonner de petites bulles d’air dans la matière. Une technique que Carlo Nason réexploite ici au profit d’une fleur évanescente.

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22/10/2026
“Made in Situ” : le design en situation par Noé Duchaufour-Lawrance

En partenariat avec le Mobilier national, le designer Noé Duchaufour-Lawrance expose “Made in Situ” jusqu’au 29 novembre dans la galerie des Gobelins à Paris. Une monographie qui retrace sept années d’exploration créative et autant de projets menés au Portugal.

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Sept projets en une seule exposition. C’est l’idée de "Made In Situ", une monographie présentée jusqu’au 29 novembre dans la Galerie des Gobelins à Paris. Parti au Portugal dans l’optique de retrouver un artisanat populaire et des savoir-faire locaux qu’il pensait perdu en France, Noé Duchaufour-Lawrance y est resté sept ans. Un déplacement sur le temps long motivé par une perte de sens et la volonté de réattribuer à la matière une valeur concrète et une origine palpable. La démarche, à l’origine inspirée par la gastronomie et la conscience du local, du lien au territoire, a donné lieu au « design situé, de design de situation ». Un concept matérialisé par sept collections d’objets et de mobiliers dans lesquelles se rencontrent techniques ancestrales et lignes organiques sophistiquées. De quoi ériger la fabrication vernaculaire en nouveau territoire d’exploration plastique.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel

Voyage en terre nouvelle

Imaginée comme un bref voyage au sein des traditions de ce pays de la péninsule ibérique, l’exposition se déploie sous forme de saynètes. Chaque projet est présenté dans une mise en scène où le produit fini côtoie la matière brute. Une manière de convoquer subtilement le geste artisanal, expliqué par de discrets cartels où croquis et photographies racontent, à qui veut l’entendre, les secrets de fabrication. Qu’il s’agisse de la soenga, une cuisson artisanale de la céramique à même le sol, ou du travail du liège, un bois résilient face aux incendies qui attaquent régulièrement le couvert portugais, Made in Situ est également le récit d’un pays.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel

Fort de ses traditions, et devenu au fil des décennies un terrain de fabrication plébiscité par le secteur du design, le Portugal se voit tout au long du parcours, mais se ressent aussi grâce à la scénographie de Clémence Farrell. Spécialiste des parcours immersifs, elle livre une déambulation portée par des senteurs et les créations sonores de Luis Clara Gomes et Vany Fox. Une belle rétrospective dans laquelle l’objet se fait conteur et transmetteur d’artisanats locaux.

Exposition "Made In Situ", Noé Duchaufour-Lawrence © Benjamin Colombel
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20/10/2026
Design Miami Paris 2026 : courants alternatifs

Pour sa cinquième édition, Design Miami Paris a invité trente galeries à prendre possession de l’hôtel de Maisons. L’occasion de regrouper, en cette semaine de l’art, les arts décoratifs français, le design moderniste et collectible. Une rencontre entre plusieurs univers dont nous a parlé Jen Roberts, directrice générale de l’événement.

Le mois d’octobre est devenu, depuis quelques années, le rendez-vous annuel des collectionneurs et des amateurs d’art. En parallèle d’Art Basel, Design Miami Paris s’ouvre ce mardi 20 octobre pour cinq jours. Implantée au sein de l’hôtel de Maisons, derrière les hauts murs du 51 rue de l’Université, cette cinquième édition s’articule autour de la thématique « Design for presence ». Une présence incarnée par différents courants artistiques. Ici, les lignes modernistes des bijoux dessinés par Pierre Charreau et le mobilier de Jean Prouvé se confrontent aux formes généreuses et aux techniques ornementales présentées par un corpus de galeries internationales. Une approche contrastée de la création sur laquelle nous éclaire Jen Roberts, directrice générale de Design Miami depuis 2015.

©Galerie Rossella Colombari

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Cette année, le design historique français et les arts décoratifs seront à l'honneur. Pourquoi ce choix ?

C’est à Paris qu’une grande partie de l’histoire du design et des arts décoratifs français s’est écrite, et c’est là qu’elle reste aujourd’hui encore très vivante. La ville abrite une concentration exceptionnelle de galeries spécialisées, d’ateliers et de collectionneurs qui connaissent parfaitement ces périodes. Ici, les œuvres historiques sont comprises et activement collectionnées. Il est donc logique que notre édition parisienne leur accorde plus de place que celle de Miami.

Cette dynamique se ressent tout au long du salon. La Galerie Maxime Flatry rassemble un ensemble rare d’œuvres modernistes françaises des années 1930, articulé autour d’un ensemble majeur de Robert Mallet-Stevens et présenté aux côtés d’œuvres de Pierre Chareau, Eileen Gray et Pierre Legrain. Laffanour | Galerie Downtown présente des œuvres de Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand. Mitterrand expose des œuvres de Claude et François-Xavier Lalanne, notamment une paire exceptionnelle de « Singes Attentifs » et une « Pomme de Londres » datant de 2007. Et dans les jardins, dans le cadre de « Design at Large », les visiteurs pourront découvrir « Le Très Grand Ours » de François-Xavier Lalanne, un ours en bronze de trois mètres de haut.

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Comment la sélection de Design Miami Paris — qui se concentre principalement sur les pièces de collection — s’inscrira-t-elle dans ce thème historique ?

Il existe un lien naturel entre le thème historique et l’orientation du salon vers le design de collection. Le salon réunit des œuvres historiques et contemporaines, permettant ainsi aux visiteurs de suivre l’évolution des idées de design au fil du temps. Chaque pièce est examinée par des experts indépendants. Les œuvres historiques capturent un moment précis, qu’il soit marqué par une avancée technique, un mouvement artistique ou un bouleversement social ou politique. Elles offrent aux designers d’aujourd’hui une histoire sur laquelle s’appuyer, et permettent aux collectionneurs de replacer les œuvres contemporaines dans leur contexte. Souvent, les moments les plus intéressants se produisent là où les deux se rencontrent. La Galerie kreo associe des luminaires français et italiens du XXe siècle à des éditions limitées signées par des designers tels que Jasper Morrison et Virgil Abloh. Cette juxtaposition rend visible la relation entre les époques. Le Salon 94 Design de New York et la SIDE Gallery de Barcelone apportent également au salon des perspectives venues d’au-delà de la France.

©Galerie Rossella Colombari

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Faut-il s’attendre à des liens visuels entre ces univers, ou à un anachronisme délibéré ?

Les liens visuels comme les contrastes délibérés font partie du plaisir de ce salon. En quelques pas, on peut passer d’un meuble des années 1930 à une pièce achevée ce printemps. Parfois, le lien est explicite. À la Galerie SCÈNE OUVERTE, l’exposition « Around a Desk : A Contemporary Vision of Decorative Arts » rassemble le bureau et le totem en argent allemand du Studio Lugo, ainsi que le canapé du Studio KRJST, conçu autour d’une tapisserie unique en son genre. Ces deux œuvres dialoguent clairement avec la tradition française des arts décoratifs. Ailleurs, c’est le contraste qui fait toute la force de l’exposition. Dans les jardins, la maison préfabriquée de Jean Prouvé, datant de 1944, se dresse près de la balançoire en bronze d’Irene Cattaneo, réalisée cette année.

Les nouveaux exposants élargissent également le débat sur le plan géographique. La galerie A/P Room, originaire de Dubaï, présente des œuvres brésiliennes du milieu du siècle dernier signées Joaquim Tenreiro, Abraham Palatnik et Branco e Preto, aux côtés d’Originform, une nouvelle série de luminaires sculpturaux de Rogan Gregory, ainsi que des objets de l’architecte et céramiste libanais Zein Daouk. Les liens s’établissent davantage par la forme et la matière que par la date, et les pièces historiques et contemporaines occupent une place équivalente.

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Que l’accent soit mis sur le design moderne ou contemporain, le cadre architectural de l’hôtel de Maisons influence-t-il, d’une manière ou d’une autre, votre sélection artistique ?

Tout à fait. C’est notre quatrième édition à l’hôtel de Maisons, et le cadre a son importance. Le lieu est une demeure, pas un hall d’exposition. Les meubles et les objets s’y découvrent donc à une échelle domestique, dans des pièces baignées de lumière naturelle et chargées d’histoire. De nombreuses galeries adaptent leurs présentations en fonction de la maison. La Galleria Rossella Colombari, par exemple, évoque l’atmosphère d’une maison italienne typique.

À l’extérieur, la cour et les jardins nous offrent l’espace nécessaire pour « Design at Large », notre programme d’œuvres à grande échelle qui ne pourraient pas être exposées à l’intérieur. Cyryl Zakrzewski a conçu son banc en contreplaqué de bouleau pour la Craftica Gallery spécialement pour cet environnement extérieur, et Abel Macias, ancien étudiant de la SCAD, a créé un revêtement de sol capitonné pour l’escalier d’origine du XVIIIe siècle de la maison.

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Parmi les nouveaux talents présentés dans ce numéro, pourriez-vous en citer un ou deux qui, selon vous, pourraient se démarquer dans les années à venir ?

En tant qu’organisateurs, ce n’est pas à nous de désigner des favoris, mais j’invite les visiteurs à découvrir la Galerie SCÈNE OUVERTE, où Adélie Ducasse expose sa première lampe en verre de Murano, ainsi que le Studio Lugo, qui présente un bureau et une bibliothèque en argent allemand en série limitée à huit exemplaires, fruit d’une première collaboration avec la galerie. Tous deux appartiennent à une génération de designers très attachés aux matériaux et à la tradition des arts décoratifs.

Je recommanderais également aux visiteurs de découvrir les quatre designers sélectionnés pour « Designers of Tomorrow », notre programme en partenariat avec Apple. Le thème de cette année, « Design for Presence », s’interroge sur la manière dont le design peut nous aider à ralentir le rythme et à créer des liens. Leurs créations seront dévoilées lors du salon.

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Ci-dessous, visuels de la galerie A/P Room : bibliothèque Arte Viva et lampadaire Upholstered

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16/10/2026
Les lauréats du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main®

Pour sa 27e édition, le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main® a distingué quatre profils qui pérennisent et renouvellent les métiers d’art à travers un design innovant et exigeant.

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Si le beau passe par l’objet et son design, il passe avant tout par le geste. C’est cette alliance entre maîtrise technique et créativité que célèbre depuis 27 ans le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main. Depuis 1999, 139 artisans d’art ont été mis à l’honneur, témoignant de la diversité des disciplines et de la vitalité des savoir-faire portés par des créatrices et créateurs contemporains. Pour cette édition, la Fondation Bettencourt Schueller, sous la présidence de Françoise Bettencourt Meyers, a récompensé trois lauréats, chacun recevant une dotation de 50 000 euros. Sélectionnés par le jury présidé par Laurence des Cars, ces acteurs incarnent, à travers des projets et des approches du design variés, un même esprit de recherche où transparaissent le souci de l'environnement et la diversité de nos territoires.

Un prix, trois catégories

La catégorie Talents d’exception, qui distingue la maîtrise technique d’un artisan d’art et sa capacité à faire évoluer son savoir-faire, a été décernée à Sébastien Desplat pour son ouvrage Dans les bois. Le graveur et imprimeur en taille-douce y réinterprète le moku-hanga, une technique japonaise traditionnelle d’impression sur bois.

© Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

La catégorie Dialogue, consacrée à la rencontre entre artisan et designer, a récompensé le menuisier en sièges Louis Monier et le designer Edgar Jayet. Leur chaise réinvente un savoir-faire historique en lui apportant une interprétation contemporaine. Elle témoigne d’une démarche créative fondée sur l’innovation constructive et l’adaptation aux nouveaux usages.

Louis Monier et Edgar Jayet © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

Enfin, la catégorie Parcours, qui salue l’engagement d’un acteur en faveur du développement et du rayonnement des métiers d’art, a été attribuée au Réseau Excellence EPV (Entreprises du Patrimoine Vivant). Portée par Tristan de Witte, cette initiative fédère des entreprises françaises détentrices de savoir-faire d’exception et développe les réseaux régionaux, renforçant ainsi les échanges économiques et la visibilité de ces acteurs.

© Yohanne Lamoulère/ Tendance Floue

Les candidatures pour l’édition 2027 sont d’ores et déjà ouvertes dans les catégories Talents d’exception et Dialogue. Les inscriptions, à effectuer sur le site de la Fondation Bettencourt Schueller, seront clôturées le 10 mars. Le jury sera, quant à lui, dévoilé au printemps. Alors, pas de temps à perdre !

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